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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 18 décembre 2019 26 min

Retraite des sénateurs, mouvement social, coupures de courant... le "8h30 franceinfo" de Gérard Larcher

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

Bonjour Gérard Larcher, le nouveau monsieur retraite du gouvernement s'appelle donc Laurent Pietraszewski, qu'est-ce que vous lui souhaitez ce matin ? Bonne chance ou bon courage ?

0:13
Gérard Larcher

Bon courage, bon dialogue social et sur un dossier qui est un dossier difficile, sensible, qui porte sur un des éléments du pacte social dans notre pays et qui engage aussi 14% du PIB, c'est-à-dire une part très importante de la richesse nationale.

0:29
Présentateur

Qui doit faire un pas vers l'autre aujourd'hui lors des négociations à Matignon ?

0:32
Gérard Larcher

D'abord je vais répondre à monsieur Fauvel sur sa bande-annonce de ce matin, parce qu'il a dit voilà on reçoit le président du Sénat qui refuse de réformer les retraites des sénateurs. Je me permets de vous dire, un Fox ou Fox News, je leur envoie un excellent livre paru au mois de septembre qui s'appelle Contre-pouvoir, dans lequel je dis que très clairement le bureau du Sénat, sur ma proposition, adaptera, mais on y reviendra peut-être, la retraite des sénateurs en fonction de la loi.

1:00
Invité

En l'occurrence, on va y revenir dans un instant, une petite précision, moi c'est délit en fait, la première, et ensuite j'ai pas évoqué le fait que vous n'adapteriez pas ce régime des sénateurs, mais que vous ne le supprimeriez pas, c'est le terme que j'ai employé, vous venez de dire même que vous n'allez pas le supprimer, mais l'adapter.

1:13
Gérard Larcher

Il y aura bien sûr un régime de retraite des sénateurs, parce que c'est l'ordonnance de 58.

1:18
Présentateur

Alors on y vient tout de suite, si vous voulez, au régime de retraite des sénateurs, est-ce que le Sénat est au-dessus des lois, et au-dessus des autres français ? Le gouvernement dit régime unique pour tout le monde, et vous vous dites, on adapte, mais on ne supprime pas.

1:27
Gérard Larcher

Écoutez, c'est un régime, oui, avantageux. Oui, c'est un régime autonome, c'est un régime qui aujourd'hui donne 3856 euros de retraite. C'est un régime qui est le fruit d'une histoire qui date de 1905. Comme celui des avocats, comme les cheminots. Dans lequel les sénateurs cotisent une fois et demie de plus que des cadres, une fois et demie de plus que les députés aujourd'hui, depuis leur réforme de 2017. C'est un régime qui sera adapté pour passer au régime universel. Ah, donc il n'y aura plus de sur-cotisation. Comment est financé ce régime ? Parce que j'ai entendu Mme Berger, que je connais bien, hier, 12% cotisation des sénateurs. 28%, c'est le budget du Sénat, donc la part de l'État.

Alors, ça représente 9,9 millions. À comparer avec l'Assemblée nationale, 67 millions qui proviennent du budget de l'État par le budget de l'Assemblée nationale. Et 60% provient de notre caisse autonome, c'est la même chose pour nos personnels. Des fruits de notre caisse autonome qui, en plus, a des placements éthiques depuis 2015 et des placements carbone extrêmement positifs. Mais nous allons le faire évoluer. Je l'ai écrit, non pas sous la contrainte, comme je l'ai entendu, en septembre. Je vous renvoie à un excellent livre. Contre-Pouvoir, édition de l'Observatoire.

2:50
Invité

Gérard Archer, vous évoquez précisément, Ror Berger, la porte-parole de la République en marche, la députée qui était notre invitée hier. Voici exactement ce qu'elle disait à votre adresse et à l'adresse des sénateurs et de ce régime des retraites qu'on évoque.

3:01
Locuteur non identifié

C'est sûr que c'est toujours désagréable, quand on a un régime plus favorable, d'abandonner un régime plus favorable. Sauf que c'est une survivance qui n'a aucun sens aujourd'hui. On ne peut pas donner le sentiment, aujourd'hui, en 2019, que les députés et les sénateurs sont protégés et vivent différemment des Français. Ça n'a pas de sens.

3:19
Invité

Les députés, ils ont abandonné leur régime en 2017. Vous voulez créer une commission. Il faut encore du temps. Pourquoi ne pas faire immédiatement ?

3:25
Gérard Larcher

Bien sûr, parce que c'est le travail du bureau du Sénat. C'est sa fonction. C'est sa mission. Nous appliquerons la loi comme nous l'avons déjà appliquée. Donc, ce ne sera pas effectif avant 2021 ? Ça va dépendre de la loi. Ça va dépendre de la loi. Mais je vous rassure, j'avais fait en plus une déclaration publique devant Mme Buzyn, devant le haut commissaire à l'époque, M. Delevoye. C'était en avril 2018 que nous adapterions notre régime de retraite. Donc, il faut qu'on en finisse avec ces procès d'attention. Les députés, eux, c'était en 2017.

3:54
Invité

Ils n'ont pas eu besoin d'attendre, effectivement.

3:56
Gérard Larcher

Non, ils l'ont fait au renouvellement. Nous nous l'avons engagé. Mais nous attendons la loi.

4:00
Présentateur

À terme, Gérard Larcher, les sénateurs seront traités exactement comme les autres Français ?

4:05
Gérard Larcher

Ils seront traités suivant le régime de base universel à point. Nous avons déjà un régime complémentaire à point depuis une réforme qui avait été faite en 2010. Il n'y aura pas d'âge pivot au Sénat. Vous savez l'âge de départ moyen au Sénat ? Non. Ça explique la santé de la caisse. 71 ans. 10 ans presque plus que le départ de la moyenne des Français. Ça explique pourquoi notre caisse est assez peu sollicitée. Parce que l'espérance de vie des sénateurs n'est pas très différente de celle des Français.

4:35
Présentateur

Mais pour être parfaitement clair, et ce sera un dernier mot sur cette réforme, les sénateurs passeront au régime universel. À quelle date ?

4:43
Gérard Larcher

Dès que la loi sera promulguée, nous mettrons en place, mais nous avons déjà réfléchi, et il dépendra de savoir si c'est un régime à point ou pas, parce que le régime universel, encore faut-il le définir, est-il à point sur le régime de base ? Est-ce que plutôt, là c'est l'homme politique qui s'exprime, ce qui est ma priorité, ou est-ce que simplement on bougera le principe, vous savez, des 150 heures par trimestre minimum pour bénéficier du régime de retraite ?

5:12
Invité

Alors aujourd'hui, le Premier ministre va recevoir les syndicats, essayer de reprendre les négociations avec eux. Il est probable qu'il n'évoque pas exclusivement le régime de retraite des sénateurs. Que doit-il lâcher ou pas à vos yeux pour essayer d'apaiser la situation ? Est-ce que le gouvernement doit revenir sur l'âge pivot à 64 ans qui fâche un certain nombre de syndicats, et en particulier à la CFDT ? Attendez, il y a une angoisse dans le pays.

5:37
Gérard Larcher

On est passé de l'adhésion d'une réforme qui devait provoquer plus d'équité, à la suspicion liée à l'opacité du projet, puis aujourd'hui, on est passé de la suspicion à l'opposition. Vous savez, il faut réformer le système de retraite. Non, on n'a jamais voulu regarder les choses en face. Il y a trois paramètres. Le paramètre de l'augmentation des cotisations, il est évoqué depuis hier. Le paramètre de la baisse des pensions. Personne ne l'aise l'évoqué, il y a le paramètre de l'âge. Il n'y a pas d'autre solution.

6:13
Invité

L'augmentation des cotisations, c'est notamment Laurent Berger qui évoque cette piste. Est-ce que vous y êtes favorable ?

6:17
Gérard Larcher

Non, parce que c'est un facteur de compétitivité, le niveau de cotisation. C'est un facteur aussi de pouvoir d'achat. Si vous augmentez les cotisations, qui sont à 40% financées par les salariés, eh bien vous aurez un effet pouvoir d'achat. C'est pour ça qu'il faut regarder la vérité en face. Le paramètre de l'âge. Mais attendez, quand je regarde ce qui se passe en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, qui ne sont pas les pays de la régression sociale majeure, la question de l'âge n'est pas éludée. Et c'est le péché originel de cette réforme. Piégé par l'engagement du président de la République de ne pas toucher aux 60% ? Qu'est-ce qu'on a fait ?

On l'a contourné, rapport de Levoy, âge pivot, puis ensuite je passe par les épisodes de l'âge grand-père, et on revient à l'âge d'équilibre. En fait, on contourne pour ne pas évoquer que l'âge légal de la retraite doit être déplacé avec...

7:16
Invité

Aujourd'hui, ça apaiserait la situation si le gouvernement annonce qu'il faut repousser l'âge légal de la retraite à 65, 65, 66 ans.

7:21
Gérard Larcher

Y compris aux partenaires sociaux, il se trouve que je les ai rencontrés, ils connaissent ma position depuis longtemps, j'ai avec eux des contacts. On a des sujets à traiter, les carrières longues sont commencées à travailler avant moins de 20 ans. La question de l'emploi des seniors qui a progressé. D'ailleurs, il y a un rapport de France Stratégie qui démontre que l'emploi des seniors progresse quand l'âge de la retraite est repoussé. C'est un des effets. Il y a un rapport de France Stratégie l'an dernier. Il faut parler de pénibilité, c'est un sujet majeur. Et ça, c'est un de mes points de rencontre, notamment avec la CFDT. Il y a des nouvelles pénibilités.

Quand on met fin progressivement aux régimes spéciaux, eh bien, il faut en même temps regarder quelles sont les pénibilités qui demeurent dans ces régimes et quelles sont les nouvelles pénibilités. Je pense au travail de nuit, je pense au travail en horaire décalé, au travail de week-end. Je connais bien l'hôpital et je peux vous dire qu'il y a une pénibilité dans un certain nombre de métiers à l'hôpital.

8:16
Présentateur

C'est donc des sujets qu'il faut regarder en face. On va poursuivre cette discussion dans un instant. On s'interrompt. Le temps de rappel de l'actualité à 8h41 avec Mélanie Delonnet.

8:24
Invité

Le mot d'ordre ne change pas. Pas de trêve pour Noël. Sans retrait de la réforme des retraites et des actions locales. À partir de demain, les syndicats toujours déterminés. Après les manifestations d'hier, 600 000 personnes selon la police. 1 800 000 d'après la CGT. Au 14e jour de grève dans les transports, c'est toujours très perturbé. Dans les cortèges hier, cet après-midi, à Matignon, Edouard Philippe reçoit tour à tour les partenaires sociaux. A ses côtés, le nouveau monsieur retraite du gouvernement. Le député LREM du Nord, Laurent Pietraszewski, qui était pressenti pour être rapporteur du projet de loi sur les retraites. Il remplace Jean-Paul Delevoix.

On est très très loin d'une pénurie sur France Info. Ce matin, le président de l'Union française des industries pétrolières veut rassurer. Après les blocages dans des raffineries, 170 stations-services sur 11 000 seulement sont en pénurie d'au moins un carburant. Et puis aux Etats-Unis, la Chambre des représentants vote aujourd'hui sur la mise en accusation de Donald Trump, l'impingment du président américain, pour son rôle dans l'affaire ukrainienne.

9:26
Locuteur non identifié

France Info, et tout est plus clair.

9:31
Présentateur

Toujours avec le président du Sénat, Gérard Larcher. Il y a quelques années, Gérard Larcher, un président qui s'appelait Nicolas Sarkozy, avait tenté de supprimer les régimes spéciaux avant de revenir partiellement sur sa réforme. Est-ce que le gouvernement, aujourd'hui, en quelque sorte, est en train de finir le job ?

9:44
Gérard Larcher

Il est en train de, j'allais dire, de faire évoluer les régimes spéciaux. Je pense qu'il a raison. C'est tout comme l'universalité, je partage avec lui, j'allais dire, le principe d'universalité. Tout comme le sujet des petites retraites, des pensions de reversion. Il y a des choses positives dans les propositions du Premier ministre. Il y a plus de positifs que de négatifs dans cette réforme. Elle vous semble, dans ces équilibres, juste ou pas ? Il y a un certain nombre de points qu'il faut préciser. Je pense notamment aux fonctionnaires. Je pense aux enseignants. Je pense à certaines situations.

J'évoquais tout à l'heure la fonction publique hospitalière, où il y a des questions de justice. Ça doit être le débat, l'échange, le dialogue social et le rôle du Parlement. Nous débattrons d'ailleurs de ces sujets au Sénat. La conférence des présidents l'a demandé le 7 janvier prochain. Parce que je pense que c'est aussi un débat qui doit être un débat démocratique. Pardon de vous poser la question de manière aussi simpliste. C'est une réforme de droite, de gauche ou du centre ? Écoutez, c'est une demi-réforme de droite, si je devais la qualifier. Et donc, une demi-réforme de gauche aussi ?

En tous les cas, ce qui lui manque, vraiment, c'est de regarder avec courage et les yeux dans les yeux, la réalité de repousser l'âge légal de la retraite. Ce qui ne veut pas dire ignorer les carrières longues. Ce qui ne veut pas dire ignorer les carrières pénibles. Ce qui ne veut pas dire...

11:01
Présentateur

Comment vous faites pour repousser l'âge légal de départ à la retraite à 64 ? Je fais comme dans les autres pays. C'est pas très compliqué. Sans ignorer les carrières longues, c'est-à-dire ceux qui ont commencé à travailler à 17 ou 18 ans.

11:08
Gérard Larcher

Je les intègre dans mon projet, parce qu'après, par exemple, 41 années et demie, aujourd'hui, de travail, ceux-ci ont largement contribué au système de retraite. Et on les prend contre... Donc on fait des exceptions à la règle. C'est un sujet de négociation sociale. Et là, c'est un point avec lequel je peux me retrouver avec la CFDT.

11:26
Invité

Vous avez évoqué les points positifs que vous trouvez dans cette réforme, Gérard Larcher. Est-ce que ça explique que, dans l'opinion, c'est surtout la droite, les sympathisants de droite, ceux qui viennent d'ailleurs de les Républicains, qui soutiennent aujourd'hui le gouvernement et cette réforme ?

11:36
Gérard Larcher

Je ne sais pas si c'est ceux-là qui les conduit majoritairement, s'ils sont vraiment d'une sensibilité de droite et du centre... C'est plutôt votre électorat, Gérard Larcher, aujourd'hui, qui soutient la réforme présentée par le gouvernement. Oui, et bien, qui le regarde vraiment, eux aussi, les yeux dans les yeux sur la question de l'âge légal. On ne pourra pas, en permanence, ne pas se dire la vérité sur l'âge légal de départ à la retraite, c'est-à-dire faire comme d'autres pays... Donc, vous, c'est quel âge ? 65 ? Mais attendez, c'est un âge progressif, 64, puis 65 ans.

12:06
Invité

Progressif jusqu'où ? Jusqu'à 65 ans, au-delà ?

12:08
Gérard Larcher

Jusqu'à 65 ans après, il devrait y avoir un débat. Vous savez qu'il y a des pays qui sont déjà à 67 ans.

12:13
Invité

Ça, ça ne vous fait pas peur ? C'est pas le sujet qui ne me fait pas peur.

12:16
Gérard Larcher

Il y a une augmentation de l'espérance de vie. La retraite, c'est un élément majeur du modèle social. Est-ce qu'on peut y consacrer aujourd'hui, dans l'état financier de notre pays, plus de 14% de notre production intérieure brute ? La moyenne des autres pays, je vous le rappelle, c'est 12%. Est-ce qu'on sait vraiment faire beaucoup mieux que les autres dans notre situation financière ? Je crois que c'est un élément du pacte social. Ce n'est pas un sujet qu'il faut traiter uniquement avec les contraintes financières. Mais on ne peut pas éliminer la réalité du retour à l'équilibre financier des régimes de retraite.

12:49
Présentateur

Gérard Larcher, ces derniers jours, 200 000 foyers ont été touchés par des coupures de courant sauvage liées à ce mouvement contre la réforme des retraites. Est-ce que pour vous, c'est un moyen normal de faire grève ?

12:59
Gérard Larcher

Inadmissible. Inadmissible en plus, quand on sait que dans ces foyers, en hiver, il y a parfois aussi des gens malades qui vivent avec des appareils qui dépendent de l'électricité. Je prends cet exemple, qu'il y a des enfants. Je crois que ça n'est pas une manière d'exprimer un droit qui est constitutionnel, qui est le droit de grève, de prendre des usagers, et souvent des usagers très fragiles, vraiment comme des otages, d'une revendication qu'on peut considérer comme légitime dans son expression, même si je ne la partage pas. Pour vous, vous utilisez le terme d'otage. Aujourd'hui, les usagers sont pris en otage par des grévistes.

Écoutez, je vais prendre quelque chose qui m'est assez proche. Quelqu'un qui est sous un respirateur et qui est lié à l'électricité, qui voit son respirateur coupé parce que l'électricité est coupée, pardonnez-moi, c'est même une grave responsabilité. J'appelle ceux, vraiment, qui utilisent ce levier-là à être très attentifs à la situation d'hommes et de femmes qui sont en fragilité et d'enfants.

13:56
Invité

Quelqu'un d'autre a utilisé le terme d'otage à propos des usagers coincés dans les transports. C'est le vice-président de votre parti, Guillaume Pelletier, vice-président des Républicains, qui était notre invité il y a quelques jours et qui, lui, prône carrément, pour débloquer la situation dans les transports, la réquisition d'un certain nombre de personnels grévistes. Je vous propose de l'écouter.

14:13
Auditeur

Tous ces Français qui se lèvent, qui triment, qui galèrent et qui ne peuvent pas aller travailler librement, oui, j'appelle ça une prise d'otage.

Quand je vois que des dépôts de bus sont bloqués par des grévistes pour empêcher les non-grévistes de circuler, quand je vois comment des non-grévistes, et c'est leur droit aussi, sont attaqués et agressés par certains, quand je vois ces millions de Français qui n'ont pas d'autre choix que d'aller travailler, certains intérimaires qui s'inquiètent même de perdre leur emploi, tous ces collégiens, ces lycéens qui sont aujourd'hui en galère, oui, je crois qu'un service minimum garanti est indispensable et que pour garantir ce service minimum, s'il faut aller jusqu'à la réquisition d'un certain nombre de personnels comme cela existe pour les pompiers ou dans les hôpitaux, ce me semble être sage.

14:59
Invité

Il faut réquisitionner les personnels dans les transports, Gérard Archer.

15:01
Gérard Larcher

Le droit de réquisition, il existe dans la police, il existe à l'hôpital. Est-ce qu'il faut la cliquer dans les transports ? La Sarkozy avait introduit le principe d'un service minimum dans les transports. Il y a aussi une responsabilité vis-à-vis des usagers, il y a des droits des usagers. Il y a aussi, pardonnez-moi, on en parle très peu, la conséquence environnementale sur la dette de carbone de ce qui se passe depuis 12 jours.

15:24
Invité

Je n'ai pas compris si vous étiez favorable à la réquisition de personnel gréviste dans les transports, Gérard Archer.

15:28
Gérard Larcher

Non, non, j'ai simplement dit que c'est un sujet qu'il faudra aborder à froid. Je l'ai dit chez un de vos confrères. Pas aujourd'hui. Mais, écoutez, je pense que rien n'est pire que les lois de pulsion.

15:39
Présentateur

Là encore, vous demandez à la majorité actuelle de faire ce que vous n'avez pas fait quand vous étiez au pouvoir. Que nous avons entamé. La loi Gérard Larcher sur le service minimum n'est pas une loi sur le service minimum, c'est une loi sur l'information. C'était une loi Xavier Bertrand. C'était la loi virgule Gérard Larcher sur le service minimum n'oblige pas un service minimum.

15:59
Gérard Larcher

Je voudrais rappeler quand même que c'est la droite en 1995, en 2003, en 2008 et à 2010, qui a fait la réforme des retraites.

16:06
Invité

Avec à chaque fois des millions de personnes dans la rue. Effectivement, davantage d'ailleurs en 2010 qu'il y en a pour l'instant dans les rues face à la réforme du gouvernement. Parce que je crois que la réforme des retraites est nécessaire. Mais on se souvient qu'il y a quelques semaines, d'ailleurs, François Fillon l'avait évoqué sur un mode qui se voulait humoristique. Il avait qualifié Emmanuel Macron de petit joueur, rappelant que lui, François Fillon, avait mis beaucoup plus de Français dans la rue.

16:24
Gérard Larcher

Je ne le fais pas sur le mode humoristique, je dis simplement que c'est un élément du pacte social. On ne peut pas ignorer les équilibres. Il faut être juste. Et quant à la réforme systémique, c'est d'ailleurs un débat que nous avons eu au Sénat il y a 9 ans. Il faut une trêve à Noël dans la grève des transports ? Bien sûr, je pense que Noël a tant de partage, de retrouvailles, qui ne peut pas, lui, en quelque sorte, se tend à être otage de conflits qui, dans une démocratie, peuvent être légitimes. Mais peut-être que si on faisait un peu la trêve et la pause, le temps de Noël, ce serait raisonnable.

17:00
Présentateur

On va évoquer dans quelques instants, Gérard Larcher, virgule, la loi contre la haine sur Internet que le Sénat a partiellement retoqué cette nuit, en tout cas vidée de l'une de ses mesures phares. Vous restez avec nous, on s'interrompt d'abord pour le rappel de l'actualité à 9h moins 10, virgule, avec Mélanie Delaunay.

17:15
Invité

Ce qui s'est passé est grave. Elisabeth Borne condamne très fermement les coupures d'électricité revendiquées par la CGT. 40 000 logements concernés à Lyon. Hier, 50 000 en Gironde. Invité de France Inter, la ministre de la Transition écologique demande à RTE de porter plainte. Un nouveau monsieur retraite pour le gouvernement. Laurent Pietraszewski, député La République En Marche du Nord, 53 ans, une carrière dans les ressources humaines chez Auchan. A peine nommé passation de pouvoir dans 10 minutes avec Jean-Paul Delevoye, Conseil des ministres. Puis cet après-midi, le nouveau secrétaire d'Etat aux retraites sera face aux partenaires sociaux.

Les syndicats reçus tour à tour et toujours aussi déterminés au lendemain des manifestations. Ils appellent à des actions locales dès demain jusqu'à la fin de l'année et confirment donc pas de trêve pour Noël. Les bancs sont publiés. Union annoncée de PSA et Fiat Chrysler. Ils ont conclu un accord de rapprochement pour devenir le quatrième constructeur automobile mondial avec plus de 400 000 salariés. France Info. Et tout est plus clair.

18:18
Présentateur

Gérard Larcher, le Sénat que vous présidez a donc voté la nuit dernière la proposition de loi qui vient de la majorité sur la haine sur Internet. Mais en en supprimant la mesure phare qui était censée obliger les plateformes à retirer sous 24 heures les propos haineux ou racistes. Sous peine d'une amende qui pouvait aller jusqu'à plus d'un million d'euros. Pourquoi cette décision ?

18:36
Gérard Larcher

D'abord, l'objectif de la proposition de loi, lutter contre les discours de haine en ligne, nous sommes favorables. Simplement, le Sénat n'a pas souhaité confier au GAFA le soin de ce qui relève de la liberté d'expression. Parce que c'était ça. Et donc, liberté d'expression, respect de la personne et conformité aux droits européens. Nous avons renforcé le dispositif de régulation par le Conseil supérieur de l'audiovisuel. C'est tout simplement d'ailleurs la mise en ligne avec le droit européen. Mais nous ne pensons pas que les GAFA soient les mieux placés pour être ceux qui apprécient ce qui relève de la liberté d'expression.

19:21
Présentateur

Mais vous savez que les délais de la justice, malheureusement, ne sont pas les mêmes. Et que du coup, un propos insultant, blessant, raciste, homophobe restera désormais en ligne.

19:28
Gérard Larcher

Rien n'empêche les GAFA de prendre leurs responsabilités, mais leur confier le soin en lieu et place de la justice. Pardonnez-moi, je vous renvoie à d'autres sujets sur les GAFA.

19:38
Invité

Mais en l'occurrence, on sait que cette loi, elle vise aussi à les frapper au portefeuille, les plateformes, avec des amendes extrêmement importantes qui peuvent aller au-delà d'un million d'euros.

19:46
Gérard Larcher

Ça ne l'exclue pas. Le principe qui a été retenu par le Sénat, très attaché en même temps au respect de la personne et à la liberté d'expression, c'était vraiment de ne pas confier aux GAFA le soin de ce qui relève de la liberté d'expression.

20:00
Présentateur

Vous ne pensez pas qu'on a ouvert le champagne cette nuit chez Facebook en entendant la décision et le vote du Sénat ?

20:05
Gérard Larcher

Je ne sais pas si on a ouvert le champagne, mais moi, je n'ai pas envie de leur donner du champagne non plus aux GAFA. Je fais partie de ceux qui attendent notamment la taxation de ces GAFA, dont certains ont un budget, je le rappelle, supérieur au budget d'un certain nombre de pays démocratiques. Donc je suis très attentif et le Sénat très attentif au respect des libertés individuelles, des libertés collectives et de la liberté d'expression. Méfions-nous de solutions en apparence séduisantes, mais qui donneraient notre liberté, j'allais dire entre les mains, des GAFA.

20:36
Invité

Mais donc on peut attendre d'eux qu'ils s'autorégulent. On peut faire confiance à Twitter, à Facebook pour s'autoréguler.

20:41
Gérard Larcher

Écoutez, la confiance, mais pas la totalité de la confiance, puisque je pense qu'il appartient aux autorités de justice, aux pouvoirs régaliens, de déterminer la manière dont on gère ces contenus haineux inadmissibles.

20:57
Présentateur

Pour en revenir à la réforme des retraites et au départ à la démission de Jean-Paul Delevoye ces dernières heures, Gérald Rachet, il a bien fait partir ?

21:03
Gérard Larcher

Je crois qu'il en a tiré les conclusions d'une situation qui était la sienne et la conséquence d'un comportement, le connaissant assez bien, il a pris la seule décision qui était possible.

21:21
Invité

Vous le connaissez très bien, vous étiez dans la même partie, ça vous a surpris ?

21:25
Gérard Larcher

Oui, parce que nous avions l'impression qu'il était plutôt attentif à ce genre de choses. C'est vrai que c'est complexe les déclarations à la haute autorité. Nous y sommes tous soumis à ces déclarations. Peut-être n'a-t-il pas pris avec suffisamment d'attention ses obligations. J'ai lu ce matin que peut-être on n'avait pas suffisamment attiré son attention. En tous les cas, les déclarations à la haute autorité, c'est une responsabilité personnelle que connaît bien chaque parlementaire, sur lequel je, comme président du Sénat, je rappelle à chaque parlementaire l'importance d'être très attentif. La vôtre, vous la remplissez tout seul ? Je la remplis avec mes collaborateurs ou mon épouse.

Vous savez, en plus, je le dis, quand j'ai été réélu président du Sénat, j'ai demandé à titre officiel une vérification fiscale approfondie de ma situation. C'est vous qui l'avez demandé ?

22:14
Présentateur

Oui, c'est moi qui l'ai demandé. En plus de la haute autorité. Vous pensez qu'il faut renforcer aujourd'hui le contrôle pour qu'on se rende compte, deux ans après, que quelqu'un a oublié du mandat ?

22:23
Gérard Larcher

Il faut se poser la question pourquoi ça n'a pas fonctionné. Moi, je vois par contre que ça fonctionne. Le président Nadal a eu des décisions de transfert au parquet national financier pour un certain nombre de parlementaires. On voit bien que ça a fonctionné pour les parlementaires. Il ne faut pas renforcer les moyens de la haute autorité qui sont aujourd'hui très limités. Déjà, existe ce contrôle. Ce contrôle, il est pour moi approfondi. Il fait l'objet d'un dialogue. Il doit être contradictoire. Je le dis quand même. Aujourd'hui, on l'a connu avec un certain nombre de dossiers, face aux pressions médiatiques des réseaux, on n'a même pas le temps du contradictoire.

Je voudrais qu'en droit, je reviens sur les libertés. Y compris un parlementaire et un ministre, ou une personnalité, le temps du contradictoire.

23:14
Invité

Vous évoquez le contrôle, Gérard Larcher. Est-ce qu'il faut aussi contrôler davantage les frais engagés par les assemblées, que ce soit l'Assemblée nationale ou le Sénat ? C'est fait. Nous sommes à la Cour des comptes.

23:23
Gérard Larcher

Nous allons avoir, en plus, nous, un audit interne. C'est sur nos sites. En permanence, se posent des questions. Je vais prendre une question qui a été posée. Pourquoi le budget de la présidence de déplacement a augmenté en 2018 ? Il est au plus haut depuis 5 ans. Oui, il est en 2018 pour une raison très simple. Je me suis rendu avec une délégation auprès de Barkhane et auprès des réfugiés de Boko Haram au lac Tchad. C'était, me semble-t-il, indispensable pour une assemblée parlementaire. C'était un témoignage et ça n'avait rien d'exceptionnel, puisque notre budget, lui, c'est le budget de la présidence, c'est 2,35 du budget du Sénat.

Le budget du Sénat, il est gelé, vous vous rendez compte, depuis 2011.

24:04
Invité

C'est donc la raison pour laquelle ces frais de représentation du président du Sénat ont augmenté en 2018. Oui, ils sont transparents et ils sont clairs. Je me suis rendu. Et pour autant, est-ce que vous considérez que les assemblées, dont la vôtre, doivent encore faire un effort de rigueur et quand on demande des efforts aux Français, des efforts d'économie budgétaire ?

24:20
Gérard Larcher

Je l'ai, depuis 2011, les choses sont transparentes. Nous avons une commission de contrôle des comptes. Nous avons un comité de déontologie et la Cour des comptes peut nous faire les observations. Je pense que sur ces sujets-là, vous savez, la transparence, elle peut toujours être améliorée. Mais je pense que je suis considéré comme quelqu'un de très attentif. Vous parlez de ma vérification fiscale. Je suis en plus le premier président qui n'habite pas le Sénat. J'habite chez moi. Vous voyez ? Bon, tout ça est simple, doit être dit. Attention, attention à ne pas en permanence nourrir l'anti-parlementarisme. Attention à nous aussi en étant attentifs à ne pas nourrir l'anti-parlementarisme.

Nous sommes responsables, mais nous sommes responsables ensemble dans un pays qui a beaucoup de défiance vis-à-vis des politiques, des médias et des élites. Soyons plutôt des acteurs de la cohésion.

25:13
Présentateur

Et ce sera le mot de la fin. Merci beaucoup Gérard Larcher d'avoir accepté ce matin l'invitation de France Info. Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info. Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis. Un podcast à écouter sur franceinfo.fr. Disponible aussi sur l'application Radio France.