Detroit d'Ormuz : Macron dit non à Trump
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Tous craignent de se voir entraînés dans une guerre qui n'est pas la leur. Pendant ce temps-là, Israël poursuit l'élimination des hommes-clés du régime iranien. - A la télévision israélienne, alors qu'un reporter est en plein direct... - Nous avons une confirmation officielle...
A.Larijani a été neutralisé. - Oui.
Nous voyons une confirmation officielle. C'est une énorme information. - Un nouveau succès pour Israël, un revers majeur pour l'Iran.
A.Larijani était l'un des principaux dirigeants du régime iranien, depuis la mort d'A.Khamenei. - B.Nétanyahou: Ce matin, nous avons éliminé A.Larijani, le chef des Gardiens de la révolution, le chef d'une bande de gangsters qui dirigent l'Iran.
Nous avons éliminé le commandant des Bassidjis, les auxiliaires de ces gangsters qui répandent la terreur dans les rues de Téhéran. - Alors que ces dernières heures d'intenses frappes ont touché Téhéran, en Irak, à Bagdad, l'ambassade américaine a essuyé des attaques de drones. Une guerre qui s'enlise et, chose rare, un président américain qui demande du soutien. - Le président Trump lance un appel direct à la communauté internationale pour aider les Etats-Unis à sécuriser le détroit d'Ormuz afin d'éviter une crise mondiale de l'approvisionnement en pétrole, tout en affirmant que les Etats-Unis pourraient défendre le détroit par eux-mêmes. - Conférence de presse à la Maison-Blanche.
Le président américain demande à ses alliés de s'impliquer dans le conflit tout en confirmant à affirmer... - D.Trump: Nous n'avons besoin de personne.
Nous sommes la nation la plus forte du monde. - Fidèle à son style, Trump distribue les coups. Le Premier ministre britannique... - D.Trump: Il devrait s'engager avec enthousiasme. - E.Macron... - D.Trump: Sur une échelle de 0 à 10, je lui donnerais un 8.
Ce n'est pas parfait. C'est la France. - D.Trump, décidément très agacé par ses alliés. - D.Trump: Il y a des pays où nous avons 45 000 soldats, d'excellents soldats qui les protègent du danger.
Nous avons fait un excellent travail. Quand nous leur demandons s'ils ont des démineurs: "Nous préférerions ne pas nous impliquer." "Vous ne voulez pas vous impliquer dans quelque chose d'aussi mineur?" - Le retour de l'interventionnisme américain rattrapé par la réalité et le risque d'une crise mondiale sur les hydrocarbures.
Hier, une attaque de drones a provoqué un incendie sur une zone pétrolière aux Emirats arabes unis. Un nouveau tanker a également été attaqué. Une liste qui s'allonge, preuve de la paralysie qui gagne le détroit d'Ormuz.
Cet après-midi, E.Macron répond à D.Trump, rappelant la position française. - E.Macron: Nous ne sommes pas partie prenante au conflit.
Jamais la France ne prendra part à des opérations d'ouverture ou de libération du détroit d'Ormuz dans le contexte actuel. Nous sommes convaincus qu'une fois la situation plus calme, nous sommes prêts, avec d'autres nations, à prendre la responsabilité... - Malgré le blocage, quelques navires ont traversé le détroit avec l'autorisation de l'Iran, comme ce tanker indien. - C.Roux: Nous serons dans un instant en direct de Washington avec S.Dridi.
Question. - Gal D.Trinquand: Je reviens à une histoire pas si éloignée que ça, 2003.
A l'époque, les Américains avaient cherché à convaincre tout le monde à l'ONU. Ca avait duré des mois. Ils ont cherché... - C.Roux: On parle de la guerre. - Gal D.Trinquand: Là, pas une coordination, pas une demande à personne.
On fait ça en tête à tête avec Israël. On y va. Quand on est embêté, à ce moment-là, on demande aux alliés de venir.
Je ne suis pas très surpris que les alliés disent: "Ecoutez, vous ne nous avez pas demandé." - C.Roux: C'est juste parce qu'il n'a pas demandé la permission? - Gal D.Trinquand: Non.
Tout le monde était opposé à cette guerre. Tous les pays du Golfe l'avaient dit. Tous les pays européens ont dit de ne pas le faire.
La réponse du président, c'est: "Ce n'est pas en état de guerre qu'on pourra débloquer le droit d'Ormuz. On pourra y revenir." Attendons que les choses se calment.
A ce moment-là, on pourra intervenir sur le déminage, où les Européens sont assez bons, s'il y avait du minage. - C.Roux: La France dit: "Sur le principe, il y a cette mission qui intervient au nom de l'Europe en mer Rouge, certainement pas à ce niveau-là du conflit." Cette réaction de la France est alignée sur d'autres pays.
Sur le cas de la relation entre E.Macron et D.Trump, qui lui met un 8 sur 10...
Le président français s'aligne sur la position des autres pays européens? - A.Bauer: La France est un des rares pays à avoir des dragueurs de mines.
Elle est puissante, mais pas capable de se protéger elle-même contre de nouveaux types d'attaques, comme les drones. Nous n'avons pas les mêmes dotations d'équipement. Nous n'avons pas les commandes pour le mettre en place.
On risque de perdre des bâtiments dans un goulet extrêmement étroit. Le détroit est long, mais il n'est pas très large à son endroit le plus compliqué. Il y a un souci particulier.
On ne peut pas organiser un convoi comme on le faisait dans l'Atlantique Nord. Il y a une compréhension technique du problème. Quant à la 1re question du téléspectateur sur le soldat...
La France a une tradition...
Elle a toujours été tentée de faire en sorte que nous n'oubliions jamais qui tue nos soldats et de faire en sorte qu'ils ne l'emportent pas au paradis. Je pense que nos amis du pseudo groupe de la grotte qui dort, qui sont en fait des Kataeb Hezbollah bien connus et identifiés depuis 2019, ne devraient pas rester très longtemps et devraient retrouver leur créateur rapidement. Je leur souhaite d'aller au paradis... - C.Roux: On sait qui a visé les soldats français? - A.Bauer: Oui.
Un jour ou l'autre, dans un délai bref, je pense qu'ils vont pouvoir cesser d'exister. Nous leur souhaitons bonne chance. - C.Roux: Ca ne restera pas sans réponse.
On va revenir sur la position des autres pays européens et ce "non" choral des pays cités par D.Trump dans son appel à l'aide. S.Dridi, vous êtes correspondante aux Etats-Unis pour LCI et France 24.
Depuis que tous ces pays ont dit "non", Trump est en colère? - S.Dridi: Oui.
C'est L.Graham, un sénateur républicain, l'un de ceux qui a le plus poussé et encouragé D.Trump à intervenir en Iran, qui a dit qu'il avait parlé à D.Trump juste après ce message posté sur les réseaux sociaux.
Il a appris que la plupart des pays de l'Otan ne voulaient pas aider les Etats-Unis. Il a dit: "Je ne l'ai jamais entendu autant en colère." Il y a peu, à la Maison-Blanche, on l'a entendu dans le bureau Ovale.
Il a encore dit sa déception à l'égard des pays de l'Otan. Il dit: "On les aide depuis des années. Ils ne veulent pas nous aider." Il dit que c'est un test pour les Etats-Unis de voir si les alliés de l'Otan sont là ou pas. - C.Roux: Il faut toujours essayer de suivre ce que dit D.Trump.
Il dit aussi: "Au fond, c'est pas grave. On n'en avait pas besoin. L'Amérique est puissante.
Elle peut se débrouiller toute seule." - S.Dridi: C'est ce qu'il m'avait dit quand je lui avais posé la question à propos de l'aide de la France.
On sent une grande frustration de la part de D.Trump. Il parle beaucoup de ces pays de l'Otan.
Il y a quelques jours, il a dit au "Financial Times" que l'avenir de l'Otan serait sombre s'il n'aidait pas les Etats-Unis. Pour lui, c'est un échec. Il pensait que l'Iran allait capituler avant de pouvoir fermer le détroit d'Ormuz.
Emmanuel Macron