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interviewLEGEND· 22 octobre 2025 101 min

CARLOS GHOSN : RECHERCHÉ PAR INTERPOL ET RÉFUGIÉ AU LIBAN, LES COULISSES DE L’ÉVASION DU SIÈCLE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour tout le monde et bienvenue sur Légende. Aujourd'hui, notre invité c'est Carlos Gaone, l'ancien patron de Nissan puis de Nissan Renault Mitsubishi euh qui s'est évadé il y a quelques temps dans une malle du Japon suite à des problèmes judiciaires lorsqu'il a été interpellé puis emprisonné pendant plus de 130 jours au Japon. Il a une notice rouge d'Interpol aujourd'hui c'est qu'il n'a pas le droit de sortir du Liban, pays dans lequel il s'est enfui.

On va donc prendre un avion, on va prendre un taxi tout de suite pour aller à l'aéroport de Paris et puis partir le rencontrer à Beou dans une maison qu'on nous a prêté pour l'occasion. C'est parti. Et juste avant, abonnez-vous.

Plus vous êtes nombreux, plus on peut avoir d'invités exceptionnels comme Carlos Gone aujourd'hui. Donc hésitez pas, ça prend 2 secondes. Hésitez pas à commenter l'émission, à la liker aussi, ça nous aide beaucoup sur le référencement, puis à mettre la petite cloche comme ça vous serez au courant des prochaines sorties.

On vous met trois interviews par semaine, le mercredi, le vendredi et le dimanche sur les gendes et en podcast audio. Oubliez pas sur Spotify, 10h, Apple Podcast, Amazon Podcast, on vous met en son le podcast audio. Vous pouvez les écouter comme ça quand vous êtes sur la route en faisant du sport.

C'est parti avec Carlos G sur les jambes. On y va. [Musique] Merci d'avoir accepté l'invitation.

On est venu vous rencontrer à Beou ici au Liban. J'ai passé ma première nuit dans l'infemme prison japonaise de Kosoui. Ils vous font faire 130 jours de prison.

On vous enlève tout. Vous dormez avec la lumière toute la nuit. Le surveillant vous dit comment vous devez vous tenir dans la cellule et tout se passe comme s'il voulait pousser au suicide.

J'ai pas eu un jour où j'étais joyeux. J'étais dans le malheur le plus total. Carlos Carlos Ga Carlos Ga l'incroyable évasion de Carlos Gone.

Ce que nous savons, c'est que Carlos Gaone a quitté le Japon. C'est peut-être l'évasion du siècle. Et donc ils vous mettent dans une, vous allez pas être scanné à l'aéroport comme toutes les mâles.

Non. Vous entendiez que vous étiez dans la malle ? On a des braagin en japonais, en anglais ?

Bien sûr. Là, ça devait pas être agréable. Non, c'était pas agréable.

Combien ça coûte de d'organiser une évasion d'un pays ? Ça coûte très cher. C'est votre liberté qui est en jeu.

Mais c'est quoi ? C'est en million. Carlos G, bonjour.

Bonjour. Merci d'avoir accepté l'invitation d'être venu vous rencontrer à Beou ici au Liban. Où vous habitez aujourd'hui ?

Oui, c'est ça. Vous êtes là là. Vous avez pas le droit de sortir du du de de Beou des Liban aujourd'hui.

Vous avez pas le droit de sortir. Bah, il y a une notice rouge japonaise, c'estàdire la la le Japon. Quand j'ai quitté le Japon et je suis arrivé à à Beou, ils ont émis ce qu'on appelle une notice rouge sur Interp.

Sur Interpol, ils envoient ça à Interpol et Interpol applique. C'est-à-dire la notice rouge vise à localiser, arrêter et extrader. Bon, le Liban n'extrade pas ses citoyens. comme la France, comme le Brésil moi je suis citoyen des trois pays donc je je sais donc aucun payz habité au Brésil avant on va en parler du parcours après bien sûr aucun des trois pays dont dont j'ai la nationalité n'extrate ses citoyens donc je suis dans la situation dans laquelle aujourd'hui le Japon ne veut pas transmettre le dossier aux autorités libanaises pour que je puisse être jugé au Liban et le Liban n'extrade pas ses citoyens donc on est bloqué parce que vous êtes né donc je vais reprendre votre parcours.

Le principe c'est vraiment de comprendre vos choix, votre vie, de la comprendre. Vous êtes né le 9 mars 54 à Portoovélo. Vous êtes né au Brésil.

Ça je savais pas mais vous êtes d'origine libanaise he c'est ça. Vous êtes parti habiter là-bas. Oui.

Pour quelle raison ? Bah écoutez euh mon mon père est né au Brésil. Mon père est né au Brésil.

Il est d'origine libanaise. Mais euh enfin son papa est un émigré. Donc mon grand-père a émigré du Liban vers le Brésil.

Mon père est né au Brésil. Moi, je suis né au Brésil. Donc je suis un Brésilien de 2e un libanais 2e génération disons, hein.

Et ma mère est libanaise. Donc je suis né au Brésil. J'ai quitté le Brésil, j'avais l'âge de 5 ou 6 ans pour des problèmes de santé.

C'est-à-dire que la région dans laquelle j'habitais n'était pas une région propice à un développement normal. Le médecin avait euh conseillé à ma à à ma mère, il faut que j'aille dans un pays tempéré dans lesquels euh je pouvais avoir une croissance normale. Il faisait trop chaud pour trop humide, trop non, c'est l'eau.

C'était le problème était essentiellement lié à l'eau. Et donc je suis revenu avec ma mère au Liban, j'avais 5 ou 6 ans et donc j'ai vécu une grande partie de ma jeunesse à Berrou. Vous avez une sœur, c'est ça ?

Trois sœurs. Trois sœurs. Oui.

Vous avez grandi avec elle ? Oui. Et donc et votre maman, vous étouré de femme.

Exactement. Parce que ça a une influence après sur les décisions que vous avez pris. Énorme.

Énorme. Euh énorme. Pourquoi ?

Parce que euh ma mère euh était issue d'une famille où ils étaient huit frères et sœurs. Et donc à cette époque euh ses parents n'avaient pas les moyens de payer l'université pour les H. Donc ils ont privilégié les garçons.

Et donc ma mère qui est une personne que je considère comme étant très douée voulait faire médecine et elle n'a pas pu faire médecine parce qu'ils ont pas pu lui payer ses études. Ils ont donné préférence au garçons. Et ce qui m'a beaucoup frappé, c'est qu'elle n'en gardait aucune amertume.

Euh moi, j'étais amère pour elle, mais elle en avait aucune amertume. J'ai toujours eu en moi cette image de quelqu'un de doué qui, compte de la façon dont la société fonctionnait à ce moment-là, n'a pas eu toutes les chances qu'elle aurait dû qu'elle aurait dû avoir. Et donc, je peux vous dire que j'ai éduqué en fonction de cela, j'ai éduqué mes filles comme mon garçon.

Exactement la même chose et la même exigence, la même force. Je les ai poussé à avoir leur propre carrière, être les plus autonomes, les plus autonomes possible. marqué par l'exemple de ma mère qui a été dépendante contrairement à son talent, à sa volonté uniquement pour des raisons sociétales.

Vous avez été sévère dans l'éducation, on viendra après sur l'éducation des enfants mais c'est intéressant de comprendre. Ils étaient extrêmement strict à l'école. Bon, il était très strict, c'estàdire quand ils arrivaient avec des notes un peu moyennes, je dis bon ben c'est pas ton niveau hein, donc il faudrait que tu te réveilles.

Par contre, j'étais beaucoup plus coulant. euh dans tous les autres domaines, mais j'étais très strict sur tout le côté développement intellectuel euh et puis tout ce qui concernait l'école. Ouais.

Le travail et cera pour la réussite après. Oui. Euh bien sûr parce que je voulais qu'il dépendent d'eux-mêmes là encore là aussi je leur expliquais toujours que il fallait qu'ils développent leur propre autonomie sur tous les plans.

Si vous avez été après vous avez fait des études chez les chez les jésuites, chez les prêtres. Ça c'était c'était où ? C'était au Liban ou c'était en France ?

Non. Le secondaire, c'est au collège Notre-Dame euh qui est euh le principal collège des jésuites au Liban. J'ai fait toutes mes études.

Très sévères les jésite euh sévère. C'est là où j'ai appris l'organisation, la discipline et la compétition, hein. Ils ont développé ces ces trois éléments.

Euh donc vous savez, on on quittait la maison à 7h du matin, on revenait le soir à à 8h du soir. Donc on passait voilà, on passait, on étudiait, on faisait tous les devoirs, tout était supervisé, on revenait à la maison, il y a plus rien à faire. Donc ça c'était le système des jésuites à cette époque.

Et puis euh après les donc le collège de Notre-Dame, j'ai été à euh Stanisla Saint-Louis. Donc ça c'est en France pour la prépa en France. Euh et j'étais en France sous l'influence de ma mère là encore.

Ma ma mère était très francophile, francophone, nationalité française et cetera. Et elle adorait la France et donc elle m'a moi j'hésitais entre la France et les États-Unis. Elle m'a dit "Non, non, tu dois aller en France." Euh il y a une très grande tradition de euh de de d'empathie, de sympathie vis-à-vis de la France au Liban et surtout dans les anciennes générations.

Parce que Liban ça parle français he il y a trois langues. C'est ça hein. L'anglais, le français par ou malheureusement de moins en moins.

Malheureusement de moins en moins. Il y a de plus en plus d'anglais et de moins en moins de français. Ah oui, d'accord.

Euh donc vous parliez déjà français quand vous arrivez là-bas ? Oui oui oui bien sûr. C'était moi j'avais j'avais trois langues quand je suis arrivé en France.

Euh euh j'avais donc le le français, le l'arabe euh et le portugais. L'anglais je c'est My Tayor is rich hein. J'avais un anglais qui était qui était élémentaire.

Je l'ai appris je l'ai appris sur le TAS l'anglais hein. J'ai j'ai pas appris à Harvard ou je l'ai appris sur le T en parlant. Mais et comment on apprend trois langues d'ailleurs au Liban ?

Parce que je connaissais pas. Je découvre. On est arrivé hier soir pour tout vous dire.

On tourne à midi. Mais écoutez, quand vous êtes gamin, vous apprenez tout très vite. Voilà.

À l'école avec euh euh avec vos copains. Euh vous avez bon euh à la maison ça parlait français parce que ma mère était très très francophone comme je vous le dit et puis le portugais parce que bon, il y avait des liens avec le Brésil. On a une partie de la famille au Brésil.

Donc ces trois langues, j'ai vécu dans ces trois langues et et l'anglais qui allait être franchement la langue la plus importante pour moi, je l'ai appris sur le tas plus tard. après quoi. Et et on en parlera après mais à Tokyo quand vous arrivez là-bas, ça parle pas vous parlez évidemment pas japonais mais ça parle pas forcément très bien anglais la plupart des gens quoi.

Oui, c'était un point c'était un point commun d'ailleurs entre les Français que j'amenais avec moi et les Japonais c'estàd se sont aperçus que vraiment personne ne parlait vraiment bien anglais. Donc ce qui fait que quand j'ai imposé l'anglais comme la langue officielle de l'alliance, personne ne se sentait défavorisé hein. Les Français devaient faire un effort pour être un peu plus proficient comme disent en anglais et les Japonais devaient se mettre aussi au travail pour parler anglais et non pas parler français.

Vous qui avez une éducation internationale, vous avez vu plusieurs pays. Quand vous arrivez en France, qu'est-ce qui vous marque en terme d'éducation ? Vous êtes à l'école, c'est une belle école dans laquelle vous allez, mais est-ce que vous quelque chose vous marque ?

Oui. D'abord quand vous arrivez quand vous venez du Liban, vous débarquez en France, vous venez d'un pays euh qui est très où il y a beaucoup de chaleur humaine. Vous débarquez à Paris, vous êtes un peu choqué.

Il y en a beaucoup moins. Je peux pas que vous parlez. Mais deuxièmement, vous venez d'un pays où il y a 300 jours de soleil par an.

Vous arrivez en septembre à Paris à la rentrée, c'est gris. Donc vous prenez deux chocs hein, le le choc climatique, le choc climatique et le choc un peu affectif. Par contre sur le plan de l'enseignement évidemment euh Saint-Louis Stanisla c'est quand même autre chose.

Et donc j'ai beaucoup ramé les six premiers mois hein. Je j'étais j'étais top de ma de de ma classe au Liban. Je me suis retrouvé parmi les derniers les premiers les premiers mois.

Ça c'est un choc hein, il a fallu ramer la première année et puis après je me suis mis au niveau. Et quand vous arrivez là-bas, vous imaginez faire carrière en France après ou c'était juste une petite étape au départ ? Euh non, j'ai toujours voulu aller au Brésil.

Euh je voulais faire ma carrière au Brésil. Donc j'ai j'ai fait j'ai fait des études d'ingénieur. Donc comme vous le savez après Saint-Louis, j'ai fait j'ai fait Polytechnique et les mines euh de Paris.

Et c'est donc la dernière année des mines que Michelin sachant mon existence avait un projet au Brésil, ils sont dit bon ben un Brésilien formé en France ingénieur on va avoir besoin de lui. Ils m'ont fait une proposition et donc je me suis retrouvé à Clarférant à 31 ans. C'est ça.

Vous devenez directeur de l'usine ça. J'ai intégré Michelin j'avais 24 ans. Je venais dernière année de Oui.

J'ai passé 6 ans. Non au départ il voulait m'envoyer comme chef de fabrication de l'usine de Rio. Bon, j'étais très content, j'allais à Rio euh et mes parents étaient à Rio.

Donc, j'étais très content et puis ils m'ont dit "Non mais attendez, on va vous garder un peu plus, on va vous faire passer dans nos usines puis après on vous envoyé à la recherche puis vous allez faire ceci." Et et moi j'étais impatient, mais ils m'ont dit "Oui, mais vous comprenez plus vous passez de temps ici, plus vous allez avoir un poste plus intéressant." Et finalement à 31 ans, comme vous le dites, ils m'ont j'ai débarqué comme étant patron des opérations sud-américaines du Brésil euh du de Michelin basé au Brésil.

Mais pourquoi ? Pourquoi ? Parce que c'était la crise hein.

Voulais aller au Brésil. Il y avait 3000 % d'inflation. hein, c'était le moment où il y avait le transfert entre les militaires et les civils.

On est en train de parler de 1900 de 1985 et c'était un moment très très difficile et Michel n'allait pas très bien. Et donc ils sont dit bah nous avons un seul candidat pour aller au Brésil, c'est Carlos Gon va l'envoyer. J'étais très content.

Qu'est-ce que vous avez appris au Brésil dans votre carrière de patron ? Est-ce que qu'est-ce que vous avez appris ? La rapidité. la rapidité des décisions.

Quand vous avez quand vous êtes dans un dans un environnement, vous avez 3000 % d'inflation, il faut prendre des décisions rapides. Vous pouvez pas vous pouvez passer votre temps. Et puis il faut des décisions claires, il faut des décisions qui donc ce que j'ai appris au Brésil, c'est l'importance de la réactivité et de la rapidité.

Ensuite, vous allez partir 7 ans aux États-Unis. C'est c'est eux qui viennent vous proposer. Comment ça se passe ?

Non, c'est Michelin. C'est Michelin qui m'avait envoyé du Brésil au aux États-Unis. Donc là, j'étais en charge de l'intégration du Nir Royal Goodrich avec Michelin.

Donc il fallait faire vivre les deux équipes ensemble, réorganiser l'ensemble des activités. Euh c'était vraiment cette année remarquable parce que c'est là où j'ai appris la concurrence euh la force de la concurrence, l'importance du marché et surtout euh l'importance du profit. Euh le profit non pas comme un moyen de gagner de l'argent et d'acheter des tas de choses, le profit comme étant un élément pour euh de force de l'entreprise et surtout de perpétuité de l'entreprise.

C'est François Michelin qui est un des descendants de la famille Michelin qui est à la tête à l'époque. Vous allez être très proche de lui. Il va vous faire une confiance absolue oui, il me faisait confiance.

Bah, j'ai la marque de confiance qu'il m'a envoyé son fils Édouard, malheureusement qui est décédé euh d'un accident. Euh, il m' envoyé Édouard pour que je le forme. Donc, j'avais Édouard dans dans mes équipes et et donc j'ai eu Édouard Michelin pendant 2 ans euh aux États-Unis jusqu'à ce que son père le rappelle à Clarmontferrand pour qu'il puisse se préparer à la succession.

Qu'est-ce que les Américains font mieux que nous en terme de business ? Vous qui avez vu vraiment les deux et écoutez les les Américains, c'est un 1 le sens du profit. indiscutable, hein, vous n'êtes pas profitable, vous valez rien.

Si vous vous êtes des profits, vous êtes crédible. De le client, le braquage sur le client, sur le sur le sur le marché et et trois, c'est c'est impitoyable hein, le il y a pas de il y a pas d'excuses, hein. Il y a pas de business, je veux dire, non, ils sont pas froids les Américains, ils sont pas froids.

Mais en business, ils sont froids. Oui, en business, ils sont froids. Ils sont catégoriques.

Et c'est pas mal parce que c'est jamais du gris. C'est jamais gris, hein. C'est c'est noir ou blanc.

Ah c'est vrai ? Et ouais et vous avez intérêt toujours à être du côté du blanc parce que quand vous êtes dans le noir c'est pas très sympathique hein. Et donc vous vous étiez donc proche de de François Michelin.

Ça se passait bien et vous allez quitté c'est en 1996 vous AZ quitté Michelin pour pour Renault. Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi vous avez eu envie de partir ?

Est-ce que vous avez fini un cycle ? Est-ce que vous avez une super proposition ? Comment ça se passe dans votre tête ?

Écoutez en en 1996 donc Édouard Michelin avait été nommé gérant. il prenait de plus en plus de de pouvoir euh et euh il y a deux choses qui sont passées en même temps. D'un côté euh euh plusieurs personnes qui sont très proches de moi m'ont dit "Tu dois faire très attention parce que tu es l'homme du père, tu es pas l'homme d'Edouard, le fils du con fils." Donc il faut que tu fasses très attention, hein.

Donc je dirais une sorte de conseil très général qui m'est resté effectivement en tête. Et puis après, il y a surtout le un chasseur de tête qui avait été engagé par Luis Schzer. Louis Schezer cherchait un numéro 2 chez Renault.

Renault. Oui. Les patrons de Renault.

Il cherchait un numéro 2 chez Renault parce que manifestement il pensait que l'équipe qu'il avait euh il y avait personne qui puisse être susceptible de le remplacer un de ses jours. Donc et puis il voulait un industriel et donc il a été voir un des chasseurs de tête et ils lui ont dit bon ben parmi les noms, il y a ce monsieur qui travaille chez chez chez Michelin donc et donc j'étais l'industrie d'automobile hein c'est quand même important. Moi, j'étais chez un fournisseur de l'industrie d'automobile.

Vous avez un grand constructeur. Là, c'est toujours à l'échant. Donc, d'un côté le fait, j'étais pas l'homme euh des dou, j'étais plutôt l'homme du père.

Deuxièmement, la possibilité de passer chez un constructeur automobile. Euh et puis la France, c'était familier quand même. J'ai fait toutes mes études en France, je travaillais pour une entreprise française.

Donc, j'étais pas parti dans un universit inconnu. Ouais. Voilà.

Et donc la la réunion que j'ai eu avec Schwezer qui a duré 1hure et demi euh bon je pensais que c'était un processus qui allait durer très longtemps. Bah 3 semaines après, j'ai le chasseur de tête m'appelle me dit "Bon ben voilà, il vous veut chez Renault." Vous aviez quel âge à l'époque en 96 ?

Ça arrivait euh j'avais donc j'avais 42 ans. C'est c'est quoi les qualités qu'il faut pour faire votre boulot, pour avoir votre carrière ? Qu'est-ce qu'il faut comme qualité ?

Performance. Vous savez, vous savez, attendez, c'est très simple, hein. Euh moi, je suis quand je suis passé du Brésil aux États-Unis et François Michel a regardé ce que j'ai fait au Brésil, il a dit "Ah, ce gars là est capable de faire tout ça, hein." Alors qu'on pensait qu'il en serait pas capable.

J'étais aux États-Unis, donc j'ai fait la fusion entre les deux entreprises. Ça ça a bien marché. Donc, qui a vu ça ?

Les chasseurs de tête. quand lui patron de Renault cherchait un numéro 2, ils lui ont dit tiens, on a quelqu'un qui obtient des résultats. Donc je suis arrivé chez Renault et donc quand je suis arrivé Renault, on m'a collé un plan de restructuration que j'ai mis en place, le plan 20 milliards si vous vous en rappelez c'est en 1996 97 qui a bien marché.

Donc c'est parce que la boîte était en perte à l'époque, ça marchait était pas en perte mais elle était elle était pas les résultats étaient pas très brillantes. Donc lui voulait vraiment euh donner un coup et réveiller un peu Renault et il m'a demandé de faire un plan qui permette à Renault de retrouver une rentabilité pour pouvoir prendre des initiatives sur le marché automobile. Et je l'ai fait et on a fait le plan 20 milliards de francs à cette époque qui a marché.

Et d'ailleurs les conséquences du succès du plan 20 milliards, c'est qu'on a pu faire Nissan derrière. Ça veut dire quoi le plan ? 20 milliards par c'était 20 milliards d'économie.

Fallait faire 20 milliards donc qu killer, fallait couper les les voilà. Bah c'était mon secteur. Ah moi j'étais pas en charge du commerce, j'étais pas en charge du produit, j'étais en charge de tout laam de l'entreprise.

Donc moi je ne pouvais agir que sur cette partie-là. Et donc j'ai enlevé plus de 20 milliards de francs de coût dans le système Renault. Les qualités bon il y en a une en fait performance.

Qu'est-ce que vous ne pardonnez pas au travail ? C'est un truc que vous pardonnez pas. le mensonge, la politique, c'est-à-dire essayer de passer pour quelqu'un qu'on ait pas ou aller raconter quelque chose auquel on ne croit pas juste pour obtenir un méfi en fait je dirais tout ce qui tourne autour du mensonge de la politique c'est franchement pas mon c'est pas ma tasse de thé de la mesquinerie quoi.

Pardon ? Ouais c'est pas ma tasse de thé. Je pense que quand on est dans l'industrie, il la seule chose qui marche c'est c'est la ligne droite quoi.

Je il faut il faut aller droit au but. Euh de temps en temps, il y a des obstacles, il faut savoir les manager, il faut savoir les contourner, mais euh mais c'est un métier qui demande beaucoup d'intégrité, intégrité intellectuelle, intégrité personnelle. Euh et donc euh j'ai j'ai essayé de m'entourer, je suis pas toujours réussi, de gens dont sur lesquels je pouvais confier en matière d'intérité.

Très difficile puisque j'ai pas toujours réussi. Je on en parlera peut-être plus tard. C'est c'est c'est qu'on doit euh enfin baisser les coups d'une boîte, il faut parfois fermer, mettre des gens sur le carreau et cetera.

Qu'est-ce qui est le plus dur en tant que humain ? Parce que derrière le patron, il y a un humain. Bien sûr.

Non, vous avez raison. Euh, on me on me on me pose la question. J'ai dis dans tous les cas, quand vous savez qu'il y a des restructurations qui sont nécessaires, soit vous dites "J'accepte le job" et vous y allez.

Soit vous dites je peux pas faire ça, c'est contre mes mes convictions et il faut pas y aller. Ce que vous pouvez pas faire, c'est prendre le job et ne pas faire ce qui est nécessaire. C'est ce que j'appelle le manque d'intégrité et c'est accepter les avantages d'un job sans en accepter les inconvénients.

Quand j'ai fait la réduction des coûts, j'ai pas fait la réduction des coûts pour le plaisir de réduire les coûts. J'ai fait la réduction. Qu'est-ce que c'est la réduction des coûts ?

La réduction des coûts, c'est que vous voyez que dans l'entreprise, il y a des endroits où vous avez des ressources qui sont dépensées mais sans résultat tangible et que si vous enleviez ces ressources d'ici et que vous les mettiez autre part, les résultats sont plus importants. C'est une réorientation des ressources de l'entreprise. C'est ça la réduction des coûts.

Et c'est pourquoi en général quand une entreprise est en difficulté, ça commence toujours par ce qu'on appelle la réduction des coûts. Mais en fait, c'est une réorientation des ressources. Vous fermez des usines dont vous n'avez plus besoin, mais vous allez investir sur le développement de produits dont vous avez besoin où vous allez construire des usines dans des pays où vous avez besoin de faire et vous avez la possibilité de faire une expansion.

Dans une interview, vous disiez vous aviez très peu de vie sociale moment donné que vous étiez très très concentré sur votre famille et le et le travail avec ça. Oui, mais vous savez, je pense c'est c'est mon opinion, je dis pas que c'est la seule, vous pouvez pas tout mener de front entièrement. Vous pouvez pas, vous pouvez pas avoir une vie sociale intense, euh une vie professionnelle intense, une vie familiale intense, euh une une vie euh amicale in, vous pouvez pas.

Il il faut il faut faire des choix. Il faut faire des choix. Euh non, mais surtout dans des métiers dans lesquels vous avez des crises tout le temps.

Donc moi, j'ai fait mes choix. J'ai dit profession et famille. Euh famille, c'est femme et enfant, point.

Et puis sœur et et cetera. Donc ça me laissait très peu de temps pour la vie sociale. Ça me laissait très peu de temps pour les amis.

Mais c'est un choix. Donc chaque fois que j'étais devant une situation dans laquelle il y avait un conflit entre les différents impératifs, je pouvais choisir facilement parce que j'assumais mes choix. Alors mes choix, ma famille en a profité, mon entreprise en a profité mais effectivement ça a eu des conséquences sur le plan social et sur le plan amical.

Vous l'avez regretté ça ? Est-ce que Non non, je suis je suis très content du fait que mes enfants n'ont pas eu un CEO à la maison, ils ont eu un papa à la maison. Je suis très content de ça.

Je suis très content du fait que sans l'intensité du travail que j'ai développé, je n'aurais pas pu mener à bien euh tout ce que j'ai fait du côté de Renault, du côté de Nissan, du côté de l'Alliance, du côté de de Mitsubishi. Ça, je le regrette pas. Ce que je regrette, c'est que j'ai pas eu assez de temps, mais je le regrette comme ça, hein, je l'assume pas. euh pour mes amis euh ou pour la vie euh ou pour la ou même pour la vie sociale.

Vous dites dans une interview, j'ai noté le bon management, c'est faire aux gens qui vous accompagnent des choses qu'ils n'ont pas envie de faire mais qu'ils finissent par faire et dont ils sont fiers à la fin. Oui. Euh comment on on fait ça ?

Bah écoutez, ça c'est c'est toute la c'est tout le talent de ce que j'appelle le management. Et en général, quand vous êtes un manager talentueux, on dit que vous êtes un leader, hein. Un manager non talentueux, on dit il est manager, mais un manager talentueux, on dit que c'est un leader.

Et le leadership, c'est c'est fait de tas de choses qui sont en contradiction les unes avec les autres, hein. Euh bah, par exemple, quand je suis arrivé au Japon et j'avais accepté le job, donc je savais que ça allait être difficile et qu'il fallait fermer des usines dans un pays pour qui la fermeture d'usine est un sacrilège. vous pouvez pas licencier au Japon, vous pouvez pas fermer une usine et que vous amenez les gens à accepter le fait qu'il faut fermer des usines et à le faire eux-mêmes et vous accepter le fait que vous êtes en train de remettre en cause un certain nombre de leurs traditions comme le ketu et qu'il le fassent qu'il le fassent bien qu'ils obtiennent des résultats remarquables et qu'ils en soient fiers derrière ça demande effectivement beaucoup de finesse.

Est-ce qu'on est leader ou est-ce qu'on peut le devenir ? Non non, on devient leader. On n'est pas lead on est on ne pas leader.

Alors euh le leadership requiert un certain nombre de qualité de base hein, mais ceux qui ont ces qualités de base ne vont pas devenir leader. Il faut des circonstances qui font que ces qualités se développent, qu'elles sont confrontées à la dure réalité, qu'elles deviennent des éléments qui montrent qui montrent le leadership. Mais je suis persuadé que n'importe qui qui a ses qualités de base peut un jour devenir leader à condition qu'il accepte les missions difficiles.

Euh ça c'est une condition aussi syéquent du leadership, c'est qu'il faut accepter des missions difficiles et il faut accepter de temps en temps de tout perdre. hein. Euh mission difficile par définition, vous pouvez vous planter et si vous plantez en général euh retour à la case de euh départ voire moins.

Et donc tous ces éléments-là sont importants pour le leadership, mais on n'est pas n leader. On n'est pas leader. Ah c'est intéressant.

Vos vos anciens salariés disent que vous avez du charisme, une capacité à convaincre. Je me rappelle, j'avais noté un peu dans les dans les articles de votre approche pragmatique ici et cetera. Vous étiez très apprécié.

On va reparler mais au Japon c'est vous étiez une vraie star. Il y a même des mangas. On a vous montrera tout à l'heure, vous allez voir.

Mais j'ai j'ai petite question si vous voulez bien trois quatre questions sur l'entrepreneuriat. La chance de vous avoir l'émission pour ceux qui ont des boîtes, ceux qui veulent en lancer un jour. Si s'il y a quel conseil vous pourriez donner à quelqu'un qui a une PME qui qui se lance, qui a du mal à faire grandir sa boîte si vous aviez quelqu'un dans votre famille, vous donniez un conseil.

Écoutez, tout ça, ça se travaille. Ça se travaille. Je je vous donner un exemple.

Communication. Les gens me disent euh tu communiques bien très bien. Euh moi je me rappelle les premiers speech que j'ai fait au quand je suis arrivé aux États-Unis vis-à-vis des Américains, il baillit, c'était mortel.

Bon, je me suis dit bon euh quand même, je voyais bien que la salle bon alors donc j'ai demandé quand même responsable de communication. Alors ils m'ont dit "Bon, tu devrais me faire ceci, tu devrais faire cela." Donc petit à petit et à chaque fois que je communiquais, j'allais demander toujours une une un peu un feedback.

Mais je suivais ce feedback et j'essayais de m'améliorer. Je je parle de la communication, je peux parler d'autres choses. Euh parce que le charisme aussi c'est ça ça quelque part bon vous avez peut-être quelque chose qui est en vous mais en plus vous le développez.

Et le charisme c'est montrer de l'empathie dans des situations qui sont des des des situations difficiles. Vous êtes charismatique parce que vous êtes intéressant parce que les gens savent que euh vous êtes quelqu'un de différent. Vous avez souffert, que vous avez travaillé, que vous avez pris des risques, que vous les avez accompagné.

Tout ça, ça fait partie du charisme mais ça c'est pas quelque chose qui est né en vous. C'est quelque chose que vous allez développer au travers des crises, au travers des missions et surtout surtout être à l'écoute. Moi, j'ai toujours dit qu'en fin de compte le feedback positif ne m'intéresse pas.

Le seul feedback qui m'intéresse, c'est le feedback négatif. Pourquoi ? Parce que alors il y a du négatif pour du négatif.

Donc celui-là, il sert à rien. Mais par contre, le feedback négatif va vous permettre d'apprendre quelles sont les choses que vous pouvez améliorer de façon à faire mieux la prochaine fois. Si vous êtes mu de cette volonté d'améliorer votre prestation et ben vous n' pas de limite.

Alors c'est c'est quelles sont les qualités indispensables si on veut entreprendre et qu' vous montez une boîte ? Euh alors un le le le sens de ce qu'on appelle les faits. Il il faut pas se raconter d'histoire.

Il faut quelle que soit la difficulté des faits, il faut les accepter. Et ça c'est très très important quand on monte une boîte, c'est accepter les faits, accepter la vérité, accepter la réalité telle qu'elle, non pas tel qu'on voudrait qu'elle telle qu'on voudrait qu'elle soit. Ça c'est une qualité primordiale.

Hête avec soi-même, quand c'est pas bien, c'est pas bien, quand c'est bien, c'est bien. Bien sûr, mais bien sûr. Regarder les faits, regarder les chiffres et puis dire bon, on est on est mal engagé, il faut il faut revoir.

Et et deuxièmement, ça c'est première deuxièmement, ce qui est important, c'est pas l'idée qui est importante. C'est pas qui a émis l'idée qui est importante, c'est la réalisation de cette idée qui est importante. Donc il faut être très ouvert.

C'està-dire si je suis patron d'une entreprise et que j'ai autour de moi des personnes et que moi je dis quelque chose mais quelqu'un donne une idée qui est meilleure que la mienne, faut que je la prenne. Pourquoi ? Parce que moi je suis responsable de la réalisation de cette idée, pas d'idée elle-même.

Vous savez le le c'était pour parler des deux choses en rapport avec le management, on en parla avant. Le 17 août 2010, il y a eu donc une lettre anonyme qui avait envoyée par la enfin à la direction de Renault pour dénoncer trois salariés qui avaient des postes importants à l'époque qui auraient accepté se faisant des pots de vin en échange d'information sensible chez les voitures électriques par les Chinois. électrique par les chinois qui voulaient s'y mettre très fort et qui s'y sont mis d'ailleurs quelques années plus tard.

Euh on va en parler après si vous voulez bien ça parce que c'est c'est un sujet quand même en ce moment qui évolue très vite. C'était une lettre qui avait été envoyée par qui est-ce que vous avez su ? Oui.

Euh c'est quelqu'un de la sécurité de Renault qui avait envoyé cette lettre. Et donc au final c'était faux cette histoire. Bien sûr c'était faux.

On l' découvert après. Vous vous avez coupé tout de suite les les les enfin le vous avez licencié les trois salariés pour écoutez. En général, quand il y a une suspicion de ce type qui vient d'une source qui avait été validée par le responsable de la sécurité de l'entreprise, par le chef du personnel, par le chef des opérations, vous êtes obligé vous êtes obligé de prendre vos précautions.

He vous pouvez dire je peux pas continuer à travailler comme si de rien n'était s'il y a vraiment des des soupçons sérieux euh sur ces individus. D'autant plus que vous vous rappelez en 2010, nous étions en pointe sur les véhicules électriques et en plus je savais très bien que les Chinois euh l'industrie chinoise se préparait à parter à passer à l'offensive. On était les seuls d'ailleurs à avoir vu ça avec les véhicules avec les véhicules électriques.

Bref, donc les accusations étaient crédibles. Malheureusement après enquête, on s'est aperçu que c'était monté de toute pièces et que c'était quelque chose qui avait été monté par quelques individus au niveau de l'organisation de la sécurité de de Renault. Euh et ça fait très mal.

Ça existe vraiment l'espionnage industriel, c'est un truc qui est courant ou c'est quand même très très rare ? Non, ça existe. Bien sûr que ça existe.

Des marques qui vont payer un gars pour aller rentrer dans une autre boîte pour voler des plans, des technologies. Bah aujourd'hui, vous n'avez pas besoin, je dirais vous n'avez pas besoin d'aller voler un plan. Vous allez embaucher la personne qui est au cœur de ce projet.

Vous l'embauchez là cette personne vient avec tout son savoir. Donc ça existe. C'est rare.

C'est rare. Pourquoi ? Parce que vous pouvez contourner cela.

Hein, moi si j'ai je pense que mon concurrent fait de très bons design, qu'est-ce que je fais ? Je vais faire une offre au patron du design. Voilà, si je sais que par exemple sont très avancés sur les véhicules électriques, je vais essayer de me renseigner sur quel est l'ingénieur qui est vraiment à la base du développement véhicule et je vais essayer de l'embaucher.

Donc ça se passe par la débauche, hein. Donc il est très rare de dire "Ah, je ne peux débaucher personne donc je vais essayer d'apprendre par l'intérieur en essayant de faire de de l'espage." C'est rare mais ça existe.

Et ça comment ça se passe quand pareil côté humain le reste m'intéresse pas mais quand quand on licencie quelqu'un vous avez fait votre boulot de sécurisation de la boîte entre guillemets des informations et et après quand on apprend que c'est faux, est-ce qu'on appelle les gens pour leur dire bon je me suis trompé ou mais mais bien sûr on les a appelé non on les a rien embauché on a rien embauché alors il y a des personnes qui n'ont pas voulu être intégré parce qu'ils ont estimé que elles avaient beaucoup souffert cont cela et nous respectons. Elles ont été dédommagé mais il y a quand même euh parmi les trois personnes, il y a une personne qui a continué sa carrière, qui a fait une très très bonne carrière à l'intérieur de Renault repr et là aussi intégrité et vérité, on on ne joue pas le jeu, on va au fond. Si on a fait une erreur, on la reconnaît parce que c'est beaucoup plus facile de euh corriger une erreur une fois que la qu'on la reconnaît que d'essayer de la de de la planquer.

Quand quand vous êtes patron euh de toutes des trois boîtes, à un moment donné, ça ressemble à quoi votre journée ? Euh c'est de l'emploi du temps, c'est c'est très très occupé, mais il faut que vous soyez très sélectif. C'est-à-dire que euh il faut beaucoup déléguer, donc il faut bien choisir les personnes à qui vous déléguez mais en même temps il y a des domaines qui sont en général les domaines les plus difficiles où vous devez garder la haute main.

C'est-à-dire que moi moi je disais toujours euh à l'ensemble des gens qui m'ont qui qui m'entouraient en disant euh la performance justifie l'autonomie. C'est-à-dire quand quelqu'un était vraiment au niveau de performance euh contracté, je lui ai laissé une paix royale, hein. Par contre, quand quelqu'un était déficient, j'allais pour l'aider.

Non pas pour le punir, mais j'allais pour l'aider pour dire pourquoi ça marche pas ? Pourquoi on narrive pas aux objectifs ? Qu'est-ce qu'il faut qu'on fasse ?

Donc vous êtes tout le temps en train de changer c'est de la géométrie variable en fonction de la performance de de l'entreprise. Donc beaucoup de délégation, une sélection des secteurs critiques et des interventions qui peuvent être très profondes jusqu'à aller sur le terrain quand c'est nécessaire. C'est de quelle heure à quelle heure votre emploi du temps moyen.

On imagine ça dépend des journées hein parce que ça ressembl à une aviez les vols. Vous aviez les vols hein. Vous savez Paris Tokyo c'est quand même beaucoup d'heures d'avion et puis quand vous arrivez vous êtes quand même assez assez crevé.

Donc il faut reprendre un petit peu de souffle. Non, c'est c'est intense hein. Déjà le patron d'une entreprise dans un pays, c'est intense.

Alors, vous imaginez patron d'une entreprise de continents différents et dans un secteur aussi compétitif que l'industrie automobile, c'est soigné. Euh, j'ai la chance d'avoir la santé que j'avais, donc je pouvais supporter tout cela. Mais je peux vous dire que quelqu'un qui avait une santé moyenne n'aurait pas pu faire mon boulot.

Fais du sport ou pas ? Vous faisiez attention un peu comme un sportif ? Ah oui, bien sûr, bien sûr.

Non, mais il faut que vous teniez. Donc pour tenir, il faut faire attention à ce que vous mangez. Il faut faire attention à faire beaucoup de sport, il faut faire de la de la flexibilité.

Oui, parce que l'avion ça aérode hein. Vous aviez des miles, beaucoup de miles du coup en avion. Euh cétait l'avion de de de l'ent Ah non, sinon c'est pas possible.

Les vols commerciaux oublié hein. Alors là, impossible de faire le boulot que je faisais avec J la minute près, ça doit décoller comme vous voulez. Exactement.

Euh ça doit ça et puis de temps en temps vous alliez dans des régions qui étaient complètement dépourvues de toute installation euh qui vous permettent d'arriver dans les temps. Donc non, l'avion particulier était conditionéquanon du fait que vous étiez en même temps patron de Renault de Nissan et plus tard de Missubich. Le le 25 mars 99, on va reprendre pour bien comprendre c'est l'alliance qui va être signée justement à l'époque entre Renault et Nissan donc qui est un groupe japonais.

Je reprends les les vraiment les bases pour tous ceux qui connaissent pas forcément tout ça. Renault va prendre 36,8 % du capital de Nissan pour un montant d'environ 5 milliards d'euros. Je crois c'était à peu près ça parce que c'était c'était en France.

Juste ça veut dire quoi une alliance pour si on y connaît rien entre une fusion et une alliance. Ah c'est très différent. Euh une alliance c'est les entités restent telles quel sièges restent là où ils sont.

Les marques conservent leur identité, mais vous travaillez sur tous des projets qui sont en commun. Par exemple, vous achetez en commun. Euh si vous voulez développer un nouveau moteur, vous le faites en commun et vous en faites bénéficier des deux entreprises.

Par contre, les designs sont séparés, les commerces sont séparés. Voilà, ça c'est une alliance. Et quel est l'avantage d'alliance par rapport à une fusion ?

C'est que dans une alliance, chacun conserve son identité. He et là attention hein, c'est des Japonais et des Français hein. C'est deux cultures très fières, très anciennes, très fières, très fortes.

Et donc faire une fusion entre un japonais, un français, il faut se lever de bonheur he pour la réussir. Vous pouvez la faire mais enfin bon. Donc la seule possibilité c'était attends Isan reste au Japon à son état major, Renault reste en France.

On travaille ensemble, on ne fait pas deux fois la même chose. On essaie de mettre en commun au bénéfice de l'un et de l'autre. Il n'y a que des gagnants.

Quand vous faites une fusion, bah il faut je dire un patron déjà, il est japonais ou français ? Euh il faut un siège, il est au Japon en France. Il faut un comité exécutif, il y a combien de Japonais ?

Combien de Français ? Automatiquement vous êtes dans une confrontation et vous allez avoir la sensation que il y a un perdant et un gagnant. Et vous savez ce qui se passe quand il y a un perdant ? là ben il s'engage pas.

Alors moi si je suis dans une boîte, je suis au Japon et je dois travailler pour l'état français bon je vais faire le minimum ou si je suis français, je vais travailler pour une boîte japonaise. Bon ben, je vais faire le minimum. Par contre si je travaille pour mon équipe, pour ma ville, pour mon usine, pour ma boîte, pour ma marque, je vais me défoncer.

Ouais. C'est c'est quand vous arrivez à la tête de Nissan, donc c'est c'est Louis Vzer qui est le PDG de Renault qui a vous proposé de prendre la tête de Nissan. C'est dans quel état juste qu'on prenne ?

Nissan faisait des pertes depuis à peu près 10 ans. Avait une dette de plus à cette époque de plus de 20 milliards de de dollars euh des dettes de 20 milliards de dollars. 20 milliards de dollars en 99.

Si vous les traduisez en de dollars d'aujourd'hui, vous multipliez par 3 quoi hein. C'est ça devient à peu près 60 milliards de dollars. Vousz actisz le dollar.

Très bien. Bon et puis et puis surtout surtout parce que vous savez une entreprise elle peut faire des pertes advitam et ternam et continuer à vivre. Vous ne mourrez pas parce que vous faites des pertes, vous mourrez par manque de cash.

Donc il y a un moment quand vous faites beaucoup de pertes, ceux qui vous prennent de l'argent puisque vous faites des pertes, vous dégagez pas de profit, ils disent "C'est fini." Donc les banques japonaises avaient dit à Nissan : "Écoutez les amis, ça fait 10 ans que ça dure, nous on arrête. où vous trouvez quelqu'un pour vous aider où nous arrêtons, il n'y a plus de cach et pas plus de cache, c'est-à-dire l'effondrement de l'entreprise.

Euh euh il y a plus de cash, c'est qu'il y a plus de sang, c'est fini, vous êtes morts. Donc Nissan à ce moment-là s'est approché de Mercedes, de Demler. Demler a n'a pas voulu poursuivre parce qu'ils étaient en train de faire la fusion avec Risler.

Donc ils se sont rabattus sur Renault Renault. Non pas que ils avaient Renault comme idéal. Ils ont dit "Bon ben finalement ce sont les seuls qui acceptent de faire cette euh cette alliance." C'est comme ça que c'est parti.

Mais la situation de Nissan était catastrophique. Il y avait eu trois plans de redressement entre 1990 et 1999 qui ont tous échoué. Et vous y allez quand même ?

Vous acceptez quand même ? Ah oui. Euh j'y vais quand même d'abord parce que j'étais voulu par les Japonais.

C'était qu'une condition très importante. Anawa qui était le patron de Nissan à cette époque euh quand on avait eu les premiers échanges était venu voir Choiser pour lui dire si on fait l'alliance on veut Carlos Ig au Japonément. Et Choiser était venu me dire "Si tu pars pas au Japon, je peux pas faire l'alliance et je ferai pas l'alliance si tu vas pas au Japon".

Bon donc moi au contraire j'étais emballé mais il fallait quand même que je consulte mon épouse. C'était un grand changement quand même pour nous. On a jamaisé au Japon. on parlait pas du tout la langue et cetera, mais j'étais excité parce que euh c'est comme si tout mon passé m'avait préparé pour ça quoi, hein.

Arrivriver dans un pays inconnu, je connais pas la langue, euh ne venant pas de l'industrie automobile, étant vraiment quelqu'un d'extérieur et avoir à transformer quelque chose au Japon. C'est c'était un défi extraordinaire. D'autant plus extraordinaire que personne ne me donnait des chances de réussite.

Vous rappelez la Ah oui oui. Non, ils ont dit mais qu'est-ce qu'il vient faire celui-là ? Oui, la la presse française avait dit Ckiller, qu'est-ce qu'il va faire au Japon ?

Même au Japon, ils ont dit bon ben un franco libano brésilien chez Renault qui vient ici va nous apprendre à faire des voitures. Je rappelle en 99, les Japonais dominaient à peu près l'industrie d'automobile par Toyota, par Honda, par Suzuki. Vous avez des tas de marques qui qui allaient qui allaient très bien.

Et moi, j'ai trouvé que c'était très excitant. Je me rappelle la conversation que j'avais avec Schwez quand jeavais dit que j'étais partant. Il m'a dit "Vous vous donnez combien de chances de réussite ?" J'ai dit 50 %.

Il m'a dit "Si je pensais que vous n'aviez que 50 % de réussite, jamais je ferai le deal. Je ne jouerai pas l'avenir de Renault sur 50 %." Donc il pensait plus que vous, plus que moi que j'allais réussir.

Moi avec 50 % j'étais partant. La différence culturelle, elle est choquante quand vous arrivez là-bas. Pour ceux qui sont jamais allés au Japon, on se retrouve au Japon.

Extraordinaire. Vous étiez dans un autre monde là. Tout vous aimez ou c'est bizarre au début ?

Oh, au contraire. pour quelqu'un qui est qui aime qui adore la diversité euh n'oubliez pas je suis je suis né au Brésil. Brésil c'est un pays de la diversité.

Euh j'ai vécu au Liban. Le Liban est un pays de diversité hein. Les les communautés qu'il y a au Liban, les Bon donc moi, je suis un un enfant de la diversité.

Donc arriver dans un nouveau monde totalement uniforme, hein, parce que au Japon la diversité, il y a rien, il y a rien. Tout ça, c'est extraordinaire. Surtout la capacité, la chance que vous aviez de vraiment faire la différence alors que tout le monde pensait que vous alliez vous planter, c'était extraordinaire.

Ça c'est les meilleures situations dans lesquelles les gens pensent qu'on a aucune chance. Ça c'est l'émission qu'il faut prendre. Ça c'est l'émission qu'il faut prendre.

Quand les gens pensent qu'on a aucune chance, il faut y aller. Ouais, faut être sûr de soi là. 50 % 50 % 50 % c'est faire hein.

J'ai dis bon j'ai une chance sur deux, j'y vais quand même. Les Japonais au travail, quelle est l'énorme qualité des Japonais par rapport à à ce que vous avez connu avant ? Attendez, être patron au Japon, c'est le meilleur job au monde.

Vous n'êtes absolument pas contesté, ce qui est le danger d'ailleurs des entreprises vous êtes l'empereur, vous dites un mot, ça se fait, on ne discute même pas. Bah ça vous changez beaucoup de la France hein. C'est-à-dire en France vous dites un truc, les gens disent "Oui, mais il a pas signifié ceci, on va faire autre chose, c'est pas ce qu'il voulait dire" et cetera.

Donc en France, vous passez votre temps à vous assurer que les gens vont faire ce que vous avez demandé qu'il fasse. Au Japon, vous évitez de prononcer quoi que ce soit tant que vous n'êtes pas sûr que c'est ce que vous voulez faire parce que les gens partent très très vite. Donc c'est vraiment deux cultures de management tout à fait différentes.

Tout à fait différent. Est-ce qu'il y a un truc difficile quand on arrive au Japon, il y a la culture donc il y a des trucs qui sont plus faciles, d'autres plus dures. Qu'est-ce qui est dur pour un la langue.

La langue. Voilà. La langue c'est un outil de management extraordinaire.

Extraordinaire mais la communication la langue le fait d'arriver dans un pays où vous parlez pas la langue et que vous êtes obligé de passer par un traducteur tout le temps. Euh bah oui tout le temps. C'est dur.

Il vous suit tout le temps. Il toujour un monsieur qui vous su bien sûr. J'avais j'avais une dame qui est une très bonne traductrice qui m'a suivi pendant des années parce que tout le monde ne parlait pas anglais et donc quand je me déplaçais dans les usines quand j'allais voir un certain nombre de fournisseurs, j'avais cette dame avec moi.

Mais effectivement quand vous avez un traducteur, vous êtes obligé de faire bref de faire concis parce que sinon ça dure euh très longtemps et vous n'avez pas beaucoup de vous n'avez pas beaucoup de temps. Ça, je pense que c'est le handicap majeur, c'est la langue. Vous allez relever Nissa dans 3 mois sans parler la langue.

Non non, j'ai j'ai j'ai mis en place le plan Nissan Revival. C'est ça. C'est à ce moment.

Oui. Et pourquoi 3 mois ? Et pourquoi 3 mois ?

Parce que c'est ce que les banques voulaient hein. Ils ont dit "Attends, on va pas vous attendre 6 mois les gars pour non on vous donne 3 mois. Au bout de 3 mois, on veut savoir ce que vous allez faire." Donc moi, j'ai pris ce challenge, j'ai sorti le Nissan Bible Plan au bout de 3 mois.

Franchement, il m'aurait donné 6 mois, j'aurais pris 6 mois au bout de 3 mois parce que j'étais obligé de le faire. La suite, vous la connaissez. Ça a été alors non mais dit oh ben écoutez quand j'ai annoncé quand j'ai annoncé le Nissan B plan, c'était le choc parce que je rappelle l'une des l'une des premières réunions que j'ai eu euh en arrivant dans mon job à ce moment-là j'étais chief operating officer c'est-à-dire directeur général j'avais les syndicats de Nissan avaient demandé à me voir.

Ils étaient considérés comme étant les syndicats les plus turbulents de l'industrie automobile. Tout le monde m'avait averti en disant attention très bien. Et puis ils ont commencé par me dire vous pouvez pas fermer d'usine, on peut pas démanteler le keretu, on veut que la règle le keretu c'est un système dans lesquels vous avez des entreprises amies à qui vous donnez tous les voilà tous les marchés indépendamment de leur de leur de leur performance.

Euh vous ne remettez pas en cause la la règle de la seniority seniority c'est-à-dire que si vous avez un individu qui est plus âgé que l'autre, il prend le job. Ça n'a rien à voir avec la compétence. Bon alors ils m'ont baratiné comme ça pendant un certain temps et puis à la fin j'ai dit vous avez terminé vous dit oui bah j'avais quelques semaines au Japon.

J'ai dit écoutez messieur moi je suis venu pour redresser Nissan on est bien d'accord pas pour autre chose. Très bien. Donc je vais faire tout ce qui est nécessaire pour redresser Nissan rien de plus.

Je ne vais toucher à aucune tradition. Je ne vais toucher à rien qui n'ait une influence sur la performance directe mesurable sur la performance de Nissan. Donc je vais fermer des usines s'il y a besoin de fermer des usines.

Je vais démanteler le keretu s'il y a besoin de démanteler le keretsu et je vais remettre en cause la seority s'il y a besoin de le faire. Par contre, je m'engage à redresser l'entreprise. Donc la seule chose que je vous demande, c'est donnez-moi un an de crédit, un an, pas plus que ça et après faites ce que vous voulez si je ne remplis pas la tâche.

Vous leur dites dans un an si j'ai pas réussi, je Ouais. Non non mais mais même quand j'ai annoncé le Nissan Revable Plan, j'ai dit officiellement que si l'entreprise n'était pas profitable au bout d'un an, je partais avec moi tous les membres du comité exécutif. J'ai dit aussi que si la dette n'était pas divisée par de au bout de 3 ans je partais et les et les membres du comité exécutif.

Donc j'ai mis des j'ai pris des engagements. J'ai pas pris des engagements dans un petit salon tr qu personnes. Non, j'étais à la télévision hein.

J'étais à j'étais diffusé au niveau du public. Ça ça m'a sauvé. Non mais bien sûr, ça m'a sauvé parce que les Japonais bien sûr n n'ont pas du tout aimé le fait que je remette en cause tout un tas de choses qui sont considérées sacrées par eux.

Par contre, ils ont respecté euh le l'escourage de ce d'appel le le samouraï, hein. Vous savez, le samouraï euh on l'envoyait au combat. S'il perdait le combat, il se faisait ses pouin, il se tuait hein.

Donc c'était à peu près ça. Moi j'ai dit attends si je gagne pas ma bataille, je me fais poupou hein. Je je je m'en vais.

Bon ça ils ont apprécié. Ils ont dit "Bon, très bien. Alors, les gens qui vous étaient favorables vont vous aider.

Les gens qui vous étaient défavorables, au lieu de dire "On va passer notre temps à le critiquer, on va attendre au bout d'un an, il va sauter lui-même." Et qu'est-ce qui se passe au bout d'un an ? Vous avez dans le plan Revival, Nissan Revival, c'est 14 % de réduction d'effectif, donc 21000 salariés.

Je crois que c'était ça les chiffres. Vrais, qu'est-ce qui va se passer au bout d'un an ? Au bout d'un an, on revient au profit.

Donc oui, bien sûr. On revient au profit. Alors évidemment tous les gens qui étaient un peu sceptiques ont dit "Oh mais il a trafiqué les comptes, il a pris beaucoup de provisions, on va attendre la 2e année." Bon la 2e année, les profits se sont encore envolés.

La 3e année, comme vous le savez, tous les objectifs étaient remplis. Et à partir de ce moment-là, je n'étais plus le gars bizarre qui franco libano brésilien venant d'une entreprise inconnue Renault. J'étais devenu un peu euh le symbole euh de la renaissance de l'industrie japonaise parce que on était pas la seule entreprise en difficulté.

Il y avait beaucoup d'entreprises qui étaient en difficulté qui ont commencé à faire des benchmarks chez nous, à venir voir qu'est-ce que vous avez fait. Prendre l'exemple exemple. Et vous faites combien de bénéfices en un an ou deux qu'on imagine ?

C'est c'est écoutez, c'est très simple hein. Je pense que le chiffre d'affaires à cette époque était de l'ordre de 80 milliards de dollars. Au bout de 3 ans, on avait fait quelque chose comme 3 milliards de dollars de profit, hein.

Alors que c'est des chiffres inconnus depuis 10 ans. Depuis 10 ans. Mais surtout ce qui est important, c'est que la dette a fondu au bout de 3 ans.

On a on a remis en cause tellement de systèmes, on a fait fondre la dette et c'est ce qui a permis de faire partir Nissan vers le développement, c'està-dire nouveaux produits, nouveau marché et rentrer en Chine, voiture électrique, retour de la GTR, retour de l'affaire des DC. On a fait revenir toutes les icônes de Nissan qui étaient parqué dans un coin parce qu'il y avait pas les moyens de les faire. Vous qui avez travaillé dans tous ces pays-là, qu'est-ce qui est bien dans le travail en France ?

Qu'est-ce qu'on fait de bien dans la manière de de gérer les boîtes ? Il y a beaucoup de sophistication en France sur le côté stratégique, hein. Euh ça c'est d'un côté.

Et puis il y a aussi beaucoup de talent euh artisanal hein. Il y a beaucoup de talents. La France a d'excellents ingénieurs aussi hein.

On a on a des donc il y a quand même beaucoup d'atouts en France hein. Il y a beaucoup de cerveaux. Oui, il y a beaucoup de cerveaux.

Oui. Bon, la faiblesse de la France, c'est en général, c'est l'exécution. C'est-à-dire que il y a beaucoup de gens qui pensent que une fois qu'ils ont l'idée et que elle est bien acceptée, bon, on laisse l'exécution pour alors que l'exécution c'est l'essentiel parce que sans l'exécution, cette idée, elle va rester dans un tiroir.

C'est l'exécution qui va opérer la transformation de la réalité. Non, non, il y a il y a beaucoup de talent en France, c'est sûr. Et alors, ça va marcher très fort.

Il il y a la ce qu'ils appellent Carl enfin la Gmania. Exactement. Les Japonais vont vous adorer.

Vous allez avoir carrément des mangas. Regardez à l'image là, on voit des mangas avec votre visage, avec votre personnage et ça. Vous l'avez lu d'ailleurs le manga ?

Oui. Et alors ? Bon ben c'est sympa hein.

C'est c'est Vous lisiez des mangas ou pas ? Non non non non pas du tout. Pas pas du tout.

Mais mais c'est c'est sympathique. D'ailleurs quand ils m'ont proposé de faire une manga, ils ont demandé mon autorisation. J'ai dit "Bien sûr, il y a aucun problème." C'est sympa.

Oui. Ce qui m'a ce qui m'a un peu déçu, c'est que j'avais fait un livre et qui s'appelait Renaissance. euh qui était à la demande d'ailleurs de de beaucoup de gens qui ont dit bon racontez dans ce livre ce que vous avez fait chez Nissan parce que ça peut être utile aux autres entreprises japonaise.

J'ai fait ce livre qui avait beaucoup de succès puisque c'était un un livre de management et donc s'est vendu à 300000 exemplaires. J'étais très fier. Et alors les gars de la manga sont venus, ils m'ont dit "Bon, on va faire une manga." J'ai dit "Bien sûr." Bon, on les a pas supervisé, ils ont fait ce qu'ils ont voulu. manga, c'est une sorte de BD japonaise.

Oui. Oui. Bah, ils ont vendu leur manga à plus d'un million d'exemplaires.

Alors, j'étais vexé, hein. Moi, j'avais mis j'avais mis tout mon savoirfaire et et tout mon cœur dans un livre qui a vendu à peine 300000. De l'autre côté, les gars en racontant une soire à peu près un peu de fantaisie, il vendait un million d'exemplaires.

Mais donc, parce que c'est en japonais le manga. Vous vous parliez japonais après ? Oui, enfin c'est un japonais de d'utilité, disons, hein.

Parce que vous savez, les Japonais n'ont jamais voulu parler japonais avec moi. Euh considér que j'étais Ah oui euh il voulait parler anglais, j'étais un Gin, je restais un Gijin et j'ai respecté Gijin, c'est l'étranger. Oui.

Donc j'étais un Gijin, je devais rester Gijin, je devais pas essayer de jouer au japonais en parlant japonais. Donc j'ai respecté cela. Donc je parlais un japonais par exemple, je sais pas moi quand vous allait au supermarché, je me débrouillais un petit peu en japonais mais euh quand on avait des réunions officielles, c'est toujours en anglais.

Et puis ça devait leur faire plaisir que vous parliez même quelques mots euh dans la langue. Oui. Oui.

Euh il paraît que les gens se levaient quand vous arriviez au restaurant, quand vous partiez, il y avait une espèce de truc d'admiration totale. Vous l'avez ressenti vous ? Vous l'avez vu ?

Oui, je l'ai ressenti. Il y a eu un moment où c'était bien sûr le succès du Nissan les Valalvin était tellement peu attendu que ça a créé une sorte de choc et il y a eu la Gon Mania qui a duré quand même probablement jusqu'en 2005 parce que à partir de 2005 comme j'étais patron, j'étais devenu le patron de Renault, j'étais moins présent au Japon donc ça a un peu faibli à partir de 2005. Alors que pendant temps, vous avez reçu un geste d'admiration qui vous a vraiment étonné.

Vous vous êtes dit euh je sais pas quelqu'un qui est venu vous voir en pleurant, je sais pas est-ce que vous avez un geste ? Vous êtes dit waouh là euh c'est fou. Oh le geste le geste qui m'a beaucoup étonné c'est que je pense que j'avais été euh désigné par euh un jury comme étant le père de l'année au Japon.

C'était en 2000, c'était en 2002 hein, chose qui a été contestée par mes enfants évidemment, ils ont dit qui est dans le jury mais bon, vous voyez des des petits gestes de chaleureux pour montrer qu'ils apprécient ce que j'avais fait non ce que j'avais fait pour leur pays quoi. Parce que Nissan quand même c'était un grand nom et surtout l'image du Japon était en train de changer puisque la couverture médiatique mondiale était intense. Et et vous savez à ce moment-là, c'était Koizumi qui était le premier ministre du Japon et c'était le Japon libéral.

C'était le Japon qui voulait s'ouvrir au monde. C'est le Japon, c'était le soft Japan qui était en train de se développer. C'était une période bénie.

Est-ce qu'à un moment donné, on peut prendre la grosse tête naturellement, on a reçu parfois des artistes qui ont fait des très gros succès au cinéma qui nous disent parfois je me sentais plus pendant 2 3 ans, j'ai une période. Est-ce que vous vous l'avez eu cette période avec autant de succès ? Bah écoutez, un si vous avez des peut-être quelques vélé de prendre la grosse tête, en général quand vous rentrez à la maison, vous la perdez immédiatement parce que entre votre femme et vos enfants, c'est c'est ça part très vite.

Et deuxièmement, je pense qu'il est difficile de prendre la grosse tête en France. Euh je pense autant au Japon c'est facile de le faire, autant en France c'est difficile de prendre la grossesse où il faut le il faut vraiment le cacher, hein, parce que vous savez en France, il y a quand même un esprit critique. Ouais.

Oui. Un esprit critique qui est très très fort. Au Japon, vous risquez de le faire.

Moi, j'ai peut-être été tenté, j'ai été grisé à un certain moment par l'impact que j'avais sur la société japonaise, mais vous savez, les crises sont venu très très vite et ça vous ramène, vous savez, dans l'industrie les crises vous ramènent tout de suite pied les pieds sur terre. La crise financière de 2008, le tsunami en 2011, enfin bon, ça monte très vite, ça peut descendre très vite. Dans les médias français, il y avait vous étiez décrit comme le patron le mieux payé de France à l'époque et cetera.

Est-ce que ça c'était un souci pour vous ? C'était assumé, vous rapportez de l'argent, vous prenez un bon salaire ou est-ce que c'est franchement moi j'ai jamais eu de de complexe vis-à-vis de mon salaire, d'autant plus que je pensais que je le méritais. Bon et puis en plus ce salaire, il se discute dans le conseil d'administration.

C'est un conseil d'administration dans lequel il y a les représentants de l'État et il y a les représentants syndicaux. Bon c'est faire une fois qu'une décision est prise, on peut pas dire après il est trop payé, il est pas très bien payé. puisque s'il est trop payé, vous pensez bien que les syndicats allaient se prononcer contre ou bien l'État allait se prononcer se prononcer contre.

Par contre, ce que je peux vous dire que euh on m'a fait des misères pour 7 millions d'euros par an. Bon, le patron de Général Motors gagnait 35 millions de dollars par an. le patron de Fiat Chrysler, Marion feu monsieur Marion qui était un ami à moi, il gagnait beaucoup plus que ça.

Euh même le patron de Toyota euh gagnait plus que ça parce que lui comme il avait un pourcentage d'action de sa boîte, il gagnait en dividende beaucoup plus que son propre salaire. Donc franchement, aller me faire des misères sur mon salaire, je trouvais ça injuste. Je trouvais ça injuste et et puis surtout l'exploiter de manière populiste.

Évidemment, quand vous allez voir quelqu'un qui gagne 1000 fois moins que vous, il ne peut qu'être choqué mais parce qu'il comprend pas les contraintes auxquelles vous êtes soumis. il comprend pas la difficulté d'un patron d'entreprise surtout un patron d'entreprise qui amène des résultats parce que un patron d'entreprise qui n'amène pas de résultat il ser rien. Donc donc bien sûr ça ça m'a choqué, ça m'a ça m'a troublé.

J'ai failli d'ailleurs en 2014, au moment du renouvellement de mon de mon mandat, rendre mon tablier. La personne qui m'a persuadé de pas le faire, euh ce qui est intéressant, c'est c'est l'ancien ministre Arnaud de Montebourg, hein, qui a servi d'intermédiaire avec le président Hollande pour dire "Arrêtezons de lui faire des noises, il est trop important pour l'alliance." Et est-ce que vos enfants vous disaient tout à l'heure en rigolant, mais est-ce que parfois ils vous disaient là "Papa, tu déconnes, attention là, tu as mal parlé dans ton discours".

Mais mes enfants voulaient que je prenne ma retraite dès 2014. pour vos 60 ans 2014 ils m'ont dit ça y est c'est fini en bas tu as plus rien à démonter alors évidemment en 2018 ils étaient à l'unanimité il m'ont dit ne renouvelle pas malheureusement ils ont eu raison après coup mais ils m'ont dit ne renouvelle pas tu as plus rien à montr tu as retapé Nissan tu asapppé Renault tu as mis Mitsubishi tu es devenu numéro 1 mondial qu'est-ce que tu veux de plus que ça et malheureusement j'ai pas suivi leur conseil mais vous le regrettez de pas avoir évidemment Non, sachant tout ce qui s'est passé depuis 2018, évidemment, j'aurais je serais parti à l' je ser je serais parti à l' 2018. Il rien de tout ça, hein, de tous ces soi-disant scandales euh le Versailles qui avait eu lieu en 2014, tout d'un coup réveillé en 2018, t tous les trucs qui sont réveillés en 2018 comme on dit quand on veut noyer son chien, on l'accuse de la rage.

Donc tout ça, ça s'est passé après 2018 suite à l'attaque japonaise. On en parlera, je suis sûr derrière. C'était le le 9 mars 2014 la la Versailles comme ça vous venez d'en parler pour expliquer.

Vous faites une énorme réception pour fêter l'alliance 15 ans de l'alliance mais ça c'était la réception pour les gens qui avaient aidé l'alliance de l'extérieur. On avait fait une deuxième célébration en interne pour les cadres de l'alliance à Tokyo parce qu'on voulait faire un événement en France, un événement au Japon, un événement pour le monde extérieur. les ministres, les gouverneurs, les les fournisseurs, les distributeurs les plus anciens pour les reconnaître dans leur rôle de la création d'alliance et on va les faire une pour tous les cadres de l'entreprise aussi bien Renault Conissan.

Donc on a décidé que Paris serait plus attractif pour les étrangers que Tokyo, mais on ferait en contrepartie la célébration interne au Japon. Ce qui est assez intéressant, c'est que ça a eu lieu en 2014. Il y avait 300 personnes qui ont qui ont participé.

Il y avait peut-être 260 personnes qui étit reconnu démontrable des gens qui ont apporté un apport à à l'alliance. Il y avait une quarantaine de personnes qui étaient ma famille, mes enfants. Parce que c'était vos 60 ans ce jour-là aussi, c'est ça ?

Non, non, non, non. Mes 60 ans, je les ai fêté le lendemain. Non, non, ils étaient venus parce que je pense qu'ils ont fait partie des gens qui ont aidé l'alliance.

Moi, je n'aurais pas eu un équilibre. personnel, un équilibre familial, ils ont subi des sacrifices pour la cause de l'alliance. Donc j'estimais que c'était tout à fait normal, je l'ai expliqué que il soit invités pour la célébration du succès de l'alliance.

On m'a fait une montagne à cause de ça et ils ont mis euh euh des personnes qui objectivement avaient aidé l'alliance dans la catégorie des amis euh de personnel qui n'ont rien à voir avec tout ça. Mais là aussi je veux dire hein, c'est un Oui. Il y a un documentaire sur les plateformes qui dit qu'il y a 90 % de gens qui sont enfin je sais plus combien mais c'est c'est mais vous comprenez bien que attendez cette fête vu en non mais on va raisonner 2014 la fête est publique elle paraît dans les journaux euh les les factures sont passées à la comptabilité vous avez un audit et cetera s'il avait invité 90 % de copains pour une fête qui a lieu à Versaill serait su avant 2018 quand même surtout en France hein non mais attendez vous seriez dans un pays où les gens ont peur de parler, je veux bien.

Bah en France tout se enfin en France il y avait des choses qui passaient au journau avant même que je ne le sache à l'intérieur de Renault. Ça tient pas la merde. Le coût de la soirée, il était à 630000 €.

C'était une très grande réception et c'était ça qui a été reproché après dans vos histoires. Mais vous savez combien il y a de soirées à Versailles par an par les entreprises ? Plus de 150.

Alors tous les de jours non mais non mais ce qui est assez intéressant c'est que même Versailles avait dit c'était l'une des soirées les moins chères. Non mais mais encore là aussi vous vous voulez noyer votre chien, vous l'accusez de l'arche. Ah ils ont dit ah mais 600000 € vous vous rendez compte mais 600000 € pour inviter 300 personnes qui pendant 15 ans nous ont aidé dans le cadre de l'Ariance c'était un investissement c'était pas un coûp et donc vous allez être arrêté en 2018 vous êtes toujours PDG à l'époque de de Renault vous êtes devenu président du conseil d'administration pour être précis de Nissan et donc c'est le 19 novembre ils vont vous attendre ils vont monter dans l'avion dès que vous allez vous poser à l'aéroport faux.

Comment ça se passe ? Faux. Alors, ils ont montré à la télévision les images de de l'avion, des gens qui montent dans l'avion et cetera.

C'est faux. C'est c'est du cinéma. Il y a il y a pas que ça, je veux dire.

Il y a Moi, j'étais je suis descendu de l'avion, les gens qui m'accueillent d'habitude m'ont pris en charge. Je suis rentré dans le terminal et c'est au moment où j'étais l'examen des passeports que le gars qui devait tamponner mon passeport m'a dit "Bah, il y a un petit problème avec le passeport. Est-ce que vous pouvez venir avec moi dans la salle à côté ?" Et c'est dans la salle à côté où le procureur est venu, il m'a dit "Il y a une accusation contre vous, je vous amène.

Vous vous êtes vous êtes aux arrés." Oui, mais alors à la télévision aviez pas du tout vous aviez aucune info de ça là. Moi, j'étais persuadé que c'était une erreur grossière.

D'ailleurs, le deuxème jour, j'avais demandé j'avais demandé à l'ambassadeur de France qui était venu me voir. J'ai dit "Mais avertissez Nissan." Ils m'ont dit "Mais Nissan, ils sont à charge." Je suis tombé des nu.

C'est là où j'ai compris. Je dis "Ah, Nissan est à charge." Donc c'est un complot.

Si si si Nissan n'est à charge, je suis au courant de rien. Ça veut dire que il y a eu une sorte de complicité entre Nissan, le procureur, évidemment le gouvernement japonais. Parce que rien au Japon ne se fait sans l'accord du gouvernement japonais.

He il faut, j'ai quand même vécu au Japon pendant 18 ans pour savoir que toutes les décisions même prise par Nissan sur le plan du management était communiqué au métière de l'industrie japonais qui est très qui est très fort. Donc rien ne se fait au Japon sans l'accord du gouvernement japonais. Donc, j'étais persuadé au bout de 24 heures que c'était une collusion entre quelques personnes chez Nissan, le procureur, évidemment le ministre de l'industrie, c'est-à-dire le le LDP, c'est-à-dire le parti qui était au pouvoir.

Vous étiez avec qui dans l'avion ? D'ailleurs, vous étiez en famille ? J'étais tout seul.

Vous étiez tout seul là ? Oui. Et vous avez un téléphone portable ?

On était en 2018. tout de suite. Vous pouvez même pas appeler votre femme ou dire le téléphone il J'avais dit que j'avais rendez-vous avec ma fille qui était de passage à Tokyo.

Je devais la devais dîner avec elle. Ils m'ont dit euh téléphone interdit, ils m'ont embarqué et j'ai passé ma première nuit dans la l'infame prison japonaise de Kosou. On vous enlève au lac, c'est comme en France vous Oh, on vous enlève tout hein à Kosou.

Alors le système le système la jus c'est là où j'ai commencé à me familiariser avec la justice japonaise he ce qu'on appelle la justice de l'otage. Le système japonais, j'ai appris très très vite, c'est que bon, on vous met en prison, on vous enlève tout. Chaque chose avec un prétexte particulier, toujours de sécurité pour vous empêcher de vous faire du tort.

C'estàd empêcher de vous suicider. Par exemple, on vous donne une serviette qui a cette taille-là pour prendre votre douche 20 cm sur 30. Voilà.

Et on vous dit ouais parce queon veut pas que vous pendiez. Il y a pas de miroir dans la cellule. Ah parce que le miroir, vous pouvez vous ouvrir les veines.

Donc donc tout était toutes les vexations étaient euh vraiment avait une excuse euh qui ne tient pas la mer mais enfin euh avait une excuse. Vous avez droit pas au journaux, vous n'avez pas droit aux journaux, vous êtes dans d'une cellule tout seul. Euh le surveillant vous dit comment vous devez vous tenir dans la cellule, hein, c'estàdire vous devez être euh à Califorchon.

Ou ou oui ou ouais ou oui bien sûr. Euh et vous avez euh vous dormez avec la lumière euh toute la nuit. Quel vous en fait je dirais moi je peux vous dire le nombre de vexations que j'ai subi pendant cette période.

Extraordinaire mais tout ça ça se fait dans l'ordre hein. Vous pas d'insulte, vous avez pas de violence. C'est c'est c'est asceptisé.

Voilà, c'est une violence asceptisée et tout se passe comme s'il voulait pousser la personne accusée au su mais il arrête juste avant. Voilà. Oui, on le pousse au désespoir et on l'arrêche juste avant.

Tout à fait. Ça dit extrêmement cruel mais extrêmement raffiné et asceptisé. Et et vous j'ai pas de téléphone hein, je vous pose même pas la question si vous dites vous choisissez pas télévision, pas de téléphone, pas radio, pas de journau, rien les seules personnes que vous êtes autorisé à voir c'est vos avocats et les ambassadeurs du pays.

Euh donc vous avez nationalité. Alors moi j'avais la chance d'avoir trois nationalités. Donc je voyais trois ambassadeurs.

Donc je voyais du monde hein. J'avais l'ambassadeur libanais, l'ambassadeur de France et l'ambassadeur du Brésil qui venait me voir. Il vous aide ou pas ? dans la mesure de leur moyens quoi.

Vous savez, un ambassadeur dans une situation comme ça, il a pas beaucoup de pouvoir. D'autant plus que dans le cadre euh de l'ambassadeur de France euh il sentait bien que Paris euh ne donnait pas trop d'appui, hein. Euh Paris était en train de se débiner petit à petit, donc il a senti lui.

Donc il faisait tout. Bon, vous avez besoin d'un drap, je vous amener un drap, des trucs comme ça, mais il pouvait rien faire d'autre. Ils vous ont pas du tout aidé le gouvernement français à sortir.

Non non, non, non, non. C'est malheureux à dire. Non, écoutez, non seulement ils m'ont pas aidé mais ils m'ont enfoncé parce que et et ils m'ont enfoncé et c'est très simple parce que ce changement a eu lieu dès qu'ils ont vu que les Japonais n'allaient pas me lâcher, hein.

C'est-à-dire début janvier, moi j'étais arrêté le 18 novembre, début janvier, c'était clair que les Japonais n'allaient pas me lâcher. Donc je suppose que ce qui s'est passé, c'est un marchand dans lesquels on dit "Bon ben, vous abandonnez Carlos II hein, c'est pas de le défendre, il est à nous, il est là, il sortira pas. Et si vous voulez que l'alliance ait une apparence de fonctionnement et que ça continue, vous avez quand même intérêt à faire ce qu'on vous demande.

Ça peut je vous caricature pour pour le pour le public. C'est là où tout d'un coup vous avez des renversements, hein. Euh monsieur le maire qui une semaine après mon arrestation a fait une grande déclaration en disant "On a tout examiné, il y a rien à reprocher à monsieur Gun." Et puis en janvier qui a dit à peut-être que il faudra faire un audit sur ses impôts.

Oui. Changement de changement de Oui, changement de ton. On va revenir sur les accusations précises.

Mais juste avant, ils vous font faire 130 jours de prison. C'est ça. C'est à peu près c'est pas les mêmes chiffres en fonction des des sous.

Ou oui, parce qu'ils ont renouvelé les accusations pour me maintenir en prison. Ils ont renouvelé les accusations. À chaque fois que j'allais sortir, il venait avec de nouvelles charges euh de nouvelles charges pour me maintenir pour allonger un peu le Ouais.

Mais au bout de 4 mois, ça commençait à devenir un peu ça devenir un peu lourd. Ils ont accepté mais ils ont ils m'ont ils m'ont demandé un bail, je vous dis, le plus élevé qui a jamais été payé par un individu, pas par une entreprise au Japon. Et donc là, on parle pas de votre famille, mais quand vous êtes emprisonné, vous dites "Vous avez pas le téléphone", vous les revoyez pas du tout ?

Non. pendant 130 jours. Ah oui, je les vois pas.

Je vois pas. La la la seule autorisation que j'ai eu, c'est c'est venu vraiment à la fin. Euh c'est mon épouse et mes enfants sont venus me voir mais j'étais en prison.

Ils sont venus me voir en prison. Et puis après quand j'ai été libéré contre paiement euh du bail, évidemment, j'ai revu tout. C'est parfait.

Une caution. Oui. Euh une caution mais ça a pas duré très longtemps comme vous savez ça a duré un mois.

Au bout d'un mois, ils m'ont remis en prison à la veille d'une conférence de presse à laquelle j'avais convoqué les journalistes pour leur expliquer, pour leur donner un peu mon ma version par rapport aux versions officielles qui tombaient aussi bien du Japon qu'en France. Il y avait vous avez pas de nouvelles. Est-ce qu'ils vous en ont donné quand même de votre famille même sans par les avocats ?

Ah oui dire tout va bien ou tout le monde est en bonne santé. les avocats envoyé envoyer des messages. Donc c'était les seules persons.

Vous pouviez pas les voir même en derrière une glace quoi. Et vous avez pas eu le droit de de l'appeler même en sortant je crois. Vous avez pas eu le droit d'appeler votre femme pendant une période ?

Ah, ça c'est ça c'est effectivement la la la cruauté asceptisée à la japonaise, c'est que à la deuxième fois où j'étais libéré avec encore une caution massive euh ils m'ont dit "Oui, mais il y a une petite condition, c'est que vous pouvez pas parler à votre épouse et elle peut pas vous visiter." J'ai Attends, mais mais pourquoi ? Ils on dire "Ah oui, parce que euh votre épouse, elle peut influencer des témoins.

Tous les témoins étaient dans l'entreprise, hein, influencer des témoins ou faire disparaître des preuves." Très bien. Euh parce qu'il savait très bien que j'étais attaché à Carole, hein.

Il le savait par les contacts, les messages. Donc c'est une façon de me punir pour me dire "Bon, vous avez été libéré mais enfin euh vous êtes dépendant de nous, vous pouvez pas lui parler. Donc si vous êtes gentil, on va peut-être vous laisser l'appeler de temps en temps, voyez, pour vous mettre vous mettre une laisse.

Très bien. Euh quand j'ai posé la question, ils ont dit ça. J'ai dit très bien mais enfin je reçois des tas d'amis qui viennent me voir.

J'ai des cousins, mes sœurs qui viennent de me voir. Si je voulais, si j'avais l'intention de modifier quoi que ce soit, c'est des infos à vos cousins. Ouais.

Ah, c'est pas grave. Bon, manifestement, ça tenait pas debout. Il voulait vous punir.

Il voulait vous punir. Il voulait vous dire voilà, c'est nous qui avons la possibilité. Alors, ils m'ont donné une autorisation de lui parler 6 mois après, mais à condition que mon avocat soit présent et que l'avocat fasse un compte-rendu de ma discussion avec mon épouse au juge.

C'est l'humiliation tout le temps, quoi. Des exemples d'humiliation, je peux vous en donner un paquet, hein. Donc, on va pas vous noyer dessus, mais ils ont été atroces.

Là, pendant 130 jours, donc vous avez toujours une résidence, vous êtes vous pouvez pas du tout sortir. Après, vous allez retourner, ils vont vous libérer au bout de 130 jours pour pour dire quoi ? Du coup, vous pouvez retourner chez vous, mais vous êtes obligé de rester au Japon.

Euh bah écoutez, bien sûr, vous vous êtes obligé de rester au Japon, il faut trouver une résidence. C'est-à-dire que la raison pour laquelle il vous libère, c'est que vous avez une résidence. Or, il y avait pas beaucoup de gens qui voulaient vous louer.

Alors, vous étiez devenu l'ennemi public numéro 1, le gars qui a trompé, qui a falsifié, qui a fait tout tout tout cela et et donc j'avais du mal à trouver quelqu'un et si je ne trouvais pas un lieu de résidence, je n'allais pas être libéré. Euh finalement euh euh c'est un couple francojaponais euh qui a accepté de me louer un appartement et grâce à eux euh j'ai pu euh sortir et payer ma caution et avoir un peu de liberté quoi. Ça ressemble à quoi une caution ?

C'est combien une caution ? On voit toujours ça dans les films. C'est très simple.

Les deux les deux cautions que j'ai payé se sont montés à 15 millions de dollars. Ah oui, juste pour sortir et vous remettre en prison un mois plus tard. Ouais.

Ouais. Juste pour terminer sur sur l'histoire, mais vous parlez de la justice de l'otage, on n pas expliqué je crois la manière dont la justice japonaise est faite, c'est qu'en fait on est présumé coupable. C'est ça.

Là-bas, c'est pas pareil qu'en France. C'est la justice, pourquoi la justice de l'otage ? Premièrement, c'est que quand vous êtes arrêté, le seul objectif du procureur, c'est de que vous confessiez.

Vous avou vous avouez même si il s'en fout. C'est vrai, c'est pas vrai, que vous confessiez. Et il va tout faire pour que vous confessiez.

Premièrement, les interrogations les interrogatoires. Vous n'avez pas d'avocat, vous êtes tout seul avec le procureur et un traducteur, c'est tout. Les compes-rendus sont faits en japonais.

Vous devez leur faire confiance. Donc, vous savez pas ce qui est écrit. Et donc, vous signez.

Oui. Oui. Bah, vous êtes obligé de signer he vous êtes en prison, vous êtes en la main, vous êtes obligé vous êtes obligé de signer.

Euh de les interrogatoires peuvent durer jusqu'à 10h par jour, hein. Question répétée tout le temps. Et à chaque fois, chaque fois, pratiquement à chaque séance, monsieur Ga si vous confessez on arrête, vous sortez, on en Non, non, vous sortez pas, hein.

On en tire les conséquences. Si vous ne confessez pas, on va venir avec de nouvelles accusations et on va en trouver. comme ça et non seulement sur vous mais sur votre famille sur mais mais ça c'est enregistré c'est incroyable quand on avait demandé quand la presse une fois que j'ai dit ça avait demandé une copie des enregistrements ils ont dit non non attendez il y a des choses très sensibles.

On ne peut pas vous donner des copies des enregistrements du témoignage de de de de Carlos II. Bon et tout est à l'avenant et tout est à l'avenant. Pourquoi ils vous ont pas tout simplement licencié s'il vous voulez plus de vous les Japonais ?

Pourquoi ils sont rentrés dans un truc comme ça ? C'est ce que parce que pour licencier un patron, il fautir un conseil d'administration. Dans ce conseil d'administration euh il y a un débat.

Bah il voulait pas ça. Tout le monde était pas forcément d'accord. Premièrement et puis surtout si vous êtes présent, vous allez vous défendre.

était pas sûr d'avoir la majorité compte tenu de la de la faiblesse de leur de leur de leurs arguments. Bon, ils auraient pu vous tuer hein, ils auraient pu organiser un accident ou un truc comme ça. Oui, c'est un état.

Ils se sont dit mais ils se sont dit bon ben finalement la justice est aussi efficace parce que attention hein, ils n'ont jamais pensé que vous allez sortir du Japon. Jamais. Donc vous mettez dans l'idée en disant on arrête quelqu'un, il est là pour la vie.

Il savait pas que vous allez pouvoir vous enfuir. Bah bien sûr, bien sûr. Parce que il avait pas imaginé ça, vous croyez ?

Mais personne ne s'est enfui du Japon sur les 40 dernières années. Ça existe pas ça. Il y a pas de précédent.

Et d'ailleurs quand quand les procureurs se sont opposés à la caution pour la libération, ils n'ont pas cité la fuite. Ils considérait que la fuite c'était impossible. C'était pas une option.

Ils ont considéré que je pouvais influencer les témoins, je pouvais faire ceci. Mais ils n'ont pas du tout considéré la fuite parce que cétait pour eux c'était pas une option. Et comment vous allez prévoir ça ?

Enfin préparer comment est-ce que ça va arriver dans déjà dans votre tête ? J'imagine qu'on a tout de suite envie de sortir d'une prison de Oh la la non c'est pas tellement ça. Au départ, j'étais décidé à me battre.

C'est que d'un côté, il y avait deux éléments qui ont été important. D'un côté, vous avez mes avocats qui me disaient "Vous avez un cas très solide. On est on a beaucoup de chances de gagner euh en justice, mais ne vous attendez pas à ce que ce soit faire.

Ça va pas être équilibré. Vous allez avoir beaucoup de choses à charge contre vous." Ça c'est d'un côté.

Donc il diminuait un peu mes espoirs hein de de vraiment d'avoir justice. Mais de l'autre côté le quand ils m'ont imposer de pas voir mon épouse et ni de parler avec elle, j'ai dit mais bon ça ils veulent ils veulent ta peau hein, ils veulent ça c'est c'est plus une question de justice c'est une question de de vraiment euh vous liquider, de vous détruire le moral, de vous pousser à la dépression des arrois le plus total pour avoir un total contrôle. Euh et ça c'était pour moi inacceptable, vous savez.

C'est c'est quand j'ai pensé à quand j'ai commencé à organiser cela, c'est quelques mois avant mon départ, très peu de mois avant mon départ, euh ce qu'on dit, je pense que c'est c'est là où qui disait ça, il disait quand quelqu'un vous aime, il vous donne de la force. Quand vous aimez quelqu'un, il vous donne du courage. Et moi, j'avais cette chance, c'est-à-dire que j'ai eu la force et le courage de le faire parce que quelque part, il y avait beaucoup d'amour dans ma vie.

Et je trou que c'est un privilège hein. C'est c'est un privilège et ça m'a ça m'a beaucoup aidé à franchir toutes les étapes jusqu'à l'arrivé même si je savais dès le départ que les chances de réussite étaient quand même très faibles. Ah c'est vrai.

Même quand là vous partez dans dans la dans la malle, vous allez réussir à un certain ch il y a eu beaucoup de choses qui pouvaient foirer hein. Un si avez décidé de mettre la malle. Oui vous êtes mal.

C'était fini hein. De s'il y avait le moins de problème dans le transport de la mle c'était fini. Euh trois si en arrivant en Turquie, il y avait la moindre tentative des Turcs d'aller regarder ce qu'il y avait dans l'avion, c'était fini.

Donc il y avait quand même beaucoup de probabilité que quelque chose aille mal. C'était le 29 décembre 2019. Juste pour comprendre, vous commencez par quoi quand vous avez cette idée de vous enfuir ?

Quel est ce que vous voulez bien dire ? Parce que je pas des noms et tout, on s'en fiche. Mais comment vous faites ?

Vous appelez des amis dit tiens, est-ce que tu as une idée ? Est-ce que vous pouvez pas téléphoner ? J'imagine vous êtes écouté par les autorités.

Oui oui mais quand même je me suis procuré un téléphone. Ah c'est ça ? Pour avoir un autre bien sûr et mais surtout je savais que j'étais à l'écoute.

Donc même des écoutes qui avaient lieu dans la rue à côté de l'endroit où j'habitais. Donc je savais que pour parler au téléphone, il fallait qu' que je rentre dans la douche et que je fasse coller une douche. C'était moyen de ne pas permettre les écoutes.

Bon et donc c'est comme ça votre appart était sonorisé. Voulez dire il y avait des micros dans votre appart qui étaient placé sur moi des caméras dans mon appart. euh les procureurs avaient imposé des caméras dans mon appart, mais je savais aussi que non seulement mon téléphone était euh était sous écoute et vous savez de temps en temps, il y a des petites camionnettes avec des écoutes un peu sophistiquées qui vous permettent d'écouter à distance l'extérieur.

On on l'a montré dans un reportage avec Sébastien Lecornu, le ministre des armées, précédemment ministre des armées en tout cas avant d'être premier ministre. Oui. Donc donc vous savez que il y a il devait y avoir le secret absolu autour de cela.

Donc moi quand je communiquais avec les gens qui m'ont aidé à sortir, c'était toujours dans la douche avec une douche qui coule de façon à ce que aucun bruit, aucun son ne puisse être euh compréhensible euh compréhensible. Donc j'ai mené cela euh au euh au téléphone, mais je savais une fois qu'on a choisi l'aéroport où il fallait partir, la date où il fallait partir euh euh parce que tout ça ça fait l'objet d'un certain nombre d'examens hein. Euh l'aéroport de Zaka, c'était pas une coïncidence. parce que c'était un des reoports qui était le moins surveillé du Japon euh le 29 décembre.

Pourquoi ? Parce que il y a souvent des remplaçants. Il y a des gens qui partent les vacances, ils mettent des remplaçants.

Les remplaçants, moins carrés peut-être à des moments moins carrés, il laissent passer des tas de choses qu'un professionnel laisse passer. Donc tout ça, ça avait été étudié. Mais il y avait quand même beaucoup de dangers que vous fassiez coincer.

Mais vous vous vous connaissiez ces gens qui vous ont aidé ou vous en avez trouvé un qui en a qui a fait une équipe ? Non, j'ai j'ai je connaissais la personne qui m'a mis en contact avec ces personnes-là, mais je les connaissais pas vous aviez jamais vu avant de de sortir. Connais, mais je faisais confiance parce que je faisais confiance à la personne qui m'a mis en contact avec.

Mais c'était des anciens militaires des gars qui avaient eu de l'expérience sur ce genre de Ouais. Oui. Ça leur faisait pas peur.

Non, c'était des personnes aussi qui avaient fait ce genre d'opération mais pas mais pas sur le Japon. Euh et donc ils vont vous proposer plusieurs scénarios. Est-ce qu'ils vont vous dire bah là il y a 30 % de réussite ?

Si vous sortez comme ça, c'est ça il y avait le scénario maritime, il y avait le scénario de l'avion. Euh dans l'avion, il y avait l'avion commercial, il y avait l'avion privé, enfin il y a eu plusieurs scénarios et et au fur et à mesure, on a éliminé tous les scénarios pour arriver à celui-là. Et pourquoi pas en bateau ?

C'était pas plus simple de monter dans un truc ? Et ouais, mais le problème c'est que au bout de 3 jours, vous pouvez pas cacher que vous n'êtes plus là. Et donc 3 jours à partir du Japon, vous êtes encore vous êtes encore en mer donc la la possibilité de vous récupérer non, il fallait il fallait sortir il fallait sortir vite et arriver vite dans un endroit sûr et et le Liban savait que vous alliez arriver ou c'est pas du tout vraiment non pas du tout non mais attendez vous savez le secret d'opération de ce type c'est le secret si vous commencez à mettre au courant des tas de gens c'est tellement sensationnel que le risque de fuite est énorme.

Ben ça ressemble à c'est un film là que vous avez vécu euh et donc ils vous disent euh telle date, telle heure, vous allez vo et vous allez sortir de chez vous comme d'habitude. Vous aviez pris l'habitude d'aller dans un hôtel à côté pour boire des cafés et cetera. Enfin être au bar donc ils ont pas trouvé ça étonnant.

Et vous aviez changé de tenue au moment où vous arrivez dans le bar dans une chambre de l'hôtel et je suis reparti en portant des habits que je ne porte jamais. Ça c'était une des conditions. Il faut pas du tout que les gens puissent trouver une similarité quelconque entre cette personne silhouette habituelle.

Voilà silhouette habituelle. Donc il faut porter un jean porter pas. Il faut porter des baskets alors qu'on en porte pas.

Il faut acheter un truc chez Zara bien hein. Il faut mettre un masque, il faut porter des lunettes. Enfin je dirais tout un tas de détails pour que et puis il faut surtout pas ouvrir la bouche.

Il faut pas que la voix soit reconnaissable. Donc moi, j'ai passé plusieurs heures, j'ai pas j'ai pas dit un mot hein. Même dans le train, j'ai pas dit un mot.

Même quand on était proche de l'PO, j'ai pas dit un mot jusqu'à être dans la caisse. Une fois qu'on était dans la caisse, évidemment le silence était dor. C'est vous deviez avoir un BPM là, le cœur qui devait battre pendant toute une journée, ça devait être Vous êtes tendu, bien sûr, vous êtes tendu, vous avez pas peur, vous êtes tendu, mais vous voulez voulez ou bien sûr.

Très concentré, vous êtes tendu, vous voulez que ça marche concentré. Et donc ils vous mettent dans une malle, donc un fly case. Donc c'est malâle comme pour les concerts pour des instruments de musique notamment.

Donc c'est sur roulette, c'est très lourd hein. Voilà, de base c'est très lourd. Donc on voit pas s'il y a voilà.

Et vous allez pas être scanné à l'aéroport comme toutes les mâles. Non. Comment ça se fait ?

Ils ont ils ont Bah parce que dans cet aéroport ça passait de temps en temps. Ils avaient remarqué que ils scannentaient pas 100 %. Elle était grosse donc ils ont était grosse.

Et puis puis ils ont raconté une histoire qui manifestement euh est est passé comme étant crédible. C'était des musiciens qu'ils avaient un concert en Turquie, que il fallait qu'il partent, qu'il fallait pas euh euh disons que ces instruments étaient euh vraiment fragile. Fait pas scanner le truc, ça pouvit pas les scanner parce que ça pouvait les dérégler et donc ça a quand même passé quoi.

Ça fait partie miracles. Vous entendiez quand vous étiez dans la malentend des braguin en japonais, en anglais bien sûr. [ __ ] là ça devait pas être agréable.

Non c'était pas agréable. Moi ce qui était agréable c'est le bruit de l'avion quand ça a passé. Moi j' Non mais quand quand parce que vous vous roulez, vous savez pas où vous êtes, vous vous entendez des des gens parlent autour de vous, mais c'est au moment où vous vous savez que vous êtes sur la piste, vous entendez le bruit de l'avion, vous dites qui accélère là.

Ah ouais mais bon, jusqu'au dernier moment, vous disiez faut attendre. Il faut attendre. Bon enfin jusqu'au dernier moment le dernier moment c'était vraiment l'arrivée à Beou he parce que même à même en Turquie vous aviez un risque.

Juste pour terminer quand vous êtes en soute il fait très froid en soute. Non on peut mourir. Non une fois qu'on a décollé qu'on a passé le territoire japonais je suis sorti.

Mais dans la dans la soute. Vous avez ouvert la mar ? Je suis sorti.

Oui, on v me sortir, je me suis installé donc on a mangé, on a papoté avec les gens qui sont venus m'aider. Et puis quand on a atterri en Turquie, était très tôt le matin, était 4h du matin, je me rappelle il était il pleuvait beaucoup. Donc je suis descendu de l'avion et je suis monté dans un autre avion qui m'a amené à Beyouth.

Et l'autre avion, vous êtes monté en tant que Carlos Gom, il y a plus de problème. Ah oui ou [ __ ] Vous avez pleuré de bonheur ou pas à un moment donné ? Est-ce que les nerfs lâchent quand on vit vit un truc comme ça de Non non, moi j'étais j'étais le le soulagement est venu quand j'ai rencontré ma mon épouse à à Beou.

Voilà, première fois que je la voyais depuis très très longtemps puis c'était un cauchemar qui passait quoi. Tout d'un coup vous a dit ça y est. Ouais.

Incroyable. Et vos enfants vous attendaient ? Non.

Ben du coup personne savait était pas là. Ils étaient pas là. Ils savaient pas.

Ils étaient pas là. Ils sont tous venus après. Ils ont voyagé.

Ils étaient aux États-Unis euh en Suisse, ils sont tous venus me voir puisque c'était Noël hein enfin c'était pardon le jour de l'an c'était le jour de l'an et et vous avez pas eu enfin je sais pas comment ça se passe vous avez pas été inquiet qu'il y a des services secrets japonais qui viennent vous chercher c'était une inquiétude ? Bah, dans un premier temps, c'était pas les services secrets, c'était toute la presse japonaise, éétait à Beou, hein. Euh, ils étaient tous devant euh le la maison que j'habite à Beouh et ça a duré pendant 2 semaines pratiquement parce que vous savez que à mon arrivée, j'ai annoncé que j'allais faire une conférence de presse, la première depuis les événements et donc j'avais la presse mondiale là et donc j'avais toute la presse, toute la presse japonaise et ils sont restés à Beyrout très longtemps.

La presse Ouais, ouais, la presse japonaise. Donc, ils étaient devant la maison. et ils espéraient avoir une interview à ma sortie, à ma rentrée.

Effectivement, ils n'ont rien eu. Donc, ils sont repartis derrière parce que je crois que là, au Japon, on peut pas avoir un procès par contuma c'est-à-dire à distance. C'est que comme vous êtes pas là-bas, le procès entre guillemets s'arrête.

Voà, s'arrête. Voilà. Et vous en demandez de revenir ou pas, ils vous ont fait une demande officielle de vous êtes convoqué ?

Bah écoutez moi, il y a eu deux faits assez cocasses, c'est que quand je suis arrivé à Beyrouth, vous savez, il y a eu 48 heures où il y a eu des interrogations, il y a eu des rumeurs et puis à un moment, j'ai sorti mon communiqué en disant voilà je ne fuis pas la justice, je fis l'injustice et la persécution. Et à ce moment-là, j'ai eu un entretien avec mes avocats japonais et à la fin de cet entretien, il y a un des avocats japonais qui qui était encore sous le choc, qui m'a dit "Quand est-ce que vous rentrez à Tokyo ?" Il pensait vraiment que j'étais juste parti pour voir mon épouse, allait revenir.

Je dis je pense pas que vous allez me revoir bientôt à à Tokyo. Et puis à la déclaration du ministre de la de la ministre de la justice à ce moment-là qui avait dit "Monsieur Ga a intérêt à rentrer au Japon pour prouver son innocence." Alors, il y a eu Branbas dans toutes les la presse mondiale en disant "Attendez, c'est pas lui de prouver son innocence, c'est à vous de prouver qu'il estable qu'il est coupable." Mais mais je pense que c'était la seule personne honnête dans le système parce que en fait elle avait juste dévoilé le système.

C'est-à-dire que une fois que vous êtes mise en accusation par un procureur, vous êtes coupable et c'est à vous de prouver l'innocence. Ce qui est tout à fait contraire à tous les traités que le Japon a signé, tout à fait contraire au droits de l'homme, à tout ce que vous voulez mais ils s'en foutent. Ils disent au Japon, on fait ce qu'on veut.

Euh c'est question que je me pose, je sais pas si vous le dites ou si vous l'avez dit, mais combien ça coûte de d'organiser une évasion d'un pays ? Grosse, ça coûte très cher. Ça coûte ça ça coûte très cher, hein.

Euh mais évidemment c'est c'est votre liberté qui est en mais les gens savent que c'est votre liberté. Donc en général il négocie dur. Euh mais je peux vous dire ça ça coûte très cher.

Je souhaite à personne Je souhaite à personne que ça leur C'est quoi ? C'est en million. Oui, c'est en million.

Je je m'étais demandé, je vous poserai la question. D'accord. D'acord.

C'est en million, c'est normal parce que eux risquent aussi hein. Donc mais c'est en million. Et qu'est-ce que vous vous auriez risqué si vous avez été arrêté à l'aéroport s'ils avaient choisi de passer la malle et qu'il vous arrête en ?

Ça aurait été pire qu'avant. Ça aurait été pire qu'avant mais déjà avant comme c'était vraiment pire que c'est vraiment donc franchement alors d'un côté ce que vous allez perdre c'est que ça allait être un peu pire alors que de l'autre côté c'était une autre vie hein. C'était une autre vie.

Non, vous savez ce qui est important ce qui est important c'est ça ça me rappelle la définition du bonheur par André Conmonville. Vous l'avez reçu André Conmponville, il a une définition du bonheur qui est excellente. Il dit le bonheur c'est l'absence de malheur.

Bon alors on est pas bien avancé. Qu'est-ce que c'est le malheur ? Le malheur c'est l'impossibilité de la joie.

Moi, j'ai passé 13 mois au Japon, j'ai pas eu un jour où j'étais joyeux. J'étais dans le malheur le plus total. Donc un peu plus dans le malheur ou un peu moins dans le malheur, franchement, ça fait aucune différence.

Depuis que je suis arrivé au Liban, alors on dit le bonheur c'est l'absence de malheur. Donc l'absence de malheur, ça veut dire le bonheur c'est la possibilité de la joie. Mais j'ai eu beaucoup de moments de joie.

Donc quelque part, j'ai pris la bonne décision. J'étais dans le malheur le plus total et je ris pas d'en sortir. Et je me retrouve dans une situation plein de contraintes, plein de problèmes à traiter mais où la joie est possible.

Donc il y avait pas à hésiter. Et et pardon dernière question, mais vous arrivez au Liban, vous avez pas prévenu personne, vous disiez pour pas qu'il y ait de fuite euh comment vous déclarez ? Est-ce que vous allez voir le président ?

Est-ce que vous lui demandez un rendez-vous ? Vous le connaissiez ? Comment ça se pass ?

Je suis arrivé à l'aéroport privé de Beyrout. Il y a l'aéroport privé. Euh la personne c'était 6h du matin aéroport privé, c'est pour les jet privés, c'est ça ?

Oui, pour les jetes privés. Donc la la personne qui était là qu'elle m'a vu, elle m'a dit "Bonjour monsieur Gon, ça fait longtemps qu'on vous a pas vu. Ça faisait déjà plaisir.

Déjà, j'étais accueilli comme un être humain. Vous êtes adoré au Liban ? Accueilli comme un être humain.

Il était très content de me voir. J'étais content. J'ai dit c'est la première fois que je vois quelqu'un qui me sourit en me recevant.

Et puis évidemment quand on était dans l'avion, j'avais appelé quelqu'un pour venir me prendre à l'aéroport parce que je voulais réserver la surprise à mon épouse. Elle savait pas jusqu'à ce que vous arriviez à la maison. Mais non, parce que elle était probablement sous écoute.

Je voulais surtout pas qu'il y ait une fuite. Et donc je l'ai retrouvé, elle était chez sa mère. C'était pour voir s'il était bien toute seule.

C'est ça. C'était pour voir si était bien tout seul. Elle était chez sa mère.

Je prenais aucun risque là. Euh donc Oui. Mais et donc je l'ai je l'ai rencontré après.

Incroyable. Et donc après le président, vous l'avez prévenu ? Non, j'ai appelé le président la présidence parce qu'il voulait pas qu'il apprenne par les journaux ma présence au Liban parce que ça allait c'est bruté.

Donc j'ai appelé, il m'a demandé de venir à au palais présidentiel mais il y a eu un petit malentendu parce que lui il pensait que les Japonais m'avaient libéré. Donc il était content, il commençait à me féliciter. Je dis je pense que je vais éviter les malentendus.

Je suis sorti sans l'accord des autorités japonaises. Il était un peu surpris puis après il a rigolé et il m'a dit "Bon bienvenue, bienvenue au Liban." Ouais.

Et et là vous pouvez pas retourner en France pour bien comprendre votre situation aujourd'hui tournage ça évoluera après peut-être. Alors alors ça c'est un autre ça c'est un autre chapitre. Comme je suis au Liban et qu'il y a une notice rouge d'Interpol à la demande du Japon.

Notice rouge, c'est rechercher. C'est vous euh euh extrader hein. Arrêter et extrader.

Mais c'estàd que vous êtes recherché par un pays qui a fait la demande comme ça c'est de l'époque donc je pouvais pas je pouvais pas quitter le Liban. Et il y a une notice rouge, vousz française du coup. Ouais.

Tout en sachant tout en sachant une antic française, tout en sachant je ne pouvais pas quitter pour la France et tout en sachant que le Liban n'estate pas ses citoyens comme la France d'ailleurs hein. Tout le monde m'a dit "Ah ben tu es au Liban parce que Liban n'extrate pas." C'est pas vrai.

La France n'extrate pas ses citoyens. Le Brésil n'extrate pas les citoyens. Si j'étais venu au Liban, c'est parce que mon épouse était au Liban.

Et pour terminer, vous me disiez tout à l'heure que même votre femme avait une notice rouge quand vous êtes arrivé au Liban. Ils lui en ont mis une aussi. C'est ça sur elle.

Ils ont mis oui parce qu'ils ont accusé euh d'avoir de ne pas s'être rappelé de connaître quelqu'un au cours des interrogatoire alors qu'elle est dû se rappeler puisqu'ils ont trouvé un email euh de correspondance d'attente de 4 mois. Enfin, un truc franchement euh c'était pour me punir. Ils ont puni mon épouse pour me punir à moi.

Voilà. Et et vous savez malheureusement malgré toutes nos tentatives, on a on n pas réussi à enlever la notice rouge sur mon épouse qui a rien fait he qui qui est toujours dans l'oblig. Elle ne peut pas quitter le territoire du malisé.

Et vous êtes toujours soutenu ? Elle a toujours été là avec vous même quand vous pouvez pas lui parler. Oui.

Ah toujours, toujours, toujours. C'est elle m'a donné la force de résister. Elle m'a donné la motivation aussi pour euh pour me battre euh bien sûr mais mes enfants, mes sœurs, ma famille, mais euh c'est elle qui a le plus subi les foudres euh de la un peu de du cynisme et de la de la violence japonaise, hein.

Ils l'ont puni à elle parce qu'elle a osé remettre en cause publiquement le système japonais et qu'elle a demandé à plusieurs reprises devant toutes les grandes chaîne de télévision américaine française, elle a dit ce qui est en train de se passer. Qu'est-ce qui vous a le plus touché qu'elle a fait pour vous dans cette période là ? Vous vous êtes dit là vraiment je me suis pas trompé parce que c'est dans ces moments-là qu'on le voit.

Bah, vous savez, elle était venue me voir au Japon une fois, il l'avait autorisé à venir. Donc, j'étais en prison à ce moment là, je l'avais vu. Donc, c'était c'était assez c'était assez fort.

C'est la première fois que je la voyais. Euh et je lui dis, je lui dis, "J'espère que ça ne change rien pour nous." Et elle m'a dit "Tu me connais vraiment pas." très Ça fait des années que vous êtes mariés euh 2016.

C'est quand on passe des périodes de brouillard comme ça après, c'est indestructible un coup. Ah ouais, c'est très fort. Après vous avez quatre enfants, on a pas trop abordé le sujet.

Anony etad qui sont n d'un premier mariage. Oui. Euh un an après votre arrestation, ils ont écrit une tribune, je crois que c'est comme ça qu'on dit, tribune pour pour réclamer un procès juste et dénoncer le système judiciaire japonais.

C'est ça. Voilà. Euh, ils vous ont jamais lâché non plus ?

Non, jamais. Jamais. Les enfants n'ont jamais lâché.

Mon épouse ne m'a jamais lâché. Euh, il y a beaucoup d'autres personnes. Mes sœurs ne m'ont jamais lâché.

Ils sont venus au Japon systématiquement. J'ai beaucoup d'amis qui sont venus au Japon me visiter alors qu'il savaient alors que tout le monde leur disait il faut pas aller au Japon. Vous savez jamais ce qui risque de se passer.

Mais il y a beaucoup de gens qui ont eu le courage de venir malgré malgré tout cela. C'est-à-dire que quelque part pour moi, j'ai pu faire au travers de cette période le triquels vous pouviez vraiment compter et ceux qui n'étaient que des hasards de circonstan. Il y en a beaucoup moins du coup ceux sur qui on peut compter évidemment.

Pour terminer là, je parle au père mais qu'est-ce qui enfin qui est la chose la plus importante que vous ayez transmise à vos enfants ? Quatre enfants qui sont sûrement très chose la plus importante c'est l'autonomie hein. Moi j'ai j'ai je suis très fier d'eux parce qu'ils sont autonomes.

Chacun son propre chemin. Ils ont construit leurs propres affaires, ils ont fait leur propre trou. Ils ont ils vivent leur propre vie dans les pays qu'ils ont choisi.

Je suis très fier d'eux. C'est l'autonomie. J'ai toujours dit il faut être autonome et pour être pouvoir être autonome, il faut que vous soyez il faut que vous puissiez apporter une contribution.

Il faut que vous soyez indispensable quelque part. Il faut il faut vous rendre utile et et ça c'est le meilleur message qu'on puisse Alors bien sûr, il faut outiller les enfants, il faut bien les éduquer, il faut leur donner de bonnes universités, il faut leur donner l'exemple hein. Ils suivent pas ce que vous dites, ils suivent ce que vous faites, hein.

Euh et je suis très fier de ce qu'ils sont devenus. Est-ce que si vous avez encore 3 minutes, je peux vous poser des questions sur les voitures. J'aimerais bien avoir votre avis.

Il y a une évolution aujourd'hui. On est jour du tournage en tout cas. Il y a les voitures électriques qui arrivent très fort depuis des années.

He ça existait déjà Renault Zoé à l'époque mais Tesla est arrivé très fort. Depuis quelques années, il y a BYD. Depuis encore moins d'années, il y a Xpeng, même une marque chinoise.

Comment vous dites ? Chipeng. Chipeng, on dit ou XCI.

Ah d'accord. OK. Ouais.

Et et donc je crois que c'est monsieur Peng qui a créé sa marque qui était il donnait beaucoup de logiciel de software hardware pour être précis pour c des batteries hein. Et b c des batteries des batteries. Ils sont tous virés à la voiture très peu de temps.

Il y a il y a très peu de temps comparé à Renault ou à Nissan ou à tout. Vous avez essayé ces voitures ? Qu'est-ce que vous en pensez de l'évolution des voitures en quelques années là ?

Extraordinaire. Je trouve que les Chinois sont font un travail extraordinaire. Il représente un véritable danger pour les marques moyennes.

C'estàdire c'est c'est très grand danger pour Renault, très grand danger pour Nissan, très grand danger pour Mitsubishi. Les marques de luxe euh sont euh comme Mercedes, Audi, euh Ferrari, Maserati, euh c'est c'est un peu moins menacé. Quoi que les Chinois ont bien dit qu'ils allaient monter en gamme.

Mais je trouve que les les constructeurs les constructeurs européens, américains, japonais voire même coréens ont ont du souci à se faire. D'autant plus que souvent ils sont managés par des gens qui ont malheureusement pas le niveau. Donc euh si vous n'avez pas un leadership de taille, vous avez cette vague déferlante chinoise qui vous arrive avec de la technologie, des coûts, de la logistique, une ambition, un support inconditionnel par l'État chinois, euh il faut vraiment être très créatif pour pouvoir pour pouvoir faire face.

Il va falloir être novateur dans les années qui arrivent pour les marques européennes. Il a toujours fallu être un novateur. Mais maintenant c'est une question de vie ou de mort.

Avant ça passait encore hein. Donc vous étiez pas novateur mais ça passait. Maintenant Maintenant ça pas ça ne passe plus.

Vous suivez toujours d'un d'un regard même un peu lointain Renault Nissan ce qui font les nouveautés. Vous regardez les modèles franchement franchement Renault Nissan ça me fend le cœur de les suivre parce que je suis tellement triste de là où ils sont aujourd'hui par rapport à là où ils étaient en 2018. Ça ça a baissé.

Euh les volumes ont baissé, les ambitions ont baissé, la technologie a baissée, la la même même la valeur de l'action a baissé hein, près de la moitié pour Renault euh euh près des 2/3 de de Nissan. Enfin, je dirais non franchement ça me fait mal au cœur. Par contre euh vous savez qu' tous les distributeurs qui existent au Liban m'envoient souvent les nouvelles voitures qu'il reçoit en disant "Bah, on aimerait bien avoir votre avis." Donc il me donne, je prends un weekend euh une Chippeng ou une BYD ou euh la nouvelle Range Rover ou une nouvelle Mercedes pour la tester de dire quel est mon avis hein parce que mais évidemment ils ont ils ont la chance d'avoir quelqu'un qui connaisse bien à domicile et et c'est gratuit puisque je conduis la voiture, ça me fait plaisir et je donne et je donne mon avis.

Mais vous savez, je je suis triste pour l'alliance. Je suis triste pour l'alliance parce que d'abord elle n'existe plus contrairement à tout à tout ce qu'on nous raconte et mais deuxièmement surtout pour les employés, les actionnaires euh de Renault euh Nissan Mitsubishi parce que quelque part on les a trompé. Euh vous comparez là où ils sont en 2025 par rapport à 2018 qui est la dernière année dont je peux don dont je peux parler moi-même.

Euh ça n'a plus rien à voir. Et ça n'a plus rien à voir. Mais comme on dit ne nous prenons pas trop au sérieux, il n'y aura aucun survivant hein.

C'est Alphonse Allé. Je trouve que cette phrase est absolument extraordinaire. Euh qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour terminer là ?

On on est venu vous voir à Beout ici au Liban. Je remercie d'ailleurs Émile qui nous a prêté gentiment sa maison et et et sa maman et sa sœur qui nont bien accueilli. Euh on a pu venir vous voir ici.

D'ailleurs, juste petite anecdote, on est arrivé à à la douine hier à l'aéroport. Euh c'était un peu compliqué. Il voulait pas trop nous il s'est passé qu'on prenait pas les papiers.

On disait qu'on était qu'on allait tourner un podcast. Vous êtes journaliste ? Non, on n'est pas journaliste.

Mais pourquoi vous êtes pas journaliste ? Mais qu'est-ce que vous faites ? Il comprenait pas trop.

Quand j'ai dit que c'était pour vous, il y a eu un sourire sur le visage du douier et et en fait il comprenait pas Carlos Gon parce qu'on dit pas Carlos Gon ici. Rosson et il m'a fait "Ah Rosson, OK, welcome." Il m'a et il nous a laissé passer.

Oui, j'ai servi à quelque chose quand même au moins pour vous hein. Vous avez eu un coup de tampon que vous n'aurez pas pu. Non, c'était marrant parce qu'on dit pas pareil et du coup il comprenait pas pourquoi c'est vrai.

En arabe, ça se prononce Rosson et mais c'est difficile Rosson pour des Américains des Français ou des Japonais. Gone, c'est beaucoup plus facile. Mais je reviens à la question.

Vous dites qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter ? Mais là aussi que que que la joie soit toujours possible quoi. Donc un peu de bonheur quand même.

Bon ça c'est ce que vous pouvez me souhaiter. Mais d'un autre côté, vous savez quand vous êtes dans une situation comme ça dans laquelle vous retrouvez ou vous tombez d'un poste où vous êtes occupé tout le temps à un moment où vous regagnez le temps, c'est là où vous vous rendez compte combien la vie est précieuse, hein. Et quand vous êtes dans le feu de l'action, vous vous en rendez pas compte, hein.

Et je pense que c'est il y avait je vais pas vous citer du Montaigne mais hein c'est une pas assez constante pensée de la mort ne donne pas assez de prix au plus petit moment de la vie et c'est tellement vrai et ça vous ne le découvrez qu'à partir du moment où vous subissez à choc vous retrouvez alors avec des contraintes d'un côté mais avec une richesse extraordinaire qui est celui de disposer de votre temps et de pouvoir décider finalement vous et tout seul qui sont les gens avec lesquels vous allez vivre et les gens que vous allez rencontrer. C'est c'est plus facile maintenant que là on parle d'un film, on va dire un film professionnel. Quand on est à la fin du film professionnel, c'est c'est c'est plus facile à voir d'en haut.

Qu'est-ce que vous auriez fait différemment ? Dernière question. Là maintenant vous voyez votre carrière, les problèmes à la fin deux choses deux choses deux choses différentes.

Premièrement, j'aurais accepté le poste de général Motor en 2008. J'aurais jamais eu tous ces problèmes. On vous l'a proposé à l'époque ou on proposé c'était ça venait du président Obama puisqueil avait des problèmes de la faillite de général Motors et Steve Ratner qui était le cardzar de Obama m'avait appelé pour me dire voilà Job il est pour toi on veut pas venir dans l'alliance mais on veut que tu viennes aux États-Unis.

J'ai dit je peux pas quitter un un un un capitaine peut pas quitter un navire en perdition c'était on était en pleine bourrasque financière je le regrette. Et deuxième regret de pas être parti à la retraite en 2018. Quand vos enfants vous disiez, on dit toujours faut écouter ses parents et parfois faut écouter ses enfants.

Bah vous voyez, merci beaucoup d'avoir donné de votre temps ici que vous savez précieux maintenant. Merci à à donc encore à Émile d'avoir reçu chez lui. Merci à à toute l'équipe d'avoir préparé l'émission avec moi.

On a fait le trajet ici pour découvrir aussi le Liban et Beyouth. Merci en tout cas d'être de plus en plus nombreux à nous suivre. Vous êtes environ 150000 en plus à vous abonner chaque mois sur notre chaîne YouTube.

Hésitez pas à vous abonner en dessous, ça prend 2 secondes et ça nous permet d'avoir des invités exceptionnels comme Carlos Gone aujourd'hui. Euh et en tout cas, si vous nous écoutez en podcast audio sur la route ou si vous êtes en train de faire du sport par exemple sur Spotify, 10, Apple Podcast, Amazon Podcast, merci de faire de légendes, le premier podcast de France. Je vous embrasse fort et puis on se retrouve très vite de toute façon pour une prochaine vidéo tous les mercredis, vendredi et dimanche sur les gens.

Ciao tout le monde. [Musique] [Musique]