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interviewBackseat· 10 février 2026 3 min

CLEMENTINE AUTAIN : UNE SÉCURITÉ SOCIALE ALIMENTAIRE

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Clémentine Autain

J'ai beaucoup développé cette idée de sécurité sociale de l'alimentation parce que je trouve qu'elle raconte la société dans laquelle j'ai envie de vivre. Moi, je suis pour faire de l'alimentation une priorité nationale. Je pense que c'est vraiment un sujet énorme. On a aujourd'hui un Français sur six qui ne mange pas à sa faim. On a un Français sur deux qui n'est pas satisfait de ce qu'il mange, de ce qu'on mange. Et on est face à une insécurité alimentaire. Cette semaine, on dépose une proposition de loi sur le cadmium avec mon collègue Benoît Biteau, qui est paysan, parce que le cadmium, c'est un métal lourd qu'il y a dans l'alimentation et qui génère des cancers, etc.

Donc, il faut réglementer. Ça, c'est sur la sécurité de l'alimentation. Donc, il faut intervenir. Et comment on peut intervenir massivement ? On crée une nouvelle branche de la sécurité sociale. Et sur notre carte vitale, on a de l'argent dessus, mettons une somme, 150 euros, qui vient de cotisations. Donc, on peut discuter d'où viennent ces cotisations, quelle est la part salariée, quelle est la part employeur, quelle est peut-être aussi la part qu'on peut prendre sur les revenus du capital. Et cette somme est mutualisée, socialisée.

Et on a des comités citoyens qui sont fléchés par bassins de territoire et qui disent que cet argent, on peut le dépenser auprès de tels producteurs, de tels commerces, parce qu'ici, on va trouver de la nourriture saine, de qualité et de préférence aussi avec beaucoup de circuits courts. Donc, c'est une manière de transformer, en fait, en profondeur, notre système d'alimentation, pas avec des chèques pour les pauvres, mais avec quelque chose qui est universalisant, parce que tout le monde aura droit à ces centres-là.

1:28
Présentateur

Mais qui serait plus facile à utiliser, a priori, quand on est dans un centre-ville où on a une possibilité d'accès à des produits, à des produits qui peuvent être plutôt variés, que lorsqu'on est isolé, on n'a pas de mobilité.

1:38
Clémentine Autain

Alors, ce n'est pas tout à fait juste, parce que quand on est, par exemple, dans des territoires ruraux, on a aussi plus facilement accès directement aux producteurs. Donc, en fait, ça ne marche pas tout à fait comme ça. Et puis, en réalité...

1:47
Présentateur

Il faut-il encore que ce ne soit pas de l'agro-industrie ?

1:49
Clémentine Autain

Oui, bien sûr, bien sûr. Mais tout le monde, en fait, même quand on habite en ruralité, on est tous reliés à la ville et souvent, on fait nos courses à la ville. Et par ailleurs, s'il y a ces cartes-là, ça va permettre de développer aussi ces commerces qui vont pouvoir s'installer parce qu'elles auront un débouché avec cette carte, avec cette somme.

Donc, je pense que c'est vraiment quelque chose qui peut transformer notre rapport à l'alimentation et faire vivre des agriculteurs qui sont les plus vertueux pour l'environnement, mais pour notre santé aussi, plus qualitatifs, puisque cet argent, cette masse considérable d'argent, sera réinjectée directement au profit des paysans les plus vertueux. Donc, ça va aider à la transformation de notre modèle agricole. Merci.

2:29
Locuteur

Merci. Merci.

CLEMENTINE AUTAIN : UNE SÉCURITÉ SOCIALE ALIMENTAIRE — Clémentine Autain · Pourquijevote