Pierre Jouvet, numéro deux du Parti socialiste, réagit après la défaite de son parti à la primaire de la gauche
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:18OuverteRéponse directe
Hier vous avez perdu la primaire de la gauche avec votre candidat Olivier Faure. 14% des voix contre 66% pour Raphaël Glucksmann. Elle vous inspire quoi cette défaite ? C'était prévisible selon vous ?
- 1:08RelanceRéponse partielle
Vous avez votre candidat, mais pour la première fois de l'histoire du Parti Socialiste, ce candidat n'est pas issu des rangs du PS. Ça veut dire quoi ? C'est un peu la fin du parti
- 1:57OuverteRéponse directe
Vous pensez justement qu'il fera un bon candidat à la présidentielle ? Est-ce qu'il fera le poids face à Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ?
- 3:17FerméeRéponse directe
Est-ce que d'ici là, vous pensez qu'Olivier Faure doit démissionner face à la victoire de Raphaël Glucksmann ?
- 4:31RelanceRéponse partielle
Lors de cette campagne pour les primaires de la gauche, votre principal point de divergence avec Place Publique, Raphaël Glucksmann, c'est qu'eux ne voulaient pas d'alliance avec la France insoumise. Est-ce qu'à travers cette défaite, ce n'est pas un peu ce que vous disent les électeurs du PS aussi
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45Invité politiqueFait
« Nous avons pu mobiliser après trois débats, après une campagne qui a duré un peu plus de cinq semaines. »
- 1:25Invité politiqueFait
« Non, pas du tout. Absolument pas. »
- 1:29Invité politiqueFait
« Raphaël Glucksmann a été deux fois notre tête de liste aux élections européennes. »
- 2:04Invité politiqueFait
« Oui, il le faut. Il a la sincérité dans son engagement. »
- 2:16Invité politiqueFait
« Les Françaises et les Français ne se donneront pas pour les cinq prochaines années à un ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron, qu'il s'appelle Gabriel Attal ou Édouard Philippe. »
- 2:33Invité politiqueFait
« Et je crois que les Français peuvent éviter une victoire de Marine Le Pen à l'élection présidentielle si nous leur proposons une alternative. »
- 3:31Invité politiqueFait
« Nous sommes la seule famille politique à avoir fait une primaire. »
- 4:51Invité politiqueFait
« Évidemment, vous savez, il faut toujours entendre ce que disent les électeurs. »
- 5:00Invité politiqueFait
« Moi, je regrette que le débat ait beaucoup trop tourné sur cette question des alliances qui est en réalité illusoire. »
Temps de parole
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Dès
votre réveil,
ici
matin jusqu
'à 9h. 8 ans moins le quart, large victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche hier soir. Pour en parler, on reçoit le dromois Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti Socialiste. Bonjour Pierre Jouvet. Bonjour.
Hier vous avez perdu la primaire de la gauche avec votre candidat Olivier Faure. 14% des voix contre 66% pour Raphaël Glucksmann. Elle vous inspire quoi cette défaite ? C'était prévisible selon vous ?
C
'est une victoire nette et sans appel de Raphaël Glucksmann. Et ce que ça m'inspire surtout, c'est que nous avons vécu un beau moment démocratique. Nous sommes le seul parti politique, la seule famille politique à avoir tranché notre candidat par une primaire qui a réuni plus de 120 000 personnes qui sont venues voter. Et moi je me satisfais de voir que nous avons pu mobiliser après trois débats, après une campagne qui a duré un peu plus de cinq semaines. Et aujourd'hui nous avons notre candidat à la présidence de la République et nous devons tous être concentrés pour la réussite de cette campagne qui va être une campagne extrêmement difficile.
Vous avez votre candidat, mais pour la première fois de l'histoire du Parti Socialiste, ce candidat n'est pas issu des rangs du PS. Ça veut dire quoi ? C'est un peu la fin du parti
?
Non, pas du tout. Absolument pas. Je ne vois pas du tout les choses de cette manière-là. Raphaël Glucksmann a été deux fois notre tête de liste aux élections européennes. J'étais moi-même le numéro deux sur sa liste à la dernière élection européenne. Je siège avec lui au Parlement européen. Raphaël Glucksmann est adhérent d'un parti qui s'appelle Place Publique, qui est très proche du Parti Socialiste. « Nous allons faire la campagne avec lui » et Raphaël Glucksmann est le candidat du Parti Socialiste à l'élection présidentielle. Donc il n
'y a
pas d'histoire de chapelle qui serait effacée dans cette élection présidentielle. Je ne
suis
pas du tout inquiet et pas du tout sur cette position-là.
Vous pensez justement qu'il fera un bon candidat à la présidentielle ? Est-ce qu'il fera le poids face à Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ?
Oui, il le faut. Il a la sincérité dans son engagement. C'est ce qu'il a encore dit hier. Et nous serons à ses côtés pour faire cette élection présidentielle. Vous savez, moi j'ai une conviction qui est très forte. Les Françaises et les Français ne se donneront pas pour les cinq prochaines années à un ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron, qu'il s'appelle Gabriel Attal ou Édouard Philippe. Et je crois que les Français peuvent éviter une victoire de Marine Le Pen à l'élection présidentielle si nous leur proposons une alternative. Et cette alternative, nous devons la construire avec Raphaël Glucksmann. Il
y
a des enjeux et des inquiétudes. Ce matin, le prix de l'essence et du gasoil n'a pas baissé. Le prix du gaz est en train d'exploser. Les prix alimentaires quand on va faire ses courses au supermarché augmentent aussi. La question du pouvoir d'achat est centrale. La question des déserts médicaux est toujours là. Notre pays est fatigué. Il est abîmé. On voit la jeunesse de France qui se révolte pour ses conditions d'apprentissage. Nous devons apporter toutes ces réponses. Et c'est ce que nous allons faire dans les prochaines semaines. Parce qu'il faut réparer la France pour éviter qu'elle tombe dans le pire.
Et donc, c'est ce que nous allons faire dans les prochaines semaines et dans les prochains mois.
Est-ce que d'ici là, vous pensez qu'Olivier Fort doit démissionner face à la victoire de Raphaël Glucksmann ?
Non, mais écoutez, la question ne se pose en réalité absolument pas. Je vous le disais en démarrage de notre interview. Nous sommes la seule famille politique à avoir fait une primaire. Regardez ce qu'est en train de faire la droite et le bloc central. Ils se déchirent de manière ridicule ou par coup de sondage. Ils attendent que l'un tombe par rapport à l'autre. Édouard Philippe attendant que Gabriel Attal puisse chuter du trottoir et vice-versa. Nous, on a fait un débat démocratique. Il y
a
eu des lignes politiques qui se sont exprimées. Et il y a 120 000 personnes qui sont venues voter. Ils ont tranché. Ils ont tranché nettement. Raphaël Glucksmann est le candidat du Parti Socialiste à l'élection présidentielle. Olivier Fort était candidat. Il est deuxième de cette élection. Il est premier secrétaire du Parti Socialiste. Il reste premier secrétaire du Parti Socialiste. Je vous le disais, l'importance et l'urgence, c'est l'élection présidentielle. C'est les réponses qu'on apporte aux Françaises et aux Français dans un moment qui est un moment extrêmement important pour eux. Et nos chicaïas internes ou des batailles internes, je crois que ça ne les intéresse pas.
Et ils ont bien raison. Le moment n'est pas du tout celui-là.
Pierre Jouvet, numéro 2 du Parti Socialiste. On le rappelle, lors de cette campagne pour les primaires de la gauche, votre principal point de divergence avec Place Publique, Raphaël Glucksmann, c'est qu'eux ne voulaient pas d'alliance avec la France insoumise. Est-ce qu'à travers cette défaite, ce n
'est
pas un peu ce que vous disent les électeurs du PS aussi
?
Évidemment, vous savez, il faut toujours entendre ce que disent les électeurs. Moi, je regrette que le débat ait beaucoup trop tourné sur cette question des alliances qui est en réalité illusoire. Et moi, j'espère qu'on ne passera pas la présidentielle à ne parler que de nos concurrents ou que du reste de la gauche, mais qu'on aura intérêt à parler de nos propositions. C'est ce qu'il va falloir faire. Donc voilà, le débat est désormais clos. Mais vous savez, je pense qu'on doit se projeter d'abord et avant tout sur les propositions. Je vous le redisais, les Français n'attendent pas exclusivement des sujets politiciens. Ils veulent des réponses.
Comment est-ce que demain, je trouve un médecin généraliste ? Comment est-ce que je fais pour avoir une école publique qui tient debout ? Comment est-ce que mon salaire va pouvoir augmenter dans un moment de crise du pouvoir d'achat majeur ? Quelle réponse j'apporte pour la planète qui, on l'a vu encore cet été, est dans un drôle d'État avec un dérèglement climatique de plus en plus présent ? C'est ces enjeux-là auxquels nous devons répondre. Le reste, c'est beaucoup de politiques politiciennes, beaucoup de bavardages et peu de réponses et de solutions concrètes. Donc moi, je ne passerai pas cette élection présidentielle. Je profite de votre micro pour le dire.
Je ne participerai pas d'un débat permanent de posture entre les uns et les autres à gauche. Je pense que tout ça n'a pas d'intérêt et fatigue les gens.
Merci beaucoup, Pierre Jouvet, d'avoir été notre invité ce matin, secrétaire général du Parti Socialiste. Bonne journée.
Bonne
journée. 7h52.
Sous
-titrage
Société
Radio-Canada
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Pierre Jouvet