L’IA a-t-elle meilleur goût que nous ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Vous n'avez jamais su habiller ? L'intelligence artificielle le fait pour vous. Imaginez, vous hésitez devant votre penderie, un mariage, [musique] un rendez-vous pro, un second rendez-vous amoureux, plutôt tailleur bleu nuit, robe satinée ou jean casual chic.
Pas de panique, [musique] l'intelligence artificielle s'en charge. Elle scanne vos préférences, consulte votre agenda et vous dit quoi porter selon la météo. [musique] C'est exactement ce que testent aujourd'hui les grandes marques de mode.
Ralph Loren a lancé Ask Ralph, un assistant numérique qui vous propose des silhouettes surmesure comme si vous aviez un personnel shoper à domiste. Mais qu'est-ce qu'un personnel chopper [musique] exactement ? À l'origine, c'est un expert de la mode qui conseille ses clients dans leurs achats vestimentaires.
Le rôle est à la fois pratique et stratégique. Il s'agit de sélectionner des pièces adaptées à la morphologie, au style de vie, à l'occasion [musique] et même au budget du client. Ce métier existe depuis les années 1940 dans les grands magasins parisiens, londoniens, américains et s'est démocratisé dans les années 1980-190 avec le boom du luxe et de la consommation personnalisée.
Certains clients payent des centaines voire des milliers d'euros par heure pour bénéficier de ce conseil surmesure. Aujourd'hui, Lia reprend ce rôle mais de façon dématérialisée. La start-up Dress propose Dress Agent, un styliste virtuel capable de créer votre avatar, d'imaginer vos look et même de générer des images de vous dans la tenue parfaite.
Vivrel, plateforme américaine de location de vêtements luxe, a intégré et là une IA qui suggère des pièces à acheter [musique] ou à louer selon l'occasion. Et l'avantage de l'IA est évident. Elle ne dort jamais.
Elle peut analyser instantanément des millions de combinaisons possibles, intégrer la météo, votre agenda et vos préférences passées. Tout cela a une vitesse et une échelle impossible pour un humain. Le discours est clair.
Pourquoi perdre du temps ou risquer la faute de goût quand une machine peut faire mieux que vous ? Sauf que cette promesse soulève une question : qu'est-ce que le bon goût ? LIA fonctionne à partir de données.
Elle repère les couleurs qui plaisent le plus, les associations les plus validées, les silhouettes les plus populaires. En clair, elle ne fait pas preuve de créativité, elle reproduit ce qui marche déjà. Résultat, une mode plus uniforme, plus standardisée, tout le contraire de la singularité que les clients recherchent et que le luxe surtout prétend incarner.
Derrière ces outils, il y a aussi un enjeu économique. Conseiller la bonne tenue, c'est inciter à acheter plus ou mieux, réduire les retours qui coûte des milliards aux marques chaque année. Un look validé par Lia, c'est un panier d'achat sécurisé.
Le personnel shopeur virtuel [musique] n'est pas seulement là pour vous simplifier la vie, il est aussi là pour fluidifier la chaîne logistique. Et puis il y a une dimension culturelle. Le style, c'est aussi une façon de dire qui on est.
Laisser Unia choisir ses vêtements, c'est déléguer une part de cette identité à un algorithme. Certains y verront un gain de confiance, d'autres une dépossession. Car s'il y a fait preuve de goût, [musique] c'est d'un goût plus consensuel, plus normatif.
De quoi faire rêver les marques, mais peut-être moins ceux qui aiment que la mode reste justement [musique] un terrain d'imperfection, d'accidents heureux et de différence. Chaque jour, un coup de projecteur éclaire notre actualité. Le fil Culture G, abonnez-vous au podcast.
M.
Christian Jacob