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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 30 juillet 2024 26 minComplaisantFond programmatiqueSolidarités & familleÉconomie & entreprisesEurope & internationalSanté

Pourquoi Lucie Castets et le NFP ont raison : le décryptage de Thomas Porcher

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 20 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:27OuverteRéponse directe

    Bonjour tout le monde, vous le savez, nous avons appris la semaine dernière avec consternation la décision de l'ARCOM au sujet du renouvellement des fréquences TNT.

  • 2:39OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que tu penses de cette candidature, de choisir un profil technique, pas une personnalité forcément très connue ?

  • 4:32OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron a plutôt balayé la proposition dans l'idée de ne pas reconnaître la victoire du NFP trop serrée à son goût. Qu'est-ce que tu en penses ?

  • 6:21OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est important de remettre cette question au centre des débats politiques et surtout au centre aussi à gauche ?

  • 10:34OuverteRéponse directe

    Est-ce que tu peux nous expliquer un peu ce...

  • 13:40OuverteRéponse directe

    Sur les impôts, sur les cotisations que les gens donnent mais ne voient pas d'effet, etc., est-ce que c'est la fameuse phrase on privatise les bénéfices, on socialise les pertes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:15Invité politiqueFait
    « On a beaucoup dénigré les enseignants, on a beaucoup dénigré les personnels hospitaliers avant la crise du Covid. »
  • 7:03Invité politiqueChiffre
    « La part de la dépense publique qui va au service public, c'est-à-dire au paiement des fonctionnaires et des consommations intermédiaires, les besoins des services publics, elle est stable depuis 78 à 18% du PIB. »
  • 8:56Invité politiqueChiffre
    « Il y a 3-4 usines qui ferment par mois dans la différence générale encore aujourd'hui. »
  • 10:39Invité politiqueFait
    « Par exemple, GDF, au début, c'était 100% public. Ça s'occupait du gaz, de l'acheminement du gaz. Et puis, petit à petit, aujourd'hui, l'État n'a que 15%. »
  • 16:05PrésentateurFait
    « Lucie Casté n'a pas pour objectif de respecter le pacte de stabilité européen qui limite le déficit public à 3%. »
  • 16:28PrésentateurChiffre
    « La France a été placée en procédure pour déficit public excessif par la Commission européenne après avoir affiché un déficit à 5,5% du PIB en 2023. »
  • 18:34Invité politiqueFait
    « Le déficit, c'est un pourcentage de PIB, a repris. Nous, on a fait l'inverse. »
  • 20:15Invité politiqueFait
    « Macron, en fait, chez Macron et beaucoup d'autres, on dit non, on ne peut pas toucher aux plus gros. C'est inefficace parce qu'ils partent. »

Temps de parole

  • Invité politique70 %
  • Présentateur30 %

0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité politique

Je pense que Macron, il a fait un pari avec cette dissolution. Il pensait qu'il allait sortir vainqueur. Il a perdu contre toutes les attentes et toutes les prévisions. La gauche est sortie première. Maintenant, il faut que le président l'entende. Alors, comme il n'a pas trop de justification à dire, il dit qu'on laisse passer les JO. Il y a une petite euphorie, les gens parlent en vacances. Et là, il va essayer de magouiller quelque chose. Il pense que les gens vont oublier les législatives. Mais il ne faut pas que les gens oublient. Malgré les Jeux Olympiques et les vacances, il ne faut pas que les gens oublient.

0:27
Présentateur

Bonjour tout le monde, vous le savez, nous avons appris la semaine dernière avec consternation la décision de l'ARCOM au sujet du renouvellement des fréquences TNT. Notre candidature, portée par une alliance inédite de médias indépendants, mais aussi par les 4000 sociétaires de notre coopérative, a été rejetée malgré un dossier solide, original et financé. Le groupe Bolloré, lui, conserve 6 fréquences sur 15. Et bien entendu, CNews, la multicondamnée, reste. Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, lui, voit sa chaîne faire son entrée sur la TNT. Bref, tout change pour que rien ne change.

Aucune solution n'est apportée aux problèmes de concentration, de manque de pluralisme et de diversité des médias TV présents sur ces fréquences qui nous appartiennent à toutes et tous. Mais le média n'est pas seul. Nous faisons un recours tout en continuant à vous informer. Bien entendu, nous exigeons une répartition plus équitable et plus démocratique des fréquences TNT. Signez et partagez la grande pétition sur tnt.lemédiatv.fr. Déjà 30 000 signatures en un week-end. Merci beaucoup. Force à nous, force à vous qui nous regardez, qui nous partagez, qui nous aimez et qui nous financez. Pour notre part, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'Instant Porcher.

À l'heure où l'on est assommé par les discours de toute part, il est bon de se poser, faire le tri et décrypter. Bonjour Thomas.

1:44
Invité politique

Salut Lisa.

1:45
Présentateur

Avec toi aujourd'hui au programme, le NFP entre dans la bataille pour imposer sa première ministre. Quand Emmanuel Macron balaie la proposition d'un revers de main et prône la trêve olympique, c'est parti. Cela fait une semaine que le nouveau Front populaire a désigné Lucie Casté, haute fonctionnaire et cofondatrice du collectif Nos Services Publics, comme candidate pour Matignon. Le NFP est arrivé en tête, de peu certes, aux élections législatives, et demande donc à Emmanuel Macron le gouvernement. Fin de non-recevoir pour le chef de l'État qui s'exprimait sur France 2 mercredi soir. Le sujet n'est pas un nom donné par une formation politique.

La question est quelle majorité peut se dégager à l'Assemblée pour que le gouvernement de la France puisse passer des réformes. Fin de citation. Le président de la République a renvoyé la nomination d'un gouvernement à après les Jeux olympiques. Thomas va rentrer dans le détail après, mais qu'est-ce que tu penses de cette candidature, de choisir un profil technique, pas une personnalité forcément très connue ?

2:45
Invité politique

Je trouve ça bien déjà qu'on ait quelqu'un qui soit attaché à la question des services publics. Parce que pour moi, c'est la question la plus difficile aujourd'hui à traiter. Il y a eu un dénigrement du service public, mais vraiment un dénigrement. Il y a eu une stratégie pour affaiblir la bête et puis ensuite l'ouvrir à la concurrence et la privatiser. On a beaucoup dénigré les enseignants, on a beaucoup dénigré les personnels hospitaliers avant la crise du Covid. On dénigre constamment les fonctionnaires dans les collectivités locales.

Donc je veux dire, il y a vraiment le service public, c'est quelque chose qui ne fait pas aujourd'hui consensus dans la société, alors que c'est le plus important. Mais je veux dire, la critique est très facile. Alors que sur des questions parfois d'environnement, d'écologie, il y a les classes supérieures qui se sont rangées derrière ces questions-là et qui trouvent une importance. Ce n'est pas encore le cas sur les services publics.

Tout le monde est conscient dans les quartiers les plus populaires que c'est nécessaire, mais dans certains quartiers, ils ont tellement vu aujourd'hui la génération qui arrive à une trentaine d'années, tellement vu des services publics qui se dégradaient d'année en année, qu'il est très difficile de leur dire, ça va être le grand soir, vous allez avoir des services publics qui vont se réinstaller du jour au lendemain. Et donc certaines formations politiques vont parfois sur des sujets plus faciles pour attirer des populations, des quartiers populaires, de banlieues parisiennes ou d'ailleurs.

Alors, donc quelqu'un qui soit technique sur le service public, qui connaît ça très bien, c'est quand même une garantie d'avoir une politique qui soit en faveur des services publics. Et c'est une très bonne chose parce que, comme on le dit tout le temps, le service public, c'est le patrimoine du pauvre. C'est le patrimoine de ceux qui n'en ont pas. Et donc c'est important qu'on ait une technicienne sur ce sujet-là. Donc je suis plutôt content qu'on ait choisi un profil comme ça.

4:23
Présentateur

Emmanuel Macron a plutôt balayé la proposition dans l'idée de ne pas reconnaître la victoire du NFP trop serrée à son goût. Il veut trouver une nouvelle majorité. Qu'est-ce que tu en penses ?

4:34
Invité politique

Je pense que Macron, il a fait un pari avec cette dissolution. Il pensait qu'il allait sortir vainqueur. Il pensait qu'il allait mettre les Français face à leur choix et qu'il allait avoir un espèce de super barrage républicain allant du PS à la droite avec lui et qu'il allait être majoritaire. Et que donc il allait pouvoir dire, regardez les Français, vous ne voulez pas du RN, vous ne voulez pas non plus de la gauche extrême. Pour lui, c'est les écolos et la LFI. Vous voulez un centre qui soit plutôt majoritaire allant du PS à la droite et qu'on puisse faire des compromis pour passer des réformes. Parce que c'est ça, lui, il veut passer des réformes.

Bien sûr, il ne veut pas passer des réformes de gauche. C'est-à-dire, il ne veut pas taxer les plus riches, investir dans les services publics, lancer une transition écologique. Lui, il veut faire passer des réformes de droite, réduire les déficits, réformer l'assurance chômage, réformer encore les retraites. Donc il a perdu ce pari. Il a perdu contre toutes les attentes et toutes les prévisions. La gauche est sortie première. Oui, elle n'est pas majoritaire, mais elle est quand même première. Et donc, elle est en droit d'espérer d'avoir un gouvernement. Et c'est bien qu'elle fasse la demande. Ça a mis du temps. Mais bon, elle a finalement fait cette demande.

Maintenant, il faut que le président l'entende. Alors, comme il n'a pas trop de justification à dire, il dit qu'on laisse passer les JO. Il y a une petite euphorie. Les gens parlent en vacances. Ils partent en vacances. Puis après, c'est la rentrée. Et là, il va essayer de magouiller quelque chose. Il pense que les gens vont oublier les législatives. Mais il ne faut pas que les gens oublient. Malgré les Jeux Olympiques et les vacances, il ne faut pas que les gens oublient.

5:59
Présentateur

Parce qu'on a l'impression qu'il n'y a pas eu trop d'élections, que les gens n'ont pas voté. Et je le disais, Lucie Casté, c'est la cofondatrice du collectif Nos Services Publics. C'est ce collectif composé d'agents publics qu'on a déjà reçus ici, qui lutte depuis plusieurs années pour la défense des services publics. Ils étudient, ils documentent les investissements ou non et la dégradation du service public. Est-ce que c'est, tu en as un petit peu parlé, mais est-ce que c'est important de remettre cette question au centre des débats politiques et surtout au centre aussi à gauche ?

6:25
Invité politique

C'est très, très important. Parce que dans la tête des gens, grosso modo, la tête, je veux dire, ils ont tellement eu de propagande, on leur a tellement lavé le cerveau, que vous interrogez n'importe quelle personne, il vous dit, on paye plein d'impôts, où va l'argent ? Il faut auditionner les services publics. Il part de cette idée qu'ils payent beaucoup d'impôts, que l'argent disparaît, ils ne savent pas où. Et donc, l'histoire du service public, ce serait un meilleur management. Et qu'il faudrait faire un espèce de management du privé, mais dans le public. C'est le new management public. Il a déjà eu lieu. Il a déjà eu lieu. Il a fait perdre en efficacité.

Et il a fait perdre aussi beaucoup d'argent. La réalité, et nous l'avons dit beaucoup ici, mais il faut le redire, c'est pour ça que je vais le redire maintenant, c'est que la part de la dépense publique qui va au service public, c'est-à-dire au paiement des fonctionnaires et des consommations intermédiaires, les besoins des services publics, elle est stable depuis 78 à 18% du PIB.

Ce qui a augmenté dans la dépense publique, c'est toutes les prestations sociales, notamment le chômage, les retraites, etc., qui sont dues au vieillissement de la population, mais aussi aux crises majeures que nous avons eues, qui a fait que nous avons dû dépenser des prestations chômage après la crise de 2008, après la crise de 2020, et même, disons-le, pendant la crise de la zone euro, où il y avait trop peu de croissance pour créer suffisamment d'emplois. Mais la part qui va au service public, elle est stable, alors que les besoins ont augmenté. Les salaires dans l'éducation n'ont pas été revalorisés.

Une grosse partie des entreprises publiques ont été privatisées, à peu près 70, privatisées totalement ou en partie, c'est-à-dire données au secteur privé. Vous avez beaucoup de... Dans des villes, beaucoup de communes qui ont délégué un certain nombre de leurs services au privé et qui le payent plus cher que quand ils le faisaient de manière publique. Et surtout, ils perdent en compétence, ce qui fait qu'ils sont très dépendants du privé. On l'a vu avec la privatisation de la gestion des eaux. Et on voit que maintenant, aujourd'hui, des villes reviennent, elles rendent publique la gestion de l'eau. Donc, il y a eu vraiment une carte du service public. Et ça s'est fait dans l'indifférence.

Les gens l'ont subi. Mais ça s'est fait avec un discours visant à stigmatiser le service public. Donc, c'est bien que quelqu'un reprenne ce débat en main. C'est extrêmement important. Je veux dire, il faut vraiment avoir en tête ce qui s'est passé ces 30 dernières années. Les territoires les plus pauvres, qui sont aujourd'hui les plus pauvres, où à l'époque, il y avait des usines. Elles ont vu les usines fermer, se délocaliser, pour aller à l'étranger. C'est ce qui s'est passé dans beaucoup de départements, notamment le 93, mais aussi dans beaucoup de régions, notamment les régions du Nord, qui votent massivement aujourd'hui pour l'UFN. Et l'Est aussi. Et l'Est.

Elles sont parties à l'étranger, ces usines-là. On l'a dit, il y a 3-4 usines qui ferment par mois dans la différence générale encore aujourd'hui. Et en même temps, les services publics sont partis. Ils ont fermé. Les gens ont vu des maternités fermées, des hôpitaux fermés, des casernes de pompiers fermées. Les services publics ont fermé. Donc au moment où on aurait dû avoir un soutien public dû à une situation de perte d'activité privée, on a eu une perte aussi d'activité publique. Donc on a eu une double perte. Perte d'activité privée, perte d'activité publique.

Ce qui fait qu'aujourd'hui, les gens qui restent dans ces territoires-là, quand on les interroge, ils ont l'impression d'être attaqués sur les dernières choses qui leur restent, le barbecue, etc. Enfin, tout ce qu'ils vont faire un petit peu de leur identité. Alors que la vraie question, en réalité, c'est de remettre dans ces territoires-là, certes, de l'emploi, mais de remettre aussi des services publics. Voilà. De l'ascenseur social via l'éducation. Aujourd'hui, on a retiré des moyens énormes. Moi, je parlais toujours de la Courneuf qui avait des moyens en moins et qui devait fermer, qui devait passer les classes de 28 à 35 élèves ou qui devait fermer les cours du soir.

Donc, on cassait les ascenseurs socials. Et puis, on casse après tout ce qui fait qu'on peut désenclaver une partie des territoires, les transports en commun, etc. Donc, après, les gens, dans les derniers sondages, il ne leur reste que des questions d'identité, de manière de vivre où ils se sentent attaqués parce qu'il ne leur reste que ça. Vous leur remettez du service public, ça change tout. Donc, c'est très important, cette question-là, extrêmement importante.

10:18
Présentateur

Et puis, tout ceci, c'est fait dans une indifférence médiatique et politique quand même assez criante. Et surtout, ce que tu as dit tout à l'heure, ce qui est intéressant, c'est que tu as dit que les gens ont payé. La France a investi dans des services publics qui, ensuite, ont été donnés au privé. C'est des donations qui ont eu lieu. Est-ce que tu peux nous expliquer un peu ce...

10:35
Invité politique

Non, dans les entreprises, oui, il y a des grosses entreprises publiques qui ont été privatisées. Par exemple, GDF, au début, c'était 100% public. Ça s'occupait du gaz, de l'acheminement du gaz. Et puis, petit à petit, aujourd'hui, l'État n'a que 15%.

10:47
Présentateur

Alors, tout a été monté avec de l'argent public.

10:49
Invité politique

Il y a eu beaucoup d'entreprises publiques. Il y en a, je crois, une quarantaine qui ont été privatisées complètement. Par exemple, les autoroutes et une trentaine qui ont été privatisées en partie. Donc, 70 en une trentaine d'années. Donc, ça veut dire que là, il y a toute une croissance d'une entreprise qui s'est faite dans un monopole public, protégé par l'État, etc. Et puis, quand elle est assez importante, on la privatise. Mais après, quand on la privatise, elle sert ses intérêts. Elle ne sert pas l'intérêt public. Donc, elle peut pratiquer des prix plus élevés, etc. Donc, c'est très compliqué.

Et après, pourquoi, en fait, les élites politiques ne se sont pas trop intéressées au service public et que même une partie de la gauche a adhéré, finalement, à toutes ces théories du new management public, comme quoi le public n'était pas aussi efficace que le privé, etc. C'est parce que ces gens-là, pendant très longtemps, n'ont pas eu besoin du service public. Vous savez, quand vous êtes très riche, vous n'avez pas besoin du service public, en fait. Vous trouvez toujours un hôpital qui va pouvoir vous soigner, un hôpital privé.

Vous trouvez toujours des écoles privées pour vos enfants, des écoles de commerce privées, mais aussi des universités privées à l'étranger, ce qui fait que vous n'avez pas besoin du service public. Et même des gens qui, parfois, étaient issus de formations publiques ou semi-publiques telles Sciences Po ou Normale Sub, qui sont des écoles d'élite, sont des gens qui ne connaissent pas vraiment le public parce qu'ils ne connaissent que la sphère, un petit peu comme les hauts fonctionnaires, d'ailleurs, comme les énarques. Ils ne connaissent que la sphère élevée du public.

Ils ne connaissent pas la sphère du public de tout le monde, c'est-à-dire la fac publique dans des grands amphis où il y a un vrai manque de moyens, où on n'a pas suffisamment de moyens pour s'occuper des élèves, les accompagner. Eux, ils sont dans des filières sélectives. Et c'est ça, en fait, le problème de la bourgeoisie, c'est qu'elle a toujours tout fait, qu'elle soit de gauche ou de droite, elle a toujours tout fait pour s'écarter de ce qui est public, de ce qui est moyen, en fait. Donc, même aujourd'hui, quand ils vont à la fac, ils trouvent des bicursus, des filières sélectives pour ne pas aller dans les filières normales.

Et donc, finalement, ils se préoccupent, à la fin, très peu des filières normales. Et c'est les filières normales, c'est la population, c'est la classe moyenne, c'est celle que j'ai faite. Je veux dire, quand vous aviez parfois des politiques qui faisaient un voyage en métro, vous vous souvenez de Nathalie Kosciusko-Morizet ou d'Edouard Balladur ou même M. Copé qui avait fait un voyage en RERB, et ils trouvaient que c'était quelque chose de super révolutionnaire de prendre le RERB, là, ils prenaient un service public que des milliers de Français utilisent tous les jours. Donc, on voit bien qu'il y a une déconnexion totale.

Et pourtant, lui, il va vous dire, mais attends, moi, je viens du public, j'ai fait l'ENA, école d'administration publique. Mais ils sont complètement déconnectés. La réalité, c'est ça, c'est que dans les usages du quotidien des gens, aller à l'hôpital, prendre à l'hôpital public, prendre les transports publics tous les jours, aller dans des facs publics normales, pas sélectives, ça, ils ne connaissent pas. Et vous les mettez dedans, mais même des gens de gauche, vous les mettez dans un amphi à Tolbiac, je pense qu'il y en a beaucoup qui feraient une crise cardiaque parce qu'ils n'ont jamais eu ça de leur vie.

13:40
Présentateur

Sur les impôts, sur les cotisations que les gens donnent mais ne voient pas d'effet, etc., est-ce que c'est la fameuse phrase on privatise les bénéfices, on socialise les pertes ?

13:48
Invité politique

En fait, ceux qui ne voient pas les effets, ils ne les voient jamais jusqu'à ce que... Parce que quand ils sont au chômage, ils vont le voir. Là, ils vont le voir tout de suite. Quand ils vont avoir un problème de santé, ils vont le voir parce qu'ils utilisent leur carte vitale, etc., comme tout le monde. Donc les gens, ils font comme s'ils ne le voyaient pas mais ils le voient. Voilà, c'est la réalité. Chaque fois qu'on a baissé d'ailleurs les charges sociales, les gens n'ont pas été super heureux. Ils ont gagné quelques centaines d'euros mais ils ont vite vu qu'on leur retirait après via les réformes d'assurance chômage qu'on leur avait données d'une main.

Mais oui, il y a eu parfois ces dernières années une privatisation des gains et une socialisation des pertes. Nous l'avons vu à la crise de 2008 où il y a eu énormément d'argent public qui sont venus soutenir les entreprises et les banques. Et quand les banques ont retrouvé des marges de manœuvre, elles ont licencié, elles ont pratiqué parfois des prix élevés. En fait, grosso modo, quand ça va bien, il faut laisser les entreprises tranquilles. Il faut même baisser leurs impôts parce qu'il y a la concurrence mondiale. Et puis quand ça va mal, il faut que l'État intervienne. C'est vrai qu'on a vu ça ces dernières années.

Et la dette d'ailleurs, qui est quand même agitée comme l'épouvantail pour ne pas investir dans les services publics, elle a fortement augmenté en 2008 après la crise de 2008 et en 2020 après la crise du Covid. Elle n'a pas augmenté parce que nous avons mis trop d'argent dans la fonction publique. C'est faux de dire ça. D'ailleurs, entre 2002 et 2007, avant la crise de 2008, elle était quasiment stable autour de 65% du PIB. Il n'y avait pas de problème. Donc c'est faux de dire que la dette est due au fait que nous investissions trop d'argent dans les services publics ou que nous vivons au-dessus de nos moyens via nos prestations sociales.

Si la dette a augmenté, c'est le fait qu'à chaque crise, il y a eu en fait l'État qui est venu sauver le service privé avec de la dette.

15:34
Présentateur

Et après, on connaît donc le service privé qui connaît des énormes bénéfices sur le dos de la crise. On en a déjà parlé plein de fois, mais je pense que c'est bon quand même de le rappeler. De toute façon, c'est lié à ce que je vais dire parce que de son côté, Lucie Casté fait le tour des médias et commence même les meetings pour avancer ses pions. La technicienne de 37 ans a affirmé dans le journal La Tribune son intention d'aller chercher des recettes fiscales et sociales à hauteur de 150 milliards d'euros à l'horizon 2027. Alors, c'est en faire frissonner les pro-austérité. Lucie Casté n'a pas pour objectif de respecter le pacte de stabilité européen qui limite le déficit public à 3%.

Je la cite. Celui-ci a été mal renégocié. La France proposera une nouvelle discussion. Au lieu de réduire les dépenses, la candidate du NFP veut augmenter les recettes donc pour réduire le déficit. En plus, la France a été placée en procédure pour déficit public excessif par la Commission européenne après avoir affiché un déficit à 5,5% du PIB en 2023. Il n'en fallait pas plus pour entendre crier aux besoins absolus de faire des économies, de réduire les dépenses, etc. Lucie Casté, elle se dit prête au compromis sauf avec le Rassemblement national. Qu'est-ce que tu penses un peu de ces premières propositions qui vont dans le sens du programme du NFP

16:46
Invité politique

qu'on a déjà parlé ? Oui, elle a entièrement raison. Sur le fait qu'il faut aller chercher des ressources, elle a entièrement raison. Les gros scandales, le Qatargate, etc., les Panama Papers, tout ce qu'on a entendu ces dernières années, c'est des collectifs de journalistes qui vont se débusquer. C'est là qu'on se dit qu'il y a un problème. Ce n'est pas les États, c'est les collectifs de journalistes qui vont débusquer ça. donc il faut absolument mettre plus de gens à Bercy. D'ailleurs, on supprime beaucoup d'emplois à Bercy. C'est un des ministères où on en supprime le plus. Mais il faut mettre plus de gens à Bercy qui aillent chercher l'argent. C'est tout.

Mais qui aillent chercher l'argent, certes de tout le monde, mais surtout qui aillent chercher l'argent des gros. Donc il faut des spécialistes dans les montages financiers, etc. Et qu'on découvre et qu'on aille chercher plus d'argent. Parce que nous le savons tous, il y a une optimisation fiscale, la limite entre la légalité est toujours très fine. Et là, c'est aux agents de Bercy à établir quand il y a des abus. Ces prix de transfert qui sont pratiqués pour justement limiter les bénéfices là où il y a une forte imposition et les faire payer là où il n'y a pas d'imposition, ça doit cesser à un moment. Tout le monde les critique, mais personne ne s'y attaque vraiment.

Donc je pense qu'il y a des moyens. Si on met les moyens, il y a des possibilités de secouer un petit peu le cocotier et de demander, ne serait-ce qu'au 440, pourquoi il a plus de 1200 filiales dans les paradis fiscaux. Qu'est-ce qu'il y fait ? Il peut avoir une filiale parfois parce qu'il y a une activité. Mais s'il y a une filiale juste parce que c'est un compte en banque qui dort et c'est un jeu de transfert comptable, ça doit être dit, ça doit être dénoncé. C'est un abus d'optimisation fiscale. Donc c'est bien de se pencher là-dessus et de s'y pencher réellement, de s'attaquer aux puissants. On s'est trop attaqué aux pauvres, c'est la dernière année. Là, il faut s'attaquer aux puissants.

La deuxième chose, c'est, oui, le déficit, on peut le creuser. Et d'ailleurs, c'est en le creusant qu'il se remboursera parce que le déficit, c'est un pourcentage de PIB, a repris. Nous, on a fait l'inverse. On a mis beaucoup plus de temps à revenir à l'équilibre, enfin, revenir à un déficit plus supportable parce que le but de l'équilibre, je ne vois pas en quoi, ça, c'est une autre question. Mais oui, il faut faire de l'investissement dans les services publics ou dans la transition ou ailleurs. Il faut continuer à soutenir l'activité. Donc, les déficits, bien sûr qu'il faut aller à Bruxelles et dire que voilà, là, on est encore dans une période difficile. Il y a eu de l'inflation, etc.

Et que si certains pays ont un autre programme et notre programme, on peut le démontrer économiquement. Ce n'est pas le but d'avoir 25% de déficit et de dire que ça n'existe pas. C'est un but de provisoirement soutenir l'activité avec des déficits et expliquer que c'est comme ça que les déficits aussi se résoudront beaucoup plus rapidement. Ça a été le cas aux Etats-Unis. On a plein d'autres exemples et beaucoup de pays vont dans ce sens-là. La Chine, ils ont creusé leur déficit. Ils l'ont dit eux-mêmes. Ils ont rajouté plus de 100 milliards. Ils ont dit, voilà, nous, on veut financer des investissements. On fait ça. Et ils ont dit, selon leurs prévisions, que ça tiendrait.

Donc nous, on ne peut pas faire ça. La Chine le fait, les Etats-Unis le font. Mais nous, la zone euro ne veut pas le faire. Non, il faut le faire. Donc il faut à un moment discuter avec les autorités européennes pour leur dire que ce n'est pas possible, qu'il ne faut pas refaire ce qu'on a fait après 2010.

19:48
Présentateur

Surtout que là, ça ne parle pas trop de vouloir maintenir le déficit. Ça parle plutôt que de viser les dépenses. On vise les recettes. On en a parlé pas mal parce que c'est le programme façon du NFP. Lucie Casté reprend les plus grandes propositions. Tu as parlé d'optimisation fiscale, d'évasion fiscale, etc. Il y a aussi juste le partage de la richesse. Aujourd'hui, il n'y a pas de situation égalitaire entre les grands chefs d'entreprise, les grandes fortunes et le commande mortel français.

20:15
Invité politique

Exactement. Le problème, c'est que Macron, en fait, chez Macron et beaucoup d'autres, on dit non, on ne peut pas toucher aux plus gros. C'est inefficace parce qu'ils partent. C'est à peu près ça l'histoire. Par contre, là, on peut couper la dépense publique sur les plus pauvres parce qu'eux, ils ne peuvent pas partir. Et on ne part jamais du principe de ce que peuvent encaisser les gens. C'est vrai qu'ils ont encaissé beaucoup de choses, sans broncher. Moi, je suis toujours en stupéfait parce qu'il y a eu la crise 2008, la crise 2011, des dettes souveraines, il y a eu le Covid, l'inflation, il y a eu entre-temps le mouvement des gens.

Les gens encaissent, les gens encaissent, encaissent, encaissent et ils voient finalement un effondrement d'un certain nombre de choses sous leurs yeux. Et en haut, ils disent, ça va encore tenir, on va encore couper, on va encore couper parce qu'ils encaissent. Mais on ne peut pas couper aux plus grands alors qu'eux, ça leur ferait un moindre mal pour le coup. Ils resteraient toujours très très riches, ça leur ferait un moindre mal parce qu'ils vont partir. Donc, à partir du moment où on part de ce constat-là, on ne peut plus rien faire.

La seule réponse qu'on peut avoir, c'est de faire payer à la majorité des Français, les 90%, le reste, l'ajustement et puis à ceux qui s'enrichissent très rapidement, là, on ne peut rien faire. Maintenant, moi, je pense qu'on peut faire et puis, il va falloir un moment aussi que la France porte un peu un leadership là-dessus, sur ces questions-là, qu'elle n'attende pas que ça vienne des États-Unis ou qu'elle se couche devant les Allemands. Mais je pense que dans le fond, Macron ne veut pas porter... Il va parler comme ça facilement. Il va le dire pour se donner... C'est parce que les paroles, ça ne paye pas de mine. C'est tranquille. Donc, il va le dire comme ça.

Oui, on va taxer les plus riches. Mais quand il s'agit vraiment de le faire, au fond, il ne veut pas parce que, dès le début, c'est ce qu'il a voulu, baisser la fiscalité sur les plus riches et s'il pouvait la réduire à zéro, je pense qu'il le ferait sans problème.

21:52
Présentateur

Surtout qu'on ne rappellera jamais assez. Moi, je peux le rappeler à tous les épisodes, mais en proportion, les infimes plus riches paient moins d'impôts que les classes moyennes. Et la deuxième chose, c'est qu'un des plus gros postes de dépense du budget de l'État, c'est l'aide aux entreprises et c'est les grandes entreprises qui captent la majeure partie de ces aides en laissant les PME, TPE de côté, même si dans le discours, ils aiment bien défendre les petits chefs d'entreprise qui s'en sortent et qui font ce qu'ils peuvent. La dernière question, c'est comment on peut essayer de trouver des compromis sauf avec le Rassemblement national ?

Comment c'est possible avec un programme tel que le NFP de trouver des compromis ?

22:27
Invité politique

Moi, je pense que pour moi, l'urgence, les points sur lesquels il ne faut pas trouver un compromis, c'est bien sûr la question des financements des services publics, ce qui est relié directement à la taxation des grands profits parce qu'il faut des ressources. Ça, c'est la première des choses. Il n'y a pas de compromis là-dessus. Le SMIC, l'augmentation du SMIC, il n'y a pas de compromis là-dessus parce que s'il y a un compromis là-dessus, il n'y a plus de politique de gauche. Il n'y a pas de compromis. C'est point barre. On l'impose et les gens s'adapteront. C'est tout.

Il n'y aura pas de compromis et puis ça peut être d'ailleurs à terme plutôt positif comme on l'a dit parce que ça crée des débouchés pour les entreprises et pour les PME dont la majorité des débouchés sont en France. Après, sur le rythme de transition énergétique, c'est-à-dire de sortie de nucléaire, des choses comme ça, il peut y avoir des compromis. Je veux dire, sur des choses comme ça, pourquoi pas ? Il y a un cap qui est donné, voilà, mais après, sur la manière dont c'est fait, je ne dis pas qu'on doit relancer, il faut bien qu'on se comprenne, je parle, qu'on se comprenne bien sur le fait que normalement le programme du NFA est un programme plutôt pro-renouvelable.

Ce qui voudrait dire qu'il y a un programme qui est engagé de fermeture de réacteurs pour les remplacer par des énergies renouvelables. Bon, que ce soit fait sur 5, 10, 15, là, on parle d'énergie plutôt décarbonée, ça, c'est un sujet où on peut avoir des débats et des compromis. Elle-même a dit qu'elle n'avait pas une vision parfaite sur ce point-là.

23:48
Présentateur

Oui, il y a le Parti communiste dans le NFP.

23:50
Invité politique

Voilà, exactement. Donc ça, OK, on peut avoir des compromis. Mais sur la question sociale, je pense qu'aujourd'hui, après les années Macron et même une partie des années Hollande, et quand on rajoute après le reste, même s'ils ont été moins loin qu'Hollande, le reste, les Starkozy, on en parle beaucoup, les Chirac, mais ils n'ont pas osé aller aussi loin qu'Hollande et Macron. Le social, on a pris plein la tête. Donc aujourd'hui, c'est la question qui est prioritaire. Il ne faut pas qu'il y ait de compromis là-dessus. Après, sur le rythme de la transition, oui, il peut y avoir des compromis, mais pas sur le social.

24:21
Présentateur

Merci, Thomas. Et merci à vous, chez vous, d'avoir suivi cet épisode de l'Instant Porsche. J'attrape une dernière fois votre attention avant de se quitter. La situation politique est inédite, historique, deux directs par jour du terrain du reportage, mais aussi de l'enquête. Le Média, c'est 25 travailleurs et travailleuses qui produisent de l'information au quotidien. Là, on se met au rythme de l'été, mais on continue à vous informer, bien sûr, tous les jours. La semaine dernière, nous avons appris avec consternation la décision de l'ARCOM au sujet du renouvellement des fréquences TNT.

Malgré un dossier solide, original et financé, notre candidature, portée par une alliance inédite de médias indépendants, mais aussi par les 4000 sociétaires de notre coopérative, a été rejetée. Mais voilà, alors que nos médias étouffent sur la férule oppressive de milliardaires qu'ils utilisent comme instrument d'influence et de séduction des pouvoirs politiques, l'ARCOM a choisi le statu quo. Le groupe Bolloré conserve six fréquences sur 15, dont CNews.

Et l'ARCOM consacre l'entrée dans le paf du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky qui s'est enrichi dans le rachat de centrales à charbon hyper polluantes et en fin de cycle et qui depuis se construit un empire sur le modèle classique fondé de l'hyperconcentration médiatique Marianne, elle, Franc-Tireur, bref, il faut que tout change pour que rien ne change, aucune solution n'est apportée au problème de concentration, de manque de pluralisme et de diversité des médias télé sur ces fréquences qui nous appartiennent à tous et tous. Mais le média n'est pas seul.

Fort d'une puissante dynamique citoyenne, nous allons tout à la fois renforcer notre projet éditorial et conforter notre modèle mais aussi engager un recours. Nous exigeons une répartition plus équitable et plus démocratique des fréquences TNT et partagez notre grande pétition sur tnt.lemédiatv.fr Force à nous, force à vous qui nous regardez, qui nous partagez, qui nous aimez et qui nous financez. Spectateurs, abonnés, donatrices et sociaux, je vous dis à très vite.