Matignon: François Bayrou s'entretient avec les chefs des groupes parlementaires
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Premier secrétaire délégué du PS. Mais d'abord on va à Matignon retrouver Sophie Dupont puisque les consultations ont commencé ce matin avec d'abord Marine Le Pen et Jordan Bardella. Et c'est maintenant au tour de Gabriel Attal.
Oui, Gabriel Attal qui s'entretient avec le Premier ministre depuis une trentaine de minutes. Il a retrouvé son bureau qu'il avait quitté il y a trois mois. Mais avant lui, vous l'avez dit, le Rassemblement national a été reçu. Pourquoi lui en premier ? Parce que le Premier ministre, il consulte les forces politiques par ordre d'importance dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Marine Le Pen avait fait le choix de venir accompagner du président du RN, Jordan Bardella. Un entretien qui a duré plus longtemps que prévu alors qu'initialement il aurait dû durer une heure maximum. Il a duré 1h08 très précisément.
Marine Le Pen a rappelé à François Bayrou ses lignes rouges sur le pouvoir d'achat, sur l'immigration, sur la sécurité mais également sur la proportionnelle qui doit selon elle être une priorité après le budget. Marine Le Pen qui est apparue quand même plus conciliante à la sortie avec François Bayrou qu'avec Michel Barnier. Elle a souligné une méthode plus positive que tout ce qu'elle n'avait pour l'instant vue. Écoutez Marine Le Pen à la sortie de son rendez-vous avec François Bayrou.
J'ai été écouté. Il est peut-être un peu tôt pour dire si nous avons été entendus. Mais nous avons été écoutés, oui. Je suis trop expérimenté, j'allais presque vous dire trop vieille en politique pour être rassuré par une conversation. Moi je suis rassuré par des actes. Mais encore une fois, je pense que la méthode est plus positive que ce que j'ai pu voir jusqu'à présent. Maintenant j'espère qu'elle sera utile.
Marine Le Pen qui a dit qu'elle ne renonçait pas pour autant à la censure, qui a émis également des réserves sur certaines personnalités qui pourraient faire leur entrée au gouvernement. On pense par exemple à Xavier Bertrand, encore Gérald Darmanin. François Bayrou, je vous l'avais dit, il est en train de s'entretenir actuellement avec Gabriel Attal. Et puis il y aura à midi les socialistes et en fin de journée Laurent Wauquiez pour la droite. Des consultations qui doivent se poursuivre demain. Mais une méthode quand même qui change par rapport à celle du président de la République.
Alors que le chef de l'État avait reçu tout le monde à l'exclusion du RN et de l'FI tous ensemble la semaine dernière à l'Élysée. Et bien François Bayrou, il consulte les groupes un par un. Il a invité tout le monde et pour l'instant seule la France insoumise a décliné l'invitation.
Sophie Dupont avec Sébastien Rioux. Mais là c'est ça, c'est la méthode Bayrou. C'est ça qui pourrait faire la différence ?
François Bayrou, d'abord, il a un avantage par rapport à son prédécesseur et par rapport à d'autres. C'est qu'il est en politique... Il connaît tout le monde, ça c'est sûr. J'allais dire qu'il est en politique depuis toujours et de manière active. Parce que c'est vrai que Michel Barnier, il a une longue carrière politique. Mais François Bayrou n'a jamais quitté la scène nationale. Il s'est présenté à toutes les élections présidentielles auxquelles il a pu se présenter. Il a toujours été dans l'entourage des uns et des autres. Marine Le Pen, il avait parrainé à une présidentielle par exemple, considérant qu'il y avait un problème démocratique, qu'elle ne pouvait pas concourir au scrutin.
Il plaide depuis des années pour la proportionnelle. Donc ce que je veux dire, c'est que globalement, il est connu du personnel politique qui va aller le voir. Des Laurent Wauquiez le connaissent. Enfin, Marine Le Pen le connaît. Gabriel Attal le connaît pour d'autres raisons. Parce qu'en 7 ans, il y a eu un tas de réunions à l'Elysée où les deux hommes ont pu se retrouver autour de la table du président de la République. C'est frais d'ailleurs. C'est frais. Il l'a fait patienter pour l'anecdote et il a patienté dans la vestibule tout à l'heure. Ça a été très frais.
Mais souvenez-vous, il y a quelques mois, alors ça a l'air d'être une éternité, mais en janvier dernier, lorsque le gouvernement de Gabriel Attal avait été nommé, François Bayrou avait été un des plus durs à l'égard de ce gouvernement, considérant que c'était un gouvernement trop parisien, trop technocratique, hors sol, déconnecté, etc. et que la méthode annoncée pour l'éducation nationale n'était pas la bonne.
Donc, si vous voulez, François Bayrou a toujours un peu considéré que Gabriel Attal, au final, aurait dû rester, enfin, devrait être, c'est l'expression d'un de ses proches, devait être à la table des enfants, qui avait en quelque sorte les grands, qui discutaient autour d'Emmanuel Macron et les autres. Mais globalement, ils se connaissent. Donc, entre la distance entre un Gabriel Attal et un François Bayrou, je commence à penser qu'elle est plus courte qu'entre un Gabriel Attal et un Michel Barnier, où ça avait également très froidement commencé.
Donc, tout ça pour dire, la méthode Bayrou, au fond, c'est ce qu'on voit du président du MoDem depuis très longtemps, c'est-à-dire cette volonté de discuter avec tout le monde, trouver des consensus, même si c'est aussi quelqu'un d'assez inflexible sur ses valeurs. Donc, il ne faudra pas penser qu'il cèdera sur ses convictions en rencontrant les uns et les autres. C'est cool.
François Bayrou