APRÈS LA CONDAMNATION DE LE PEN, LE NOUVEAU SCANDALE QUI MENACE BARDELLA ET LE RN
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
L'actualité en France évidemment est toujours dominée par les démêlés judiciaires du RN et de Marine Le Pen condamné, je vous le rappelle, à 2 ans de prison ferme aménagé sous bracelet électronique et à 5 ans d'inéligibilité avec application immédiate. La déflagration de cette peine qui devrait être jugée en appel l'année prochaine a éclipsé un autre dossier tout aussi embarrassant pour le parti d'extrême droite, Jordan Bardella présenté à tort ou à raison comme le plan B du RN va devoir lui aussi répondre à des accusations de détournement de fonds publics et recellinsi que de faux et usages de faux ainsi que d'excroquerie. Cette association, c'est l'association anti anticorruption adéb qui a déposé plainte le 25 mars dernier contre le président du RN.
Quelle accuse d'avoir occupé un emploi fictif d'assistants parlementaires européens dans la même affaire qui a vu Marine Le Pen condamné. Maître Jérémy Afan Jacard, l'avocat de l'association Adélibe est notre invité. On décrypte avec lui euh cette nouvelle affaire qui pourrait contrarier les pr les plans présidentiels du Rassemblement national.
Bonsoir maître Jérémie Afanjacard. Bonsoir monsieur. Bonsoir à tous.
Alors je le disais avocat, vous êtes avocat au barreau de Paris et donc je le disais avocat de l'association anticorruption à Délib. Pouvez-vous tout d'abord nous dire plus précisément ce qui est reproché à Jordan Bardella dans dans cette affaire ? Euh ce qui est reproché à Jordan Bardella, c'est un faisceau de preuves qui ont été dévoilées par Tristan Bartelot de Libération.
Euh il y a euh un certain nombre d'éléments qui ont été apportés par Libération qui sont notamment euh des agendas qui ont été achetés en 2018 mais euh qui sont datés de 2015 ou encore des revues de presse qui ont été faites à postériori qui ont été signées de la main de Jordan Bardella. Et ces éléments montrent qu'il y a une volonté de dissimulation potentiellement d'autres délits qui ont été commis. H euh Jordan Bardella a donc visé pourquoi ce cas n'a pas été examiné dans le le procès des assistants parlementaires qui vient d'aboutir, on le sait à la condamnation de Marine de Pen ?
Il y a deux versions, une officielle, une officieuse. La version officielle, c'est que les montants qui ont été détournés, qui sont de l'ordre de 11000 €, euh auraient été trop faible pour constituer quelque chose d'assez important dans tout le dossier tentaculaire euh du Rassemblement national et du Front National. Euh, vous avez vu les sommes qui font l'objet aujourd'hui de des condamnations de Marine Le Pen et autres.
Ça c'est la version officielle. L'autre version qui à mon avis est très valable, c'est que précisément ces dissimulations qui auraient pu être entreprises, à savoir le carnet, les revis de presse et cetera, ont certainement euh conduit les autorités d'enquête et de poursuite. Peut-être de croire qu'un véritable travail a été avait été fourni par Jordan Bardella et donc de ne pas donner suite à l'enquête.
Alors qu'en réalité, Jordan Bardella n'a pas été accrédité. Donc il n'a jamais pu entreprendre un travail au sein du Parlement européen. Vous avez tenté vous ou l'association Adélib de confronter Jordan Bardella face à à ses faits depuis que vous en avez eu Notre travail n'est pas un travail ni de policier ni d'enquêteur.
Ma mission est d'alerter le parquet parce que vous voyez il y a le travail de la presse qui est fait. Donc Tristan Berteloot a fait un un travail remarquable. Euh mais ce n'est pas non plus ni du travail journaliste d'avertir le parquet, ni forcément du travail du parquet de revenir à chaque fois sur les revues de presse et de savoir exactement ce que les journalistes ont fait.
Donc il manque un maillon dans cette chaîne qui sont des associations anticorruption et puis des avocats dévoués qui rapportent les éléments dévoilés à la presse et les donnent au parquet. Donc le parquet mènera l'enquête comme il doit le faire. Hm.
Alors Jordan Bardella a en tout cas été questionné euh à ce sujet la semaine dernière euh pourtant en terrain conquis puisqu'il était invité de l'émission TPMP, l'émission de Cyril Anouna, euh qui n'a pas hésité évidemment à voler à son secours après la gêne engendrée par la question. Je vous propose de regarder la séquence. Pourquoi vous avez signé vos agendas ?
Qu'est-ce qu'il y a ? Si c'était pas pour les remettre à la justice, pourquoi vous avez pas Pourquoi vous avez signé vos agendas ? Qu'est-ce que vous racontez ?
On entend pas comprend pas ce que vous dites là. Je disais c'est pas une interview de Thomas. Non mais je pose la question pourquoi vous avez signé vos agendas si c'était pas pour les remettre à la justice juste dans l'affaire des emplois fictifs.
J'ai pas compris ça. Vous signez vos agendas à vous dans l'affaire des emplois fictifs oui au Parlement européen. Oui je suis pas concerné par la Si si il y a une pièce qui vous concerne et je ma question c'est pourquoi vous avez signé au Non non vous êtes pas vous n'êtes pas du tout accusé mais il y a une pièce qui vous concerne pour vous l'avez Thomas Genol juste c'est pas c'est pas l'interview de Thomas Guolé ici.
OK, je m'arrête et et je vous le dis et je le dis non sur l'affaire des emplois fictifs, Jordan Bard n'est pas du tout dire un non je dis que vous avez signé des agendas antidaté. Pourquoi vous les avez signé ? Personne c'est ça je comprends pas.
Il a des agend Non mais je dis il y a des agendas antidatés qui ont été produits à la justice avec vos signatures dessus. Pourquoi vous les avez signé si étaient antidaté ? demandera la justice.
Voilà, on voit Jordan Bardella l'air effaré euh qui semble ne pas comprendre ce de quoi on l'accuse. Vous anticipez déjà cette ligne de défense du président du RN de nier totalement ces accusations ? Je ne suis pas certain qu'il ne comprennent pas de quoi il s'agit.
Je vois surtout un homme qui est désespéré parce que précisément comme vous le disiez, il se croyait en terrain conquis et en réalité une question est posée et il s'attendait à ce que on lui déroule le tapis rouge et pas qu'on lui pose des questions embarrassantes. En réalité, la question lui avait déjà été posée par Benjamin Damel qui l'avait confronté, lui avait montré directement les éléments. Et ce qui m'avait à l'époque mis la puce à l'oreille, c'était l'utilisation d'un certain mot.
Au lieu de dire "Je n'ai pas assigné ces revues de presse ou je n'ai pas constitué ces agendas", il a utilisé un mot particulier, dit "Je ne les ai pas produits." Et personne n'utiliserait ce mot-là. produit son c'est un mot juridique pour parler d'une preuve qu'on a remis aux autorités de justice.
Et donc à partir de ce moment-là, vraiment c'est ce mot qui a éveillé mes soupçons. À partir du moment où il a dit le mot produit, j'ai compris qu'en réalité il voulait faire une distinction entre euh faux, création de faux et usage de faux en disant en substance peut-être que j'ai fait des faux mais en tout cas je ne les ai pas dépousé à la justice. Et par là il voulait dire de toute façon c'est prescrit pour moi.
C'est ce qu'il pensent en tout cas. Et donc de fil en aiguille finalement c'est à chaque fois ces stratégies de de dissimulation et de défense qui m'ont conduit on conduit à Delibe à aller plus loin. H vous appelez de vos vœux à ce qu'il y ait un procès, à ce qui est une procédure en justice dont à la suite de cette plainte dans un timing je sais pas défini en particulier.
Mon objectif est de faire en sorte que la prescription soit interrompue. Pas qu'il y a un procès, mais qu'il y a une enquête qui soit menée et que les faits soit révélé. Parce que vous savez dans les histoires judiciaires, on ne sait pas quand des actes d'enquête ont été entrepris.
On ne sait pas quand la prescription a pu recommencer à courir ou non. Et donc dans le doute, il vaut mieux le plus rapidement possible avertir le parquet pour que lui entreprenne les démarches. Donc qui a un procè ?
Je ne peux pas encore le dire, je ne suis pas au courant de l'ensemble du dossier, mais en tout cas je fais en sorte que le parquet puisse mettre en mouvement une enquête. Euh alors bien sûr, il y a la question, maître Jacard à Jacard, pardon, il y a la question de l'inéibilité qui est euh toujours en un peu en filigrane surtout après euh le cas de Marine Le Pen, euh même si on sait qu'elle bénéficiera d'un procès en appel avant la prochaine présidentielle. Vous espérez que dans ce cas Bardé là, il y ait également une peine éventuelle de d'inéibilité pour le président du RN ?
Il me semble que c'est complètement prématuré de s'aventurer sur ce terrain. Comme je le dis, je ne connais pas suffisamment de manière approfondi les éléments du dossier qui n'ont été divulgués que par voie de presse. Donc je j'en connais autant que vous si vous voulez en matière de presse.
La seule euh connaissance que j'ai supplémentaire c'est la possibilité pour moi de qualifier juridiquement les faits qui ont été rapportés à part votre presse et comme je vous l'ai dit de les rapporter au parquet. Donc parler aujourd'hui d'une Jordan Bardella pour la présidentielle me semble complètement prématuré. Mais les faits reprochés pourraient éventuellement entraîner cette qualification.
Absolum. Absolument. Donc ce sont des ce sont des faits qui sils étaient avérés pourraient entraîner des peines qui seraient lourdes.
On a vu ce qu'il en a été dans le procès de Marine Le Pen et de ses complices. En l'occurrence oui, si les faits était avéré, tout à fait. il serait susceptible d'être inéligible mais encore une fois on en est pas là.
Alors une condamnation ferait en tout cas tâche pour pour Jordan Bardella qui déclarait pas plus tard que l'année dernière qu'il faudrait un casier judiciaire vierge pour tout candidat du RN. C'était sur le plateau de BFM TV. En regard pour bien comprendre comment vous choisissez ceux qui travailleront à vos côtés si vous devenez premier ministre puisque vous nous avez confirmé que vous êtes toujours vous avez toujours envie de l'être.
Est-ce qu'il faudra un casier vierge désormais pour être candidat du Rassemblement national ? Mais c'est toujours la politique que nous avons suivi à la différence près que quand les fait en 30 ans et bien certains ne figurent pas sur le casier judiciaire et donc il y a des gens qui par du prix dissimulent un passé qui n'a pas été affiché sur le casier judiciaire en question. Donc ne pas avoir de condamnation à son casier judiciaire est pour moi une une une règle numéro 1 lorsqu'on souhaite être parlementaire de la République.
Maître Rafan Jacard, on a envie de lui dire chiche et de commencer par appliquer cette règle à Marine Le Pen en attendant son cas personnel. Non mais elle est dingue cette séquence honnêtement. Alors je la connaissais pas mais elle est complètement dingue parce que en plus il parle de dissimulation. reproche aux autres hommes politiques de dissimuler des délits.
Alors que là précisément faire des carnets qui sont antidaté et des revues de presse signées qui sont défauts, ça serait des techniques de dissimulation certes grossières mais ce sont des techniques de dissimulation qui rentrent exactement dans le cas qui dénonce. Ce double discours est assez incroyable. Alors, je sais pas si c'est de la bêtise un sentiment d'immunité complète ou une volonté de dissimulation en dénonçant auprès d'autres ce qu'on fait soi-même.
C'est complètement c'est complètement fou, je trouve, cette séquence. Que nous dit cette affaire et la précédente, celle qui vient de livrer son verdict, du rapport du Rassemblement national à la question de la transparence des des fonds, de la gestion des fonds publics, c'est davantage à mon avis un rapport de ces personnes à la chose publique à travers la presse parce que depuis un bon bout de temps, vous le savez, il y a quand même une presse cognivante qui déroule le tapis rouge. Donc on n pas besoin de nommer Anouna, on en parlera pas, mais il y a quand même une presse très connivante qui leur déroule le tapis rouge et donc ils ont finalement l'habitude de se retrouver en terrain conquis et de ne pas avoir à répondre aux questions.
Et je ne doute pas que ce ce rapport très étrange des de ces hommes politiques du Rassemblement national à la presse leur donne l'impression de ne plus avoir à rendre de compte et que finalement ce sont les autres hommes politiques qui ne bénéficient pas d'un tel marche-pied eux doivent rendre des comptes. Il y a à mon avis un sentiment de différence complète de niveau qui justifie ce genre d'attitude. Hm.
Alors, vous êtes donc l'avocat, je disais, de l'association Adéli, une association qui se présente comme de défense écologiste de la démocratie et des libertés. Pouvez-vous nous en dire plus cette association ? Alors, c'est une association assez ancienne puisqu'elle a été déposée en 2015.
Elle existe depuis 2015. C'est une association qui est petite, qui n'a pas d'agrément, contrairement à l'association anticorps que j'ai représenté et qui a pour l'instant uniquement l'ambition de faire remonter les faits. Donc pas avec une aussi grande ambition par exemple qu'anticorp enquête poussée.
Là pour l'instant on est dans l'ordre du rapport au parquet du signalement. On verra ensuite si on doit augmenter en gamme. Alors, je je vais un petit peu plus loin euh parce que ce sont des reproches qui vous seront faits.
L'association est présidée par la députée écologiste Léa Balch. Mariki. Euh est-ce que vous ne redoutez pas euh que les supporters du RN, les électeurs du RN voi dans cette plainte une action surtout politique vu qu'elle est portée cette association par une députée écologiste, une députée de gauche ?
En réalité, c'est vrai. C'est aussi une action politique parce qu'on est alors c'est uniquement la défense habituelle du Rassemblement national que qui consiste à dire nous sommes poursuivis pour des motifs politiques mais en réalité on est précisément à la frontière des deux. C'est-à-dire que quand on fausse les règles électorales, on est à la fois sur un terrain judiciaire et sur un terrain politique.
Et donc quand tous ces gens disent "Oui, alors vous allez nous affronter au tribunal parce que vous ne pouvez pas le faire sur la reine politique", rendez-vous compte. en réalité, il bénéficient de euh subvention de financement public de leur campagne électorale. Donc la campagne électorale est complètement faussée.
Dire euh nous faussons les règles politiques, nous faonçons les règles électorales et nous allons nous retrouver dans l'arène. C'est comme si vous veniez vous avec euh des kalashnikov devant un type qui n'est pas armé dans une arène et que vous lui tiriez dessus en disant "Bah regardez, on s'est battu." Ah oui, mais les armes doivent être égales.
Pour que les armes doivent être égales, il faut que les règles du financement politique soient respectées. Et si elles ne sont pas respectées, précisément, c'est le terrain judiciaire qui doit agir. Donc s'il faussent les règles, ils doivent en répondre.
Euh, ils vous diront également le timing de cette plainte interroge, pourquoi elle arrive maintenant à la suite de l'affaire Le Pen comme une envie de d'enfoncer d'enfoncer le clou. Je te dire que c'est là aussi assez génial parce que le timing en réalité, il est dû au fait que on a déposé le 25 la plainte juste après avoir obtenu une sorte de feu vert. Le 21 donc le 21 mars, Libération a été relaxée du des poursuites qui ont été intentées par Jordan Bardella de diffamation à leur rencontre.
Euh Libération avait dit euh avait titré euh emploi fantôme et je ne j'ignore vraiment pourquoi Jordan Bardella a poursuivi Libération sans avoir l'intention de se défendre réellement. Donc euh Jordan Bardella a été débouté de sa plainte ce qui fait qu'il n'y a pas de diffamation. Et donc ayant vu qu'il y avait un feu vert, on s'est dit bah dans ce cas-là, si il y a pas eu diffamation, l'emploi est fantôme.
S'il est fantôme, on va introduire la plainte et on va le rapporter au parquet. Il y a une logique derrière tout ça et donc le timing il est pas il est pas étranger à eux-mêmes. C'est tous ces gens qui conduisent à avoir ce timing là.
C'est-à-dire que Jordan Bardella a porté plainte en diffamation, il a perdu et Marine Le Pen a fait des voies de recours pour faire durer le procès le plus longtemps possible. 10 ans quand même, c'est elle qui a fait durer 10 ans le procès. Après, j'ai entendu dire, je ne l'ai pas vérifié, mais après 45 voies de recours.
Donc bon, bah le timing, il est dû à eux-mêmes. Hm. Alors, vous avez également euh représenté la une autre association anticorps euh devant le Conseil constitutionnel pour le maintien de l'exécution provisoire qui qui donc a permis euh euh à ce que cette décision euh de justice se fasse euh contre Marine Le Pen.
Euh vous saluez de vos vœux, vous vous saluez cette décision qui a été prise par le Conseil constitutionnel, l'aide dans le sens de des réclamations d'anticorps. Pour tout vous dire, j'étais euh presque terrorisé. J'étais en tout cas angoissé lorsque la question est remontée au Conseil constitutionnel.
Euh parce que euh si en ce moment où les contrepouvoirs sont menacés et vous voyez une décision de justice a été prononcée, il y a un déferlement de menace, de haine, de volonté d'en découdre de la part de certains de certaines personnes de d'extrême droite à l'égard des juges, on peut imaginer que si les juges sont dépossédés de ce type de moyen, c'est-à-dire mettre hors d'état de nuire les délinquants et les criminels. Il faut que un élu qui est un délinquant ou un criminel soit très rapidement mis hors d'état de nuire. Et donc cette cette réponse du Conseil constitutionnel qui consiste à dire oui, à partir du moment où un élu représente un danger pour la République doit immédiatement être mis hors d'état de nuire.
C'est absolument fondamental. Si ce n'avait pas été le cas, vous imaginez déjà 10 ans pour un procès en première instance, 20 ans pour se retrouver en cassation. Mais si euh l'élu pique dans la caisse ou fait plus grave, c'est-à-dire s'il a par exemple une intelligence avec l'ennemi en ce moment c'est ce qu'on peut redouter, c'est-à-dire à savoir une intelligence avec la Russie, c'est loin d'être improbable ou avec maintenant les États-Unis qui ont une tournure fasciste, qu'est-ce qu'il adviendrait de nos institutions si on éétait pas capable immédiatement de retirer le mandat d'une personne qui pose un projet un projet grave contre la République ?
Voilà. Donc je ne salue pas seulement cette décision du Conseil constitutionnel, j'estime qu'elle était absolument nécessaire au maintien de nos institutions. Et pourtant, vous entendez les voix notamment politiques, notamment à gauche qui critiquent le fait de révoquer le mandat d'un élu sous prétexte. qu'un élu euh euh positionné, placé euh où il est, où elle est par le peuple ne devrait pas être révoqué par la justice.
Vous entendez cette ces voix même à gauche, hein ? Elle m'inquiète parce que ce sont des postures en réalité qui sont des postures circonstantielles. Je doute que ce soit des affirmations qui soient motivées par des motifs d'intérêt général ou des grands principes.
En réalité ça traduit une certaine forme de fébrilité. peut-être la crainte dans la même situation que le Pen. Euh et euh ça incite certaines personnes, certains élus à euh prenez des principes qui sont complètement aberrents.
H c'est complètement aberrent. Oui, mais dans dans certaines situations, on peut imaginer euh des élus de gauche, d'autres élus de d'autres camps politiques qui seraient mis en cause pour des faits liés à leur leur conviction politique et qui pourraient donc être instrumentalisé. Est-ce qu'on ne va pas euh euh vers quelque chose de dangereux aussi dans l'instrumentalisation de cette mesure ?
Et dans ce cas-là, le problème c'est pas l'exécution prévisoire, c'est la loi qui est derrière tout ça. Je m'explique. Mettons qu'il y a une loi qui commence à restreindre la liberté de parole parce que c'est quelque chose aussi qu'on peut craindre. cette loi serait problématique en elle-même, mais c'est pas les conséquences qu'on attacherait à la peine, à savoir l'exécution provisoire qui conduira à la démission de fil qui serait le problème.
Donc, on peut pas mettre toutes les peines si vous voulez. On a un ensemble de peines qui sont quand même très graves. Je parlais de l'intelligence avec l'ennemi qui serait quelque chose de très inquiétant mais très valable dans les circonstances actuelles.
Mais toutes les affaires de corruption, on le voit beaucoup en ce moment, les affaires de corruption, les affaires de délit d'initié, de détournement de fonds public, de recell de détournement de fond public, escrequerie et cetera, ce sont des choses qui n'ont pas à voir avec la liberté d'expression. Et donc pour toutes ces ces faits délictueux, on aurait une sanction qui n'aurait pas d'effets sur les élus. Voyez, c'est une manière, je trouve que c'est une manière de noyer le poinçon.
Encore une fois, on essaie d'invoquer des grands principes qui seraient on a une exécution provisoire qui est dangereuse, ça restera notre liberté d'expression. Non, si on doit s'attaquer à des règles qui sont euh non valables, c'est pas sur la la procédure d'application des peines qu'on devrait euh regarder, euh mais c'est euh dans la direction des des sanctions en elles-mêmes pour des lois qui seraient liberticides. Mais regardons dans ce cas-là, au cas par cas, quelle loi serait problématique sans jeter tout avec le bain.
H alors toutes toutes ces affaires Bardella éventuellement, on verra où elle jusqu'où elle ira cette affaire. Barda, Le Pen, Sarkozi, Fillon. On a quand même l'impression que les politiques ne sont pas des justiciables comme les autres.
On le voit comment malgré la la foule de de d'affaires en justice qui le concerne, Nicolas Sarkozy passe entre guillemets entre les gouttes finalement et ne fait pas de prison ferme pour l'instant. Euh est-ce que est-ce que le le politique aujourd'hui n'est pas considéré comme injusticiable comme un autre ? Votre question est double parce qu'elle parle à la fois des sanctions qui sont imposées par les juges euh et de la procédure qui conduit.
En ce qui concerne la procédure effectivement euh les élus ont tendance à ne pas vouloir affronter la justice et donc Le Pen par exemple avait fait valoir initialement son immunité parlementaire. Très bien. Mais en ce qui concerne les peines, je ne suis pas en mesure de me substituer au juges pour décider quelle peine est la meilleure.
Euh effectivement euh on a une marge d'action qui peut être plus grande. On peut demander à ce que les peines soient potentiellement plus fortes. Mais en tout cas euh cette exécution provisoire, me semble-t-il, et absolument nécessaire, ça c'est une chose, également peut-être améliorer plutôt les moyens de la justice pour qu'elle soit plus rapide.
Euh donc dans l'affaire Sarkozy que vous avez évoqué euh il y avait il n'y avait pas euh un commandant qui était à pleinttemps donc il y avait un commandant de de police qui était chargé de l'enfer, il n'était pas à pleinttemps sur le dossier. Donc ça ça fait peut-être du bien également de se retirer la tête du dossier et d'en traiter d'autres. Mais ça montre euh l'absence de moyens consacrés à la lutte contre la fraude des élus qui une fraude de plus en plus raffinée et pour laquelle on doit avoir des personnels suffisants.
Donc si on doit regarder euh la meilleure le meilleur moyen euh d'améliorer les choses, c'est peut-être aussi d'offrir aux autorités d'enquête et de poursuite les moyens suffisants matériels pour arriver à Bon port plus rapidement. La question des moyens, c'est le problème principal de la justice. Aujourd'hui, on le voit que le le Rassemblement national essae de déplacer le curseur, le problème euh sur la justice. la justice qui serait tantôt trop sévère quand il s'agit du rassemblement national potentiellement politisé si on les écoute ou trop laxiste quand il s'agirait de de criminaliser de traiter les délinquants lambda est-ce que est-ce qu'il y a un problème général avec la justice en France le problème à mon avis le problème aigu comme je l'ai énoncé c'est les attaques qui sont formulées à l'encontre des contrepouvoirs donc pas seulement La justice, c'est l'ensemble des contrepouvoirs.
C'est-à-dire que on le voit, le Rassemblement national avait pour idée au législatif de supprimer l'audiovisuel public. Pourquoi ? parce que ce n'est pas des chaînes de l'évier puis ils font passer à chaque fois le message que les chaînes de télévision publique seraient des chaînes gauchiste, ce qui fait rigoler tout le monde quand même hein.
Ou alors que la justice serait composée de juges rouges. Alors on me les montrera quand même ces juges rouges. Je ne les jamais rencontré dans ma carrière mais ils doivent quelque part exister ou alors des juges qui voudraient devenir des gouverneurs.
On se demande bien comment à travers une seule affaire dont ils héritent qui leur en plus donné par le parquet ou un juge d'instruction. le juge, il peut pas se saisir lui-même d'un dossier. Les juges deviendraient des des gouverneurs.
C'est un truc complètement dingue. Donc c'est à mon avis, si on doit regarder hein, les inquiétudes qu'on doit avoir, c'est pas seulement celle que vous avez évoqué, mais à mon avis les atteintes qui sont portées à l'ensemble des contrepouvoirs. Et donc, je le redis, à l'encontre de la justice.
Il faut assurer à la justice son indépendance fonctionnelle et matérielle. assurer par exemple l'indépendance du parquet, ça serait une chose qui enfin ça fait ça s'impose. J'ai été à l'époque également avocat de l'association anticorps contre Jacques Chirac et déjà à l'époque la question du parquet se posait puisque Parquet demandait la relaxe pour Jacques Chira qui a finalement été condamné mais c'est çaen était caricatural et pour la presse le parquet l'indépendance du parquet a questionné aujourd'hui puisque c'est c'est l'argument du du Rassemblement national notamment bah ils ont raison de le dire en tout cas et eux de toute façon ils font feu de tout bois donc ils disent que le parquet n'est pas indépendant les juges ne sont pas indépendants.
Le problème c'est que leurs critiques sont complètement indissociées. Rien n'est bien à partir du moment où c'est contre eux. Mais quand c'est contre les autres, c'est toujours mieux.
Ça c'est le du double discours habituel. Il faut pas s'y attarder trop longtemps. Mais en revanche, oui, il y a un véritable problème d'indépendance ou d'absence d'indépendance du parquet.
Le parquet et en particulier, on le voit pour les affaires de corruption devrait être complètement indépendante de la chose politique d'exécutif surtout l'exécutif. Merci beaucoup maître Jérémie Afan Jacard donc avocat de l'association Adélib qui dépose plainte contre Jordane Bardella pour détournement de fonds public reel faux usage de faux et escroquerie. Merci à vous de d'avoir suivi cette nouvelle édition de Au cœur de l'actu sur votre Freebox sur Molotof ou sur notre chaîne YouTube le méia 247 et sur le médiiaatv.fr. faire.
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Jordan Bardella