Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France - 12/09
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Retrouvé pour BFM Politique, horaire un petit peu inhabituel aujourd'hui. Une demi-heure de retard, mais nous sommes tout de même là. Une heure de rendez-vous politique, comme chaque dimanche à la mi-journée, en compagnie de BFM Business avec Edwige Chevrillon. Bonjour Edwige. Bonjour Mathilde. De Marie-Anne, représentée aujourd'hui par Jules Pecknard. Bienvenue Jules. Bonjour Mathilde. Notre invité, et candidate libre à la primaire de la droite pour la présidentielle, et présidente de la région Île-de-France. Bonjour Valérie Pécresse. Bonjour. Bienvenue dans cette émission. Nous allons commencer avec une autre candidate à l'élection présidentielle. Elle s'appelle Marine Le Pen.
Elle quitte temporairement la tête de son parti pour se lancer exclusivement dans cette bataille de la présidentielle. Elle était aujourd'hui à Fréjus. On l'a suivie en direct sur BFM TV pour lancer sa campagne. Ça c'est son affiche. Je vous vois la regarder avec attention. C'est écrit en vert. Liberté, liberté chérie. Vous avez la référence, j'imagine, à la marseillaise. Nous allons écouter Marine Le Pen. Je vous pose une question juste après.
Nous avons, en entrant dans cette campagne, fait le choix de ce slogan. Liberté, liberté chérie. Plus qu'un slogan, c'est un véritable engagement. Français avec moi, vous aurez un État qui chérira et protégera vos libertés. Je serai la présidente des libertés françaises. Et croyez-moi, ça changera tout.
Elle sera la présidente, dit-elle, des libertés françaises. Elle est déjà candidate. Ce sera elle la candidate des libertés ?
L'utilisation du mot « liberté » par Marine Le Pen, c'est une totale imposture. C'est une totale imposture. C'est une femme qui soutient des régimes, des gouvernements, qui eux portent atteinte aux libertés. Souvenez-vous, elle a soutenu Victor Orban, qui a été exclu du Parti populaire européen, justement parce qu'il restreignait les libertés en Hongrie. Elle a soutenu Bachar el-Assad en Syrie. Et puis par ailleurs, sur le plan économique, on ne peut pas dire qu'elle est la candidate des libertés. Elle nous isole en nous coupant de l'Europe. Et elle nous étouffe avec ses propositions comme la retraite à 60 ans, par exemple, qui mettrait l'État en faillite.
Donc, elle ne peut pas se réclamer des libertés. C'est une imposture.
Alors, il y a une autre candidature, Valérie Pécresse, qui s'est confirmée ce week-end. C'est celle d'Anne Hidalgo, même si c'est une surprise pour personne. C'est une interlocutrice régulière, que vous la connaissez bien. Qu'est-ce qu'évoque pour vous cette candidature ?
C'est une candidature légitime. Anne Hidalgo représente la gauche. La gauche qui a un certain nombre de solutions pour la France. Mais pour moi, il va falloir dire à la fois au Parti Socialiste, à Emmanuel Macron et à Marine Le Pen, que l'ivresse de la dépense publique, c'est fini. L'ivresse de la dépense publique, ça ne peut nous mener que dans le mur. Et François Fillon, il y a 10 ans, avait parlé d'un État en faillite. Mais aujourd'hui, c'est un État en banqueroute auquel nous allons faire face. Donc, à un moment donné, il faudra dire la vérité aux Français. Il faudra venir présenter, et c'est ce que je veux faire, un programme courageux de réduction des dépenses, de débureaucratisation.
Un programme qui nous permet de dépenser mieux l'argent, de ne plus être champion du monde de la pression fiscale, et donc d'être beaucoup plus agile. Et ce sera ça, la véritable liberté.
Pardonnez-moi juste d'un mot de vie, parce que j'observe ce que vous venez de faire à l'instant, que d'autres font. En fait, c'est un peu le sport de ce début de campagne. Tous les candidats ou candidates renvoient les autres dans le même panier. Là, vous venez de dire, ils sont tous les champions de la dépense. D'autres disent à votre sujet, d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen, ils sont pareils. Mais c'est le sport spécial de cette campagne ? On renvoie tout le monde aux ados ?
Écoutez, quoi qu'il en coûte d'un côté, retraite à 60 ans de l'autre, et Mme Hidalgo qui dit, on va doubler le salaire des enseignants. Donc on va faire des dizaines de milliards d'euros de dépenses publiques supplémentaires en fonctionnement. Tout ça, ce n'est pas très sérieux. C'est vraiment de l'électoralisme.
Oui, en même temps, présenter l'addition aux Français, ce n'est pas forcément la meilleure façon pour se faire élire.
Peut-être pas, mais c'est l'honneur de la droite que les Français se disent, on peut leur confier nos économies, ils vont bien les gérer et ils ne nous conduiront pas dans le mur. L'honneur de la droite, c'est de dire, je vais redresser le pays, je vais le redresser, en rétablissant la valeur travail et en assumant de dire qu'il faudra travailler plus, en redressant l'État et en assumant de dire qu'il y a trop de fonctionnaires qui administrent et pas assez de fonctionnaires qui agissent. Oui, la France peut supporter la vérité. Je ne suis pas la première à le dire, François Fillon l'avait dit, Nicolas Sarkozy l'avait dit, chacun dans son style.
Valérie Pécresse, vous êtes présidente, déjà présidente de la région de l'Île-de-France. Est-ce que vous êtes un petit peu comme Anne Hidalgo qui s'est présentée à Rouen ? Il faut faire oublier le fait qu'elle est maire de Paris et vous, il faut que vous fassiez oublier que vous êtes présidente de la région de l'Île-de-France et donc vous avez une image très parisienne, très francilienne.
Alors vous le savez bien parce que vous êtes vous-même francilienne. L'Île-de-France, ce n'est pas Paris. L'Île-de-France, c'est 2 millions d'habitants dans le rural. C'est une grande région agricole. Mais les Français ne le savent pas. Et donc effectivement, le Covid m'a gardée dans ma région pendant près d'un an et demi parce que j'étais au front. Et aujourd'hui, il faut que je fasse connaître mon projet à tous les Français et qu'ils se rendent compte que j'ai travaillé, moi, à rendre leur dignité aux territoires ruraux.
J'ai travaillé depuis 6 ans aussi pour mon agriculture, pour que les jeunes agriculteurs se réinstallent, s'engagent, pour leur prouver qu'il y a un avenir dans l'agriculture et que sur tous ces sujets-là, je défendrais les intérêts de tous les Français.
Dernière petite question quand même importante. La dernière fois que vous êtes venue sur ce plateau au BFM Politique, vous avez posé la question en disant « Mais est-ce que les gens de droite sont prêts à voter pour une femme ? » Et vous m'avez bien répondu, pas vraiment directement, non, c'est les Français qui vont choisir. Mais le fait que là, il y ait Anne Hidalgo, Marine Le Pen, Valérie Pécresse, finalement, bon, ils vont peut-être s'habituer au fait qu'il y ait des femmes candidates.
– Et Sandrine Rousseau qui est candidate à la primaire écologiste.
– Et Sandrine Rousseau, absolument.
– D'abord, je suis très heureuse que les femmes puissent se présenter aujourd'hui sans avoir un procès en incompétence. Mais malgré tout, je le vois bien. C'est quand même encore très difficile d'incarner le leadership au féminin, alors même que, je le crois, nous sommes souvent plus dans le « faire » F-I-R-E et moins dans la parole. Et ce qui a tué la politique, me semble-t-il, ces dix dernières années, c'est les présidents de la République, notamment François Hollande et Emmanuel Macron, qui étaient dans l'incantation, dans le discours, et qui n'ont pas fait, qui n'ont pas agi, qui n'ont pas eu de résultat. Et moi, je fais de la politique par la preuve.
– J'ai oublié Delphine Bateau, évidemment, qui est aussi candidate à la primaire écologiste. – Je voudrais vous montrer une photo, Valérie Pécresse, la photo qui est appelée depuis quelques jours la photo de l'unité, où vous êtes, on va la mettre à l'antenne, en compagnie de ténors de votre ancien parti, puisque je rappelle pour nos téléspectateurs que vous n'avez plus votre carte au républicain, tout comme Xavier Bertrand qui est là, mais bon, il y a donc Xavier Bertrand, Éric Ciotti, Philippe Juvin, vous-même, candidats tous à cette primaire de la droite. Je voudrais savoir ce que vous avez eu en tête au moment de cette photo.
Rien n'est fait au hasard, surtout pas en politique et surtout pas dans ces moments-là. Vous avez eu quoi en tête, là, quand le photographe a appuyé sur le bouton ?
– J'ai toujours joué l'unité. Quand on veut rassembler les Français, quand on veut devenir président de la République, il faut pouvoir rassembler très, très largement. Au Régional, j'ai réussi à rassembler de Nicolas Dupont-Aignan jusqu'à Manuel Valls et même Jean-Paul Luchon qui a appelé à voter pour moi. Donc il faut savoir rassembler. Cette unité, elle passe évidemment par une très bonne relation avec les Républicains, mais elle passe aussi par un élargissement à tous ceux qui ont quitté les Républicains, à tous ceux qui ont été tentés par Marine Le Pen, qui ont été tentés par Emmanuel Macron, et aussi par un élargissement au centre.
Souvenez-vous de ce que disait Nicolas Sarkozy, quand même le dernier qui a réussi à gagner une présidentielle à droite. Il disait que quand la droite s'élargit, elle gagne. Quand elle se rétrécit, elle perd. Donc oui, il faut faire l'unité avec tous les Républicains, mais il faut aussi s'élargir et aller chercher ceux qui ne sont plus aux Républicains. Tous ces électeurs de la droite et du centre qui sont déçus parce qu'ils attendent de nous qu'on relève le défi et qu'on incarne une troisième voie face à Emmanuel Macron et Marine Le Pen.
Regardez mon lapsus face à cette photo, j'ai dit candidat à la primaire. Non, Xavier Bertrand, lui, n'est pas candidat à la primaire. Et il l'a répété cette semaine, le président de la région Hauts-de-France. Est-ce que vous avez la garantie qu'il y aura un candidat unique ? Que la personne qui va gagner votre primaire se retrouvera face à Xavier Bertrand ? Est-ce que c'est une garantie, ce que vous pouvez dire aux électeurs de droite ? Oui, nous nous mettrons d'accord quoi qu'il advienne.
C'est le bon sens. Nous, nous voulons gagner cette élection. Et pourquoi nous voulons la gagner ? C'est parce que je pense fondamentalement que la France a besoin de nos solutions. Elle a besoin de solutions, d'une remise en ordre. Et elle a besoin qu'on libère ses énergies et qu'on rende de la dignité au territoire et de la dignité aux Français, notamment aux Français qui travaillent. Donc on a besoin de nos solutions. Et d'ailleurs, c'est ce que les élections régionales ont montré. Puisque la plupart des grandes régions les plus peuplées ont réélu des présidents de droite ou du centre. Donc on a besoin de nos solutions.
Donc on doit prendre le pouvoir en 2022 pour pouvoir appliquer ces solutions. Et il ne faut pas donner le pouvoir, j'allais dire, à une droite Canada Dry. C'est Emmanuel Macron, les paroles de la droite, les actes de la gauche. Ou à une Marine Le Pen qui essaye de venir se recentrer alors que vous avez entendu son discours. C'est un discours où il n'y a aucune proposition concrète.
J'entends bien, mais je vous parlais de vous. Il n'y a pas de garantie là.
Mais bien sûr que s'il y a une garantie, c'est l'intelligence des personnes. Moi, pourquoi je plaide pour une primaire ? Je suis candidate à la présidentielle. Mais pourquoi je plaide pour une primaire ? C'est parce que si nous faisons une primaire, nous parlerons aux Français. Et les Français verront l'équipe de la droite et du centre. Ils verront tous nos visages. Ils verront toutes nos propositions. Et ils pourront déjà, déjà s'engager. Et cette primaire, elle nous donnera de l'élan. Moi, je ne crois pas à la désignation d'un candidat dans des arrières boutiques partisanes. Parce que je pense que, malgré tout, c'est toujours se rétrécir et ce n'est pas s'élargir.
Oui, mais on voit bien le problème. Parce que Xavier Bertrand a dit qu'il serait candidat quoi qu'il arrive. Et vous n'êtes pas en mesure de nous dire, si moi, Valérie Pécresse, je remporte la primaire, je serais, quoi qu'il arrive, la candidate. Là, pour l'instant, à droite, dans le cas de la primaire, vous êtes en tête des sondages, même si Michel Barnetan a rattrapé son retard. Si vous gagnez la primaire, est-ce que vous ne serez pas simplement la candidate qui sera missionnée pour aller sceller un accord avec Xavier Bertrand et puis, finalement, se désister en sa faveur s'il reste devant vous dans les sondages au mois de décembre-janvier ?
Mais il ne faut pas avoir peur de la primaire. La primaire, c'est débattre sur le fond de nos projets.
Vous comptez sur le fait que Xavier Bertrand s'y participe encore.
La primaire, c'est débattre sur le fond de nos projets pour la France. Les Français attendent ça. Ça fait six semaines que je suis candidate. Six semaines. J'ai parcouru des territoires entiers. Et à chaque fois que j'aille en Bretagne, que j'aille en Occitanie, que j'aille en Corse, je vois un intérêt. Un intérêt pour la politique. Nos compatriotes veulent qu'on refasse de la politique. Ils veulent pouvoir s'exprimer.
Mais Xavier Bertrand, avec tout ce qu'il a déclaré jusqu'à présent, il ne peut pas dire aujourd'hui, tiens, je vais participer à la primaire. Vous voyez bien la question de Jules. Elle est tout à fait justifiée.
Oui, mais après, c'est les Français qui tranchent. C'est les Français qui décident. Donc, il y aura deux candidats. Mais non, il ne peut pas y avoir deux candidats. Il n'y en aura pas. Je connais Xavier Bertrand. Il me connaît. Nous trouverons un terrain d'entente. Mais, pardon de le dire, là encore, moi, je joue l'unité. Et je joue surtout l'élargissement de la droite et du centre. Et c'est ça qu'il faut jouer. Ramenez à nous les Français qui, aujourd'hui encore, disent dans les sondages qu'ils votent Le Pen et Emmanuel Macron. Qui le disent parce qu'ils ne nous ont pas suffisamment entendus. Cette primaire, elle est l'occasion de se faire entendre.
Elle est l'occasion de les faire venir voter. Souvenez-vous qu'en 2017, il y avait eu 5 millions de personnes qui s'étaient déplacées. Alors, peut-être qu'il n'y en aura pas autant cette fois-ci. Mais est-ce qu'on peut passer à côté d'un tel exercice de remobilisation ? De remobilisation d'entre nous ?
Il y a une singularité tout de même, Valérie Pécresse. Les deux favoris, pour l'instant, à droite, au sein de la primaire, vous. Or, de cette primaire, Xavier Bertrand, les deux, vous n'êtes plus au LR. Or, sauf à ce que vous nous expliquez pourquoi maintenant, vous ne pourrez pas faire sans les LR.
Mais il n'a jamais été question de faire sans les LR. Moi, je veux rassembler la droite et le centre. Vous avez vu que je suis soutenue par Hervé Morin et par les centristes aussi. Donc, le sujet, aujourd'hui, est simple. C'est rassembler, élargir. Les LR sont un pilier de la droite. Moi, je suis une femme libre, mais je suis une femme de droite. Je l'ai toujours dit. Quand est-ce que vous allez reprendre votre carte ? Mais je suis une femme libre et ma liberté n'a pas de prix. Parce que, contrairement à Marine Le Pen, je pense que je l'incarne, cette liberté.
Et j'incarne aujourd'hui la libération de toutes les énergies. Vous pourriez être candidate LR sans être LR vous-même.
Et candidate des centristes sans être centriste moi-même. Est-ce qu'il n'y a pas un petit problème aussi ? Enfin, je ne sais pas si c'est un problème. Mais vous savez, moi, je pense que la gauche gagnerait aussi à avoir un candidat unique si elle veut battre Emmanuel Macron. Et elle ferait mieux de se rassembler et de créer une force de gauche plurielle si elle voulait vraiment gagner les élections et ne pas faire que de la participation symbolique.
Je crois qu'ils sont comme vous, ils y réfléchissent, mais ça a l'air compliqué également.
Eh bien, non, c'est moins compliqué, à mon avis, chez nous que chez eux.
Est-ce que, en fait, vos programmes, c'est un peu blanc-bonnet et bonnet-blanc ? Votre programme n'est pas très éreigné de celui de Xavier Bertrand, de Michel Barnier ou d'autres candidats. Est-ce que ce n'est pas un peu la difficulté ? On voit bien dans les sondages, vous êtes, il y en a un qui est un tout petit peu au-dessus, vous êtes un tout petit peu en dessous, Michel Barnier arrive. On n'arrive pas à faire la distinction de qu'est-ce que veut Xavier Bertrand, qu'est-ce que veut Valérie Pécresse, par exemple.
Il se trouve que je vis dans une région qui est la plus criminogène de France, la plus soumise au séparatisme, la plus soumise à l'islamisme et la plus soumise à la question d'une immigration incontrôlée et d'une intégration ratée. Donc sur ces problématiques-là, je revendique d'avoir des solutions qui sont peut-être parmi les plus fortes de ma famille politique. Et puis, sur l'écologie, il se trouve que, vous le savez, j'ai battu le patron d'Europe Écologie-Les Verts dans une région qui est la plus polluée de France et sans doute parce que l'écologie des résultats, c'est moi qui l'incarne. Et je pense que le président, le prochain président 2022, devra être sincèrement écologiste.
Et puis, il y a des sujets qu'à droite, on ne porte pas et que je veux porter. Donc, il a peur d'être contre les éoliennes. Attendez, c'est peut-être ma sensibilité féminine. Mais moi, je crois que l'éducation et la famille sont deux sujets sur lesquels on n'entend plus la droite, alors que notre éducation est aujourd'hui en immense difficulté. Et que si dans dix ans, on ne fait pas ce que j'appelle un sursaut national éducatif, une nation éducative, la France ne sera plus la France. Et quant à la famille, nous avons arrêté de défendre notre politique familiale qui faisait l'admiration de tous nos voisins. Et un pays dont la démographie décline, c'est un pays qui va décliner tout court.
Donc, moi, je demande qu'on relance la politique familiale à droite. Donc, sur tous ces sujets-là, je n'entends pas la droite. Donc, je suis légitime à venir présenter mon projet, qui est différent de celui des autres.
Je vous propose d'écouter Nicolas Bay, le porte-parole du Rassemblement national, sur cette question, justement, du fait que tous vos programmes se ressemblent un peu.
Quelle est la crédibilité de Valérie Pécresse ou de Xavier Bertrand pour incarner une alternative à Emmanuel Macron, alors qu'ils sont d'accord avec lui sur à peu près tous les sujets ? On a bien vu, d'ailleurs, et encore récemment, les élections régionales qui sont prêts à unir leur force, non seulement avec La République En Marche, mais même avec les socialistes et les communistes, dans certains cas, donc qui sont lourdement discrédités.
C'est difficile de dire plus d'imbécillité en deux minutes. Il se trouve que j'ai eu cinq ministres du gouvernement contre moi, cinq ministres du gouvernement Macron qui sont venus au régional pour me faire battre. Donc, expliquer que je suis proche d'Emmanuel Macron, c'est des bilvesés. Et par ailleurs, sur le régalien, je ne cesse de tirer des signaux d'alarme. Depuis cinq ans, j'ai demandé plusieurs fois au président de la République, y compris en tête à tête, de lancer un grand plan pour détruire les ghettos urbains.
Je lui ai expliqué que le séparatisme, c'était aussi et d'abord une question de stratégie de peuplement et qu'il fallait casser les ghettos, primo, qu'il fallait ensuite mettre en place une politique vis-à-vis de ces ghettos de mixité sociale réelle, avec un plafond de 30% de logements sociaux par quartier maximum, qu'il fallait rétablir l'autorité, qu'il fallait lutter contre la radicalisation. Je lui ai dit que je n'entendais pas les mots intégration, encore moins le mot assimilation dans ses discours et que l'intégration, c'était le pilier de la République. Donc, pardon de vous le dire, mais sur le régalien, je pense qu'il y a un fossé entre Emmanuel Macron et moi et ce depuis des années.
– Juste une question intéressante quand même, vous avez besoin des partis républicains, vous comme Xavier Bertrand, même si vous avez rendu votre carte, vous avez besoin de l'argent du parti républicain pour financer vos partis.
– Et comme au régional, les républicains ont besoin de nous, parce qu'ils n'ont pas aujourd'hui le candidat, le candidat qui rassemble les Français et nous, nous avons besoin des républicains comme des autres, non, des républicains comme des autres partis. C'est une question de rassemblement de la droite. – Ce qui s'est passé au régional, pardon, au régional, la moitié de ma liste était composée de républicains, l'autre moitié était composée de la société civile, de libres, de centristes et on a réussi à faire une très très belle équipe et à gagner.
Parce que là encore, je vous le dis, aujourd'hui, un seul parti ne peut pas remporter et un seul candidat ne peut pas remporter depuis la présidence.
– Justement, au sujet du fonctionnement et de l'avenir, Jules, une question à propos du Congrès.
– Le Congrès de LR est prévu le 25 septembre, donc le Congrès doit trancher la question de la primaire. Jean Léonetti, qui a été chargé de préparer un système de départage, va proposer une primaire semi-ouverte, donc pas seulement accessible aux militants, mais également aux sympathisants qui devront signer une sorte de charte de l'alternance. Mais si jamais les militants et les adhérents de LR votent pour une primaire fermée, accessible uniquement aux militants… – Mais si jamais, si jamais…
– Attendez, attendez, attendez, non, non, non, non. Il ne faut pas mélanger tout parce que les choses sont déjà tellement compliquées pour les auditeurs et les spectateurs. Non, il y a la possibilité d'une primaire ouverte avec préinscription pour éviter ce qui s'est passé en 2017 où certaines personnes de gauche étaient venues voter, notamment pour faire battre Nicolas Sarkozy.
C'était assez marginal.
C'était marginal, mais ça a beaucoup blessé les militants, mais ça a jeté le doute sur le processus de la primaire. Donc pour éviter ça, primaire ouverte avec préinscription, c'est à peu près le système qu'ont mis en place les écologistes. Et ça permet évidemment d'élargir et de dire à tous les Français, vous avez le droit de choisir, vous voulez l'alternance, vous avez le droit de choisir le candidat. Et l'autre option, c'est un congrès militant. Donc ça veut dire que ce seraient les militants LR qui trancheraient, mais sans primaire.
C'est-à-dire sans la possibilité, non, non, sans primaire, c'est-à-dire sans la possibilité de débattre, de débattre entre nous de nos différences, mais aussi de ce qui fait notre force, de nos propositions, des propositions les plus iconoclastes. Moi, j'ai des propositions iconoclastes, je demande qu'on augmente de 10% les salaires. Je vais faire des propositions extrêmement puissantes sur la justice et le régalien. Vous le savez, je suis une ancienne juge. Ces propositions, elles ont besoin d'être dites, elles ont besoin d'être exprimées, elles ont besoin d'être connues du grand public.
Si ça devient cette option-là, une primaire qui est réglée par le Congrès de façon très fermée, si jamais c'est cette option-là qui est votée désirée par les adhérents ?
Je vous le répète, si cette option, ce n'est pas de primaire, c'est juste les Républicains qui choisissent un candidat. Et là, vous restez candidate ? Mais oui, bien sûr, je reste candidate. Les Républicains ont la liberté de choisir leur mode de départage. Mais je leur ai dit, quand je suis allée les voir aux journées parlementaires, ne vous trompez pas de mode de départage. Parce que faire désigner par les militants un candidat, ou soutenir en réalité un candidat par les militants, c'est très bien. Mais ça ne donnera pas l'élan que donne une primaire ouverte.
Surtout qu'ils risquent de choisir un candidat 100% LR, c'est-à-dire Michel Barnier, quelqu'un qui est resté.
Non, ça je ne crois pas. Je pense que le candidat qui sera choisi sera le candidat qui aura le plus de chances de gagner, en tout cas aux yeux des militants. Mais ce n'est pas ça le sujet. Le sujet, ce n'est pas ça. Le sujet, c'est élargissons-nous. Si on veut gagner, il faut s'élargir. Et il faut aussi aller parler au centre. Parce que le centre aussi, c'est une composante importante. Moi, je n'ai pas envie de laisser tout le centre à Emmanuel Macron. Et je n'ai pas non plus envie de laisser certaines personnes qui sont, mettons, chez Nicolas Dupont-Aignan, ou qui ont été tentées par le vote Le Pen, se dire, ah ben finalement, ce n'est pas pour nous, ils ne veulent pas de nous.
Il faut aller chercher tout le monde autour de notre projet. Moi, je veux mettre le projet au cœur de cette campagne présidentielle.
Madame Pécresse, vous avez travaillé avec Nicolas Sarkozy, évidemment. Lui a gouverné avec le centre, notamment, pour reprendre vos propos. Information de FMTV cette semaine, Nicolas Sarkozy a déjeuné avec Emmanuel Macron. Bon, en soi, ça s'est déjà produit. Sauf qu'en ce moment, à droite, tout le monde cherche un peu l'approbation de cette figure tutélaire. Est-ce qu'il y a un risque, selon vous, que Nicolas Sarkozy choisisse de soutenir Emmanuel Macron ? Peut-être pire, qu'il ne dise rien pour la droite. Qu'il décide de ne soutenir personne. Est-ce que ce ne serait pas un drame pour votre famille ?
Moi, je n'ai aucun doute. Je sais que Nicolas Sarkozy sera aux côtés du candidat de sa famille politique.
Et vous pensez qu'il va le dire et qu'il va l'affirmer et que le soutien sera clair ?
Ah, moi, j'en suis persuadée.
Valérie Pécresse, nous marquons une pause très courte. Et on revient pour la suite de BFM Politique dans un instant. La suite de BFM Politique. Oui, c'est bien la suite à 13h, si vous nous rejoignez. L'émission décalée ce midi pour raison de diffusion de discours de Marine Le Pen en direct. Nous sommes avec Valérie Pécresse, qui est candidate, elle aussi, à l'élection présidentielle, via la primaire de la droite, président de la région Île-de-France. Éric Zemmour, Valérie Pécresse, rapproche chaque jour manifestement d'une candidature à cette élection présidentielle. Et un autre candidat à la primaire de la droite a un peu marqué les esprits ces derniers jours. C'est Éric Ciotti.
Il a expliqué qu'en cas de second tour à l'élection présidentielle entre Emmanuel Macron et Éric Zemmour, il voterait Éric Zemmour. Et vous ?
Enfin, ce scénario est totalement irréel. Il n'arrivera jamais. Ceux qui seront au deuxième tour, c'est nous. C'est la droite.
Le positionnement d'Éric Ciotti est très clair. Ma question l'est aussi, par ailleurs. Vous voterez pour qui, entre les deux ?
Mais il n'y aura pas ce scénario. Donc il faut arrêter, franchement, de se tirer des balles dans le pied. Aujourd'hui, on a un Éric Zemmour qui, pardon de le dire comme ça, a un discours dans lequel je sens plus la peur que la force de la République. Voilà. Un discours dans lequel on rabaisse les femmes.
Il est républicain ou pas ?
Un discours dans lequel on rabaisse les femmes. Un discours dans lequel on semble parfois même excuser des formes de harcèlement sexuel. Donc, je veux dire, comment est-ce qu'on peut espérer devenir président de la République avec un discours qui rabaisse les femmes ? Est-ce que c'est l'extrême droite, Éric Zemmour ? C'est pas possible.
Christian Jacob a dit qu'il n'était pas infréquentable, par exemple. Est-ce que vous estimez qu'Éric Zemmour est infréquentable ?
Moi, ce que j'estime, c'est qu'il ne partage pas mes valeurs. Mes valeurs, c'est quoi ? C'est qu'il y a une digue infranchissable entre la droite et l'extrême droite. C'est comme ça que je me suis construite. C'est pour ça que j'ai rejoint Jacques Chirac en 1998, après la dissolution ratée, parce que le FN, à l'époque, le Front National avait fait 15% et qu'il avait fait perdre la droite de gouvernement et qu'il avait fait venir Lionel Jospin au pouvoir. Parce que la vérité, c'est qu'il y a une alliance objective entre le Rassemblement National, aujourd'hui Emmanuel Macron. Ils se font chacun à la courte échelle pour éviter l'arrivée d'une vraie droite républicaine au pouvoir.
Pardon, mais Éric Ciotti, les candidats de cette vraie droite républicaine dont vous parlez... Oui, mais ce n'est pas ma droite. Et moi, jamais, jamais, je n'accepterais qu'on fasse une alliance avec le Front National.
Est-ce qu'il est républicain avec Zemmour pour vous ou pas ?
Mais ce n'est pas mon sujet. Aujourd'hui, c'est un polémiste. C'est un polémiste qui a des idées que je ne partage pas.
Qui fait 7-8% dans les sondages.
Rabaisser les femmes, avoir un discours misogyne, ce n'est pas possible pour moi. Et d'ailleurs, il y a un paradoxe, Zemmour. Il dit qu'il veut lutter contre l'islamisme. Est-ce qu'on peut lutter contre l'islamisme sans défendre l'égalité femmes-hommes ?
Pourtant, Éric Zemmour, vous expliquez que c'est un polémiste, mais il est quand même testé dans les enquêtes d'opinion. Il est testé à environ 7-8%, ce qui n'est pas énorme. Ça ne le qualifiera pas pour le second tour. On est bien d'accord. Mais ce n'est quand même pas rien pour quelqu'un qui n'a jamais fait de politique. Comment est-ce que vous expliquez qu'il fasse cette percée-là ? Comment expliquez-vous ce phénomène d'attraction ?
Je pense que c'est un boulet au pied de Marine Le Pen, très clairement. D'ailleurs, c'est à elle, aujourd'hui, qu'il destine le plus ses attaques. Et on voit bien qu'aujourd'hui, il vient parler de ses idées dans la campagne.
Ce n'est pas forcément chez elle qu'il prend le plus, Mme Pécresse, vous le savez. C'est chez elle. Il prend deux et quasiment à égalité. Il prend chez vous aussi.
Eh bien, écoutez, moi, ce que je crois, c'est que les électeurs de la droite, quand ils vont aller voter, c'est-à-dire quand ils vont choisir un candidat, ils vont choisir un candidat qui aura un programme pour la France et à qui ils pourront faire confiance. Quand on vote pour un candidat de la droite, c'est qu'on sait que la France sera bien gérée, que la France sera mise en ordre, que les solutions seront crédibles, que les personnes ont la compétence, qu'elles ont gérée des grandes collectivités, qu'elles ont de l'expérience. Et tout ça, on ne le trouve pas aujourd'hui chez quelqu'un qui, malgré son talent de polémiste, est un journaliste, n'a jamais géré quoi que ce soit dans sa vie.
Donc Éric Zemmour, pour vous, qui prend plus chez les électeurs de Fillon de 2017 que chez les électeurs de Marine Le Pen de 2017, pour vous, c'est un non-sujet. Ce n'est pas un sujet, il ne faut pas en parler, il ne faut pas lui donner l'argent.
Mais aujourd'hui, ce que je veux, c'est présenter mon projet. Je vous l'ai dit, un projet très fort de lutte contre l'immigration incontrôlée, un projet très fort de lutte contre la radicalisation, un projet très fort de destruction des ghettos. Mais quand on entend les dénonciations d'Éric Zemmour, on entend une description d'une situation. Mais c'est quoi ces propositions concrètes pour que ça cesse et pour que ça s'améliore ? Moi, j'ai fait dans ma région la première charte de la laïcité, pour empêcher qu'on donne de l'argent public à des associations qui faisaient du prosélytisme islamiste.
J'ai mis en place des lanceurs d'alètes dans les clubs sportifs pour justement lutter et prévenir la radicalisation. J'ai mis en place un bouclier de sécurité, des brigades de sécurité dans les lycées. Moi, j'agis. Et c'est dans l'action, aujourd'hui, que les Français trouveront la confiance dans la politique. Prenons le ministre de l'Intérieur.
Alors justement, pardonnez-moi, Mme Pécresse, nous y reviendrons dans quelques instants. Avant ça, je voudrais m'intéresser à ce qui s'est passé hier pour la neuvième semaine consécutive dans les rues de France. Mobilisation de certains contre le vaccin, contre le pass sanitaire. Le pass sanitaire qui pourrait être prorogé après le 15 novembre, qui est cette date, son ultimatum théorique. Est-ce qu'il faut le proroger ? C'est ma première question. Et est-ce que, deuxièmement, si vous êtes élue présidente de la République, la pandémie sera sans doute encore là au mois d'avril, à la fin du mois d'avril, est-ce que vous maintiendriez ce pass sanitaire ?
Tout dépendra de la situation sanitaire d'avril. Aujourd'hui, la décision, elle dépend évidemment de l'amélioration de la situation. Ce que je veux dire sur le pass sanitaire, le pass sanitaire, c'est une contrainte. Et c'est une contrainte qui libère. Parce que c'est une contrainte qui évite les reconfinements. Et la pire des contraintes, la pire des contraintes sur les libertés, c'est le reconfinement. Et c'est ça qu'il faut éviter.
Agnès Buzyn, l'ancienne ministre de la Santé, a été mise en examen vendredi par la Cour de la Justice de la République, mise en examen sur la vie d'autrui. Est-ce que vous comprenez cette mise en examen d'Agnès Buzyn ? Ou est-ce que vous êtes un peu comme, je ne sais pas, Bernard Henri Lévy qui lui dénonce, il dit, nous sommes dans un climat de populisme pénal ?
Ce que je crois, c'est que les hommes et les femmes politiques doivent rendre des comptes à la nation. Nous exerçons le pouvoir par délégation de la nation, nous devons rendre des comptes. Mais c'est vrai que je suis inquiète de cette hyper-judiciarisation. Et surtout, en pleine crise. Parce que là, la crise, elle n'est pas finie. Comment pouvoir juger Agnès Buzyn et son action sans avoir une vraie comparaison avec ce que les autres dirigeants des autres pays ont fait ?
Elle a été jugée et mise en examen parce qu'il y a des indices graves et concordants, c'est la définition de la mise en examen sur ses propos et sur ses actions.
Je ne suis pas certaine qu'aujourd'hui, on ait le recul suffisant pour pouvoir juger sur l'ensemble de la gestion de la crise, si le comportement d'Agnès Buzyn a été ou pas différent de ceux des autres pays.
Elle est injuste, cette mise en examen ?
Non, je n'ai pas dit ça. Je dis que l'hyper-judiciarisation risque d'avoir pour effet, je le dis, de paralyser l'action publique, notamment en temps de crise. Parce que quand on est en crise, on doit prendre des risques et on doit prendre aussi les décisions. Et que ces décisions, elles sont par définition risquées.
Donc si un homme politique ou une femme politique se dit, j'ai le risque pénal au-dessus de ma tête, donc il faut que, avant de prendre ma décision, je demande à trois commissions une expertise, une contre-expertise, on ne bougera pas, on ne bougera pas, mais en ne bougeant pas, on mettra peut-être beaucoup plus de vie en danger, on prendra peut-être beaucoup plus de risques avec la santé, qu'en prenant une décision qui est certes risquée, mais pour laquelle il faut qu'on ait, de la part des juges, un regard qui soit un regard à la fois lucide et en même temps qui évalue les informations réelles dont on disposait au moment où on a parlé.
Madame Pécresse, le procès d'attentat du 13 novembre a débuté.
Donc il faut trouver un équilibre, vraiment, c'est la question de l'équilibre qui est importante.
Le procès du 13 novembre a débuté, 13 novembre 2015, vous le savez, la menace terroriste persiste sur notre sol. Vous avez été très vivement critiqué par Gérald Darmanin, nous y voilà, après vos déclarations au JDD dans lesquelles vous aviez affirmé que 22 000 personnes étaient fichées sur vos déclarations pour radicalisation et inscrites au FSPRT, c'est le fichier de signalement pour la prévention de la radicalisation en caractère terroriste. Et parmi eux, dites-vous un quart d'étranger que vous souhaitez expulser. On écoute Gérald Darmanin et vous allez pouvoir répondre juste après.
Il n'y a pas 22 000 personnes fichées. C'est absurde, c'est faux et c'est dangereux de dire ça. Il y en a combien ? Il y a aujourd'hui 7 460 personnes françaises et non françaises inscrites sur un fichier de signalement. Sur ces 7 400 personnes, il y a des gens en France et il y a des gens qui sont à l'étranger. Nous avons fiché S, des gens qui sont à l'étranger. Donc il ne s'agit pas d'expulser des gens qui sont déjà à l'étranger. Et je veux dire à Mme Pécresse qu'avant de dire des choses qui manifestement n'aident pas sa campagne électorale, elle devrait se renseigner. Je suis tout à fait prêt à la recevoir.
J'invite Mme Pécresse à venir visiter le ministère de l'Intérieur puisqu'elle ne le connaît manifestement pas. Nous avons expulsé depuis 2017 600 fichés S étrangers. Et donc évidemment, nous sommes au rendez-vous de ce qu'elle demande. C'est dommage, si j'ose dire, en cette période particulière où vous n'ouvrez de l'Union Nationale, de dire autant de bêtises et d'être aussi amateurs sur des questions aussi importantes.
Il n'est pas tendre avec vous, votre ancien camarade, Gérald Darmanin ?
Les chiffres que j'ai cités, c'est les chiffres de Gérald Darmanin lui-même. Donc si bêtises il y a, c'est lui qui les a dites. Vous l'avez fait. Vous avez été faire le fact-checking. Oui. Combien y a-t-il de personnes inscrites au FSTRP ?
Il y a 22 000 personnes, mais elles ne sont pas toutes inscrites pour radicalisation islamique.
Si, si, bien sûr.
Non, non, il y a 14 000 personnes qui ne sont pas inscrites pour ces propos-là.
C'est inexact. Il y a 22 000 personnes qui sont fichées au FSTRP, c'est-à-dire au fichier de la prévention terroriste et de la radicalisation. 22 000. C'est les chiffres donnés par Gérald Darmanin lui-même. Et dans l'interview qu'il a donnée au Figaro, mais aussi dans une conférence de presse dont j'ai retrouvé la vidéo, eh bien il dit ce chiffre de 22 000 et il dit les trois quarts sont français. Donc si les trois quarts sont français, moi je renverse la proposition. Si les trois quarts de ces 22 000 sont français, ça veut dire qu'un quart sont étrangers. Et donc je dis ces étrangers doivent être expulsés.
Dans son interview, il dit certains de ces étrangers ne sont pas sur le territoire français. Eh bien s'ils ne sont pas sur le territoire français, ils n'ont donc pas besoin d'être expulsés. Mais qu'il nous garantisse que les 8 000 sur 22 000, donc le quart de ces personnes fichées, sont bien hors du territoire français. Ce n'est pas ce qu'il dit dans son interview. Juste pour clarifier les choses, Mme Pécresse. Quand il dit on a expulsé 600 personnes en trois ans, 200 par an, est-ce que c'est vraiment à la hauteur de ces 8 000 étrangers fichés au FSTRP ?
Juste pour que les choses soient claires, et ce n'est pas l'objet de cet échange à distance avec Gérald Darmanin, mais sur les 22 000...
Il ferait mieux de faire preuve d'un peu moins d'arrogance et d'un peu plus d'action. Voilà.
Les 22 000, parce que je tiens à être précis, et vous l'avez dit vous-même, nous avons fact-checké ça hier, les 22 000 ne sont pas là pour islamisme radical.
Pour risque, terrorisme et radicalisation.
Si vous voulez laisser terminer ma phrase, je vais pouvoir l'expliquer à nos téléspectateurs, il y a certaines personnes d'extrême gauche, d'autres d'extrême droite, d'autres propos qui menacent la sécurité française, la sécurité du pays, mais pas toutes pour islamisme radical. Voilà les 22 000 personnes qui sont fichées. C'est ça que je veux dire.
Ils sont fichées, pardon. Le fichier s'appelle terrorisme et radicalisation. Donc, je vais vous dire, si c'est des terroristes pour une autre cause que la radicalisation, il faut les expulser aussi, M. Boursier. Parce qu'il n'y a pas de raison qu'un terroriste reste en France quel que soit le motif de son terrorisme.
Sauf si les Français...
Même si c'est... Je parle des étrangers. Bien sûr.
Alors, les candidats de la droite, que ce soit à la primaire où vous avez Bertrand rivaliste de propositions en matière d'immigration, donc il y a Michel Barnier qui propose un moratoire sur l'immigration. Vous vous proposez de stopper l'immigration actuelle en instaurant des quotas. Alors, ça fait des années que la droite propose ça. François Fillon, en son temps, l'a proposé également. Mais on fait comment concrètement pour mettre ce type de mesures en place ?
On fait voter une loi par référendum, à l'été, avec toute une série de mesures qui permettent de changer complètement notre optique migratoire. Pourquoi ? Moi, je ne suis pas pour un moratoire parce que je pense qu'il faut stopper tout de suite. Moratoire, ça veut dire on arrête et puis ensuite on voit.
C'est le même principe si on ferme le robinet. Non, pas du tout.
Pas du tout. Ce n'est absolument pas le même principe. Moi, je change les règles dès juillet. Je n'attends pas trois ans pour les changer. J'ai pris auprès de moi Patrick Stéphanini qui est un des meilleurs connaisseurs des sujets d'immigration qui a écrit un livre sur ces sujets. Ancien directeur de campagne
de France-Foxillon en 2016.
Surtout ancien directeur du ministère de l'Immigration et du Développement solidaire sous Nicolas Sarkozy. Nous avons des propositions à la fois pour revoir totalement le droit d'asile. Vous savez que le droit d'asile est complètement dévoyé aujourd'hui. Avant la crise Covid, nous avions 135 000 demandeurs d'asile dont la majorité est déboutée. 95% des déboutés restent sur le sol français. Donc, ce qu'il faut faire, c'est que les demandes d'asile soient traitées à la frontière et qu'on reste dans des centres dédiés jusqu'à la décision. Et quand la décision est rendue, on rentre chez soi. Et vous allez me dire que c'est impossible. C'est ce qu'on fait à Roissy. À l'aéroport de Roissy.
Si vous arrivez en avion à l'aéroport de Roissy, c'est ça. Vous êtes placé en zone d'attente jusqu'à ce que votre demande d'asile ait été instruite. Et si vous êtes débouté, vous rentrez. Donc, ça change complètement le système. C'est un système où on ne laisse pas les demandeurs d'asile s'installer dans notre pays pendant des années. Et ensuite, au bout de plusieurs années, on leur dit vous êtes débouté et puis vous ne repartez jamais. Donc, vous voyez, demande d'asile mineur isolé sans papier. Aujourd'hui, ce régime qui avait été fait pour les enfants des rues, pour protéger les enfants des rues, est dévoyé par des réseaux mafieux qui font du trafic d'adolescents.
Et aujourd'hui, on laisse une loi unique qui a été votée par François Hollande qui dit que quand on fait un test osseux à ces présumés mineurs, s'ils refusent le test osseux, ils sont présumés mineurs. Ça veut dire, vous avez 30 ans, vous dites que vous êtes mineurs, je vous dis, vous avez l'air d'avoir 30 ans, je vais vous faire un test osseux. Vous me dites, non, je ne veux pas de test osseux. Vous êtes présumés à avoir 16 ans. Voilà la loi française. Donc, vous voyez, on change toutes ces lois. On met effectivement des quotas. Pourquoi des quotas ? Parce qu'on a aussi besoin de pouvoir choisir les personnes qu'on accueille.
C'est la fin du Beauvau de la Sécurité qui avait été lancé par le Président pour calmer la colère des fonctionnaires. Contre lui, justement, il doit être à Roubaix mardi prochain pour faire des annonces et des annonces concrètes, palpables, pour reprendre son expression. Qu'est-ce que vous en attendez ? À votre avis, qu'est-ce qu'il faut changer ? Qu'est-ce qu'il doit annoncer en urgence ?
D'abord, ce Beauvau de la Sécurité, c'est un enfumage électoral. Pourquoi ? Parce que Christophe Castaner a passé un an à négocier avec toutes les parties prenantes un livre blanc de la sécurité qui était en train d'être mis en œuvre. Donc, moi, je ne sais pas ce qu'il y aura de plus dans le Beauvau de la Sécurité que dans le livre blanc qui a été élaboré il y a un an. Si c'est pour donner la gratuité dans les transports aux policiers, dans ma région, la région paye déjà la gratuité dans les transports aux policiers et le ministère, lui, voulait supprimer cette gratuité. Donc, je suis très heureuse de voir qu'il a changé.
Bon, si c'est juste, j'allais dire, là encore, des promesses électorales, ça n'engage que ceux qui les écoutent. Le vrai sujet aujourd'hui sur la sécurité, c'est qu'il faut prendre un engagement sur 5 ans. Moi, mon engagement sur 5 ans, ce sera de faire passer le budget de la sécurité intérieure à 2% du PIB. Sécurité, police et justice. Parce que le vrai problème aujourd'hui, c'est les moyens, surtout de la justice. Et on le sait tous très bien. Nous avons beaucoup moins de juges que les Allemands, beaucoup moins de places de prison que tous nos voisins. Donc, on a une justice qui n'arrive pas à juger vite et dont les peines ne sont pas exécutées.
Et par ailleurs, ce que je propose et qui changerait complètement l'avis des policiers, c'est qu'on change avec la doctrine que nous avons depuis des années. Il faut que les courtes peines de prison soient exécutées. C'est une question de respect des juges. Aujourd'hui, vous le savez, si vous êtes condamné à moins d'un an de prison ferme, moins d'un an de prison ferme, c'est-à-dire 11 mois de prison ferme, vous imaginez ce qu'il faut avoir fait, commis comme acte pour être condamné à 11 mois de prison ferme. Eh bien, si vous êtes condamné à moins d'un an de prison ferme, votre peine est automatiquement aménagée. Ça veut dire que vous n'irez pas en prison.
Est-ce que vous vous rendez compte du signal d'impunité que cela donne ? Et même vis-à-vis des juges, les juges y jugent, les juges y condamnent et leurs peines ne sont pas exécutées. Et qu'est-ce qui se passe ? Eh bien, les caïds, ils rentrent chez eux avec un bracelet électronique dans leur cité. Vous vous rendez compte de cette provocation ? Alors, vous allez me dire, évidemment, il n'y a pas assez de place de prison. Évidemment, il n'y a pas assez de place de prison. Il en faut 20 000, on le sait. Tout le monde les promet depuis 10 ans maintenant. Alors, qu'est-ce que je propose ?
Je propose de faire avec les moyens électroniques, de créer des centres fermés, des centres correctionnels fermés, dans lesquels on placerait les délinquants avec un bracelet électronique, mais qui seraient des prisons, des prisons qu'on pourrait très rapidement ouvrir dans des anciennes casernes, dans des bâtiments publics désaffectés. Ce ne sont pas des prisons avec des miradors, ce ne sont pas des prisons de haute sécurité. Et ce serait pour les primo-condamnés, les détenus qui ne sont pas violents, mais qu'on doit éloigner de leur quartier qu'on doit mettre hors d'état de nuire.
Il va falloir créer des postes pour les surveiller.
Mais bien sûr, c'est pour ça.
Vous êtes favorable à des créations de postes dans la justice et dans la police ?
Je suis favorable à une réforme totale, totale de l'État. Combien de postes il faut les créer ? Totale de l'État. Déjà 5 000 places dans ces centres fermés dès la première année. C'est ça qu'il faut qu'on fasse pour vous donner un immense signal contre l'impunité. Et je reviens sur la question des créations de postes. Qu'est-ce que j'ai fait en tant que présidente de région ? J'ai complètement revu mon administration. J'ai supprimé 15 structures administrantes. Il faut faire la même chose au niveau de l'État. Il faut supprimer la bureaucratie, l'administration, les doublons. Et toute cette administration administrante, il faut redéployer l'argent sur des postes de terrain.
Parce qu'à l'hôpital, par exemple, on a 30% de coûts d'administration supplémentaires. Et donc, on soigne moins. Et c'est pareil dans la police. Regardez le nombre de policiers qui sont en train de faire des procédures alors qu'on les aimerait dans la rue. Demandez-leur. On a refusé de faire des comptes rendus audio. On est encore obligés de taper tout à la machine. Il y a un moment, il faut qu'on aide tout le monde. Il faut qu'on digitalise. Il faut qu'on améliore complètement le fonctionnement de l'administration. Et cette réforme de l'État, elle est très importante. Que pensez-vous de cette décision ?
Ce n'était pas une promesse d'Emmanuel Macron. Ce n'est pas ce que dit Emmanuel Macron. Simplifié, moins d'État, procédure plus simple, plus de digital.
Mais il a fait le contraire, M. Boursier. On est les champions du monde ou quasi des impôts payés. Est-ce qu'on peut dire aujourd'hui que nos services publics sont champions du monde ? Les Français, ils sont prêts à payer beaucoup d'impôts. Ils l'ont toujours été. Ils sont résignés. Mais au moins avant, quand ils payaient beaucoup d'impôts, ils pouvaient se dire on a la meilleure école, on a le meilleur hôpital, on a les meilleurs trains, on a les meilleurs policiers,
la meilleure justice. Mme Pécresse, est-ce qu'on creux, vous dites aux gens moi si je suis élu, je baisse les impôts ?
En creux, je dis je vais faire un meilleur usage de votre argent. Je vais vous en donner pour votre argent. Mais oui ou non, une baisse d'impôts ? Oui, oui, à certaines baisses d'impôts. J'y reviendrai dans mon projet. Vous savez que je veux notamment augmenter de 10% les salaires nets. Je veux augmenter de 10% les salaires nets parce que ça n'est plus possible d'avoir aujourd'hui des Français qui gagnent beaucoup plus avec des revenus d'assistance et de l'économie souterraine que des Français qui travaillent. Ça n'est pas digne. Mais vous augmentez
le SMIC de 1 400 euros comme le dit Jean-Luc Mélenchon ? Non,
je le fais différemment. Je le fais différemment. Le SMIC net, il est à 1 230 euros. Le SMIC chargé, il est à 1 630 euros. Aujourd'hui, il y a des cotisations retraites de à peu près 8,5% du SMIC net qui sont en charge salariale. Ces charges, petit à petit, dans le cadre d'une négociation avec les entreprises, je souhaite que petit à petit, on les retire et qu'elles soient prises par l'État et qu'elles soient financées par l'État. Fiscalisées. Comme on a fait les allégements Fillon. Et de cette façon, on augmente le SMIC mais sans que ça coûte plus cher aux entreprises. Donc il y aura des baisses d'impôts
mais on attend le détail dans votre programme. Oui.
Il y aura surtout des baisses. Ma priorité, c'est la baisse de ces cotisations salariales. On a fait le choix du chômage en mettant des cotisations sur le travail alors que dans la plupart des autres pays, la sécurité sociale est financée par d'autres impôts.
Madame Pécresse, un sujet que vous connaissez par cœur en tant que présidente de l'Île-de-France, la mobilité. La circulation dans le centre-ville de Paris est désormais plafonnée à 30 km par heure. C'est le cas dans certaines parties de certaines autres grandes villes de France. Ça parle à beaucoup de nos téléspectateurs. Quelle doit être à l'avenir la place de la voiture dans les villes de notre pays ? Quel est votre point de vue ?
La voiture restera pendant encore des années un réducteur puissant d'inégalités. Et ça, il faut que la gauche l'entende. Un réducteur puissant d'inégalités parce que ceux qui roulent en voiture sont ceux qui habitent le plus loin et ceux qui travaillent le plus loin. Et donc, à partir de ce moment-là, priver les voitures d'accès à Paris, c'est aussi s'attaquer aux personnes les plus pauvres, à ceux qui travaillent, aux artisans, aux commerçants. Donc, ce qu'il faut... Moi, je comprends la volonté des grandes villes de piétonniser l'hypercentre. C'est logique, c'est leur projet de ville et ils sont élus, ils ont été élus au suffrage universel pour le faire.
Donc, ils sont légitimes pour le faire. Mais attendez, attendez, attendez, on peut piétonniser l'hypercentre, mais on ne peut pas en même temps enlever une voie sur le périphérique. Ça n'est pas possible parce que tous ceux qui se déplacent ont besoin de cette infrastructure pour se rendre au travail et il faut laisser une voie sur le périphérique et il faut mettre des parkings relais pour pouvoir compenser le fait qu'on ne pourra plus circuler dans Paris. Donc, moi, ce que je dis, c'est que Paris ne peut pas avoir une vision égocentrée, égoïste.
Paris doit penser à tous ceux qui font la richesse de Paris, à tous ceux qui viennent travailler dans Paris, aux aides-soignantes, aux coiffeurs, aux commerçants, à tous ceux qui ont besoin de prendre leur voiture, aux livreurs. Je ferai une grande consultation des Franciliens à l'automne sur cette question du périphérique qui est une infrastructure qui, techniquement, juridiquement, appartient à la ville de Paris mais qui n'appartient pas à la mairie de Paris au sens politique du terme.
Alors, vous savez ce que je vous propose de faire maintenant puisque nous avons cette chance de pouvoir être clair et pour nos téléspectateurs, l'idée c'est de clarifier l'ensemble de nos débats. Hier soir, je recevais Laurent Nunez qui est le coordonnateur de la lutte contre le terrorisme. Il a donc clarifié parfaitement les choses sur 22 000, 7 500, combien de personnes, à quel endroit, qui est surveillé, qui est fiché. Le plus simple, c'est d'écouter le meilleur spécialiste du pays sur le sujet, c'est Laurent Nunez. Comme ça, ce sera clair pour tout le monde.
Ce fichier, il a enregistré 22 000 personnes qui ont été à un moment ou à un autre des individus suivis pour radicalisation violente. Ça ne veut pas dire qu'ils le sont encore. Il y a des individus qui font l'objet de suivi puis s'avèrent qu'au final, ils ne présentent pas de danger. Ce ne sont pas des individus à l'action. Par contre, au sein de ces 22 000, actuellement, il y en a un petit peu moins de 7 500 qui font l'objet d'un suivi un peu plus actif parce que l'on peut penser qu'ils sont susceptibles de s'inscrire dans un processus de radicalisation violente. Voilà, comme ça, au moins, les choses sont claires.
Non, elles ne sont pas claires du tout parce que ça veut dire en réalité que la police n'a pas les moyens de suivre les 22 000 et qu'on n'en suit donc que 7 500. Mais regardez, dans les attentats qui ont été commis, est-ce que certains attentats n'ont pas été commis par des personnes qui étaient fichées et qui n'avaient pas de fiches actives parce que, justement, les policiers n'avaient pas les moyens de les suivre ?
Ça fait partie des enjeux du procès qui est en cours, d'ailleurs.
Ça fait partie des enjeux du procès qui est en cours et ça fait partie aussi des enjeux de remobiliser des moyens supplémentaires pour la police et pour le renseignement.
Je voudrais terminer cette émission, s'il vous plaît, avec un sourire et je ne sais pas s'il y a une larme dans ce sourire. D'ailleurs, je ne sais pas si cette expression existe, mais vous m'aurez compris. Jean-Paul Belmondo nous a quitté cette semaine. C'est un moment d'émotion immense et pour tout le monde. Rares sont les personnes qui font autant l'unanimité que lui. Est-ce que vous avez un film préféré de Bebel ? Est-ce que vous avez, comme beaucoup d'entre nous, peut-être regardé à nouveau un de ses films ?
Écoutez, moi, j'en ai deux, mais c'est deux Bebel. Parce qu'il y avait un Bebel qui faisait des films, j'allais dire... Nouvelle vague. Des films de la... Oui, mais des films très puissants, très profonds. Je pense à Un singe en hiver par exemple, qui est un film qui, pour moi, dit beaucoup de choses sur un père alcoolique qui veut se réconcilier avec sa fille. Avec Gabin, c'est un film qui m'a profondément ému.
Adaptation roman sublime.
Et en même temps, il y avait le Bebel populaire qui était quand même incroyable. Et ça, c'est le Bebel du professionnel ou du magnifique. Et il était quand même tellement séduisant. Donc, ces deux Bebel, il était caméléon pour moi. C'est un peu comme Depardieu. Il arrivait à jouer à la fois sur la profondeur et l'émotion et en même temps sur le charme.
Merci beaucoup. Merci Valérie Pécresse d'avoir accepté notre invitation aujourd'hui. Merci Jules, Edwige. On se retrouve très vite pour BFM Politique. Voici affaire suivante. Dominique Rézé, Philippe Godin. Je vous retrouve à 18h pour BFM TV.
Valérie Pécresse