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interviewPublic Sénat· 22 février 2022 21 min

Présidence française de l'UE : Bruno Le Maire promet un calendrier ambitieux

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

nous sortons de cette crise nous avons aujourd'hui une croissance qui est forte en particulier en France la question que nous voulons nous poser avec le président de la République c'est quelle croissance voulons-nous pour l'Europe dans les décennies à venir voilà la question qui me paraît la plus stratégique et qui sera au cœur des débats de l'éco-fines qui se tiendra vendredi et samedi de cette semaine à Paris nous voulons une croissance forte et nous voulons une croissance décarbonée nous nous résignons pas à avoir niveau de croissance qui soit structurellement inférieur d'un point à celui des États-Unis et je pense vraiment que l'enjeu de la pré-crise il est là est-ce qu'on revient au business à youjoules où est-ce qu'on essaie de tirer les leçons de cette crise et des crises passées pour avoir plus de croissance et une croissance plus de carbone et bien nous notre choix est fait nous voulons une croissance plus forte et une croissance plus des carbone pour ça il faut tirer un certain nombre de leçons du passé et remonter peut-être un peu avant la crise de 2020 notamment la première crise financière de 2008 à 2011 la première leçon que l'on peut tirer elle est très simple l'austérité est une impasse et je le dis à tous nos partenaires européens qui pourraient être tenté par cette solution nous l'avons essayé et ça a été un échec vouloir rétablir trop rapidement les comptes publics tailler dans les dépenses à la hache se précipiter dans la réduction de la dette sans croissance cela donnait comme résultat un appauvrissement des pays européens une explosion de la dette de la zone euro qui est passé des chiffres sont sans appel de 66 % 2007 a plus de 90 % en 2012 cette austérité a mis à genoux un certain nombre de pays européens qui ont mis des années à son relevé je pense à la Grèce qui n'avait retrouvé la croissance en 2014 après 6 ans de récession je pense à l'Irlande au Portugal à l'Espagne qui ont souffert de coupe drastiques dans l'investissement public car lorsque vous faites le choix de l'austérité des premières dépenses qu'on coupe ça n'est jamais les dépenses de fonctionnement c'est toujours les dépenses d'investissement seul dans l'innovation celle dans la recherche celle dans l'éducation celle dans l'enseignement supérieur c'est-à-dire celle qui garantissent l'avenir d'un pays et pour prendre le seul cas de la France je pense que la leçon aussi est sans appel en 2012 nous avons soldé la crise de 2008 avec 20 points de dette en plus 11 % de taux de chômage 0 % de croissance pour tous nous referons pas cette erreur de l'austérité qui a été pour l'Europe un échec économique une erreur politique la deuxième leçon que l'on peut tirer de la crise plus récente c'est ta coordination des politiques économiques et la coordination des États européens fait le succès de ces politiques économiques en 2020 nous avons fait un choix radicalement différent plutôt cholestérité nous avons fait le choix de la protection qu'on appelle couramment désormais le quoi qu'il en coûte cette protection elle nous permet aujourd'hui d'avoir une croissance plus forte elle nous a permis d'avoir moins de dettes car tous les instituts s'accordent à le reconnaître le Conseil d'Analyse d'économique les instituts économiques de l'Union européenne le FMI protéger coûte moins cher que réparer et il est moins coûteux de mettre en place un prêt garanti par l'État un fond de solidarité pour les petites entreprises ou de l'activité partielle que d'assumer les coûts sociaux de l'explosion du chômage et de l'explosion des faillites d'Airbus c'était à Toulouse il y a quelques temps Airbus a ouvert à peine un an après le début de la crise une nouvelle ligne de production à Toulouse avec des emplois derrière Airbus un carnet de commande à 320 néo de 6320 néo et le problème d'Airbus aujourd'hui n'est pas un problème de demande c'est un problème d'offre de capacité à répondre au cannelle commande et que ce serait-il passé si nous avions laissé les ingénieurs d'Airbus se faire licencier les ouvriers qualifiés d'Airbus se faire licencier les techniciens de maintenance Airbus se faire licencier jamais Airbus n'aurait pu rebondir aussi fort que la rebondit aujourd'hui donc nous avons fait un choix de protéger plutôt que de restaurer immédiatement les comptes publics qui était le bon choix le troisième élément 3e leçon que je tiens tirer c'est que l'imagination est utile et que lorsqu'on met sur la table de nouveaux instruments qui paraissaient impensable et que la crise rentre tout d'un coup réaliste c'est efficace l'émission de dette en commun je le dis avec l'expérience qui est la mienne de 5 ans de ministre des Finances était impensable en 2017 est devenu une réalité en 2020 par la force des choses et c'est cette émission de dette en commun qui a permis à tous les États membres de la zone euro de financer leur protection à un taux d'intérêt bas voie négatif donc cette solution je le redis elle paraissait totalement impensable au début du quinquennat les Allemands il était totalement opposés à sa fille à certains nombres d'autres pays est devenu possible et même souhaitable au moment de 2020 ça nous a permis de financer nos points de relance et de réactiver la croissance en Europe pour bâtir ce nouveau modèle de croissance qui va donc faire l'objet de toutes les discussions au sein de l'échofines à la fin de la semaine il faut que nous fassions des choix qui soit clair je les redis nous voulons une croissance décarbonée innovante et décarboner cela veut dire une croissance qui dépend de moins des énergies fossiles inutile de vous dire que ce qui se passe actuellement à la frontière de l'Ukraine de la Russie montre qu'il y a urgence à être plus indépendant en matière énergétique et surtout à réduire notre dépendance aux énergies fossiles c'est le choix qui a été fait par le Président de la République à Belfort on annonçant de la sobriété des investissements dans le renouvelable et la création de six nouveaux EPR dans les années qui viennent mais si nous voulons que cette décarbonation de l'économie ne soit pas coûteuse économiquement et qu'elle soit efficace du point de vue climatique il y a une condition qui va être au cœur des ambitions françaises la mise en place d'un mécanisme d'ajustement carbone aux frontières j'entends bien certains noms de personnalités politiques nous expliquer que nous n'avons rien fait ce mécanisme d'ajustement carbone aux frontières depuis des années c'est évidemment faux c'est un combat que nous livrons depuis des années mais l'expérience politique montre que ses combats structurels sont des combats longs et difficiles nous avons mis 4 ans pour obtenir un accord sa taxation internationale des géants du digital 4 ans pour mettre en place une taxation minimale des plus grandes entreprises le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières mettra du temps avant de pouvoir être mise en place mais nous visons des décisions juridiques sur le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières dès la présidence française de l'Union européenne et nous y mettrons tout le poids politique nécessaire et toute la détermination politique nécessaire parce que nous ne pouvons pas continuer à réduire nos émissions carbone à l'intérieur des frontières européennes et perdre plus que ce que nous avons réduit par l'importation de produits carbonés en Europe et nous ne pouvons pas faire payer à nos entreprises et au contribuables le prix de la décarbonation de nos usines tout en continuant à réimporter sans aucun droit de douane de l'acier du ciment produit dans des conditions environnementales moins satisfaisantes le principe pollueur-payeur s'applique à l'intérieur de nos frontières il doit aussi s'appliquer à l'extérieur de nos frontières et croyez-moi ma détermination à faire bouger les lignes sur le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières est totale l'accélération la décarbonation notre économie est vitale elle doit solliciter la volonté de tous les états de tous les ministres des Finances de tous les ministres de l'économie et nous devons parvenir à un résultat la deuxième ambition c'est un modèle économique qui soit innovant et il va de soi que les deux sont liés si vous voulez réussir à décarbonation de l'économie il faut aussi réussir les investissements dans l'innovation de ce point de vue là nous avons réussi à opérer au cours des dernières années une véritable révolution copernicienne en Europe et je tiens à insister sur cette révolution copernicienne elle aussi je le dis avec le recul qui est le mien il y a 5 ans quand on parlait d'être public pour une usine à la Commission européenne faisait des gros yeux et vous disais mais impossible d'accorder des aides publiques à une entreprise à une usine un secteur économique c'est contraire au droit de la concurrence le fait les États-Unis le fait comment est-ce que vous croyez que les États-Unis ont financé leur programme Space X vous pensez vraiment que c'est uniquement l'argent de Monsieur mosque mais c'est l'argent de l'État fédéral américain c'est l'argent de la NASA c'est des bases de la NASA qui ont permis à Monsieur musk de développer Space X bien nous nous refusions à le faire au nom de dogme dépassé nous avons réussi en moins de 5 ans notamment avec le soutien de l'Allemagne et genre hommage à son ancien ministre de l'Économie péterave Mayer a opéré cette révolution copernicienne et en mettre en œuvre un instrument qui porte un nom barbare mais que pourtant efficace les pieds les femmes projets d'intérêt collectif européen non barbare et incompréhensible parce qu'il cache en fait une véritable révolution copernicienne la possibilité d'apporter de l'argent public pour soutenir des projets industriels innovants c'est comme ça que nous finançons les batteries électriques et quand je dis batterie électrique que c'est pas un mot en l'air c'est une usine à Douvrin avec 1000 emplois avec des salariés avec des ouvriers avec des technologies et avec de la valeur et quand je dis hydrogène ça n'est pas un mot en l'air ce sont des électrolyseurs ce sont des usines ce sont des ouvriers ce sont des ingénieurs ce sont des techniciens ce sont des bus qui vont circuler dans vos communes qui vont circuler dans nos villes ce sont des trains qui vont circuler avec de l'hydrogène ce sont des stations de production qui vont être à proximité de vos territoires ce sont des avions avec une portée limitée et un nombre de voyageurs encore limités qui vont pouvoir circuler d'ici 2035 avec de l'hydrogène soyez semi-conducteur même chose financement public pour le développement de moyens de production de semi-conducteur nous avons opéré cette révolution copernicienne l'Europe a enfin compris qu'il n'y a pas d'avenir sans le soutien de l'argent public il ne suffit pas il doit évidemment servir de levier au financement privé mais il est indispensable pour rentabiliser des investissements dans des innovations de rupture j'insiste sur le point que ce financement public doit servir de levier à du financement privé j'avance même un chiffre 1 euro d'argent public doit donner lieu à 3 € d'argent privé pour pouvoir rentabiliser ses investissements et leur permettre d'avoir toute l'ampleur nécessaire pour financer ses investissements dans l'innovation nous avons donc les pieds instruments nouveaux nous devons également favoriser l'émergence c'est un des objectifs de la présidence française de l'Union européenne de l'Union bancaire et de l'Union des marchés de capitaux la finance c'est l'Allier des grands projets industriels c'est l'Allier des grands projets d'innovation c'est l'Allier indispensable de la recherche et de la croissance enfin notre modèle doit être juste et je pense que c'est un des traits du modèle économique européen aucun État européen de satisfait du profit pour le profit ça n'est pas notre culture ce n'est pas notre conception d'économie la croissance doit être décarbonée c'est une singularité européenne elle doit être innovante et elle doit être juste pour cela nous allons continuer à nous battre pour que la taxation minimale devienne réalité d'ici au plus tard la fin de la présidence française de l'Union européenne nous voulons que la taxation minimale sur les grandes multinationales et pris une forme juridique avant la fin de la présidence française de l'Union européenne nous avons un projet de directif qui est sur la table ils sortent encore à la résistance d'un nombre très restreint des Taman nous allons tout faire pour surmonter les oppositions de ces États membres et parvenir un accord sur le projet de directive soit taxation minimale des grandes multinationales je rappelle que ce type de directive portant sur la fiscalité ne peut être adopté qu'à l'unanimité des États membres c'est pour cela que nous devrons mettre tout le poids politique nécessaire pour surmonter les interrogations d'un certain nombre d'États une croissance juste c'est une croissance qui est capable aussi de réguler les gens du numérique nous allons poursuivre les discussions sur la taxation des gens du numérique et nous visons un accord sur les règlements DSA DMA qui permettent d'encadrer les géants du numérique les places de marché et la divulgation des contenus sur Internet une croissance juste c'est une croissance qui défend la justice commerciale en passant du marché de la loi du plus fort un marché plus protecteur nous allons donc renforcer le contrôle des investissements étrangers sur nos entreprises vous savez qu'en 2017 la France était un des seuls États à disposer de ce mécanisme de filtrage d'investissement nous en avons maintenant 18 donc les idées françaises en la matière ont progressé la justice c'est aussi en matière de marché la réciprocité sur l'accès au marché public les chiffres sont sans appel 95 % des marchés publics sont ouverts dans l'Union européenne à nos partenaires commerciaux 32 % aux États-Unis 0 ou presque en Chine nous ne continuerons pas à laisser nos marchés publics ouverts quand les autres sont fermés cela s'appelle la réciprocité nous sommes parvenus au niveau des États un compromis en juin dernier nous visons maintenant un compromis avec le Parlement d'ici le printemps 2022 sur la réciprocité en matière d'accès au marché public enfin sujet encore plus difficile mais quitte aussi une question de justice c'est les subventions abusives d'État étrangers à leurs entreprises lorsqu'elles s'opèrent sur le continent européen quand vous avez une très grande entreprise américaine ou chinoise qui intervient sur le marché européen et qui bénéficie de subsides publiques massif cela crée un déséquilibre totalement inacceptable et abusif c'est ce qui s'est passé dans le cas d'acquisition de l'allemand coca en 2016 par le chinois Midea nous voulons travailler un accord d'ici l'été pour lutter contre subventions abusive d'État étrange enfin monsieur le Président vous m'avez interrogé sur le moyen de bâtir ce modèle de croissance économique plus juste plus décarbonée et plus innovant pour cela nous avons un instrument c'est le pacte de stabilité et de croissance quelques remarques sur ce sujet d'abord je suggère d'inverser les mots je crois en sommes tous des responsables politiques ici nous attendons de l'importance à la langue beaucoup de choses se disent dans la langue et beaucoup de choses se disent dans l'ordre des mots l'ordre des mots c'est l'ordre des choses je préfère parler de pacte de croissance et de stabilité plutôt que de pacte de stabilité et de croissance la croissance passe en premier elle est pour moi la condition de la stabilité ensuite ce pack doit servir une ambition donc avant de nous demander quelle règle il faut modifier et dans quel sens il faut avancer nous devons d'abord nous mettre d'accord sur l'objectif c'est bien pour ça que j'ai commencé par parler de cette croissance plus juste plus décarbonée et plus innovante parce que c'est notre objectif c'est l'objectif que nous portons avec le président de la République ce cadre du pacte de croissance et de stabilité il fait l'objet actuellement des discussions entre les 27 je pense que nous sommes déjà parvenus quel que soit les positions des uns et des autres un accord sur l'enjeu principal l'enjeu principal c'est de trouver le meilleur équilibre entre les investissements indispensables à la transition climatique et la transition technologique et le rétablissement des finances publiques je ne vois plus d'État qui vous disent aujourd'hui que la seule priorité c'est le rétablissement immédiat des finances publiques je ne vois plus d'État qui vous disent non plus que le rétablissement des finances publiques n'a aucune importance c'est un équilibre entre les deux qui comptent quand vous regardez l'Allemagne et la nuit 60 milliards d'euros d'investissement sur la table les Pays-Bas qui sont réputés en état frugal ont mis sur la table 75 milliards d'euros d'investissement public et nous-mêmes nous avons développé un plan d'investissement de 30 milliards d'euros parce que nous sommes tous confrontés au même difficulté vous êtes tous me dire ici qu'il faut de nouvelles usines pour produire des semi-conducteurs parce que vous ne voulez pas dépendre de la production de semi-conducteur à Taïwan en Corée du Sud ou ailleurs très bien il y a pas un producteur de semi-conducteur qui viendra s'installer en France en Allemagne ou ailleurs sans être public pas un TSMC tu allais s'installer au Texas aux États-Unis avec des montants d'être public considérables donc le choix est très clair vous investissez vous mettez sur la table des aides vous avez de nouvelles chaînes de valeur et vous renforcez votre industrie vous ne voulez pas mettre d'investissement bah c'est votre voisin qui aura les investissements qui aura les usines et qui aura les technologies mais dans le même temps nous devons aussi rétablir nos finances publiques et je veux être très clair là-dessus nous rétablirons nos finances publiques après la crise comme nous l'avons fait avant la crise avec un calendrier qui est clair 2027 une méthode qu'il est tout autant la croissance les réformes de structure la maîtrise des dépenses et des engagements qui seront tenus auprès de nos partenaires [Musique]

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