Barnier censuré, on squatte l'Assemblée (Best-of)
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour, bonjour tout le monde. On est à Radio Jeux de Pommes. Pourquoi Radio Jeux de Pommes ? Alors déjà, on est au Salon Visconti, qui est un salon du 101 rue de l'Assemblée, rue de l'Université à l'Assemblée nationale. Il est 15h, 15h un peu dépassé, le mardi après-midi. Normalement, c'est l'heure des QAG, l'heure des questions au gouvernement. Mais comme le gouvernement de Michel Barnier a été censuré, eh bien il n'y a plus de gouvernement, donc il n'y a plus de questions au gouvernement. Et ce qu'on se propose de faire aujourd'hui, c'est des réponses du Parlement à la place des questions au gouvernement. Pourquoi ?
Parce qu'on pense qu'à l'heure où les chefs de parti, les présidents de groupe sont à l'Élysée, il faut déplacer le pouvoir de l'Élysée vers l'Assemblée. Et c'est ici, ici que ça doit se passer. Donc on va avoir une série de discussions avec des députés. Il y en a déjà deux qui sont là derrière les écrans. avec Sophie, qui vient de nous confier quel était son rêve depuis toujours, qui était de faire la voix de FIP. Et donc Sophie, je l'ai appelé. Donc petit salut à toutes les voix de FIP qui nous énervent et à la fois nous font du bien quand on est dans des embouteillages. Le jeu de pommes, le 20 juin 1789, c'est le moment où les députés s'affranchissent du pouvoir royal.
Eh bien nous, il s'agit qu'aujourd'hui, on ait des députés qui s'affranchissent du pouvoir présidentiel et que ça ne soit plus dans les petits salons de l'Élysée avec Macron qui donne l'ordre du jour, qui propose un accord de méthode et un programme de gouvernement alors que ça fait six mois qu'il a allumé des incendies dans le pays et qu'il a qui se présente, le pyromanne qui se présente en pompier. Il faut dire que ce n'est plus toi qui as les cartes en main, c'est nous, c'est nous députés qui avons les cartes en main, c'est nous qui construisons la majorité.
Peuyez-vous nous faire un petit rappel du serment du jeu de pommes, monsieur le professeur d'histoire Alexis Corbière, Alain Decaux ? Alors Alain Decaux, il y a des gens, on s'est rendu compte tout à l'heure, ils ne connaissent pas. C'est-à-dire, on est vieux quoi.
C'est un temps que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaître. Il y avait André Castelot et Alain Decaux, ils avaient une émission en noir et blanc, ça s'appelait La caméra explore le temps. Vous m'avez demandé, Sophie, François, d'apporter un peu de culture dans cette émission de brut. Il y a les états généraux, je fais le prof d'histoire de 3 minutes, les états généraux, le 5 mai 1789, Louis XVI, vous savez, ça fait 400 ans que ça n'a pas été réuni. Il réunit les représentants du Royaume de France parce qu'il est endetté, la dette s'est creusée, ça nous rappelle quelque chose. Il veut lever de nouveaux impôts, etc.
Bon, il est réuni au château de Versailles dans une salle, c'est la salle dite des menus plaisir. En fait, quand on est au château, c'est une salle qui est à l'extérieur, c'est là où il rangeait les décors, les menus plaisir, c'était les décors du Royaume. Et dans cette grande salle, ils réunis, ils sont 1200 représentants des états généraux, ça commence le 5 mai. Ça ne se passe pas très bien parce que notamment ceux qui sont les représentants du tiers état, entre vous et du peuple, ne sont pas tout à fait d'accord. Et tout ça fait qu'un jour, le 20 juin, il y a une salle, il y a un gymnase à côté, où à l'époque on joue au squash de l'époque, le jeu de pommes.
Et dans cette salle, le 20 juin, ils y vont, là, ils sont 576, c'est marrant, comme le chiffre de 577 députés, un peu là, notamment ceux qui sont les représentants du tiers état, des plus populaires, on va dire, même si c'était des avocats, etc. Et ils décident, c'est ce que tu viens de dire, de faire quoi ? De dire on va donner une constitution à la France. Il n'y avait pas de constitution, c'était le pouvoir royal. Et en gros, la souveraineté passe des mains du roi, de la tête du roi, aux représentants de la nation. Et c'est vraiment le point de départ de la vie parlementaire. C'est-à-dire que qui a le pouvoir, ce n'est plus le monarque, c'est ceux qui représentent le peuple.
Qu'est-ce que l'Assemblée nationale répond ? C'est là où se réunissent les députés. Point final. À ce moment-là, ça va être dans cette salle, ils vont retourner après au château de Versailles, puis après pour la suite, à côté du château du Louvre, à Paris, là où il y avait la salle des manèges, où on faisait tourner les chevaux, ils vont construire des tribunes et ça va être la grande Assemblée nationale où vont se dérouler les choses.
Et alors, je termine parce qu'à l'Assemblée, il y a un truc qui est super, je ne sais pas si tu l'as montré, si vous l'avez montré, c'est le 3 jours plus tard, le 23 juin 1789, ils retournent dans la salle, ils ont décidé de prêter serment, de donner une constitution à la France, de ne pas se quitter tant qu'il n'y aura pas une constitution, etc.
Nous ne se retrouverons d'ici que par la force des Bayonettes.
Alors, et le 23 juin, il y a un super truc, un bronze, si un jour, Rufin, il vous amène à l'Assemblée, allez le voir, du sculpteur Jules Dallou. Dallou, d'ailleurs, c'était un communard, c'était un personnage magnifique. C'est fait pour le centenaire de la Révolution française en 1889. C'est un grand bronze. Pour dire que le 23 juin, donc 20 juin, c'est un moment du jeu de pomme, 23 juin, les représentants, ils reviennent là à Versailles. Et le roi veut qu'ils s'anaillent. Il leur envoie notamment le marquis de Drebrézé, c'est son représentant, son chef de cérémonie, qui va leur dire « Partez ».
Et celui qui est le premier président de l'Assemblée nationale, c'est Bailly, c'est un scientifique. Alors, il est là, le représentant du roi est là, puis il y en a un qui se lève, une espèce de type qui a du coffre, là, c'est Mirabeau. Et il dit au représentant du roi « Allez dire à votre maître que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous n'en sortirons que par la force des Bayonettes ». Et Drebrézé retourne voir le roi, il dit « Ils veulent rester ». Et le roi dit « Ils veulent rester ». Eh bien, foutre qu'ils restent. La Révolution française commence. Bref, ce débat-là, qui a le pouvoir ? Est-ce que c'est le monarque ? Est-ce que c'est le représentant du peuple ?
C'est au cœur de la Révolution française et de la naissance de la République.
On accueille Nicolas Sansu, député communiste du Cher de Vierzon. C'est toi qui as défendu la motion de censure pour ton groupe. Et pas la motion de Sansu, mais... Ouais, et pas la motion de Sansu. OK, OK, c'est une journée comme ça. Il en faut. D'abord, bravo, parce que c'est peut-être grâce à tes mots que le gouvernement est tombé. Mais maintenant, c'est ta faute si on n'en a plus.
Il n'y a pas de gagnant, mais il y a un perdant. Et le perdant, c'est Emmanuel Macron. Et moi, j'ai très peur aujourd'hui qu'il essaye de se refaire la cerise en jouant sur le gouvernement d'intérêt général. Alors, ce qui est quand même un terme absolument extraordinaire. Il nous explique qu'aujourd'hui, il va faire un gouvernement d'intérêt général. Ça veut dire que ceux d'avant n'avaient pas l'intérêt général au cœur. Je trouve ça extraordinaire. Je pensais que tout gouvernement devait avoir l'intérêt général au cœur.
Il faut aller voir Macron aujourd'hui ou pas ?
Alors, je fais partie d'un parti politique qui – et j'en suis fier – qui a décidé d'aller à la bilatérale. Alors, ça ne me pose pas de problème parce qu'aller voir Macron quand on est invité, quand on s'appelle le Parti communiste français, qui est un parti institutionnel, ça ne me pose pas de problème. Y aller dans le cadre d'une multilatérale, je l'ai dit ce matin à mes collègues députés et sénateurs, je pense que ce n'était pas une bonne idée. Une multilatérale qui ferait croire qu'il y a possibilité de s'arranger entre le PCF, les écolos, les socialistes, les macronistes et les républicains. Donc, j'ai très peur de cette instrumentalisation.
Alors, je n'ai pas de doute sur le fait que les trois groupes de l'UNFP ne vont pas s'amuser à tomber là-dedans. Mais rien que le fait d'y aller donne l'idée qu'on pourrait à un moment être d'accord et donne à Macron l'arme de dire « ils ne se sont pas mis d'accord ». Et ça, je trouve que ce n'est pas une très bonne idée. Le message peut être simple. Il serait d'autant plus simple si on le portait tous ensemble. Et l'idée, c'est quoi ? C'est un gouvernement de gauche, NFP. Moi, je reste sur Lucie Casté parce que je suis quelqu'un. Je dois être un autiste Asperger. Mais quand on me dit « il faut faire comme ça », je fais comme ça. Et je pense que Lucie Casté était la solution en juillet.
Je ne vois pas pourquoi elle ne serait pas la solution en décembre. Et puis ensuite, c'est de dire « ce gouvernement de gauche doit aller chercher des majorités sur des propositions extrêmement simples, extrêmement claires sur le pouvoir d'achat, sur la justice fiscale, sur la question des retraites ». Et puis, advienne que pourra en prenant l'engagement parce que je crois que c'est un engagement essentiel de ne pas utiliser le 49.3. Et à partir de ce moment-là, il n'y a pas besoin de censure s'il n'y a pas de 49.3. Puisque si ça ne passe pas, ça ne passe pas. Et en tout cas, je crois que ça aurait été de bonne politique que les 4 groupes y allaient ensemble.
Bon, ne faisons pas croire qu'il va y avoir une grande alliance. Moi, quand j'entends certains, y compris chez moi, expliquer qu'il faudrait un gouvernement d'union nationale comme à l'après-guerre. À l'après-guerre, on avait fait la guerre ensemble contre les Allemands. Là, ça fait 7 ans que Macron fait la guerre au peuple. Donc, ce n'est pas tout à fait la même réalité. Donc, je pense que l'Assemblée doit reprendre le pouvoir. Et donc, l'Assemblée reprend le pouvoir. Ça veut dire qu'il faut qu'Emmanuel Macron nous laisse un moment faire.
On a un membre du bloc central qui est là.
C'est plus que le bloc central à lui tout seul.
Ça te va d'avoir un communiste autour de la table, Stéphane. Stéphane Viry, je vous me permets, tu étais au Républicain. Oui. Tu as quitté le groupe Les Républicains. L'entrée du nouveau mandat était passée chez Lyot.
J'observe qu'Emmanuel Macron est de retour au centre du jeu, alors que c'est lui qui a fracassé le jeu.
On a 147 milliardaires. On sait que si on prend un impôt sur le patrimoine à 2%, ça rapporte 13 milliards. On ne touche personne. On va être très clair. C'est ni toi, ni moi. Et franchement, je trouve que ça aurait été un signe extraordinaire. Extraordinaire. Et en plus, c'est un signe qu'aurait pu faire Flores dans le reste du monde. Je trouve qu'on fait une erreur fondamentale.
Ce qui s'est passé en novembre, c'était dans la configuration de novembre. Après, je pense qu'avec François, on partage cette idée qu'il faut appérativement trouver des recettes pour le pays par rapport à des besoins pour répondre à des préoccupations. Cet argent, on ne pourra le trouver que chez celles et ceux qui ont la capacité à contribuer. Les plus fortunés et les grandes entreprises. Moi, j'étais plutôt favorable à cette idée qu'il y ait une sollicitation. Alors, est-ce qu'elle est exceptionnelle ou est-ce qu'elle est durable de la part...
Ce qui est bien, c'est qu'en matière d'impôt, quelque chose d'exceptionnel devient vite durable.
Peut-être, François. Mais en tout cas, moi, un homme qui pense à droite, je n'étais absolument pas hostile. Bien au contraire, je l'avais demandé à ce que les plus gros revenus français contribuent et à ce que les plus grandes entreprises, on parle des super profits, soient effectivement sollicitées pour verser une contribution fiscale compte tenu de ce qui se passe. Donc moi, sur ça, on peut trouver un point d'accord.
On va accueillir Léa Ballage et Marie-Ky, qui est la porte-parole du groupe écologiste et social. Toi, tu as une mission d'information là, sur le gouvernement démissionnaire.
En gros, on a voulu savoir, avec un co-rapporteur qui est macroniste, on a voulu regarder ce qui s'était passé pendant la période de gouvernement démissionnaire de cet été, où Macron nous avait parlé de trêve olympique, trêve paralympique, trêve de lui-même, je ne sais pas quoi. Donc il avait mis, après plus de deux mois quasiment, à nommer un Premier ministre, puis un gouvernement. Donc on a voulu regarder ce qui s'était passé. Est-ce que le gouvernement de Gabriel Attal avait fait n'importe quoi ou pas ? Parce qu'il n'y avait pas de parlement pour pouvoir le faire tomber, vu qu'on ne siégeait pas et qu'il était déjà démissionnaire.
Et puis là, on a un gouvernement qui est démissionnaire depuis mercredi dernier. Et donc qu'est-ce qu'ils peuvent faire ? Et qu'est-ce qu'ils n'ont pas le droit de faire non plus dans la période ? Et c'est un rapport qui dit bien qu'en fait, un gouvernement, il n'est là que parce qu'il a légitimité. Dans la Ve République, c'est une spécificité du président de la République. Mais on reste un régime parlementaire de la capacité du Parlement de lui donner sa confiance ou bien de ne pas le censurer. Et donc en fait, cette légitimité, vu que le gouvernement est tombé, ne l'a plus. Et donc il doit pouvoir se retirer un peu des affaires politiques.
Et on voit que certains ont du mal, notamment Bruno Retailleau, depuis quelques jours.
— C'est-à-dire qu'il continue à faire le ministre de l'Intérieur qui pourrait prendre des décisions sur la police, sur l'immigration et ainsi de suite, alors qu'on lui a enlevé les manettes. Et normalement, il n'a plus le droit.
— Il n'a plus le droit parce qu'en réalité, on n'est plus là pour pouvoir lui... Il n'est plus... Si vous voulez, là, normalement, on était sur la période des questions au gouvernement. Donc on aurait dû poser des questions au gouvernement, notamment la position...
— C'est justement parce qu'on était au chômage qu'on a initié cette radio à ce moment-là.
— C'est ça. Exactement. Mais moi, je pense que c'est un problème qu'on soit au chômage. Parce que même un gouvernement démissionnaire, il doit rendre des comptes. Et donc on aurait dû avoir des questions au gouvernement. On devrait pouvoir continuer à pouvoir les auditionner en commission, ces ministres démissionnaires, parce que, en fait, c'est le seul moyen de pouvoir contrôler politiquement ce qu'ils font.
— Quelque part, ils pourraient avoir presque plus de pouvoir en étant censurés qu'avant. Peut-être pas. C'est...
— Eh bien, si... Enfin, en fait, on imagine un gouvernement démissionnaire illibéral, qui a une vraie volonté de détruire des droits, etc., a priori, il n'y a rien, il n'y a aucune corde de rappel politique à l'égard de ce gouvernement démissionnaire. Il peut y avoir des cordes de rappel si on fait des recours, etc. Mais ça, ça vient après, après que le mal a été fait. Et donc c'est un problème. Et c'est même un constitutionnaliste belge qui nous disait qu'il y a un problème si le Parlement ne s'en mêle pas. C'est qu'on peut avoir un régime autoritaire qui s'installe avec un gouvernement démissionnaire.
Pour cette mission, je suis allée à Bruxelles et à Laé, donc pour regarder comment fonctionnent des régimes parlementaires un peu plus matures. Et en réalité, c'est pas du tout dans la main des chefs de gouvernement, ni des personnes qui ont créé le problème. C'est dans la main de celles et ceux qui représentent le peuple, on va dire. Et c'est notamment dans la main des chefs de parti qui sont représentés dans les assemblées au Parlement en Belgique. Et en fait, ils ont un processus qui est très, très bien cadré et qui est très démocratique et très transparent. Ils ont d'abord un informateur qui met tout le monde autour de la table. Puis ensuite, ils ont un formateur.
Parfois, quand les crises s'enlisent, ils ont ce qu'on appelle des démineurs. Bon, ils ont tout un vocabulaire très savon.
Parce que nous, on a Emmanuel Macron pour faire tout ça. Exactement. À lui tout seul. J'ai l'air de Grenade.
Oui, lui, il est plutôt mineur que des mineurs. Enfin, je sais pas. En tout cas, il a un problème avec... Mais il ne supporte pas le fait de pouvoir ne pas avoir prise sur ce moment politique et de laisser celles et ceux qui détiennent une partie de la solution parce qu'ils représentent la diversité de ce que la France pense politiquement, se mettre autour de la table et trouver la solution.
Quoi ? Il faut nous mettre des trucs en évidence ou bien il faut m'apporter des lunettes ? Parce que si je vois... Mais les gens, ils font plutôt... J'ai regardé de loin. Ils font plutôt des commentaires pour dire qu'en gros, c'est bien que les gens y dialoguent. Est-ce que ce qu'a décrit Léa Ballage sur le fait que finalement, le gouvernement démissionnaire, il pourrait continuer à exercer du pouvoir, voire plus de pouvoir, les gens se demandent beaucoup si ça peut être une forme de coup d'État ? Et moi, je n'ai pas compris le concept d'un tchat, ce qui est possible. Je pense à deux questions. La première, c'est la crise fiscale.
On a Bruno Le Maire et Emmanuel Macron, les Mozart de la Finance, qui ont 1000 milliards de dettes en plus. On a un déficit public qui bat tous les records. Et est-ce qu'on va chercher l'argent là où il se trouve ? Est-ce qu'on fait le retour d'un impôt de solidarité sur la fortune ?
Tu vois, moi, je suis assez à l'aise. Et pourtant, le modem, c'est plutôt... On dit toujours que le modem, c'est de la centre droit, etc. Mais quelqu'un chez nous, comme Jean-Paul Matéi, qui est notaire, modem, qui est à la Commission des Finances, il décrit ce que tu décris, toi. Et il a échoué face à notre propre majorité. Et donc, on doit élargir la majorité. C'est-à-dire qu'on doit aller chercher. Et peut-être qu'au modem, on trouvera des gens... Là, sur ce sujet-là, les super profits, c'est en gros ce que défend Matéi depuis des années. Alors, ils prêchent aussi un peu dans le désert. Alors, peut-être moins fortement que ce que tu pourrais le vouloir ou d'autres.
Mais il y a bien forcément un moment où les très riches, il faut les faire payer. Parce qu'il y en a qui crèvent de faim, quoi. Et donc ça, on doit pouvoir aller chercher sur des bords qui ne sont pas forcément ce qu'on appellerait les bords de la gauche. Moi, je te propose un chemin. Je ne dis pas qu'on va être d'accord. Je propose un chemin qui consiste à dire qu'aujourd'hui, nous sommes dans une... Je ne te parle même pas de 6ème République, là. Là, je fais ça dans le cadre de la 5ème, pour être clair. Je propose un chemin qui consiste à dire qu'il faut changer la présidence de ce pays. Parce que Macron a montré qu'il était dans la capacité de le faire.
C'est la démission de Macron.
La démission, oui. Je pense qu'à un moment donné, même dans une boîte ou n'importe qui, ou un maire, à un moment donné, tu as des maires... Moi, j'en ai connu quelques-uns. Quand tu n'es plus capable de pouvoir remplir ta fonction, tu bouges, quoi. C'est la vie. Ce n'est pas grave. Ce n'est pas gênant. Ça a existé. En plus, c'est compliqué, ce que tu me fais dire là, parce que je considère que Macron n'est pas de Gaulle. Il n'a pas la dimension historique. Il n'a pas... Non, parce qu'il pourrait...
Là, c'est un point d'accord.
Non, parce qu'il pourrait avoir cette sortie-là. Il pourrait dire à la de Gaulle, moi, je suis un homme qui veut marquer l'histoire, et je veux marquer l'histoire, donc je mets les habits de quelqu'un qui a profondément marqué l'histoire de ce pays, qu'on soit d'accord ou pas avec lui. Il n'a pas cette dimension-là. Par contre, il provoque un chaos politique. Et c'est lui qui le provoque, ce n'est pas nous. Donc je ne vais pas, moi, prendre la responsabilité qui est la sienne. Par contre, je pense qu'il faut qu'il s'en aille. Il faut reconvoquer le peuple pour pouvoir donner son avis, quitte à perdre.
Mais ça doit s'accompagner aussi d'une remise à plat des équilibres qui sont à l'Assemblée nationale. Parce qu'aujourd'hui, les équilibres que nous avons ne reflètent pas la réalité du pays. Donc à partir de là, je propose une voile légale, qui est celle d'une révision constitutionnelle, pour permettre qu'une fois qu'un nouveau président est élu, eh bien on dissolver l'Assemblée et pas attendre le mois de juin et être dans une situation qui sera peu ou prou la même.
Sur le rapport à une présidentielle anticipée, c'est que, de toute façon, que ce soit aujourd'hui, dans 6 mois ou dans 2 ans, on n'a pas du tout de garantie que ce soit la gauche qui l'emporte. Et au fond, on a même plutôt la favorite des sondages, en tout cas, qui s'appelle Marine Le Pen. Exactement. Mais donc, en revanche, c'est... Moi, je serais pour que Macron planifie son départ. Exactement. Qu'il ne fasse pas... De la même manière que quand il fait la dissolution de l'Assemblée nationale, il aurait très bien pu dire en juin, écoutez, vu la situation de blocage, je vous propose qu'on se donne rendez-vous dans les urnes au mois de décembre.
Et vous aurez 6 mois pour discuter de projets entre partis, avec les citoyens, avec les associations, les syndicats, et que ce soit projet, contre projet, contre projet. Enfin, parce que je pense qu'il y en a 3 projets dans la société, en gros. Je suis complètement d'accord. Comme les 3 blocs à l'Assemblée. Et là, il pourrait très bien... Moi, je serais pour que Macron quitte l'Elysée. Oui, parce que je pense que il n'est pas... La solution, il est le problème. Parce que je pense qu'il est moins pompier que Pyromane. Parce que je pense qu'il n'installe pas l'or, mais le désor, depuis 6 mois, et on fait vérité depuis 7 ans.
Parce que, pour des tas de raisons, sociales, démocratiques, et ainsi de suite. Mais qu'en revanche, il le planifie quelque part. Il nous dit, voilà, dans 6 mois, je m'en vais. Vous avez 6 mois pour préparer projet, contre projet, contre projet. Mais si c'est en 35 jours ? Parce que la Constitution, elle vit en 35 jours. Dans la période, ce qui m'a le plus frappée, c'est le côté d'un sectarisme de Gabriel Attal. Enfin, ils ont perdu les élections avec vraiment, enfin, avec grande clarté. Ils se sont pris deux immenses claques électorales. Et ils ne bougent sur rien. Et après, c'est à nous de nous justifier qu'on est incapables de trouver des solutions.
C'est quand même ça qui est le plus incroyable. Et d'ailleurs, ceux qui ont fait tomber Barnier, c'est peut-être moins nous qui avons voté la censure, sans problème, parce que ça pouvait difficilement être pire, que Gabriel Attal, qui a mis que des bâtons dans les routes, son cher Premier ministre, qu'il était censé soutenir. Donc le problème, c'est aussi d'avoir en face des personnes qui sont capables de dire « Ok, on prend acte du résultat des élections du 7 juillet ».
Et à la fin, les gens nous disent « En fait, voyez, on vote contre toutes vos recettes. » Et puis à la fin, « Pourquoi vous censurez ? » Vous avez fait juste un 49-3. Vous n'avez repris aucun des amendements qui a été porté par la gauche. Aucune des recettes qu'on a proposées n'a été retenue. Donc je ne vois pas comment. On peut travailler. Et puis je crois qu'il faut aussi éclaircir les choses. Quand la gauche et la droite, ce n'est pas la même vision de la société. Moi, je me suis construite là-dessus. C'est-à-dire que quand on est quelqu'un qui porte à gauche, on porte la justice sociale, on porte la redistribution. Moi, j'ai été prof de lycée pro pendant 26 ans.
Moi, je suis profondément attachée à l'école de la République. Justement, au fait qu'on peut avoir cette école qui peut faire réussir, qui vous permet d'être quelqu'un. Moi, je me suis construite comme ça. Moi, je suis une enfant d'immigré. J'ai grandi dans un quartier melting pot. Mon père n'a jamais été à l'école. Et pourtant, il a une fille qui est devenue prof de français et qui, aujourd'hui, est à l'Assemblée nationale. Je pense que c'est aussi ça, la beauté de la France. Et moi, je ne partage pas la vision des Attal, des Wauquiez, ou quand on entend Éric Wurst, qui nous a quand même dit pendant le débat, vous voulez appauvrir les milliardaires. C'est ça, leur vision des choses.
Ce n'est pas la nôtre. Donc, un gouvernement de coalition, d'intérêt général, où tu fais de la droite, de la gauche, ça n'existe pas. On l'a vu pendant le budget. Ça n'existe pas. Ils ne sont pas sur les mêmes dispositions que nous. Ils ne défendent pas la même chose. Donc, moi, je suis très claire. On ne peut pas participer à un gouvernement où tu as un bout de chaque, comment dirais-je, un parti qui sont présents à l'Assemblée nationale. Parce que ça veut dire qu'en fait, tu fais le truc que MPS du RN. C'est ça. En fait, tu valides la thèse qu'on est tous les mêmes et que finalement, au gré des opportunités, on ne porte pas la même chose. Non, on ne porte pas la même chose.
On ne porte pas la même vision du monde. On ne porte pas la même vision de la société.
Normalement, on a un dernier invité et maintenant, Thierry Benoît, il vient ou pas ? Non, je ne crois pas qu'il vient. Ah d'accord. On avait un dernier invité qui était un homme de horizon. On aurait pu lui poster des questions sur la série Dans l'Ombre co-rédigée par Édouard Philippe. Moi, je ne l'ai pas vue. Bon. Bonjour. Bonjour, Anna. Ah, mais en même temps... C'est le bordel, là. Non, non. Moi, je pense qu'il doit y avoir la clarté, la clarté de message de ceux qui sont allés à l'Élysée aujourd'hui qui n'en sont toujours pas sortis. On a des nouvelles ou pas ? Ils viennent de sortir. Hein ? Ils viennent de sortir. Ils viennent de sortir. On va leur laisser la parole.
On va laisser le prime time. Honnêtement, j'espère que ce qu'ils vont dire, c'est qu'on n'y va plus. On ne va plus autour du roi soleil Emmanuel Macron. On veut que ça se déroule à l'Élysée, éventuellement à Matignon, enfin quand même, surtout à l'Élysée et avec un certain nombre de points clés sur lesquels on ne transigera pas pour construire une majorité. On les répète, pour être bien sûr. Ouais, on les répète. Donc les recettes, on est vraiment dans une crise fiscale. Quand Alexis est venu nous faire son cours, la crise de la dette en 1789, elle est notamment due à la guerre d'indépendance aux États-Unis qui a été fiancée par le royaume de France.
Et donc le roi est dans une grave crise fiscale. Il lui faut lever de nouveaux impôts. Et ça fait un point commun avec la situation dans laquelle on se trouve aujourd'hui. Parce que si on ne lève pas de nouveaux impôts, non seulement on ne va pas combler le déficit, on ne le comblera jamais complètement, mais surtout on n'aura pas de quoi financer les services publics et on aura encore moins de quoi investir sur l'avenir, notamment sur la transition écologique. Donc la grande question quand même est la question de la crise fiscale et de où est-ce qu'on va chercher l'argent. Et ensuite, il y a la question des retraites. Ça me semble essentiel.
On ne peut pas transiger sur quelque chose dont on sait qu'il y a une majorité à l'Assemblée nationale et dans le pays. Voilà, majorité dans le pays, majorité à l'Assemblée nationale, abrogation. Et troisième point, qui est quand même un point clé, je le disais sur la question du travail tout à l'heure, l'Observatoire des inégalités qui disait 5 millions de pauvres, notamment parce que le travail, ça a permis de sortir du chômage, mais ça ne permet pas d'en vivre. Donc il faut que les gens puissent vivre de leur travail, bien en vivre et pas en survivre. Et donc c'est la question des salaires, notamment de l'inflation qui est venue grever de 7% à peu près les salaires.
J'ai vu beaucoup de messages passer sur le chat là-dessus. Oui, il y a le SMIC, mais il y a beaucoup de gens qui sont un peu au-dessus du SMIC et relever le SMIC ne suffit pas. Donc il y a la question de relever tous les salaires, peut-être entre 1500 et 2500 euros, mais enfin que dans toute cette fourchette-là, quand la gauche arrive, on sent qu'il y a un mieux, que c'est une respiration, qu'on va pouvoir payer le poney et d'autres activités pour ses enfants, qu'on va pouvoir partir en vacances l'été, qu'on ne s'apprira pas obligé de se serrer la ceinture tout le temps pendant qu'il y en a d'autres qui se gavent. Partons sur les basiques. C'est la base.
On va y arriver, on va se bagarrer, on va y arriver. Merci à vous en tout cas. Et puis moi, je remercie à nouveau Julien, Raphaël, Emma qui ont fait les petites mains. On n'a pas fait le serment du jus de pomme, tu trouvais que c'était un truc, parce que là, on était subventionnés par Andros. C'est ça, ils ont refusé de nous sponsoriser, donc finalement, on ne l'a pas fait. Et donc je vous remercie d'avoir transformé le salon Visconti de l'Assemblée nationale. On va voir si on fait un one-shot ou bien si on refait ça régulièrement. Peut-être avec un peu moins de logistique, parce que c'est quand même énorme ce que vous avez amené là.
Mais si on convoque des députés de tous horizons et pas que d'horizons dans notre bureau ou quoi. On fait nuit debout à l'Assemblée. Radio debout. Merci à toi en tout cas. Merci Sophie. Merci François. Et merci à vous. Merci à vous.
Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous.
Nicolas Sansu