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interviewBFMTV· 3 avril 2025 8 min

Saint-Ouen, meeting du RN, procès policiers de la Brav-M: l'interview de Laurent Nuñez

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Laurent Nunez, il n'y a pas un côté surréaliste à faire voter les parents. C'est à eux de décider ? Ce n'est pas à vous, par exemple, s'il y a danger, vraiment ?

0:07
Laurent Nuñez

C'est un choix du maire que je respecte. Vous savez, sur Saint-Ouen, on fait énormément de choses en matière de lutte contre le trafic de stupéfiants. D'ailleurs, avec le concours très actif du maire de Saint-Ouen.

0:16
Présentateur

Et de la police municipale.

0:17
Laurent Nuñez

Et de la police municipale et le maire, par les actions qu'il mène, qui accompagne les services de l'État. Vous savez, à Saint-Ouen, c'est un secteur prioritaire pour nous en matière de lutte contre le trafic de stupéfiants. Il y avait sept points d'île, ça a été dit sur votre chaîne tout au long de la journée, en 2020. Il n'y en a plus que trois aujourd'hui, dont deux qui sont problématiques, dont celui-ci. C'est le point d'île qu'on appelle Aragozola, au sein duquel se situe effectivement cette école maternelle. Donc, quatre classes vont déménager dès la rentrée d'avril. Il en a été décidé ainsi. On mène un travail en profondeur. Donc, sept points d'île, il en reste trois.

Le point d'île Michelet qui a disparu, le point d'île de l'avenue du 8 mai 1945. Le vieux Saint-Ouen, sous l'île, c'était des points d'île dont on parlait, des points d'île historiques qui ont complètement disparu. Et évidemment, on s'attaque aussi à celui-là. On est en train d'y travailler. Il y a une présence policière continue.

1:05
Présentateur

Vous pouvez garantir, parce que là, le but, c'est de déménager l'école.

1:09
Laurent Nuñez

Je vais venir, je vais venir. Le point d'île actuellement, son mode, son rythme de fonctionnement, il a été divisé par trois. Les policiers sont tous les jours. Cet après-midi encore, un vendeur a été interpellé. On me rapporte d'ailleurs que les journalistes ont pu assister à la fin de cette interpellation. Donc on va continuer évidemment cette présence, qui se couple évidemment avec des investigations judiciaires en profondeur, dont je ne peux pas parler, mais qui ont bien lieu. Voilà.

1:31
Présentateur

Pour nous, c'est une priorité. Et l'objectif... Juste pour poser les choses, M. le Préfet, on a certains habitants qui nous disent, parfois, on a des dizaines de clients qui font la queue dans la journée. Des dizaines de clients qui sont là pour faire la queue et qui tournent dans le quartier pour arriver sur ce point de deal. Quand vous entendez la ministre de l'Éducation, Elisabeth Borne, qui disait ce matin que jamais l'école ne reculera face à la violence, c'est le cas.

1:51
Laurent Nuñez

En tout cas, les services de police et l'État ne reculent pas. Nous, on ne recule pas face au narcotrafic. On continuera à s'attaquer à ce point de deal, comme on le fait. En ce moment, il y a une présence policière en permanence. Et d'ailleurs, ce qui se passe, c'est que quand les policiers interviennent, il arrive que les dealers jettent effectivement, et c'est exact, c'est ce qu'a dit une maman d'élève, jette des produits stupéfiants dans la cour. Oui, c'est vrai, c'est arrivé. Le maire a fait des travaux qui ont permis de rehausser les grilles. Ça n'arrive plus, mais il y a eu encore du protoxyde d'azote récemment qui a été jeté. Mais c'est un point de deal qu'on ne va pas lâcher.

On ne va pas lâcher le terrain, contrairement à ce que j'ai pu entendre tout au long de la journée. D'où mon intervention ce soir, on ne va pas lâcher le terrain. Le ministre d'État, le ministre de l'Intérieur nous le demande. On va continuer à occuper le terrain, dans le but, mais maintenant dans un délai extrêmement rapproché, d'éradiquer définitivement ce point de deal, comme on l'a fait pour les quatre autres points de deal.

2:38
Présentateur

Justement, Laurent Lunès, l'idée, c'est de délocaliser pendant un temps cette école et que vous interveniez pour éradiquer complètement. Et vous faites la promesse ce soir aux parents que quand ils reviendront, il n'y aura plus de point de deal ?

2:50
Laurent Nuñez

Mais je fais cette promesse, évidemment, comme nous l'avons fait. Toute l'action qu'on mène sur Saint-Ouen depuis maintenant, en 2020, on n'a pas vu la lumière il y a quelques jours. Depuis 2020, on travaille de manière résolue contre le trafic de stupes. Le ministre d'État, le ministre de l'Intérieur, nous a demandé d'appuyer encore plus sur l'accélérateur, d'en faire, de définir un certain nombre de secteurs prioritaires, dont celui-ci fait partie. Et bien évidemment qu'on va éradiquer ce point de deal. Comme on ne parle plus à Saint-Ouen du secteur de Soubise, du Vieux-Saint-Ouen, comme on ne parle plus de Michelet...

3:17
Présentateur

Je pense que pour beaucoup de téléspectateurs de BFM, c'est un peu obscur en termes de géographie.

3:20
Laurent Nuñez

Non, ce n'est pas obscur, ça va. Quand vous dites qu'il y avait 7 points de deal et qu'il n'y en a plus de 3, ça c'est clair, il me semble. Et on va continuer. Et celui-ci, qui s'appelle Aragozola, pardon de le nommer, mais nous, on nomme les choses, il disparaîtra. Il disparaîtra. On va continuer à s'y atteler. Par une présence de voix publiques extrêmement forte, ça je m'y engage, et le ministre d'État me l'a demandé, et puis par un travail judiciaire en profondeur, comme on le fait à chaque fois. Parce que la seule présence ne suffit pas. Ce qui compte, c'est d'intervenir...

3:43
Présentateur

Mais vous, pardon, ça ne vous ébranle pas de voir qu'on est obligé de déménager, de faire déménager 61 ?

3:48
Laurent Nuñez

Mais bien sûr, c'est toujours une situation d'échec quand on en arrive là, bien sûr. Mais pour autant, je ne peux pas laisser dire que rien n'est fait en matière de lutte contre le trafic de stupéfiants, d'une manière générale, et sur ce secteur en particulier, je ne peux pas laisser dire ça. Je suis à la tête de fonctionnaires de la préfecture de police qui font un travail remarquable. Cet après-midi encore, la brigade territoriale de contact a interpellé un vendeur sur ce secteur. Donc je ne peux pas laisser dire que nous ne faisons rien. On va continuer. Et l'objectif, en tout cas c'est celui que m'a signé le ministre d'État, et je le tiendrai, c'est d'éradiquer le trafic sur ce secteur.

4:16
Présentateur

Laurent Lenez, je voulais vous montrer ceci ce soir. L'affiche du meeting organisé dimanche à Paris par le Rassemblement National, après la condamnation de Marine Le Pen. Quel sera le dispositif de sécurité autour de ce meeting ?

4:27
Laurent Nuñez

On aura un dispositif de sécurité, comme à chaque fois qu'il y a un rassemblement de voies publiques dans Paris. Ce n'est pas le seul. On ne sait pas le seul. Il y a un meeting de renaissance. Je crois comprendre qu'une manifestation va être organisée en réponse. Je n'ai pas encore d'éléments.

4:40
Présentateur

Il y a une manifestation organisée quasiment à un moment, juste avant, par des syndicats de gauche, auxquels se joignent ce soir la France Insoumise par exemple.

4:47
Laurent Nuñez

Et on ne sait pas où elle aura lieu. Pour l'instant, ça n'a pas été porté à ma connaissance. Ah, eux dix républiques. Je pense que mes services vont recevoir une déclaration. On n'avait pas encore de déclaration. C'est d'aujourd'hui. Ce qui est certain, c'est qu'il y a un rassemblement organisé par le Rassemblement National, Place Vauban. Et il y aura un dispositif, évidemment, de sécurité pour garantir la liberté d'expression de tous. À la fois sur le meeting, puisque ce sera un meeting, c'est un rassemblement avec des prises de parole, Place Vauban. Et puis à la fois sur la Place de la République.

5:16
Présentateur

Et ça se compte en centaines d'hommes pour sécuriser un événement comme ce jour ?

5:20
Laurent Nuñez

Ce jour-là sur Paris, oui, ça se comptera sans doute en centaines d'hommes pour assurer la sécurité de l'ensemble des rassemblements.

5:25
Présentateur

Est-ce que vous avez des craintes particulières ? Et notamment, j'allais dire que les deux se rencontrent.

5:29
Laurent Nuñez

À ce stade, nous n'avons pas de craintes particulières. Mais ce n'est pas parce qu'on n'a pas de craintes particulières qu'on n'est pas vigilant et déterminé à faire en sorte que tout le monde puisse librement s'exprimer dans Paris dimanche prochain.

5:38
Présentateur

– Vos services de renseignement n'ont pas repéré d'appels particuliers, justement, au fait que les deux camps puissent se rencontrer ?

5:46
Laurent Nuñez

– Non, nous n'avons pas à repérer d'appels qui laisseraient à penser qu'un camp pourrait aller perturber la manifestation de l'autre camp. Voilà, clairement, je vous le dis, maintenant on va être vigilant dans les 48 heures, 72 heures qui viennent. Et surtout, de toute façon, avoir un dispositif policier qui soit assez important, je vais dire. Mais vous savez, tous les week-ends, on gère des manifestations dans Paris. Tous les week-ends, on le fait et ça se passe bien.

6:07
Présentateur

– Mais les deux rassemblements seront autorisés ?

6:10
Laurent Nuñez

– Ah ben bien sûr, bien sûr.

6:11
Présentateur

– Non, non, mais parfois il y a des manifestations interdites.

6:13
Laurent Nuñez

– Non, on interdit les manifestations. D'abord, il y a une déclaration. Moi, je ne peux interdire une manifestation que quand j'ai connaissance de risque de trouble à l'ordre public. Très honnêtement, pour ces deux manifestations, pour l'une comme pour l'autre, je n'ai pas de risque de trouble à l'ordre public. Et donc ces manifestations, évidemment, auront bien lieu.

6:28
Présentateur

– Un mot, encore, Laurent Nunes, parce que c'est l'actualité de ce soir. Le procès de plusieurs de vos policiers s'est ouvert ce matin. Des policiers de la Brave M qui avaient été envoyés face à des manifestants anti-réforme des retraites. Ça remonte, ils sont accusés d'avoir menacé, d'avoir giflé un manifestant. Est-ce que ces policiers-là ont encore leur place dans la police ?

6:43
Laurent Nuñez

– Bien sûr. Non, non, mais bien sûr. Attendez, il y a eu une procédure disciplinaire qui a été menée. Il y a eu des sanctions. – Un blâme et trois jours de… – Trois jours d'interruption de fonction, un blâme, un avertissement. Bien sûr, la procédure disciplinaire est passée. Donc la procédure disciplinaire est passée.

6:58
Présentateur

– Donc même si la justice les condamne, ils réintégreront.

7:00
Laurent Nuñez

– Il y a une action judiciaire qui est en cours. En tout cas, en disciplinaire, les choses, la procédure a été menée à son terme. J'avais condamné ces propos à l'époque, j'ai reçu ces fonctionnaires, je leur ai dit ce que je pensais. Mais en tout cas, ils resteront évidemment dans la police nationale, bien sûr.

7:13
Présentateur

– Et ça, pareil, ça ne nous perturbe pas, cela ?

7:16
Laurent Nuñez

– Ça ne me perturbe pas, nous avons appliqué des sanctions sur des propos qui ont été tenus, qui étaient effectivement inacceptables, mais dans un contexte particulier, d'effectifs qui avaient travaillé 15 heures d'affilée, dans une manifestation qui avait été très compliquée. Ils ont subi de nombreuses prises à partie, ce qui n'excuse pas les propos qui ont été tenus, mais n'oubliez jamais le contexte dans lequel travaille la police nationale. Voilà, le disciplinaire, il est passé, j'ai tranché, comme préfet de police, comme chef de ces fonctionnaires.

Et donc, effectivement, il y avait une audience aujourd'hui, je crois, à Baudoui, où la partie civile a tenu à citer un certain nombre de fonctionnaires contre lesquels aucune charge n'était retenue. Donc, je ne suis pas très inquiet sur la suite de cette procédure judiciaire.

7:57
Présentateur

– Merci, Laurent Nunes, d'avoir été notre invité ce soir dans ce 20h BFM. – Bon…