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interviewPS - Parti socialiste· 20 mars 2025 13 min

"Si le Premier Ministre ne respecte pas son engagement sur les retraites, alors il devra partir."

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

France info soir l'invité Agath Lambret. Bonsoir Olivier Fort bonsoir Agath Lambret. Vous êtes premier secrétaire du Parti socialiste et c'est pas évident tous les jours en ce moment.

Pour commencer, est-ce que vous avez été roulé dans la farine par le premier ministre ? Rouler dans la farine ? Non.

Mais je vois effectivement un premier ministre qui improvise ses positions au fur et à mesure et lui qui avait fait du dialogue social sa marque distinctive rompant avec cette année pendant lesquelles les partenaires sociaux avaient été tenus à l'écart qui avait dit sa confiance dans le dialogue social et bien le voilà qui trahit ses propres engagements et donc c'est lui qui est en train de se rouler sa propre farine et je crains qu'il en sorte pas blanc blanc mais est-ce que c'est une surprise Olivier Fort parce que le premier ministre a dit donc qu'il y aurait pas de retour à 62 ans. Je vous cite ce que dit Jean-Luc Mélenchon. C'est c'est lui qui dit qui a cette expression : "François Bairrou s'est foutu de vous, il vous a roulé dans la farine." Il dit aussi à propos des socialistes, "Est-ce qu'il y a une seule personne qui croyait qu'un gouvernement de droite allait ramener la retraite à 62 ans ?

Il n'y a que pour croire un truc pareil. Vous êtes laissé berner en fait." Écoutez, moi ce que je crois, je crois depuis longtemps, depuis toujours au dialogue social.

Je crois à la nécessité à un moment de chercher des compromis entre des acteurs qui sont au plus proche de ces situations. Et donc moi je je crois toujours qu'il est impératif que syndicat patronat puisse parler. Mais vous croyez la retraite à 62 ans ou pas Olivier ?

Bien sûr que j'y crois. Bien sûr que je crois que c'est possible. Et d'ailleurs les solutions, elles ont été présentées à plusieurs reprises par les uns et par les autres.

Je prends un seul exemple. Si on revenait simplement sur 10 % des niches fiscales ou des niches sociales, ça suffirait à payer le surcoup des du retour 72 ans. Donc c'est la raison pour laquelle il n'y a aucune raison en réalité de considérer que le débat serait mort et enterréré.

Donc vous croyez toujours dans ce conclave ? Il a toujours une raison d'être raison d'être malheureusement je vois qu'au fur et à mesure les interlocuteurs s'effacent mais moi je crois que il n'y a rien de pire que la chaise vide. Il faut maintenant au contraire négocier et montrer qu'il existe des solutions.

Ne pas laisser penser aux Français que désormais parce qu'il y a la guerre au porte de l'Europe, parce que nous devons produire des efforts pour réduire la dette et bien il ne serait pas possible de financer notre retraite. Donc vous appelez les syndicats qui sont partis à revenir dans dans l'instance la CG. apelle personne, c'est pas moi qui donne des consignes au monde syndical, mais je dis simplement que j'espère que chacun aura à cœur de faire la démonstration que les solutions existent et ne pas laisser penser que en réalité l'ordre établi voulu par François Beirou et par Emmanuel Macron serait immuable et que rien ne pourrait changer.

François Baïou qui ferme la porte aux 62 ans, est-ce que c'est un motif de censure pour vous ? Oui. Et alors, qu'est-ce que vous allez faire ?

Est-ce que vous allez par exemple les insoumis disent qu'il pourrait déposer une motion de censure spontanée ? Vous vous allez la voter ? Mais j'en suis pas là.

Je pense simplement que si effectivement la négociation devait s'interrompre, si le Premier ministre ne devait pas redonner la main au parlement et je ne suis pas dupe, je vois bien que il n'en a aucune envie, alors effectivement se justifierait sur une censure qui permettrait de dire l'engagement qui a été pris devant les Français, pas seulement devant nous, devant les Français dans l'hémicycle qui a été pris par écrit et bien cet engagement n'a pas été tenu et donc il y a une logique à ce que le premier ministre parte parce que quand on ne respecte pas ces engagements qui sont pas si vieux, ils ont quelques semaines et bien effectivement on ne mérite pas de rester premier ministre. Et vous vous sentiriez prêt à retourner aux urnes par exemple s'il y avait une censure qu'il qu'il tombait, s'il y avait une nouvelle dissolution, le parti socialist. Bien sûr, mais je n'ai absolument pas peur de des électrices et des électeurs.

C'est eux qui nous donnent notre légitimité et si un jour il considère que nous ne sommes pas les mieux placés, ils nous remplacent. Et s'il considère que les combats que nous portons sont les leurs, ils nous maintiennent. C'est ça la règle démocratique et personne dans la vie politique ne devrait avoir peur des électrices et des électeurs.

Olivier Fort, au moment où la France cherche de l'argent pour se réarmer, certains d'ailleurs disent plutôt qu'il faudrait augmenter l'âge de départ ou travailler plus. Vous vous dites qu'on peut revenir à à 62 ans. Éric Lombard a annoncé aujourd'hui un nouveau fond dans lequel les Français pourront investir pour soutenir le réarmement et les entreprises du secteur.

Donc ceux qui en ont les moyens pourront mettre à partir de 500 € minimum. Est-ce que vous allez placer votre argent ? pour soutenir la dépense française.

Je sais pas si j'aurais le loisir de mettre 500 € ou plus sur ce compte, mais en tout cas, c'est une bonne façon de chercher à mobiliser les pagnes des Françaises et les Français. Là-dessus, je suis parfaitement d'accord. Je pense qu'il y a un effort de défense qu'il faut évidemment arriver à mettre en œuvre. simplement, je ne veux pas qu'on oppose le modèle social français à cet effort de défense.

Je le dis aussi et cet avertissement au président de la République et au premier ministre. Si on devait opposer l'un à l'autre, alors c'est la cohésion du pays qui serait en réalité entamé. Or, nous avons besoin de quoi aujourd'hui ?

Nous avons besoin d'une grande cohésion parce que dans le moment que nous traversons attaqués de l'extérieur par à la fois Poutine et Trump sur des modes différents, j'en conviens, et attaqués de l'intérieur par l'extrême droite, et bien nous n'avons pas à offrir de carburant à ceux qui s'opposent au modèle démocratique, social, écologique que nous défendons. Nous défendons pas seulement des frontières, nous défendons aussi un art de vivre, un modèle un modèle social, écologique et démocratique. Et on a les moyens de se réarmer.

Ça ça représente des des milliards et des milliards des dizaines de milliards d'euros supplémentaires sans toucher au modèle social. Éric Lambard a dit 5 milliards, je crois que c'est possible. Le président aff 100 milliards a dit Sébastien Lecnu, le ministre de la défense 100 milliards en comptant ce qui existe déjà.

C'est un effort supplémentaire de 45 milliards à terme selon le président de la République. Donc cet effort là, il faut bien sûr le fournir. Mais il y a d'autres moyens pour le faire.

Pourquoi est-ce que on n'en vient pas à dégeler les avoirs russes ? 210 milliards qui sont là et qui appartiennent donc à l'État russe et qui ne méritent pas d'être de continuer à être gelé au profit de ce de l'État qui agresse aujourd'hui. Mais je pourrais prendre aussi l'exemple l'exécutif refuse pour l'instant.

Oui, ben c'est dommage et j'entends que même à Renaissance ou pendant longtemps ça a été un refus catégorique Gabriel Atal a commencé à avancer sur cette sur ce terrain-là. Mais je pourrais prolonger en disant que nous avons en plein cœur de l'Union européenne des paradis fiscaux qui protègent les gafes. Vous avez Donald Trump qui lui nous surtaxe pour nos produits quand ils arrivent sur le territoire américain et nous nous acceptons que sur le territoire européen, il y ait des des paradis fiscaux qui permettent aux G femmes, donc aux grandes multinationales américaines, de continuer à vivre sans payer d'impôts sur des le produit de ce qu'ils vendent pourtant sur le territoire européen.

Olivieranch estu hier en meeting sur l'affiche de la France insoumise qui caricature cyanouna avec des codes antisémites. L'image a été retirée mais la polémique demeure. Écoutez le leader des insoumis, il se défend.

C'est nous qui sommes les racistes. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Et parce que j'ai dit ça suffit sur un plateau de télé parce que j'en avais jusque là.

Et comprenez-moi bien, regardez le vis de ces gens. Oui, il y a peut-être une allion comme ils sont complètement obsédés qu'ils ont à la maison les collections d'affiches d'extrême droite que leur avait laissé leur grands parents. Il les regarde tous les 5 minutes.

Ah celle-là je la connais. Pas de bol. Nous on a pas ces affiches.

On n'est pas au courant. On sait pas. D'accord.

On sait pas des Jean-Luc Mélenchon. C'est de la faute de ceux qu'on des affiches d'extrême droite de leurs grands-parents dans leur placard. Vous vous le croyez Olivier Fort ?

Mais écoutez, je suis catastrophé. Catastrophé parce que Jean-Luc Mélenchon est un homme d'une immense culture et il connaît parfaitement les codes qui ont servi antisémitisme nazi. Il connaît parfaitement l'iconographie de cette époque et à lui rien ne peut s'échapper de cette de cette nature et pas plus à lui d'ailleurs que celles et ceux qui l'entourent et qui en réalité ont été formés depuis des années et des années.

Personne n'ignore ce qu'est en fait malheureusement l'antisémitisme et la façon dont il s'est reproduit au fur et à mesure. Et donc cette affiche, elle était tout simplement indigne d'un grand mouvement de gauche et qui devrait justement porter le combat contre le racisme, contre l'antisémitisme. Nous allons défiler samedi prochain contre le racisme, contre l'antisémitisme, contre l'extrême droite.

Et cette manifestation, malheureusement, elle est entachée par cette défense. Conclusion vous en tirez au sur cette affiche. Quelle conclusion vous en tirez ?

Certains vos partis socialistes vous appellent à rompre plus franchement avec la France insoumise. Il faut en finir avec la la godie des alliances de circonstan avec Lfi Jérôme Gedge, le maire PS de Saint-Touin, lui appelle à une rupture totale avec la politique de Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que vous êtes prêt à cette rupture totale Olivier Fort ?

Mais moi je suis favorable au rassemblement des électrices et des électeurs de gauche quel était leur vote précédent. Et donc je ne veux pas entrer dans cette bagarre permanente. On parle d'alliance des partis.

Oui, mais mais où est-ce que vous avez vu quand Jean-Luc Mélenchon quand les insoumis à plusieurs reprises dérapent quand nous faisons des choix différents dès le l'heure, nous faisons la démonstration que nous n'avons pas besoin de tuteur et que nous ne sommes pas soumis à qui que ce soit. Mais ceux dont vous parlez, ceux dont vous parlez ont tous accepté le nouveau frond populaire qui a été adopté à l'unanimité par les socialistes. Et donc j'aime bien ceux qui font à la veille de chaque congrès et bien et qui cherchent à réveiller des instincts ou chercher la réalité c'est que nous avons tous été ensemble dans le Front populaire et que tous ensemble nous récusons, nous réprouvons ce que nous entendons quand nous entendons Jean-Luc Mélenchon dans cette faie du nouveau Front populaire.

Si demain il y a une dissolution Olivier Fort, est-ce que vous repartez main dans la main avec les insoumis ? Mais main dans la main certainement pas. C'est pas comme ça que les choses pas tout dans une alliance avec les insoumis.

Mais moi je suis mais moi je suis pour la clarté. Je suis pour que à chaque étape nous puissions poser les bases sur lesquelles on se rassemble. Si les bases sont celles de Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui la réponse est non.

Moi, je souhaite que sur ces combats-là, nous soyons extrêmement clairs comme nous. Aujourd'hui, s'il y avait des solutions, vous ne repartiz pas avec la France insoumise. Je ne suis je vous ai répondu que sur la base d'un contrat clair, je suis prêt à discuter, mais je ne suis pas prêt à discuter avec des gens qui n'arrivent même pas à reconnaître leur faute quand ils commettent une faute qui est une faute évidente et à partir de laquelle on devrait s'excuser et non pas chercher à voilà noyer le poisson.

On a un peu l'impression que l'histoire mais ça veut dire qu'il ment parce que quand il dit qu'il qu'il il ne connaît pas ses ses références historiques antisémite. Mais écoutez, je je crois que vous avez vous-même la réponse. Enfin, je vous l'ai dit Jean-Luc Méchon tout à l'heure sur ce pointl mais Jean-Luc Mélenchon est un homme d'une très grande culture historique et politique.

Et donc lui n'ignore rien de ce qu'est l'iconographie des années 30 et donc l'évidence c'est que quand il dit ça, il cherche une pirhouette là où il devrait au contraire chercher simplement à s'excuser à dire que il y a des millions de femmes et d'hommes qui ont été blessés qu'ils soient juifs ou pas et qui considèrent que évidemment dans ces cas-là on ne peut pas prêter le flanc à cette critique là. Et quand on est un homme de gauche, on devrait être encore plus pr à ce Olivier fort. Un dernier sujet, le parquet d'un tribunal algérien a requisé aujourd'hui 10 ans de prison ferme à l'encontre de l'écrivain franco-algérien Boulem sans sal incarcéré arbitrairement depuis le 16 novembre déjà en Algérie.

Est-ce que votre discours n'est pas un peu décalé ? Vous critiquez Bruno Rotaillot, vous dites qu'il ne faut qu'il ne faut pas hausser le ton contre Alger. Quand on voit ces réquisitions, 10 ans de prison, vous vous êtes pas un peu à côté ?

Ah mais je suis abassordi par ces réquisitions et c'est une évidence que euh vouloir condamner un homme pour sa pensée, c'est pour moi euh certainement l'un des crimes les plus odieux parce que euh la liberté, la démocratie euh ne suppose pas effectivement qu'on puisse condamner quelqu'un pour euh ce qu'il pensent. Maintenant ce que je dis quand je dis que la diplomatie d'offre à son œuvre et que la surenchère permanente de Bruno Rotaillot ne sert à rien, vous en avez la démonstration. Il a montré ses muscles, il a montré il a haussé le ton, parlé d'aller de plus en plus loin, y compris de revient sur les accords passés après la guerre d'Algérie.

Et pourtant, que se passe-t-il ? Les réquisitions d'aujourd'hui 10 ans pour Boem Sans sal le président de la République luême, mais je propose ce que le président de la République a proposé. Il a dit un moment calmons-nous.

Il a dit à un moment il vaut mieux que la diplomatie reprenne ses droits et qu'on cherche l'apaisement pour retrouver une situation où on n'est pas dans la surencher permanente. La réalité c'est que Bruno Rotaillot fait campagne en France tandis que le régime algérien fait campagne en Algérie et que chacun a trouvé son épouvantail et que l'un et l'autre sont très contents de cette surencher qui leur permet de dire "Regardez moi je tiens face à l'adversité mais ça sert à quoi ? Ça sert à ce qu'un homme soit aujourd'hui emprisonné.

Ça sert à ce que des millions de françaises et de français d'origine algérienne soient aujourd'hui et bien dans une situation où ils sont stigmatisés. Ça sert aussi à ce que la relation entre la France et l'Algérie se dégrade. Pour finir où est-ce que ça finira par aussi des sanctions économiques réciproques, qui y gagnera ?

Voilà, moi je me demande, je me pose cette question et je dis qu'à un moment et bien la diplomatie ça ne se fait pas sur les plateaux de télévision ni dans les chaînes de radio. Merci beaucoup Olivier Fort, premier secrétaire du Parti socialiste d'avoir répondu aux questions de France.