Déclaration du Président Emmanuel Macron et du Président de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh.
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- 2:30Emmanuel MacronPromesse
« nous avons signé un nouveau traité de coopération en matière de défense pour une durée de 20 ans »
- 4:30Emmanuel MacronFait
« la France est l'un des pays les plus engagés dans ses missions et permet encore à plusieurs navires de passer le détroit »
- 6:30Emmanuel MacronFait
« nous avons lancé en 2019 une école internationale de perfectionnement à la pratique de la police judiciaire »
- 8:30Emmanuel MacronChiffre
« nous avons pour, à la fois, la décentralisation et une extension des travaux d'assainissement, ajouté justement un engagement de 25 millions d'euros »
- 10:30Emmanuel MacronFait
« nous avons signé deux textes importants, l'un en matière de coopération spatiale »
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Je tiens à souhaiter la bienvenue à Djibouti, à mon ami le Président de la République française, Emmanuel Macron, pour sa deuxième visite à Djibouti. Djibouti et la France entretiennent, comme vous le savez, des relations séculaires et privilégiées fondées sur une communauté de valeurs culturelles et linguistiques. Les entretiens que nous venons d'avoir ont porté sur toutes les facettes de nos relations bilatérales, notamment le renouvellement du traité de défense France-Djibouti qui a eu lieu en juillet dernier.
Je me félicite de cette signature, réitère ici l'attachement profond de notre pays à la préservation et à la promotion de ce partenariat stratégique qui nous lie à la France. Ils nous ont également porté sur plusieurs projets en perspective, dont la construction du nouvel aéroport international ainsi que l'initiation d'une coopération en matière spatiale. Cette visite est l'illustration parfaite de la relation privilégiée entre nos deux pays.
Nous avons également fait un tour d'horizon de la situation internationale en général et en particulier de paix et de sécurité dans la région. Nos échanges sur ce point ont porté sur les ressources multiformes d'instabilité, dont les guerres civiles, la migration massive, le terrorisme, la piraterie maritime très répandue dans cette partie du monde. Dans ce volet, l'accent a particulièrement été mis sur les voies et moyens permettant d'assurer la sécurité pleine et entière dans les voies stratégiques de navigation du Bab-el-Mandeb, corridor essentiel au commerce maritime mondial, théâtre d'une crise entérinée au prolongement du conflit au Moyen-Orient.
Sur ce sujet précis, nos discussions ont surtout porté sur l'identification des modalités stratégiques nouvelles de coopération entre les deux pays en matière de stabilisation et pacification de cette région. Je vous remercie et vous cède la parole, mon cher ami. Merci beaucoup.
Monsieur le Président, cher ami, je suis très heureux, comme vous venez de le dire, d'être à nouveau à vos côtés après plusieurs visites à Paris et après la visite effectuée en effet en mars 2019 ici, à vos côtés. Et au delà de notre amitié personnelle et de ces multiples échanges, c'est une amitié qui s'inscrit dans la profondeur de cette relation historique, linguistique que vous venez de rappeler à l'instant, cher Président. Nous venons d'avoir avec le Président et je l'en remercie, un entretien substantiel accompagné de nos délégations, et je suis très heureux d'être en effet parmi vous, à la fois pour cet agenda bilatéral, les questions régionales et de paix et de sécurité que vous avez mentionné, et vous m'avez ainsi permis également d'être aux côtés de nos forces en cette période de fête.
Et j'étais heureux d'être en effet à leurs côtés hier soir, et je dois dire, j'ai pu voir à portée d'homme la qualité de la relation bilatérale et l'intégration entre nos armées et la confiance qui y règne. Et en effet, cette présence des forces françaises à Djibouti s'inscrit dans un partenariat bilatéral solide, enraciné dans plusieurs décennies de confiance et ancré vers l'avenir. Vous venez de le rappeler, en juillet dernier, nous avons signé un nouveau traité de coopération en matière de défense pour une durée de 20 ans, qui témoigne de cette confiance mutuelle entre nos deux pays et de la convergence de nos intérêts stratégiques.
Et ce partenariat avec Djibouti, au cœur d'une des régions les plus stratégiques du monde, entre Corne de l'Afrique, Moyen-Orient et Asie, répond en effet à des intérêts stratégiques partagés par nos deux pays. D'abord pour votre intégrité territoriale et votre stabilité. Cela fait partie de ce traité.
Ensuite, pour préserver la stabilité régionale et lutter contre les mouvements terroristes, c'est notre intérêt commun et bien compris. Et puis, pour assurer la liberté de navigation sur des routes maritimes vitales pour le commerce mondial et la France est l'un des pays les plus engagés dans ses missions et permet encore à plusieurs navires de passer le détroit. Cette présence à Djibouti est, bien sûr, également orientée vers l'océan Indien et l'indo-pacifique, et notre stratégie indo-pacifique, réaffirmée et consolidée depuis le printemps 2018, ne pourrait se faire sans les forces françaises de Djibouti et ce qu'elles permettent de faire.
En même temps que c'est un point d'appui pour des opérations essentielles et des missions d'urgence comme l'opération Sagittaire que nous avons effectué au printemps 2023 pour évacuer, pas simplement des Françaises et des Français, mais des ressortissants du monde entier depuis le Soudan et également pouvoir servir de secours à destination de notre territoire meurtri, je pense à ce qui a été fait grâce à cette emprise sur Mayotte et donc le caractère stratégique qui est ici clair. Et cette coopération est irriguée par la confiance, le lien et l'amélioration de ce lien entre nos armées. Je dis ceci à un moment de clarification de notre action sur le continent africain dans le champ de la sécurité et de la défense.
Et cette clarification, la France l'a souhaité. Elle répond aussi aux demandes de nombre de nos partenaires et j'avais pu l'annoncer dès février 2023. Nous avons voulu faire évoluer notre modèle là où, dans de nombreux pays, nous avions des bases historiques posées.
Nous avons voulu repenser notre présence en co-construisant un partenariat et des coopérations avec de nombreux pays. Expression des besoins, formation, équipements, coopération en matière de renseignement, opérations ponctuelles. Mais nous sommes en train de changer la logique, et je veux ici dire le caractère singulier de Djibouti.
Djibouti ne participe pas de cette manœuvre d'ensemble parce que depuis des décennies, la nature même de notre base ici, de nos opérations, est profondément différente. Elle repose sur une expression claire du besoin en matière de sécurité de notre partenaire et elle nourrit un agenda qui est un agenda beaucoup plus large et qui est la condition, comme je l'évoquais, de la réalisation de notre stratégie indo-pacifique et de tout ce que nous faisons dans la sous région. Et donc je veux ici donner, redire la cohérence qu'il y a entre ce qui est fait ailleurs et ici, mais souligner la singularité de ce que permet Djibouti, et aussi dire combien, depuis ces dernières années, nous avons renforcé cette qualité de structuration régionale.
À Djibouti, nous avons lancé en 2019 une école internationale de perfectionnement à la pratique de la police judiciaire et donc, au delà des forces françaises ici présentes, nous avons aussi des succès dans différents domaines ; police judiciaire, je l'évoquais, école régionale à la protection civile également, et nous continuerons d'avancer en la matière. Au delà de ce sujet et de notre volonté de relancer aussi le dialogue stratégique et de consolider, je veux ici dire combien, ces dernières années, nous avons renforcé notre présence et nos engagements. Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, le directeur général de l'AFD, ont pu, sur des projets très concrets, accompagner vos ministres et vos autorités ce matin et qu'il s'agisse des infrastructures, avec un effort majeur pour le renforcement du système d'assainissement de la ville de Djibouti, une offre de qualité de nos entreprises, qu'il s'agisse du soutien à vos efforts en faveur du développement communautaire, avec la construction de centres intégrés qui hébergent à la fois lieu d'expression culturelle, sportive, mais aussi marchés et structures de sécurité, et de l'ouverture du nouveau lycée français, ainsi que le lancement d'un projet de lycée polyvalent, [INAUDIBLE], qui sont deux pôles d'excellence au service de l'éducation et de cet attachement à la langue que vous évoquiez.
De nouveaux engagements ont été signés ce matin également et nous avons pour, à la fois, la décentralisation et une extension des travaux d'assainissement, ajouté justement un engagement de 25 millions d'euros à ce qui a déjà été décidé et fait. Au delà de cela, vous l'avez rappelé, nous avons signé deux textes importants, l'un en matière de coopération spatiale, pour vous accompagner dans cette stratégie autonome en matière spatiale et votre volonté, en effet, de forger une agence propre, ceci s'appuyant sur les coopérations déjà largement développé avec l'Université de Montpellier et les premiers succès en la matière. Et puis ce que vous avez décidé pour ce nouvel aéroport et la confiance manifestée à l'égard de la France a pu se cristalliser à travers la déclaration d'intention que nous venons de signer.
Tout cela contribue à notre capacité à faire face ensemble à l'agenda régional. Vous l'avez dit et nous en avons parlé. Nous allons y revenir.
Nous sommes convaincus l'un et l'autre pour les pays de la Corne de l'Afrique, de l'importance de dialoguer et de vivre dans le respect de l'intégrité territoriale. Et nous avons à cet égard salué le processus de dialogue qui a avancé de façon décisive entre l'Éthiopie et la Somalie. Et j'aurai d'ailleurs l'occasion de porter ce message d'apaisement à Addis-Abeba dans quelques heures.
Nous avons également convergé sur l'importance de la mise en œuvre d'un processus de dialogue pour mettre un terme au terrible conflit au Soudan, et vous savez l'engagement de la France en la matière, et aussi sur l'importance de maintenir un soutien aux efforts africains pour la stabilisation de la Somalie. Et je veux dire ici que vous pouvez compter sur la France pour que les fonds soient débloqués et que les choses avancent. Et j'ai à cet égard pu saluer la mobilisation du président Guelleh au titre de sa présidence de l'IGAD.
Voilà, Je vous remercie, Monsieur le Président, pour cet accueil chaleureux. Je retrouve ici un pays ami et un président ami, et vous savez que vous pouvez avoir confiance dans la France, dans son engagement dans tous les domaines que nous venons d'évoquer. Merci.
Merci.
Emmanuel Macron