Propos racistes d'un élu RN à l'Assemblée, accueil de l'Ocean Viking, précarité étudiante, contrôles dans les Ehpad... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Jean-Christophe Combe
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:26OuverteRéponse directe
Pour vous, c'était de la politique ou c'est du racisme pur et simple ?
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Précisément, quelles sanctions vous demandez ? Est-ce que vous demandez, par exemple, sa démission de son mandat de député ?
- 1:15RelanceRéponse directe
Vous n'êtes pas sur la même ligne ?
- 1:41OuverteRéponse directe
Si Grégoire de Fournas le fait, à l'avenir, est-ce que vous lui répondrez ?
- 1:56RelanceRéponse directe
Mais est-ce que plus globalement, pour vous, le Rassemblement national est un parti raciste ?
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Est-ce que, rétrospectivement, vous le regrettez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Pour moi, ça n'a absolument rien de politique. C'est des propos qui sont juste insupportables. C'est du racisme pur. »
- 0:43Invité politiqueFait
« Moi, j'observe juste que la stratégie du Rassemblement national de notabilité a craquelé hier. »
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« Je pense que leur histoire le montre. Ce n'est pas parce qu'il s'appelle le Rassemblement national qu'ils ne sont pas les héritiers du Front national. »
- 2:40Invité politiqueFait
« Ils sont 89 à l'Assemblée nationale. L'Assemblée nationale, elle répartit ses postes en fonction du poids politique des députés. »
- 4:01Invité politiqueFait
« Quand on écoute le Rassemblement national, on a l'impression que ces migrants, ils étaient en croisière, qu'ils venaient d'Afrique du Nord et qu'ils venaient vers l'Europe. »
- 4:14Invité politiqueFait
« En fait, ces personnes, elles ont été secourues en Méditerranée parce qu'elles étaient en situation de danger de mort. »
- 6:13Invité politiqueFait
« Ce n'est pas une question de solidarité. On a des personnes aujourd'hui qui sont dans notre pays, qui veulent travailler. »
- 6:26Invité politiqueFait
« On a des gens qui veulent travailler. On a des employeurs qui veulent et qui cherchent des professionnels. Eh bien, donnons-leur du travail. »
- 6:54Invité politiqueFait
« L'objectif de l'ouverture derrière ce débat et les propositions qui sont faites par le ministre de l'Intérieur, c'est d'être ferme, de pouvoir offrir et bien accueillir. »
- 10:39Invité politiqueChiffre
« Je vous fais observer d'ailleurs que la France est le pays de la zone euro où l'inflation est la plus faible, 6,2%. »
- 11:02Invité politiqueChiffre
« On a revalorisé les bourses comme l'ensemble des minima sociaux de 4%. La moitié des étudiants boursiers ont pu bénéficier de l'allocation exceptionnelle de solidarité. »
- 12:08Invité politiqueChiffre
« On a doublé les crédits de l'aide alimentaire. On a rajouté 55 millions d'euros d'ici à la fin de l'année pour soutenir les grands réseaux associatifs. »
- 13:48Invité politiqueChiffre
« C'est un début, c'est 117 millions d'euros au total pour 2023, l'aide alimentaire qui est pourvue par l'État. »
- 14:00Invité politiqueChiffre
« L'aide des pouvoirs publics pour l'aide alimentaire, c'est près de 900 millions d'euros qui seront prévus en 2023. »
- 20:07Invité politiqueChiffre
« C'est quoi le salaire moyen d'une assistante maternelle, du coup ? 1495 euros net, parce qu'elle garde en moyenne 3,3 enfants. »
- 22:34Invité politiqueChiffre
« On a contrôlé plus de 600 à ce stade, qui ont fait l'objet de nombreuses recommandations, de nombreuses injonctions. »
- 22:40Invité politiqueChiffre
« On a saisi trois fois, d'ailleurs, le procureur pour des faits graves. »
- 24:56Invité politiqueChiffre
« Il y a un nombre important de personnes qui n'ont pas recours, c'est 30% de non-recours pour le RSA par exemple. »
Temps de parole
- Invité politique59 %
- Présentateur18 %
- Invité12 %
- Présentateur 29 %
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Bonjour Jean-Christophe Combe. Bonjour. Qu'il retourne en Afrique, séance suspendue hier, tollé à l'Assemblée nationale après les propos jugés racistes de ce député R.N. Grégoire de Fournasse à l'Assemblée. Il parlait des bateaux de migrants. C'est un débat politique, c'est ce que nous a dit ce matin sur France Info Sébastien Chenu, porte-parole du Rassemblement national, vice-président de l'Assemblée, député du Nord. Pour vous, c'était de la politique ou c'est du racisme pur et simple ?
Pour moi, ça n'a absolument rien de politique. C'est des propos qui sont juste insupportables. C'est du racisme pur. Il faut condamner ces propos avec la plus grande fermeté. Moi, j'observe juste que la stratégie du Rassemblement national de notabilité a craquelé hier. C'est juste insupportable. Et encore une fois, il faut le condamner. Et j'espère que les sanctions qui seront prises à l'égard de ce député seront extrêmement fermes.
Précisément, quelles sanctions vous demandez ? Est-ce que vous demandez, par exemple, sa démission de son mandat de député ?
Ce n'est pas à moi de me prononcer sur cette question. C'est le bureau de l'Assemblée nationale qui décidera. Mais ce qu'on demande, c'est que ce soit extrêmement ferme et que ça puisse effectivement aller jusqu'à une expulsion.
Olivier Véran, par exemple, ce matin, dit qu'il faut qu'il démissionne de son mandat. Vous n'êtes pas sur la même ligne ?
Moi, je pense qu'il aurait fallu qu'il démissionne, effectivement. J'observe que ce n'est pas du tout ce que Marine Le Pen a souhaité faire, puisqu'elle le défend, le défend l'indéfendable. Maintenant, j'attends que l'Assemblée nationale prenne une décision et une sanction qui soit extrêmement ferme.
Vous êtes ministre des Solidarités, de l'autonomie des personnes handicapées aussi. Il y a les questions au gouvernement. Les députés peuvent vous solliciter. Si Grégoire de Fournas le fait, à l'avenir, est-ce que vous lui répondrez ?
C'est un député, c'est un représentant de la nation. Je suis membre du gouvernement, donc je me plierai évidemment à l'exercice.
Vous avez évoqué le racisme de ces propos, mais est-ce que plus globalement, pour vous, le Rassemblement national est un parti raciste ?
Je pense que leur histoire le montre. Ce n'est pas parce qu'il s'appelle le Rassemblement national qu'ils ne sont pas les héritiers du Front national. C'est un parti qui vient de fêter ses 50 ans. On se souvient des propos de Jean-Marie Le Pen. Il a une histoire, il a une idéologie. Ce n'est pas parce qu'on met une cravate à l'Assemblée nationale, qu'on essaye de se tenir sur les bancs de l'Assemblée, qu'il n'y a pas ce fonds qui est véhiculé par ces politiques.
Et pour autant, il y a deux vice-présidents Rassemblement national à l'Assemblée. Et si ces deux vice-présidents ont été élus à ces postes, c'est parce que les députés de la majorité aussi ont voté pour eux. Est-ce que, rétrospectivement, vous le regrettez ?
Ils sont 89 à l'Assemblée nationale. L'Assemblée nationale, elle répartit ses postes en fonction du poids politique des députés. Enfin, moi, je ne regrette pas que ça ait été le cas. C'est normal, il y a 89 députés. Il y a des Français qui ont voté pour qu'il y ait 89 députés Rassemblement national à l'Assemblée nationale. Il faut qu'ils puissent exercer leurs responsabilités.
Vous comprenez que c'est une position un petit peu difficile à comprendre. Vous les traitez de racistes, vous les considérez comme racistes. Mais dans le même temps, vous estimez qu'ils ont une place normale, j'allais dire, dans les institutions ?
Ils ont été élus démocratiquement. Moi, je suis profondément démocrate. Je respecte les institutions. C'est-à-dire pour ça que je suis profondément choqué par ce qui s'est dit hier à l'Assemblée nationale. Propos racistes n'ont pas de place dans notre société. Que ce soit à l'Assemblée nationale, c'est pire encore que partout ailleurs, même si partout, c'est inacceptable.
Et sur le fond, Jean-Christophe Combes, Carlos Martens, Bilingo, s'exprimait sur le sort des migrants en Méditerranée, en l'occurrence des bateaux de secours, l'Océan Viking, et cette question où est-ce que ces migrants peuvent être acheminés, placés en lieu sûr. On a compris que la position du Rassemblement national, c'est retour vers les côtes africaines. Qu'en est-il ? Est-ce que vous demandez aujourd'hui, en tant que ministre des Solidarités, à ce que l'Océan Viking soit accueilli en France ?
Quand on écoute le Rassemblement national, on a l'impression que ces migrants, ils étaient en croisière, qu'ils venaient d'Afrique du Nord et qu'ils venaient vers l'Europe. Mais est-ce qu'on les accueille en France ? Pour qu'on leur demande d'y retourner, il faudrait que le bateau en vienne. Je ne crois pas que ce soit le cas. En fait, ces personnes, elles ont été secourues en Méditerranée parce qu'elles étaient en situation de danger de mort. Je pense qu'il faut qu'aujourd'hui, il y ait un port en Europe ou en France qu'ils puissent les accueillir, qu'on puisse les soigner parce qu'il y a des femmes, il y a des enfants qui sont malades, qui sont dans une situation humanitaire terrible.
Mais toujours ce même mécanisme, les accueillir peut-être à Marseille et une répartition de ces femmes et de ces hommes entre les pays volontaires de l'Union Européenne.
Après, il faudra les accompagner selon notre droit. Je pense que, voilà, j'imagine que ces personnes vont faire une demande d'asile et en fonction de ce qui sera décidé par le droit, par la justice, soit ils seront accompagnés chez eux, soit ils auront vocation à rester sur le territoire français.
Ces personnes ne feront pas de demande d'asile en France si l'Océan Viking n'est pas accueilli en France. Est-ce que vous demandez, vous, en tant que ministre des solidarités, qu'on ouvre notre porte, qu'on ouvre notre port et que ces personnes puissent être accueillies en France ?
Moi, je pense que ces personnes, il faut les accueillir, que ce soit en France, en Italie, en Grèce ou ailleurs ou en Espagne. Encore une fois, c'est des personnes qui sont dans une situation humanitaire absolument épouvantable. On ne va pas les laisser mourir au milieu de la Méditerranée sur un bateau.
Mais dans le contexte, est-ce que ce n'est pas la meilleure réponse à cette phrase de ce député du Rassemblement National que de les accueillir ?
Pour moi, ce n'est même pas une question. C'est une question d'humanité avant tout. Et on ne va pas le faire pour répondre à votre position. Est-ce que la France est prête à les accueillir ou pas ? La France est prête à les accueillir comme n'importe quel pays. Encore une fois, je suis ministre des Solidarités dans ce pays. Je pense que c'est une question d'humanité. Il faut qu'on puisse accueillir ces personnes. On ne va pas les laisser dériver au milieu de la Méditerranée.
Grand débat en cours, débat législatif notamment sur la loi immigration. Cette mesure, présentée cette semaine par le gouvernement, pouvoir délivrer des titres de séjour pour des personnes qui viendraient répondre à des besoins pour les métiers en tension. Quelques dizaines de milliers de postes, on a compris. Est-ce que pour vous, c'est de la solidarité, ça ?
Ce n'est pas une question de solidarité. On a des personnes aujourd'hui qui sont dans notre pays, qui veulent travailler. On a par ailleurs des métiers pour lesquels on cherche à recruter des personnes. Moi, ce n'est pas une question de solidarité, c'est pragmatique. On a des gens qui veulent travailler. On a des employeurs qui veulent et qui cherchent des professionnels. Eh bien, donnons-leur du travail.
Et par ailleurs, il y a à côté de ça les démarches pour les demandes d'asile.
Et puis, il y a l'autre question de ce que l'État veut expulser, les obligations de quitter le territoire français. Gérald Darmanin répète qu'il veut rendre la vie de ces personnes impossible, rendre la vie impossible. Est-ce que c'est une expression qui vous convient ?
L'objectif de l'ouverture derrière ce débat et les propositions qui sont faites par le ministre de l'Intérieur, c'est d'être ferme, de pouvoir offrir et bien accueillir. Et moi, en tant que ministre des Solidarités, c'est mon rôle. C'est d'accueillir le plus dignement possible, de favoriser aussi l'intégration des personnes qui ont vocation à rester... Et rendre la vie impossible de celles qui n'ont pas vocation à y rester. ...sur le territoire national. Et de raccompagner chez elles, de faire quitter le territoire aux personnes qui n'ont pas vocation à rester.
Quand il dit rendre la vie impossible, il l'évoque, plus de logements sociaux, plus de prestations sociales. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ces personnes-là se retrouvent à la rue, même si elles ont l'obligation de quitter le territoire ?
Parce qu'on a une obligation, une fois que les personnes sont sur le territoire français, de les accueillir dignement, de les protéger. En revanche, encore une fois, si elles n'ont pas vocation à rester sur le territoire, si elles ne bénéficient pas d'une protection dans le cadre du droit d'asile, eh bien, il faut les raccompagner chez elles.
Jean-Christophe Cobombe, vous restez avec nous. Dans un instant, on va parler de l'inflation, des réponses du gouvernement pour aider les foyers les plus modestes. C'était juste après le fil Info à 8h40, Mathilde Romagnon. Ce matin, à partir de 9h10, mesdames, nous travaillerons gratuitement. Conséquence des écarts de salaire entre les femmes et les hommes de 15,8% en France. Une date et une heure symboliques calculées par le collectif féministe Les Glorieuses. Le député Rassemblement National Grégoire de Fournasse sera-t-il sanctionné ?
Le bureau de l'Assemblée nationale serait uni à 14h30 après les propos controversés de l'élu hier sur l'immigration lors d'une question au gouvernement du député noir, la France Insoumise, Carlos Martens Bilongo. Propos jugés racistes, condamnés avec la plus grande fermeté ce matin par le ministre des Solidarités, Jean-Christophe Combe, invité du 8h30 France Info. Le chancelier allemand Olaf Scholz a rencontré ce matin le président chinois Xi Jinping. Il a dit vouloir développer davantage les liens économiques entre Berlin et Pékin. Olaf Scholz est le premier dirigeant européen à se rendre en Chine depuis le début de la pandémie.
Le football, trois clubs français sont désormais qualifiés en Ligue Europa, Nantes et Monaco qui rejoignent Rennes. Ce soir, début de la quatorzième journée de Ligue 1, 3 reçoivent Auxerre à 21h.
France Info. Le 8h30 France Info. Adrien Becq. Jules Dequise.
Jean-Christophe Combe, ministre des Solidarités, de l'Autonomie et des personnes handicapées. On va parler de l'inflation maintenant, de la hausse des prix. Elle explose, notamment pour la nourriture, près de 12% sur un an. Ça rend la vie difficile à des millions de Français, notamment aux plus précaires et parmi eux, beaucoup d'étudiants. Exemple avec Maëlle. Vous avez certainement vu passer son cas 20 ans. Elle est étudiante à Sciences Po et elle n'a que 100 euros de bourse par mois pour vivre. Elle a publié une vidéo sur le réseau social TikTok. Déjà 4 millions de vues.
J'ai 100 euros de bourse par mois et avec ça, je suis censée vivre, payer mes courses, payer mon loyer qui est de 400 euros. Je suis à l'étranger en plus, donc tout est plus cher. Ça fait deux ans que je travaille au moins 20 heures par semaine. C'est énorme à côté de ces études. Mes études, elles s'en prennent un coup, mais je bosse et je dis rien. Je suis censée payer ma vie. Comment je travaille ? Je galère à faire des études. Je ne suis pas censée autant galérer juste parce que mes parents n'ont pas de moyens.
Quand vous voyez ça, Jean-Christophe Combe, ministre des Solidarités, qu'est-ce que vous vous dites ? 100 euros de bourse par mois, elle met en péril ses études, dit-elle, à cause des petits boulots qu'elle doit faire à côté. Ça ne peut pas être satisfaisant ?
Non, c'est complètement insatisfaisant. Moi, comme je pense tous les Français, j'ai été particulièrement touché par cette vidéo. Après, la question de l'inflation, l'augmentation générale des prix, elle touche tout le monde. Le gouvernement agit. Il agit depuis longtemps. Je vous fais observer d'ailleurs que la France est le pays de la zone euro où l'inflation est la plus faible, 6,2%. Pour autant, c'est extrêmement important. On agit particulièrement pour soutenir les personnes les plus fragiles en situation de précarité et en particulier les étudiants.
Parce qu'il y a des trous dans les mailles du filet. On le voit bien avec cet exemple-là.
On a revalorisé les bourses comme l'ensemble des minima sociaux de 4%. La moitié des étudiants boursiers ont pu bénéficier de l'allocation exceptionnelle de solidarité. Il n'y a pas que ça. Dans les Crous, on a mis en place des repas à 1 euro. On a gelé le prix des études. On a fait beaucoup de choses. La ministre de l'Enseignement supérieur a ouvert d'ailleurs une grande concertation sur la vie étudiante parce que c'est un problème qui est criant.
Mais de façon urgente, il ne faut pas une réponse urgente précisément parce que ce n'est pas question de concertation. Il est question de personnes qui n'arrivent pas à manger pendant leurs études en l'occurrence.
C'est plus d'un an qu'on agit dans l'urgence. On a bloqué les prix du gaz et de l'électricité. On a donné des remises à la pompe pour limiter l'augmentation du prix de l'essence. Les étudiants, ils se déplacent aussi. Donc, ils bénéficient aussi de ça. Et puis, on a mis en place un plan d'aide alimentaire vis-à-vis des étudiants, mais vis-à-vis aussi de la population générale, vis-à-vis de ces familles, des familles monoparentales, par exemple, qui, aujourd'hui, ont des grandes difficultés à boucler les familles. On a doublé les crédits de l'aide alimentaire.
On a rajouté 55 millions d'euros d'ici à la fin de l'année pour soutenir les grands réseaux associatifs, pour soutenir la distribution alimentaire sur le territoire. Et c'est ça qui répondra à l'urgence.
Mais dans le même temps, tout le monde ne va pas aller d'alimentaire, mais certains, malgré tout, sont en précarité alimentaire. Il y a deux jours, sur ce plateau, la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, nous parlait d'augmentation de prix de l'alimentation cette année, mais également l'année prochaine. Vous avez donné une aide de 100 euros face à l'inflation en septembre pour les ménages modestes. Est-ce qu'il ne va pas falloir recommencer ?
On a donné une aide de 100 euros plus 50 euros par enfant, par ménage. On a donné aussi un chèque énergie, puisque le prix de l'énergie impacte aussi beaucoup les ménages les plus modestes. On a dit, et moi j'ai réuni, et nous avons réuni hier avec la Première ministre, l'ensemble des associations qui luttent contre la pauvreté. Ce qu'on leur a dit, c'est qu'on agissait dans l'urgence, qu'on sera extrêmement vigilant à l'évolution de la situation si jamais la pauvreté devait augmenter. J'observe d'ailleurs que, là aussi, la France, elle a des résultats. C'est-à-dire qu'on est l'un des seuls pays de l'OCDE qui n'a pas vu la pauvreté exploser depuis la crise sanitaire.
Elle augmente, d'après les chiffres que vous avez ? Non, elle reste stable à 14,6%, mais on est extrêmement vigilant. Il est surtout vigilant que cette pauvreté, elle ne s'intensifie pas, c'est-à-dire que les plus pauvres ne soient pas encore plus pauvres. Et justement, c'est l'objectif de toutes les mesures que nous ciblons vers les ménages modestes. Et hier, la Première ministre, elle a annoncé la mise en place d'un fonds d'aide alimentaire durable de 60 millions d'euros, là aussi pour doubler encore une fois les crédits.
Les associations demandaient 200 millions, notamment le Secours populaire.
C'est un début, c'est 117 millions d'euros au total pour 2023, l'aide alimentaire qui est pourvue par l'État. L'aide des pouvoirs publics pour l'aide alimentaire, c'est près de 900 millions d'euros qui seront prévus en 2023. C'est considérable. Et donc, on agit, on sera vigilant à l'évolution de la situation. On soutient aussi les réseaux associatifs puisqu'ils ont un rôle clé à jouer dans cette situation.
On entend cette réponse du gouvernement, notamment cette enveloppe de 60 millions d'euros pour les associations qui fournissent de l'alimentation aux Français. Pourquoi pas donner des chèques directement avec la question du chèque alimentation, dont vous n'annoncez pas justement une nouvelle entrée en vigueur ? Pourquoi choisir d'aider les associations et pas les Français directement avec tout ce que ça comporte ? Vous savez que ça ne fait plaisir à personne de devoir faire la queue, des files d'attente pour aller chercher sa nourriture.
Alors déjà, des chèques, il en existe. Ils sont distribués d'ailleurs par ces associations, ils sont distribués par les CCAS. Les collectivités ont aussi un rôle important à jouer dans la solidarité sur les territoires dans notre pays. Ces 60 millions d'euros, effectivement, ils sont là aussi pour répondre aux préconisations de la Convention citoyenne pour le climat, qui avait demandé justement la mise en place de ce chèque. Voilà, mais avec un cahier des charges compliqué, des circuits courts, un accès à une alimentation saine, durable sur les territoires.
Donc c'est ce qu'on va essayer de travailler, d'abord avec les grands réseaux associatifs au niveau national, mais aussi sur les territoires avec la solidarité qui va se mettre en place. On a vu hier à Reims ces initiatives d'agriculteurs qui donnent des produits alimentaires à ces associations pour aider la population, pour distribuer. C'est aussi l'industrie agroalimentaire. On a vu hier l'industrie Vivesia qui produit de la farine, qui offre de la farine aux banques alimentaires. Voilà, c'est des solidarités sur les territoires qu'on essaie de promouvoir.
En tout cas, vous nous le confirmez ce matin, il n'y a pas d'augmentation des prestations sociales prévues à ce stade, dans les prochaines semaines.
Il n'y a pas d'augmentation qui est prévue. On a déjà connu 4% cet été, ce qui est extrêmement important. Il y a un certain nombre de prestations qui sont adossées aussi à l'inflation, donc qui automatiquement seront revalorisées en début d'année prochaine. Le SMIC a augmenté de 8%, donc c'est les salaires aussi qu'il faut augmenter.
Un dernier mot sur ces questions de pouvoir d'achat, sur la ristourne carburant, qui vont diminuer de moitié là au 15 novembre. Ensuite, le dispositif sera abandonné à la fin de l'année. Vu le contexte, on sait qu'il y a un dispositif prévu, on n'en a pas encore les détails pour les gros rouleurs. Mais est-ce qu'il ne serait pas de bon ton de prolonger cette ristourne ?
On va voir comment. Vous avez vu que les prix fluctuent beaucoup, évoluent à la hausse et à la baisse. En tout cas, il reste très élevé. Il reste quand même très élevé. Et vous avez vu que le gouvernement savait répondre et agir en cas de nécessité. La première ministre a annoncé la prolongation de cette ristourne jusqu'au 15 novembre. Elle avait prévu de s'arrêter au 1er novembre. Donc voilà, on verra en fonction de l'évolution comment on a su montrer qu'on savait protéger les Français et les entreprises. Ce serait souhaitable qu'elle se poursuive cette ristourne ? Si c'est nécessaire, ce sera le cas.
Mais il faut voir comment évoluent les prix, comment évolue la situation et si c'est soutenable aussi pour les finances publiques de notre pays.
Jean-Christophe Combe, ministre des Solidarités, avec nous sur France Info. Vous restez le temps de dérouler le Fil Info pendant une minute avec Mathilde Romagnan. Le bureau de l'Assemblée nationale décidera cet après-midi d'une éventuelle sanction envers le député Rassemblement national Grégoire de Fournasse. Il a lancé hier dans l'hémicycle qu'il retourne en Afrique lors d'une intervention sur l'immigration clandestine du député noir LFI Carlos Martins-Bilongo. Propos jugés racistes, condamnés par tous les autres partis.
Les femmes travaillent gratuitement à partir de 9h10 ce matin, jours et heures symboliques, pour dénoncer les écarts de salaire entre les hommes et les femmes et calculés par le collectif féministe Les Glorieuses. A l'approche de l'hiver, EDF revoit encore à la baisse ses prévisions de production d'électricité nucléaire pour cette année. Quatre réacteurs touchés par des problèmes de corrosion sont restés à l'arrêt plus longtemps que prévu, en cause également une grève de plusieurs semaines au sein du groupe. Le tennis, plus aucun Français en lisse au Masters 1000 de Paris-Bercy.
Gilles Simon lui termine sa carrière à 37 ans après sa défaite hier en 8e de finale face au Canadien Félix Augé-Aliassime.
France Info Le 8.30 France Info Adrien Bec Gilles Dequise
Toujours avec Jean-Christophe Combe, ministre des Solidarités, de l'Autonomie et des Personnes Handicapées. Vous avez créé la polémique la semaine dernière après avoir largement, très largement sous-estimé le salaire des assistantes maternelles. 3 SMIC, 3 900 euros. Sûrestimé, pardon, je m'embrouille. 3 900 euros par mois pour une personne qui garde 3 enfants, avez-vous dit à l'Assemblée Nationale. Comment vous avez fait pour ne pas vous rendre compte de la grosse bêtise que vous disiez ?
Je m'en suis rendu compte puisque j'ai rectifié presque...
Vous l'avez dit 4 fois quand même.
Presque aussitôt. Je rappelle le contexte. Moi, je ne suis pas un politique, je viens de la société civile. Avant, j'étais directeur général de la Croix-Rouge. J'ai passé 10 heures en séance à défendre le projet de loi de financement de la sécurité sociale dans un contexte extrêmement difficile. Donc voilà, j'ai fait une bourde. J'ai fait une bourde avant de m'en rendre compte, effectivement, vu l'agitation dans l'Assemblée. Vous avez bugué. Voilà, j'ai juste bugué. Je ne peux pas croire qu'on puisse imaginer que je pensais vraiment ce que j'ai dit. Enfin voilà, ça m'a fait beaucoup de peine d'ailleurs cette polémique.
D'abord parce que je ne viens pas, comme ça a pu être raconté sur les réseaux sociaux, de façon très violente d'ailleurs, d'un milieu social extrêmement favorisé. Donc je sais d'où je viens, d'une petite ville dans l'Est de la Marne, d'une famille relativement modeste. Et donc je ne suis pas quelqu'un de déconnecté. J'ai passé 11 ans à m'engager à la Croix-Rouge française. Et donc je pense avoir une vision assez précise des réalités sociales, économiques de ce pays. Et donc voilà, ça m'a blessé. C'est quoi le salaire moyen d'une assistante maternelle, du coup ? 1495 euros net, parce qu'elle garde en moyenne 3,3 enfants. Mais c'est une moyenne.
Et donc il y a des assistantes maternelles qui gagnent beaucoup moins et il y en a qui gagnent un peu plus.
Et effectivement, beaucoup de femmes sont assistantes maternelles. Aujourd'hui, on dit en ce 4 novembre, à partir de 9h10, les femmes travailleront gratuitement. Concernant les assistantes maternelles, après le salaire que vous venez d'évoquer, vous vous donnez combien de temps pour que ces salaires augmentent ?
Le plus rapidement possible. D'ailleurs, je n'ai pas attendu la polémique pour m'occuper de cette question, puisque j'ai été nommé le 4 juillet et le 11 juillet, je réunissais le comité de CHIER Petite Enfance, justement pour aborder la question des conditions de travail des personnes à la petite enfance. C'est un secteur qui est en crise, qui a du mal à recruter, qui est en perte d'attractivité. Et j'ai ouvert des négociations salariales début septembre. On se voit d'ailleurs dans les jours qui viennent avec notamment les assistantes maternelles, qui représentent 60% des places d'accueil du jeune enfant dans notre pays. Donc elles ont un rôle extrêmement important.
On a vu ces dernières années un reflux important de ces assistantes maternelles. On n'a pas assez. Et donc on va ouvrir ces questions salariales le plus rapidement possible.
Jean-Christophe Combes, vous avez dans le giron de votre action publique, notamment la question des EHPAD qui accueillent nos aînés. Il y a eu bien sûr l'affaire Orpea qui a secoué tout le secteur avec des abus et la promesse de contrôle dans les 7500 établissements en France. Est-ce que tous vont pouvoir être inspectés rapidement dans les deux ans ?
On s'est engagé à le faire et ce sera fait. On a recruté 120 collaborateurs dans les agences régionales de santé pour accompagner et procéder à ces contrôles. Contrôle surprise ? Contrôle surprise, sur pièce, sur place. C'est des dispositifs qui ont été mis en œuvre en fonction des risques estimés aussi dans chacun des EHPAD. Tous seront contrôlés. Et en fait, en fonction de ce qu'on y trouve, on approfondit les contrôles. Après, j'entends cette question des contrôles surprise, vous savez.
Ça a été toute la question quand même dans l'affaire Orpea. On s'est rendu compte que les contrôles n'étaient pas vraiment surprises et que visiblement, ils n'ont rien pu déceler.
Je pense qu'on sait ce qui se passe dans les EHPAD.
On ne le savait pas complètement en tout cas.
On le sait quand on est maire, quand on est directeur général d'une ARS, quand on est président de conseil départemental, on sait ce qui se passe sur son territoire.
Des premiers retours que vous avez, il se passe quoi précisément dans les EHPAD ? Déjà, vous en avez contrôlé combien à ce stade ?
On a contrôlé plus de 600 à ce stade, qui ont fait l'objet de nombreuses recommandations, de nombreuses injonctions. On a saisi trois fois, d'ailleurs, le procureur pour des faits graves. On trouve des actes de maltraitance, on trouve des problématiques de personnel, où on trouve des problématiques de circuit du médicament, donc de sécurité des personnes âgées. Notre objectif, à nous, c'est de les contrôler dans les deux ans, de faire en sorte, tous dans les deux ans, et pas une seule fois. C'est-à-dire de dire qu'il faut qu'à l'avenir, on puisse contrôler ces établissements au moins une fois tous les deux ans.
Aujourd'hui, c'est une fois tous les 20 ou 30 ans, ce qu'a dit la Cour des Comptes, et donc faire en sorte que la question de la qualité, de la sécurité, de l'accompagnement et de l'accueil des personnes dans ces EHPAD soit une priorité.
Et juste un mot, parce que vous parliez notamment du rôle des élus qui peuvent savoir ce qui se passe dans les EHPAD, ça veut dire que vous les incitez aussi à faire des signalements, à vous aider dans cette mission de contrôle des EHPAD ?
La question de la lutte contre la maltraitance, c'est une question qui concerne tout le monde. J'observe que depuis qu'on en parle, les signalements, et c'est heureux, ils ont augmenté de plus de 50%, non pas parce que les actes de maltraitance ont augmenté, mais parce que la parole se libère. Et donc moi, j'incite tout le monde à parler, à signaler, pour pouvoir combattre cette maltraitance.
Et est-ce que des premiers retours que vous avez, vous avez l'impression que ce qui s'est passé à Orpea a un caractère potentiellement systémique, peut-être dans les EHPAD privés ?
Ce n'est pas systémique, et d'ailleurs je voudrais dire ici qu'il ne faut pas jeter l'opprobre sur une profession, sur un secteur, ou même sur un acteur, parce que tout ce qu'on essaye de faire depuis le début au gouvernement, depuis l'affaire Orpea, c'est de ramener la confiance dans ce secteur, avec le choc de transparence, en renforçant les contrôles, en renforçant les capacités de sanctions, c'est ce qu'on a mis dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale, en renforçant les moyens aussi à la disposition de ces établissements, parce que la maltraitance, elle est insupportable.
Et une dernière question Jean-Christophe Combes, sur le versement à la source des prestations sociales, c'est un grand chantier, il y a 10 milliards d'aides sociales qui ne sont pas touchées aujourd'hui par des gens qui pourraient en bénéficier en France, c'est énorme. Vous voulez résoudre ce problème, mettre en place justement cette automatisation des versements ?
Mon rôle en tant que ministre des Solidarités, c'est de protéger notre système de protection sociale, c'est là aussi de ramener de la confiance. Aujourd'hui, il y a de la défiance parce qu'effectivement, il y a un nombre important de personnes qui n'ont pas recours, c'est 30% de non-recours pour le RSA par exemple. Et vous travaillez là-dessus sur l'automatisation ? Il y a aussi beaucoup de fraude. Effectivement, dès l'année prochaine, on va travailler à la mise en place de formulaires pré-remplis pour les personnes qui auraient droit à ces prestations, à eux ensuite d'en faire la demande.
Donc on va aller vers les personnes, ce qui va nous permettre aussi de lutter contre la fraude, de faire en sorte qu'on ne verse pas indûment des aides à des personnes qui n'y auraient pas droit.
Merci à vous Jean-Christophe Combes, ministre des Solidarités, de l'Autonomie et des Personnalités Handicapées, invité du 8.30 politique de France Info.