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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 22 octobre 2020 26 min

Polémiques autour de l'islamisme, restrictions face au Covid-19... le "8h30 franceinfo" de Clémentine Autain

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Locuteur 5

Bonjour Clémentine Autain, députée de Seine-Saint-Denis. Vous étiez hier à la Sorbonne pour l'hommage à la nation de Samuel Paty, ce professeur assassiné vendredi dernier à la sortie de son collège après un cours sur la liberté d'expression dans lequel il a montré une caricature du prophète Mahomet publiée dans Charlie Hebdo. Écoutez cet hommage rendu par le chef de l'État Emmanuel Macron.

0:25
Locuteur 4

Samuel Paty fut tué parce que les islamistes veulent notre futur et qu'ils savent qu'avec des héros tranquilles tels que lui, ils ne l'auront jamais. Samuel Paty est devenu vendredi le visage de la République.

0:47
Locuteur 5

C'est un discours qui vous a touché ?

0:49
Locuteur 8

C'est un hommage que j'ai trouvé très juste, très digne hier, avec ce symbole fort puisque ce n'était pas un hommage rendu aux invalides avec le symbole militaire qui peut y être associé, mais selon la volonté des proches, un hommage rendu dans un haut lieu du savoir, la Sorbonne. Et j'ai trouvé que les mots qui ont été posés par le président de la République et aussi par des collègues de Samuel Paty ont été très forts, très justes, très dignes et très, comment dire, très en phase avec ce qu'on aime de la France et de sa devise liberté, égalité, fraternité.

Je reconnais qu'à un moment donné, quand la lumière s'est levée sur ces mots qui ont été apposés dans la cour d'honneur de la Sorbonne, c'était une immense émotion qui m'a saisie et je pense qu'il nous a saisies parce que c'est ce qui nous unit. Et c'est important dans ce moment de savoir aussi ce qui, dans les fondements de notre communauté nationale, dans cette République, ce qui doit et ce qui peut faire force commune.

1:48
Locuteur 6

Naila Latrousse. Pour continuer à faire vivre le souvenir de Samuel Paty et pour faire montre de soutien aux autres professeurs et enseignants, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation, appelle la représentation nationale à être dans les collèges, dans les lycées pour la rentrée le 2 novembre. Est-ce que vous, vous y serez en Seine-Saint-Denis ?

2:05
Locuteur 8

Oui, j'ai prévu d'y être, bien sûr, aux côtés des enseignants, de m'adresser aux enseignants de la circonscription que je représente, Sevran, Tremblay et Villepinte, et bien sûr d'être à leur côté. Et j'ai trouvé d'ailleurs hier, vous savez qu'il y a eu des textes qui ont été lus et notamment un texte de Jaurès sur le métier d'enseignant, un texte de Camus qui rend hommage à son prof qu'on a tous eu, enfin je veux dire on a tous des souvenirs d'enseignants qui nous ont marqués de temps fort dans notre enseignement et c'est, je crois, très important qu'on se rappelle et qu'on valorise ce métier, ce cadre-là, parce qu'il est fondateur, pilier de notre République.

2:46
Locuteur 5

Vous-même vous prendrez la parole auprès des lycéens, des collégiens ou vous vous rendrez dans quel type d'établissement ?

2:51
Locuteur 8

Si on m'y invite, vous savez, il faut respecter aussi le choix des enseignants, des directeurs d'établissement et des directrices, donc je ne peux pas vous dire à ce moment-là, mais si on me demande, bien sûr je suis disponible.

3:02
Locuteur 5

Maïla Latrousse.

3:02
Locuteur 6

Quelques heures après cet hommage, entrée en vigueur un arrêté du préfet de Seine-Saint-Denis, le département où vous êtes élue, qui ordonne la fermeture de la mosquée de Pantin, suspectée d'être un repère de la mouvance islamiste radicale, je cite, ce que la mosquée conteste et elle a déposé un recours. Est-ce que pour vous, il faut fermer toutes les mosquées suspectes ?

3:21
Locuteur 8

C'est tout le débat que nous devons avoir d'ailleurs avec de la raison, un état d'esprit fondé sur le droit, la justice, parce que nous ne pouvons pas défendre nos valeurs de liberté, d'état de droit, face à ceux qui ont un projet totalement liberticide, fascisant, terroriste. Il faut que nous soyons forts sur nos valeurs et nos principes. Et là, il y a une précipitation ? Je ne sais pas. Je ne peux pas dire qu'il y a une précipitation. D'ailleurs, pour être très honnête, le préfet de Seine-Saint-Denis nous avait déjà alerté sur cette mosquée. Donc moi, je n'ai pas les informations dont dispose le préfet, le ministre.

Donc s'ils le font, je veux croire qu'ils le font sur des fondements justes. Et je voudrais juste vous faire remarquer que, alors qu'il va y avoir une loi supplémentaire dite séparatiste, pour nous expliquer qu'on ne pourrait pas aujourd'hui fermer des mosquées, qu'on ne pourrait pas aujourd'hui dissoudre des associations, je constate que c'est possible.

4:16
Locuteur 6

Il y a des recours et la justice peut invalider cet arrêté.

4:20
Locuteur 8

Bien sûr, mais c'est normal qu'il puisse y avoir des recours. Nous sommes dans un état de droit. Donc les droits de la défense doivent pouvoir exister. Vous comprenez ça ?

4:27
Locuteur 6

Pour vous, l'équilibre de la loi aujourd'hui suffit pleinement à...

4:29
Locuteur 8

C'est ce que nous allons étudier à l'Assemblée Nationale, mais je dis faisons très attention. Regardez les perquisitions. J'ai entendu qu'il y avait, dans le cadre de l'enquête, un certain nombre de perquisitions qui avaient été menées, qui dépassaient en fait l'enquête pour Samuel Paty. Et j'ai eu en mémoire qu'après le Bataclan, vous savez qu'il y a eu toute une série de perquisitions, jusqu'à des zadistes à Rennes, qui ont été inquiétés, alors qu'ils n'avaient évidemment rien à voir dans cette affaire-là.

Donc c'est pour ça que je dis que ce qui fait notre force et ce qui doit être notre socle sur lequel nous devons nous rassembler, c'est l'État de droit, la justice, les principes qui sont les nôtres, de laïcité, d'égalité, et aussi bien sûr, il faut être fort, mais on va y venir, parce que moi je veux répondre à la question, comment on peut faire sérieusement pour lutter contre ces formes d'obscurantisme, ces actes terroristes, ces assassinats ? Il faut que nous nous en donnions les moyens.

5:27
Locuteur 5

Mais simplement quand Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, dit on va intimider ceux qui essaient de nous intimider, il va trop loin là, il dépasse...

5:35
Locuteur 8

Mais la question pour moi n'est pas une affaire d'intimidation, la question est celle de l'efficacité des politiques publiques. Voilà. L'efficacité des politiques publiques. Et là, visiblement, il y a eu un problème. Il a été menacé de mort, Samuel Paty. Donc, la question qu'on doit se poser, c'est qu'est-ce qui a manqué dans la chaîne des responsabilités ?

5:54
Locuteur 5

Précisément, c'était plus des appels à l'intimidation. C'était des appels... Excusez-moi. Il n'y a pas eu d'appel au meurtre dans les vidéos qui intéressent en ce moment l'injustice.

6:02
Locuteur 8

En tout cas, il n'a pas été protégé. Il n'a pas été suffisamment protégé. Il faut une commission d'enquête là-dessus ? Moi, je ne suis pas... Je pense que des commissions d'enquête, en règle générale, sur des faits aussi graves, sont toujours bienvenues. Mais regardons précisément les cibles. C'est-à-dire que ce qu'il faut, c'est toucher la cible. Quand je vois qu'aujourd'hui, par exemple, le Pharos, vous savez, qui est justement...

6:25
Locuteur 5

Cette plateforme de signalement des contenus haineux en ligne qui est gérée par une trentaine seulement de policiers et de gendarmes.

6:31
Locuteur 8

Voilà. Le 25. Oui, 25-30. Vous pensez que c'est suffisant ? C'est fermé la nuit. Vous trouvez ça normal ? Il faut mettre des moyens. Les services de renseignement qui ont été démantelés sous Nicolas Sarkozy. On oublie ça, hein ? La droite qui fait des leçons aujourd'hui. Je voudrais quand même rappeler ça. Nicolas Sarkozy a démantelé les services de renseignement.

6:49
Locuteur 5

Et ce que dit le gouvernement, c'est qu'aujourd'hui, 1136 renforts ont été ajoutés aux services de renseignement depuis le début du quinquennat. À la bonne heure.

6:56
Locuteur 8

Pour que ça va dans le bon sens. Excusez-moi, mais à la bonne heure. Ceux qui nous gouvernent depuis un certain nombre d'années, où ce n'est pas aujourd'hui le premier acte de ce type, malheureusement. Mais c'est en train de bouger. Quand il fait. J'aimerais qu'on demande aussi des comptes et qu'on soit capable de regarder en face les responsabilités. Elle se joue sur les moyens, les moyens humains dans le renseignement, les moyens humains pour faire appliquer les lois existantes. Il n'est pas toujours utile d'empiler des lois répressives plus sécuritaires les unes que les autres quand on n'est même pas capable de faire appliquer

7:25
Locuteur 5

un droit qui serait respectueux de nos principes. Ça veut dire qu'il faut une commission d'enquête parlementaire peut-être ?

7:29
Locuteur 8

Oui, je pense que c'est une idée, mais ça ne suffit pas. Il faut surtout des moyens. Et il faut aussi qu'on révise la politique internationale. J'aimerais qu'on se sujet là. Je vois qu'il n'est jamais dans le débat public. Or, quand on fait venir le Qatari, qui aujourd'hui, très tranquillement, possède le PSG, des hôtels partout dans Paris, etc., que des ministres d'État se mettent en photo avec des dirigeants peu fréquentables, quand je vois que sur la Farge, c'est nous qui avons sonné l'alerte et l'alarme, la Farge, entreprise française, des pots de vin qui ont été donnés à Daesh, qui s'occupent de ces enjeux internationaux ?

Eh oui, mais nous, nous avons hurlé dans le désert à ce moment-là.

8:07
Locuteur 6

On va y revenir à tous ces enjeux-là, parce que je rappelle effectivement que vous êtes par ailleurs membre de la Commission des Affaires étrangères, donc sur l'international. Les questions seront posées dans quelques instants.

8:15
Locuteur 5

Juste après, un coup d'œil sur le Fininfo, à 9h moins 20, avec Armel Balogog.

8:19
Locuteur 7

Les hôpitaux de Clermont-Ferrand se préparent à un pic de malades du Covid-19 dans 4 à 5 semaines. L'alerte du maire Olivier Bianchi sur France Info, le seuil d'alerte déjà franchi dans sa ville. Et d'ailleurs, des villes, voire des départements anti-risques de passer en alerte maximale. Jean Castex annonce de nouvelles restrictions en fin d'après-midi. Six jours après le meurtre de Samuel Paty, sept personnes mises en examen. Ferrare, deux collégiens poursuivis pour complicité d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste. Le parent d'élèves, auteur d'une vidéo contre l'enseignant, l'est aussi. Poursuivi également à Abdelhakim Sefrioui, militant islamiste fiché S.

Son avocat le dit abasourdi. Il ignorait tout du projet terroriste du tueur. Et cette affaire force à prendre au sérieux les insultes et les menaces envers les enseignants, comme en Haute-Garonne à Muray, une lycéenne mise en examen après la plainte d'une professeure. Barack Obama sort de son silence et attaque Donald Trump, incapable de prendre son rôle de président au sérieux. L'ancien chef de l'État américain appelle à s'éloigner des sondages et à voter Joe Biden dans dix jours.

9:29
Locuteur 1

France Info

9:30
Locuteur 3

Le 8.30 France Info, Néhile à la trousse, Laurent Sénéchal.

9:36
Locuteur 5

Clémentine Autain, députée France Insoumise de Seine-Saint-Denis, invité du 8.30 de France Info. On va continuer à parler quelques instants tout de même du contexte dans lequel se trouve en ce moment le pays. Un contexte de tension extrême, nous disait celui qui était à votre place il y a quelques jours, seulement le président LR de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Renaud Muselier.

9:56
Locuteur 2

On est à la limite de la guerre civile quand même dans cette histoire. Si on est faible, si on sème la faiblesse devant le terrorisme, devant l'islamisme, devant l'acte d'assassinat, on va récolter la révolte avec de ceux qui ne veulent pas se laisser faire. Donc on peut avoir des milices qui se créent, on peut avoir des ratonnades qui s'organisent, c'est quelque chose que je crains.

10:14
Locuteur 5

Ça c'est quelque chose que vous craignez aussi, Clémentine Autain ?

10:17
Locuteur 8

Oui, mais je pense que certains discours, et notamment ceux qui viennent de la droite et de l'extrême droite, mais pas seulement, alimentent aujourd'hui le climat de haine. Moi je suis très inquiète de l'état du débat dans notre pays. Ça devient totalement délirant. Et on n'est plus sur la raison, on est sous le coup de l'émotion, avec un espèce de concours lépine pour savoir qui aura la meilleure idée d'extrême droite. C'est ça la réalité du pays aujourd'hui. Est-ce que vous pensez sérieusement que quand la droite ou l'extrême droite, ou d'autres, comme par exemple Manuel Valls, qui est quand même un républicain de pacotille, parce que M.

Valls nous fait des leçons de républicains, mais je vous rappelle que quand il est en Espagne, il n'a pas de honte de manifester avec les héritiers des phalangistes, qui sont les monarchistes, qui ont tué, massacré les républicains espagnols. Vous parlez de Manuel Valls

11:01
Locuteur 6

parce qu'il vous a accusé d'être responsable d'une certaine façon, de lui laisser faire...

11:05
Locuteur 8

Mais rendez-vous compte de cela ? Mais rendez-vous compte de cela ? C'est insensé de dire des choses pareilles. C'est insensé. M. Bruckner, hier, qui s'en est pris à Rocaïa Diallo pour expliquer qu'elle avait armé les terroristes islamistes. Non, mais c'est insensé, insensé. Ce débat sur votre... Croyez-vous... Non, non, mais je termine là-dessus, madame, parce que... Mais je vous sens très touchée. C'est pour ça que je vous posais la question, ce débat sur l'islamo-brouchisme. Je ne suis pas très touchée, je suis en colère. Je suis en colère.

Je suis en colère parce qu'il est inadmissible que dans notre pays, aujourd'hui, on laisse tranquillement Marine Le Pen, tapis rouge sur tous les plateaux, sans jamais lui porter la contradiction, comme si elle était dans l'espace républicain pendant qu'une majeure partie de la gauche serait en dehors des clous républicains. Mais qu'est-ce que c'est que ce pays qui a perdu la tête ? Qu'est-ce que c'est que ce pays qui pense et qui met en débat le fait que, par exemple, il faudrait que les prénoms demain soient les prénoms du calendrier, du... Enfin, je veux dire... C'est parti par Éric Zemmour, cette proposition, mais pas... Pas seulement, je l'ai vu reprise ailleurs. Un ministre d'État, M.

Darmanin, qui nous explique qu'il faudrait fermer les rayons halal. M. Fillon, M. Ciotti, qui nous explique qu'il faudrait interdire le voile partout dans l'espace public. Est-ce que vous croyez que cela est de nature à calmer la situation et à ne pas attiser les haines et avancer vers la guerre civile ? C'est pourquoi je vous dis, c'est pourquoi je vous dis que la République, quand nous sommes dans le camp des républicains, il n'y a pas de débat sur ce sujet, Il y a un débat, en tout cas,

12:30
Locuteur 5

d'après la droite et l'extrême droite

12:31
Locuteur 8

qui vous appuie de complaisance envers les islamistes. Dans l'histoire, dans l'histoire, toujours. Il y a eu des débats, et ça fait partie aussi de la démocratie et donc de la République qu'il y ait ces débats au sein des républicains pour à chaque fois trouver quel est le bon équilibre qui permet d'avancer et de faire en sorte que nous ayons la paix civile et non pas la haine, le conflit qui ne rassemble pas. Or, si nous ne sommes pas rassemblés largement, qu'est-ce que vous croyez qu'il va se passer ? Franchement.

Si aujourd'hui, nous, par exemple, estimons qu'il va falloir traquer tous les musulmans au nom du combat contre le terrorisme islamique, qu'est-ce que vous croyez qu'il va se passer ? Nous nous mettons sur l'agenda, quelque part. Mais c'est ça pour vous le progrès du gouvernement, c'est de traquer les musulmans. Je ne vous parle pas seulement du gouvernement, je vous parle du climat dans lequel nous sommes. Vous avez parlé de M. Zemmour, je vous parle de M. Valls, je vous parle également de M. Bruckner, je parle aussi de ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale.

Quand Jean-Luc Mélenchon s'exprime et que j'entends sur les rangs de l'extrême droite, de la droite dure qui aujourd'hui alimente les haines et que j'entends le mot collabo et que personne ne réagit, comme d'ailleurs quand M. Bruckner explique que Rocaïa Diallo est responsable, la journaliste ne réagit pas qu'hier soir, au moment de l'hommage, vous aviez sur LCI M. Ménard qui commente

13:58
Locuteur 5

Robert Ménard, le maire d'extrême droite de Bézire. Voilà,

14:00
Locuteur 8

et tout cela est normal. Eh bien, je vous dis que nous sommes dans un moment critique que la France est en train de devenir folle et que le débat républicain doit avoir lieu, c'est-à-dire qu'il y a deux temps. Il y a le temps de l'hommage et de l'union. Nous, nous avons respecté ce temps d'hommage et d'union et de rassemblement. Nous l'avons respecté. Je vois que d'autres ne l'ont pas respecté et ont immédiatement commencé à semer les haines, les stigmatisations, la vindicte et non pas la rationalité du débat. Et ensuite, il y a un débat politique sur quelles sont les bonnes stratégies pour atteindre la cible.

Et ça, c'est une vraie question qu'il faut prendre au sérieux et ne pas ramasser à des débats délirants sur des thèmes qui sont des thèmes qui ne nous aideront pas pour atteindre à la fois le projet politique de l'islam politique et qui ne nous aideront pas à faire reculer ces actes qui sont des actes abjects.

14:55
Locuteur 5

Mais est-ce que demain vous manifesteriez encore à la France Insoumise aux côtés, par exemple, du comité contre l'islamophobie en France qui est aujourd'hui visé par Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur et qui demande la dissolution de cet organe ?

15:08
Locuteur 8

Écoutez, j'ai manifesté pour Charlie Hebdo et dans cette manifestation, vous reconnaîtrez avec moi qu'il y avait des personnalités peu fréquentables. Certains nombres de chefs d'État, de gouvernement. Voilà, je l'ai fait parce que c'était juste. J'ai manifesté pour Mireille Knoll contre l'antisémitisme parce que c'est aussi mon combat et si c'était à refaire, je le referais et pourtant, il y avait à l'intérieur des gens peu fréquentables, des fascistes, des gens qui m'ont regardé comme vous me regardez droit dans les yeux et qui m'ont dit qu'ils allaient me tuer et tuer mes enfants. J'y étais parce que c'était juste.

J'ai manifesté contre ce qu'on appelle l'islamophobie, c'est-à-dire les amalgames et la stigmatisation des musulmans en France parce que je pense que c'est injuste sur le fond mais je pense aussi que stratégiquement, c'est les rejetés du côté de l'obscurantisme si nous continuons à avoir cette espèce de chasse aux sorcières à l'égard de l'ensemble des musulmans. C'était juste. Je pense que c'était juste qu'il y ait dans cette manifestation des gens peut-être pas fréquentables. J'en conviens mais ce n'est pas la seule manifestation où j'étais aux côtés de gens peu fréquentables. Et enfin, j'étais bien sûr à l'hommage pour Samuel Paty. C'est une cohérence.

C'est une cohérence de valeurs, de principes sur lesquels je ne transigerai pas. Voilà.

16:20
Locuteur 6

Le débat sémantique sur l'islamophobie pour vous, il a raison d'exister ou il est déplacé ? Ce terme-là en lui-même dans aussi les procès qui sont faits au CSA veut dire que ce terme d'islamophobie est en fait dévoyé.

16:34
Locuteur 8

Oui, mais je sais qu'en France, on a beaucoup d'amour pour le débat sur la terminologie. Disons ce qu'il y a derrière. Dépassons le terme. Qu'est-ce que veulent dire aujourd'hui la majeure partie des gens qui se battent contre l'islamophobie ? Ce qu'ils veulent dire, c'est que dans notre pays, il y a, parce que l'extrême droite a réussi depuis pas mal d'années à imposer ses thèmes, et pas simplement pour ça, aussi parce qu'il y a ce terroriste qui se revendique de l'islam et qui donc pose question, bien entendu, eh bien, avec tout cela, vous avez aujourd'hui dans notre pays un racisme qui prend la forme du rejet des musulmans. Ça existe ou ça n'existe pas ? C'est pas moi qui l'invente.

Mais le terme, vous le rejetez pas. C'est une réalité. Je ne le rejette pas au sens où il y a des gens pour qui ce terme-là dit les choses. Après, je comprends le débat qui consiste à dire qu'on a le droit d'être cathophobe, islamophobe, etc. par, vous voyez ce que je veux dire, contestation, esprit critique à l'égard de l'ensemble des religions. Voilà. Donc, je peux comprendre intellectuellement. Mais je veux que chacune et chacun ait bien en tête que pour beaucoup de gens, le terme islamophobie signifie ce qu'est ce racisme qui s'exprime aujourd'hui contre les musulmans. Voilà.

Et je pense qu'on ne se rend pas bien compte de ce qui est en train de se tramer dans la société aujourd'hui en courant après l'agenda à la fois de l'extrême droite et de l'autre côté de ne pas être prudent vis-à-vis des musulmans et d'amalgamer, de stigmatiser ou de donner des réponses qui sont délirantes et qui ne peuvent conduire qu'à la guerre civile au lieu d'essayer de, encore une fois, fonder nos réponses dans le calme, la raison et la cohérence des principes qui ont fondé notre République.

18:13
Locuteur 5

On va venir sur les réponses justement dans un tout petit instant Clémentine Autain, députée France Insoumise de Seine-Saint-Denis juste après, un coup d'œil sur le fil Info à 9h-10, Armel Balococque.

18:22
Locuteur 7

Des adolescents de 14 et 15 ans mis en examen dans une affaire terroriste, c'est extrêmement rare. Ils ont aidé le tueur à identifier Samuel Paty en échange de 350 euros. Cinq autres personnes mises en examen placées en détention provisoire. Samuel Paty qui est le visage de la République, un héros tranquille. Les mots d'Emmanuel Macron pendant l'hommage national hier à la Sorbonne, un hommage vibrant, une émotion intense a envahi Clémentine Autain. La députée La France Insoumise en témoigne sur France Info. et le nom de ce professeur sera dans toutes les têtes aujourd'hui alors que le ministre Jean-Michel Blanquer lance le Grenelle de l'éducation.

Tous anti-Covid, le nom de la nouvelle application contre la pandémie est lancée aujourd'hui. Est-ce qu'elle aura plus de succès que la première stop-Covid téléchargée seulement 2 millions et demi de fois ? Un bouleversement dans l'église catholique, le pape François favorable à une union civile pour les couples homosexuels. Marseille rate son retour en Ligue des champions de football. Défaite 1-0 hier contre les Grecs de l'Olympiakos. C'était la première journée des phases de poule.

19:29
Locuteur 1

France Info

19:30
Locuteur 3

Le 830 France Info Néhile à la trousse Laurin Sénéchal

19:35
Locuteur 5

Clémentine Autain, député France Insoumise de Seine-Saint-Denis invité ce matin du 830 France Info on parlait des réponses à apporter à cette crise de l'islamisme à cette vague d'attentats. Est-ce qu'il faut notamment vous avez commencé à évoquer cette question tout à l'heure tordre le bras aux accords internationaux aux liens avec les pays d'origine de certains financements. Vous parliez tout à l'heure du Qatar avec le Paris Saint-Germain.

19:59
Locuteur 8

Oui on peut parler de l'Arabie Saoudite on peut parler de beaucoup de liens qui sont à mon avis dangereux et encore une fois j'ai trouvé que la main de l'Etat était à bien des égards très faible et du point de vue du discours et du point de vue des actes quand par exemple des entreprises françaises et je le redis comme Lafarge ont donné des pots de vin à Daesh. Est-ce que vous avez entendu parler de ça ?

20:22
Locuteur 6

Est-ce qu'on demande des comptes ? Il y a la justice qui est saisie. C'est très long.

20:25
Locuteur 8

Vous voyez c'est très long. Et quand nous nous le disions quand nous nous le disions on nous a rayonné pas relayé nos informations et pris quelque part voilà

20:34
Locuteur 5

Mais le fait est que la justice en est aujourd'hui saisie c'est pas du tout quelque chose qui est mis sous le tapis.

20:39
Locuteur 8

Mais ça date ? Vous vous rendez compte combien d'années il a fallu ? Donc je voudrais savoir ce qui se passe aujourd'hui. Je voudrais savoir ce qui se passe aujourd'hui. C'est ça la question qui nous est posée.

20:48
Locuteur 5

La France est trop complaisante envers un certain nombre de régimes.

20:51
Locuteur 8

Je vois en tout cas qu'il y a un problème c'est-à-dire que la cohérence de sa politique internationale de sa fermeté puisqu'il s'agit d'intimider sa fermeté elle est où ? Elle est où sur le plan international ? Or moi je veux bien qu'on nous explique qu'il suffirait de ne plus accueillir perceurs sur notre sol pour être protégés mais chacun sait bien que c'est faux. Pourquoi c'est faux ? Parce que quand ils s'en vont ils sont dans des réseaux djihadistes et que nous avons les réseaux sociaux avec les vidéos etc. Vous croyez qu'on gagne

21:22
Locuteur 6

la bataille ? Mais que réclamez-vous exactement ? C'est-à-dire est-ce qu'il faut couper les liens avec l'Arabie Saoudite et le Qatar ? Je pense qu'il faut faire acte de fermeté

21:29
Locuteur 8

vis-à-vis de l'Arabie Saoudite et du Qatar oui je le dis je pense que il n'est pas raisonnable d'imaginer je vous le disais tout à l'heure que le Qatar investisse en France et notamment par exemple dans le quartier populaire

21:41
Locuteur 6

Il faut revoir les avantages fiscaux par exemple ?

21:42
Locuteur 8

Les avantages fiscaux là il faut être créatif sur le plan de la législation je pense que c'est beaucoup plus intéressant et important de se poser ces questions-là et de savoir quelles vont être les solutions législatives sur ces problèmes qui sont des problèmes structurels massifs qui aident potentiellement des filières djihadistes que de savoir si on va interdire les rayons halal dans les supermarchés mais ça veut dire que

22:06
Locuteur 5

chaque investissement étranger en France doit faire l'objet de clauses sur la question des droits de l'homme par exemple ?

22:12
Locuteur 8

Oui je pense que c'est un minimum qu'on pourrait demander effectivement et ça n'entraverait pas

22:17
Locuteur 5

les investissements en France ça rendrait quand même

22:18
Locuteur 8

le processus très lourd vous vous rendez compte ce que vous êtes en train de me répondre c'est-à-dire qu'on ferait passer la compétitivité avant la protection des français et la lutte contre le djihadisme bah voyez là excusez-moi mais vous me trouverez toujours du côté des droits humains et de la lutte contre ce terrorisme

22:33
Locuteur 6

sur le volet législatif il y a un texte qui va arriver qui est le projet de loi contre le séparatisme la position du groupe de la France Insoumise a changé avant c'était il y a des textes et on n'a pas besoin d'un nouveau texte désormais ces certaines dispositions peuvent être discutées qu'allez-vous proposer qu'allez-vous amender dans ce texte ? Déjà il faudrait voir le texte

22:50
Locuteur 8

moi je suis désolée je n'ai pas vu le texte donc je vois bien qu'on nous interroge sur un texte mais que je n'ai pas Mais quels sont les points que vous voulez porter de toute façon ? il va y avoir la fin des rayons halal vous voyez question A priori c'est pas le ministre de l'Intérieur a expliqué que c'était sa position personnelle Oui Non mais j'ai ronné mais c'est juste pour dire que la créativité de ce gouvernement atteint des sommets de délire Mais qu'est-ce que vous

23:09
Locuteur 5

à la France Insoumise vous voulez voir dans ce texte ? Qu'est-ce que vous aimeriez ?

23:13
Locuteur 8

Moi je vous le dis et je vous le redis et je le redirai sur tous les temps je pense qu'aujourd'hui la priorité c'est les moyens quels sont les moyens qui sont investis dans le renseignement dans l'application de les possibilités par exemple sur la haine et tout ce qui se passe sur les réseaux sociaux je voudrais également que dans les quartiers populaires voilà nous ayons des investissements massifs qui permettent aux services publics aux associations parfaitement conformes avec les valeurs républicaines d'être présentes là où il y a eu vous le savez un désengagement de l'Etat dans ces quartiers et des inégalités sociales c'est de la violence ça qui est un terreau et nous le savons pour basculer dans l'obscurantisme L'idée de la charte de la laïcité

23:56
Locuteur 6

pour les associations c'est bien par exemple puisque vous évoquez les associations

23:58
Locuteur 8

la charte je crois qu'ils en signent déjà une par exemple vous citez ça

24:03
Locuteur 5

en Ile-de-France c'est le cas mais c'est pas le cas partout en France

24:05
Locuteur 8

ils en signent déjà une donc je veux regarder dans le détail chacune des propositions nous allons le faire mais je me méfie si vous voulez de l'inflation de propositions qui sont des clés d'affichage pour dire regardez on fait quelque chose pendant que sur des choses structurelles et très importantes le travail n'est pas fait et donc j'insiste un sur les moyens deux sur la cohérence de la politique internationale pour lutter sérieusement contre les filières de ce type une toute dernière question Naïla Latrousse

24:31
Locuteur 6

d'un mot sur la crise sanitaire le premier ministre prend la parole ce soir avec peut-être un resserrement des mesures est-ce que vous êtes favorable à un resserrement du couvre-feu est-ce que vous craignez un reconfinement ?

24:42
Locuteur 8

bien sûr qu'il faut craindre un reconfinement au sens où la vie confinée c'est pas vraiment la vie mais on est arrivé à un point critique qui est lié à la saturation dans les hôpitaux qui est le fruit de décennies de politiques d'austérité donc vous soutiendrez des mesures plus contraignantes ? écoutez je suis consternée de voir où nous a amené la politique néolibérale dans l'hôpital public consternée mais non ça n'a pas rien à voir madame c'est que pourquoi nous allons reconfiner potentiellement ?

c'est parce que les personnels sont en burn-out parce qu'il n'y a pas assez de personnel et parce qu'il n'y a pas assez de place dans les hôpitaux c'est ça la raison et donc que nous y soyons contraints qu'est-ce que vous voulez que je vous dise si nous y sommes contraints nous y sommes contraints mais vous ne pouvez pas m'empêcher de vous dire que les choix qui ont été faits depuis longtemps et les choix aussi sur les masques les stocks de masques et les choix aussi sur les tests où on voit très bien qu'aujourd'hui la politique de tests est totalement gribouille ne correspond pas du tout aux besoins donc on a un gouvernement qui n'est pas stratège qui est empêtré dans l'austérité budgétaire et qui aujourd'hui nous condamne à quelque part à devoir suspendre la vie pour ne pas que le pire arrive

25:53
Locuteur 5

ça sera le mot de la fin merci beaucoup Clémentine Autant députée France Insoumise de Seine-Saint-Denis invitée ce matin du 8.30 France Info de Seine-Saint-Denis

26:00
Locuteur

de Seine-Saint-Denis

Polémiques autour de l'islamisme, restrictions face au Covid-19... le "8h30 franceinfo" de Clémentine Autain — Clémentine Autain · Pourquijevote