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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 9 janvier 2026 13 min

Mercosur : "Macron a fait l'impasse sur les agriculteurs, c'est une faute impardonnable" (Salvator)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

13h 14h Europa info. La suite à 13h32 sur Europe 1. Vous écoutez Clé [musique] Mathias et ces deux chroniqueurs Jean-Michel Salvator et Raphaël Stinville.

On va y venir dans un instant à cet accord du mercour. Juste avant j'aimerais revenir quand même sur cette sur ces mobilisations agricoles. Il y a eu beaucoup hier à Paris.

Il y en a encore aujourd'hui ce matin le périque périphérique parisien avec quelques quelques tracteurs. Il y avait par endroit en tout cas certains agriculteurs et cette colère qui est soutenue par l'ensemble de la population. 79 % des Français qui soutiennent ce mouvement selon un sondage CSA pour CS le JDD et européen.

Écoutez pour Jules Torres, si nos agriculteurs disparaissent, c'est une partie de la France qui disparaît. Les Français voient dans cette colère agricole et dans ce mouvement beaucoup de sympathie, beaucoup de solidarité. C'est parce que c'est pas juste des gens qui les nourrissent.

C'est vrai que c'est la leur première leur première activité, c'est la première des choses qu'ils font. Mais le sujet, c'est que ce sont des amis, ce sont des ancêtres. dans nos familles, on a sans doute quand on regarde notre arbre généalogique et bien tous un agriculteur, un paysan, un producteur laitier, quelqu'un qui cultivait des céréales.

Ça c'est vrai. Donc si nos agriculteurs disparaissent, c'est une partie de la France qui disparaît. Un soutien de cœur donc des Français aux agriculteurs.

Mais Jean-Michel Salvator, qu'est-ce qu'on fait pour eux ? Bah pour l'instant euh franchement euh si on s'en tient à l'exécutif, on n' pas fait grand-chose et on a plutôt l'impression qu'on considère que finalement euh l'agriculture c'est une actualité d'hier et que finalement euh ils peuvent être la variable d'ajustement euh de de l'accord du du Mercosur. Donc il y a un vrai sentiment d'abandon de la part d'Emmanuel Macron. hein, je pense que depuis le début euh il a considéré que bon bah euh euh les éleveurs bovins euh seraient les grands perdants mais que c'était le prix à payer pour euh pour la signature de cet accord qui par ailleurs peut avoir euh des effets bénéfiques pour l'économie française.

Et moi, je pense que si les Français euh soutiennent les agriculteurs, bien sûr c'est parce que c'est culturel finalement dans paysan il y a pays hein et donc c'est vraiment nos racines. Mais je crois qu'il y a aussi autre chose. Je pense que les Français ont le sentiment que les agriculteurs sont à l'avant-garde de tout ce qu'il détestent, c'est-à-dire la bureaucratie bruxelloise, c'est-à-dire les norme à toutva, c'est-à-dire les impôts totalement injustes, c'est-à-dire la critique permanente du travail.

Alors qu'on sait très bien que ces agriculteurs travaillent 55 heures par semaine pour des pour des pour des salaires, des revenus qui sont finalement assez faible. Et donc derrière cette sympathie, il y a aussi tout ça et puis il y a aussi le sentiment d'un espèce de paradis perdu. On voit bien aujourd'hui que la France n'est plus la puissance agricole qu'elle était.

Euh euh c'est vrai qu'aujourd'hui notre balance commerciale est devenue euh tout juste tout juste déficitaire. Euh et là on a vraiment l'impression que c'est finalement un symptôme supplémentaire du déclin français. Raphaël Stinville, vous partagez le point de vue de Jean-Michel Salvator sur ce point sur le soutien vraiment aux agriculteurs.

On parlera bien sûr, ne vous inquiétez pas, c'est prévu de du nom français au mercour après et des conséquences poli. Je peux exprimer des des nuances ou des différences avec Jean-Michel Salvator parfois mais je le rejoindrai absolument dans son analyse euh et de de la compréhension de ce soutien des Français à ce à ce mouvement de colère des des de la du monde paysan qui effectivement est à l'agonie, est à bout de souffle, vit une crise existentielle et les Français ont compris que derrière cette crise existentielle se jouait aussi une partie de de leur avenir. Ce sont eux qui les nourrissent.

Ils ont un attachement profond pour le ce monde paysan parce que beaucoup d'entre eux en sont issus et ça explique cette cette cet attachement. D'autant plus qu'il faut quand même souligner que s'il y a par-ci par-là quelques débordements euh ces ces manifestations, quand bien même elles se sont des manifestations de tol se font quand même dans une grande dignité euh sans casse sans heur euh avec des des personnes qui habituellement euh ne ne quittent pas leur ferme lorsqu'ils prennent la décision de gagner Paris ou de gagner Bruxelles. vraiment la mort de dans l'âme qu'ils le font parce que ils ont des bêtes normalement à nourrir et qu'ils font des choix qui sont radicaux, qui sont forts mais pour interpeller et l'opinion publique et les politiques.

Jean-Michel Salvat. Ouais. Moi, j'ai été très frappé par l'attitude des agriculteurs qui se trouvaient sur sur la place de l'étoile à Paris autour de l'arc de Triomphe.

Bon voilà, des agriculteurs qui ont fait des heures et des heures de tracteur qui ont été pistés par les policiers euh qui euh donc la la police a exercé un un véritable harcèlement contre ces contre ces agriculteurs. Ils ont fini par arriver sur la place de l'étoile, ce qui franchement est une vraie performance et un symbole très très fort. Les images étaient fortes.

Là, les images étaient très très forts et très très for et et c'est vrai que ils auraient pu essayer de rester parce que bon euh c'est quand même un petit peu difficile de d'exercer une de la violence contre des agriculteurs à cet endroit-là. Ça se serait vraiment vu. Et là, on a vu l'esprit de responsabilité de ces agriculteurs.

Euh le ministère de l'intérieur leur a demandé de dégager et ils l'ont fait. Et ils l'ont fait. Et c'est vrai que ça, on n'y est plus habitué.

On n'est plus habitué à avoir des manifestations dans le calme. On n plus habitué à ce niveau de cynisme euh de de de civisme, pas de cynisme, de [rires] civisme de de civisme. Et et je trouve que c'est c'est encore un exemple de plus que ces agriculteurs nous montrent à nous tous.

Alors, puisque vous avez employé le mot cynisme, on va voir si vous l'utilisez pour Emmanuel Macron euh puisque on en vient à la politique. Il a décidé hier soir que le Mercosouro finalement était un accord d'un autre euh qui était négocié depuis trop longtemps, que le gain économique serait limité finalement. Donc il a changé d'avis puisqu'il n'a pas toujours tenu ce discours.

Écoutez l'édito de Laurent Tessier ce matin sur Europe 26 janvier 2018, conférence de presse à l'Élysée avec le président argentin Macré. Le cadre de cet accord est pertinent et doit être soutenu parce qu'il peut nous permettre d'aller vers une approche mutuellement bénéfique. La même année, le 22 février, dans un discours à la nouvelle génération agricole.

Mais cet accord est bon pour de nombreuses filières agricoles. Cet accord est bon pour l'économie française. Nous devons donc le défendre et l'améliorer.

Mais ensuite, la mobilisation des agriculteurs est repartie partout en France. Des blocages, la gestion de la dermatose. Bovine.

Emmanuel Macron s'était exprimé à Bruxelles le 18 décembre. Sur le mercur, nous considérons que le compte n'y est pas et que cet accord ne peut pas être signé. Les agriculteurs ont été baladés depuis qu'Emmanuel Macron est au pouvoir.

Raphaël Stinville et Jean-Michel Salvator. On va parler de Volteface. Juste avant, je voudrais vous poser une question et j'aimerais une réponse sincère.

Si vous étiez ici dans ce studio hier, qu'auriez-vous dit si je vous avais posé la question : "Faut-il que la France vote non ?" Est-ce que vous auriez dit oui. Oui, il faut qu'elle vote non.

Oui. Et vous, Jean-Michel Salvator ? Ben moi, j'aurais hésité parce que sur le fond, je pense que l'accord est bon, sauf pour certaines filières, notamment la filière bovine.

Et deux, j'aurais hésité parce que même si je considère que cet accord est globalement bon, à l'exception de certaines filières, je le redis, euh c'est devenu, si vous voulez un enjeu totalement irrationnel. Alors, on comprend le oui même, mais vous auriez si vous n'avez pas vous pouvez pas là, vous êtes à Bruxelles, vous votez oui ou vous votez et ben je vote non. Vous votez non.

Alors maintenant, comment comment approuvez-vous ou non le geste et le la volete face d'Emmanuel Macron ? Relinville. L'immense difficulté c'est que la volte face d'Emmanuel Macron s'explique non pas tant par son soutien à la filière agricole ou aux filières agricoles que pour des raisons de politique intérieure.

Emmanuel Macron a parfaitement compris qu'au-delà des mouvements de colère qui s'expriment un peu partout sur le territoire, s'il s'obstinait à vouloir défendre le Mercossur ou à signer en dépit de ce qu'il a il est parvenu à à négocier et encore que il y aurait beaucoup à dire sur les clauses miroir et la et la possibilité de de pouvoir les les appliquer. S'il s'oppose, c'est que il y avait des motions de censure qui est qui menaçaient notamment celle de la droite. Et je pense que aujourd'hui Emmanuel Macron dans sa volonté de durer et de ne pas être de ne pas voir son gouvernement renversé devait prendre cette décision pour finalement des raisons politiques beaucoup moins que dans le souci de de de du de son agriculture et de la de la préservation d'un certain nombre de si je résume.

Il a eu raison de voter. Mais pas pour les bonnes raisons. Ah non mais moi si je soutiens le nom de la France, ce n'est pas pour ces raisons.

Mais Emmanuel Macron, s'il l'a fait, c'est pour des raisons de politique intérieur. Alors écoutez parce que la la presse est terrible aujourd'hui dans les éditaux notamment que ça soit l'opinion qui parle Réy Godo parle du degré zéro de la politique française d'ailleurs en général he pas que pas que seulement en provenance du chef de l'État. Et puis écoutez le Vincent Trémolet de Viller du Figaro.

Le Merco sûr pour Emmanuel Macron c'est une tragédie. S'il avait choisi de suivre l'Europe et d'approuver le traité, il aurait évité d'être mis en minorité, mais pris le risque d'une grave crise politique et sociale, un gouvernement probablement censuré et l'exaspération des agriculteurs. Il a donc choisi l'autre mauvaise solution, c'est-à-dire exprimer l'opposition de la France au Mercosur, ce qui n'aura aucune conséquence sur le processus d'adoption du traité, mais lui permettra de dire à l'opinion publique qu'il a fait ce qu'il a pu.

Les plus cyniques expliqueront que sur le fond Emmanuel Macron est favorable au traité et que son opposition n'a qu'un seul objectif apaiser la colère paysane. On peut dire ce qu'on veut mais la perception commune de l'histoire du Merco sûr, c'est celle d'une France faible dans une Europe qui décide contre les intérêts de notre pays. Voilà Vincent Trèmolette Viller ce matin sur Europain dans son édito Jean-Michel Salvator.

Vous partagez son point de vue ? Oui, je partage à 100 % son point de vue à 100 % le point de vue de Réy God de de l'opinion. Euh moi ce qui me frappe si vous voulez c'est que euh Macron a commis au moins deux erreurs.

La première erreur c'est qu'il a fait l'impasse sur les agriculteurs en disant c'est le prix à payer, tant pis. Bon et ça c'est une une erreur euh une une faute impardonnable. Bon la deuxième erreur qu'il a faite, c'est que alors qu'il l'était pour le traité du mercurû, il n'avait pas les moyens politique de le défendre parce que à chaque fois qu'il essayait de dire bon c'est un bon accord parce que finalement ça va permettre quand même à l'économie française d'exporter dans les pays du du Mercur comme il n'est plus audible comme à chaque fois qu'il parle plus personne ne l'écoute et ne l'entend finalement il a renoncé en se disant je vais même pas essayer de défendre ma C'est vrai qu'on a assez peu entendu de voix sous Non, cet accord parce que finalement personne ne m'écoutera et donc je me range à l'opinion de mes adversaires.

Donc c'est vraiment c'est un échec total, c'est un mensonge et honté aux français et je trouve que pour l'image de la France c'est assez catastrophique. On était l'une des grandes puissances agricoles européennes et et et et mondiales. C'est vrai que là, on en a pris un coup et puis deux, on était l'un des pays leader de l'Europe avec l'Allemagne et on a bien vu que on ne compte plus en Europe et les deux pays qui finalement ont réussi à imposer leur vue, c'est l'Allemagne et l'Italie.

Raphael Stinville. An Jeun Varn, la ministre de l'agriculture nous dit que l'histoire n'est pas finie. Effectivement, il y a un vote pour que ce traité soit ratifié, il faut qu'il y ait un vote au parlement.

Euh pour autant, Emmanuel Macron, s'il veut aller au bout de sa logique euh d'opposition à se traiter, il a des moyens encore de s'opposer, à commencer par le fait de geler la contribution de la France euh à la Pâqu serait çaurait de la gueule et peut-être que Ursula Van Derleyon qui s'apprête lundi à voter à ratifier ce traité au Paraguay euh serait hésiterait hésiterait la France est contributaire net à la Pque, ce sont milliards d'euros qui sont engag qui qui engagent la France. Imaginez la crise que cela provoquerait si la France et le président décidait de ce geste. Alors vraiment 30 même pas 15 secondes.

On serait peut-être de la gueule mais c'est vrai que le problème c'est que si vous voulez le crédit de la le crédit de la France à Bruxelles, il est nul. On est les on est les derniers de la classe. On n'est pas capable de respecter les déficits, on n'est pas capable de se réformer.

Et c'est vrai que l'Europe qui était l'un des pays euh fondateur de le enfin la France qui était l'un des pays fondateurs de l'Europe est devenu euh est devenu un pays qui est euh qui est le dernier de la classe et qui n'a plus aucun crédit auprès des partenaires européens. Allez, on pourrait continuer encore ce débat longtemps. Vous nous écoutez sur Europe 1.

Merci à vous. Les manifestations monstres en Iran pourraient-elle avoir cette fois raison du régime des MOLA ? On se posera la question et puis en ce jour de deuil national après l'incendie du bar à Cro Montana, ce drame aurait-il pu et dû même être évité ?

L'enquête interpelle par les défaillances flagrantes au niveau de la sécurité du lieu. Puis je vous rappelle qu'aujourd'hui à 14h, la Suisse observera une minute de silence en hommage aux victimes de Cranana et les radios du pays vont diffuser la chanson Angel de Sarah McLaclan. Europe 1 a décidé de s'associer à cet hommage et diffusera également cette chanson.

Nous vous invitons à être à l'écoute à 14h.