Incursion de drones en Pologne : l'ambassadeur russe convoqué au Quai d'Orsay, annonce Jean-Noël Barrot
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France Inter, Alibadou, Marion Lourdes. Grand entretien ce matin avec Marion Lourdes. Nous recevons celui qui est toujours le chef de la diplomatie française, ministre des missionnaires de l'Europe et des affaires étrangères. Vos questions, vos réactions, chers auditeurs, au 01 45 24 7000 ou sur l'application de Radio France. Bonjour Jean-Noël Barraud. Bonjour. Et bienvenue, juste pour un exercice de pédagogie dans une période comme celle-ci où il y a donc un nouveau Premier ministre qui n'a pas encore formé son gouvernement. Vous êtes toujours en train de travailler sur les dossiers dont vous aviez la charge jusqu'à présent.
Le monde ne s'arrête pas de tourner, vous le savez. La continuité de l'État est assurée. Le gouvernement fonctionne sous le régime des affaires courantes et sous l'autorité du Premier ministre.
Alors justement, puisque le monde n'arrête pas de tourner, c'était hier soir, le ministre iranien des Affaires étrangères affirmait, je le cite, un accord sur l'échange des prisonniers français en Iran qui approchait maintenant de sa phase finale. Aucune réaction de la France pour le moment. Et merci d'être là ce matin pour nous en dire plus. Trois Français sont détenus en Iran. Cécile Colleur et Jacques Paris qui sont accusés d'espionnage au profit d'Israël et qui sont arrêtés depuis plus de trois ans en Iran. Lénard Monterlos qui a été interpellé en juin pendant un voyage à vélo.
Quand l'Iran annonce qu'un accord avec la France pour un échange de prisonniers est proche, qu'en est-il Jean-Noël Barraud ?
La France exige avec constance la libération immédiate et inconditionnelle de nos ressortissants en Iran. Et je ne ferai aucun commentaire sur les propos du ministre iranien. Pourquoi ? Aucun commentaire. Parce que ce sont des sujets sensibles, des sujets d'une grande gravité et que je n'ai pas de commentaire à faire.
Non, justement, puisque lui en parlait et qu'il disait que l'accord se rapprochait et que j'imagine que ça donne énormément d'espoir aux amis, aux proches, aux familles des otages. Mais bon, si vous n'en dites rien, passons au dossier suivant avec vous Marion.
Oui, je voulais vous parler de ces 19 drones qui ont survolé l'espace aérien polonais dans la nuit de mardi à mercredi. Le président de la République a annoncé hier soir que la France allait mobiliser trois rafales pour contribuer à protéger cet espace aérien polonais face à 19 drones dans l'espace aérien, face à un pays membre de l'OTAN qui se sent menacé. Est-ce que c'est suffisant, trois rafales ?
D'abord, ces incursions sont absolument inacceptables. Ça n'est pas nouveau. C'est une stratégie délibérée de la Russie pour nous intimider, pour nous tester. L'année dernière, accident ou pas, c'est inacceptable. L'année dernière, ce sont 15 incursions de vecteurs russes qui ont touché les territoires européens ou de l'OTAN. Face à ça, la réaction a été extrêmement ferme puisque des moyens militaires européens, dans le cadre de l'OTAN, ont été mobilisés pour intercepter des drones. Ce sont des avions polonais, des avions néerlandais et italiens.
Et puis, et je veux le souligner, parce que ça n'est que la huitième fois depuis la création de l'OTAN, il y a 76 ans, les pays membres de l'OTAN se sont réunis au titre de l'article 4 et ont unanimement condamné ces incursions et rappelé leur soutien à la Pologne. Ensuite, au niveau national, nous avons immédiatement marqué notre disponibilité pour contribuer davantage encore au renforcement de la protection de ce qu'on appelle le flanc est de l'OTAN, c'est-à-dire l'est de l'Europe.
Et le président de la République a décidé de déployer trois chasseurs Rafale qui auront pour mission la détection et, le cas échéant, la destruction de vecteurs, de drones, qui menaceraient le territoire polonais. Et d'autres pays suivront.
Donc, vous pouvez détromper Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, qui disait que les États condamnés mais sans vraiment apporter de réponse ferme.
Les Européens l'ont démontré la semaine dernière à l'initiative de la France à Paris. Je crois qu'il faut le rappeler parce que c'est absolument spectaculaire. Ils se sont réunis à l'initiative du président de la République pour apporter une réponse à la question des garanties de sécurité. Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? Ça veut dire que pour la première fois dans leur histoire, sans le faire au sein de l'OTAN.
Les pays européens, mais aussi des pays asiatiques et des pays d'Amérique du Nord ont décidé de mettre en commun des moyens militaires pour que, le jour où un cessez-le-feu interviendra en Ukraine, la paix puisse être garantie, durable et que la sécurité européenne puisse être assurée. Et donc, il y a vraiment quelque chose qui est en train de se passer. Non pas dans une logique d'agressivité ou d'escalade, mais dans une logique de défense. Défense de l'Ukraine, défense du territoire européen.
Est-ce que ce n'est pas le signe, justement, d'une faiblesse de la défense anti-drone de l'OTAN qui a été mise en lumière par cet épisode ?
Les alliés de l'OTAN ont décidé, vous vous souvenez, avant l'été, ce sommet de l'OTAN qui a été parfois tourné en dérision, ils ont décidé, ils ont pris la décision de consacrer des ressources beaucoup plus importantes qu'auparavant à défendre l'alliance. Vous vous souvenez, c'est le relèvement des dépenses de défense jusqu'à 3,5% et puis 5% une fois qu'on ajoute les dépenses qui concourent à la défense sans être des dépenses militaires à strictement parler. A quoi servait ce relèvement de la défense ?
C'est précisément à pouvoir combler ces déficits, si l'on peut dire, qui ont pu s'accumuler au fil du temps alors qu'à nos portes se joue une guerre qui est d'un ordre totalement nouveau avec une participation, avec une contribution très significative des drones sur le front et sur les villes de l'arrière. Et donc l'OTAN est en train de se préparer justement à faire face à ces menaces. Mais je veux dire aussi que la Russie commettrait une grossière erreur à considérer que les Européens et les alliés de l'OTAN ne sont pas solidaires. Parce que l'OTAN, qui est une alliance, contrairement à tous les mensonges du Kremlin et de ses télégraphistes, une alliance défensive.
Mais c'est l'alliance la plus puissante et la plus dissuasive du monde.
Est-ce que l'ambassadeur de Russie est convoqué au quel heure c'est ?
Il sera convoqué ce matin.
Il sera convoqué ce matin. Qu'allez-vous lui dire ?
Nous allons lui dire ce que je viens de vous dire. C'est-à-dire que nous ne nous laisserons pas intimider, que l'OTAN et ses alliés ont une vocation défensive et dissuasive qui est la plus puissante du monde et qu'il faut cesser de nous tester et de tenter de nous intimider.
Alors il faut regarder les choses dans le détail. Face à la menace russe, la Pologne a demandé à l'OTAN d'activer l'article 4 du traité de l'alliance et c'est très important puisque c'est un article qui, je le cite, dit que les partis se consulteront à chaque fois que de l'avis de l'une d'entre elles, l'intégrité territoriale, l'indépendance politique, la sécurité de l'une des parties sera menacée. Il y a l'article 4 et il y a l'article 5. L'article 5, c'est celui qui justement permet la solidarité des acteurs de l'alliance qui considèrent que l'attaque contre la Pologne serait une attaque dirigée contre l'ensemble des membres de l'alliance atlantique. On n'en est pas là.
Je vous l'ai dit, l'article 4 témoigne de la gravité de la situation puisque les consultations qui sont tenues... Grave, mais pas si grave.
Ça ne nous concerne pas directement.
Ça n'est que la huitième fois depuis 76 ans. C'est-à-dire la gravité de la situation. Ensuite, je le disais, on ferait une grave erreur à penser que la solidarité entre les Européens est friable. Et je veux dire que dans les liens de solidarité qui nous lie avec la Pologne, il y a bien sûr l'OTAN, mais il y a aussi l'Union Européenne, et qu'il y a enfin le traité de Nancy que nous avons signé cette année, le 9 mai, et qui prévoit une clause de défense mutuelle. Je crois qu'il faut que chacun soit bien conscient une nouvelle fois que les Européens, l'OTAN, sont formes ensemble une puissance militaire qu'il ne faut pas tester.
Mais Jean-Noël Barraud, il faut revenir sur cet article 5 parce que là, après la réunion, le secrétaire général de l'OTAN, Marc Rutte, annonce une enquête sur le caractère accidentel ou non de ces intrusions de drones. Il y en a quand même une neuf depuis 2022. On peut s'interroger sur le caractère accidentel. Finalement, est-ce que quand c'est la neuvième, on ne peut pas dire que c'est une attaque armée, il faut solliciter l'article 5 et la solidarité des pays entre eux face à une attaque ?
Je vous l'ai dit, intentionnel ou non, accidentel ou non, tout cela est très grave, tout cela est absolument inacceptable. Tout cela vient s'ajouter aux innombrables provocations de Vladimir Poutine qui voudrait faire croire que ce sont les Européens qui sont débattants en guerre alors qu'il se permet de faire des incursions sur le territoire de pays européens. Et nous y avons répondu avec force.
Je veux vous dire que quand des avions polonais, mais aussi néerlandais et italiens abattent des drones russes quelques dizaines de kilomètres dans la profondeur du territoire polonais, c'est une réaction très forte et la décision du président de la République démontre notre intention de ne pas nous laisser intimider.
Êtes-vous inquiet alors que commence aujourd'hui juste à la frontière polonaise un exercice militaire de la Biélorussie avec la Russie ? Jusqu'à 13 000 soldats qui vont être mobilisés pendant plusieurs jours. Une démonstration de force ? Hasard du calendrier ou véritable tentative d'intimidation ?
Toujours la même chose, la même tentative d'intimidation des Européens. Mais nous y répondons. Et je veux saluer d'ailleurs la décision ou l'annonce qui a été faite par la présidente de la Commission européenne nous l'avons appelée à la faire depuis de longs mois maintenant d'apporter 6 milliards d'euros supplémentaires à l'Ukraine pour qu'elle puisse fabriquer ses drones intercepteurs qui lui permettront de faire face aux attaques massives qui sont lancées par la Russie sur les villes de l'arrière pour mieux masquer son incapacité à progresser sur le front. Et puis en parallèle, lundi, ce lundi, l'Union européenne...
Vous avez dit nous y répondrons.
De quoi ?
Vous avez dit vous nous y répondrons.
Non, je dis simplement que la Commission européenne vient d'annoncer des mesures financières qui vont permettre de répondre aux attentes exprimées par l'Ukraine pour fabriquer des drones de nature à défendre les villes de l'arrière contre les attaques massives et meurtrières lancées par la Russie. Mais je dis aussi que lundi, l'Union européenne et c'est très important, va présenter un nouveau paquet de sanctions qui pour la première fois que Donald Trump est revenu à la Maison-Blanche aura été coordonné directement avec lui.
Mais il y en a eu beaucoup, des paquets de sanctions qui pour la première fois depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche aura été coordonné directement avec lui.
Et c'est la garantie du succès ça ?
Ça va exercer une pression colossale sur la Russie de Vladimir Poutine, sur les ressources qu'il engouffre dans cette guerre d'agression, cette guerre impérialiste et coloniale, avec un seul objectif, faire changer son calcul et l'amener à consentir à cesser le feu.
Alors, non, je parlais de votre phrase « nous y répondrons » puisque j'évoquais donc cet exercice militaire, vous avez dit « nous y répondrons » et je me demandais comment justement ?
Le soutien à l'Ukraine, le soutien militaire, le soutien financier et les sanctions qui, je le redis, c'est très important puisque nous y avons travaillé depuis des mois malgré certaines tergiversations pour faire en sorte que les Etats-Unis rallient les Européens, les Britanniques, les Canadiens dans l'effort de sanctions qui s'appliqueront sur Vladimir Poutine pour le faire changer d'attitude.
Alors, autre sujet brûlant, c'est évidemment le Proche-Orient et autre sujet dans l'actualité internationale Jean-Noël Barreau. Il y a eu cette déclaration définitive de Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, il y a quelques heures lors d'une cérémonie de signature d'un important projet de colonisation en Cisjordanie occupé. Il n'y aura pas d'État palestinien. Cet endroit nous appartient. Israël qui a prouvé le mois dernier la construction de milliers de logements en Cisjordanie qui devraient couper ce territoire en deux et qui interdirait de fait la constitution d'un État palestinien. Qu'est-ce que ça vous inspire ?
Il n'y aura pas d'État palestinien alors que nous sommes à une dizaine de jours de la reconnaissance prévue par la France et d'autres pays de cet État palestinien.
Eh bien moi je dis qu'il y aura un État palestinien parce que c'est la seule solution susceptible d'apporter la paix et la stabilité dans la région parce que c'est la seule alternative à l'État de guerre permanent et c'est la seule manière de mettre fin au Hamas et vous le savez il y a 6 millions de juifs il y a 6 millions d'Arabes sur ce territoire qui ne vont pas disparaître et seule une solution politique avec un État palestinien démilitarisé apportant toutes les garanties de sécurité à Israël est susceptible d'y mettre fin c'est dans cet esprit que la France et l'Arabie saoudite ont il y a 9 mois pris une initiative qui a créé une dynamique irréversible qui est en train de changer la donne et de lever une nouvelle espérance et je veux dire aussi que ce sont les déclarations du Premier ministre israélien mais qu'il y a des débats profonds qui traversent la société israélienne et ce que nous nous apprêtons à faire avec le Président de la République à New York dans 10 jours maintenant c'est de leur donner raison de donner raison aux Palestiniens qui ont fait le choix de renoncer à la violence et de faire le choix de reconnaître Israël et c'est de donner tort notamment au Hamas et de lui faire échec définitivement
il y a 148 états qui déjà reconnaissent l'état d'Israël et ça n'a rien changé pour l'instant vous ne craignez pas pour la France les mesures de rétorsion d'Israël l'éventuelle fermeture du consulat français à Jérusalem l'impossibilité pour le moment pour le Président français de se déplacer en Israël
je veux redire l'esprit dans lequel nous avons construit cette démarche et en particulier ce que cela signifie s'agissant du Hamas nous n'avons contrairement à ce que j'ai pu entendre ou lire depuis que nous avons lancé cette initiative nous n'avons aucune sympathie pour ce mouvement terroriste coupable du pire massacre antisémite de notre histoire dans lequel 51 de nos compatriotes ont perdu la vie nous l'avons démontré dès les premiers jours avec cette coalition contre le Hamas qui a accueilli des réunions à Paris et permis d'assécher les financements du Hamas nous l'avons ensuite démontré lorsque nous avons sanctionné au niveau européen et au niveau national des responsables du Hamas et nous allons démontrer aujourd'hui aujourd'hui le 12 septembre on le retiendra comme le jour de l'isolement international définitif du Hamas aujourd'hui pour la première fois à l'initiative de la France les Nations Unies vont condamner le Hamas plus précisément un texte qui est le fruit de ce travail lancé par la France depuis neuf mois va être présenté à l'Assemblée Générale des Nations Unies va être largement adopté qui condamne le Hamas et ses crimes qui appelle à son désarmement et qui appelle à son exclusion définitive de toute participation à l'avenir de la Palestine
plusieurs questions et vous vous en doutez de nos auditeurs ce matin qui concernent justement la question de la Palestine et la question de la guerre à Gaza Marianne qui se demande ce que vous pensez des conséquences de la reconnaissance de l'état de Palestine et si elle est de nature à suffire pour sauver le peuple palestinien
la reconnaissance de l'état de Palestine je l'ai dit nous l'avons conçu pour créer une dynamique irréversible réouvrant le chemin d'une paix et d'une stabilité dans la région et faisant échec au camp de la guerre à ceux qui voient l'avenir sous l'angle d'un grand Israël ou sous l'angle d'une Palestine qui irait du Jordan à la mer mais ce n'est pas la seule chose que nous faisons évidemment nous voulons continuer d'accentuer la pression sur le gouvernement israélien pas sur le peuple israélien avec lequel la France a des liens et d'effectifs mais sur le gouvernement israélien
alors justement il y a une question d'un auditeur Adrien qui vous demande s'il faut sanctionner Israël lorsque vous entendez le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et je répète cette phrase il n'y aura pas d'état palestinien cet endroit parlant donc de la Cisjordanie nous appartient faut-il sanctionner Israël ?
Je le dis ce qui se passe à Gaza la famine ce qui se passe en Cisjordanie la colonisation le blocus financier sur l'autorité palestinienne tout ça est inacceptable et il faut oui accentuer la pression sur le gouvernement israélien pas sur le peuple mais sur le gouvernement israélien
Mais vous ne répondez pas précisément à ma question faut-il des sanctions ?
Nous avons soutenu la démarche européenne visant à examiner le respect par le gouvernement israélien de l'article 2 de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël l'article 2 c'est le respect des droits de l'homme la conclusion de cet examen a été la violation par le gouvernement israélien de ses obligations au titre du respect des droits de l'homme nous avons dit qu'il fallait en tirer les conséquences et prendre des mesures de restriction ou de sanction malheureusement faute de majorité entre les européens tout ça n'a pas pu aboutir mais mais mercredi dans son discours au parlement européen pour la première fois la présidente de la commission européenne a fait des ouvertures sur la sanction de certains responsables israéliens sur la remise en cause de certaines des dimensions commerciales de l'accord de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël peut-être je l'espère en tout cas que cela va faire bouger les lignes
Jean-Noël revu le contexte actuel on voulait aussi forcément vous parler de politique de politique française la France en est à son quatrième premier ministre en moins de deux ans avec une dette de plus de 3 300 milliards d'euros vous qui rencontrez régulièrement des interlocuteurs étrangers est-ce que notre voix elle est encore audible et crédible aujourd'hui ?
ce qui est clair c'est que notre poids à l'extérieur notre force à l'extérieur dépend très directement de notre force intérieure de notre force militaire de notre force économique et financière mais aussi de notre force morale mais on les entend
les médias étrangers dire la France devient l'homme malade de l'Europe on nous compare à la Grèce on emprunte plus cher que l'Italie
certes n'oublions quand même pas que c'est à Paris la semaine dernière que les Européens Asiatiques Américains se sont réunis pour cet exercice dont je le disais qu'il est historique pour mettre en commun leurs moyens militaires au service de l'Ukraine et c'est encore à l'invitation de la France que le 22 septembre prochain à New York un certain nombre d'autres pays se présenteront pour reconnaître l'état de Palestine ou pour condamner le Hamas cette voix singulière de la France que le Quai d'Orsay et ses agents cultivent au quotidien nous permet d'être entendus mais notre influence dépend de notre force intérieure et c'est dans ce contexte que Sébastien Lecornu arrive avec des qualités précieuses qualités d'homme humble d'homme enraciné dans la réalité des difficultés qu'éprouvent les Français un homme qui connaît parfaitement le Parlement qui a su trouver des majorités introuvables lorsqu'il a fallu faire voter le relèvement historique du budget de nos armées puis c'est un homme d'écoute de dialogue et j'ose le dire de diplomatie ce qui lui permettra je l'espère de trouver les voies pour sortir de l'impasse c'est notre intérêt collectif qui réussisse et quant à moi je ferai tout pour l'aider
et donc vous avez obtenu la garantie de rester à votre poste
il n'y a aucune garantie qui soit donnée à quiconque
mais vous en avez parlé avec Sébastien Lecornu
non mais vous savez les questions de personnes sont secondaires je souhaite que le pays réussisse
et donc que le gouvernement réussisse vous dites vouloir l'aider
bien sûr mais on peut aider de plein de manières différentes en restant le chef de la diplomatie française et s'agissant vous le savez Alibadou s'agissant des dominations c'est une prérogative qui appartient strictement au président de la république et au premier ministre
Vous êtes issu du MoDem Jean-Noël Barreau le parti de François Bayrou qu'est-ce qui selon vous l'a conduit à l'échec ?
Je ne dirais pas qu'il a été conduit à l'échec je pense que la postérité rendra justice à ce que François Bayrou a fait à Matignon je pense qu'il a réussi dans un contexte extrêmement dégradé à faire adopter un budget vous vous souvenez c'était l'hiver dernier François Bayrou n'a pas échoué
alors pourquoi est-il parti ?
Je pense qu'il a eu le courage de mettre l'intérêt du pays au-dessus du sien et surtout je crois qu'il a initié des chantiers essentiels des combats essentiels que nous allons continuer Mais pourquoi est-il démissionné ? Le combat de la dette Le combat Ah vous écoutez Mais parce que les forces politiques présentes au Parlement ont refusé d'agréer ou en tout cas de répondre oui à la question qui était posée c'est-à-dire est-ce que la situation de nos finances publiques est grave ou non ?
Le nouveau Premier ministre dont vous parliez a annoncé des ruptures sur la forme et sur le fond Quelle rupture vous semble nécessaire ? Est-ce que ça peut être par exemple une taxation plus élevée pour les riches pour les ménages les plus riches comme la taxe Zuckman par exemple qui est demandée de ses voeux par le parti socialiste dont le gouvernement a besoin du soutien ?
D'abord la rupture je crois que le Premier ministre est dans cet esprit c'est d'abord chacun qui doit la faire avec ses propres habitudes rupture avec les postures rupture avec les lignes rouges rupture avec la volonté de s'imposer personne n'a de majorité personne ne peut imposer ses idées quant à la question que vous soulevez l'accumulation des patrimoines et des richesses s'accélère au point qu'il devient difficile voire impossible de corriger par son travail dans notre pays les inégalités de la naissance le parti socialiste appelle à une contribution renforcée des très hauts patrimoines des très hauts revenus c'est un appel qui trouve un écho dans la société française qui trouve un écho dans certaines forces politiques y compris le Modem qui depuis 2017 a fait un certain nombre de propositions moi-même député à la commission des finances j'en ai proposé c'est j'espère des éléments qui contribueront à façonner le compromis indispensable dont nous avons besoin
et vous pensez que Sébastien Lecornu est la personne idoine pour mener à bien ces ruptures
je vous ai listé les raisons pour lesquelles je pense que dans le contexte que nous connaissons politique mais aussi international il a les armes nécessaires pour nous permettre d'y parvenir mais c'est une responsabilité qu'il partagera avec les responsables des forces politiques qui le commun ou le parti socialiste doivent eux aussi prendre le chemin du compromis
responsable de forces politiques Marine Le Pen dit qu'il n'y a qu'une alternative la démission ou la dissolution
c'est évidemment irresponsable c'est la recherche d'une forme de chaos ça n'est pas une surprise c'est une stratégie constante de la part du rassemblement national que nous combattons et que nous combattrons toujours
ça n'est pas un constat et un regard froid sur la réalité de la situation politique française
écoutez je vous le dis regardez les attentes des français ils sont une majorité à attendre de la stabilité à vouloir eux-mêmes à leur échelle quel que soit leur engagement quel que soit leur métier contribuer à la réussite du pays vous avez une situation internationale qui exige de l'audace et du courage je ne peux pas me résoudre à l'idée que notre classe politique manquerait à ce point de courage pour ne pas trouver le compromis nous permettant de sortir de l'impasse
merci Jean-Noël Barraud d'avoir été l'invité de France Inter pour ne pas
pour ne pas pour ne pas
Jean-noël Barrot