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InterviewEurope 1 — L'interview politique du week-end (sur Podcast)· 29 juin 2025 8 minComplaisantActualité / polémiqueDéfense

Iran : «La république islamique n'a plus la capacité de bâtir une bombe nucléaire», assure Emmanuel Navon

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:14OuverteRéponse directe

    On va parler de cesser le feu entre Israël et l'Iran, mais pour combien de temps ?

  • 2:26OuverteRéponse directe

    Est-ce que tout l'uranium enrichi a disparu ou est-ce qu'il est possible qu'il ait été déplacé ?

  • 3:15OuverteRéponse directe

    L'Iran affirme être toujours en possession de stocks d'uranium enrichis, peut-il encore avoir la bombe atomique ?

  • 4:24OuverteRéponse directe

    L'Iran est déstabilisé après les frappes, est-ce que les Israéliens se sont remobilisés derrière leur Premier ministre ?

  • 5:37OuverteRéponse directe

    Donald Trump annonce un cessez-le-feu dans les prochains jours, est-ce un scénario que vous envisagez ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:33InvitéFait
    « cet uranium enrichi à 60%, est-ce que l'on sait ou pas exactement où il est ? »
  • 4:43InvitéFait
    « après le 7 octobre, la position Netanyahou avait été extrêmement déstabilisée en Israël »
  • 5:51InvitéFait
    « le Hamas a perdu son principal soutien militaire, financier et diplomatique qu'est l'Iran »

Temps de parole

  • Invité73 %
  • Présentateur27 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Europe 1 matin week-end, 6h-9h, l'Enaïc Moigné. Il est 8h12 sur Europe 1. L'heure d'accueillir l'invité d'Europe 1 matin week-end, Emmanuel Navon, professeur en relations internationales et politologue. On va parler de cesser le feu, il est toujours en vigueur entre Israël et l'Iran, mais la question que l'on se pose, c'est pour combien de temps ? Et alors, surtout que le patron de l'Agence internationale de l'énergie atomique affirme que l'Iran aura d'ici quelques mois de nouveau les capacités d'enrichir de l'uranium. Bonjour Emmanuel Navon. Bonjour.

Il y a une semaine exactement à l'heure où nous nous parlions, les Etats-Unis bombardaient les sites nucléaires iraniens, faisant basculer le monde dans une incertitude totale.

0:45
Invité

Oui, mais ça a été une frappe déterminante dans la mesure où, sans les Etats-Unis, il aurait été impossible pour Israël de détruire la centrale nucléaire de Fordo et également celle de Nathan, de ces fameuses bombes pénétrantes que les Etats-Unis possèdent. Donc Israël avait été parvenu déjà à détruire une grande partie de l'arsenal nucléaire et également des missiles iraniens, mais la participation des Etats-Unis a été déterminante pour effectivement faire reculer l'Iran de plusieurs mois, en tout cas du seuil nucléaire auquel elle se trouvait à la veille des frappes israéliennes.

1:24
Présentateur

Et alors c'est vrai que Donald Trump a été remercié. D'ailleurs, on a vu un grand panneau d'affichage à Tel Aviv où il y avait marqué « Merci Monsieur le Président » accompagné d'une photo justement du président américain, le peuple israélien reconnaissant également.

1:37
Invité

Je pense qu'il y a là effectivement une coopération sans précédent entre les Etats-Unis et Israël, deux pays et deux gouvernements qui sont fermement opposés à ce que l'Iran, la République islamique d'Iran, a eu l'arme nucléaire du fait de sa violence et de son idéologie, et qu'il y a eu effectivement une coopération très étroite entre les deux pays.

Je pense également que le fait qu'Israël ait osé initier ses frappes et y aller seul avec des succès extraordinaires qui dépassent même ce que pensait l'armée israélienne, je pense que cela a également contribué à la décision du président Trump de s'impliquer dans la mesure où il s'est aperçu après plusieurs jours que les prévisions apocalyptiques sur une guerre régionale s'étaient avérées inexactes.

2:22
Présentateur

Alors Emmanuel Navon, la question qu'on se pose forcément désormais, c'est est-ce que tout l'uranium enrichi a disparu ou est-ce qu'il est possible qu'il ait été déplacé ?

2:33
Invité

Alors ça c'est effectivement la grande question, cet uranium enrichi à 60%, est-ce que l'on sait ou pas exactement où il est ? Nous n'avons pas, vous et moi évidemment, l'accès à ce genre d'informations, mais en tout cas il est clair qu'il y a une certaine incertitude sur le sort de cet uranium enrichi. En tout cas ce qui est clair aujourd'hui, c'est que le régime iranien, la république islamique iranienne, avec ou sans cet uranium enrichi, n'a plus la capacité, comme elle l'avait il y a encore deux semaines, de bâtir une bombe nucléaire dans quelques jours, dans quelques semaines plus tard.

Il faudra voir à présent comment gérer le danger iranien, pas seulement avec le gouvernement américain, mais également avec d'autres pays occidentaux qui officiellement s'opposent à l'arme nucléaire iranienne.

3:15
Présentateur

Et c'est vrai que Téhéran affirme être toujours en possession de stocks d'uranium enrichis, est-ce qu'il peut encore avoir la bombe atomique nucléaire et à quelle échéance, ce qui doit évidemment inquiéter par tout particulièrement le peuple israélien ?

3:29
Invité

Pas seulement le peuple israélien, tous les peuples de la région, puisque c'est vrai qu'Israël était la principale cible de l'idéologie démentielle, et toujours la principale cible de l'idéologie démentielle des Mollahs, qui sont obsédés par l'élimination d'Israël, mais l'Iran est également la principale source d'instabilité et de violence au Proche-Orient. Aujourd'hui, la plupart des scientifiques iraniens, la plupart des ingénieurs de l'énergie nucléaire ont été éliminés par Israël, également le leadership militaire, les infrastructures.

Donc aujourd'hui, l'Iran, au stade où nous nous parlons, n'a plus la capacité de procéder à l'arme nucléaire sans reconstruire d'abord évidemment les infrastructures, ce qui prendra beaucoup de temps, mais également de reformer des ingénieurs et des experts. Donc aujourd'hui, l'Iran a été contrôlée de façon temporaire. Il faudra évidemment voir maintenant comment les choses vont évoluer, et également du point de vue du futur du régime lui-même à Teheran.

4:24
Présentateur

Alors c'est vrai que l'Iran est déstabilisé, pour le moins après ses frappes américaines et israéliennes, évidemment sur le pays, sur les sites nucléaires iraniens. Les Israéliens qui, par ailleurs, est-ce que vous l'avez peut-être constaté également, se sont remobilisés derrière leur Premier ministre à la faveur de cette guerre de 12 jours ?

4:42
Invité

Tout à fait. Je pense qu'effectivement, après le 7 octobre, la position Netanyahou avait été extrêmement déstabilisée en Israël, puisqu'il était, c'était lui qui était Premier ministre, et donc qui était porté responsable de la catastrophe du 7 octobre. Et puis évidemment, les instabilités sociales, suite à ces réformes judiciaires très controversées en Israël. Et là, en revanche, sa stature a été évidemment plus que rétablie, puisqu'il a vraiment atteint ce que j'ai appelé son moment churchillien, c'est-à-dire que véritablement, toute sa vie a été consacrée, en tout cas ces 20 dernières années, à éliminer la menace iranienne.

Et là, il a effectivement fait preuve d'un courage, lui et son gouvernement extraordinaire, avec des acquis extraordinaires. Et là, effectivement, oui, sa stature, même auprès des Israéliens, qui étaient très critiques à son égard, a été rétablie.

5:34
Présentateur

Alors, vous l'évoquiez, Emmanuel Navon, évidemment, le 7 octobre dernier, ce pogrom en Israël, avec Donald Trump qui annonce qu'un cessez-le-feu pourrait notamment intervenir dans les prochains jours. Est-ce que c'est un scénario que vous envisagez également ?

5:51
Invité

Alors, je veux bien comprendre que le Hamas a perdu son principal soutien militaire, financier et diplomatique qu'est l'Iran. Alors, l'Iran n'a pas disparu, évidemment. Le régime des Mola n'a pas disparu. Mais enfin, le Hamas voit bien, comme tout le monde, que l'étau iranien qui a été bâti depuis deux décennies autour d'Israël a été quasiment démantelé. Et donc, le Hamas, aujourd'hui, est évidemment en position de faiblesse.

Il faut évidemment tout faire pour que cela permette d'arriver à un accord pour la libération des otages israéliens et une fin de la guerre à Gaza qui permette également de s'assurer que le Hamas ne pourra plus reconstituer son arsenal militaire, reprendre le contrôle de la population de Gaza et qu'enfin, enfin, ce territoire puisse être reconstruit non pas pour bâtir des tunnels et des missiles, mais puisse être reconstruit avec des infrastructures civiles pour le bien de la population elle-même, ce qui implique évidemment que les pays extérieurs qui devront s'impliquer financièrement devra, et cela devra exclure le Qatar, puisque le Qatar a financé le Hamas.

Donc, nous sommes en train d'essayer, Israël est en train d'essayer avec ses partenaires, en particulier américains, mais également européens, non seulement d'arriver à cesser le feu à la libération des otages, mais également à bâtir un système de reconstruction qui exclurera le Qatar et qui permettra, enfin, de bâtir un nouveau Proche-Orient qui avait commencé avec les accords d'Abraham et qui, il faut l'espérer, pourra s'élargir à l'Arabie Saoudite et à d'autres pays.

7:25
Présentateur

Eh bien, merci beaucoup Emmanuel Navon de votre intervention ce matin sur Europe 1, professeur en relations internationales à Tel Aviv et politologue. Merci à vous.