Nicolas Dupont-Aignan
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Radio Classique, l'invité de Renaud Blanc avec le Figaro.
Bonjour Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour Monsieur. Président de Debout la France, député de Lesson. Question très directe en lien avec l'édito de Guillaume Tabard. Est-ce que vous soutenez ce matin Frédéric Vidal ?
Écoutez, la ministre a eu raison de parler d'islamo-gauchisme, même si cela fut maladroit puisqu'elle veut utiliser le CNRS pour contrôler des universitaires, ce qui n'est pas très heureux. et il suffisait qu'elle donne une mission d'inspection pour voir où on en est. Mais tout cela, j'écoutais Guillaume Tabard, c'est très politicien, parce que ce ne sont que des mots. Et la réalité, c'est que ce gouvernement se couche tous les jours dans la pratique devant l'islamo-gauchisme. Et je vais vous donner un exemple. Il envoie des signes à l'opinion comme ça.
Donc il y a une polémique, tout le monde se dit « Oh ben c'est bien, Madame Vidal finalement, Monsieur Darmanin, ils ont compris qu'il y a un problème. » Mais dans les faits, qu'est-ce qu'ils font ? Rien. Et je vais vous donner un exemple. Monsieur le maire, le professeur de philosophie de Trappes, il a été obligé de démissionner de l'éducation nationale, enfin de partir. Il n'est plus enseignant. Il n'a pas démissionné de l'éducation nationale. Non, il n'a pas démissionné. Il n'est plus enseignant à Trappes. Parce qu'il n'a pas été soutenu par l'État. Et même le préfet lui a reproché.
Le voile à l'université, nous proposons, je propose de supprimer les signes extérieurs de religion à l'université. Est-ce que le ministre ou le gouvernement font quelque chose ? Rien. On va en parler un moment. On est dans une apparence de fermeté et dans une démission au quotidien. Et c'est là le problème. Donc c'est très habile politiquement de faire croire que le gouvernement fait quelque chose. Mais dans la pratique, il recule tous les jours.
Enfin, ce week-end, il y a quand même 600 universitaires qui ont réclamé la démission de Frédéric Vidal. Vous, vous souhaitez plutôt qu'elle reste sur cette question-là ?
Bien évidemment. Ce que je veux dire, c'est que c'est un jeu de rôle, un théâtre, comme la Macronie est un théâtre, qui veut faire croire à l'opinion qu'il a pris conscience. C'est comme le projet de loi. Le projet de loi séparatisme, c'est un tambour. C'est creux comme un tambour. Ça fait du bruit. 70 articles.
Il n'y a aucun article, si pour vous, il n'y a qu'une avancée pour la défense de la laïcité. Il y a quelques articles, vous avez raison.
Il y a quelques articles positifs. Mais on ne traite pas du problème de l'immigration. Ils ont refusé l'amendement d'une parlementaire de la majorité, Mme Berger, qui proposait qu'on interdise le voile pour les fillettes, qui est le premier geste de séparatisme. Et le ministre nous a expliqué que le port du voile par des fillettes qui, avant de marcher, auront un voile sur la tête n'est pas un geste de séparatisme. Il n'a rien à voir avec la loi. Et puis, il n'a pas touché, par exemple, aux flux de financiers qui viennent de l'étranger, par exemple de la Turquie, et qui financent le culte des mosquées quasiment turques.
Il y a un encadrement plus strict sur le financement des mosquées.
C'est très intéressant. Vous avez raison. C'est très intéressant. On va savoir ce qui se passe. Mais ce n'est pas ça un encadrement. Un encadrement, c'est dire stop. Est-ce qu'il est normal qu'Erdogan finance les lieux de culte en France ? C'est ça, la réalité.
Vous pensez que Jean-Michel Blanquer, sur cette question-là, n'est pas justement à la pointe et n'est pas inquiet de ce qui se passe ?
Mais on ne leur demande pas d'être inquiet. On est tous inquiets. On leur demande d'agir. Et la différence avec ce que je propose, c'est que je propose des actes.
Encadrement des écoles hors contrat, par exemple.
D'accord, il y a quelques progrès, mais on est très loin du compte. Moi, je regarde les actes, les faits. Vous, d'ailleurs, les lois, le nombre de lois dans notre pays qui ne sont pas appliquées. Donc, encore une fois, on a eu l'exemple. Pendant le débat sur le séparatisme, refus d'interdire les voiles des fillettes, refus de contrôler l'immigration, et un professeur de philosophie de Trappes qui dit la vérité sur la situation ne peut plus enseigner à l'éducation nationale. Voilà la réalité du pays. Alors, les belles paroles, ce n'est pas important. Ce qui compte pour moi, ce sont les actes.
Et il y a des actes très précis que nous pourrions prendre, que je propose avec d'autres, et qui ne sont pas pris. C'est tout.
Vous êtes venu à l'Assemblée pendant ce débat avec le livre de Michel Houellebecq sous le bras, sous mission. C'est-à-dire que vous estimez qu'une nouvelle fois, on ne va pas assez loin dans cette lutte pour la laïcité française. Cette spécificité de la laïcité française.
Je suis venu avec ce livre, car je le recommande à nos auditeurs, car il explique très bien comment, par de lâcheté en lâcheté, de parole en parole, on constate un phénomène, mais on ne prend pas les mesures qui s'imposent pour lutter contre ce phénomène. Et ce livre illustre exactement la démission. D'ailleurs, les cris insupportables des universitaires qui ont crié contre Mme Vidal alors qu'elle n'a rien fait. Elle n'a fait que décrire un phénomène. montre bien à quel point nous sommes dans une logique de soumission. C'est-à-dire que ce qui est extravagant, c'est qu'on a entendu dans Le Monde, par exemple, on a lu cette fameuse tribune demandant la démission de Mme Vidal.
Mme Vidal n'a pris aucune décision contre eux, mais déjà, ils hurlent à la mort. Ça veut bien dire à quel point on est dans une sorte de soumission. Et encore une fois, ce qui m'intéresse, en tout cas, c'est tout le sens de mon combat politique, c'est qu'on prenne des décisions, pas des décisions extrémistes, de vraies décisions, de contrôle, de soutien aux enseignants, aux universitaires qui sont victimes de véritables chasses aux sorcières. Car la chasse aux sorcières, ce n'est pas celle de la laïcité aujourd'hui. C'est la chasse aux sorcières d'islamo-gauchistes qui font pression sur leurs collègues, sur les étudiants.
Et la décision que je propose, par exemple, d'interdire le port du voile à l'université pour les étudiantes, serait un signe magnifique de laïcité. Alors là, ça serait concret.
Alors, vous allez, si je vous comprends bien, vous estimez que finalement, le gouvernement n'est pas allé assez loin. À gauche, on n'a pas du tout la même lecture. On parle de stigmatisation des musulmans de France. Qu'est-ce que vous répondez, Nicolas Dupont ?
Mais je réponds que je connais beaucoup de Français. D'abord, je n'aime pas l'expression musulmans de France. On est Français avec une confession. Beaucoup de Français musulmans, parfaitement assimilés, n'en peuvent plus de la démission de l'État. Et sont les premiers à me demander, dans ma circonscription, qui est une circonscription de banlieue parisienne, en me disant, on est en France, on aime la France, on est Français, pour la plupart. On a souvent fui l'Algérie au moment de la guerre civile, par exemple. Et on n'a pas envie de voir en France ce qu'on ne voit plus au Maghreb. Voilà. Donc, il n'y a pas la question. Moi, je n'oppose pas les musulmans aux chrétiens, aux juifs.
On est Français avec une confession, pour certains. Pour d'autres, pas de confession. On est encore Français citoyen. Moi, je ne vois que des citoyens.
Avant de parler du Covid, Nicolas Dupoignan, deux questions d'actualité. D'abord, sur la proportionnelle défendue par François Bayrou pour les prochaines législatives. Vous soutenez, évidemment, le commissaire au plan sur cette question, même si on sent que c'est de plus en plus tendu entre lui et Emmanuel Macron. Je soutiens.
J'ai toujours pensé qu'il fallait une petite dose de proportionnelle, parce que je ne veux pas revenir à la Quatrième République et à son instabilité. Et je crois que le Parlement, aujourd'hui, n'est pas représentatif du tout de l'opinion. Mais je ne voudrais pas une proportionnelle intégrale. Donc, une petite dose de proportionnelle ferait du bien. Elle permettrait la diversité politique, sans pour autant mettre en danger la stabilité. Mais c'est une promesse qui ne sera pas respectée par Emmanuel Macron, comme tant d'autres. Voilà. Mais, pardonnez-moi, on a 80 000 morts de la Covid. On a une crise économique sans précédent. On a 8 millions de Français qui vont à la soupe populaire.
8 millions. Ça a considérablement augmenté. On a des étudiants qui se suicident. Et François Bayrou nous parle de proportionnelle. Moi, je pense. Et ce sont les mêmes modernes, d'ailleurs, qui ont voté les pleins pouvoirs au gouvernement depuis mars. Ce qui fait que le Parlement, vous m'écoutez bien, le Parlement n'a plus son mot à dire sur aucune mesure sanitaire dans le pays. Depuis mars. Jusqu'au 1er juin et peut-être jusqu'au 31 décembre. Alors, avant de parler de proportionnelle, ce que j'aimerais, c'est que François Bayrou, qui se dit un acteur de la politique, lutte contre la confusion des pouvoirs qu'il y a.
Puisqu'aujourd'hui, je vous le signale, il y a un homme seul, Emmanuel Macron, qui décide de nos libertés avec un conseil scientifique qui est dans l'anonymat. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de compte-rendu, pas de diversité scientifique. C'est ahurissant ce que nous vivons. Donc, moi, je demanderais déjà qu'on revienne en démocratie.
Avant de parler de proportionnelle. Avant de parler, justement, du coronavirus, une autre question d'actualité. Avec le maire de Lyon, Grégory Doucet, qui milite pour un menu unique, sans viande, qu'il souhaite instaurer, temporairement dans toutes les cantines de sa ville. Décision idéologique pour le gouvernement et pour le président de Debout la France.
Ils sont barjots. Ce sont des gens qui sont barjots.
Gérard Collomb a fait la même chose au printemps dernier.
J'en ai assez de cette démagogie. C'est insupportable, d'ailleurs, de voir des mères qui jouent avec nos enfants. Insupportable. Donc, qu'il y ait un choix végétarien pour les parents qui le souhaitent, admettons, mais qu'on impose, dans cette idéologie. Mais où est notre pays ?
La municipalité parle d'un menu unique, sans viande, pour des raisons sanitaires.
Écoutez, il y a un moment, est-ce qu'on est dans des féodalités, le retour des féodalités, de l'ancien régime, ou est-ce qu'on a une loi nationale, un pays qui affronte les défis ? Je vous rappelle que notre pays est menacé de suicides collectifs, d'arrêts économiques et sociaux. Les pays du monde entier se développent, la France est arrêtée, la France est dans une panne totale, et on nous parle du menu de Lyon, où un dingue veut interdire la viande pour nos enfants. Il y a un moment où je me demande si le confinement ou le pseudo-confinement qu'on a, le semi-confinement qu'on a, ne rend pas nos leaders un peu dérangés.
Alors, on a parlé... Désolé d'être un peu brutal, mais il y a un moment... Pour vous exprimer, on a parlé d'islamo-gauchisme, on a parlé de séparatisme, on a parlé de proportionnel, même si ça ne vous intéresse pas beaucoup. Je voudrais qu'on parle de territorialité, justement, avec ce qui se passe à Nice. Est-ce que vous pensez, Nicolas Dupont-Aignan, que la solution aujourd'hui pour lutter efficacement contre le virus, et peut-être des politiques, j'allais dire locales, différentes ? Le cas de Nice, qui ne serait pas la même chose que Bordeaux. Est-ce que vous pensez que la territorialité, c'est peut-être une solution qu'il faut développer pour lutter contre le coronavirus ?
C'est une évidence. Je l'ai toujours réclamée, d'ailleurs. C'est une évidence. Maintenant, là aussi, j'aimerais qu'on sorte de la logique moyenâgeuse. Quand même, ça fait maintenant plus d'un an qu'on est dans une logique moyenâgeuse, c'est-à-dire confinement, pas confinement, parallèlement, ça fait des mois que je propose, parce que je ne suis pas dans la critique, je suis dans la proposition, des solutions. Plutôt que d'enfermer...
Vous avez des scientifiques qui ont dit confinement, qui ont des scientifiques qui ne disent pas confinement. C'est-à-dire que... Non, mais ce que je veux dire, justement... On suit quand même un certain nombre de... On a bien tort. On a bien tort.
On a bien tort d'enfermer un peuple, depuis des mois, sans prendre des mesures que je réclame, qui me paraissent beaucoup plus efficaces, qui sont des mesures ciblées de protection des personnes fragiles, plutôt que d'enfermer un peuple. On est dans une situation où on enferme un pays et on ne soigne pas les malades. On pourrait revenir sur les soins. On est dans un pays qui depuis un an n'a pas augmenté. Je pense que vous avez choqué
quand même pas mal de médecins et d'infirmiers.
Oui, mais je ne parle pas d'à l'hôpital qui font un travail exceptionnel. Je parle en amont, soins précoces qui sont expérimentés dans beaucoup de pays et que le gouvernement refuse de mettre en place. Il a par exemple refusé, il y a quelques semaines, de donner plus de moyens à l'Institut Pasteur de Lille, qui a trouvé une molécule de soins. Il lui a refusé des moyens. Je ne sais pas si vous voyez ce que ça veut dire. Il y a l'ivermectine, qui est un médicament, un antiparasitaire qui donne des résultats de par le monde. Le ministre refuse des études approfondies. On a, donc je réclame encore une fois, des protections ciblées.
Par exemple, Mme Merkel a envoyé à 27 millions de foyers de personnes âgées des masques FFP2 pour les protéger. Je le demande depuis des mois. Par exemple, dans certains pays, en Angleterre, il y a des études très approfondies sur des moyens de soins précoces pour éviter que les gens passent en réanimation. Troisièmement, je réclame depuis des mois qu'on augmente le nombre des lits de réanimation et j'ai appris cette semaine que le nombre d'internes en réanimation, le nombre de postes d'internes, n'allait pas être augmenté cette année. On est à 74 seulement postes d'internes pour l'année, contre 72 l'année d'avant.
Donc, ce que je veux dire, c'est que si on ne prend pas des mesures ciblées sur les personnes fragiles, si on n'augmente pas les lits de réanimation, si on ne soigne pas précocement à partir de médicaments qui commencent à faire leur preuve nos concitoyens, on va passer notre vie à la lumière des variants. Il y a quand même
la vaccination, Nicolas.
Oui, mais la vaccination, vous voyez bien qu'il n'y a pas de vaccin. Le gouvernement n'arrive pas à les fournir. Donc, on voit bien que sur tous les points concrets, concrets, qui permettraient de desserrer les taux, on n'avance pas. Et alors, on va revenir à ce constat d'échec qui sont des confinements. Alors, ils vont être locaux. Bon, s'il n'y a plus que ça, on sera obligés de le faire. Mais je trouve quand même dommage qu'au bout d'un an, des mesures précises que nous avons proposées, je ne suis pas le seul, scientifiques, parlementaires, ne sont jamais prises en compte par le ministre.
Une dernière question, Nicolas Dupoignan. Le passeport vaccinal, vous êtes plutôt pour, vous êtes plutôt contre, puisqu'on dit finalement ce passeport va permettre aussi peut-être à l'économie de redémarrer avec des gens qui pourront, une fois vaccinés, se rendre dans les théâtres, dans les cinémas, dans les restaurants. Est-ce que c'est une mauvaise idée ce passeport vaccinal ?
C'est une fausse bonne idée pour deux raisons. D'abord, pour qu'il y ait un passeport vaccinal, il faut que tout le monde puisse être vacciné. C'est vrai. On en est très loin. Deuxièmement, il faut que le vaccin soit efficace contre les variants. On en est très loin. Mais on peut imaginer,
par exemple, que les restaurants puissent être ouverts de nouveau pour les personnes qui ont été vaccinées. Ce qui pourrait faire
citoyens ? Et en plus, on ne sait même pas si le vaccin protège contre les variants. En revanche, je vais vous dire une chose. On pourrait tout à fait ouvrir les restaurants en France comme à la buvette de l'Assemblée ou au Sénat qui sont ouverts avec des mesures de précaution. Encore une fois, est-ce qu'on peut, dans notre pays, arrêter de tuer le pays parce qu'on n'est pas capable de prendre des mesures de rigueur, de fonctionnement qui permettraient de rouvrir le pays progressivement mais avec des rigueurs ? Je ne suis pas pour rouvrir n'importe comment. Avec rigueur. Ce n'est pas en enfermant chez eux les gens qu'on luttera contre l'épidémie.
C'est en ayant en responsabilisant les Français dans leurs attitudes de liberté. Vraiment, j'insiste encore une fois, le pays est en train de mourir sur pied.
Merci Nicolas Dupoignan d'avoir été mon invité ce matin. Le président de Debout la France, député de l'Essonne, l'invité de Radio Classique. Il est 8h30. Dans un instant, l'essentiel de l'actualité...
Nicolas Dupont-Aignan