Datas centers, IA : quels coûts pour la planète ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Sommes-nous en train de brûler la planète ? Non pas avec nos voitures ou nos voyages en avion, mais avec nos ordinateurs et nos smartphones. Tous ces messages et ces photos qu'on s'envoie, ces recherches sur Google, les vidéos YouTube et Netflix, les podcasts qu'on écoute sans oublier Chat GPT et qu'on sort, partie intégrante désormais de nos vies numériques et qui font tourner à plein régime les data centers.
Des data centers qui se multiplient hein sur la planète. La France en compte déjà plus de 350. Ça consomme énormément.
Ça pose de nombreuses questions stratégiques, technologiques, écologiques. Justement aujourd'hui dans le temps de l'actu Zoom en archive sur le développement en France et dans le monde ces dernières années des data centers et des enjeux qu'ils impliquent. [musique] Pour comprendre l'arrivée et le développement en France et ailleurs des data centers, des centres de données en bon français, revenons non pas à la création d'Internet, mais plutôt au développement d'un service qu'on va très vite adopter, particulier comme entreprise.
Ça s'appelle le cloud archive [musique] de 2012. Le cloud, c'est un service qui permet de stocker à distance ses fichiers. Avant, on les sauvegardait directement sur son ordinateur ou dans des disques durs.
Maintenant, on peut faire appel à une société pour conserver ses données sur internet. Musique, documents, photos. En quelques clics, les voilà envoyés sur un énorme disque dur à distance et récupérable à n'importe quel endroit pour peu qu'il soit équipé d'Internet.
Mais en fait, voilà à quoi ressemble le cloud. Des centaines de machines de stockage connectées entre elles, on appelle cela des serveurs. Ils tournent en permanence dans un bruit assourdissant.
Dans chaque disque dur, la vie de milliers de particuliers, mais aussi les documents de centaines d'entreprises. Le tout sous très haute surveillance. Des centaines de machines de stockage connectées entre elles comprenez un data center exploité par une entreprise privée qui stock vos données.
Et comme à l'époque le marché du cloud décolle, des data centers se construisent un peu partout. Aux États-Unis bien sûr où ceux de Google ou Facebook consomment déjà autant que des villes comme Strasbourg mais aussi en France. En 2012 on en compte déjà une centaine sur le territoire.
Reportage de France 2 en scène Saint-Denis toujours en 2012. 25000 m carr de salle informatique, c'est l'équivalent de trois terrains de football. Le bienvenue dans le plus grand data center d'Europe.
Le leader mondial du secteur, l'américain Equinix a choisi Pentin au nord-est de Paris pour implanter cette énorme usine numérique. Un data center dont la consommation électrique affole les compteurs. Fabien Gautier est le directeur commercial des Quinix France.
Sur un bâtiment comme le site de Pentin, alors à pleine charge naturellement si tous les clients tirent le maximum de leur consommation électrique, l'équivalent d'une ville de 75000 habitants. Au cœur du système, des milliers de serveurs entreposés dans des armoires électriques, ils produisent une chaleur phénoménale. L'exemple que l'on peut donner le plus simplement du monde, c'est lorsque vous avez votre télé, votre lecteur DVD ou tout type de machine, vous les allumez pendant un certain temps, vous les faites fonctionner et vous regardez effectivement la chaleur qui se dégage à proportion naturellement de ces machines.
Et ben il faut savoir ici que les machines, chacune d'entre elles est à peu près 10 à 15 ou 20 fois plus puissantes que ces équipements que le particulier peut avoir chez lui. Donc ici, vous êtes sur un énorme système de climatisation qui permet à ces machines de bien fonctionner. Une consommation dingue directement corrélée à nos usages en ligne.
Pourquoi ? Réponse : le nuage en fait il est tout à fait par terre. Il n'y a pas de virtuel sans matériel.
Il y a un usage qui est presque virtuel qui est même dématérialisé d'une certaine façon. Mais à chaque fois qu'on fait une requête Google, qu'on regarde une vidéo, qu'on télécharge un film, qu'on envoie une commande sur un site d'commerce, en fait on fait tourner des dizaines et des dizaines de machines, on utilise des dizaines et des dizaines de réseaux télécom et cette consommation de plus en plus importante inquiète les ONG. On est maintenant en 2017.
Selon Greenpeace, le trafic internet, c'est 7 % de la consommation mondiale d'électricité. Une heure de film téléchargée, c'est l'énergie consommée par trois frigos pendant 24 heures. Une seule recherche sur Google, c'est comme une ampoule allumé pendant 1 heure.
Et par son utilisation numérique, un salarié pollue chaque année l'équivalent d'un Paris Moscou en voiture. La plupart des Data Data Center aujourd'hui sont concentré aux États-Unis et singulièrement dans l'état de Virginie qui est un état charboner. Ça signifie que beaucoup des data centers sont alimentés avec de l'électricité qui provient des centrales thermiques au charbon.
Donc une électricité extrêmement polluante, extrêmement émétrice de gaz à effet de serre. Dixyit Jérôme Frigier, directeur des programmes chez Greenpeace France. Et c'est vrai que les chiffres semblent irréels.
Rendez-vous compte, internet à l'époque aimait déjà presque autant que le trafic aérien mondial. Alors, certains géants tentent de réduire les consommations de leur data center. Une idée parmi d'autres, les construire dans des zones froides comme en Laponie Suédoise en 2016.
C'est le premier data center, un centre de stockage de données ouvert par Facebook en Europe. C'est le directeur du site en personne qui va nous faire la visite. Après des couloirs interminables, nous voici au cœur de la machine.
C'est là qui'est stocké une grande partie des données des utilisateurs européens. C'est ici que Facebook marche. C'est là où sont vos likes, vos photos, les commentaires que vous postez.
Ça semble simple, dit comme ça, mais il faut que des milliers d'ordinateurs travaillent ensemble à la milliseconde. Et ils doivent marcher 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 toute l'année. Mais ces milliers de serveurs ont le même défaut que votre ordinateur personnel.
Il chauffe beaucoup. Pour éviter les pannes, il faut donc les refroidir en permanence. Et pour y arriver, Facebook n'a pas grand-chose à faire.
La température extérieure moyenne s'élève à deux petits degrés. L'entreprise a donc construit tout un système pour utiliser cette air frais à volonté. On utilise uniquement l'air extérieure.
On utilise aucun autre système de climatisation. Tout vient de l'air arctique. Oui, mais la demande est telle que vite les chantiers poussent partout.
Exemple en Espagne en 2023. C'est une réserve naturelle protégée en plein cœur de la Castigal Mancha, l'une des régions les plus arides d'Espagne. Ici, Meta souhaite implanter un nouveau centre de données pour développer l'intelligence artificielle.
Au total, 102 hectares de hangar viendront abriter les milliers de serveurs qui marcheront en continu. Des systèmes informatiques qui ont besoin d'être refroidis pour éviter la surchauffe. Et pour se faire, Meta prévoit d'utiliser environ 600 millions de litres d'eau par an. dont 200 millions prélevés dans le réseau d'eau potable de la ville de Talavera de la Rena et le reste dans un affluent [musique] du fleuveage.
Aurora Gomez alerte ce projet risquerait de créer des pénuries dans cette région touchée par des sécheresses à répétition. Un centre de données consomme en moyenne en une journée autant d'eau qu'un espagnol en une année. C'est vraiment beaucoup et ça dans un contexte où il n'y aurait pas de réchauffement climatique, pas de hausse de température.
Est-ce qu'on veut priver les gens d'ici d'autres du robinet pour permettre à d'autres pouvoir regarder des vidéos de chat sur internet ? Cela n'a pas de sens pour moi. L'année 2023, c'est d'ailleurs celle du lancement de chat GPT4, l'intelligence artificielle grand public.
Et comme Lia est très gourmande en donné, il faut donc plus de data center, une Ouben pour le gouvernement français partant pour en accueillir plus sur notre territoire comme ce projet de Megga data center financé par les Émirats Arabes Unis signé en février 2025. La signature d'une nouvelle stratégie française. Un gros contrat entre 30 et 50 milliards d'euros financés par les Émirats Arabes Unis pour un méga projet de data center dans l'hexagone.
L'objectif de la France, s'imposer comme une troisème voie entre les États-Unis et la Chine selon cet expert, aux États-Unis, tout peut bouger d'un jour à l'autre avec Trump qui peut vous inventer un nouveau truc du jour au lendemain. Et en Chine. En plus, vous ne savez pas trop si vous installez un data center en Chine, où vont finir vos données.
Depuis quelques années, les data center prolifèrent dans le pays. On en compte environ 300 aujourd'hui. La France compte accélérer avec bientôt 35 nouveaux sites.
Soit mais la France a-t-elle les capacités d'alimenter autant [musique] de nouveaux data centers ? Quel coût écologique du développement de tous ces centres de données pour la [musique] planète ? Quels enjeux technologiques et stratégiques se cachent derrière ces méga structures ?
Réagissez, partagez votre avis en commentaire et moi je vous dis à très vite pour un autre zoom sur l'actualité. Et pour approfondir le sujet, écoutez le ton de l'actu, le podcast d'actualité de Lina et de l'université Panthéon Assass à retrouver sur toutes les plateformes d'écoute.
Dominique Theophile