Incarcération de Nicolas Sarkozy : "J'irai le voir en prison", promet Gérald Darmanin
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 25 %Défensif 40 %
Questions et réponses
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- 0:08OuverteRéponse directe
Bonjour Gérald Darmanin, merci d'être avec nous ce matin.
- 0:58RelanceRéponse partielle
Jusqu'où ira le délitement de l'État ? Est-ce que cette facilité à cambrioler le Louvre le démontre ?
- 1:33OuverteRéponse partielle
Que ce soit organisé ou pas, il y a une question de sécurisation des lieux culturels.
- 1:48RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous prenez votre part dans cet échec ? Avez-vous sous-estimé la sécurisation des musées ?
- 2:59OuverteÉludée
Quelles informations avez-vous sur les investigations en cours ?
- 3:31RelanceRéponse directe
Vous voulez remettre les victimes au centre du système pénal. Ça veut dire qu'elles ne l'étaient pas auparavant ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32Invité politiqueFait
« Il y a quelqu'un chez moi à Tourcoing qui m'a dit « Monsieur le maire, on a l'impression d'avoir été un peu cambriolés ». »
- 0:42Invité politiqueFait
« Et de même que Notre-Dame, quand elle brûlait, c'était notre église qui brûlait, même si on n'était pas catholique, se faire voler des bijoux au Louvre de façon aussi rocambolesque, ça affiche mal. »
- 1:12Invité politiqueFait
« Parce que quand je vois que la Procureur de Paris a ouvert une enquête avec la GIRS, c'est-à-dire la juridiction spécialisée pour la criminalité organisée, »
- 2:00Invité politiqueFait
« Je peux prendre ma part, si vous le souhaitez, de toutes les formes de cambriolage ou de délinquance qui se sont passées depuis 5 ans. »
- 2:10Invité politiqueFait
« Le président de la République, avec le ministre de l'Intérieur de l'époque, et le ministre de la Justice, en l'occurrence de l'époque, a accepté l'idée qu'on allait sécuriser tous les grands événements culturels, et singulièrement le lieu culturel qui était le Louvre. »
- 3:39Invité politiqueFait
« Non, elles ne l'étaient pas totalement auparavant. »
- 4:07Invité politiqueFait
« Je prends par exemple l'autopsie. Vous mettez parfois beaucoup de temps à récupérer le corps de votre conjoint, de vos enfants, de vos parents, lorsque la justice s'en occupe. »
- 4:51Invité politiqueFait
« En tout cas, c'est une demande très importante des victimes et des associations de victimes d'être prévenus pour s'y préparer psychologiquement. »
- 6:11Invité politiqueChiffre
« Alors, des moyens, il y en aura de plus en plus, puisque avec le ministère des Armées, je suis le seul ministère à avoir à l'europrès la loi de programmation de la justice. »
- 7:00Invité politiqueFait
« C'est les pôles qui regardent les affaires très anciennes et qui n'ont pas de résolution, n'ont pas trouvé l'auteur de ces crimes. »
- 7:07Invité politiqueFait
« Et ils ont demandé une coopération au judiciaire ou au FBI pour trouver grâce à l'ADN, on va dire un ADN récréatif, vous pouvez en France envoyer votre ADN aux Etats-Unis pour voir si vous n'êtes pas le cousin de quelqu'un d'autre. »
- 7:21Invité politiqueChiffre
« Il y a plus de 30 affaires au pôle Colquays aujourd'hui qui, si on autorisait cette demande en Amérique, de voir l'ADN génétique pourrait être résolu. »
- 7:30Invité politiqueChiffre
« Il y a plus de 50 000 traces ADN dans le fichier du FNAEG, le fichier des délinquants sexuels et des auteurs d'homicide, qui ne trouvent pas preneur. »
- 7:43Invité politiqueChiffre
« Aux Etats-Unis c'est un crime par semaine qui est résolu. »
Temps de parole
- Gérald Darmanin67 %
- Présentateur33 %
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Il est 7h48, Benjamin Duhamel, vous recevez le ministre de la Justice. Bonjour Gérald Darmanin. Bonjour. Merci d'être avec tous ce matin au micro de France Inter. Alors que les Français se réveillent ce matin encore sous le choc du spectaculaire cambriolage qui a eu lieu hier au musée du Louvre. Huit bijoux dérobés d'une valeur patrimoniale inestimable. Alors que les voleurs ont utilisé un simple monte-charge garé devant le Louvre, une disqueuse et sont repartis sur un scooter avec leur butin. On a du mal à trouver les mots pour qualifier la situation ce matin. C'est un échec, un fiasco, une humiliation nationale.
Il y a quelqu'un chez moi à Tourcoing qui m'a dit « Monsieur le maire, on a l'impression d'avoir été un peu cambriolés ». Je pense que les Français ce matin, ils ont tous un peu l'impression, je crois, une grande majorité, d'avoir été cambriolés. Et de même que Notre-Dame, quand elle brûlait, c'était notre église qui brûlait, même si on n'était pas catholique, se faire voler des bijoux au Louvre de façon aussi rocambolesque, ça affiche mal. Et par ailleurs, c'est une image de la France très négative.
Le président du RN, Jordan Bardella, se pose cette question. Jusqu'où ira le délitement de l'État ? Est-ce qu'il y a quelque chose ici, dans cette facilité avec laquelle les cambrioleurs ont pu monter au premier étage avec un mont de charge, du délitement de l'État ?
Écoutez, d'abord, il faut d'abord voir comment et qui a organisé cela. Parce que quand je vois que la Procureur de Paris a ouvert une enquête avec la GIRS, c'est-à-dire la juridiction spécialisée pour la criminalité organisée, je me dis qu'avant de parler, on ferait mieux de laisser les enquêteurs et la justice dire si c'était des gens très organisés. Et donc non, ça ne démontre pas le délitement de l'État, ou si c'était effectivement des bévus de l'organisation globale de la sécurité autour du Louvre. Et on en tira les conséquences.
Que ce soit organisé ou pas, il y a quand même une question de sécurisation des lieux culturés. Vous avez été ministre de l'Intérieur pendant plus de 4 ans, et votre collègue ministre de la Culture, Rachid Alati, a dit la chose suivante. Le sujet de la vulnérabilité des musées est ancien. Pendant 40 ans, on ne s'est pas intéressé à leur sécurisation. Il y a même un audit qui avait été commandé il y a 2 ans à la préfecture de police, sous votre autorité. Donc, est-ce que vous prenez votre part dans cet échec ? Est-ce que vous avez sous-estimé la question de la sécurisation des grands établissements culturels comme le Louvre ?
Je peux prendre ma part, si vous le souhaitez, de toutes les formes de cambriolage ou de délinquance qui se sont passées depuis 5 ans. Mais on voit bien ce qui s'est passé. Il y a eu un audit qui a été commandé. Et puis ensuite, le président de la République, avec le ministre de l'Intérieur de l'époque, et le ministre de la Justice, en l'occurrence de l'époque, a accepté l'idée qu'on allait sécuriser tous les grands événements culturels, et singulièrement le lieu culturel qui était le Louvre. Où est-ce que c'en est depuis un an ? Je n'en sais rien. Mais en tout cas, il y a beaucoup de musées à Paris, il y a beaucoup de musées en France. Il y a des valeurs inestimables dans ces musées.
Le fait que les vitres, par exemple, n'aient pas été sécurisées, c'est une question qu'on peut se poser. Qu'il y ait un mont de charge sur la République, c'est une question qu'on peut se poser. Pour avoir été mise à l'intérieur, je sais qu'on ne peut pas faire non plus la sécurisation totale de tous les lieux. Mais ce qui est sûr, c'est que nous avons failli, puisqu'on est capable de mettre un mont de charge en pleine rue de Paris, faire monter des gens en quelques minutes pour récupérer des bijoux inestimables, et donner une image déplorable de la France.
Nous avons failli. Un tout dernier mot là-dessus. Les enquêteurs, la justice, sont mobilisés. Bien sûr, vous ne pouvez pas commenter une enquête en cours. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire ce matin des informations dont on dispose sur les investigations ?
Justement, je ne peux pas les dire. Donc, la procureure de la République hier a fait une communication. Elle a eu raison de le faire très rapidement. Je suis sûr qu'elle communiquera de nouveau cette semaine. Ce que je sais, en tant qu'ancien ministre intérieur, c'est que la police gagne toujours à la fin. Alors, il vrai, le temps médiatique de l'événement n'est pas toujours le temps médiatique de l'arrestation. Mais ces personnes seront arrêtées. Pour moi, ça ne fait aucun doute. La question, c'est quand ? Dans un mois ? Dans un an ? Comme dit Bérenice.
Gérald Darman, vous citez les grands auteurs. Vous avez été renommé ministre de la Justice la semaine dernière. Il vous dit de vouloir remettre les victimes au centre du système pénal. Alors, j'ai du mal à comprendre. Ça veut dire qu'elles ne l'étaient pas auparavant ?
Non, elles ne l'étaient pas totalement auparavant. Il y a des gens formidables dans les juridictions qui font attention aux victimes, bien évidemment. Mais le système, en général, ne met pas la victime au centre de notre action. On met davantage l'accusé, qui d'ailleurs a des droits, qui avant que le procès ne le condamne définitivement, d'ailleurs, doit être respecté. Il y a un devoir d'impartialité évidente de la part des magistrats du système judiciaire. Mais les victimes sont souvent mis de côté par des faits, parfois des petits faits, qui sont extrêmement choquants quand vous êtes victime. Je prends par exemple l'autopsie.
Vous mettez parfois beaucoup de temps à récupérer le corps de votre conjoint, de vos enfants, de vos parents, lorsque la justice s'en occupe. Et vous voulez faire votre deuil. Bon, ben voilà, ça met beaucoup de temps. Moi, le nombre de lettres que je reçois le plus souvent des citoyens qui se paient de la justice, c'est ces questions, par exemple, d'autopsie. Ou de rendre les objets qui ont été pris lorsqu'il y a une scène de crime. On n'arrive pas à faire son deuil avec cela. Ou quand on est victime d'une agression, un viol, un homicide, une tentative d'homicide, de voir que son agresseur est sorti, qu'on le recroise et qu'on n'a pas été prévenu.
Et donc ça, c'est pour ça que vous annoncez notamment le fait que désormais, les victimes seront prévenues automatiquement quand il y aura des libérations, pour ne pas se retrouver dans des situations où l'on croise celui ou celle qui vous a agressé.
En tout cas, c'est une demande très importante des victimes et des associations de victimes d'être prévenus pour s'y préparer psychologiquement. Il y a des victimes qui ne veulent pas le savoir. Elles ne seront évidemment pas informées. Mais oui, je pense que c'est important. C'est le moins qu'on puisse leur devoir de ne pas les croiser dans la rue, de ne pas les réinstaller près de chez soi. Et puis, il y a un deuxième sujet. C'est évidemment l'accompagnement des victimes, ne serait-ce que dans la relation que l'administration de la justice a avec eux.
Si vous portez plainte, par exemple, vous recevez parfois 6 mois, 9 mois après une lettre très sibylline qui vous dit juste que c'est classé. On ne vous dit même pas que vous pouvez faire un appel au procureur général. C'est gratuit dans la décision du procureur. On ne vous dit même pas que vous pouvez concilier une partie civile pour dire que vous passez par un avocat et on saisit directement la justice réduction. La justice mériterait très largement de faire ce que nous avons fait dans d'autres administrations. Lorsque j'ai fait, par exemple, l'impôt à la source au ministère des comptes publics, c'est-à-dire considérer les gens.
Alors, ils ne le font pas par manque de temps, par manque de magistrats.
C'est ce qui est un sacré réquisitoire contre ceux qui ont occupé votre charge depuis 8 ans.
Non, chacun fait sa part. Et moi, j'essaie d'améliorer très modestement la part au ministère de la Justice. Mais je me concentre désormais sur une politique qui est peut-être un peu oubliée, c'est vrai, que le ministre de la Justice est le ministre des victimes. Il n'y a même pas une direction des victimes au ministère. Vous entendez les syndicats de magistrats qui disent « pour ça, il faut des moyens ».
Et on n'a pas forcément les moyens suffisants pour permettre de mettre au cœur de la procédure les victimes.
Alors, des moyens, il y en aura de plus en plus, puisque avec le ministère des Armées, je suis le seul ministère à avoir à l'europrès la loi de programmation de la justice. Donc, il y aura des magistrats, des greffiers, des agents en plus. Mais oui, il faut des moyens en plus, mais il faut parfois juste un peu de bon sens. Changer le traitement de texte qui explique le droit aux personnes à qui on envoie un courrier, qui sont déjà assez choqués de voir que leur infraction est classée, enfin en tout cas que leur plainte est classée, je pense que ça ne coûte pas grand-chose.
Juste avant de parler de Nicolas Sarkozy, vous allez tout à l'heure vous rendre à Nanterre, dans le fameux pôle de Colquays, où vous voulez visiblement changer la loi pour permettre d'aller un peu plus loin, pour tenter d'élucider ces affaires qui ne l'ont pas été. Il y a vraiment des choses à faire encore pour améliorer et faciliter le travail des enquêteurs ?
Oui, moi j'ai été très frappé quand j'étais ministre à l'intérieur d'une demande qu'a fait le pôle Colquays. C'est les pôles qui regardent les affaires très anciennes et qui n'ont pas de résolution, n'ont pas trouvé l'auteur de ces crimes. Et ils ont demandé une coopération au judiciaire ou au FBI pour trouver grâce à l'ADN, on va dire un ADN récréatif, vous pouvez en France envoyer votre ADN aux Etats-Unis pour voir si vous n'êtes pas le cousin de quelqu'un d'autre. Et grâce à cette demande de géanologie génétique, aujourd'hui c'est interdit, on a retrouvé par exemple le prédateur des bois qui avait fait plusieurs viols entre 1998 et 2008.
Il y a plus de 30 affaires au pôle Colquays aujourd'hui qui, si on autorisait cette demande en Amérique, de voir l'ADN génétique pourrait être résolu. Il y a plus de 50 000 traces ADN dans le fichier du FNAEG, le fichier des délinquants sexuels et des auteurs d'homicide, qui ne trouvent pas preneur. Si nous autorisons dans la loi la géanologie génétique, alors nous pourrions résoudre une partie de ces crimes. Aux Etats-Unis c'est un crime par semaine qui est résolu.
Et donc ça c'est ce que vous allez inscrire dans la loi. Gérald Darmanin, demain l'ancien président Nicolas Sarkozy passera la porte de sa cellule à la prison de la santé après sa condamnation à 5 ans de prison avec exécution provisoire. Son fils Louis a appelé à un rassemblement demain matin en soutien avant son incarcération. Est-ce que vous y serez à ce rassemblement ?
Écoutez, moi d'abord j'ai beaucoup de tristesse pour le président Sarkozy. L'homme que je suis, Gérald Darmanin, j'ai été son collaborateur, ne peut pas être insensible à l'attresse d'un homme. Après le ministre de la Justice, il fait son travail et il organise quelque chose d'exceptionnel, au sens littéral du terme. C'est l'incarcération non seulement d'un ancien président de la République, mais quelqu'un qui est présumé innocent. Non, je rappelle quand même qu'il a fait appel et le ministre de la Justice va rappeler.
Mais est-ce que c'est normal, Gérald Darmanin, d'avoir ce type de rassemblement à l'appel de la famille par rapport à quelqu'un qui a été condamné et qui, comme des dizaines de milliers de Français, va aller en prison ? Moi, je n'ai pas de commentaire à faire.
Moi, j'ai été voir mon père en prison. Il a fait plusieurs mois de préventive à la maison d'arrêt de Valenciennes quand j'avais 18 ans. Je sais le choc que c'est de voir son père au parloir. Donc ça ne vous choque pas, ce type de rassemblement ? Il faut se mettre un tout petit peu à la place de la famille et ce n'est pas un rassemblement devant la prison de la santé. Donc, moi, je voulais vous dire que nous allons évidemment, puisque c'est un détenu, entre guillemets, comme les autres, organiser les choses pour que Nicolas Sarkozy soit en pleine sécurité. Il a fait appel, donc il est en détention préventive.
Il y a un principe en France, il n'est pas qu'on est définitivement, il est présumé innocent, ce serait aussi bien de le rappeler. Le ministre organise cela de façon professionnelle et l'homme est évidemment attrice de cette situation.
Si je vous demande si vous serez à ce rassemblement, c'est parce que nos confrères de l'Obs ont révélé que vous êtes allé voir l'ancien président quelques jours après sa condamnation. Ça veut dire que même quand Nicolas Sarkozy parle d'une décision qui viole toutes les mesures de l'état de droit, quand il se compare à Dreyfus, le garde des Sceaux peut quand même se rendre dans son bureau et entendre toutes ses critiques de la justice. Vous êtes en face de l'ancien président, il vous dit tout ce qu'il pense de cette décision et ça ne pose pas de problème d'indépendance de la justice.
Non, parce que je n'ai pas le droit de donner l'instruction aux magistrats, donc il n'y a pas de problème d'indépendance. Ensuite, j'ai appelé moi-même publiquement et individuellement les magistrats qui ont été menacés par cette décision. J'ai été voir Nicolas Sarkozy, vous savez quoi ? J'irai le voir d'ailleurs en prison, comme garde des Sceaux, j'irai m'inquiéter.
Vous irrez voir Nicolas Sarkozy en prison ?
Je m'inquiéterai de ces conditions de sécurité, si Nicolas Sarkozy demain... Est-ce que vous irez le voir au parloir pour discuter avec lui, comme vous êtes allé dans son bureau ? Le ministre de la Justice peut aller voir n'importe quelle prison et n'importe quel détenu quand il le souhaite. C'est parce qu'il doit garantir le bon fonctionnement du service public, comme je le fais. Vous n'y allez pas spécialement pour d'autres ? J'y vais trois fois par semaine.
Mais pas pour voir des individus qui sont en détention.
Ça m'est arrivé. Et vous savez quoi ? Ce n'est pas anormal.
Mais vous voyez, Pierre Gérald Darmanin, juste le symbole, dans un moment où la justice a été critiquée, effectivement vous rappeliez que vous aviez affiché votre soutien au magistrat qui avait été menacé, d'aller rendre visite à quelqu'un, Nicolas Sarkozy, parfaitement estimable, mais qui a eu des propos extrêmement durs, pas seulement contre la décision, mais qui a mis en cause directement la justice de notre pays. Ça veut dire qu'en quelque sorte, est-ce que vous n'êtes pas comptable, en allant le voir, de ces critiques contre la justice ?
D'abord, on a le droit de critiquer l'édition de justice. Tout le monde le fait. Mais là, il va plus loin, il se compare à Alfred Dreyfus. Mais je lui laisse l'entièreté responsable de ses propos. Je ne suis pas totalement d'accord, toujours, avec Nicolas Sarkozy. Donc la comparaison, elle ne vaut pas. Mais, attendez, dans un moment aussi dramatique, M. Cohen, je pense, a fait un éditorial qui résumait assez bien la situation. Il y a des propos qui sont, sans doute, de part et d'autre, excessifs.
Quand je vois à quel point, par exemple, la France insoumise se délecte de la mise en prison d'un homme, alors qu'il défend en général la fin de l'incarcération, je me pose des questions sur leur véritable sentiment, une sorte de masochisme pénal. Bon, par ailleurs, le ministre de la Justice doit garantir, en effet, que les magistrats soient protégés. Je garantis intégralement cela. Et moi aussi, je dois dire à quel point, et c'est normal, on doit faire attention à la sécurité d'un ancien président à la prison de la santé. Ça ne me paraît pas choquant que de le dire. Et les propos polémiques, c'est pour tous ceux qui veulent faire de la polémique.
Merci beaucoup, Gérald Darmanin, qui ira donc, Florence, voir Nicolas Sarkozy en prison. J'espère que vous n'avez pas retenu que ça de ce qu'on vient de se dire. Non, ça permet de prendre d'esprit à la fin de l'année. Oui, oui, oui, bien sûr. Mais effectivement, je n'ai rien à cacher des sentiments que je peux avoir pour les uns et pour les autres.
Merci, messieurs. Merci, Benjamin Duhamel. Merci, Benjamin Duhamel.
Gérald Darmanin