"Une véritable calamité !" : l'hôpital public en quasi-faillite ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Le grand matin Sud Radio [musique] 7h10h, Maxime Liedo 7h43 sur Sud Radio. On vous explique ce matin cette questions avec des éléments de réponse qu'on espère apporter en tout cas à l'hôpital public. Est-il en quasi faillite ?
Bonjour Olivier Retman. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous ce matin.
Vous êtes sénateur LR de haute zone et auteur d'une proposition de loi pour lutter précisément contre les retards de paiement. Mais avant de rentrer dans le détail de ce dossier, commençons par le début du problème. Qu'est-ce que c'est que cette histoire d'un pays qui semble être astronomique de la part des hôpitaux publics français ?
Alors, les retards de paiement sont une vraie calamité euh pour notre pays et surtout pour nos entreprises, nos TPE, n PME. Euh puisque le dernier rapport de l'observatoire des des délais de paiement fait état de 17 milliards euh de trésoreries euh que les entreprises ne rentrent pas parce que euh il y a beaucoup de retard sur les les délais de paiement. Et sur ces 17 milliards, 5 milliards sont imputés euh à à à au payeurs publics dont une grande partie concernant les hôpitaux publics qui payent les entreprises avec beaucoup de retard.
Euh ce qui n'est pas dû euh aux gestionnaires des hôpitaux qui eux font avec l'argent que entre guillemets l'État le met sur leur met sur le compte et la première des choses qu'ils font c'est qu'il paye déjà la continuité des soins. C'est une obligation. Euh il paye les médecins, il paye les agents et en tout dernier viennent les entreprises qui accomplissent des prestations, qui fournissent les hôpitaux.
Hm. Et puis euh il y a différents témoignages. C'était un papier du journal Le point cette semaine, une enquête à ce propos, à savoir que le plafond normal, légal pour payer des factures, c'est 50 jours.
En moyenne via l'hôpital public, on est à plus de 70 jours. Donc à la fin, ce sont des TPE, des PME souvent de taille moyenne, pour pas dire de petites entreprises, mais qui derrière se retrouvent en grande difficulté, voir qu'ils sont obligé de mettre la clé sur la porte parce que ben les hôpitaux avec la somme d'argent que cela représente quand ils ne payent pas, mais forcément forcément ça crée des trous dans la trésorerie. Effectivement plus que l'absence de commande, le manque de trésorerie est le le un des mots les plus importants aujourd'hui pour nos entreprises.
On peut remarquer d'ailleurs que ces dernières années, le nombre de défaillances d'entreprises n'a fait qu'augmenter. On approche les 70000 défaillances d'entreprise sur un an. Et et le plus grand problème étant l'absence ou le manque de trésorerie.
Et cette cette absence ou ce manque de trésorerie vient notamment du fait des retards de paiement alors des grandes entreprises vis-à-vis des petite mais aussi de de du payeur public. Faut savoir une chose, c'est que les retards de paiement augmentent le risque de défaillance d'une entreprise, notamment une TPE ou une PME sûr de 25 % et si le délai de dépassement est au-delà de 60 jours, ça augmente le risque de défaillance de plus de 40 %. Ouais, c'est absolument dingue.
Et le plus choquant quand on on s'intéresse un peu à ce sujet, c'est qu'on s'aperçoit que certains hôpitaux, et c'est important de le dire, seulement certains conseilleraient à leurs prestataires d'augmenter leur prix pour compenser les retards. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on est vraiment dans cette situation de détresse. Alors, effectivement, dans cette situation presque de magouille parce que c'est du petit ajustement budgétaire.
Effectivement, certains hôpitaux, faut bien le dire, certains dans leur négociation avec les entreprises, moi ça m'a été dit lorsque j'ai fait les auditions pour rédiger ma proposition de loi pour essayer de régler le problème des retards de paiement, certains hôpitaux vont jusqu'à dire à certaines entreprises, "Mettez-moi d'office un surcout de 20 %, ça comblera le retard de paiement puisque de toute façon on n'aura pas les possibilités, les moyens de vous payer en temps et en heure." Vous parliez de votre proposition de loi concrètement, qu'est-ce qu'elle peut changer aujourd'hui si l'assemblée va jusqu'au bout ? En tout cas, quand on voit cette situation qui est quand même aussi terrible pour la situation de nos hôpitaux et catastrophique pour les entreprises qui travaillent pour eux.
Alors, la proposition de loi s'attaquait à deux à deux phénomènes de retard. Le retard des grandes entreprises sur les plus petites, c'est la plus grosse partie, hein, c'est 12 milliards sur les 17 milliards. Euh là aussi, les grandes entreprises, certaines soignent leur leur trésorerie en en ne payant pas en temps et en heure et et également les retards de paiement dans le dans le domaine public.
Mais là où on peut se poser des questions, être inquiet, c'est que quand vous voulez régler dans nos discussions et dans nos échanges avec Bercy notamment, [rires] quand vous voulez régler les problèmes de retard de paiement du privé au privé, il y a aucun souci. il y a une vraie volonté d'agir et de changer les choses. Après quand vous commencez à vouloir toucher euh les retards de paiement du public vers le privé, vous sentez quand même de vraies réticence.
Pourquoi ? parce que l'État est dans une enfin la France est dans une situation budgétaire euh catastrophique. Et ne pas mettre l'argent sur le compte des hôpitaux, ça permet de préserver quelque part le budget et de ne pas trop décaisser de finance et et et c'est c'est un maintien du budget de façon très artificielle et très dangereux.
Pourquoi ? parce que effectivement on arrive entre guillemets parce que la situation reste quand même catastrophique à à ne pas décaisser de l'argent des compte de l'État mais en même temps on met en péril des entreprises. Ce que j'exliquéis au ministre au M, c'est que c'est c'est du court termisme parce que mettre en danger des entreprises, c'est pousser des entreprises quelque part la défaillance donc au licenciement, augmentation des chômages, baisse des cotisations, baisse de de de donc forcément en plus derrière des de l'argent que l'État devra ressortir à un moment à autre.
Situation totalement ubesque et dont la dont la France par moment semble être absolument familière. Merci beaucoup Olivier Retman d'avoir été avec nous, sénateur LR de haute zone et auteur d'une proposition de loi pour lutter contre les retards de paiement notamment quand on voit cette situation de l'hôpital public quasi en faillite et qui ne paye pas ou qui a des retards de paiement considérables vis-à-vis des entreprises avec lesquelles il travaillent. Il est 7h48 sur Sud Radio.
Olivier Rietmann