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interviewC dans l'air· 27 février 2026 9 min

Macron, un remaniement stratégique

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

R.Dati n'est plus ministre de la Culture. Elle se consacre aux municipales à Paris. - Elle a donc fini par quitter son ministère à 2 semaines et demi du 1er tour des municipales.

R.Dati est désormais candidate à temps plein à la Mairie de Paris, mais elle aura étiré sa présence au gouvernement 10 jours de plus que ce que souhaitait le Premier ministre, au grand dam de ses adversaires. - Elle est restée ministre jusqu'à J-18 jours.

Ce n'est pas sérieux. L'essentiel de la campagne, elle aura bénéficié de son statut de ministre, des moyens logistiques que cela donne. - E.Grégoire: Elle aurait dû être démissionnée depuis des mois.

Je veux que les Parisiens soient fiers de moi comme maire. Je ne veux pas qu'ils aient un maire convoqué au tribunal pour corruption. - La campagne de R.Dati étend un peu plus les dissensions au sein du camp macroniste.

Le chef de l'Etat la soutient, mais le candidat Horizons Et P.-Y.Bournazel refusent un ralliement au 2d tour. - Je ne suis pas un candidat pour rejoindre.

Je suis candidat pour permettre aux Parisiens d'avoir le choix et pour gagner. - Le bloc central se déchire. Partout où il peut, le président resserre les rangs.

Le remaniement confirmait hier l'entrée de plusieurs de ses proches au gouvernement. A commencer par C.Pégard, nouvelle ministre de la Culture, de sortie dès hier soir à la cérémonie des César.

A côté du grand public, elle était jusqu'ici la conseillère du chef de l'Etat après 12 ans passés à la tête du château de Versailles. Parmi les autres entrants, S.Agresti-Roubache, secrétaire d'Etat.

Elle figure parmi les intimes du couple présidentiel et l'assume. - J'ai bossé toute ma vie. On ne peut pas être coupable d'une amitié.

Une amitié ne peut pas expliquer une carrière. Je ne me sens pas moins légitime que n'importe lequel qui aurait pu être à ma place. - Plus largement, E.Macron profite-t-il de sa fin de mandat pour placer ses fidèles à des postes-clés?

La nomination il y a 2 semaines de sa ministre des Comptes publics, A.de Montchalin, à la tête de la Cour des comptes a suscité un tollé. - Demain, vous devrez évaluer ce que vous et vos amis avez vous-même détruit.

Vous serez juge et partie. Voilà le scandale démocratique dont vous êtes l'incarnation. La République des copains à ciel ouvert, la République de ceux qui savent qu'ils vont être sortis par les Français du pouvoir et qui, avant de partir, tentent de tout verrouiller. - La nomination de la 1re présidente à la Cour des comptes relève de nos institutions, de la prérogative du président de la République, que ça vous plaise ou non.

Vous n'avez pas gagné les dernières élections présidentielles. - Pas de quoi calmer non plus la gauche, qui dénonce un coup de force, bloquant possiblement le poste jusqu'en 2054. - C'est un poste inamovible.

On ne part de ce poste qu'à la retraite. Madame de Montchalin est jeune. Elle a 40 ans.

Elle a de la chance. Potentiellement, elle sera en poste plus de 25 ans. Cela pose un problème. - Dans les prochaines semaines, E.Macron aura encore la main sur une autre nomination stratégique, celle du futur gouverneur de la Banque de France, dont le mandat s'étendra sur l'ensemble du prochain quinquennat. - A.Casse: Comment vous percevez cette fin de règne? - A.Malval: Elle donne une image assez délétère de la politique. des ministères ou à l'Assemblée nationale, je ne vois pas de quoi enthousiasmer le citoyen français aujourd'hui.

Je ferais une différence entre les nominations verrou d'E.Macron, qui use de ses prérogatives pour mettre, sécuriser des postes-clés dans l'hypothèse d'une éventuelle arrivée au pouvoir du RN. C'est différent, ce dernier remaniement.

Ce sont des proches ou des conseillers ministériels qui sont nommés à des postes de ministre. On a l'impression quand même qu'il n'y a plus grand monde dans tout cet écosystème. - A.Casse: Certains ont essayé de faire partie de ce nouveau gouvernement? - A.Malval: S.Agresti-Roubache est un bon exemple.

Elle aurait souhaité venir à la tête de l'Institut du monde arabe. On lui a donné ce portefeuille. J'ai entendu dire qu'elle avait voulu la Culture, qui était plus prestigieux.

Ca n'a pas fonctionné. On est dans le dernier cercle des macronistes. En même temps, E.Macron qui, en surplomb, joue de regarder la situation...

Quand on voit que R.Dati a tordu le bras de son Premier ministre, en faisant durer le plaisir avant de rendre son portefeuille, il y a une tolérance de l'Elysée pour cette situation. On se dit que S.Lecornu doit être un peu fâché de la façon dont E.Macron le traite. - A.Casse: Comment on explique cette tolérance vis-à-vis de R.Dati? - J.Fourquet: C'était une prise de guerre du président de la République, très fier d'annoncer l'entrée de R.Dati dans... - A.Casse: On s'est demandé s'il n'y avait pas un deal entre eux. - J.Fourquet: Ca participe à la volonté de déstabiliser la droite.

On a fait rentrer aussi dans ce gouvernement J.-D.Berger, député LR des Hauts-de-Seine.

Les Républicains ont dit qu'ils allaient le suspendre, comme ils s'étaient engagés à suspendre, voire à exclure, les 6 ministres LR rentrés dans le gouvernement Lecornu II. On est en fin de parcours, en fin de règne. Les effectifs et les bancs sont dégarnis.

Des postes ministériels, c'est pour faire quelque chose, normalement. Ce sont des gens très peu connus du grand public, pas non plus connus de leur administration avec un turnover...

Vous êtes sur des postes où vous allez rester 3 mois, 6 mois ou 1 an. Tout ça nous laisse à penser et installe davantage dans l'opinion publique l'idée qu'il ne se passera rien au sommet de l'Etat jusqu'à la prochaine présidentielle. On expédie les affaires courantes.

On recase à tel ou tel poste avantageux des proches, soit pour verrouiller l'appareil d'Etat dans la perspective d'une arrivée au pouvoir du RN, soit pour peut-être s'assurer de la préservation d'un certain héritage macroniste en ayant mis à certains endroits-clés des gens proches de vos idées, notamment à la Cour des comptes. Il a été dit au moment où E.Macron a été réélu en 2022...

Il avait nommé un conseiller en communication qui avait dit dans une interview au "Monde" qu'il était là pour écrire la "legacy", l'héritage du président. Plus la fin approche, plus il faut mettre des gens dans ces postes pour écrire l'héritage. - A.Casse: Peut-être qu'il a 2032 en tête.

Je l'ignore. On passe à vos questions. Question. - C.Lhaïk: Formellement, il a raison.

On n'est pas obligé de croire ce que disent les gens et on peut aller chercher à leurs intentions. J.-L.Mélenchon est suffisamment coutumier du fait.

Il a semé des propos ambigus qui peuvent s'interpréter de manière parfaitement banale, mais quand on les décode, on voit une intention antisémite. Je pense qu'il a raison mais que je n'ai pas tort. - A.Casse: Vous dites que ça peut tomber sous le coup de la loi.

Ce qu'il dit n'est pas antisémite mais c'est l'interprétation