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interviewPublic Sénat· 11 juin 2021 2 min

C. Autain : "L’extrême droite se sent pousser des ailes et le gouvernement n’en prend pas la mesure"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Clémentine Autain

J'ai du mal à juger une peine, je ne suis pas juriste, je n'ai pas vu le procès et je fais confiance à la justice pour avoir trouvé une peine qui correspond à l'acte qu'il a posé. Ce qui m'inquiète surtout, c'est la dimension politique, c'est-à-dire le climat social dans lequel nous nous trouvons avec cette colère sourde et cette délégitimation des institutions jusqu'au président de la République qui peut ainsi se trouver giflé publiquement, ce qui est quand même assez inouï comme scène que nous avons vue.

Et cela intervient dans un climat qu'on peut faire remonter toujours un peu plus, mais je dirais que pour moi, il y a eu un moment de bascule avec la tribune des militaires, deux tribunes d'ailleurs, les militaires retraités puis les militaires partenaires d'actives, ce qui est quand même pas rien, qui intimait l'ordre de ceci ou de cela au président de la République et au Parlement. Ça veut dire que vous faites un lien entre cette tribune et les violences ? Je vais arriver à tous les liens que je fais, si vous voulez, ce que je ressens, c'est qu'on est dans un moment où la violence monte, l'extrême droite monte, et il y a un lien pour moi entre les deux.

Je rappelle que la personne qui a giflé le président de la République l'a fait en criant un slogan royaliste, et que la personne avec qui il était, on a trouvé chez lui Mein Kampf, donc c'est quand même pas rien. C'est pour ça que je reviens à cette tribune de militaires et aussi à cette manifestation de policiers provoquant l'Assemblée nationale avec des mots d'ordre anticonstitutionnels. Puis cette vidéo que nous avons vue de Papacito, qui est un appel au meurtre d'une violence, quand même, moi j'ai pas réussi à aller jusqu'au bout de la vidéo, je le dis sincèrement, je trouvais ça extrêmement, extrêmement violent, donc quand même des appels au meurtre.

Donc il y a une ambiance, si vous voulez, générale, où une extrême droite violente se sent pousser des ailes, et je ne crois pas que le gouvernement, c'est-à-dire le pouvoir politique, prenne la mesure de la défiance.