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interviewFrance 2 — Les 4 Vérités· 4 juillet 2024 8 min

« Je ne voterai pas pour LFI » - Gérald Darmanin est l’invité du 4 juillet 2024

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour, je suis Thomas Soto et vous écoutez Les 4 V, un podcast de France Télévisions. Bonne écoute. Bonjour à tous, bienvenue dans Les 4 V, Gérald Darmanin. Un mot d'abord sur cette agression dont a été victime Pris-Katevenot. Alors on ne va pas évoquer sa circonscription, mais elle a été prise à partie à Meudon. Dans la journée d'hier, il y a aussi une candidate du Rassemblement national en Savoie qui a été agressée. Est-ce que vous avez des craintes dans ce climat de tension pour ces derniers jours de campagne ?

0:28
Gérald Darmanin

Bonjour à vous. D'abord, je voudrais apporter mon soutien aux candidats agressés, à ma collègue et mon ami Pris-Katevenot. On a pu faire quatre interpellations d'abord pour cette affaire-ci. C'est évidemment inacceptable de prendre une bataille démocratique, si j'ose dire, de ne pas se concentrer sur les idées, mais de s'attaquer physiquement aux candidats, à leur soutien, à leurs suppléants. Pris-Kate, mettez une affiche sur un panneau officiel en fin d'après-midi avant de se faire agresser. Nous devons faire attention parce qu'il se passe quelque chose qui confine à une libération de la violence dans notre pays.

1:00
Présentateur

Qu'est-ce que vous prouvez en matière de dispositifs de sécurité pour dimanche soir ? Est-ce que les informations qui vous remontent vous font ressentir des craintes particulières ?

1:08
Gérald Darmanin

Nous faisons très attention à la suite des résultats de dimanche. J'ai demandé au préfet de se mobiliser particulièrement. Il y aura 30 000 policiers et gendarmes mobilisés pour la soirée, la nuit des élections, dont 5 000 à Paris, en banlieue parisienne. Donc c'est un très gros dispositif qui sera déjà prédisposé, si j'ose dire, dans les communes, afin que l'ultra-gauche ou l'ultra-droite ne profite pas de ces résultats pour créer un désordre qui pourrait ensuite faire naître évidemment d'autres désordres.

1:35
Présentateur

Alors pour ce second tour, le Premier ministre, Gabriel Atam, affirme qu'il faut faire barrage au Rassemblement national, y compris en votant pour la France insoumise. Est-ce que vous vous reconnaissez dans cette position ?

1:45
Gérald Darmanin

Mais le Premier ministre a raison de dire qu'il faut faire barrage au Rassemblement national, qui seul peut avoir la majorité absolue en effet dans notre pays. Et moi-même, je suis face à un candidat du Rassemblement national. Est-ce que vous prendriez un but ? Mais je ne voterai pas pour la France insoumise. Vous savez, des électeurs de gauche votent pour nous, selon nos vies locales, depuis très longtemps. Des électeurs ont pu voter RN aux élections européennes et votent pour nous. Je pense que de manière générale, les consignes de vote, c'est à proscrire. Les Français sont des grandes personnes. Ils n'ont pas besoin qu'on leur tienne la main jusqu'à l'isoloir.

Ils votent pour qui ils veulent au premier et au second tour. C'est à nous de les éclairer le plus possible sur les enjeux de cette élection. Faire barrage au RN, c'est une nécessité pour chacune et pour chacun d'entre nous. Mais pas au prix de voter pour un candidat de la France insoumise. Moi, j'aime trop la police. J'aime trop les forces de l'ordre. J'aime trop les gendarmes pour pouvoir voter pour un candidat de la France insoumise. Le Premier ministre n'aime pas la police, n'aime pas la force de l'ordre, n'aime pas les gendarmes. Le Premier ministre est dans son rôle. Simplement, j'ai le droit d'avoir une conviction légèrement différente.

Nous sommes d'accord tous les deux pour faire barrage au Rassemblement national. Je ne pourrais pas mettre un bulletin de vote de la France insoumise. Je ne souhaiterais pas gouverner, le président de la République l'a dit, avec beaucoup de clarté, évidemment, avec l'extrême gauche, ni faire de coalition avec eux. Il y a des socialistes. Vous savez, ce matin, M. Roussel, qui est un homme de bien, des communistes, des personnes qui viennent de l'écologie, qui, évidemment, avec lesquelles nous pouvons discuter. C'est tout à fait normal, comme il y a des personnes qui sont au LR, avec lesquelles nous pouvons discuter.

Mais je crois que la France insoumise, tant qu'elle ne s'est pas mise, évidemment, totalement dans l'arc républicain, lorsqu'elle n'a pas refusé l'antisémitisme, lorsqu'elle arrête de dire que la police tue, lorsqu'elle participe au drame des attaques contre les gendarmes à Sainte-Solines, ce parti-là, me semble-t-il, ne peut pas être un parti avec lequel on combat le RN, parce que c'est justement la France insoumise qui fait aussi monter le Rassemblement national. Donc c'est quoi la position de la majorité ? C'est de faire barrage au Rassemblement national. Nous avons manifestement des positions différentes. Moi, j'assume la mienne. Je suis un homme de droite à la fibre sociale.

Tous les électeurs sont invités, évidemment, à voter pour nos candidats, mais pas au prix d'un vote de la France insoumise. C'est une erreur politique du Premier ministre ? Non, non, chacun a ses opinions. Moi, je viens de la droite, le Premier ministre vient de la gauche. Chacun peut avoir ses tendances et sa sociologie et son histoire particulière. Je la respecte profondément. Ça a été un grand Premier ministre et un grand collègue du gouvernement. J'ai le droit d'avoir mes convictions personnelles. Ça a été, c'est fini ? C'est pas moi qui décide, c'est le président de la République qui nomme le Premier ministre. Ça ne vous aura pas échappé.

Donc ce qui compte aujourd'hui, c'est que nous puissions combattre le RN qui monte inexorablement dans notre pays depuis 40 ans. Depuis que j'ai l'âge de 18 ans de voter, je vote contre le Rassemblement national. Le butin de vote que j'ai mis, c'était un butin de vote pour Jean-Pierre Chevènement puis pour Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen. Donc il faut arrêter de voter contre aussi le RN. Il faut voter pour nous. Et donc nous aurons à reconstruire, une fois que nous avons fait barrage au RN, me semble-t-il, un projet pour que les gens votent pour quelque chose et arrêtent de voter contre. Et de ce point de vue, je ne pense pas que les consignes de vote soient très positives.

4:36
Présentateur

Une grande coalition, justement, si le RN n'a pas la majorité absolue. Grande coalition qui pourrait aller d'une partie de la gauche jusqu'à une partie des Républicains. Bonne idée, mauvaise idée ?

4:45
Gérald Darmanin

Ce n'est pas à moi de le dire. Moi, je ne souhaite pas participer à cela. Je pense que je suis un homme, encore une fois, de droite qui soutient le président de la République avec loyauté depuis 7 ans. Je pense qu'il faut reconstruire. Voilà, on verra ce qui se passera dimanche. La majorité peut avoir un maximum de parlementaires dans l'hémicycle. Ne partons pas aujourd'hui avec les résultats de lundi que nous ne connaissons pas. Partout, nous pouvons faire élire les députés de la majorité qui n'ont pas failli. On a fait des erreurs, mais qui n'ont pas failli. Donc je pense qu'il faut tous se concentrer aujourd'hui sur un seul vote, le vote pour les candidats de la majorité.

5:15
Présentateur

Reconstruire demain, ça veut dire que la semaine prochaine, pour vous, vous n'êtes plus au gouvernement, vous ne serez plus ministre de l'Intérieur ?

5:20
Gérald Darmanin

Encore une fois, ça dépend du président de la République. J'ai déjà eu l'occasion de dire que je souhaitais, quand le Premier ministre, s'il le fait, propose sa démission, cette coutume républicaine après des élections législatives, que je souhaiterais redevenir député au sein de l'hémicycle pour représenter les habitants de la circonstruction. Sur quelle ligne vous souhaitez reconstruire quelque chose ? Et avec qui ? Vous l'évoquiez il y a quelques instants. Mais avec qui ? Il n'y a aucune espèce d'importance pour l'instant. Aujourd'hui, je pense que le bilan du président de la République a pu être mal compris. Parfois, nous avons fait des erreurs.

Parfois, nous avons fait des choses très bien. Je pense que les Français veulent trois choses très simples. De la fermeté en matière de sécurité, de justice, d'immigration. C'est incontestable. J'ai essayé de porter. Je n'ai pas tout fait bien, mais chacun voit que j'essaie de porter. De l'écoute sociale. Nous ne sommes pas socialistes. On n'est pas pour l'intervention contre le marché. Bien sûr, c'est important que les entreprises puissent faire du profit. Mais il faut aussi écouter les ouvriers, les employés qui n'arrivent pas à s'en sortir. Ça fait plusieurs années que je le dis également. Je pense que ça, c'est très important. La question du partage.

Et puis, troisièmement, sans aucun doute, nous avons un axe de décentralisation à faire. Les collectivités locales, peut-être, n'ont pas assez senti la confiance de l'État. On doit donner des moyens à ces collectivités. Moi, j'ai été maire. Et je sais que c'est par le terrain qu'on résout la plupart des problèmes des gens. Et pas simplement avec des grands discours à Paris.

6:33
Présentateur

Vous serez peut-être toujours ministre de l'Intérieur au moment des Jeux Olympiques dans quelques semaines. Un éditorialiste évoquait hier que le président du CIO se serait donné jusqu'à la mi-juillet pour, je cite, confirmer, annuler ou reporter les JO de Paris. Alors, le CIO a formellement démenti. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire ce matin ?

6:47
Gérald Darmanin

C'est une fake news. De même que le ministère des Affaires étrangères russe soutient Marine Le Pen. Ça devrait tous nous interpeller, faire la une des journaux ce matin. Ça ne le fait pas. J'en suis désolé. Il y a un certain nombre de rumeurs qui sont organisées pour pouvoir nuire à l'image de la France et à l'image du président de la République. Voilà. Le CIO a plusieurs reprises dit à quel point l'organisation de ces JO était, si ce n'est parfaite, en tout cas le mieux possible. Les équipes israéennes ou américaines, très sourcilleuses pourtant pour leur sécurité, félicitent tous les jours la police française. Et même M. Bardella a évoqué le fait que les JO étaient très bien organisés.

Donc ces JO sont très bien organisés, notamment en matière de sécurité, en matière sportive sous la houlette d'Amélie ou d'A. Ils auront bien sur lieu. Ils auront bien sur lieu. Ce sera une magnifique fête pour la France. On les organise une fois par siècle. Si on pouvait se réjouir de temps en temps des choses qui vont bien, ça aiderait sans doute les Français aussi à croire dans leur pays. Regardez le relais de la flamme. C'est plus la 40e étape. Il y a des millions, 4 millions quasiment de Français qui ont été voir ce relais de la flamme. Il n'y a aucun incident.

Nous pouvons en France organiser ce genre d'événement extrêmement festif, sportif, culturel, sans qu'il ne se passe rien de négatif. Et ça ne fait pas la lune des journaux. Malheureusement, comme ministre de l'Intérieur, on m'invite quand ça ne va pas bien. Moi, je veux constater que tous les jours, il y a des tas de choses super bien qui se passent dans notre pays. Et ça, c'est ce que nous avons organisé avec le gouvernement.

8:04
Présentateur

Merci beaucoup, Gérald Darmanin, d'être venu ce matin dans les 4V. C'est à vous, Emilia et Damien.

8:08
Invité

Merci beaucoup à tous les deux. Merci aussi à Sophie Berger-Finault pour la traduction en langue des signes.

8:13
Présentateur

C'était Les 4V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur France.tv. Sous-titrage Société Radio-Canada