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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 4 janvier 2022 25 min

Les débats sur le pass vaccinal, les règles du télétravail et leur contrôle... Le 8h30 franceinfo d'Elisabeth Borne

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Elisabeth Borne, cette nuit les députés auraient dû voter le pass vaccinal qui est censé entrer en vigueur dans 11 jours précisément, mais faute de députés de la majorité, assez nombreux les débats ont tourné court, pas de vote, est-ce que c'est une claque comme le disent les oppositions ce matin ?

0:19
Élisabeth Borne

Écoutez, je pense que c'est surtout consternant de voir les députés, les républicains s'allier avec la France Insoumise et le Rassemblement National pour faire obstruction à l'adoption d'un texte qui propose des mesures pour faire face à la flambée de l'épidémie.

0:35
Présentateur

Mais ils étaient où les députés ?

0:38
Élisabeth Borne

Les députés, ils ont été présents toute la soirée, les votes se sont passés normalement, c'est aussi quand même assez inhabituel de voir les députés, les républicains, je vous dis, s'allier avec la France Insoumise et le Rassemblement National, peut-être que ça masque aussi l'absence de ligne chez les républicains parce que moi j'ai entendu Mme Pécresse qui dit qu'elle veut être exemplaire dans ses meetings, M. Ciotti nous dire qu'il est pour le pass vaccinal et ce n'est pas du tout ce qu'on a vu hier.

1:06
Invité

Elle n'a pas été suivi par les députés LR, c'est ce que vous voulez dire ?

1:08
Élisabeth Borne

Écoutez, moi je vous donne un exemple, sur l'amendement de suppression de l'article 1er, celui qui instaure le pass vaccinal, il y a 4 députés LR qui ont voté contre la suppression de cet article, donc pour le pass vaccinal et 32 qui ont voté contre.

1:23
Invité

Un petit mot, effectivement quand même, c'est un texte très sensible qui impose une contrainte, qui fait débat dans l'opinion. Encore une fois, est-ce que vous n'avez pas fait preuve de naïveté, les députés de la majorité ? Est-ce que vous n'êtes pas tombé dans un piège, simplement un vote à main levée qui repousse ce projet de loi ?

1:44
Élisabeth Borne

On peut commenter effectivement ce vote. Moi je vous dis, les députés de la majorité, je peux vous assurer qu'ils n'ont pas d'état d'âme sur le texte. Moi j'ai eu l'occasion d'échanger avec notre groupe vendredi dernier. C'est aussi assez inhabituel de voir les Républicains. C'est pareil, le président des Républicains, M. Jacob, était sorti de la rencontre avec le Premier ministre en disant qu'il était pour le pass vaccinal. Bon, toute la soirée, non seulement on a eu des propos qui étaient contre le pass vaccinal de la part des députés républicains, on a même eu des propos qui sont carrément anti-vaccin ou en tout cas qui sèment le doute sur l'intérêt de la vaccination.

Je pense que c'est assez grave et je pense que tous les soignants qui sont mobilisés 24 heures sur 24 depuis des mois apprécieront ce qui s'est passé et le comportement des Républicains hier.

2:31
Présentateur

Il se passe quoi maintenant, Elisabeth Borne ? Est-ce que le pass vaccinal va rentrer en vigueur ? Il faut qu'il soit adopté à l'Assemblée nationale, il faut qu'il le soit dans les mêmes termes au Sénat, tout cela dans les 11 jours qui nous séparent du 15 janvier. Est-ce que le calendrier va pouvoir être tenu ou pas ?

2:44
Élisabeth Borne

Évidemment, on va faire le maximum pour tenir au plus près le calendrier qui était prévu parce que je le répète, il y a urgence quand on a eu tous ces derniers jours plus de 200 000 cas par jour, quand on a des soignants qui sont sur le pont, quand on fait face comme nos voisins européens à cette vague avec le variant Omicron, il y a urgence à avancer. Donc les présidents des groupes parlementaires vont se réunir pour trouver un nouveau calendrier pour l'examen de ce texte.

3:09
Présentateur

Donc l'objectif, ça reste ce mois-ci, pas forcément le 15, mais ce mois-ci.

3:14
Élisabeth Borne

Bien sûr que ça reste ce mois-ci et au plus vite. Et donc, voilà, les présidents de groupe auront l'occasion de se parler ce matin pour caler un nouveau calendrier d'examen du texte.

3:23
Invité

Y compris, effectivement, vous allez demander aux députés de siéger, y compris le week-end prochain. Il faut absolument faire au plus vite ?

3:31
Élisabeth Borne

Bien sûr qu'il faut faire au plus vite. L'urgence, elle est là. La nécessité de prendre des mesures complémentaires pour faire face à l'épidémie, elle est là. Et donc, il faut effectivement que ce texte puisse voter au plus vite.

3:41
Présentateur

Est-ce que le gouvernement a dans les cartons Elisabeth Borne le fait d'obliger tous les Français à se faire vacciner pour aller travailler, comme c'est déjà le cas, par exemple, à l'hôpital ?

3:49
Élisabeth Borne

Non, il n'y a pas du tout de projet d'avoir une obligation vaccinale pour tous les salariés. Moi, j'ai eu l'occasion de débattre... Certains pays le font. J'ai eu l'occasion de débattre dans les 15 derniers jours du mois de décembre avec les organisations patronales et syndicales de l'hypothèse d'un pass sanitaire et non pas vaccinal. Donc, un pass sanitaire, ça veut dire être vacciné, avoir été guéri du Covid ou avoir un test. Ce pass a été rejeté par les organisations syndicales et patronales. On a pris acte de leur position. Et donc, il n'y a pas, dans le texte qui est débattu, il n'y a pas cette proposition de pass vaccinal.

4:27
Présentateur

Et ça ne sera pas dans un futur texte, par exemple, pour des secteurs jugés stratégiques qui permettraient à l'économie française de continuer à fonctionner ? Ça n'est pas dans le texte qui a été présenté. Ce ne sera pas dans un autre texte ?

4:38
Élisabeth Borne

Je pense qu'il faudra poursuivre ce débat. Comme vous l'avez souligné, ça existe en Allemagne. Ça existe en Italie. Aujourd'hui, on a pu constater que les organisations patronales et syndicales étaient contre. Donc, je pense que c'est important, à la fois en termes d'efficacité aussi, d'avoir un soutien quand on veut prendre ce genre de mesures. C'est le cas en Allemagne. Les organisations patronales et syndicales ont soutenu ce dispositif en Allemagne. On prend acte du fait que ce n'est pas le cas en France.

Et c'est pour ça qu'on a proposé, comme le souhaitaient les organisations patronales et syndicales, de revenir aux outils qu'on utilise depuis le début de la crise, et qu'on a donc adapté le protocole sanitaire en entreprise, avec trois jours de télétravail obligatoire, quatre quand c'est possible, qui s'applique depuis hier.

5:26
Invité

Vous étiez hier à Matignon. Il y a eu une réunion de crise autour du Premier ministre. Dix ministres étaient présents avec vous sur, justement, les secteurs stratégiques. Est-ce qu'encore une fois, au niveau de ces secteurs stratégiques, pourquoi pas le pass vaccinal ? Ça a été évoqué hier ?

5:44
Élisabeth Borne

Non, ça n'est pas ce dont on a parlé hier. Ce dont on a parlé hier, c'est de la façon dont on va assurer la continuité de la vie économique et sociale du pays, en tenant compte, effectivement, des contaminations, des règles d'isolement, dont vous savez qu'elles sont changées depuis hier.

6:00
Invité

Une dernière question. Hier, vous avez indiqué que 5 millions de Français n'étaient pas vaccinés, dont 2 millions d'actifs. Cela veut dire qu'il y a plusieurs centaines de milliers de Français, peut-être 2 millions, qui vont travailler tous les jours sans être vaccinés. Pour eux, ça ne changera rien, le passage du pass sanitaire au pass vaccinal ?

6:22
Élisabeth Borne

Non, ça ne change rien, puisque ce pass sanitaire, il s'applique dans les restaurants, dans les cinémas. Je pense que c'était aussi le sujet du débat qu'on a pu avoir sur le pass sanitaire en entreprise. Moi, j'entends des salariés qui sont vaccinés. Au bout d'un moment, évidemment, il y a le secret médical, mais on finit par savoir que certains collègues ne le sont pas. Et je pense que ça pourrait rassurer les salariés de savoir que ceux qui ne sont pas vaccinés se font tester. Donc ça n'a pas été le choix des partenaires sociaux, dont acte. Est-ce que la vaccination en entreprise va accélérer ?

Alors moi, je souhaite évidemment que la médecine du travail se mobilise pour aller vers les entreprises pour pouvoir faciliter la vaccination des salariés. J'ai eu l'occasion de réunir les différents services de santé au travail avant les vacances, en leur demandant d'avoir un plan d'action, que chaque service ait un plan d'action, notamment précisément pour aller vers les entreprises qui sont peut-être plus éloignées des centres de vaccination, et pour accélérer cette vaccination.

Et puis dans le cadre du projet de loi qui a été débattu cette nuit en partie et qui le sera prochainement, on a aussi prévu de décaler les visites obligatoires de médecine du travail pour donner du temps aux médecins du travail pour qu'ils puissent se consacrer à la vaccination.

7:37
Présentateur

Donc on suspend partout où c'est possible les visites médicales annuelles obligatoires dans l'entreprise pour donner la priorité.

7:42
Élisabeth Borne

Absolument, pour donner plus de temps à la vaccination.

7:45
Présentateur

8h40, la ministre du Travail, Elisabeth Borne, est l'invité de France Info jusqu'à 9h. On s'interrompt quelques instants pour le fil info avec Lisa Guyenne. Quelle date pour la reprise des débats sur le pass vaccinal ? Les présidents des groupes parlementaires doivent fixer dans la matinée un nouveau créneau après la suspension imprévue des débats votés à minuit par la majorité des députés présents.

8 mois après le féminicide de Mérignac, 5 policiers convoqués en conseil de discipline à Paris et à Bordeaux pour s'expliquer sur les manquements qui ont conduit à la mort de Chahinez Daoud, brûlée vive en pleine rue par son mari violent, alors qu'elle avait porté plainte contre lui quelques semaines plus tôt. Entre clusters par mille personnels et retard d'approvisionnement, le Covid a eu raison des fabricants des caddies de supermarchés. L'entreprise est en cessation de paiement, son cas sera examiné dans la matinée au tribunal de Saverne dans le Barin. Le Paris Saint-Germain facilement qualifié en 8e de finale de Coupe de France.

Victoire 4-0 hier soir contre Vannes grâce à un triplé de Kylian Mbappé. Dernière rencontre des 16e de finale ce soir, le derby lance l'île à 21h. France Info

8:52
Invité

Le 8e 30 France Info, Jean-Jérôme Bertolus, Marc Fauvel. Elisabeth Borne, l'amie du Travaillé, toujours avec nous. Alors dans le projet de loi actuellement en suspens, il y a effectivement l'obligation du télétravail, 3 voire 4 jours par salarié pour les postes télétravaillables. Qui définit quel poste télétravaillable existe ? Et surtout, combien de salariés espérez-vous mettre en télétravail dès cette semaine ?

9:22
Élisabeth Borne

Alors c'est dans le nouveau protocole sanitaire qu'on a fixé... Les amendes, c'est dans le projet. ...qu'on a fixé cette obligation. Donc naturellement, c'est l'employeur en lien avec les représentants des salariés qui définit les postes télétravaillables. Mais il arrive parfois que certains postes qui le sont manifestement n'aient pas été considérés comme télétravaillables. Et là, il peut y avoir une discussion avec l'inspection du travail.

9:47
Présentateur

Est-ce qu'un salarié peut dire non ? Je préfère rester sur site pour plusieurs raisons. Ou est-ce qu'à contrario, il peut exiger d'aller, de rester chez lui pour télétravailler ?

9:56
Élisabeth Borne

Donc c'est une discussion avec l'employeur. Moi, je suis très conscient, vous savez, qu'en remettant des obligations sur le télétravail, c'est un effort important qui est demandé aux entreprises et aux salariés. On a été pendant de longs mois à un niveau très fort de télétravail. C'est ce qu'on avait demandé au printemps. Et je sais qu'il y a des salariés qui n'en peuvent plus du télétravail. Donc il faut aussi prendre en compte ces situations. C'est pour ça que moi, je donnerais une instruction à l'inspection du travail. Quand on a dit qu'on a trois jours de télétravail obligatoire, de pouvoir accepter dans une entreprise que certains puissent en faire un peu moins et d'autres un peu plus.

Donc c'est une moyenne. En moyenne, voilà. Je pense qu'il faut faire preuve de pragmatisme.

10:39
Présentateur

C'est ce que vous aviez annoncé au début, mais ce n'est pas ce qu'on a retenu finalement. Dans le protocole.

10:42
Élisabeth Borne

Dans le protocole. Dans le protocole, on a voulu définir une règle claire. Ensuite, je dirais à l'inspection du travail de faire preuve de pragmatisme et d'entendre quand dans certaines entreprises, certains en font moins et d'autres en font plus. L'objectif, c'est à la fin de faire baisser la présence sur site.

10:59
Présentateur

Vous êtes fixé un objectif. Vous dites qu'il doit y avoir tant de millions de salariés aujourd'hui, publics et privés confondus, qui doivent rester à la maison.

11:04
Élisabeth Borne

Vous savez, on sait qu'il y a un peu plus d'un tiers des postes qui sont télétravaillables facilement. Et donc, avant les vacances, les enquêtes qu'on avait pu faire montraient que 60% des salariés dont les postes sont télétravaillables étaient en télétravail. Évidemment, il faut faire plus.

11:19
Présentateur

Vous avez décidé qu'il pourrait y avoir des amendes. 1 000 euros par salarié dans la limite de 50 000 euros par entreprise. J'ai dit une bêtise ? Jusqu'à 1 000 euros ? Jusqu'à 1 000 euros. Jusqu'à 1 000 euros. À les médias qui en rajoutent toujours. Jusqu'à 1 000 euros par salarié dans la limite de 50 000 par entreprise. Voici ce que ça fait dire au patron de la CFDT, Laurent Berger, qui était hier l'invité de France Info.

11:39
Invité

Moi, je crois que de la part du gouvernement, il y a une petite hypocrisie sur on va faire des sanctions, on va faire des contrôles. Tout simplement parce qu'aujourd'hui, il y a 2 000 inspecteurs du travail pour 20 millions de salariés. Donc, moi, je crois davantage au contrôle syndical dans les entreprises. C'est-à-dire que là où on est présent, lorsque l'employeur ne veut pas jouer le jeu du télétravail, c'est les équipes syndicales qui devront le signaler à l'inspection du travail. Mais les contrôles spontanés comme ça, ça ne va malheureusement pas produire beaucoup d'effets. Un inspecteur du travail pour 10 000 salariés à contrôler, comment ils font ?

12:10
Élisabeth Borne

Alors, d'abord, je veux rassurer Laurent Berger sur le fait qu'effectivement, je crois beaucoup, au rôle des représentants des salariés pour que ces règles se mettent en place dans des bonnes conditions au sein des entreprises. Pour autant, j'ai demandé à l'inspection du travail de renforcer ces contrôles. Vous savez qu'on était à peu près à 1 000 contrôles sur le mois d'octobre. Je leur ai demandé de passer à 5 000 contrôles parce que l'objectif, c'est que les règles soient appliquées partout. Et je voudrais le redire, la très grande majorité, c'est ce que montrent les contrôles des entreprises, joue le jeu.

Il se trouve qu'on a des rares entreprises qui ne le font pas, qui n'appliquent pas du tout les règles et qui, quelque part, profitent de la longueur de la procédure de sanction, qui est en l'occurrence aujourd'hui une sanction pénale. C'est quel secteur ? Quelle entreprise ? Non, ce n'est pas du tout un type d'entreprise. Vous pouvez avoir... Enfin, moi, mes services me remontent qu'alors que la très grande majorité des entreprises jouent le jeu, vous pouvez tomber sur des entreprises qui ne jouent pas le jeu. Je peux vous citer le cas d'une entreprise de l'agroalimentaire. Il y avait 32 salariés, 18 qui sont positifs. Donc, on peut se dire que le protocole n'est pas bien appliqué.

Ou encore, d'entreprises qui utilisent des masques réutilisables, qui ne correspondent pas aux normes, qui ne désinfectent pas les outils de travail qui sont partagés. Donc, c'est très important qu'on puisse à la fois avoir des contrôles. Et quand on a des rares entreprises qui ne jouent pas le jeu et qui, après les observations de l'inspection du travail, après une mise en demeure, ne jouent toujours pas le jeu, ne protègent pas la santé de leurs salariés face au Covid, plutôt que d'avoir une procédure pénale qui prend du temps et donc qui n'est pas très dissuasive, on puisse avoir une sanction administrative qui sera plus rapide et donc plus dissuasive.

13:58
Invité

Et pourtant, effectivement, le MEDEF considère que ces amendes administratives sont une rupture de confiance. La CGPME dit que c'est une véritable ineptie. Mais vous dites qu'il faut un coup de pression sur les entreprises ce matin.

14:11
Élisabeth Borne

Je pense que c'est l'intérêt de tout le monde et c'est aussi un enjeu d'équité. On a une écrasante majorité d'entreprises qui jouent le jeu. C'est normal que les rares entreprises qui ne jouent pas ce jeu, qui n'appliquent pas les règles, puissent être sanctionnées de façon rapide. Vous savez, c'est quelque chose de classique dans le droit du travail, d'avoir des amendes administratives, des sanctions administratives, donc qui sont rapides. C'est bien ciblé sur les contrôles liés aux règles Covid et ça sera limité dans le temps. Mais là, il y a urgence pour que tout le monde mette en œuvre les règles qui protègent les salariés. Elisabeth Bond, est-ce que les employeurs doivent connaître

14:49
Présentateur

le statut vaccinal de leurs salariés ? Non, non, il y a un secret médical qui s'applique. Alors, comment ils font pour appliquer les nouvelles règles ? Puisque les durées d'isolement, par exemple, ou d'auto-isolement, ne sont pas les mêmes en fonction de si on a un schéma vaccinal complet ou non. Comment on fait ?

15:03
Élisabeth Borne

Non, ça n'est pas nouveau. Vous savez, avant le changement des règles d'isolement... Mais si je suis vacciné, la durée est plus courte ? C'était déjà le cas avant, mais ce n'est pas l'employeur qui va définir les règles, la durée d'isolement en fonction du statut vaccinal. Donc c'est le salarié en lien avec l'assurance maladie. Quand il est vacciné, qu'il est cas contact, il peut continuer à travailler avec un test négatif et ensuite un test au deuxième et au quatrième jour. Il n'a pas à prévenir son employeur ? Non, non, non, il n'a pas à prévenir son statut.

15:30
Présentateur

Si je suis cas contact, c'est la nouvelle règle qui est entrée en vigueur hier. Si je suis vacciné, schéma vaccinal complet, cas contact, que ce soit cas contact d'un Delta ou d'un Omicron, si tant est qu'on le sache, si c'est un Delta ou un Omicron, on peut, on doit continuer à travailler. Aujourd'hui, on ne s'isole pas. On fait simplement un test PCR au début.

15:47
Élisabeth Borne

C'était les règles qui s'appliquaient avant qu'on change pour le variant Omicron et donc on revient à ces règles.

15:54
Présentateur

Et on n'a pas à prévenir son employeur, ni du fait qu'on ait cas contact, ni du fait qu'on fait un test ?

15:59
Élisabeth Borne

On n'a pas à donner son statut vaccinal à son employeur. Ça se gère entre le salarié et l'assurance maladie. Et on revient aux règles qui ont existé et qui n'ont pas posé de problème.

16:08
Présentateur

Le temps de faire le premier test PCR ou antigénique, qu'on doit faire au tout début, quand on sait qu'on est cas contact ?

16:14
Élisabeth Borne

Donc on est en arrêt maladie.

16:15
Présentateur

Là, on est en arrêt maladie. On ne va pas travailler pendant ce moment-là.

16:18
Élisabeth Borne

A priori, vous savez, aujourd'hui, vous allez dans la pharmacie et vous faites un test. Vous avez essayé de vous faire tester ces derniers jours ? Moi, j'ai eu l'occasion de me faire tester, oui.

16:25
Présentateur

Évidemment, la région où on vit est peut-être pas représentative. Non, non, mais je suis bien conscient. Il y a des queues qui font parfois 50 ou 100 mètres devant les pharmacies.

16:31
Élisabeth Borne

Mais voilà, quand vous êtes cas contact, il faut parfois du temps. Effectivement, se faire tester, avoir un test PCR ou antigénique. Et donc, si ce test est négatif, vous pouvez retourner au travail. C'était un enjeu aussi important, ces règles. Et pour le coup, je crois qu'elles étaient très attendues par les entreprises qui s'inquiétaient d'une flambée d'absentéisme. Et donc, avec ces règles, qui sont évidemment fondées sur les recommandations des autorités sanitaires, on veut à la fois protéger la santé et en même temps assurer la continuité de notre activité économique.

17:00
Présentateur

On va en parler de ce risque d'absentéisme massif qui pourrait déstabiliser l'économie française dans un instant. Je vous vois impatient, Jean-Jérôme Bertoluse, interrogé la ministre du Travail. Une toute petite minute, ce sera à vous le temps du fil info à 9h10 avec Lisa Gugliel. Après la suspension imprévue de la séance sur l'examen du pass vaccinal, Gabriel Attal critique ce matin l'amicale de l'irresponsabilité entre la France insoumise, le Rassemblement national et une partie des LR. Le porte-parole du gouvernement dénonce un coup de procédure pour faire dérailler le calendrier d'adoption du texte. Le pass vaccinal est censé entrer en vigueur le 15 janvier.

Un retour à la vie normale est possible dans deux mois. C'est le message optimiste de l'épidémiologiste en chef du Danemark. Selon elle, la vague de contamination liée à Omicron conduira à un niveau suffisant d'immunité collective. Moins d'une semaine après son frère Grishka Igor Bogdanov, à son tour emporté par le Covid, il est mort hier dans un hôpital parisien. Les jumeaux de 72 ans n'étaient pas vaccinés, d'après leur avocat. Six ans plus tard, le procès des braqueurs des boutiques de luxe Chopard et Chanel s'ouvre ce matin à Paris. Dix accusés sur le banc pour un butin de 3 millions d'euros en montres et en bijoux. Butin qui n'a jamais été retrouvé. France Info

18:14
Invité

Elisabeth Borne, la ministre du Travail et de l'insertion est avec nous. Alors entre le 1er novembre et le 19 décembre, l'assurance maladie a enregistré un bond de 700% des arrêts maladie. Ça n'était que le début de la vague Omicron. Est-ce que vous avez des chiffres plus récents ? Est-ce que vous attendez effectivement à une véritable explosion des arrêts maladie ?

18:43
Élisabeth Borne

On aura cette semaine les nouveaux chiffres. Moi, je n'ai pas des chiffres plus récents que les 36 000 arrêts maladie pour Covid, à la fois les positifs et les cas contacts. C'est bonjour. C'était à un instant donné. Il y avait 36 000 personnes en arrêt maladie du fait de la Covid. Parmi ces personnes en arrêt maladie, il y avait précisément les cas contacts. Et ça montre qu'il était important de changer les règles et de ne pas imposer un isolement dès lors que vous êtes complètement vacciné et que vous vous faites tester pour ne pas avoir une flambée de l'absentéisme.

19:14
Invité

Ça veut dire que l'économie, maintenant, c'est la priorité davantage que la santé ?

19:19
Élisabeth Borne

Non, mais on se fonde sur les règles des autorités sanitaires. Et donc, c'est sur cette base-là qu'on a pu adapter les règles d'isolement, évidemment, en ayant des contraintes moins fortes quand vous êtes totalement vacciné.

19:31
Présentateur

Comment les services de l'État s'organisent aujourd'hui pour parer une éventuelle vague d'absentéisme dans les services ? Vous êtes, par exemple, en charge de Pôle emploi. Est-ce que vous constatez aujourd'hui une hausse de l'absentéisme pour maladie dans les services de Pôle emploi ? Et comment est-ce qu'on se prépare éventuellement à continuer à assurer le service public ?

19:49
Élisabeth Borne

Alors, nulle part, on a constaté une flambée encore de l'absentéisme. Selon les secteurs, on est à 5%. Parfois, dans les transports, on est à 10%, près de 10%. En région parisienne, évidemment, des opérateurs comme Pôle emploi qui ont un rôle essentiel pour accueillir les nouveaux demandeurs d'emploi, les inscrire, les indemniser, ont ce qu'on appelle des plans de continuité d'activité et ils ont travaillé très sérieusement sur la façon dont ils allaient s'organiser pour assurer qu'il n'y aura pas de difficultés pour verser les allocations chômage.

Donc, chaque opérateur qui a un rôle essentiel pour le pays dans le domaine de l'énergie, des transports, pour mon ministère Pôle emploi, a son plan de continuité d'activité qui va permettre d'assurer la continuité de la vie de notre pays.

20:38
Présentateur

Une question toute bête et pratique, Elisabeth Borne, pour ceux qui nous écoutent peut-être en arrivant sur leur lieu de travail. Tout le monde ne télétravaille pas, vous l'avez rappelé tout à l'heure. On sait que dans les cafés, il est désormais interdit de boire son café debout devant le bar. Dans les salles de prof également, on ne boit plus le café debout, a rappelé Jean-Michel Blanquer ces derniers jours. Ça vaut aussi au travail. Aujourd'hui, on ne doit plus se retrouver à la machine à café ?

21:01
Élisabeth Borne

Ah mais très clairement, je pense qu'on a dit depuis avant les vacances qu'il fallait supprimer tous les moments de convivialité, donc les moments festifs de fin d'année. Et évidemment, il faut éviter de se retrouver à plusieurs dans des moments où on retire le masque. Donc il faut que chacun soit prudent, retourne boire son café à son poste de travail. C'est vraiment un enjeu important pour éviter une circulation trop forte du virus.

21:25
Présentateur

Donc le café, oui, mais rapidement, en enlevant le masque pendant deux secondes, en s'asseyant à son bureau, si c'est possible. Comme dans les trains désormais, on voit à toute vitesse rapidement. Jean-Jérôme Bertolus, je suis désolé pour la machine à café.

21:34
Invité

Non, justement, et cette nouvelle organisation dans les entreprises, télétravail, absence effectivement de moments de convivialité, explosion des arrêts maladie, est-ce que ça va conduire à une augmentation du chômage alors que le chômage avait baissé ces deux derniers mois ?

21:51
Élisabeth Borne

Ah, écoutez, moi je peux vous assurer que le gouvernement est très mobilisé pour ne pas, qu'on ne casse pas la très bonne dynamique.

21:57
Invité

Il n'y a pas un risque quand même, compte tenu de l'ampleur de la vague épidémique.

22:01
Élisabeth Borne

On a pu échanger avec les différents secteurs professionnels concernés, avec aussi les organisations interprofessionnelles hier et Bruno Le Maire. Je pense qu'on peut être confiant sur la solidité, la robustesse de notre reprise économique, de la bonne dynamique en termes d'emploi. Et puis quand on a des secteurs qui subissent des contraintes, on va continuer, comme on le fait depuis le début de la crise, à les accompagner. C'est notamment l'activité partielle pour ce qui concerne mon ministère. On a pu rassurer les différents secteurs hier.

Donc tous ceux qui ont des restrictions, les fermetures, par exemple les discothèques ou les bars où on ne peut plus consommer debout, auront une prise en charge de l'activité partielle à 100%. Donc pas de reste à charge pour l'entreprise. Les traiteurs, les casinos. Tous ceux qui ont une forte baisse, qui ne font pas l'objet de mesures de restrictions en tant que telles, mais qui ont une forte baisse de leur chiffre d'affaires, donc 65%, auront également une prise en charge à 100% de l'activité partielle. Ça veut dire que le chômage partiel remonte aujourd'hui en France ? Ça veut dire qu'il va forcément remonter un peu sur ces prochaines semaines.

Non, on était tombé très bas, à quelques centaines de salariés. Je rappelle qu'au plus fort de la crise, on a été à 9 millions. Et ce qu'on avait aussi, c'était des entreprises en activité partielle de longue durée, donc les secteurs qui prennent un peu plus de temps à retrouver leur niveau d'avant-crise. Il y a l'activité partielle de longue durée qui est là pour ça, qui peut protéger pendant deux ans avec un reste à charge de 15% pour l'entreprise.

23:31
Présentateur

Encore une question pratique. Le masque est à nouveau obligatoire en France, dans la moitié du territoire environ. Est-ce que ça vaut aussi pour ceux qui travaillent à l'extérieur dans ces zones, par exemple sur les chantiers ?

23:43
Élisabeth Borne

Alors on a des règles qui sont effectivement que le port du masque doit être le plus systématique possible. Quand on a des contraintes, notamment qu'on doit faire des efforts physiques, ça n'est pas nécessairement obligatoire, mais dans ce cas-là, il faut respecter une distance de 2 mètres.

23:56
Présentateur

Ce qui n'est pas toujours facile à faire.

23:57
Élisabeth Borne

Ce qui n'est pas facile, et donc si on ne peut pas les respecter, il faut porter le masque. Est-ce qu'il faut que certaines professions aient accès au masque FFP2 ? Alors vous savez, ce n'est pas le gouvernement qui décide du type de masque, ce sont les autorités sanitaires. Aujourd'hui, la recommandation du Haut Conseil de la Santé publique, c'est de réserver ces masques aux personnes qui sont immunodéprimées, comme on dit, ou aux soignants. Si le Haut Conseil de la Santé publique change sa doctrine, bien évidemment, on l'appliquera.

24:25
Invité

Nouvelle organisation et l'entreprise, d'un mot, télétravail, il va falloir quand même que les patrons fassent preuve d'inventivité. Vous leur dites quoi ? Tenez bon, ça ne va pas durer si longtemps que ça ?

24:36
Élisabeth Borne

D'abord, je les remercie. Je remercie les entreprises et les salariés pour leur mobilisation depuis le début de la crise. Évidemment, tout ça, c'est des contraintes, mais je pense que c'est important pour qu'on surmonte au mieux cette nouvelle vague. Et on espère tous que cette flambée de l'épidémie sera la plus courte possible.

24:54
Présentateur

Merci à vous, Elisabeth Borne. Très bonne journée. Ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion, invité ce matin de France Info. Si vous aimez le 8.30 France Info, on vous conseille Élisée, la bataille, le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr. Merci d'avoir regardé cette vidéo !