François Fillon
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:14OuverteRéponse directe
Le président Hollande disait hier que Poutine n'est pas notre allié en Syrie.
- 0:41RelanceRéponse partielle
Et aujourd'hui, parce que notre inaction, votre solution à vous, c'est que la France s'aligne sur Moscou ?
- 1:11RelanceRéponse directe
Les Russes, il y a eu du dialogue avec les Russes.
- 1:52RelanceRéponse directe
Hollande et Poutine se sont vus à Paris. Vous ne pouvez pas reprocher au président français d'ignorer son homologue russe.
- 3:07RelanceRéponse directe
Ce n'est pas le sujet, vous êtes sûr ?
- 3:44FerméeRéponse directe
Bachar el-Assad est à la tête des pires régimes criminels de ces dernières décennies. Vous en êtes d'accord ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22Invité politiqueFait
« Vladimir Poutine, c'est notre allié en Syrie ? »
- 0:26Invité politiqueFait
« Vous avez remarqué qu'il rajoute immédiatement pour l'instant, c'est le résumé de la politique française depuis trois ans. »
- 0:36Invité politiqueFait
« Il n'y a pas de solution en Syrie sans la Russie et l'Iran. »
- 0:53Invité politiqueFait
« depuis le début de cette crise, laisse le champ libre à Poutine. »
- 1:21Invité politiqueFait
« Depuis que François Hollande est au pouvoir, il n'y a jamais eu de véritable dialogue avec la Russie sur ce sujet. »
- 2:30Invité politiqueFait
« Le plan de transition pour le départ de Bachar el-Assad, on avait commencé à l'initier. »
- 3:50Invité politiqueFait
« Je dis que le régime syrien depuis le début, c'est-à-dire depuis son père, est un régime criminel. »
- 3:58Invité politiqueFait
« C'est un régime qui a assassiné un ambassadeur de France. »
- 4:00Invité politiqueFait
« C'est un régime qui est sans doute à l'origine de centaines de morts de soldats français. »
- 4:04Invité politiqueFait
« C'est un régime qui a massacré au début des années 80 des dizaines de milliers de Syriens. »
- 5:02Invité politiqueFait
« Alain Juppé a toujours considéré que cette affaire syrienne, c'était la révolte d'un peuple contre un dictateur. »
- 6:00Invité politiqueFait
« C'est ce que je raconte. Je raconte un déjeuner avec Vladimir Poutine. »
- 6:31Invité politiqueFait
« c'est-à-dire une inquiétude de la part des Russes de voir monter à leurs frontières, ce qu'ils considèrent comme une menace islamique dangereuse pour eux. »
Temps de parole
- François Fillon69 %
- Présentateur31 %
≈ 4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Il est 8h22, le 7h9, Patrick Cohen, sur France Inter. Bonjour François Fillon. Bonjour. Je voudrais d'abord vous faire entendre ce que le président Hollande disait hier soir sur Arte à John Paul Lepers.
Vladimir Poutine, c'est notre allié en Syrie ?
Non, pour l'instant ce n'est pas notre allié. Il est l'allié de Bachar el-Assad.
Il a raison. Vous avez remarqué qu'il rajoute immédiatement pour l'instant, c'est le résumé de la politique française depuis trois ans. C'est-à-dire une politique qui ne décide pas, qui ne prend pas ses responsabilités. Il n'y a pas de solution en Syrie sans la Russie et l'Iran. Et votre solution à vous, c'est que la France s'aligne sur Moscou ? Non, pour des raisons historiques. Et aujourd'hui, parce que notre inaction, quand je dis notre inaction, ce n'est pas seulement la nôtre, c'est celle des Européens, c'est celle des Américains, depuis le début de cette crise, laisse le champ libre à Poutine.
On aurait, il y a trois ans, comme je le réclamais, organisé une concertation avec les Russes, les Iraniens, pour essayer de résoudre la question syrienne. On l'aurait fait, j'ai envie de dire, d'égal à égal, dans des conditions équilibrées.
Les Iraniens n'étaient pas dans le jeu, mais les Russes, il y a eu du dialogue avec les Russes.
Depuis que François Hollande est au pouvoir, il n'y a jamais eu de véritable dialogue avec la Russie sur ce sujet. Jamais, je le sais, parce que j'en ai parlé, et avec le président russe, et avec le président français. Il y a une méfiance considérable, que je peux comprendre par ailleurs, entre les deux dirigeants et entre les deux pays. Il y a eu l'épisode ukrainien aussi. Il y a eu l'épisode ukrainien, bien entendu. Mais le résultat, c'est qu'aujourd'hui, la Russie est seule sur le terrain. Que la France, le président de la République, a beau parler sur Arte, est quasiment hors-jeu dans la solution de ce conflit. Et qu'on ne voit pas d'issue favorable se dessiner.
Hollande et Poutine se sont vus à Paris. Ils se sont parlé avant la déclaration qu'on vient d'entendre. Vous ne pouvez pas reprocher au président français d'ignorer son homologue russe. Non, il a mis du temps. Et apparemment, François Hollande a demandé trois choses à Vladimir Poutine. Que cessent les bombardements par explosifs de la population civile, par l'aviation syrienne. Que les bombardements, les frappes de l'aviation russe soient exclusivement contre Daesh, contre le groupe État islamique, ce qui ne semble pas le cas d'après ce que disent les occidentaux. Et puis, également, qu'il y ait un plan de transition, un plan politique qui soit engagé pour le départ de Bachar el-Assad.
Et apparemment, à ces trois questions, Vladimir Poutine a répondu non.
Le plan de transition pour le départ de Bachar el-Assad, on avait commencé à l'initier. D'ailleurs, je l'évoque dans le livre que je publie, en 2012. Il n'y a plus aucun effort de la part des occidentaux sur ce sujet. Aujourd'hui, comme le dit Jean-Pierre Chevènement, si le régime de Bachar el-Assad tombe, c'est l'État islamique qui prend le pouvoir. Et donc, François Hollande peut réclamer ce qu'il veut. Les Russes vont faire ce qu'eux estiment nécessaire. C'est-à-dire qu'ils vont protéger le régime de Bachar el-Assad pour éviter qu'ils tombent. Est-ce que c'est moral ou est-ce que ce n'est pas moral, ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est quelle autre solution y a-t-il.
Ce n'est pas le sujet, vous êtes sûr ?
Non, la question aujourd'hui, c'est comment on évite que l'État islamique prenne le contrôle de l'ensemble de la Syrie. Ça, c'est la question numéro un. Après, il y aura une question numéro deux qui s'appellera le régime de M. Assad. dont je rappelle qu'il n'est pas un nouveau venu sur la scène internationale et que les crimes d'Assad et les crimes de son père sont connus de la communauté internationale depuis toujours. Et qu'il ne faut pas non plus pratiquer cette attitude qui est celle de notre gouvernement aujourd'hui qui consiste à s'offusquer un jour de situations dont on ne s'offusquait pas dans le passé.
Bon, Bachar el-Assad est à la tête des pires régimes criminels de ces dernières décennies. Vous en êtes d'accord ? Vous en convenez, François Fichon ?
Je dis que le régime syrien depuis le début, c'est-à-dire depuis son père, est un régime criminel. C'est un régime qui a assassiné un ambassadeur de France. C'est un régime qui est sans doute à l'origine de centaines de morts de soldats français. C'est un régime qui a massacré au début des années 80 des dizaines de milliers de Syriens. C'est un régime insupportable. Je remarque que tous les chefs d'État français ont eu des relations avec ce régime. Et même certains, je me souviens de François Mitterrand, y ont organisé une visite d'État. Nous-mêmes, nous avons reçu le président Assad à Paris.
Donc voilà, la question qui est posée aujourd'hui, c'est, il y a une guerre civile et en même temps une guerre religieuse en Syrie. Comment est-ce qu'on y met un terme en évitant que l'État islamique ne prenne le contrôle de l'ensemble du territoire syrien ? C'est cette question-là qui est posée, pas une autre.
Et vous dites que la morale n'est pas le sujet aujourd'hui. Quand vous entendez Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, à la fin du quinquennat Sarkozy dire « Je ne me résous pas l'idée que la morale soit absente des questions diplomatiques. »
D'abord, c'est un désaccord que nous avons avec Alain Juppé depuis le début. Alain Juppé a toujours considéré que cette affaire syrienne, c'était la révolte d'un peuple contre un dictateur. Je pense que c'est beaucoup plus compliqué que ça, que c'est une guerre de communauté, que c'est une guerre de religion. La deuxième question, s'agissant de la morale, qu'est-ce qui est morale ? C'est de laisser l'État islamique prendre le contrôle ? C'est de laisser l'État islamique continuer à couper les têtes, à assassiner les gens, à mettre les femmes en esclavage ? C'est ça la morale ? Donc, quand on a des objectifs moraux, il faut aussi se donner les moyens de les atteindre.
La perte de confiance avec la Russie de Poutine, vous la racontez longuement dans votre livre, dans un chapitre de votre livre. Mais ce n'est pas à François Hollande que vous l'attribuez, c'est à Nicolas Sarkozy. C'est un long déjeuner que vous avez avec Vladimir Poutine. Et Poutine, lui, ne veut pas se résoudre à voir partir Bachar el-Assad. Il explique qu'il n'a plus confiance dans les Occidentaux à cause de l'épisode libyen. Sa confiance a été trahie par Nicolas Sarkozy, notamment sur la Libye.
C'est ce que je raconte. Je raconte un déjeuner avec Vladimir Poutine. Je ne dis pas que je soutiens la thèse qui est celle de Vladimir Poutine. J'essaye simplement de dire que quand on veut être efficace en politique étrangère, il faut comprendre l'attitude de ses voisins, voire même de ses adversaires. L'attitude de Poutine, comme de n'importe quel chef d'État russe, parce que ce n'est pas Poutine qui est en cause, c'est la Russie et son régime depuis très longtemps.
L'explication de cette attitude, elle l'est dans ce livre que je publie, c'est-à-dire une inquiétude de la part des Russes de voir monter à leurs frontières, ce qu'ils considèrent comme une menace islamique dangereuse pour eux.
François Fillon, invité de France Inter ce matin, on a beaucoup d'autres sujets à examiner ensemble. On le fera dans quelques minutes avec la Rue de Presse, Hélène Jouan, et puis les auditeurs de France Inter. Vous avez cité le titre de ce livre, Faire chez Albin Michel. Vous avez fait un peu de gonflette apparemment en parlant d'un phénomène de librairie. 50 000 exemplaires vendus, en fait 17 000 vendus. Je pense que les deux chiffres sont faux.
Moi je ne commande pas les chiffres de l'éditeur, c'est mon éditeur qui communique sur ce sujet.
Vous avez fait un post Facebook.
C'est assez agréable d'entendre son éditeur dire qu'il a vendu 50 000 livres. Par ailleurs je vois que je suis dans tous les classements, ce qui est assez rare. Mais ce n'est pas le sujet. Le sujet, s'il s'agit de faire le compte des ventes, on le fera dans quelques mois lorsque les chiffres seront connus. Vous êtes content de vos ventes pour l'instant. Dans un instant, la Rue de Presse.
Sous-titrage Société Radio-Canada