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interviewC dans l'air· 2 avril 2026 8 min

Guerre en Iran

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

transportant du matériel militaire ne passe pas du côté de Washington et de l'Etat hébreu. Israël a annoncé avoir suspendu ses importations d'armes françaises. D.Trump fait monter la pression sur ses alliés et reste flou sur ses réelles intentions. - Au sein du bureau Ovale, un pays revient régulièrement dans la bouche du président américain: la France, une nouvelle fois visée par D.Trump. - D.Trump: Si la France ou un autre pays veulent avoir leur pétrole ou leur gaz, ils iront tout droit dans le détroit d'Ormuz et se dérouleront seuls.

Ce sera un endroit très sûr. Nous n'avons rien à voir avec cela. - Selon le président américain, la fin du conflit approche.

Mais pas de cessez-le-feu sans réouverture du détroit d'Ormuz. Opération pour laquelle D.Trump espérait l'aide militaire de la France.

L'Hexagone aurait interdit de survoler son territoire aux avions transportant des armes destinées à frapper l'Iran. Hier, D.Trump s'est emporté.

Mécontentement aussi d'Israël. Le pays annonce mettre fin à toutes ses importations d'armes venant de la France. - Nous sommes en train de mener une guerre contre un ennemi qui est un ennemi d'Israël et du Moyen-Orient en entier.

C'est une guerre existentielle que nous menons. Dans cette guerre existentielle, la France a décidé de ne pas permettre le survol de son territoire pour amener les munitions dont nous avions besoin. - En déplacement au Japon, E.Macron rappelle que la France n'a pas été consultée et qu'elle ne prend pas part au conflit. - E.Macron: Depuis le 1er jour, nous avons une position très simple.

Nous appelons à la paix, à la désescalade, à la reprise de négociations qui peuvent permettre de régler les problèmes de fond. Rien ne serait pire que d'avoir bombardé la région pendant des semaines et des semaines et de la quitter sans qu'un cadre soit à nouveau établi. - Approchons-nous d'un point de rupture entre les Etats-Unis et la France, et plus largement avec l'Otan?

Ce matin, D.Trump envisage de se retirer de l'organisation. Réponse immédiate de K.Starmer. - K.Starmer: L'Otan est l'alliance militaire la plus efficace que le monde ait connue.

Elle nous a protégés pendant de nombreuses décennies et nous sommes pleinement engagés en faveur de l'Otan. - Ca se complique avec l'Otan et ça se corse avec l'Europe. L'Espagne, fermement opposée au conflit, annonce fermer son espace aérien aux avions militaires américains. - Nous avons pris cette décision pour aller à l'encontre d'une guerre à laquelle nous sommes totalement opposés, qui nous semble illégale et injuste. - Tandis qu'en Italie, G.Meloni joue l'équilibriste.

Si elle refuse toute implication dans le conflit, elle ne souhaite pas pour autant renoncer à sa proximité avec D.Trump. Lorsque des avions américains n'ont pas eu le droit d'atterrir en Italie, faute in extremis de l'autorisation par le Parlement, son entourage s'empresse de rassurer.

L'Europe qui se réveille ou D.Trump qui arrive à ses fins? Deux lectures possibles pour l'une des infos du jour.

Londres organisera une réunion pour sécuriser le détroit d'Ormuz cette semaine avec une trentaine de pays. - C.Roux: Nous serons en direct de Londres avec M.Billon.

Un mot sur cette décision de la France de refuser le survol de son territoire par des avions militaires israéliens? On a vu la colère de l'ambassadeur israélien en France. - F.Encel: Il y a la logique d'Israël, qui considère que la guerre menée contre l'Iran est existentielle.

L'Iran a toujours rejeté le droit à l'existence d'Israël depuis 79. Il y a un problème de ce point de vue. Entre la France et Israël, il n'y a pas de traité stratégique, pas d'alliance militaire.

En ce qui concerne les avions américains, il faut rappeler qu'en 73, pendant la guerre du Kippour, le seul Etat européen membre de l'Otan à avoir accepté que les avions militaires américains ravitaillent Israël, c'était le Portugal. Les autres avaient fermé leur espace aérien, y compris la France. En 86, lorsque les Américains avaient bombardé Tripoli, F.Mitterrand, chef des armées, avait refusé le survol des avions américains et britanniques. - C.Roux: Il y a eu des précédents. - F.Encel: On était militairement alliés du Royaume-Uni et des Etats-Unis.

R.Reagan avait ronchonné. Nixon en 73 aussi. - L.Mandeville: Je dirais qu'il y a quelque chose de choquant dans ce refus.

Vu le contexte catastrophique de schisme quasiment consommé entre les 2 rives de l'Atlantique, qu'il y a des griefs côté européen liés à la terre du Groenland, à la manière dont Trump s'est comporté sur la question de l'Ukraine, où il a donné une espèce de part belle à la Russie alors que toute l'Europe espérait qu'il mette un coup de pression décisif... - C.Roux: Et le fait de déclencher une guerre sans les prévenir. - L.Mandeville: Qu'il y ait un fonctionnement presque insultant.

Est-ce qu'on peut s'arrêter à la rhétorique de Trump dans les relations transatlantiques? Je ne crois pas. Le fait de refuser d'être un élément d'appui logistique au grand allié américain qui, depuis 1945, assure la sécurité de l'Europe, venu à la rescousse de l'Europe dans une guerre que l'Amérique n'avait pas déclenchée...

On dit: "Ce n'est pas notre guerre." Je pense que c'est une erreur. Quand E.Macron et d'autres leaders disent "ce n'est pas notre guerre", ils n'ont pas complètement raison.

Cette guerre nous concerne au premier chef. D'abord, la question pragmatique de cette paralysie globale dans laquelle nous sommes sur le plan économique et le fait qu'on soit extrêmement dépendants de ce qui se passe dans le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb. L'Iran est un régime terroriste qui a déstabilisé tout le Moyen-Orient, mené des attentats terroristes en Europe, qui est une menace de déstabilisation pour nous.

Il est évident que nous avons intérêt à ce que les Américains et Israéliens aient la victoire dans cette guerre. Pour nous, ça serait un appel d'oxygène formidable si le Moyen-Orient changeait, parce que la chute de ce régime serait une redistribution importante au niveau mondial et global. - C.Roux: Vous êtes d'accord? - Gal F.Chauvancy: Totalement.

Je crois que l'Iran est un ennemi. Je ne dis pas "adversaire". Il le prouve depuis les années 80.

C'est un Etat terroriste qui martyrise sa population, qui menace notre économie. Quand nous avons quelqu'un qui agit comme il agit dans cette guerre, ça devient un ennemi qui doit être combattu.