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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 6 janvier 2022 27 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSantéTravail & emploiNumérique

Geoffroy Roux de Bézieux : "On est parti pour une longue période d'inflation"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 20 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:47OuverteRéponse directe

    Comment le président du MEDEF a-t-il apprécié les mots du président de la République ?

  • 1:23RelanceÉludée

    Est-ce que vous aussi vous emmerdez les salariés non vaccinés ?

  • 2:05OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'il est clair pour vous désormais qu'il est candidat à sa réélection ?

  • 2:24OuverteRéponse directe

    Le pass vaccinal remplace le pass sanitaire, est-ce une bonne chose ?

  • 3:36OuverteRéponse directe

    Le gouvernement italien instaure l'obligation vaccinale pour les plus de 50 ans, votre avis ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Êtes-vous confiant pour la croissance malgré Omicron ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 9:21Invité politiqueFait
    « On est parti pour une période longue d'inflation à un niveau qu'on n'a plus connu depuis longtemps. »
  • 13:27Invité politiqueFait
    « Aujourd'hui, dans beaucoup de secteurs, il y a des pénuries de recrutement. »

Temps de parole

  • Invité politique63 %
  • Présentateur14 %
  • Présentateur 214 %
  • Invité4 %

3,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9 le président du MEDEF. Du MEDEF, vos questions au 01-45-24-7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Geoffroy Roux de Bézieux, bonjour. Bonjour à vous. Et bienvenue sur Inter. Le verbe est encore à la une de toute la presse ce matin. Le verbe employé hier par Emmanuel Macron pour décrire sa stratégie à l'égard des Français non vaccinés, les empêcher d'aller au resto, au ciné, de boire un canon, bref les emmerder et continuer à le faire. Je ne reviens pas sur la bronca à l'Assemblée Nationale, sur la vie de tempête sur les plateaux de télé.

Mais comment le président du MEDEF a-t-il apprécié les mots du président de la République ?

0:51
Invité politique

Moi ce que je peux vous dire c'est ce qui se passe en entreprise parce qu'il y a 5 millions je crois de Français non vaccinés. Il y en a, on pense, à peu près 2 millions qui sont des actifs, dont ils sont nos salariés. Ça fait 5-6%, évidemment ça dépend des entreprises. Je l'étais l'autre jour avec un patron qui me disait qu'il a une boîte de 15 personnes. Il avait une salariée en l'occurrence qui ne voulait pas se faire vacciner. Et donc elle est isolée dans un bureau. Et bon, ils ont trouvé une solution pragmatique. Donc c'est comme ça que ça se passe en entreprise. Alors est-ce que c'est emmerder les salariés non vaccinés ? Par vraiment, c'est trouver des méthodes pratiques.

1:23
Présentateur

Est-ce que vous aussi vous emmerdez les salariés non vaccinés ?

1:25
Invité politique

Non, justement, on essaie de trouver une cohabitation. C'est pour ça qu'on n'était pas favorable au pass sanitaire en entreprise. Parce qu'au-delà des programmes opérationnels dont on pourra parler, c'est une sorte de déni, d'exclusion de la société. Je ne crois pas qu'on en soit là. Vous savez, il y a des vaccins obligatoires en France. Mais on dit vaccins obligatoires. En fait, en réalité, il n'y a pas de pénalité, d'amende, de sanction de justice. Il y a le fait d'être privé d'un certain nombre de choses. Par exemple, les enfants à la crèche. Priver les gens de travail parce qu'ils ne sont pas vaccinés ne me paraissait pas la bonne solution. Et ça se passe.

Il y a sûrement des cas où ça se passe mal. Mais globalement, en entreprise, on arrive à trouver des solutions.

2:02
Présentateur

On va y revenir. Un mot encore sur le président de la République. Est-ce qu'il est clair pour vous désormais qu'il est candidat à sa réélection ? Ou est-ce que vous avez encore un doute existentiel ?

2:11
Invité politique

Oui, mais c'est à vous de répondre à cette question, pas à moi. Je ne suis pas commentateur politique.

2:16
Présentateur

Vous avez lu le Parisien comme moi.

2:17
Invité politique

Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Oui, je pense. Mais ce n'est pas moi qui suis spécialiste de ce genre de sujet.

2:22
Présentateur

Alors, après le théâtre parlementaire, le fameux pass a été adopté ce matin en première lecture. Il va donc le pass vaccinal remplacer le pass sanitaire pour accéder aux foires, aux salons, aux rencontres professionnelles. C'est une bonne chose, c'est un bon outil.

2:35
Invité politique

Tout ce qui est privation de liberté, globalement, on n'en a pas envie. Mais dans les circonstances actuelles, avec l'incroyable diffusion de ce variant Omicron, c'est la moins mauvaise des solutions. On sait gérer ce genre de choses dans tous les endroits qui reçoivent du public. Ce qu'il faut dire, par contre, c'est que sur les jauges, dans un certain nombre de cas, ça rend l'exploitation pas possible. Par exemple, on rappelle les jauges,

3:00
Présentateur

l'imitation des rassemblements à 2000 personnes en intérieur, à 5000 en extérieur.

3:04
Invité politique

Des concerts à 2000 ou à 5000, ce n'est pas possible économiquement. C'est-à-dire que le coût d'installation, donc, c'est des entreprises, tout l'événementiel, qui vont sur le mois de janvier, février, peut-être mars, énormément souffrir. C'est pour ça qu'on est allé voir Bruno Le Maire lundi. Il a lâché du l'Est. Oui, alors, ce n'est pas le retour du quoi qu'il en coûte, comme je l'ai lu un peu partout. C'est du sur-mesure. Quoi qu'il arrive, ces secteurs qu'on a aidés, qui sont évidemment en grande difficulté, on les aide à passer la vague suivante.

3:36
Présentateur

Parce que vous ne voulez absolument pas le retour du quoi qu'il en coûte, vous ?

3:38
Invité politique

Non, je crois que ce n'est pas une bonne idée. D'abord, est-ce que l'économie se porte en dehors de ces secteurs plutôt bien ? En même temps, ces secteurs de l'événementiel qu'on a aidés, par exemple, leur tirer le tapis sous le pied maintenant, alors qu'on a dépensé beaucoup d'argent pour maintenir ces entreprises à flou, pour maintenir les emplois, ça serait absurde.

3:54
Présentateur

Bruno Le Maire dit par ailleurs que la croissance ne sera pas affectée par le variant Omicron. Êtes-vous confiant pour le moment, Geoffroy Roux de Bézieux ? Et si jamais cette cinquième vague venait à durer, est-ce que la reprise pourrait de fait dérailler ?

4:09
Invité politique

Il y aura un impact sur janvier, ça c'est sûr et certain. Ne serait-ce que parce qu'il y a un petit phénomène d'auto-censure dans la consommation, on va moins au restaurant, on va moins dans les magasins, parce que tout simplement les gens, à juste titre, d'ailleurs limitent leurs interactions sociales. Si ça ne dure que le mois de janvier, on peut être raisonnablement optimiste, les fondamentaux de l'économie française, européenne, sont plutôt bons. Il y a d'autres problèmes dont on pourra parler, mais oui, l'économie se porte bien.

Maintenant, je suis comme vous, s'il y a une sixième vague avec une autre lettre grecque que je ne connais pas encore, voilà, j'ai cette phrase dont tout le monde l'a dit, mais c'est le virus qui décide, et ni vous ni moi, on peut vraiment se prononcer là-dessus.

4:50
Présentateur

Mais la grande désorganisation de la société que craignait le Conseil scientifique avant Noël, est-ce que vous la sentez, est-ce que vous la voyez, est-ce qu'il y a déjà des remontées ou pas du tout ?

4:57
Invité politique

Non, d'abord, moi j'étais un peu, comment dire, surpris par cet avis du Conseil scientifique, parce que, autant je n'ai pas d'avis sur le côté scientifique, autant là on parle d'économie, et je ne crois pas qu'il y aura une grande désorganisation.

5:10
Présentateur

Vous avez été choqué par le terme, c'est ça ?

5:12
Invité politique

Non, pas choqué, mais je pense que c'est quelque chose qu'il ne faut pas faire peur aux Français, de dire qu'il n'y aura plus de pâtes ou de riz dans les supermarchés, on n'en est pas là. Alors moi j'ai interrogé mes adhérents cette semaine, on commence à percevoir un tout petit peu, effectivement, l'impact d'Omicron dans des absences.

5:27
Présentateur

C'est ce que j'allais vous dire, est-ce que vous avez déjà des remontées de l'absentéisme depuis le début de la reprise ? J'aime pas beaucoup ce mot absentéisme,

5:33
Invité politique

mais il y a des arrêts de travail justifiés, ou des, vous savez, les fameux cas contacts. On a changé le nombre de jours, il y a quelques frémissements dans les transports, là j'étais, alors un autre exemple, d'une entreprise d'agroalimentaire en Loire-Atlantique, la moitié de son personnel sur 30 personnes qui est cas contacts ou covidé, mais pour le moment, il n'y a pas une augmentation massive de l'absentéisme. Donc il n'y a pas de désorganisation. Je reste très prudent, parce qu'on sait tous autour de nous, on le voit que la diffusion est quand même absolument spectaculaire.

6:06
Présentateur

Et puis il y a aussi l'obligation de 3 jours de télétravail sur 5 dans les entreprises, où c'est possible, évidemment. Avez-vous là aussi sur ce sujet, déjà des remontées de terrain ? Les entreprises jouent le jeu ?

6:16
Invité politique

Bien sûr, elles jouent le jeu d'air. Je fais citer les propos de Mme Borne, je ne sais pas si c'était ici ou ailleurs. La très grande majorité des entreprises jouent le jeu.

6:25
Présentateur

Qui ne joue pas le jeu, alors ?

6:26
Invité politique

Je ne sais pas. Mais on lui a demandé d'ailleurs, on lui a demandé de nous donner des exemples. Je ne sais pas. Il y a un débat, qui est un vrai débat, sur certains postes sont-ils télétravailables ou pas. Et là, il faut être technique de minutes, on peut travailler à distance, par exemple quand on est dans une agence bancaire, pour prendre cet exemple-là, parce qu'on a accès au compte. Sauf que si vous le faites depuis votre ordinateur personnel à la maison, il y a un problème de sécurité des données. Donc, on peut être travaillable à distance, mais pas télétraviable chez soi. Donc, c'est ce type de débat qu'il y a eu. Mais honnêtement, ce n'est pas le sujet.

Et puis, de toute façon, le télétravail, c'est bien pour limiter les interactions sociales, mais ce n'est pas ça qui va convaincre les non-vaccinés, qui est quand même le sujet numéro un. On en a parlé en début d'interview.

7:10
Présentateur

Donc aujourd'hui, en cette semaine de rentrée, vous dites que quasiment toutes les entreprises appliquent les trois jours de télétravail par semaine.

7:17
Invité politique

Je ne peux pas mesurer, mais je ne vois pas. En tout cas, je ne rencontre pas de patrons qui ne les appliquent pas, et je ne vois pas de problème particulier.

7:24
Présentateur

Un mot sur les sanctions qui sont prévues en cas de non-respect du télétravail, avec une amende administrative qui peut aller jusqu'à 1 000 euros par salarié, dans la limite de 50 000 euros. Ces sanctions, vous semblent-elles, Geoffroy Roux de Bézieux, raisonnables ou disproportionnées ?

7:38
Invité politique

C'est surtout le signal qui a été envoyé. Si vous voulez, ça fait deux ans que les chefs d'emprise se battent aux côtés de leurs salariés pour continuer l'activité économique. Ça s'est plutôt bien passé. Quand même, on sort de deux ans de pandémie, très peu de conflits sociaux. En général, il y a toujours des exceptions, ça se passe dans le dialogue. Et là, la ministre du Travail vient mettre un peu de l'huile sur le feu, en disant, oui, il y a quelques entreprises qui ne jouent pas le jeu. C'est-à-dire, mettre une mesure qui médiatiquement pointe du doigt les entreprises pour justement quelques, entre guillemets, délinquants, ça me paraît de la mauvaise politique.

8:08
Présentateur

Face au rebond de l'épidémie, le gouvernement italien a décidé hier d'instaurer l'obligation vaccinale pour toutes les personnes âgées de plus de 50 ans. Edouard Philippe, hier, disait qu'il était favorable à l'obligation vaccinale. Est-ce que vous avez un avis sur la question ?

8:21
Invité politique

Je l'ai un petit peu dit tout à l'heure, je ne sais pas ce que c'est l'obligation vaccinale. C'est-à-dire, est-ce que c'est une obligation qui, derrière, donne lieu à une sanction judiciaire ou est-ce que c'est une obligation qui donne lieu à l'interdiction de faire un certain nombre de choses ? En fait, si c'est la deuxième solution, on y est déjà. Puisque si vous n'êtes pas vacciné aujourd'hui, enfin, demain, quand le pass vaccinal sera... Vous ne pourrez plus faire un certain nombre d'activités. Et donc, après, c'est l'équilibre...

8:46
Présentateur

Donc, c'est une obligation vaccinale sans le dire, en fait, le pass vaccinal pour vous ?

8:48
Invité politique

Oui, je pense, en réalité. Alors, je ne sais pas ce qui se passe en Italie, mais je crois que c'est la Cour européenne de justice qui a interdit le fait de mettre des pénalités, des amendes ou des sanctions quand on n'est pas vacciné. Vous savez, le vaccin de la rougeole, c'est moins de 80%, autour de 80%. Il est obligatoire, mais tout le monde n'est pas vacciné. Il n'y a pas de sanctions pour autant.

9:07
Présentateur

Venons-en à l'inflation. Elle est à 2,8% au niveau 100 précédents depuis plus de 20 ans. Craignez-vous que cette inflation continue à monter dans les mois qui viennent ?

9:19
Invité politique

Oui, alors, j'étais un peu seul à le dire il y a 3 mois. Alors, je pense qu'on est parti pour une période longue d'inflation à un niveau qu'on n'a plus connu depuis longtemps. Mais il faut relativiser les choses. C'est-à-dire, si on est à 3 ou 4% d'inflation en 2022, les plus anciens d'entre nous, je ne sais pas quel âge vous avez, cher Nicolas, se souviennent quand même qu'on a connu 10, 15% d'inflation. J'ai cet âge-là. Bon, je ne veux pas être...

9:44
Présentateur

Ça veut dire que je fais plus jeune.

9:45
Invité politique

Oui, voilà, c'est ce que j'allais dire. Mais, alors, c'est compliqué à gérer parce qu'on n'en a pas l'habitude. Ça suppose que les entreprises puissent passer dans la chaîne de valeur les prix. C'est vrai en prix public, mais aussi en prix B2C. C'est-à-dire que les sous-traitants puissent facturer plus cher à leur donneur d'ordre. Donc, ça crée des tensions. Mais en soi, 4% d'inflation, 3% d'inflation, ce n'est pas un mal absolu.

10:10
Présentateur

Ce n'est pas un mal absolu, mais quand on regarde sur certains produits, prenez le beurre, par exemple, il a augmenté de 30% le prix du beurre aujourd'hui.

10:17
Invité politique

Oui, alors, dans cette inflation, il y a, je pense, du conjoncturel et du structurel. Il y a des goulots d'étranglement qui brusquement font que certains produits augmentent de manière déraisonnable. Vous avez cité le beurre, il y a eu le prix du bois, il y a des sujets sur les pièces de vélo, etc., etc. Et puis, il y a du structurel. Au cas particulier, moi, j'ai une entreprise qui fabrique des gâteaux au chocolat et quand vous mettez 30% sur le beurre, il faut augmenter le prix du produit final, non pas de 30, évidemment, mais de 3 ou 4%. Mais ce qui arrive déjà,

10:45
Présentateur

les galettes coûtent plus cher, ça commence à monter.

10:48
Invité politique

Je n'ai pas été voir le prix des galettes frangipanes ou brioches, j'ai écouté votre chronique tout à l'heure en venant. Oui, il y a un retour de l'inflation et je pense qu'il est durable, je ne sais pas si c'est pour 10 ans, mais en tout cas, il ne faut pas croire que c'est juste une petite flambée.

11:01
Présentateur

Et donc, il faut que le gouvernement agisse ou pour l'instant, c'est trop tôt ?

11:04
Invité politique

Je crois surtout qu'il faut laisser le marché faire. Il y a des ajustements.

11:10
Présentateur

Parfois, quand on laisse le marché faire, les prix explosent.

11:13
Invité politique

Oui, explose.

11:15
Présentateur

Vous l'avez vécu ?

11:16
Invité politique

Si c'est conjoncturel, ce n'est pas très gênant. Si c'est structurel, il faut s'habituer.

11:21
Présentateur

Vous nous dites que c'est structurel ?

11:22
Invité politique

Oui, mais pour certains produits, c'est conjoncturel, pour d'autres, c'est structurel.

11:26
Présentateur

Face à cette inflation qui monte, se pose la question des salaires. Vous aviez Geoffroy Roux de Bézieux à ce micro, dit que les augmentations de salaires arriveraient début 2022. On y est. Je voudrais citer Léa Salamé, show me the money. Ça y est, alors ?

11:41
Invité politique

Écoutez, vous avez d'abord l'exemple peut-être le plus emblématique, qui est le secteur de la restauration. Théry qui a signé un accord de branche, avec une revélération de tous les minima autour de 10%. C'est un peu plus compliqué que ça, mais en gros, c'est ça le signal, ce qui est significatif.

11:55
Présentateur

Vous parlez de l'hôtellerie-restauration. Pardon, ils gagnaient moins que le SMIC. C'est pas un rattrapage, ce n'est pas une augmentation de salaire.

12:04
Invité politique

Oui et non, mais en tout cas, c'est une augmentation des minima qui rattrape le SMIC. Vous avez, par exemple, les banques qui, ce matin, il y a un article chez un de vos confrères, qui, pour la première fois depuis 10 ans, font des augmentations générales, en plus des augmentations livières. Donc, oui, on y est. Vous trouvez que c'est suffisant ? Pardon, juste pour finir. Après, ça dépend vraiment de la situation des entreprises et des secteurs. Si vous me dites, l'événementiel va-t-il augmenter les salaires ? Non, parce que la situation n'est pas bonne. Mais globalement, on sort d'une bonne année 2021 pour les entreprises, encore une fois, en masse.

Et donc, comme il y a eu deux ans de vache maigre, oui, il y aura des augmentations de salaires.

12:39
Présentateur

Mais vous lancez ce matin un appel à la salaire. Oui, allez-y.

12:43
Invité politique

Juste la dernière chose, il y a eu une très, très bonne année en termes de participation et d'intéressement. Il y avait eu une mauvaise année en 2021 sur l'année 2020. Il y aurait eu une très bonne année en 2022 sur l'année 2021.

12:54
Présentateur

Mais est-ce que vous lancez ce matin à notre micro un appel à la responsabilité des chefs d'entreprise ? Est-ce que vous dites au patron allez-y, augmentez les salaires, l'économie va bien, il faut que les gens le ressentent ?

13:04
Invité politique

Mais ils n'ont pas besoin de moi pour ça. C'est ce qu'ils font.

13:08
Présentateur

Pardon, quand on voit le niveau des salaires par rapport à nos voisins européens, on peut se demander.

13:11
Invité politique

Vous me parlez d'augmentation, pas de niveau. On est en train de... C'est ce qui est en train de se produire. Je vous l'avais dit il y a trois mois, c'est en train d'arriver. Vous m'avez dit showmise, elle est en train de se produire. Mais il y a un autre point qui est assez fondamental, c'est que le marché du travail s'est retourné en termes d'offres et de demandes. Aujourd'hui, dans beaucoup de secteurs, il y a des pénuries de récrutement. Alors, on se plaint du marché très souvent, peut-être à tort, peut-être à raison. Mais aujourd'hui, dans un nombre de secteurs, c'est...

Je ne veux pas dire que c'est le salarié qui fixe son salaire, mais si vous êtes consultant en informatique, vous êtes dans une position... Alors, ce n'est pas le cas de tout le monde. Donc, de manière structurelle, la baisse du chômage a un effet favorable, évidemment, sur les salaires.

13:51
Présentateur

Quel secteur reste en tension ? Quels sont les secteurs où on cherche encore beaucoup de main d'oeuvre et on n'en trouve pas ?

13:56
Invité politique

Je vais vous faire la réponse à l'inverse. Quels sont les secteurs qui n'ont pas de tension ? Moi, je ne rencontre que des chefs d'entreprise qui ont des problèmes de recrutement. Les seuls qui n'ont pas de problème de recrutement, c'est ceux qui ne recrutent pas. J'ai fait beaucoup de tournées terrain sur le mois de décembre. Tous les secteurs, toutes les tailles d'entreprise, toutes les géographies sont en difficulté de recrutement. Il y avait les métiers en tension, ce qu'on appelait les métiers en tension, traditionnellement, le bâtiment, la restauration. Aujourd'hui, c'est généralisé.

14:24
Présentateur

Il n'y a plus un secteur qui ne cherche pas à recruter.

14:27
Invité politique

Tous ceux qui vont bien et qui ont besoin de recruter ont des difficultés de recruter. Ils ne trouvent pas. Ils ont du mal à recruter.

14:34
Présentateur

Du coup, Nicolas, quand vous entendez certains candidats à l'élection présidentielle, je pense à Eric Zemmour notamment, qui dit qu'il faut un schéma d'immigration zéro, qui dit qu'il faut fermer les frontières zéro immigration, qu'est-ce que le patron du MEDEF, comment il réagit à cette question ? Je ne dirais pas sur un point de vue moral, mais sur un point de vue économique.

14:54
Invité politique

Alors, j'allais vous dire, il y a un sujet d'unité nationale, d'intégration, etc., qui n'est pas le mien en tant que patron du MEDEF, en tant que citoyen, oui, mais je ne suis pas là en tant que citoyen. Sur le plan strictement économique, on est à 7% de chômage. Quand on va arriver, dans certaines régions, on y est déjà à 4% de chômage, et si on veut continuer à faire de la croissance économique, oui, on a un problème d'imaginer qu'on n'est pas de main-d'oeuvre étrangère. Après, il faut trouver le bon équilibre.

Nous, ce qu'on sait faire, au fond, les chèdons, et j'ai envie de vous répondre comme ça, c'est que si le pouvoir élu décide qu'il y a un quota d'immigration par an, alors notre job à nous, c'est de les intégrer. Il n'y a pas une meilleure façon de s'intégrer dans un pays que d'y travailler. Parce que vous payez vos impôts, vous payez des cotisations, vous apprenez la langue, etc.

15:39
Présentateur

Dans un schéma d'immigration zéro, Éric Zemmour dit que des travailleurs français seraient contraints de travailler dans des secteurs comme le bâtiment, qui emploie beaucoup de main-d'oeuvre étrangère, et que ça obligera de fait les employeurs à mieux rémunérer ces emplois-là. Que pensez-vous du raisonnement ou de l'argument ?

15:57
Invité politique

C'est un petit peu ce qu'essaye de faire Boris Johnson en Angleterre, puisque vous savez qu'il a fermé. Alors, c'est des frontières intra-européennes essentiellement. Et aujourd'hui, en Angleterre, il y a plus d'un million d'emplois qui ne sont pas pourvus. Et là, ça commence à peser sur la croissance, sur la création de richesses du pays. Donc, je ne suis pas sûr que ce soit la bonne solution.

16:17
Présentateur

On file au standard sur la question des salaires au sens large. Je salue Bernadette. Bonjour, bienvenue. Bonjour. On vous écoute.

16:25
Invité

Voilà. Bonjour à France Inter. Meilleur voix à tout le monde. Merci. Petite question à M. Geoffroy Roux-de-Bézieux. Comment se fait-il que, puisque l'économie se porte plutôt bien, je vous cite, monsieur, des gens de classe moyenne, par exemple, moi, je ne sais pas, moi, des gens, des plombiers, des électriciens qui sont salariés, des ambulanciers, des gens, des infirmières libérales, que ces gens-là, dans certaines régions de France, en tout cas dans les rots, n'arrivent pas à joindre parfois les deux bouts ? Ils ne profitent d'aucune aide. Aucune, ça c'est clair. Ils paient des impôts.

Eh bien, croyez-moi, en ce moment, augmentation des loyers et augmentation de produits alimentaires, j'en passe et des meilleurs,

17:07
Locuteur

puis que tout suit.

17:08
Invité

Comment se fait-il, donc, que du fait que tout se porte plutôt bien, du moins que l'économie va bien et c'est à mieux, ces gens-là sont en train de pâtir ? Je vous assure que la France de ces gens-là, ces classes moyennes, je les vois, je les écoute, j'attends vraiment votre réponse. Merci.

17:26
Présentateur

Merci Bernadette pour cette question. Geoffroy Roux de Bézieux.

17:29
Invité politique

Oui, c'est une question difficile parce que c'est la différence entre les statistiques de pouvoir d'achat, l'INSEE dit, la France, je crois, c'est un quelque chose, 1,2 je crois, l'année dernière, et le vécu des gens qui ont l'impression, effectivement, entre guillemets, de ne pas pouvoir joindre les deux bouts et d'avoir, finalement, le reste à dépenser en fin de mois très très faible. Je pense qu'il y a un sujet logement énergie qui est sous-estimé dans notre pays.

C'est-à-dire, le prix de l'énergie de manière structurelle va continuer à augmenter à cause du changement climatique et le coût du logement, alors, elle parlait de l'héros, moi, je pense que les gens qui soufflent le plus, c'est dans les métropoles parce que le coût du logement est événement plus fort. Nous, à notre échelle, qu'est-ce qu'on peut faire ? Augmenter les salaires, ce qui est en train de se produire, mais ça ne suffira pas. C'est-à-dire qu'il y a aussi le sujet de à quel moment on touche des aides, à quel moment on les perd et l'écart entre les deux. C'est un problème plus collectif que celui des entreprises seules, me semble-t-il.

18:22
Présentateur

Hervé Ostandard, bonjour. Bonjour. On vous écoute.

18:27
Invité

Je suis petit patron de deux petites entreprises et je vais vous poser une question. Je ne comprends pas pourquoi vous avez refusé, allié avec les syndicats de salariés, l'instauration d'un pass sanitaire à l'entrée du travail dans les entreprises. Pourquoi est-ce qu'on demande un pass sanitaire quand on va au cinéma passer deux heures et qu'on ne va pas le demander aux entreprises où on va passer sept ou huit heures ? Est-ce que vous ne pensez pas qu'en prenant cette position, vous avez une attitude aussi peu citoyenne que celle des antivax ?

18:55
Présentateur

Merci Hervé pour cette question franche et nette. Je crois que vous êtes ici.

18:58
Invité politique

Je vais vous dire la vérité. On a eu un débat au sein du MEDEF là-dessus parce que tout le monde n'était pas et il y a des gens qui, comme Hervé, avaient exactement la même position. Simplement, je l'ai un petit peu expliqué, le pass sanitaire, c'est soit vous êtes testé, soit vous êtes vacciné. Et comme on ne pouvait pas savoir parce qu'il y a le secret médical pour le salarié, ça veut dire qu'il faut contrôler tous les matins le pass sanitaire dans toutes les entrées. Ça pose des problèmes sur les salariés nomades, ça pose des problèmes sur des établissements multiples et donc, de manière opérationnelle, ce n'était pas le bon système.

19:30
Présentateur

Karine précise la question de notre auditeur, Karine, sur l'application France Inter. Pourquoi les restaurants d'entreprise ne sont pas soumis au pass sanitaire ? Dans mon entreprise, 800 personnes sont brassées chaque jour. Par ailleurs, elle vous pose une deuxième question. Peut-on demander à l'employeur des masques FFP2 si on travaille avec des non-vaccinés ?

19:47
Invité politique

Alors, c'est deux questions très différentes. Sur la première, nous, on n'est pas défavorable au fait que le pass sanitaire, que les règles de restauration collective soient alignées sur les règles de restauration commerciale. Ça serait assez logique. Donc,

19:58
Présentateur

vous êtes pour le pass sanitaire à l'entrée à la campagne ?

20:00
Invité politique

Quand il y a des grands établissements, il faudrait à ce moment-là supprimer les distances puisque vous avez les distances aujourd'hui qui sont un peu l'équivalent entre guillemets. Sur les masques FFP2, la loi n'y oblige pas mais je pense que c'est une mesure de bon sens de dire... Si je parlais de l'exemple de la PME où il y a une personne non vaccinée, en fait, on ne le sait que dans les petites entreprises parce que les gens se parlent.

20:22
Présentateur

Alain, au standard. Bonjour Alain. Oui, bonjour. Et bonne année à tous. On vous écoute.

20:29
Invité

J'ai eu l'occasion de travailler à Marseille dans une compagnie maritime, la Troisième Mondiale. Donc, ça parle à tout le monde. Et je peux vous dire qu'avant le Covid, il y a eu des services entiers de délocaliser au Pakistan, en Inde, en Europe de l'Est. Et le Covid, aujourd'hui, fait que les gens sont en télétravail. Mais je pense que le Covid a bon dos. Et j'espère, je souhaite de tout cœur pour mes collègues qui travaillent encore, de rester travailler à Marseille et non pas être se retrouvé sur le carreau.

20:54
Présentateur

Merci Alain pour cette question. Télétravail, autre forme de la délocalisation d'un certain nombre de services et en substance qu'il disait ?

21:06
Invité politique

Oui, ça ne date pas du Covid. Il y a des centres d'appel en Inde ou en Afrique. Moi, je constate simplement que c'est quand même en train de se... soit de se ralentir, soit même de se retourner parce que la qualité de service est quand même compliquée à gérer. Il n'y a pas un mouvement massif de relocalisation, mais en tout cas, le Covid a plutôt arrêté les choses et on se repose des questions. C'est vrai pour les services, c'est vrai aussi pour l'industrie. Les pénuries dont vous parliez, elles montrent aussi qu'on ne peut pas dépendre complètement de l'étranger.

21:37
Présentateur

Encore une question sur le sanitaire. Deux réactions, en fait, sur l'appli. Audrey, concernant le télétravail, le MEDEF représente les grands patrons. Il a peut-être raison en disant que beaucoup respectent la règle du télétravail parce qu'il y a beaucoup plus de contraintes dans ces entreprises-là. C'est vraiment une autre histoire dans les petites et les moyennes entreprises et les TPE. Écureuil, il s'est fait appeler comme ça, je suis dans un groupe régional, presque personne ne télétravaille chez nous, peut-être à Paris, mais pas en province. Voilà.

22:03
Invité politique

Alors, juste, le MEDEF n'en présente pas les grands patrons. 47 salariés par entreprise en moyenne. Mais bon, au-delà de ça, je ne sais pas quoi répondre parce que, si vous voulez, on n'a pas de statistiques mesurables. Aujourd'hui, il faudrait avoir un système de contrôle qui n'est évidemment pas souhaitable. Moi, simplement, ce que je peux vous dire, c'est que les remontées que j'ai de toutes les branches sont plutôt qu'on est en train d'appliquer la loi. Voilà. Alors, il y a forcément des exceptions sur lesquelles je ne peux pas commenter particulièrement.

22:32
Présentateur

Michel au standard. Bienvenue. Bonjour. Oui, bonjour. Et meilleurs voeux à tous. À vous aussi.

22:38
Invité

Donc, moi, je voulais... Je m'aperçois que de jour en jour, l'indice CAC 40 bat des records. Et malheureusement, les cas positifs d'Omicron battent aussi malheureusement des records. Donc, j'aimerais demander à M. Roux de Bézieux s'il n'a pas le sentiment que l'économie a gagné par rapport à la santé. Voilà.

22:56
Présentateur

Merci pour cette question. Geoffroy Roux de Bézieux vous répond.

22:59
Invité politique

Je comprends que le symbole puisse interroger. Le problème de la bourse, c'est que la bourse, elle anticipe un an et demi, deux ans à l'avance. Donc, la bourse, elle s'installe dans le post-Covid et elle, comme ce que je disais tout à l'heure, c'est-à-dire qu'elle pense que l'économie est à des fondamentaux solides et que la reprise est là.

Alors, c'est vrai qu'entre le quotidien des Français qui sont confinés, enfin, pas confinés, mais empêchés d'aller là où ils veulent, qui sont victimes ou sujets au Covid et ce symbole du CAC 40, je comprends la difficulté à percevoir, mais d'une certaine manière, ça montre simplement que l'avenir est plutôt positif, en tout cas anticipé par les marchés mondiaux.

23:38
Présentateur

Quand vous voyez la valorisation boursière d'Apple atteindre les 3 000 milliards de dollars, Microsoft, 2 420 milliards de dollars, 1 880 milliards de dollars pour Google, quelle est votre réaction et peut-être aussi votre analyse ?

23:57
Invité politique

Deux choses, j'aurais bien aimé que Bill Gates ou Steve Jobs soient français, parce que si le siège d'Apple était en France, si le siège de Microsoft était en France, on aurait une économie française beaucoup plus prospère, il y aurait d'ailleurs plus payé d'impôts en France au passage, ou en Europe. Bon, ce n'est pas le cas, les Américains ont cette capacité à produire des champions mondiaux et la deuxième chose, c'est que dans les deux cas, on est face à des quasi-monopoles mondiaux. Quand je dis quasi-monopole, ce n'est pas un monopole de fait au sens, je ne sais pas quoi, la SNCF, enfin, dans l'occurrence, c'était un monopole, ça ne l'est plus.

Et que ça pose un problème sur, finalement, comment la concurrence, et notamment européenne, peut faire face. Nous, on a soutenu au MEDEF l'impôt qu'a mis en place Bruno Le Maire sur les GAFA. Et c'est quand même assez rare que MEDEF soutienne un impôt, en général. Mais c'est une question d'égalité de concurrence. Je pense que le numérique pose un problème de fond qui ne se pose pas dans d'autres marchés, je ne sais pas, l'automobile, etc. C'est que ça crée des monopoles.

24:54
Présentateur

Et il y a un problème d'innovation ici par rapport à ces entreprises que je viens de citer. Oui, le marché, les Etats-Unis,

25:00
Invité politique

c'est un pays extrêmement dur, très dur pour les gens qui ne réussissent pas, mais qui permet des innovations absolument incroyables. Est-ce qu'on peut arriver en Europe à faire la même chose sans avoir le côté dur des Américains, dur au sens pour les populations ? Je ne sais pas. C'est la grande question. J'entendais Mme Van Halen à votre micro tout à l'heure. Je pense que c'est le grand défi de l'Europe au-delà du changement climatique.

25:24
Présentateur

Dernière question. Il y a un thème qui commence à monter dans la campagne présidentielle parce qu'il n'y a pas que le Covid. C'est la question sur l'héritage et les transmissions de patrimoine. Dominique Seux en parlait dans son édito. Emmanuel Macron s'est exprimé hier sur le sujet en disant qu'il faudra améliorer les choses dans le sens de faciliter les transmissions. C'est clairement une position défendue qui veut qu'un père ou une mère puissent donner 100 000 euros je crois tous les 6 ans à leur enfant. Même chose pour les grands-parents. Ça va dans le bon sens ça ou ça va accroître les inégalités ?

25:59
Invité politique

Moi je ne vais pas commenter Dominique Macron j'ai commenté Dominique Seux. Dominique Macron. Vous avez dit Dominique Macron. Emmanuel Macron. Le problème en France c'est que l'héritage est plutôt taxé. Il ne faut pas le taxer plus. Mais on a un problème sur les entreprises. On a besoin d'entreprises familiales parce que c'est celles qui résonnent au plus long terme. Ce n'est pas la bourse les entreprises familiales. C'est en général je pense à 10, 20, 30 ans. Et c'est elles qu'il faut préserver plutôt que d'autres héritages.

26:23
Présentateur

Donc il faut faciliter les transmissions familiales d'entreprises familiales. C'est ce que vous dites. Et pas forcément les transmissions de nations. Des autres biens. Merci Geoffroy Roux de Bézieux. Merci à vous. Président du MEDEF d'avoir été à notre micro ce matin. La revue de presse à suivre.