L'invité de Bourdin Direct : Yannick Jadot - 26/06
Audio original de l'émission.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:11OuverteRéponse directe
Est-ce que nous négligeons les gestes barrières ?
- 3:49OuverteRéponse directe
Second tour des municipales dimanche. Vous vous attendez à un succès ?
- 5:20OuverteRéponse directe
Vous allez vous imposer, quel est votre objectif ?
- 6:12RelanceRéponse directe
Ça veut dire que vous devenez le leader de la gauche ?
- 10:12OuverteRéponse directe
Quand vous voyez les alliances LREM-LR, vous dites quoi ?
- 11:04FerméeRéponse directe
Au Havre, vous voteriez pour qui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 9:31PrésentateurChiffre
« Vous avez vu Bayer Monsanto, il va donner 10 milliards de dollars pour les victimes du round-up du glyphosate. »
- 9:56PrésentateurFait
« On a augmenté les quantités utilisées. »
- 11:24PrésentateurFait
« Quand aujourd'hui, on met en danger EDF, on met en danger notre service public de l'électricité à cause du nucléaire. »
- 11:32PrésentateurChiffre
« EDF a un projet de faire encore des EPR, ces prétendus nouveaux réacteurs qui nous coûtent 10 milliards de trop sur 10 ans de trop. »
- 11:49PrésentateurChiffre
« On prétend vendre aux Britanniques de l'électricité à 110 euros le mégawatt-heure, sorti des réacteurs. »
- 15:57PrésentateurChiffre
« C'est 750 citoyens qui, en 9 mois, ont travaillé avec beaucoup de bon sens. »
- 16:52PrésentateurChiffre
« Votre logement, il est isolé et que vous consommez 5 à 600 euros de moins d'énergie par an. »
Temps de parole
- Présentateur100 %
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Vous écoutez RMC. RMC, 6h-9h. Bourdin Direct. Jean-Jacques Bourdin. Dans notre groupe, les salariés de Next Radio TV ont voté massivement hier pour une reprise de la grève. Jusqu'à lundi 9h, après des propositions jugées insuffisantes par l'intersyndical sur l'ampleur des réductions d'effectifs au sein de Next Radio TV. Il y a des conséquences évidemment sur l'antenne, sur les antennes RMC, RMC Découverte, BFM TV, toutes les antennes de BFM qui sont perturbées. Vous voulez apporter un commentaire ? Déjà, de tout cœur, avec les grévistes, vous êtes quand même un réseau d'informations, y compris d'informations locales. C'est essentiel pour la démocratie.
On a vécu depuis deux ans les gilets jaunes, les grèves de la SNCF, les tensions dans la société. Évidemment, la crise du Covid, vous avez été sur le pont matin, midi et soir. Ça fait beaucoup de personnes qui ne sont pas récompensées pour cet extraordinaire investissement. Donc, je pense particulièrement, pardonnez-moi, aux pigistes, aux intérimaires. Je sais que dans ce métier, c'est un statut qui est terrible et qui peut durer de très, très, très nombreuses années. Le Covid-19. Mais ça renvoie aussi à quand il y a un plan social dans l'industrie, ça fait la une des journaux et c'est légitime.
Quand il y a un plan social dans les services où travaille une grande majorité de nos concitoyens, souvent, ce n'est pas la même actualité. Quelque part, on ne fait pas attention et ça dit aussi... On parle de Renault et on ne parle pas d'une entreprise de nettoyage, par exemple. Ça dit peut-être aussi la baisse de la protection dans les services parce qu'ils sont sacrément bousculés. Oui, bien. Covid-19, augmentation du nombre de cas d'en 11 pays d'Europe, l'OMS s'inquiète. Est-ce que nous négligeons les gestes barrières ? Est-ce que vous-même, vous avez l'impression de négliger les gestes barrières ?
Il y a eu incontestablement une envie de retrouver une vie normale une fois qu'on s'est déconfiné. Il y a le soleil, on a envie d'être au restaurant, on a envie de voir un verre de vin avec ses amis. Donc, il y a pu y avoir une baisse de la tension. Mais quand je prends le train, tout le monde a le masque. En gare, tout le monde a le masque. Il y a du gel hydroalcoolique à peu près partout. Et puis, il faut voir aussi qu'il y a toute une jeunesse qui est finalement assez peu touchée par le drame sanitaire que nous avons vécu. Les images vous ont surpris, choquées. Enfin, choquées, ce mot est employé maintenant à ton propos.
Pas choquées, parce qu'évidemment, il y a un côté, il faut être extrêmement vigilant, il faut continuer à être vigilant. Mais quand je vois cette jeunesse qui est restée confinée longtemps, qui est peu touchée par la pandémie en termes de drame sanitaire, à qui on dit, en fait, maintenant, en plus, tu n'auras pas de boulot. Là, les canicules ont redémarré. Tu vas te prendre le dérèglement climatique toute ta vie. Quand je vois des enfants qui, à peine, reprennent l'école, ne peuvent pas jouer dans les cours de récré, parce qu'il y a la pollution de l'air.
Je me dis qu'on a à la fois une jeunesse qui en prend plein la gueule, pardonnez-moi, et qui aspire à vivre, parce que la jeunesse, c'est aspirer à vivre. Donc, il faut être vigilant, mais il faut aussi être bienveillant vis-à-vis de ces jeunesses. Yannick Jadot, second tour des municipales dimanche. Vous vous attendez à un succès. Est-ce que vous attendez à un large succès des listes Europe Écologie Les Verts, ou des candidats soutenus par Europe Écologie Les Verts ? Partout où je vais dans le pays, je sens une incroyable aspiration populaire à transformer la ville, à se réemparer de sa vie, parce que ça existait déjà avant la pandémie.
Mais on a vu que pendant toutes ces pandémies, la question de l'alimentation et de l'agriculture, la question des transports, la question de la densité ou la moindre densité de la ville, les espaces verts, la question de notre rapport au travail, tout ça a aussi évolué. Et je vois une aspiration à la transformation, mais une transformation extrêmement rigoureuse, extrêmement sérieuse. Partout, j'ai rencontré de nombreuses entreprises. Une entreprise formidable, encore à Montpellier il y a quelques jours, Prédict, qui est une entreprise française qui aide les maires à l'échelle locale à prévoir les inondations.
Vous êtes du sud, vous avez vu qu'il y a 10-12 jours, il y a eu un événement Cévenol, il serait tombé sur Montpellier, ça pouvait être une catastrophe. Donc on a ce dérèglement climatique, on a cette volonté de solidarité, de bienveillance entre nous, de mieux vivre la ville, et il y a ce logiciel écologiste, ce logiciel écologique qui est social, qui est en train de s'imposer, et c'est une belle et grande nouvelle pour notre démocratie. Vous allez vous imposer, quel est votre objectif ?
Franchement, je vois une formidable dynamique à Lyon, à Marseille, et évidemment à Grenoble, à Besançon, à Tours, à Metz, à Lille, je l'ai dit, à Montpellier, et à chaque fois que je cite toutes ces villes, j'en oublie d'autres. Mais il y a cette... Encore une fois, on est dans un moment politique extrêmement dur, extrêmement dur. Un tournant politique ? On est dans un tournant politique où, finalement, la société constate qu'on veut la vie d'avant, mais on ne veut pas le système d'avant. On parle de tournant politique. Et donc il faut transformer.
Parce que dimanche soir, ou lundi, ou mardi, imaginons que, Europe Écologie et les Verts, que les écologistes prennent la tête de la direction de plusieurs grandes villes de France. C'est un tournant politique. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous devenez le leader de la gauche ? Ça veut dire que les écologistes deviennent la première force de gauche, leader de la gauche ? Ça veut dire que tout tournera autour de vous ? Ça veut dire que l'écologie recompose le paysage politique. En 2017, Macron recompose le paysage politique autour de lui. Aujourd'hui, le macronisme a été aspiré par la droite.
La bonne nouvelle démocratique, c'est qu'aujourd'hui, le paysage politique se recompose autour d'une espérance, autour d'un projet, autour de solutions concrètes pour les entreprises, pour les déplacements, pour l'alimentation, pour les services publics de proximité, pour la démocratie. Il y a aussi une aspiration dans les villes à renouveler les équipes. Mais politiquement, c'est qu'il y a une force du renouveau dans ce pays. Parce que si dimanche, on a... Mais c'est un séisme à gauche, bien sûr. Mais pas simplement à gauche. Pour ce pays, il faut que ce soit un séisme. J'allais vous poser la question. Mais pas un séisme, parce que séisme, c'est négatif.
Il faut que ce soit une mobilisation pour ce pays. Un bouillonnement, un bouillonnement... Imaginez, mais imaginez... Paris, Lyon, Marseille, Montpellier, Toulouse, Nantes, Rennes. Ce n'est pas que les écologistes qui sont, qui tirent. Mais tous et toutes le font autour de l'écologie. Et moi, ces forces du renouveau qui se rassemblent dans ce beau projet pour conquérir le pouvoir, pas pour l'occuper, pour l'exercer, pas pour l'acquérir, pour le rendre aux citoyens. Ce serait un vrai tournant politique. Ça serait un magnifique tournant politique. C'est-à-dire que plus rien ne se fera à gauche et même au-delà sans vous.
Vous serez au cœur le pivot de tout espoir futur pour la présidentielle, par exemple. Plus rien ne se fera sans l'écologie, parce qu'on a les canicules, parce que quand j'étais à Montpellier, on en plaisantait presque tellement c'est dramatique. S'il faisait très très chaud et on se disait, notre référence n'est plus Sahara, c'est la Sibérie. Vous vous rendez compte que dans le cercle polaire, il fait près de 40 degrés. Tout ça est aberrant, tout ça va percuter nos modes de vie. Et la bonne nouvelle, c'est que l'écologie arrivant au pouvoir crée de l'emploi. Elle dynamise le tissu économique. Je vais en parler. Elle booste toutes les PME et les artisans du territoire.
C'est ça la bonne nouvelle. Mais que doit faire Emmanuel Macron mardi ? Il va prendre des décisions après la convention citoyenne. J'espère. La convention citoyenne. J'espère. On a des citoyens. C'est un mandat qui lui a été donné. C'est ce que dit Nicolas Hulot. Absolument, il a raison. Les citoyens lui ont donné un mandat. Il a parfaitement raison. Quel mandat ? On en discutait encore avec Nicolas hier. C'est extraordinaire. Vous avez des citoyens tirés au sort qui, pendant neuf mois, en plus de leurs activités, en plus de leurs métiers, se sont convertis à l'écologie. Ils l'ont fait en responsabilité.
Et d'ailleurs, je trouve que le mépris affiché par certains responsables politiques sur ces citoyens qui ne seraient pas à leur place parce qu'ils s'occupent de ce qu'est leur vie et de celle de leurs enfants, je trouve ça indigne. Mais ces citoyens se sont convertis à l'écologie en neuf mois. Et bien moi, j'attends du président de la République, qui est en fonction depuis trois ans, qu'il commence aussi à se convertir à l'écologie. Il ne l'est pas. Vous avez vu Bayer Monsanto, il va donner 10 milliards de dollars pour les victimes du round-up du glyphosate.
En novembre de cette année, on arrive à l'échéance fixée par le président de la République pour éliminer le glyphosate de notre agriculture. On a augmenté les quantités utilisées. D'un côté, un groupe qui compense, paye pour les cancers générés par le glyphosate. Et de l'autre, un président de la République qui ne tient pas ses promesses. Oui, il faut renouveler les équipes. Bien, Yannick Jadot, quand vous voyez les alliances La République En Marche LR, par exemple à Lyon, mais pas qu'à Lyon, à Bordeaux ou à Strasbourg, vous dites quoi ? Vous dites que c'est un combat contre l'écologie ? Oui. Qu'on est en train de créer un front anti-écologie ?
On a un front républicain contre le Front National, contre le Rassemblement National, même si à Perpignan, on voit quelques candidats en marche qui ont rejoint à Lyon. C'est dramatique et on a aujourd'hui un front du déclin contre le climat qui ne cesse dans les discours, quand ils sont sur votre plateau, de dire oui, il faut des villes respirables, oui, il faut de la nature. Et en fait, quand il s'agit de passer aux actes, ils ne se rangent pas du côté de la société en mouvement, ils se rangent du côté des lobbies qui veulent nous engluer dans un vieux monde. Au Havre, vous voteriez pour qui ? Vous voteriez pour le communiste Lecoq ou vous voteriez pour Édouard Philippe ?
Pour le communiste Lecoq. Même s'il est pro-nucléaire, même si... Je pense qu'il y a une aspiration à transformer cette ville, bien sûr. Même s'il est pro-nucléaire. Je vais revenir sur le nucléaire. Écoutez, vous savez, mon combat sur le nucléaire, il est simple. Quand aujourd'hui, on met en danger EDF, on met en danger notre service public de l'électricité à cause du nucléaire. Vous savez que EDF a un projet de faire encore des EPR, ces prétendus nouveaux réacteurs qui nous coûtent 10 milliards de trop sur 10 ans de trop. Ils veulent en faire deux autres en Grande-Bretagne.
Vous vous rendez compte qu'on va vendre aux Britanniques, on prétend vendre aux Britanniques, de l'électricité à 110 euros le mégawatt-heure, sorti des réacteurs. Quand l'éolien offshore, qui crée tellement d'emplois, enfin, à Montoir, à Saint-Nazaire, dans beaucoup de villes françaises, ça sort à moitié prix du nucléaire. On a un potentiel excellent. On a les meilleurs ingénieurs du monde en énergie. On a des boîtes partout qui ont le pied à l'étrier, qui peuvent engager des dizaines de milliers de salariés, avec de la valeur ajoutée sur tous nos territoires.
Comment on peut encore faire le choix d'une énergie risquée, qui est aujourd'hui très chère, contre des énergies citoyennes qui créent beaucoup d'emplois ? Un mot, quand même, un mot sur les engagements de vos candidats. Et que je regardais à Lyon, le candidat veut interdire les congrès internationaux. C'est intelligent, franchement ? Est-ce que c'est raisonnable ? Je vous pose la question. Je n'ai pas vu cette proposition. Je vous le dis. Je n'ai pas vu cette proposition. Je la regarderai. Ils ont un raisonnement. Partagé ou pas ? Je crois que je la regarde. Parce que j'ai du mal à croire que tous les centres de congrès qui existent à Lyon vont devenir vides. Je ne crois pas à ça.
Mais je regarderai. Vous n'espérez pas. Nous devons continuer à faire de nos villes des villes attractives, économiquement, qui boostent la dynamique des entreprises. Et à chaque déplacement, vous savez, les candidats et les candidates me font rencontrer des entreprises. Yannick Jadot, justement. Elles ont envie de bouger. La convention sur le climat. Oui. Les propositions. Est-ce que ce n'est pas de la décroissance annoncée ? Ah non ? Non. Ah non, je vous dis ça comme ça. Mais décroissance. Vous savez, il y a de belles décroissances. Moi, j'ai un combat. C'est la décroissance des inégalités dans notre pays. Ça mine notre pays. J'ai un combat.
C'est la décroissance des maladies générées par la pollution. La décroissance du CO2. On a un grand projet européen potentiel. Sortir notre économie du carbone. Ça booste. Je l'ai dit cent fois. Quand je discute avec le patron de la CPME, M. Asselin, donc la Confédération de l'INVME, aujourd'hui, on est presque sur le même discours. Il dit qu'il faut investir à l'échelle des territoires. Oui, il faut investir sur les secteurs riches en emploi. Oui, et regardez cette convention citoyenne qui est parfois moquée. Qu'est-ce qu'elle dit avec beaucoup de bon sens ? Eh bien, sur l'investissement, l'aide publique à la rénovation.
Eh bien, elle doit se focaliser sur les plus vulnérables, aider tout le monde, mais se focaliser sur les plus vulnérables. Est-ce qu'il faut réduire la consommation ? Non. Ça dépend de la consommation. Oui, ça dépend laquelle. La réduction du temps de travail. Vous êtes content qu'il n'y ait pas de réduction, pas de proposition de réduction du temps de travail ? Je pense que, vu la crise sociale dans laquelle nous sommes, il faut ce projet-là, qui est un projet de civilisation, ce projet-là n'est pas un projet d'actualité. Aujourd'hui, il faut trouver du boulot pour le potentiel 1 million de chômeurs supplémentaires, sur 700 000 jeunes. Donc, une croissance verte. Donc, une économie verte.
Il faut absolument booster tous les secteurs qui créent de l'emploi et qui nous font du bien. Vous savez, je ne sais pas si vous avez vu cette tribune de 600 étudiants de l'aéronautique. 600 étudiants de l'aéronautique, notamment de Toulouse. Ils disent quoi ? Leur rêve, c'est l'avion. C'est cette liberté qu'apporte l'avion, cette technologie de l'avion. Qu'est-ce qu'ils disent ? Ils disent, nous savons, et c'est notre responsabilité, de réduire le trafic aérien. Nous avons la responsabilité de reconvertir une partie de l'industrie aéronautique vers les énergies renouvelables, vers le ferroviaire, que notre gouvernement est totalement en train d'abandonner.
Je trouve que cette responsabilité de notre jeunesse, de ces ingénieurs de l'aéronautique, elle est formidable. On doit la suivre. Enfin, rien sur la taxe carbone, j'imagine que vous le regrettez. Rien sur le nucléaire, j'imagine que vous le regrettez. C'est 750 citoyens qui, en 9 mois, ont travaillé avec beaucoup de bon sens. Moi, quand j'entends une infirmière dans les zones rurales qui dit aujourd'hui, on ne peut pas se passer de la bagnole, mais il va falloir quand même revenir sur la voiture solo, c'est-à-dire se déplacer seule dans sa voiture.
Quand je vois ces citoyens dont on nous a dit que leur seul désir caricaturé par des responsables politiques, irresponsables, c'était d'avoir des centres commerciaux en périphérie. Il faut la rétablir ? Il faudra une taxe carbone. Il faut mettre un prix au carbone. si on veut éviter le dérèglement climatique. Mais ce qu'ont toujours dit les écologistes, c'est que notamment pour les plus vulnérables, compensez euros par euros. Et c'est plus qu'une compensation euros par euros parce que ça veut dire que vous avez plus de transports collectifs. Ça veut dire que votre logement, il est isolé et que vous consommez 5 à 600 euros de moins d'énergie par an. Et l'été, c'est 4 à 5 degrés en moins.
Et ça, c'est formidable. Bien, sortons de l'écologie, Yannick Jadot. Je voudrais vous parler de cette manière peut-être de revisiter notre histoire. Je ne sais pas ce que vous en pensez, vous allez me dire. Déboulonner des statues. Est-ce qu'on ne déboulonne pas notre histoire en déboulonnant des statues ? Franchement, quelle est votre position ? Je pense qu'il faut, on voit là, une forme de conflit entre l'histoire, telle qu'elle s'est déroulée, dans les contextes de l'histoire et la mémoire, et notamment la mémoire des victimes. Repenser, par exemple, la Troisième République, simplement avec le regard d'aujourd'hui, c'est aberrant. La Troisième République, c'est l'école.
C'est la fortification de notre pacte républicain. Mais c'est aussi cette abomination qu'a été le colonialisme. Et si on dit simplement tous ceux qui ont participé à la Troisième République sont des colonialistes insupportables qu'il faut rayer de l'histoire, c'est une faute politique, c'est une faute historique. Mais notre histoire, et notamment la façon dont on met en scène l'histoire, avec les noms de rues, avec les statues, elle peut évoluer. Il n'y a pas de raison que, d'une certaine façon, une statue soit là pour l'éternité. Il se passe en permanence des choses. Moi, je regrette qu'il n'y ait pas assez de noms de femmes dans les rues.
Je regrette qu'il n'y ait pas assez de noms de victimes. On ne peut pas être simplement sur des héros qui sont simplifiés, ils ne sont qu'héroïques, sortis de la complexité de leur histoire, sortis de leur complexité individuelle, et puis être face à des mémoires qui sont des vécus familiaux, des vécus personnels, qui peuvent être extrêmement douloureux. Donc, ayons un débat structuré, ayons un débat apaisé sur notre histoire. Versingétorix, quand on a fait nos ancêtres les Gaulois au XIXe siècle, ce n'est pas que, historiquement, on vient plus des Gaulois que des Francs.
C'est parce qu'à ce moment-là, il fallait des Gaulois anti-Germaniques et non pas des Francs qui venaient aussi de Germanie parce que notre histoire, elle était contre l'Allemagne. Versingétorix, c'est un formidable, dans notre imaginaire, il est formidable, c'est un esclavagiste aussi. Donc, ce que je veux dire, c'est qu'on doit avoir ce débat sur nos personnages, on doit avoir ce débat à l'école, dans la société, sur notre histoire, on doit intégrer les mémoires douloureuses, mais on ne peut pas être dans un débat en permanence caricaturale quand on sait qu'il est complexe. Oui.
Est-ce que, par exemple, la fameuse fresque à Astin, en région parisienne, où l'on voit à George Floyd et à Dama Traoré, est une phrase qui met en cause la police, les violences policières. Est-ce que cette phrase aurait dû être effacée ? Franchement. Il y a de la violence policière. Il faut écouter notre jeunesse qui, je l'ai dit tout à l'heure, précarisée du point de vue scolaire, précarisée du point de vue social, discriminée parce que le nom, parce que l'ethnie, parce que la religion, il faut entendre leur colère. Mais moi, je ne veux pas que notre pays, ça soit de la peur et de la colère et que ça finisse sur la division. Personne ne veut ça. Personne ne veut ça.
Écoutons-le et agissons. Est-ce qu'on encourage ? Oui. Avec une telle phrase, est-ce qu'on n'encourage pas une haine contre la police ? Moi, je défends la police. Je vous demande. Je défends la police. Dans les quartiers, on en voit les plus jeunes, les moins bien payés, les moins expérimentés. On met la police au front de la République de toutes ces tensions, de toutes ces difficultés. Donc, construisons avec les policiers, avec la société, un vrai service public de la police, avec des moyens, des compétences, de la formation, une juste rémunération et avec un commandement et un gouvernement qui n'auront jamais la tradition républicaine de la police. Ça n'a pas été le cas.
Ces derniers mois, travaillons. Moi, vous savez, quand je vois des policiers qui travaillent avec les jeunes, avec des magistrats, avec des élus, pour faire en sorte que dans certains quartiers, ça se passe bien, je trouve ça formidable. C'est un exemple. Bien, merci Yannick Jadot.