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Podcast / conversationPublic Sénat (sur YouTube)· 19 juin 2026 28 minComplaisantPortrait personnelCulture, médias & sport

Peindre, écrire, filmer : destins d'artistes, avec Olivier Assayas et Michel Bernard

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 90 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi avoir choisi de parler de ces deux livres aujourd'hui ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Olivia Saas, vous avez pratiqué la peinture dans votre jeunesse avant de l'abandonner. Pourquoi ce choix ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Michel Bernard, vous n'avez jamais pratiqué le dessin ou la peinture. Pourquoi vous intéresser à André Dein ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Olivia Saas, votre grand-père était peintre. Comment cela a-t-il influencé votre parcours ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Michel Bernard, pourquoi André Dein a-t-il accepté de partir en Allemagne en 1941 ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Olivia Saas, est-ce que la peinture vous manque aujourd'hui ?

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[musique] [musique] Bienvenue dans l'émission littéraire de Public Sénat. Je suis ravie de vous retrouver pour un nouveau numéro de bonheur des livres. C'est notre émission hebdomadaire, vous le savez.

Nous essayons tout simplement de vous donner envie de lire des livres et de découvrir ou de mieux connaître leurs auteurs. Deux livres aujourd'hui euh qui nous ont l'un et l'autre à la fois passionnés et touchés. Euh certes, alors vous allez le voir, les deux auteurs sont différents, ils viennent, ils ont des origines différentes, des formations différentes, mais ils sont tous les deux amoureux de la peinture.

L'un l'a pratiqué dans sa jeunesse et l'autre nous raconte l'histoire ben d'un grand représentant, d'un grand artiste, d'un grand représentant de la modernité du 20e siècle. Et je précise que les deux livres dont nous allons parler sont partiellement illustrés et on comprend mieux au fond les peintres dont nous allons parler. D'abord Olivia Saas qui publie oublier la peinture dans la collection 13 et portraits au Mercure de France.

Merci Olivia Saas de venir nous voir. Ça nous a beaucoup intéressé votre parcours personnel qui nous a qui vous a bien sûr amené comme chacun sait au cinéma. Et puis vous Michel Bernard, vous nous proposez l'automne d'André dein aux belles lettres bien sûr l'histoire singulière, vous allez le voir de ce peintre de la modernité qu'on connaît peut-être moins bien que les autres et qui a eu une vie particulière notamment pendant la guerre.

Olivia Saas. Donc bien sûr, vous êtes réalisateur, vous avez été primé dans les plus grands festivals, euh [grognement] vous êtes scénariste aussi et puis dessinateur, graphiste, peintre, c'est ce que vous allez nous expliquer. Mais c'est un art que vous avez, j'allais dire abandonné euh oublié disons euh aux alentours de 25 ans que vous aviez pratiqué dans votre jeune âge.

On va citer quand même bien sûr quelques films. Ma Web Clean, Sils Maria, personnel shopper et puis encore on ne l'oublie pas il y a quelques mois le match du crèmelin que vous avez adapté du livre de Giuliano d'ampoli, un film un livre et un film absolument passionnant. Voici donc oublier la peinture.

Ça nous ramène à votre enfance, à votre adolescence cet âge où vous dites on pouvait dessiner sans savoir dessiner. Ça c'est clair que je savais pas dessiner. C'estàd que je je mon ami Yve Prince qui a été mon complice dans la dans la peinture et dont je et dont je parle beaucoup, lui avait disons avait une vocation et un don pour le pour le dessin.

Moi je j'étais pas un bon dessinateur mais j'avais un sens de la modernité, j'avais un sens de la couleur et cetera qui compensait en partie modestement. Après vous êtes d'ailleurs commencé les beauxarts mais pas complètement j'ai été oui de de façon un tout petit peu dilettante c'estàd j'ai appris à dessiner par je ne sais quel admis à l'école nationale des beaux arbres et mais je me suis pas senti bien enfin j'étais j'étais intimidé j'avais un peu j'étais un peu je pensais je pensais que j'étais là enfin qu'il y avait une forme d'imposture pour moi pour moi être là et je me suis dit au fond je vais quand même en profiter pour apprendre au moins à dessiner. Et donc je suis allé faire dans les ateliers de nu et où très très de façon très très scolaire et cetera.

J'ai j'ai appris à dessiner pendant les 2 ans que j'ai passé au beauard avant de complètement laisser tomber. Petite parenthèse Michel Bernard, vous parlez d'un peintre et vous allez souvent parce que vous nous avez parlé de monnaie aussi dans votre œuvre et de bien d'autres vous avez appris à peindre ou à dessiner ? Pas du tout.

Non pas du tout pas du tout. Alors ce parcours de jeunes dessinateurs peintre qui va s'arrêter puisque après on le sait vous allez vous tourner vers le cinéma. Pourquoi vous écrivez ça aujourd'hui ?

Olivia Saas c'est difficile de répondre à votre question. C'est dire dans dans dans le sens où ça fait en fait très longtemps que j'ai envie de faire ce livre. Euh ça fait ça ça fait partie des choses qu'on se dit un jour je le ferai que je je j'ai pris des ça fait des années au fond que sans le sans l'écrire, je l'écrivais euh que je me préparais à que je me préparais à l'écrire et puis après je l'ai écris rel relativement vite.

Mais euh bah pourquoi pourquoi pourquoi je l'ai pas ? parce que j'ai j'ai tendance à être être très travailleur [rires] et plutôt productif du point de vue de du point de vue de mes film et donc il y avait jamais le créneau pour l'écrire et et puis il y a un moment donné les éléments s'étant accumulés les chapit les idées de chapitre sétant mis en place le temps est venu et puis faut préciser qu'on voit votre ce que vous faites pour les bandes dessinées les aquarelles aussi je sais pas s'il sont des aquarelles très jolis que vous allez donc on les voit dans le livre donc On comprend ce que vous avez voulu faire à ce moment-là, votre univers. Bah disons que que pour en fait pour mieux répondre à votre précédente question de pourquoi j'ai tellement tardé, c'est que je crois que je redoutais de me confronter à ma pe à ma peinture.

Pas tellement parce que écrire sur la peinture, c'est c'est pas si compliqué que ça. Mais me replonger dans ces dans ces tableaux, dans ces dessins, dans ces aquarelles que j'ai enfermé dans un placard il y a 30 ans, il y a 35 ans. Vous avez oublié mais vous les avez pas jeté tout ça.

J'ai pas jeté tout ça et précieusement conservé mais je mais il me semble il me semblait que c'était il y avait une charge émotive que j'étais pas prêt à affronter. Ouais. Et là vous nous les montrez.

Alors on en parlait en antenne et c'est tout à fait passionnant. Ce que l'on comprend dans le récit que vous faites de cette enfance, vos parents et cetera, c'est qu'il y a une figure familiale, enfin, il y a un contexte familial très ouvert à la peinture puisqu'il y a un grand-père hongrois qui est quand même un peintre célèbre. Il est qui est célèbre en Hongrie, qui qui est un post impressieux postimpressionniste hongrois.

Donc on voit des très jolies toiles enfin dans notamment he on en parlait Michel Bernard un portrait de famille. Portrait de famille. Oui, c'est ça.

Il y a la mère et la grand votre mère et votre grand-mère. Euh non, il y a mon il y a mon grand-père et ma grand-mère et et ma mère et voilà. Et ma mère enfant et enfant et qui est quand même très jolie.

Oui, très beau. Voilà. Donc inspiré, on ne sait pas.

Nous on va très très d'époque année 30 avec un certain qui rappelle ce que faisait les peintres figuratifs français de cette époque hein mais il était très virtueux il a fait il a fait des choses il avait une technique infernale parce que je je je que en travaillant sur le livre du coup ça m'a obligé d'approfondir ma connaissance de son travail et on trouve sur internet des des reproductions de tableau de que je connaissais que je connaissais pas parce que vous l'avez peu connu ce grand Il est mort en il en 37 donc moi je suis né quand même plus tard. Oui oui c'est ça. Oui. [rires] Mort avant vous naissez.

Oui oui c'est ça. Mais il y avait aussi votre mère qui elle dessinait elle s'était mariée une première première fois puis elle est devenue après styliste permesse. Enfin elle a vraiment pratiqué ce ce le dessin.

Donc vous diriez que si vous avez vous fait de la peinture et du dessin c'était pourquoi pour le grand-père cette figure du grand-père cette mère ? Bah, disons que ma mère a perdu son père très jeune. Elle devait avoir 17 17 18 ans.

Et c'est et l'absence de son de son père, le fait que son père lui ait été arraché, quelque chose qui en a qui don dont il a souffert toute sa vie et qui est qui sans doute est à l'origine de sa propre vocation pour le dessin. Elle a appris à dessiner et effectivement elle est devenue styliste pour Hermè. Elle a créé elle a créé le prê à porté chez Hermè entre autres entre autres choses.

Euh mais je crois que elle rêvait que l'un de ses fils puisque j'ai deux frères euh reprenne le flambeau du dessin de la peinture. Donc parmi parmi les parmi nous trois, c'était moi qui avais plutôt des capacités dans ce dans ce domaineelà. Donc j'avais une pression d'enfer pour en faire quelque chose.

Et ça a été un peu le cas. Est-ce que par exemple vous êtes allé alors vous j'ai compris que vous parliez enroit dans votre enf en tout cas il y a eu un moment vous pratiquez cette langue peut-être moins aujourd'hui moins. Est-ce que vous êtes parti sur les traces de ce grand-père ? pas uniquement pour retrouver les photos mais là-bas en Hongrie ou je Non je je non parce que si vous voulez la la pour pour moi là ce qui m'intéressait dans la peinture quand j'avais 18 ans 19 ans c'était cit c'était c'était l'avantgarde c'était Warhall c'était David un peu plus tard Roy Lenstein enfin de tout ce qui est l'école de New York et la contreculture c'est ça que vous bien sûr c'était ce que ça ça représentait pour vous Olivia Saas une période de liberté.

Là, on est Ah bah disons que le disons que quand enfin de liberté, oui, sûrement sûrement de liberté. Je pense que quand on commence à peindre jeune avec une vocation comme ça très affirmée, comme c'est mon cas, c'est que sans doute qu'on a besoin de libérer des choses qui sont en soi. J'ai toujours eu le sentiment que la pratique d'un art, je dis pas exactement que c'est une maladie, mais enfin il y a quelque chose, il y a une forme de pathologie hein, et que et que d'une certaine façon la et que la la peinture peut vous aider à la à la soigner.

Euh donc euh donc il me semble que il me semble que que j'ai j'ai survécu à à l'adolescence qui a qui a qui a un moment difficile pour pour chacun grâce à la grâce à la peinture et la et et la et la peinture et une peinture qui me mettait en rapport avec la modernité de mon époque qui me donnait le sentiment la musique aussi enfin tout ça était c'était cet univers là enfin c'était c'était la poésie d'Alen Ginsberg c'était la musique du Velvet Underground c'était les les c'était les bandes dessinées de Robert Crumb Enfin, c'est c'est tout un peu oublié aujourd'hui. Mais alors, on le retrouve dans le livre et contrairement à vos craintes, enfin je c'est tout à fait normal, on voit aussi des aquarelles que vous faites à certains moments de votre vie, notamment lors de voyage à Paxos en Italie et qui sont très très jolis très jolies. Je sais pas ce que vous en pensez, monsieur Bernard.

Il y a le dos d'une femme avec qui vous elle s'appelle Claire d'ailleurs. Voilà. Et d'ailleurs à Paxos, moi je connais bien Paxos, enfin je le précise au passage mais c'est une [raclement de gorge] très jolie île et on voit que c'est il y a quelque chose de très joli.

De la couleur dedans. Oui. Oui, absolument.

Bah disons que j'ai pas fait beaucoup de de d'aquarelle. J'en ai fait j'en ai fait pendant deux été pour moi. C'était lié à l'été.

C'est-à-dire que je peux parce que parce que parce que c'est c'est léger. On peut on peut partir avec. On le met dans une velle de on met on met sa boîte de couleur dans une dans un sac à sac ou un sac à dos.

C'est c'est c'est beaucoup plus simple que de déplacer l'atelier. Mais mais c'est vrai que il y a quelque chose de ce que je cherchais dans la peinture que j'ai trouvé d'effectivement dans cette espèce de d'instant dans cette espèce d'instantané que permet la l'aquarelle. Oui.

Et vous passez de l'abstrait au figuratif. Et je et je passe de l'abstrait je passe pas à pas de l'abstrait au figuratif. Absolument.

Et alors à un moment de cette vie, c'est ce que vous nous racontez mais il y a un tournage qui s'offre à vous. Enfin bien sûr enfin je raconte pas dans le détail parce que votre père vous demande des scénarios. Enfin, vous travaillez déjà sur les maigretis.

Bon, vous avez un petit accès au cinéma et puis on vous demande d'être assistant. Ça se passe moyennement parce qu'il y a une histoire un peu à la fois cocasse et un peu bon qu'on va pas forcément raconter mais c'est très savoureux dans le livre. Euh et au fond vous la la seule question c'est pourquoi vous abandonnez le le dessin et la peinture ?

Bah parce que parce que parce que très longtemps j'ai cru que je pourrais pratiquer les deux. Moi ça allait de soi que je pourrais pratiquer les deux et un jour j'ai compris que c'est l'un ou que c'était l'un ou l'autre et qu'il fallait qu' fallait trancher et que et que d'une certaine façon c'était soit ça, soit d'une certaine façon enfin c je crois qu'il il y a eu un moment donné où j'ai eu peur. J'ai eu j'ai j'ai eu peur.

J'ai j'ai j'ai eu j'ai eu le sentiment que je trouvais pas ma voix parce que je me dispersais et que et que et que j'allais louper le coche quoi. Et donc à un moment donné la la la la peinture cette peinture dont il faut quand même dire qu'elle ne se vendait pas, ça ne représente rien. C'est c'est quelque chose qui est de très solitaire qui est dans sa de concompo enfin de la la peinture abstraite quand on a 18 ans, 19 ans, 20 ans.

C'est on fait ça dans sa chambre dans sa chambre de gamin et disons qu'on a relativement peu accès au marché au marché de l'art. Donc tout ça tourne un peu à vide. Il y avait un écouté il y avait côté côté un peu la la roue du hamster et donc et j'ai eu très peur de la roue du hamster et je me suis dit non il faut que je fasse quelque chose qui soit qui qui qui qui me ramène au collectif à ma à ma génération et au fond à l'art qui est celui qui m'avait toujours attiré aimanté et que je n'ai jamais remis en question qui était le cinéma.

J'ai toujours voulu en su qu'un jour à un moment donné je ferai des films. Çaê ça all de soi et notamment grâce à l'écriture évidemment. Alors on va continuer à à parler ensemble.

Bien sûr Michel Bernard, vous vous êtes vous étiez vous êtes au fonctionnaire enfin vous n'avez vous avez fini d'être préfet, sous-préfet et cetera en ayant féna et et vous étiez devenu écrivain. Euh vous avez écrit beaucoup de livres et sur bien des choses d'ailleurs sur la guerre de 14, sur Jeanne d'Arc et sur l'arc, je le disais, il y a les forêts de Ravel, un livre absolument merveilleux bien sûr sur Maurice Ravel, il y a les deux remords de Claude Monnaie. Alors là, on apprend beaucoup de choses sur la vie de Claud Monnaie et de ses amis et notamment Frédéric Bazi, les bourgeois de Calais.

On comprend comment Rodin a sculpté cette cette œuvre. Et puis cette fois, c'est l'automne d'André d'André Dorin. Donc, on le disait, c'est un peintre du 20e siècle très important mais que nous connaissons peut-être un peu moins Olivia Saas, on le connaissait pas.

Moi je le connaissais très objectivement, je connaissais très mal. Je connaissais pas comme je je vous disais à travers le de le le tableau de Baltus, le le portrait de Baltus qui m'a qui m'a toujours beaucoup impressionné parce qu'il est assez extraordinaire et il a du très puissant. Et là, on découvre un peu mieux qui est ce peintre.

Euh alors évidemment, vous allez nous raconter une partie un moment particulier de sa vie. C'est pour ça que ça s'appelle l'automne d'André de Rein parce que nous sommes déjà en 1900 pendant la guerre et précisément en 41 où cet André de rein va partir avec d'autres artistes pour Munique emmené par les autorités allemandes. On va on va voir le on va voir le le détail.

Disons quand même d'abord un mot de l'importance d'André dein Michel Bernard. C'est les Capital c'est un des c'est un des révolutionnaires de de l'art du début du 20e siècle. Il y a les trois grands, c'est les quatre, on peut dire les quatre grands, c'est Dein, Picasso, Matis et Brac.

Voilà ces quatre là. Alors, il y a d'autres aussi he une constellation d'artistes d'artistes extraordinaires à cette époque. Euh mais ces quatre là, c'est le fauvisme et le cubisme en gros.

Et là, il on passe d'une d'une représentés du monde totalement euh déformée avec le fauvisme à une représentation du monde qui se défait petit à petit avec le cubisme qui se déstructure et après il y aura un retour à au figuratif pourendre de ce qu'il y a de particulier avec de rein, c'est que il est à la à la pointe de ce mouvement d'avant-garde et puis il saute du train en marche. Euh à un moment donné, ça se passe vers les vers les années 1910, avant même la guerre de 14, il se dit "Ouh là là, on passe, on est dans une forme de surenchère euh et tout ça va finir mal et ça va détruire la peinture." Euh et lui pour lui, il pas question que la peinture disparaisse.

Ce que font les hommes depuis l'asco, dessiner, peindre, il faut que ça continue. Et donc il maintient il maintient l'art de peindre de représenter le monde va de se remettre à le représenter. Donc voilà dans la tradition des grands maîtres en observant les grands maîtres mais en avançant en étant 200 ans.

Quand on voit une toile de de rein des années 20 30 c'est une toile néoclassique mais on repère bien que c'est une toile moderne. Il n'imit pas les anciens. Ils s'inspirent de leur technique, de leur art de composer, de leur art de la couleur mais il produit au 20e siècle pour des hommes et des femmes du 20e siècle.

C'était important de le rappeler parce queon va parler d'une de une un moment de son histoire très particulier. Il faut préciser aussi Michel Bernard, il était il s'est fait connaître aux États-Unis, il a été acheté par les Américains, qu'il était d'ailleurs lui assez assez riche, très riche et qu'il était généreux aussi avec les autres artistes, très proches de breton, des surréalistes. C'est ça la mouvance d'André Doran.

C'est aussi un des initiateurs du surréalisme. Il a une influence très importante sur André Breton. Alors ce pain donc vous présentez comme humaniste, vous le décrivez d'ailleurs beaucoup physiquement.

C'est un humaniste. Oui. Oui, on peut dire. il va accepter ce voyage à Munique.

Alors, il y a déjà eu les auteurs, hein, un premier voyage d'auteur français, d'écrivain et puis là, les autorités allemandes pour le pour montrer sans doute aux artistes français les j'allais dire les trésors qu'ils ont chez eux sans doute euh veut emmener ses ses peintes. Pourquoi lui part-il ? Alors, précisez-nous pour pour deux pour deux raisons essentiellement.

Pourquoi se se met-il dans ce cette ces wagons ? Alors les écrivains partent au début du mois d'octobre et eux c'est sur des bases idéologiques. Ils sont avec des nuances, les Drilleux La Rochelle et cetera.

Ils ont de la sympathie pour le fascisme, pour le nazisme, ils sont proallemands avec des nuances he selon les les auteurs. En revanche, pour les peintres et et sculpteurs qui partent avec de reins, parmi eux, il y a Vandongen, il y aam il y aon Frich qui était un fauve lui aussi hein. Beaucoup de ces peintres sont des anciens fauves.

Euh Vendrogen était fauvint modernes et ils acceptent de partir en Allemagne alors qu'ils n'ont aucun engagement idéologique. aucun d'entre eux. Bon, il y en a deux deux pas très connus qui sont sympathisants de Vichi, mais c'est pas le cas des autres.

Pas le cas. Euh et on sent bien que dans le train, il est embarass il est un peu embarrassé. Oui, il hésite beaucoup.

Euh, il a fait la guerre de 14, il s'est battu contre les Allemands. Euh, il a fait une guerre très longue. Euh, d'août 14 à avril 19, il avait l'occupation de la Rémanie dans l'artillerie lourde.

Il a été libéré euh à il avait 30 presque 39 ans. Euh d'ailleurs, c'est quelque chose à souligner, c'est que André Dorin qui est un des initiateurs vraiment de l'art moderne pendant cette période cruciale de 1900 à 1920, il passe 8 ans sous l'uniforme. Oui, c'est ça.

Sans peindre. Ouais. Au moment où il fait la guerre, Picasso lui dans un atelier à Paris, il travaille.

Matis et Troupagé, lui aussi travaille. Picass de rein, il conduit un tracteur en tirant des camions, des canons, des canons lourds sur le front de Verdin, dans les Vaaux et cetera. Et donc ils acceptent de partir en il a donné beaucoup pour son pays quoi.

Voilà, il a un capital civique, on peut le dire comme ça. Il a un capital civique et c'est peut-être ce capital civique qui lui donne au fond une forme de se dire "Bon, il est réticent, on le sait, il va chez l'ennemi." Oui, on le voit sur la photo d'ailleurs imaginez un peu parce qu'on a pas vraiment le récit.

Enfin, vous vous avez fait on a une photo de de de départ et cetera et on voit qu'il essaie de se cacher derrière les autres et puis on on sait par ses ses proches. Bon, qu'il a fallu les Allemands ont fait une grosse pression sur lui hein, ils sont allés le voir très souvent. Il le voulaient absolument parce que c'était le peintre un des peintres les plus se l'époque.

Il était très connu aux États-Unis. Oui, c'est ça. Donc c'était une belle prise pour les Allemands pour qui visait à montrer que la relation entre le vainqueur et le vaincu se passait bien.

Finalement, il y avait ni vainqueur ni vaincu. On entrait dans une relation, on était en train de bâtir leur haute nouvelle et les artistes, il y avait toute leur place. Donc c'était de rein é une la plus belle prise de pour les Allemands.

Et lui, il pense qu'évidemment il va peut-être obtenir la restitution de sa maison parce qu'elle est occupée par les Allemands. Elle é réquisitionnée. Oui.

Et peut-être aussi la libération de certains prisonniers. Voilà. C'est ce qui est espéré.

C'est ce qui est espéré. passera pas évidemment aucun aucun prisonnier ne sera libéré après en contrepartie du voyage. Alors ce qui est évidemment le plus émouvant enfin c'est toute la prise de conscience après et notamment à la fin de la guerre au moment où on comprend qu'est-ce qui s'est passé dans les camps et dans les camps de concentration et là d'une ben d'une malade enfin de de quelque erreur ça devient une faute.

C'està-dire que ça bah la libération des camps euh lui pour de rein schéma c'était au fond euh la guerre de 40 c'était la la revanche de 141 euh la la dimension idéologique euh la spécificité de cette guerre ne lui apparaissait pas clairement. D'ailleurs comme à la plupart des Français à cette égere c'est un français moyen. On peut être un génie de là.

Il a été un des génies du 20e siècle et au plan de la réflexion politique être un béoien. Il était un béoien. Oui.

Oui. Ben beaucoup ont découvert sans doute l'horreur de ces camps d'ailleurs à la fin de la guerre. Voilà.

En 45 à la libération des camps là monstre. D'abord il il a des amis qui ont disparu dans les camps. Il avait pétitionné pour le peintre allemand juif Freudlich en faveur de Freudlich.

Freunlich a été embarqué dans les camps et il en est par revenu. Il a été assassiné. Il a il a il y a un modèle qui était un de ces un de ces modèles auquel il é très attaché dans les années 30 qui a péri aussi dans les camps.

Donc il découvre en 45 avec tout le pays bien que il croyait être allé en Allemagne et en fait il était allé dans un pays monstrueux monstrueux. Alors vous il y a aussi quelques tableaux il y en a d'ailleurs deux je sais pas si vous les avez vu. Olivia Saas très beau Harlequin et Pierro et surtout à la fin ce truc ce tableau mystérieux la l'a déporté.

On sait pas si c'est une femme déportée. Enfin, c'est un portrait femme. C'est le titre de C'est un port de femme.

Euh très émouvant. On voit une femme, elle est elle est très maquillée, elle est elle est belle, elle est un peu émaciée. Euh et le titre c'est la déporté.

J'essaie de savoir quel était l'origine de tableau, qui était cette femme ? On sait pas. Non.

Et il est au musée de 3, faut aller le voir. C'est c'est un très très beau portrait, bouleversant. Euh et on non, on ne sait pas qui est qui a été le modèle de cette de cette jeune femme.

Enfin, j'imagine aussi qu'il y a il y a aussi une part enfin disons qu'il il avait quand même on le ressent très bien dans dans dans votre livre, il y a un malaise de fond chez chez dein c'est qu'il il vit quand même avec une culpabilité. C'est c'est pas c'est pas c'est pas il il a pas une révélation à la fin de la guerre et cetera. Je crois qu'il cro crois je crois que en plus on a lui fait il est évidemment attaqué enfin il [raclement de gorge] est menacé euh il est sur une liste noire.

Euh c'est c'est le peintre, c'est aussi le peintre du corps de la femme lorsqu'il a vu parce qu'il les a vu comme tous les Parisiens lorsqu'il a vu les déportés revenir dans l'état où il les étaient, il n'a pas pu ne pas penser au voyage que lui il avait fait 4 ans auparavant dans des conditions tout à fait différentes en première classe il faut préciser qu'il est mort en 1954, il avait 74 ans. Il a eu donc toutes ses critiques après la guerre bien sûr et puis quand même soutenu par quelques amis. Euh oui, il s'est replié sur lui-même mais il avait des amis très proches.

Baltus était un de ses amis très proches. Le sculpteur dit Pierre Lévi, c'était son collectionneur principal collectionneur. Il était d'origine juive, il s'était caché pendant la guerre.

Il était industriel à 3 et devenu un ami proche de dein. Camu était lié à dein. Non, il a il a bénéficié Marcelet était très proche de il a bénéficié de du soutien de [raclement de gorge] la semble d'amis et puis surtout il continua à peindre sa vie.

Sa vie c'est de la peinture. Vousz la tête d'Olivia Saas. Euh oui non je non je Marcel Aimé enfin Marcelé était pas exactement un homme de gauche.

Ah bah non non non non mais c'est un grand écrime c'est c'est un grand alors il y a toute la question d'ailleurs qui est posée mais on peut je sais pas qui qui est une question qu'on qu'on a posé sur Céline enfin sur bien des artistes ou des créateurs et cetera. Est-ce qu'on peut séparer l'homme de l'œuvre ? Est-ce qu'on peut apprécier bien sûr Dein comme peintre et le critiquer ?

Euh est-ce qu'on peut faire le départ entre les deux aspects de la de ce d'une personnalité au fond ? Continue apprécier enfin même admirer peut-être la littérature de Céline et le le haï par ailleurs ou je pense que les artistes peuvent avoir des génies, ça n'en fait pas des seins ce sont des hommes ordinaires et qui se trouvent à avoir un don. lui avait un don.

Vous avez parlé de vot la conquête de du dessin de l'art de peindre. Lui avait un don qui s'est ré, ses parents étaient crémiés donc il était pas du tout prédestiné à à devenir un fil. Il n'avait pas un grand-père peintre.

Voilà. Non, personne n'y a pas été encouragé encore. Il a grandi à Châou.

Il est né à Châou et il est né dans sur un territoire de peintre. Oui, on n pas loin. Voilà. là peignait ciceleté sésane àin là givverni de monnaie était juste à côté donc il y avait un microclimat de de mais lui avait véritablement un don comme monnaie par cette question de la responsabilité de l'artiste, elle est elle est terrible parce que parce que parce que les les les artistes qu'on admire on peut en dire tout ce qu'on voudra y compris de y compris de de de ces lignes.

On préférerait qu'il n'est pas collaboré. On aurait on préférerait qu'il ne se sont pas conduit comme ils se sont conduits. Et c'est c'est vrai que c'est une question qui hante aujourd'hui la la la société pas vraiment de réponse.

Pas de réponse. Non. Et vous Olivia Saas, vous avez euh enfin ça vous manque la peinture, le contact physique avec la Oui.

Le contact physique. Oui, le contact physique. Oui, c'était le côté le côté là de de travailler avec ses mains, de faire des choses avec ses mains.

Moi je au fond bizarrement alors que je au fond j'ai plutôt été j'ai plutôt écrit fait des films et cetera qui sont des choses qui sont des activités plus qui sont pas exactement des activités manuelles. Moi, j'ai toujours aimé les choses manuelles. J'ai aimé fabriquer des choses, bricoler et cetera.

Et ça m'a et la peinture de ce point de vue là m' m'a toujours beaucoup manqué comme c'est comme s'il y avait une dimension de moi ou quelque chose de de de de profond qui m'a été arraché enfin et avec lequel je n'ai jamais reconstitué le le lien. Et d'une certaine façon, le cinéma c'était le prolongement de la peinture par d'autres moyens. C'est c'est pas Oui, la le cinéma est plus en phase avec l'époque, il ressemble plus à l'époque.

Aujourd'hui, aujourd'hui le marché de l'art, la l'art contemporain, l'art contemporain vit dans un monde éterré prix très très privilégié. bien vivre parce qu'il y a des prix enfin il y a il y a quand même il a une il a une il est entré il a une ville a une vie économique qui est très envah qui est très envahissante et quelquefois même gênante tandis que le cinéma à sa manière reste un un art populaire et et que et que et et qu'on s'adresse au plus grand nombre et on s'adresse à un un éventail beaucoup plus large de la de la société. C'est c'est et donc et c'est un art collectif, on le pratique ensemble.

Donc il y a quelque chose de fondamentalement différent entre les deux arts. Bien sûr, bien sûr. Alors ça s'appelle l'automne d'André de Rin c'est vous Michel Bernard aux belles lettres et puis oubliez la peinture c'est au Mercure de France et c'est vous Olivia Sa c'est un film en préparation ça je ne sais pas écrit et pr que que je tournerai au début de l'année prochaine et personnel ou oui oui oui oui c'est je n'adapte pas je n'adapte pas Juliano d'empoli qui par ailleurs est un ami mais je je l'ai fait une fois je le ferai pas mais formidablement en faire une habitude.

Alors, quelques coups de cœur littéraire avant de refermer ce cette émission. Euh Colette Jouvenel, alors ça s'appelle Courage et Résistance. Alors, ça c'était la seule fille d'ailleurs de Collette et d'Hur Jouvenel.

Euh journaliste qui a dû se faire une place bien sûr à l'ombre de ses parents euh qui étaient un peu comme des géants au-dessus d'elle. Et puis quelques mots à propos de quelques voitures rouges de David McNeil. C'est la suite de l'autobiographie pleine de charme de ce grand auteur compositeur singulier par ailleurs fils de Marc Chagal.

Donc nous restons, nous ne sommes pas très loin de la peinture. Et puis pour ma part bien l'ysée de l'Odyssée alors là c'est une façon, j'allais dire très simple, enfin non presque pleine d'humour de raconter bah l'Odysée et de revenir sur la poésie de d'ommer et de la vie de cette cet aventurier malin qui était Ulis et Christophe Onodibio chez Grasset. Merci beaucoup à tous les deux d'être venus nous voir pour nous parler de peinture et de et de vous aussi de votre passion pour l'art.

Nous nous retrouvons très vite pour un nouveau numéro de Au bonheur des livres. À très vite. [musique]