LE DÉBRIEF DU RING - LE PEUPLE ET LA GAUCHE
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- 8:09InvitéFait
« On peut commettre beaucoup d'erreurs en politique, mais on ne se trompe jamais quand on se met du côté du pauvre. »
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Si t'enlèves ça, Jean-Luc Mélenchon et Éric Zemmour qui viennent ici, là, t'as 15 fois mieux. Si vous avez pensé du débat et des désaccords, et des désaccords que vous avez tous les deux pendant cette bonne heure de débat. Il y a eu beaucoup de désaccords, enfin il y a eu des désaccords, mais il n'y a pas eu vraiment beaucoup de conflits. On a surtout abordé les désaccords à la fin, tu vois là, on est assez pareils. Un à gauche, un à droite peut-être, mais on est étrangement au miroir pour des gens qui sont censés avoir peu de différence. Enfin non, du coup, mais non, je pense qu'il y a des choses, oui, qui...
Je pense que ce débat à gauche aurait dû sincèrement être entamé il y a beaucoup plus longtemps que ce qu'il a été entamé pour ses présidentielles. Et qu'il y a pas mal de choses qui auraient dû être plus clarifiées. Perso, j'ai trouvé que la teneur du débat était bonne, que justement on pouvait aller sur des trucs de fond, ce qui n'est pas possible dans des émissions de télé, dans des débats télévisés où ce n'est pas possible parce qu'il faut passer à un autre sujet, etc. Là, ce n'était pas le cas, c'était vraiment pour aller creuser en profondeur.
Et après, je pense que ce genre de débat permet aussi de montrer qu'il y a des choses qui nous différencient par la force des choses et qu'il y a aussi des choses qui peuvent rassembler les gens. Et on a beaucoup parlé de capitalisme, de lutte des classes, etc. Et qui sont des choses assez fondamentales à gauche. Après, il y a aussi un truc un peu spécifique à gauche. C'est que quand tu es de gauche, tu es par la force des choses contre l'ordre établi. C'est aussi une des définitions que tu peux donner de la gauche à toutes les époques en réalité. Et que l'ordre établi, il est facile à définir. Il est là, donc il est facile. La gauche a par la force des choses plus de débat idéologique.
Parce que quand tu es contre l'ordre établi, il faut définir ce que ça veut dire exactement. Un, que l'ordre établi. Et deux, ce que ça veut dire être contre l'ordre établi. Et je pense que c'est pour ça aussi qu'on aime bien en fait. On aime bien aussi aller creuser les choses, aller dans le fond des choses. Le débat sur les statuts à la fin, moi je trouve que c'est... Enfin, genre à la fin, on n'est pas d'accord. Non, non, on n'est pas d'accord. On est d'accord sur le fait qu'on n'est pas d'accord. Et y compris, je comprends ta logique, tu comprends la mienne. Et on se met d'accord sur le fait qu'il y a un désaccord. Sans ni que l'un ni que l'autre, ne comprenne pas la logique de l'autre.
Et moi je trouve que c'est ça le sens du débat politique. C'est permettre à chacun, à la fin, de se faire une opinion éclairée. D'avoir eu deux positions qui sont en théorie irréconciliables. Même si peut-être que sur plein de points on peut les réconcilier. Mais en tout cas, tu as deux positions. Et à la fin, tu fais ton choix à l'intérieur de ces deux positions. En tout cas, si on veut réconcilier ces positions-là, si ça devait être possible, ce serait plus par l'attitude de débat qu'on a essayé d'avoir ce soir que par celle qu'on peut voir sur beaucoup de plateaux de télé. C'est difficile aussi de faire ça. Oui, mais je pense qu'on paye un service public qui devrait le faire aussi.
Je crois que... Mais au final, c'est le privé qui le fait. Et le pire, c'est que c'est le privé qui fait les meilleurs débats de qualité. Le débat, je pense, le plus intéressant de ces dernières années, j'avais posé la question. À mon sens, c'est le débat Zemmour-Mélenchon. Parce que tu as deux positions frontales, deux mecs qui ne sont pas d'accord. Et à la fin, tu te fais une opinion sur ce que tu penses de ce que dit l'un et ce que tu penses de ce que dit l'autre. Et à mon sens, et ce n'est pas pour jouer spécialement pour mon candidat et tout ça, à mon sens, Zemmour a un problème d'admettre... Enfin, il n'est pas toujours cohérent dans ses prises de position.
Donc, ça rend le débat un peu compliqué. Parce que quand tu dis un truc et quand tu dis son contraire, c'est toujours un peu compliqué. Mais en tout cas, c'est le privé, au final, qui permet d'avoir ce... Mais non, en fait, c'est pas le privé. C'est les deux hommes qui ont accepté le débat. Oui, par ailleurs. Parce que si tu enlèves la cellule de fact-checking et les questions de Nathalie Saint-Crient... C'est que tu as l'idée d'ailleurs, j'ai vu ta vidéo sur Nathalie Saint-Crient. C'est stupide. Si tu enlèves ça, Jean-Luc Mélenchon et Éric Zemmour qui viennent ici, là, t'as 15 fois mieux. Mais non, t'as 15 fois mieux. T'as pas des questions qui coupent toutes les deux...
Enfin, ils n'ont qu'une opinion populaire, mais moi, je pense aussi. Je pense que la vie politique de notre pays serait plus intéressante s'il y avait plus de formats de ce type-là, de formats de pure confrontation entre des idées. Et la télé peut le faire. La télé avait encore des émissions littéraires il y a 10 ans, qui prenaient le temps de discuter chaque 3h du matin. 15, allez, s'il fallait... Mais le problème, c'est que... À mon sens, un des problèmes, c'est que les journalistes estiment que leur parole est plus importante, est désormais plus importante que celle des politiques. Ils veulent...
Quand ils font un débat, ils supportent très difficilement que le débat parte dans tous les sens et que là, il y a eu un peu de ça. Il y a eu un peu de... Bon, ben, on part dans un truc et après, t'avais un canevas bien ficelé et tout et tu y es revenu et tu nous as emmenés à chaque fois vers là où tu voulais qu'on aborde des questions. Mais au final, quand ça débordait, ben, c'était pas grave, on s'en fout. Ça fait partie justement de l'intérêt du débat et de genre, ah, ben, vas-y, on va creuser jusqu'au bout. Les chaînes de télé font pas ça. Les chaînes de télé, il y a un type dans l'oreillette qui dit, il faut envoyer la pub. Enfin, dans le débat Zemmour, c'était pas le cas.
Mais il y a un type qui dit, non, là, il faut passer à autre chose. Il faut passer à la deuxième séquence, faire machin. C'est assez... Genre, ça permet pas de faire des choses de manière... Oui, mais en plus, les gens sont même pas pour, forcément, cette approche. Non, mais ils sont complètement contre. Un petit débat, peut-être un débat qui t'a marqué dans les dernières années ? Ben, le débat Zemmour-Mélenchon était vraiment intéressant. C'était vraiment cool. Il a montré... Bon, pour moi, le perdant de ce débat, c'est ni l'un ni l'autre, c'est Marine Le Pen. Mais à ce moment-là, parce que là, quand même...
On comprend pourquoi Ménard, qui essaie d'organiser un débat Marine Le Pen-Zemmour depuis trois mois, se prend des bâches de la direction générale de Marine Le Pen depuis trois mois. Parce qu'en vrai, Zemmour l'aurait bouffé. Mélenchon tient encore la baraque, très bien. Beaucoup de gens pensaient qu'il était fatigué, y compris dans son propre camp, d'ailleurs. Et il tient. Et il tient. Et c'était...
C'est ceux qui le connaissent pas, parce que franchement, moi, il fatigue tellement il est énergique.
Oui, oui, non, mais suffisamment bon pour être énergique. C'est bien, s'en sortir face à Zemmour, c'est autre chose. Et lui aussi s'en sort très bien face à un monstrueux animal politique. Donc, il y a quand même... C'est un débat qui était intéressant. Après, c'est vrai que des débats politiques... Mais encore, j'ai du mal à dire que... Non, j'ai vu des débats gauche-droite qui étaient plus... Des débats politiques de télé qui ont été... Mais qu'est-ce qu'on a eu ces dernières années ? Par le simulacre de grands débats scénarisés du gouvernement ? Non, c'était un... En fait, on a eu pour la première fois, depuis très longtemps en France, un débat gauche-droite. Mais vraiment.
Du coup, en vous, Zemmour et Mélenchon de la table, quels sont, sinon, selon vous, le ou la débatteuse la plus pertinente ou compétente ? Peu importe que ce soit sur le fond ou la forme. Il veut son prochain invité, en fait. Il n'a pas d'idée. Non, mais aussi, parce que les gens qui nous suivent nous suivent beaucoup pour le débat. Mais nous, ça nous intéresse aussi d'avoir l'avis de débatteurs sur d'autres débatteurs. Ça permet aussi de repérer parfois des petites pépites. C'est parfois des gens auxquels on n'a pas fait attention suffisamment. Et parfois aussi des gens qui sont trop courus pour certains débats qui sont bons en fait. Tu veux un très bon théorifiant de droite actuel ?
Le plus compétent, c'est Rougéron. Ok. Rougéron est très, très monstrueux culturellement. Il est un peu lent. C'est con, parce qu'il fait des blagues. Il a des générations Club Dorothée. Donc, quand il te compare Jean-Claude Juncker au grand pop, tu vois, c'est drôle. Mais c'est le meilleur à l'heure actuelle en termes de théorie technique. Si tu enlèves les politiciens à gauche... Non, mais au cas où, je ne sais pas, tu veux revenir ? Non, moi j'allais dire David Guiraud. Ah, c'est vrai ! Qui, pour faire des débats, il est très, très bon. Il y en a plein chez nous. Adrien, Quatennens, il y en a plein. Mathieu Panot et tout. Enfin, il y en a vraiment plein, plein.
Et je pense que c'est très lié à une manière de concevoir la politique. Mais si tu veux du flash et du buzz, pour une fois sur le crayon, tu peux demander à David. C'est très rigolo. Est-ce qu'il y a une phrase que vous portez au quotidien, une citation, une punchline de vous ou de quelqu'un d'autre, qui vous habite un peu, soit un crédo, soit un mantra, soit quelque chose qui vous donne de l'énergie ? Il y en a plein, il faut le partager aux gens. Il y en a une qui est artistique, qui est « Ce n'est pas la crainte de la folie qui nous forcera à laisser en berne le drapeau de l'imagination », que j'aime beaucoup, parce que c'est, voilà, je ne sais plus qui c'est, André Breton, je crois.
Il y en a une qui est politique, et qui est de Mélenchon, je pense, qui dit « On peut commettre beaucoup d'erreurs en politique, mais on ne se trompe jamais quand on se met du côté du pauvre ». Ça rejoint un peu ton truc de tout à l'heure. Et après, il y en a une qui est aussi politique, mais en fait, ce n'est pas une citation, c'est un texte, c'est une constitution, et c'est la constitution de la Première République, où je trouve qu'est contenu dans ce texte-là, beaucoup des choses que, j'ai parlé tout à l'heure de l'article sur la citoyenneté, c'est dans cette constitution-là qu'est reconnu le droit à l'insurrection aussi, de belle manière.
Mais voilà, dans cette constitution-là, il y a l'intégralité de ce « Pourquoi je me bats pas ». Ok. Non, non. Là, vraiment, je n'ai rien qui me vienne se décrocher du lot. Je ne suis pas quelqu'un qui se lève avec cette citation qu'il a marquée. Il y en a plein de citations. Bon, ce n'est pas grave. Merci beaucoup, les amis. Merci. Eh bien, merci à toi. Salut. Abonnez-vous. Ah, je suis désolé, je t'ai raté ta dernière... Cette émission du Crayon est maintenant terminée. Je compte sur vous pour vous abonner, pour liker la vidéo, pour nous donner aussi votre avis en commentaire. C'est très important de savoir ce que vous en pensez. N'hésitez pas à débattre, évidemment dans le respect.
On se retrouve très bientôt pour de nouvelles vidéos. C'était Valorant. Ciao. Ciao.
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