L'interview : Fabien Roussel - 11/07
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Vous écoutez RMC. RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. Il est 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Fabien Roussel. Bonjour. Merci d'être mon invité ce matin. Vous êtes le secrétaire national du Parti communiste français. Vous avez été candidat à la présidentielle. Aujourd'hui, vous êtes député de la 20e circonscription du Nord et vous faites partie de la grande famille désormais de la gauche appelée la NUPES. Motion de censure d'ailleurs contre Elisabeth Borne qui sera soumise au vote ce matin. Elle a été déposée par la France Insoumise. Vous la voterez ?
Elle a été déposée par l'ensemble des groupes. Et bien sûr, je la voterai.
Vous n'aviez pas le doute ?
On n'aurait pas compris, je pense, s'il n'y avait pas eu un vote au moins à l'issue du discours de la première ministre. Et donc, si on n'avait pas déposé de motion de censure, on aurait dit quoi ? Donc ça y est, un président de la République, un nouveau gouvernement, un discours et on déroule et on ne dit rien. Donc c'est la moindre des choses de pouvoir au moins exprimer son vote, un vote de défiance ou de confiance au discours de la première ministre.
Vous auriez préféré évidemment que la première ministre d'elle-même soumette son discours en vote de confiance.
Exactement, c'est ça. Vous savez, j'ai rencontré des gens qui m'ont dit, à l'issue des élections présidentielles, je suis en dépression démocratique. Il faut mesurer en dépression démocratique. Ça veut dire qu'il y a des personnes qui ont été dégoûtées de voir le président de la République de nouveau élu et qui se sont déprimées de se dire qu'après 5 ans avoir vécu son gouvernement, sa présidence, de retrouver les mêmes, oui, ça crée une sorte de dépression démocratique. Et donc, on a besoin de montrer que ça peut changer et que l'on peut pousser. Sauf que là, ça ne va pas changer, pardon. C'est pas la motion de censure qui va changer les choses.
C'est une motion de censure de Pacotti, d'Esbrouf.
Il n'y a aucune chance qu'elle passe. Cette motion de censure, c'est pas ça qui va changer les choses. C'est pas ça, j'en ai bien conscience. Mais il faut pouvoir montrer aussi aux Français qu'il y a des députés, des députés communistes et d'autres, ceux des forces de gauche, écologistes, qui se sont unis, qui vont se battre, se battre pour défendre leur pouvoir d'achat, leur dignité, leur travail, leur industrie, leur service public. Et c'est ça que l'on veut pouvoir dire.
On va revenir justement sur la question du pouvoir d'achat dans un instant. La question du pouvoir d'achat et des égalités parce que je vois que vous êtes venu dans ce studio avec des magazines sur les premières fortunes de France. Mais d'abord un mot quand même sur cette fameuse alliance. Vous dites qu'elle a été déposée au nom de tous les groupes de la NUPES. Vous êtes à l'aise dans la NUPES ?
Écoutez, il y a une alliance des forces de gauche écologistes qui a permis de gagner plus de députés que nous étions auparavant. On est aujourd'hui à 150 députés. Nous étions moins de 70 avant. Donc c'est un progrès. Et en même temps, nous avons vu que nous n'avons pas su gagner une majorité de députés. Nous n'avons pas réussi à convaincre plus d'électeurs même qu'en 2017. Même qu'aux élections présidentielles. Donc on a besoin. On a besoin d'élargir ce socle que nous avons construit. Donc la question, ce n'est pas pour ou contre la NUPES. La question, c'est comment on fait pour que demain, la gauche gouverne. Et que l'on change profondément la vie des Français.
On a connu réponse plus enthousiaste. Je vous demande si vous êtes à l'aise. Vous me dites, bon, en gros, mécaniquement, mathématiquement, je n'ai pas le choix.
Non, ce n'est pas ça. C'est qu'il faut...
Vous êtes contre mauvaise fortune, mon cœur ?
Non, non, ce n'est pas ça. L'union de la gauche, nous, communistes, l'union, le rassemblement, nous l'avons toujours défendu. Nous y avons participé. Nous l'avons même créé en 80. Donc l'union et le rassemblement, c'est dans notre ADN. Mais il faut savoir dire aussi quand on n'arrive pas à gagner.
Ce serait une illusion d'entretenir l'idée que vous étiez un cheveu du pouvoir.
Il faut aujourd'hui pouvoir se dire ce qui va, ce qui ne va pas. Et j'ai dit, moi, qu'il y avait des propos qui avaient heurté les Français. Qu'il y a même des questions auxquelles il faut pouvoir affronter.
C'est quoi les propos qui ont pu heurter les Français ?
Quand Jean-Luc Mélenchon a dit « la police tue », je l'ai dit pendant ma campagne. Mais heureusement, parce que les Français m'interpellaient là-dessus. Ces propos sont inacceptables et je ne les partage pas du tout. Je l'ai dit, je le redis. Mais il y a des questions de fond que l'on doit aborder. La question de la distribution des richesses, la redistribution des richesses, la souveraineté énergétique, la souveraineté alimentaire. Sur ces deux questions, la souveraineté énergétique et la souveraineté alimentaire, nous avons des débats à gauche qu'il faut pouvoir dépasser. Je souhaite pouvoir les aborder, les aborder avec les Français.
C'est pour ça que je ferai un tour de France d'ailleurs à partir de septembre pour répondre aux questions de nos concitoyens.
Mais on va rentrer carrément dans la facture des Français dans un instant. Puis je voudrais, sur le plan alimentaire, vous parler du jambon, de la malbouffe, qui a été aussi vraiment l'une des caractéristiques de votre campagne. Vous disiez, il y a aussi les questions d'égalité. Et là, pour le coup, je m'intéresse à ce que vous avez apporté dans ce studio, puisque vous êtes venu avec deux magazines que vous avez ostensiblement mis sur cette table. Je le précise pour ceux qui nous écoutent côté radio. Vous avez apporté challenge notamment sur les fortunes de France. Pourquoi ?
Oui, parce que j'achète tous les ans le challenge qui fait le bilan des 500 plus grandes fortunes de France. Je ne suis pas abonné, mais je l'achète. Je préfère être abonné à l'Humanité. Toujours est-il que dans ce magazine, tous les ans, on voit l'évolution des 500 plus grandes fortunes de France. Celui-là, c'est au début du quinquennat Macron. Le premier que vous montrez, c'est celui d'il y a 5 ans. Celui-là, c'est celui de cette année. En 5 ans de pouvoir Macron et de sa majorité, la fortune des 500 plus riches de France est passée de 570 milliards à 1 000 milliards. C'est quasiment doublé.
La fortune des Français, à ce que je sache, n'a pas doublé, ni les pensions de retraite, ni les salaires. Donc, la question de la redistribution des richesses se pose. Et dans ceux qui, aujourd'hui, ont vu leur fortune doubler, mais il y en a qui sont de l'industrie alimentaire, je pense au PDG de Lactalis, il y a ceux qui ont spéculé, qui gagnent beaucoup d'argent sur les transports, je pense au patron de CMA, CGM, lui, il gagne plus.
Qui est vraiment en couverture du challenge, puisque c'est un giga-container, un porteur de container.
Tout le monde se plaint aujourd'hui de l'augmentation des produits importés, mais notamment parce que les coûts du transport et des portes-containers ont augmenté. Mais il a gagné 30 milliards de plus. Où il a pris cet argent ? Mais c'est dans les poches de nos chefs d'entreprise et des nôtres. Et donc, ces industriels, ces grandes multinationales, ces grandes fortunes, dans le luxe, dans l'industrie, dans les transports, dans l'énergie, je pense à Total, gagnent des milliards et des milliards. En 5 ans, la fiscalité sur le capital n'a jamais été aussi basse. Et nous, on nous demande des efforts supplémentaires. Vous vous dites, il faut plus de taxes sur le capital ?
Et sur l'industrie alimentaire, j'en dis. Une taxe sur les sur-profits ?
L'alimentation, on va y aller dans un instant. Prenez les choses une par une, parce que je voudrais quand même qu'on aille au bout de ce que vous êtes en train de dire. Vous dites, attention, les 500 plus grandes fortunes de France ont doublé leur patrimoine en l'espace de 5 ans, en l'espace d'un quinquennat d'Emmanuel Macron. Voilà ce que vous dites. Quelle est la réponse ? Quand vous entendez Bruno Le Maire à ce micro la semaine dernière, qui dit, je vais mettre la pression sur Total, pour qu'eux-mêmes fassent un effort, ça vous fait rigoler ?
Quand Bruno Le Maire dit qu'il va mettre la pression sur les riches, il me fait rire, parce que ça fait 5 ans qu'il met la pression, mais il a un manque de pression. Parce qu'apparemment, ça ne bouge pas beaucoup quand même. La fiscalité sur le capital, ce n'est pas moi qui le dis, c'est Patrick Artus de Natixis, là-dedans, vous le lirez, lui-même dit, la fiscalité sur le capital n'a jamais autant baissé sur les grandes fortunes, ça ne marche pas, parce que les investissements dans l'appareil productif ont baissé, et l'épargne a augmenté. Ce que Macron avait théorisé, qui s'appelle le ruissellement, est un échec.
C'est pour ça que j'ai proposé le ruissellement pendant ma campagne des élections présidentielles, c'est-à-dire qu'il faut aller, au contraire, taxer le capital, demander à ce que les plus riches participent à l'effort de redressement de notre pays, et il faut redonner du pouvoir d'achat aux Français par les salaires.
Ça marche comment, votre taxe ? Quand vous entendez par exemple la proposition du Rassemblement National, qui est de dire, ok, il y a des surprofits. Sur 100 de surprofits, on garde deux tiers pour l'État, on donne un tiers pour l'entreprise. Est-ce que ça, c'est ok ? C'est à peu près ce que vous imaginez, comme taxe, sur les surprofits ?
Laissez-moi dire un mot. La question, ce n'est pas que de taxer les super-riches. Il faut les taxer pour qu'ils participent plus au budget de l'État, ça c'est une chose. Mais ce n'est pas que ça. Il faut qu'on revoie notre modèle de production en France. C'est-à-dire, pourquoi on travaille ? Pourquoi tous les matins, on va se lever, et parfois même faire des travaux pénibles ?
Mais c'est super-riches, là, dont vous parlez,
ils ont quand même créé des emplois. Est-ce que c'est pour augmenter la fortune des actionnaires ? Ou est-ce que c'est pour contribuer au pays en produisant des choses utiles, nécessaires, en servant le climat, en faisant attention aux ressources naturelles, en faisant en sorte que les richesses que nous produisons nous permettent de vivre mieux, d'avoir un meilleur salaire, de nous former tout au long de notre vie ? Donc la question du modèle social et du modèle de production, on doit le mettre sur la table. C'est pour ça que nous, nous demandons que les salariés... Quand vous dites nous, c'est le Parti Communion, Fabien Roussel ?
Nous, nous demandons à ce que les salariés participent au choix de production, et comment la richesse, la valeur qu'ils créent est mieux redistribuée, et qu'elle serve à tout le monde. Aujourd'hui, les décisions sont prises par les conseils d'administration, qui parfois ne sont même pas en France, et nous, on veut plus de participation dans les choix de décision, pour faire en sorte que le capital participe au redressement du pays, et que nous ne subissions plus leurs lois. Et ça, c'est fondamental. Nous en avons besoin sur l'essence, par exemple. Bruno Le Maire, lui, il fait fort, parce qu'il décide qu'à partir du 1er octobre, il n'y a plus de ristonde sur l'essence. Résultat des cours...
Alors attention, il n'y a plus de ristonde, mais il y a une autre aide, il y a une aide gros.
Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire que le prix de l'essence à la pompe, il va revenir à 2,50 euros. Bonjour. Et il propose en échange encore des petits chèques à ceux qui justifieront d'un niveau de salaire, etc. Il fait encore une politique d'assistanat en fonction des revenus. On reste là-dedans. Et il ne touche pas au modèle... Vous proposez quoi, vous ? La proposition de loi que j'ai déposée à l'Assemblée nationale est une proposition de loi qui vise à agir dans deux directions. D'abord, baisser les taxes sur l'essence, la TVA à 5,5, et de supprimer la taxe sur la taxe, la taxe sur la TICPE, d'une part.
Et d'autre part, pour financer cette mesure, d'aller taxer les surprofits des compagnies pétrolières pour que le coût de la baisse de l'essence ne soit pas supporté seulement par le budget de l'État, mais qu'il soit aussi supporté par les compagnies pétrolières qui, aujourd'hui, gagnent des montagnes d'or pendant que nous, on nous demande de rouler moins, de baisser le chauffage ou de faire une demande aux impôts pour bénéficier d'un chèque de 100 ou 200 euros.
Et on va en avoir qui vont nous dire « Mais alors moi, je fais l'effort de prendre le train, je fais l'effort d'aller au travail à vélo, mais par contre, quand je vais prendre ma voiture pour le week-end ou quand je vais partir en vacances, je vais devoir payer le litre à 2,50 euros. »
qui ne seront pas considérés comme les gros rouleurs en question.
Mais oui, mais enfin, ça ne va pas, ça. On doit favoriser les déplacements en transport collectif, faire en sorte de rendre gratuit l'accès au TER, au métro, aux trams, partout où c'est possible. Aujourd'hui, l'État prend en charge 50%. Les collectivités, les employeurs, prennent en charge 50% du ticket de métro ou du TER. Eh bien, je propose que l'État prenne en charge les 50 autres pourcents pour que tous les salariés qui ont la possibilité de prendre des transports collectifs puissent le faire gratuitement. Voilà une incitation forte et massive pour laisser la voiture à la maison. Donc, transport gratuit. Oui, transport gratuit pour les salariés et pour les étudiants.
Voilà ce qu'il faut faire tout de suite et partout en France.
Fabien Roussel, la nationalisation d'EDF, ça, on sentait bien qu'il y avait un petit clin d'œil pour vous quand même.
Oui, sauf que, sauf que, ce n'est pas une nationalisation. C'est une recapitalisation. C'est l'État qui passe de 84% à 100% dans une entreprise privée, une société anonyme. Ce n'est pas une nationalisation. Nous, ce que nous voulons, c'est que l'État crée un EPIC, un établissement public dans lequel, c'est l'État qui gère, élargi au périmètre de ENGIE, ENGIE qui est le distributeur d'électricité, pour faire en sorte que l'État retrouve sa pleine et entière souveraineté en matière de production d'électricité, mais aussi de distribution d'électricité. Et il y a des enjeux lourds derrière.
Parce que, si l'État recapitalise et que, demain, il décide de démanteler EDF, mais on va en marche arrière de ce qui est annoncé. Il y a un enjeu qui est fort. C'est les barrages hydrauliques. J'ai été visiter celui, le barrage dans la vallée d'Eau-Sour, dans le Pays Basque, qui est magnifique. Eh bien, ce barrage, il est à gestion publique. Demain, là, c'est à l'ordre du jour. La Commission européenne demande de les privatiser. Et donc, si l'État revient à 100% dans le capital d'EDF, mais qu'il décide de privatiser les barrages hydrauliques de notre pays, ça va à rebours de ce qu'il faut faire.
Nous, nous voulons, une entreprise publique, un EPIC, sortir du marché de l'arène, qui est ce système qui fait que EDF vend son électricité nucléaire pas cher, à un groupe comme Total, et Total le revend à la bourse et il se fait, il le multiplie par 3.
Parce que les prix, en effet, sont imposés aussi par une égalité au niveau européen, même si on produit moins cher
l'électricité qu'on propose. Il faut sortir du marché de l'arène, sortir du marché européen de l'électricité pour retrouver notre pleine et entière souveraineté. C'est ce que nous proposons et baisser les taxes à 5,5 sur les factures d'électricité et de gaz pour baisser la facture et pour les ménages et pour les entreprises. Et à chaque fois, je pense aux entreprises parce que nous avons besoin d'elles pour reconstruire et industrialiser le pays.
Vous avez besoin d'elles ? Enfin, il y a les gentils patrons et les mauvais patrons.
Non, je ne dis pas ça. Je dis qu'on a besoin aujourd'hui de réindustrialiser le pays et qu'on réindustrialisera le pays en permettant, entre autres, d'avoir une électricité décarbonée et peu chère. Vous savez que ceux qui proposent 100% renouvelable, néga-water, pour pouvoir faire 100% renouvelable et se priver de nos centrales nucléaires, ils proposent de désindustrialiser le pays. On ne pourra pas ouvrir de nouvelles usines, une industrie dans notre pays sans électricité décarbonée.
Vous êtes un des fervents défenseurs du nucléaire et de la réindustrialisation et on se dit que là, évidemment, ça doit coincer un petit peu avec Jean-Luc Mélenchon. Je ne sais pas si vous vous parlez, mais si vous vous parlez forcément là-dessus, ça ne peut pas marcher.
Je suis certain que sur ces sujets, on peut avoir un débat de fond, mais je ne chercherai pas à le convaincre ni à convaincre les écologistes. Moi, ce que je veux, c'est interpeller les Français et que ce soit les Français qui s'expriment là-dessus. C'est pour ça que je veux aller à leur rencontre une nouvelle fois dans ce nouveau quinquennat et que l'on puisse pousser ensemble et qu'ils donnent de la force au Parti communiste français, à ses élus et qu'ils nous disent oui, c'est vous, à gauche, qui avez raison là-dessus.
Il nous faut un service public de l'électricité qui puisse produire et du renouvelable et du nucléaire et garantir une électricité pas chère et pour nos usines et pour les ménages.
Fabien Roussel, aujourd'hui, Emmanuel Macron est à Versailles pour une rencontre avec notamment les investisseurs étrangers, ce qu'il appelle Choose France. Et puis, il y a ces révélations, les révélations du journal Le Monde mais de nombreux journaux européens également qui révèlent les liens entre le Emmanuel Macron ministre de l'économie et l'entreprise Uber dans le dos, semble-t-il, du président de l'époque François Hollande et des principaux ministres. Emmanuel Macron qui aurait favorisé Uber. Qu'est-ce que ça vous inspire ?
Eh bien, ça ne fait que conforter et confirmer ce que nous, on voyait et que l'on a dénoncé. C'est qu'on a un président de la République qui va imposer en France un modèle américain. C'est la Start-up Nation. Et on a vu comment il a osé trafiquer dans le dos du gouvernement Hollande de l'époque contre son premier ministre. Il a reçu en coulisses le PDG de Uber et ses adjoints. Il leur a demandé même d'écrire des amendements. Il a trouvé un député au sein de l'Assemblée nationale pour défendre des amendements qui favorisaient l'installation de Uber dans notre pays. Et on voit aujourd'hui d'ailleurs les conséquences que ça a. Ce que je dis d'ailleurs... C'est quoi les conséquences que ça a ?
Au fond, c'est ça la vraie question. Je ne dis pas qu'il faut supprimer Uber.
Je ne dis pas ça. C'est ça, j'allais vous dire. Vous auriez fait quoi ? Est-ce que vous auriez dit qu'il faut supprimer Uber ? Ce que je dis,
c'est que... Finalement. Qu'est-ce qu'ils demandent les gens, les conducteurs et même ceux qui font du vélo derrière ? Ils demandent d'avoir des droits et de la protection.
Uber et Uber Eats.
C'est à ça que vous pensez ? Il demande de la protection sociale. Il demande d'avoir un contrat de salarié. Et c'est le combat que nous avons mené d'ailleurs à l'échelle.
Il s'est trompé de combat quoi, Emmanuel Macron.
Ah bah lui carrément. Qui d'avoir des liens avec Uber, il aurait dû...
Vous, vous auriez utilisé ces liens pour dire bon bah faites un vrai statut de salarié quoi.
Il fait le choix du monde des affaires, de ces multinationales, au lieu de penser à la protection des Français. La protection du travail. Protéger les Français. Moi je veux protéger les Français. Je veux protéger les salariés Uber. Or, ce ne sont pas des salariés. Ils ont un statut d'auto-entrepreneur. Ils n'ont pas de vacances. Ils n'ont pas de protection sociale. C'est sur eux que ça repose. Et c'est pour cela que nous demandons à ce qu'on transforme les contrats d'auto-entrepreneurs en contrats de salariés. A ce qu'ils soient assimilés comme des salariés. Et nous proposerons, nous, le groupe GDR, un texte de loi à l'Assemblée nationale visant à réglementer et encadrer les VTC.
et ces contrats d'auto-entrepreneurs parce qu'il n'y a pas que Uber là-dedans pour que ces jeunes hommes, ces jeunes femmes, ceux qui travaillent là-dedans aient un minimum de protection et qu'on arrête avec la concurrence déloyale avec d'autres professions telles que les taxis.
Fabien Roussel, pendant votre campagne, vous aviez dit un bon vin, une bonne viande, un bon fromage. Pour moi, c'est ça la gastronomie française. Mais pour avoir accès à ce bon, à cette bonne gastronomie, il faut en avoir les moyens. Est-ce qu'aujourd'hui, il n'y a pas un problème de décalage entre, en effet, la qualité de la nourriture mais qui ne serait réservée qu'aux riches et une nourriture de moins bonne qualité et avec un impact sur la santé qui serait pour les pauvres ? J'en veux pour preuve le rapport de l'ANSES qui doit paraître demain qui, selon les premières fuites, dit qu'il y a du nitrite dans le jambon qui tue, qui entraîne des cancers. Quel est votre regard là-dessus ?
Est-ce qu'il faut l'interdire ?
Il y a aujourd'hui de l'alimentation de mauvaise qualité, pas chère et que l'on retrouve dans certaines grandes surfaces d'ailleurs, à bas prix. Ce n'est pas juste. Ça veut dire que quand on n'a pas les moyens, on doit... on n'a accès qu'à la malbouffe. Ce n'est pas juste. On a une gastronomie française qui est merveilleuse. Tout le monde doit pouvoir voir manger sain et à sa faim.
Moi, ce qui me fout les tripes en l'air en ce moment, j'en connais un qui veut parler aux tripes des Français, il ferait bien de parler de ça, c'est de voir ces dames, ces messieurs qui se retrouvent au bac à Lidl où il y a les produits à 1€ au milieu des rayons parce qu'aujourd'hui, ils sont réduits à ça pour pouvoir manger à leur faim. De l'autre côté, l'Union Européenne vient de céder un accord avec la Nouvelle-Zélande pour importer du mouton, de l'agneau pas cher, 38 000 tonnes de plus qui va arriver en Europe et en France à 9€ le kilo quand l'agneau produit en France.
Mais on fait quoi ? Moi, je suis tuée. C'est-à-dire, dans l'absolu, oui. Mais là, aujourd'hui, demain, les gens qui vont faire leur caissifon, comment ils sont à 1€ près ?
Un, on soutient les éleveurs européens et on soutient les éleveurs français. Je fais une demande...
Si ça veut dire de la viande plus chère dans les rayons,
comment il fera celui qui est en train de regarder dans les bacs ? D'abord, on n'importe pas des produits à bas coût qui, en plus, arrivent gelés dans des bateaux. C'est vendu comme des produits frais mais c'est conservé avec de l'azote pendant 15 jours sur le bateau. Bonjour. Donc, déjà, il faut savoir ce qu'on mange. Ce n'est pas cher mais ce n'est pas bon. Déjà, on interdit l'importation de ces produits à bas coût. Je demande à ce que le gouvernement mette à l'ordre du jour un texte de loi qui transcrit dans notre droit l'importation de Nouvelle-Zélande et que les Français, les parlementaires puissent voter pour ou contre.
La deuxième chose, oui, il faut augmenter le pouvoir d'achat des Français. Nos agriculteurs, ceux qu'ils produisent en France, il faut qu'ils aient des débouchés et donc il faut que les Français aient les moyens de pouvoir acheter de la bonne viande, du bon fromage, de la bonne eau de Saint-Amand-les-Eaux. Il n'y a pas que du vin, il y a de la bière. Évidemment, là, vous plaidez pour la circonscription. Mais il faut pouvoir donner un pouvoir d'achat plus fort aux Français. C'est pour ça qu'il faut augmenter les pensions et les salaires. Un débouché pour nos agriculteurs, c'est faire en sorte que les Français aient les moyens d'acheter ce qui est produit en France et qui coûte plus cher.
Tout se tient et il faudra effectivement qu'il puisse en avoir les moyens. Merci Fabien Roussel d'être venu à ce micro ce matin. Je rappelle que vous êtes le secrétaire national du Parti communiste français. Désormais député NUPES de la 20e circonscription du Nord. Député communiste. Député communiste. Je vois bien que le mot NUPES, vous avez quand même du mal. 8h53. Je crois...
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Fabien Roussel