Ukraine : une trêve... à quel prix ?- Reportage C dans l'air 25.02.2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Quelques heures après l'entretien de D.Trump et d'E.Macron sur la négociation d'envoi de troupes en Ukraine...
Une paix durable semble difficile à trouver. Rires. - A la Maison-Blanche, hier, beaucoup de poignées de main, des moments de complicité entre 2 présidents qui s'affichent proches, très proches.
Et face à la presse... - D.Trump: Nous avons une relation très particulière avec la France et avec le gentleman à ma droite. - Comme si de rien n'était. - E.Macron: Nous partageons le même objectif.
C'est ce qu'on a discuté pendant une heure après la visioconférence et ce qu'on va continuer de travailler. On voit de bonnes avancées. - D.Trump: Je n'ai aucune idée de ce qu'il a dit, mais c'est une très belle langue. - Une bonne entente affichée suffira-t-elle à ramener l'Europe au sein des négociations?
Le président français veut y croire, reprenant même son hôte sur une de ses habituelles fake news, en riant. - D.Trump: New York prête son argent à l'Ukraine.
Ils vont retrouver leur argent. - E.Macron: Pour être franc, nous avons payé 60 % de l'effort total, comme les Etats-Unis, pour des prêts, des garanties, des subventions...
Nous avons réellement fourni de l'argent. - Derrière les belles images, D.Trump entend trouver un accord de paix au plus vite en Ukraine. - D.Trump: Notre objectif est d'arriver à un cessez-le-feu le plus rapidement possible et, à terme, d'arriver à une paix permanente.
Je pense qu'Emmanuel est d'accord avec moi sur les points les plus importants, notamment le fait que c'est le bon moment et peut-être le seul moment. - Le président français insiste sur des garanties de sécurité. - E.Macron: Cette paix ne peut pas signifier la capitulation de l'Ukraine.
Cette paix ne peut pas être un cessez-le-feu sans garanties. Cette paix doit prévoir les conditions d'une souveraineté ukrainienne, permettre à l'Ukraine de négocier avec les parties prenantes toutes les questions qui la touchent et pour lesquelles elle est le seule légitime à négocier. - Des discours qui divergent et des conséquences diplomatiques immédiates.
A l'ONU, hier, les Américains votent avec les Russes contre une résolution préparée par Kiev et les Européens sur le retrait immédiat de l'armée russe en Ukraine. Washington fait même adopter une 2e résolution sur l'Ukraine, sans mentionner l'intégrité de son territoire. - Cette résolution nous fait entrer sur le chemin de la paix.
Nous devons l'utiliser pour construire un futur en paix pour l'Ukraine, la Russie et la communauté internationale. - Si nous devons trouver le chemin d'une paix véritable, le Conseil de sécurité doit être clair sur les origines de cette guerre. - Pendant ce temps, en Ukraine, les attaques massives continuent.
Ce matin, les sirènes ont retenti partout, alors que le pays est entré dans sa 4e année de guerre. A Moscou, le Kremlin se félicite du vote américain à l'ONU. Alors que les présidents français et américain sont en conférence de presse, V.Poutine apparaît à la télévision russe. - V.Poutine: Nous sommes reconnaissants envers nos partenaires qui s'efforcent de garantir l'obtention de la paix.
Les Européens, mais aussi d'autres pays ont le droit d'y participer. Nous aimerions travailler avec nos partenaires américains dans le domaine des terres rares en Russie, mais aussi dans les nouveaux territoires. - Une nouvelle proposition russe a son désormais partenaire américain.
V.Zelensky est attendu sous peu à Washington pour conclure, justement, un accord sur les minerais ukrainiens. - C.Roux: Beaucoup de choses sont évoquées dans ce reportage.
On va y revenir. Retrouvons S.Dridi.
Bonsoir, vous êtes journaliste et correspondante à Washington pour France 24 et la RTBF. Vous étiez hier dans le bureau Ovale. Comment les Américains ont raconté cette rencontre? de France et d'Europe, les fractures entre les Etats-Unis et l'Europe, et en particulier la France? - S.Dridi: Oui, parce que les Américains, que ce soit sur CNN ou dans le "New York Times", parlent beaucoup de l'offensive de charme d'E.Macron.
Ce body language, ce langage corporel très chaleureux, presque exagéré, ces sourires, E.Macron qui emploie le terme "cher Donald"...
Les Américains ont aussi noté qu'E.Macron a recadré le président Trump dans le bureau Ovale et s'en est plutôt bien sorti. On a vu un D.Trump faire une petite moue, disant "si vous voulez croire cela", sur l'aide des Européens l'Ukraine, "OK"...
Il n'a pas réagi plus que ça. Ca a été très noté par les Américains. Au final, on dit aujourd'hui que les 2 présidents ont toujours une lecture de la guerre très différente.
C'était assez frappant de voir E.Macron employer le terme de "agresseur" à propos de la Russie, aux côtés de D.Trump, dans le bureau Ovale.
Dernièrement, à la Maison-Blanche, on a une rhétorique similaire à la rhétorique de la Russie. C'était important d'avoir le président français ici pour recadrer les choses. Les Américains notent qu'on a 2 discours différents et que surtout, D.Trump, publiquement, n'a pas apporté de garanties, ni rien dit de concret.
Certains disent que c'est pour ne pas fâcher Poutine avant une éventuelle rencontre. En tout cas, on n'a rien de concret de la part de D.Trump. - C.Roux: Il va recevoir le Britannique K.Starmer jeudi.
Il le fait par politesse? Il a des choses à attendre de ces face-à-face avec des leaders européens, détenteurs de la puissance nucléaire? C'est le cas de la France et des Britanniques.
Il le fait par convenance, par politesse ou plus que ça? - S.Dridi: Je pense que D.Trump, on sait qu'il ne fait pas les choses, en général, par politesse.
Il fait ce qu'il a envie, quand il en a envie. La veille de la visite d'E.Macron, il n'a pas été très poli avec le Premier ministre polonais, qu'il a vu 5 minutes.
Je crois que les Polonais s'attendaient à un peu plus qu'à un entretien si rapide. E.Macron a dit que D.Trump avait réarrangé son planning pour accueillir le président français.
Ca dénote d'un certain respect pour E.Macron, alors que la relation s'est extrêmement dégradée après le 1er mandat. La relation entre Trump et E.Macron était très tendue. - C.Roux: Vous étiez dans le bureau Ovale.
Vu d'ici, quand on regarde la conférence de presse, on a l'impression que chacun est dans son couloir, qu'E.Macron porte les messages que veulent porter les Européens sur une paix qui ne serait pas une reddition, sur les conditions d'une sécurité pour l'Ukraine, et que de l'autre côté, on a un D.Trump qui déroule son agenda avec le zèle que peuvent avoir les Américains, notamment dans les résolutions à l'ONU.
Chacun est dans son couloir? - S.Dridi: Oui, c'est ce qu'on dit.
Sauf ces sourires et ces serrages de main, chacun reste convaincu. Je pense que D.Trump a quand même obtenu le début de ce qu'il souhaite, c'est-à-dire un président français qui, au nom des Européens, dit que les Européens sont prêts à faire plus pour la défense européenne, en tout cas pour apporter plus au budget de l'Otan.
D.Trump a envie d'entendre ça. E.Macron a insisté sur ce point pour essayer d'amadouer D.Trump.
Il était attentif au message. Ca ne veut pas dire qu'il change. En lui demandant s'il allait aussi rencontrer le président Zelensky, il a répondu "peut-être pas cette semaine mais la semaine prochaine".
On ne s'attendait pas à ce que ce soit forcément si tôt. Le président Macron était content de l'entendre, même
Emmanuel Macron