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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 6 janvier 2025 25 min

Dix ans de l'attentat de Charlie Hebdo, Nicolas Sarkozy au tribunal, budget 2025... Le 8h30 franceinfo de Valérie Pécresse

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Valérie Pécresse

Bonjour Valérie Pécresse, la tempête floriane a conduit la SNCF à réduire son offre de transport aujourd'hui et l'impact se fait ressentir en Ile-de-France, votre région ce matin, moins de RER, moins de TER aussi, vous qui êtes responsable des transports en commun en tant que patronne de la région, qu'est-ce que vous dites aux usagers ce matin qui galèrent pour aller bosser notamment ?

0:24
Invité

Alors oui, c'est un démarrage difficile de l'année pour les franciliens, mais les arrêts de lignes n'auront lieu qu'à partir de 9h, 9h, 9h30. En réalité, la tempête floriane est une tempête qui est extrêmement dangereuse parce qu'avec les vents violents, elle peut provoquer des chutes d'arbres sur les voies. Et donc pour éviter des accidents qui pourraient être mortels, on est obligé d'arrêter une dizaine de lignes entre 9h et 15h aujourd'hui. Donc il faut différer ces déplacements si on a prévu de se déplacer entre 9h et 15h, mais normalement tout devrait revenir dans l'ordre dans l'après-midi.

0:57
Présentateur

C'est le principe de précaution qui est appliqué ?

0:59
Invité

Ah mais là, c'est une question de sécurité des voyageurs parce que dans toutes les zones rurales, dans toutes les zones périphériques de l'île de France, il peut y avoir des chutes de branches d'arbres et ça peut provoquer vraiment des accidents graves.

1:10
Valérie Pécresse

Et sur la route, pareil, précaution aussi ?

1:12
Invité

Évidemment, tous ceux qui prennent la route doivent aussi penser à ces chutes d'arbres qui peuvent être mortelles.

1:18
Présentateur

Blocage aussi du côté des routes justement, avec des agriculteurs qui sont en colère, notamment dans l'Essonne, dans les Yvelines, toujours en île de France. La coordination rurale, qui est le deuxième syndicat agricole en France, menace toujours de bloquer la capitale. Est-ce que vous comprenez ces actions ? Est-ce que vous les approuvez ?

1:35
Invité

La coordination rurale ne cache pas ses sympathies pour le Front National. Alors je voudrais quand même lui rappeler quelques vérités. C'est que c'est à cause du Rassemblement National et à cause de la motion de censure qu'aujourd'hui, les aides à nos agriculteurs n'ont pas pu être votées avant Noël. C'est donc en partie à cause du Front National et de la censure de Marine Le Pen que nos agriculteurs sont dans la panade. Donc moi, j'aurais un petit conseil à donner à la coordination rurale.

Au lieu de bloquer toute l'île de France et d'empêcher tout le monde d'aller travailler, s'ils allaient bloquer le siège du Rassemblement National en leur expliquant que les conséquences de la motion de censure sont absolument dommageables pour les agriculteurs.

2:11
Valérie Pécresse

La coordination rurale qui réfute tout lien avec le Front National, avec le Rassemblement National aujourd'hui.

2:15
Invité

Bien évidemment et d'ailleurs ça se voit dans nos campagnes.

2:18
Valérie Pécresse

C'était il y a dix ans. En janvier 2015, Valérie Pécresse, le terrorisme a frappé la France. 17 personnes tuées dans ses attaques à Paris et dans les Hauts-de-Seine, dont nos confrères de Charlie Hebdo. Dix ans après, quelles leçons vous en tirez au-delà des images ? Qu'est-ce que vous en gardez ?

2:35
Invité

D'abord, moi je voudrais avoir une pensée pour nos amis américains qui ont connu en Louisiane un nouvel attentat terroriste islamiste pendant les vacances. Donc cette commémoration des attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan, puisque l'année 2025 c'est une grande année malheureusement de commémoration de ces actes tragiques, commence par une prise de conscience que le combat contre le terrorisme islamiste il est toujours complètement d'actualité. Il n'est pas du tout derrière nous. Donc oui, on va commémorer et on a un devoir de mémoire, mais on a aussi un devoir de protection. Un devoir de protection des Français, un devoir de protection contre le terrorisme islamiste.

Et donc c'est avec ces deux urgences, ces deux exigences, moi que je commencerai l'année. Et bien évidemment, vous savez, j'ai été élue trois semaines après les attentats du Bataclan à la tête de la région qui venait d'être massivement endeuillée. Et pour moi, ça reste vraiment une énorme blessure, une énorme douleur. Alors oui, il faut qu'on commémore. Pourquoi il faut qu'on commémore ? Parce que les enfants qui aujourd'hui sont dans les lycées par exemple, ou qui aujourd'hui vont à l'école, avaient, mettons, les enfants qui rentrent en seconde aujourd'hui, ils avaient cinq ans au moment du Bataclan, au moment de Charlie Hebdo. Ils ne se souviennent plus.

Et donc il faut leur redire comment tout ça s'est passé, pourquoi tout ça s'est passé. Leur expliquer que, oui, en France, on a le droit de rire de tout. On a le droit de caricaturer. On a le droit de se moquer. Et que c'est une liberté.

4:12
Valérie Pécresse

Et donc c'est pour ça que la région va beaucoup se mobiliser. Justement, avant de parler du kit pédagogique que vous proposez au lycée francilien, un mot sur cette prise de conscience. Dix ans après François Hollande, président de la République, au moment des attentats, et qui, on le rappelle, avait organisé une grande marche le 11 janvier avec des dizaines, et vous y étiez, des chefs d'État et de gouvernements internationaux, explique aujourd'hui justement que l'esprit du 11 janvier n'a pas disparu, il s'est dilué. Comment vous la traduisez, cette phrase ?

4:44
Invité

Je crois qu'on ne se rend peut-être plus suffisamment compte dix ans après d'à quel point notre liberté est précieuse et à quel point nous devons nous battre pour la conserver. Cela étant dit, je vous le dis, les attentats de Louisiane il y a une semaine sont une piqûre de rappel, tout comme tous les attentats terroristes islamistes qui se produisent partout dans le monde.

5:05
Valérie Pécresse

Mais ça veut dire quoi ? Si on devait réorganiser une marche du 11 janvier demain, il n'y aurait pas autant de Français dans la rue, ces millions de Français qui avaient défilé ce jour-là ?

5:16
Invité

On défile toujours en partie, j'allais dire, sous le choc et sous la douleur. Moi, je crois que les Français sont très attachés à ce qui fait le sel de notre esprit français. Et cet esprit français, c'est un esprit qui est libre. Et cette liberté d'expression, on doit se battre pour la conserver. C'est pour ça, je vous le disais, que nous, nous allons faire une opération pédagogique en lien avec Charlie Hebdo. Charlie Hebdo avait tendu sa main à toutes les régions de France et nous avait proposé, pour cet anniversaire, de faire un kit pédagogique avec eux. Donc, on va faire ces 12 caricatures qui ont fait la France, un kit pédagogique qu'on va proposer à tous les professeurs des lycées.

C'est une opération qui commence demain. Et c'est une opération qui est clairement militante. Elle est militante contre le terrorisme islamiste puisque l'une des caricatures que nous allons présenter, c'est celle de la une de Charlie Hebdo au lendemain de l'assassinat de Dominique Bernard à Arras où on voit un professeur qui est criblé de coups de couteau et on voit la société française derrière qui le pousse en avant et qui dit « on est tous derrière vous ». Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire que nos professeurs sont en première ligne dans la lutte contre le terrorisme et contre l'obscurantisme.

6:24
Présentateur

Mais précisément, les professeurs, ils sont en première ligne et certains d'entre eux qui peuvent nous écouter en ce moment doivent se dire « facile à dire ». Mais quand il s'agit de se retrouver devant des élèves et de leur montrer ces caricatures, et on l'a bien vu, on l'a entendu aussi dans des reportages sur France Info, se retrouver avec des élèves qui parfois leur disent « est-ce que vous êtes vraiment sûr de ce que vous nous dites là ? » Est-ce que vous comprenez, vous, que les professeurs, les enseignants aient un doute au moment de montrer ces caricatures ?

6:52
Invité

On ne peut pas le comprendre mieux que moi. Nous sommes la région dans laquelle on a assassiné Samuel Paty. Et moi, le lendemain de sa mort, j'étais dans son collège et j'ai fait toutes les marches avec les enseignants, avec les élèves, avec les habitants de Conflans et d'Eranie. Donc, bien évidemment, je connais le choc et je connais le risque aussi d'autocensure qu'il peut y avoir dans nos collèges et dans nos lycées a montré désormais des caricatures. Et c'est tout l'objet de ce projet que nous avons fait avec Charlie Hebdo parce qu'on remonte l'histoire de la caricature.

On commence avec Louis-Philippe en poire et on montre à quel point, à l'époque, se moquer du pouvoir, ça pouvait coûter aussi la vie à un caricaturiste. Ensuite, on montre qu'on peut se moquer de toutes les religions, toutes sans exception. Donc, on a des caricatures sur les religions. Et puis, surtout, on montre qu'on peut se moquer aussi des jeunes. On peut se moquer... Il y a de l'autodérision. On peut se moquer des réseaux sociaux.

Et après ce projet, nous ferons un concours de caricatures interlycées et nous demanderons aux jeunes de faire des dessins de presse, des dessins drôles, sur la question des fake news et de la désinformation parce que je pense que c'est une question de société très importante. Comment est-ce qu'on désinforme sur les réseaux sociaux notre jeunesse et de leur faire prendre conscience qu'ils peuvent eux-mêmes démonter en réalité la manipulation mentale dont ils peuvent faire le plus.

8:14
Valérie Pécresse

Donc, l'objectif, c'est d'expliquer aux élèves qu'on peut rire de tout via des caricatures.

8:19
Invité

Et que c'est ça, la France.

8:20
Valérie Pécresse

Est-ce que l'objectif, c'est aussi de faire comprendre aux élèves la différence entre terrorisme, islamisme et islam ? Parce que vous avez vu aussi de nombreuses associations musulmanes qui disent qu'on est victime d'amalgame.

8:33
Invité

Moi, je pense que dans un pays comme la France, qui est un pays qui a accueilli dans son histoire depuis des siècles, des personnes d'origine, de culture, de religion différente, amalgamer islamisme et islam, ce serait une erreur fatale. Voilà, ce serait une erreur fatale. En revanche, ce que je crois, c'est que nous devons emmener avec nous tous nos compatriotes de confession ou de culture musulmane dans ce combat contre le terrorisme. Et d'ailleurs, les premières victimes du terrorisme islamiste, ce sont les musulmans eux-mêmes dans le monde. Enfin, en nombre, c'est une évidence.

9:09
Présentateur

Il faut parler, Valérie Pécresse, de Mayotte. Trois ministres, Bruno Rotaillot, Manuel Valls, Sébastien Lecornu, ont annoncé hier dans une tribune des mesures de fermeté contre l'immigration irrégulière à Mayotte, allonger la durée de résidence régulière des parents, requise pour l'accès des enfants à la nationalité française, la lutte contre les reconnaissances frauduleuses de paternité, étendre aussi l'aide au retour volontaire aux ressortissants africains dans leur pays d'origine. Voilà, ça fait partie de ces mesures annoncées hier. Est-ce que vous êtes totalement alignés avec tout cela ?

9:38
Invité

Alors d'abord, il faut que vous sachiez que l'Île-de-France a un lien tout à fait particulier avec les Outre-mer. Parce que nous sommes la première région de France qui accueille les ultramarins. Nous avons plus de 600 000 ultramarins en Île-de-France.

9:49
Présentateur

Et notamment les Maorais.

9:50
Invité

Et notamment les Maorais. Et donc, nous avons des partenariats avec les territoires d'Outre-mer. On les a aidés pendant le Covid. On les a aidés à préparer les Jeux olympiques. Enfin, on accueille les étudiants. Donc, on a un partenariat qui est très structuré. Et quand nous avons eu ce drame de la tempête Chido, la région Île-de-France a immédiatement voté 500 000 euros d'aides d'urgence pour aider à rendre l'eau potable, pour aider à construire un hôpital modulaire, pour aider à apporter de l'aide alimentaire immédiate. Donc, on est à fond en soutien avec nos compatriotes de Mayotte.

Mais vous parlez de cette question de l'immigration clandestine à Mayotte et aussi de cet appel d'air, en réalité, qui se fait parce que les femmes comoriennes viennent accoucher à Mamoudzou pour que leurs enfants puissent un jour être français. Donc, il y a une espèce de détournement du droit français, d'abus de droit. Et ça fait des décennies que l'on dit qu'il faut mettre fin à ces dérives. Et je crois que maintenant, il est temps d'agir. Il est temps d'agir parce qu'on le voit bien, en fait. Cet appel d'air à l'immigration clandestine comorienne a aussi transformé Mayotte en bidonville.

Et donc, quand on ne peut pas accueillir correctement des personnes, alors je crois qu'il faut prendre des mesures pour éviter que cela ne se reproduise. Et je partage tout à fait l'intuition de Bruno Retailleau, Manuel Valls et Sébastien Lecornu sur le sujet.

11:12
Valérie Pécresse

Le droit du sol est déjà restreint, en particulier à Mayotte. Il est différent de la métropole. Entre 100 et 200 000 sans-papiers. Aujourd'hui, on a par définition des difficultés à quantifier le nombre de sans-papiers sur Mayotte. Qu'est-ce qu'on fait pour tous ces gens ? Est-ce qu'on leur permet de s'installer définitivement ?

11:31
Invité

Ou alors... Moi, je crois que, d'une manière générale, une des priorités du gouvernement Bayrou va être de remettre de l'ordre à nos frontières et pas seulement à Mayotte. Et donc, le premier sujet en matière de politique migratoire pour le gouvernement, et ce n'est pas un petit sujet, c'est l'exécution des obligations de quitter le territoire français. Aujourd'hui, quand quelqu'un est sous OQTF, sous obligation de quitter le territoire français, il y a une décision judiciaire, administrative d'abord, judiciaire souvent ensuite, qui lui dit, il faut quitter ce territoire. Vous n'avez pas le droit d'être ici.

12:04
Valérie Pécresse

Donc, pour Mayotte en particulier, il faut accélérer.

12:06
Invité

Pour Mayotte, à court terme, bien évidemment, la première chose qu'il faut faire, elle est humanitaire. C'est qu'aujourd'hui, qu'ils soient comoriens ou qu'ils soient maorais, les habitants du territoire de Mayotte sont aujourd'hui privés de tout. Donc, aujourd'hui, l'urgence, elle est humanitaire. Mais quand on aura passé ce stade de l'urgence humanitaire, des soins, de la nourriture, eh bien, à un moment donné, il faut faire exécuter ces OQTF. Et aujourd'hui, on a cette exigence, à la fois sur le territoire de Mayotte et à la fois sur le territoire français de métropole.

Parce qu'un pays qui n'arrive pas à faire respecter ses frontières, c'est un pays qui n'arrive pas à se faire respecter tout court. Et moi, je suis désolée, mais je suis partisan d'un État fort.

12:47
Présentateur

Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Brachia. Et la présidente LR de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, on évoquait Mayotte et notamment la question migratoire. Cette question qui est l'un des points de crispation du nouveau gouvernement de François Bayrou, dont on attend dans huit jours le discours de politique générale. François Bayrou qui refuse, lui, une nouvelle grande loi immigration. Est-ce que pour vous, c'est essentiel, une nouvelle loi ?

13:16
Invité

D'abord, je vous l'ai dit, la priorité en matière migratoire, c'est d'abord de faire respecter le droit français. Donc de faire respecter les décisions françaises. Je parlais des obligations de quitter le territoire français, c'est une évidence.

13:27
Présentateur

Donc pas besoin d'une nouvelle loi ?

13:28
Invité

Le vrai problème d'une nouvelle loi immigration, c'est que je ne vois pas ce qui a changé dans la jurisprudence du Conseil constitutionnel aujourd'hui, entre l'année dernière et aujourd'hui. Donc le risque, si on faisait une nouvelle loi, c'est qu'en l'état actuel de la jurisprudence du Conseil constitutionnel, cette nouvelle loi risquerait d'être censurée comme l'a été la loi l'année dernière. La vérité, ce que je crois, c'est qu'il faut une profonde évolution de la jurisprudence du Conseil constitutionnel sur ces sujets et notamment sur les sujets d'immigration. Ça veut dire un changement de constitution ? Mais pas que.

Aussi sur la question de la lutte antiterroriste, on parlait tout à l'heure des attentats antiterroristes, vous savez que le Conseil constitutionnel avait jugé inconstitutionnel de mettre des peines de rétention de sûreté pour les terroristes islamistes à leur sortie de prison. Or, vous savez qu'il y a des dizaines de terroristes islamistes qui chaque année sortent de prison et on ne peut pas aujourd'hui les mettre en résidence surveillée. Donc je pense que... Vous avez déjà été condamné ? Oui, oui, mais on l'a fait pour les criminels pédophiles. On a fait la rétention de sûreté.

Moi, je pense qu'on doit le faire aussi pour des criminels qui sont extrêmement dangereux, qui sont des terroristes radicalisés, qui ne se sont pas du tout déradicalisés en prison. Pour finir sur votre question, ce que je crois aujourd'hui, c'est que le général de Gaulle n'a pas fait la constitution de 1958 pour qu'elle protège les ennemis de la France. Il n'a pas fait la constitution de 1958 pour affaiblir l'État français. Donc je crois que la jurisprudence du Conseil constitutionnel, telle que petit à petit elle s'est construite au fil des ans, etc., a abouti finalement à un peu échapper à son créateur et à l'esprit du constituant de 1958. Donc je crois qu'il faut...

15:04
Valérie Pécresse

Là, pardon,

15:04
Invité

mais on parle d'immigration,

15:05
Valérie Pécresse

Valérie Pécresse. Oui, oui, oui, mais... Ce n'est pas forcément des ennemis de la France.

15:09
Invité

Non, mais je parlais des terroristes islamistes. OK. Je parlais des terroristes... Sur l'immigration, c'est affaiblir l'État français, affaiblir l'État français, affaiblir l'État français. Si on vote, si le Parlement décide de voter une loi dans laquelle il dit, par exemple, ce que je pense être tout à fait légitime, qu'une personne qui est clandestine, irrégulière, en France, n'a pas les mêmes droits qu'une personne qui est dans la légalité, une étrangère en situation régulière ou un Français qui n'a pas les mêmes droits, qui ne doit pas avoir les mêmes droits, ça me paraît légitime.

15:41
Valérie Pécresse

C'est le cas, Valérie Pécresse. C'est totalement faux.

15:43
Invité

La jurisprudence du Conseil constitutionnel aujourd'hui impose qu'on donne les mêmes droits sociaux à un étranger clandestin en situation irrégulière et à un étranger en situation régulière ou à un Français. Et ça donne quoi ? Je vous donne un exemple. En Ile-de-France, 50% de réduction dans les transports en commun pour les clandestins. Je trouve que c'est totalement ridicule. Le Conseil constitutionnel a censuré le législateur quand il a voulu changer la loi en disant même droit pour tous. Eh bien, c'est une jurisprudence qui n'est absurde. Donc, pourquoi je dis ça ?

Parce que, vous savez qu'en mars, il va y avoir un changement au Conseil constitutionnel, il va y avoir la nomination de nouvelles personnalités.

16:16
Présentateur

Et moi,

16:17
Invité

j'appelle, parce que le Conseil constitutionnel est une juridiction souveraine, j'appelle à un changement de jurisprudence du Conseil constitutionnel à la faveur de ces nominations, de ces nouvelles nominations qui vont être faites.

16:28
Présentateur

Ça ne passe pas forcément par un changement de constitution. Non,

16:31
Invité

mais regardez, aux Etats-Unis, je vous explique. Aux Etats-Unis, par exemple, c'est la Cour suprême des Etats-Unis qui, à un moment donné, a déclaré légal l'avortement. C'est un changement de jurisprudence. Les juges constitutionnels peuvent très bien décider de changer leur jurisprudence et de réinterpréter la Constitution de façon à ce qu'elle protège la France. Le nouveau ministre de l'Économie, Éric Lombard, convient à son... Et si, pardon, et si, évidemment, ça ne se faisait pas, il faudrait... Changer la Constitution. Voilà,

16:56
Valérie Pécresse

une loi constitutionnelle. Dans quel terme ? On verra. Pour le moment, le nouveau ministre de l'Économie, Éric Lombard, convient à son tour les partis pour discuter du budget. Avec Michel Barnier, à Matignon, à LR, des hausses d'impôts étaient prévues pour les plus riches et les très grosses entreprises. Il faut reprendre ces mesures ?

17:13
Invité

Moi, ce que je crois, c'est qu'il faut le moins d'augmentation d'impôts possible. Nous sommes un pays qui est déjà surimposé. Et l'impôt juste, c'est l'impôt efficace. On est les champions du monde du paiement des impôts et nous n'avons pas des services publics champions du monde. Donc, ça veut dire qu'on peut dépenser mieux l'argent. Il y a des économies à faire partout. Et ce que j'aimerais, c'est que Éric Lombard, non seulement reçoive les partis, mais surtout qu'ils reçoivent tous ses confrères ministres et qu'ils leur disent vous devez être des chasseurs de gaspillage. Des chasseurs de gaspillage. C'est pas le cas aujourd'hui ? Mais non, il y a sûr que non.

Dans le dernier budget, on demandait aux collectivités locales de faire 4% d'économies sur leur budget. C'était les 5 milliards d'économies que les collectivités locales devaient faire. Nous ne sommes absolument pas responsables de la dette de l'État, je tiens à le dire, mais on nous demandait 4% d'économies. Pourquoi est-ce qu'on demande aux collectivités locales 4% d'économies et que l'État ne donne pas l'exemple et que tous les ministères ne font pas 4% d'économies ? Matignon, l'Élysée, le Parlement, pourquoi ils ne commencent pas par eux-mêmes ? Donc oui, il faut être chasseur de gaspillage. Depuis 10 ans, nous chassons les gaspillages en permanence.

Nous avons réduit de 10% nos dépenses de fonctionnement et cet argent, on l'a remis dans nos priorités. On a investi dans l'avenir. On a fait des mesures vraiment sociales. Donc ce qui est contraire du social, contraire de l'investissement d'avenir, c'est le gaspillage d'argent public. Et je vous assure, mais pour la région Île-de-France par exemple, pour 2025,

18:40
Présentateur

c'est 15 millions d'euros de moins pour la culture.

18:43
Invité

Alors, la culture, j'ai pris un engagement. J'ai pris un engagement et cet engagement, c'est de dépenser 100 millions d'euros par an pour la culture. Et cet engagement, il est totalement tenu. Nous avons cette année ponctuellement un certain nombre de baisses parce que nous n'avons plus l'Olympiade culturelle qui était un très grand investissement que nous avons fait pour les Jeux Olympiques. Nous avons fait parcourir des troupes, l'Île-de-France pour les Jeux Olympiques. Donc, mon engagement pour la culture, il est tenu. Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de collectivités en Île-de-France qui dépensent 100 millions d'euros pour la culture.

19:13
Valérie Pécresse

Sur les transports, c'est autre chose. Depuis le 1er janvier, tout trajet en métro, en train ou RER en Île-de-France est au prix de 2,50 euros. Un tarif unique, quel que soit le trajet effectué. Donc, vous le présentez comme une simplification mais en réalité, c'est surtout une grosse augmentation. Non,

19:28
Invité

c'est une révolution. Vous n'avez pas compris. C'est une révolution. C'est la révolution billétique. Oui, je voulais le plus augmenter. Parce que c'est tarif unique, deux tarifs uniques. 2,50 euros pour le train métro RER. Si on a deux, c'est qu'il n'y a pas unique. Non, deux tarifs uniques. Oui, mais c'est quand même très... On en a 50 000 aujourd'hui. Vous comprendrez que je les appelle les deux tarifs uniques parce qu'il y a 50 000 tarifs différents en Île-de-France aujourd'hui. Donc, un tarif de 2,50 euros pour le train métro RER et un tarif de 2 euros pour le bus et le tram. Et ça s'adosse à une vision, cette simplification ultime. Ça s'adosse à une vision.

Une vision d'une région sans frontières. Une région dans laquelle les habitants ont tous la même dignité où qu'ils habitent. Dans un quartier populaire, dans le quartier populaire de Grigny ou bien dans le territoire rural de Provins. Même dignité, même droit, même liberté de se déplacer, même possibilité, même égalité des chances.

20:23
Valérie Pécresse

Voilà. Mais avec des prix qui augmentent encore une fois, je le dis, Valérie Pécresse, le pass Navigo, il augmente lui aussi 88,80 euros par mois désormais. Pardon, un prix qui n'a cessé d'augmenter.

20:32
Invité

Pardon, pardon, ne mélangeons pas le pass Navigo, j'y viendrai parce que le pass Navigo c'est un autre sujet. Mais le ticket unique, qui vont grâce à Liberté Plus, le pass Liberté Plus qui est la deuxième grande innovation de cette année, pouvoir payer en post-paiement pour 1,99 euros tous leurs trajets correspondant s'offrir. Donc le sujet aujourd'hui c'est de prendre un Liberté Plus pour pouvoir payer moins cher et en revanche, les 2,50 euros, c'est pour les visiteurs, c'est pour les touristes.

Et effectivement, vous l'avez compris, mon obsession depuis déjà plusieurs années, c'est de faire payer un peu davantage les visiteurs et les touristes, ceux qui ne prennent que le métro dans Paris et c'est pour eux qu'effectivement ça va augmenter et la réforme est globalement équilibrée mais elle touchera beaucoup plus les visiteurs et les touristes qu'elle ne touchera les franciliens qui eux vont être très massivement bénéficiaires. Mais je reviens sur l'augmentation du Navigo quand même pour vous dire juste...

21:27
Présentateur

Ça c'est l'abonnement pour les non-franciliens c'est important.

21:29
Invité

Le pass Navigo c'est l'abonnement pour ceux qui vont travailler. Vous savez qu'on a le remboursement employeur quand on a un pass Navigo donc il va augmenter d'à peu près 1 euro par mois. C'est une petite augmentation négociée avec le gouvernement pour une colossale amélioration du service. On a aujourd'hui la ligne 14 pour aller à Orly pour aller jusqu'à Saint-Denis-Pléel. On a le RERE qui arrive à la Défense. La Défense-Gare du Nord en 10 minutes. Le RER A, le RER B, le RER D qui vont être désaturés de 10%. Le tramway 3 qui arrive à la Porte Dauphine. Le tramway 12 qui fait Massi-Évry. Un nouveau câble, le câble A qui va arriver en... Ça c'est... Pour les Français.

160 ou 3 métros nouvelle génération. Non mais voilà, la révolution des transports elle a un coût et ce coût il est payé mais vraiment au minimum par les idées.

22:17
Présentateur

Question importante Valérie Pécresse sur ce procès qui ouvre tout à l'heure cet après-midi à Paris. Vous avez été ministre d'un président qui va bientôt porter un bracelet électronique qui comparaît à nouveau devant la justice pour l'affaire du financement présumé par la Libye de sa campagne de 2007. Cette fois-ci Nicolas Sarkozy en cours 10 ans de prison 375 000 euros d'amende. Qu'est-ce que tout cela cette situation de Nicolas Sarkozy vous inspire ce matin ?

22:42
Invité

D'abord vous comprendrez que je ne peux pas faire des commentaires sur un procès qui va se dérouler qui est en cours mais bien évidemment la situation me rend triste parce que moi ce que je veux ce que je veux c'est me souvenir de Nicolas Sarkozy qui a été un grand président de la République et qui a fait des réformes courageuses et audacieuses et moi j'ai été fière d'être sa ministre d'être celle qui a apporté l'une des réformes les plus emblématiques celle de l'autonomie des universités alors aujourd'hui voilà nul n'est au-dessus des lois mais j'ai une pensée humainement pour lui et pour Carla parce que je pense qu'ils vont vivre une période très difficile

23:18
Valérie Pécresse

Laurent Wauquiez un autre de vos collègues Laurent Wauquiez lui qui était il y a encore quelques semaines président de région comme vous est soupçonné d'avoir organisé des dîners fastueux avec de nombreuses personnalités en utilisant de l'argent public le conseil d'Etat le somme de rendre public de diffuser la liste de ses invités c'est normal il doit s'expliquer

23:36
Invité

écoutez moi ça ne me paraît pas ça ne me paraît pas illégitime qu'un président de région organise des dîners de promotion de sa région vous le faites vous aussi nous avons des dîners de promotion de la région nous en avons fait au moment des Jeux Olympiques on parle d'un dîner à 5000 euros 100 000 euros 90 invités j'y viens j'y viens nous le faisons nous le faisons en totale transparence et sous le total contrôle de l'opposition et je crois que c'est ce que nous devons aux électeurs qui nous élisent totale transparence sur qui on invite et sur combien ça coûte pourquoi parce que ça leur permet de juger si cet événement il était justifié ou pas et moi je considère que tous les événements de promotion de la région que nous avons organisé en Ile-de-France étaient justifiés qu'ils avaient un intérêt pour la région et je pense que Laurent Wauquiez aura à coeur de le justifier lui aussi

24:24
Présentateur

merci beaucoup Valérie Pécresse la présidente Les Républicains de la région Ile-de-France était l'invité de France Info ce matin je vous laisse en compagnie de Salia Braquilla Renaud Deli pour les informer dans quelques minutes et

24:35
Locuteur

Merci.

Dix ans de l'attentat de Charlie Hebdo, Nicolas Sarkozy au tribunal, budget 2025... Le 8h30 franceinfo de Valérie Pécresse — Valérie Pécresse · Pourquijevote