Xavier Bertrand s’exprime : défiance des Français, droit du sol, présidentielle 2027 ...- C à Vous
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une demande d'autorité et d'ordre. - A.-E.Lemoine: Près des 2/3 des Français disent se détourner de la vie politique pour mieux se concentrer sur leur vie personnelle. - P.Cohen: Vie personnelle qui ne va pas si mal.
C'est l'un des paradoxes de cette comparaison. Il y a un ressenti social parfois meilleur ici que chez nos voisins, mais avec un pessimisme et une capacité d'autodénigrement à l'oeuvre encore ces jours derniers. On l'a vu lors du sommet de l'IA.
Ces sentiments ne sont plus démontrés. - A.-E.Lemoine: Est-ce que ce tableau vous déprime?
Est-ce que vous vous en sentez responsable? Est-ce que c'est la faute des autres? - X.Bertrand: C'est pour moi, la question? - A.-E.Lemoine: Bien sûr. - X.Bertrand: Déjà, je ne suis pas surpris.
Je pense que les Français, nous sommes le peuple le plus politique au monde et qui aime le plus la politique. On est de plus en plus tentés de devenir apolitiques et se désintéresser de la politique. Regardez les audiences des émissions politiques.
Pour beaucoup, elles sont en chute. Quand on se pose la question d'avoir un pouvoir fort, non. Les Français aimeraient que les politiques prennent à bras-le-corps leurs problèmes et y apportent des solutions.
Que veulent les Français? Ils veulent vivre de leur travail, vivre en sécurité et avoir des services publics qui fonctionnent. Ca tient les Français.
C'est l'école, la santé, le logement. Celles et ceux qui n'habitent pas dans le coeur des métropoles ne veulent pas être considérés comme des citoyens de seconde zone. Ce n'est pas très compliqué, ce que je dis.
Cette feuille de route doit s'imposer à tous les politiques. Depuis la dissolution, on vit une crise politique comme on n'en a pas connue depuis des décennies. Ce n'est pas fait pour arranger les choses.
C'est pour ça que je continue à m'engager après toutes ces années, je pense que la politique peut changer les choses. Il faut des élus qui ont envie de se battre pour les gens, pour le pays, et surtout d'apporter des solutions. - P.Cohen: C'est un problème d'efficacité? - X.Bertrand: Je pense que c'est un problème de prise de conscience de la classe politique.
On demande à la classe politique d'avoir du bon sens et une colonne vertébrale, qu'elle ne soit pas en caoutchouc ou en fonction de l'opinion ou de l'actualité. Il faut aussi du bon sens pour être connecté à ce que veulent les Français. - P.Cohen: Qu'est-ce qui empêche d'y arriver si c'est aussi simple? - X.Bertrand: Tout à l'heure, vous avez parlé de l'élection...
Je pense qu'il y a un phénomène marquant en France. Pour ma part, je suis partisan depuis bien longtemps d'un mandat présidentiel unique. J'ai fait une erreur à l'époque.
Je pensais que le quinquennat était une super bonne idée. On allait voter plus souvent, choisir plus souvent le président de la République, c'était génial...
Au final, on est rentrés dans un système à l'américaine. Dès qu'on rentre à l'Elysée, c'est de faire 10 ans et pas 5. Le souci de la réélection, de plaire, ça empêche de faire.
Quand on est dégagé de ce souci de la réélection... - P.Cohen: C'est le cas du président actuel. - X.Bertrand: On a une crise politique sans pareille depuis la dissolution. - A.-E.Lemoine: Il n'a pas dissous dans le but de reconquérir le pouvoir à une future élection présidentielle. - X.Bertrand: Le véritable sujet, c'est qu'au lendemain des européennes, on a cette décision.
Il a même reconnu qu'elles n'avaient toujours pas été comprises. J.Fourquet, il y a 5 ou 6 ans, publie "L'Archipel français".
Depuis la dissolution, on voit qu'on a un archipel politique avec une tripartition. Il y a la gauche, pour l'instant, encore dominée par LFI. On a l'extrême droite, le RN, et on a ce qu'on appelle un socle commun et a tant de difficultés à s'organiser alors qu'il a la responsabilité de gouverner le pays. - P.Cohen: L'Assemblée nationale est à l'image du pays.
Ce n'est donc pas uniquement de la faute du président de la République. C'est la tripartition. - X.Bertrand: Je ne suis pas le plus macroniste de France.
Je n'ai pas dit que c'était la faute du président de la République. Ce n'est pas non plus la faute des Français. Ils ont voté.
C'est aujourd'hui la responsabilité du personnel politique de se hisser à la hauteur du moment. Ce n'est pas parce que la situation politique est compliquée qu'on est condamnés à l'immobilisme. - A.-E.Lemoine: Est-ce une bonne idée de relancer le débat sur le droit du sol pour répondre à cette demande d'autorité et d'ordre? - X.Bertrand: On attend du gouvernement des solutions aux problèmes.
Aujourd'hui, on confond tout. L'immigration clandestine, on décide d'y porter un vrai coup d'arrêt. L'immigration légale, on décide de la réduire en fonction des besoins du pays et de notre capacité à intégrer.
On veut faire une échelle de Richter pour dire qui est un bon et un mauvais Français? A force de faire cette confusion entre tous, entre l'immigration et le droit de la nationalité, celles et ceux qui sont issus de l'immigration, qui sont français, qui sont intégrés ou qui cherchent à s'intégrer, ils se disent que ça va encore être leur procès. Encore une fois, on va avoir une logique où, en fonction de votre couleur de peau, de votre religion ou votre nom, prénom, vous allez être stigmatisé.
J'en ai marre de cette stigmatisation dans un pays qui a besoin de se rassembler. Je vais vous dire ce que j'ai sur le coeur. La stigmatisation, je sais ce que c'est car je l'ai vue dans ma région.
En 2008, vous vous rappelez de cette banderole honteuse pour une finale, je crois, de Coupe de la Ligue? C'était PSG-Lens. On parlait des consanguins et des ivrognes.
C'était comme ça qu'on parlait des gens de ma région. Peu de gens nous ont défendus. On a cherché par tous les moyens à montrer que nous n'étions pas cela et que nous étions capables de montrer notre vrai visage.
Aujourd'hui, ce sont des réussites économiques. Aujourd'hui, il y a des films, comme "En Fanfare", qui montrent le vrai visage des gens des Hauts-de-France. C'est parce qu'il y a cette stigmatisation qu'on commence à trier les Français.
Le vrai sujet, aujourd'hui, c'est qu'on trouve par tous les moyens à faire nation. - A.-E.Lemoine: C'est ce que font G.Darmanin et B.Retailleau, stigmatiser des Français, lorsqu'ils veulent remettre en cause le droit du sol? - X.Bertrand: Ce que j'attends d'eux, c'est des résultats, des actes.
Le ministre de l'Intérieur cherche à mettre un terme à cette immigration illégale qui continue à envahir notre pays et qui nous permettrait également d'expulser ceux qui n'ont rien à faire ici. C'est ça, qu'on attend de lui. - P.Cohen: Donc rien à voir avec le droit du sol.
Vous dites que ce n'est pas un problème. - X.Bertrand: A Mayotte... - P.Cohen: On parle de l'Hexagone, là. - X.Bertrand: A différentes reprises, là-bas, j'ai vu la réalité des choses.
J'étais ministre de la Santé. J'ai fait l'inauguration de l'hôpital de Mamoudzou. On a vu, au fil du temps, ce qui s'est passé.
Je l'avais dit pendant la fameuse campagne des primaires que j'ai brillamment remportée, j'avais indiqué que j'étais pour un droit de la volonté. Pendant 16 et 21 ans, il faut qu'on puisse dire "je veux devenir français". - A.-E.Lemoine: B.Retailleau est-il en train de devenir le leader naturel de la droite française?
Un sondage commandé par le microparti fondé par F.Fillon et aujourd'hui présidé par B.Retailleau le place personnalité préférée pour présider les Français. - X.Bertrand: Je suis pas mal, dans votre sondage!
Je suis pas mal! J'ai vu un titre dans la presse... "B.Retailleau écrase la concurrence." Je ne suis pas mal! - A.-E.Lemoine: Chez les sympathisants LR, il vous écrase. - X.Bertrand: Est-ce que je suis intéressé par la présidence de LR?
La réponse est non. - P.Cohen: Ordinateur, enlevez la photo de X.Bertrand! - X.Bertrand: Je vais même aller plus loin.
J'ai été secrétaire général de LR. Ce n'était pas président, à l'époque. L.Wauquiez l'a été aussi.
Pour quelqu'un de différent, il faut quelqu'un de neuf. - A.-E.Lemoine: Aucun de ceux qu'on a vus? - X.Bertrand: B.Retailleau n'a pas été président de LR.
Je ne suis pas candidat. Vous le savez. J'ai déjà donné.
Je me consacre à une autre ambition, à une autre échéance. L.Wauquiez a aussi été président.
Si vous voulez faire la refondation, on ne le fait pas avec des gens qui ont été à la tête de LR. Je pense que B.Retailleau serait un très bon président des Républicains.
Ca n'engage rien concernant le choix pour 2027, mais je pense qu'il serait un bon choix. - E.Tran Nguyen: L'autre échéance à laquelle vous vous consacrez, c'est la présidentielle de 2027, et qui est dans toutes les têtes.
Pour départager tout le monde à droite, G.Darmanin a une idée. - G.Darmanin: C'est ma volonté que quelqu'un se dégage.
Sinon, il faudra un processus de sélection. Ou alors, il y aura plusieurs candidats et on ne sera pas tous au second tour. Les Français nous en voudront énormément, je pense.
On est dans un même gouvernement, dans une même famille politique, on devrait être capables de se poser et de se dire qui est le meilleur d'entre nous. Et ce n'est pas évident, il faudra peut-être faire une primaire. - E.Tran Nguyen: Une primaire et un seul ou une seule candidate, ce serait la solution pour que le bloc central et la droite espèrent être au second tour? - X.Bertrand: Ca, c'est une idée sacrément neuve.
Là aussi, on essaie de l'importer des Etats-Unis. Tout simplement parce qu'une fois, F.Hollande a remporté la première et est devenu président.
Les circonstances étaient particulières. Ce serait maintenant, ce serait différent. Les primaires, j'ai déjà donné, je suis vacciné.
Chaque année, je me fais vacciner contre la grippe. La primaire, chaque élection présidentielle, je n'y retournerai pas. Les primaires, basta. - P.Cohen: Donc on ne sélectionne pas? - X.Bertrand: Vous verrez.
Aujourd'hui, plein de gens vous font un numéro de claquettes. A l'automne 2026, on verra qui en est où. Les Français vous diront qui a les bonnes idées. - A.-E.Lemoine: Et fait un numéro de claquettes? - X.Bertrand: Tout le monde.
Il faut réconcilier les Français, redresser notre pays et redonner de l'espoir. - P.Cohen: Donc les sondages comme juge de paix quelques mois avant? - X.Bertrand: Oui.
Ca donnera une bonne indication sur les gens et sur qui les Français sentiront. Encore une fois, on ne peut pas dire que les primaires, c'est une réussite. - A.-E.Lemoine: Le 23 décembre, vous avez annoncé que vous ne ferez pas partie du gouvernement de F.Bayrou.
Vous dites qu'il a été formé avec l'aval de M.Le Pen. Aucun regret? - X.Bertrand: Non.
J'avais proposé à F.Bayrou d'occuper différentes fonctions. Il me dit qu'il est d'accord pour que j'occupe le ministère de la Justice avec un plan d'action très précis que je lui expose, une feuille de route sur plusieurs mois.
Il me dit oui. Le lendemain, on a vu la levée de boucliers du RN. Madame Le Pen avait opposé un veto.
Je ne rentre pas dans un gouvernement dont la composition est arrêtée par la dirigeante du RN. Pour le reste, je suis un homme d'action. J'étais prêt à m'engager.
Aujourd'hui, je le fais sur ce plateau avec des propositions. Je le fais aussi dans ma région. Je continue à croire que la politique peut changer les choses. - P.Cohen: Ministre, vous auriez lâché la présidence de région? - X.Bertrand: Je me serais organisé.
Je serais resté à la région, mais je n'aurais pas pu assurer la fonction exécutive de président. - A.-E.Lemoine: Le gouvernement a peut-être été formé avec l'aval de M.Le Pen, mais il est sauvé par le PS, en ce moment. - X.Bertrand: Oui.
C'est aussi ce que j'avais indiqué l'été dernier. Si on veut sortir de cette crise et agir, il faut un rassemblement des hommes et des femmes de bonne volonté. Une chose est certaine: vous ne pouvez jamais faire confiance aux extrêmes, ni LFI, ni le RN.
C'est sûr et certain. Eux ont un intérêt: le chaos, de façon à pouvoir exiger ce qu'ils ont déjà fait, le départ du président de la République. Ce serait une folie pour nos institutions.
Très clairement, les gens qui ont en tête le chaos, vous ne pouvez pas leur faire confiance. C'est impossible. En plus, madame Le Pen a autre chose en tête: le procès, la décision.
Elle sera prise fin mars. Il y a ceux qui pensent au pays, à l'intérêt du pays, et ceux qui pensent à leurs échéances judiciaires et personnelles. Qu'on parle d'une exécution provisoire ou pas, ça ne change rien à l'affaire.
Si elle est condamnée, d'une façon ou d'une autre, je pense que les Français ne feront pas confiance pour la présidentielle à quelqu'un qui aura été condamné à une peine d'inéligibilité. - A.-E.Lemoine: E.Macron a proposé le nom de R.Ferrand, un fidèle de la première heure, comme président du Conseil constitutionnel pour succéder à L.Fabius.
Cette proposition fait réagir les oppositions. - O.Faure: Je souhaite qu'il puisse expliquer en quoi il ne sera pas celui qui, le matin, est au Conseil constitutionnel pour juger des lois adoptées par le Parlement et le soir celui qui va chuchoter à l'oreille du chef de l'Etat. - M.Bompard: Le Conseil constitutionnel, ce n'est pas pour recaser les amis déchus d'E.Macron. - M.Le Pen: Le Conseil constitutionnel n'est pas une maison de retraite de la vie politique.
Il se doit d'avoir au moins une apparence de neutralité. - A.-E.Lemoine: Le nom de R.Ferrand devra être validé par la commission des lois après audition.
Vous répondez quoi à ces critiques? - X.Bertrand: C'est n'importe quoi!
Ils proposent quoi? De chercher un Martien? De faire un tirage au sort?
Pour certains, je pense que c'est une forme de snobisme. Est-ce que ça a été un président de l'Assemblée nationale respecté? Oui.
Celui qui a présidé l'Assemblée nationale où on fait la loi serait inapte à présider le Conseil constitutionnel où on contrôle la loi? Qu'ils sortent de leur posture! En plus, ce n'est pas la seule nomination de R.Ferrand.
Il a présidé le Conseil constitutionnel, mais il y a aussi P.Bas et L.Vichnievsky.
P.Bas, que j'ai connu comme ministre délégué et secrétaire général de l'Elysée, s'est fait reconnaître à la commission des lois par son travail. Les 3 nommés apporteront quelque chose de fort au Conseil constitutionnel.
Qu'on se débarrasse des postures! Ca ne fera de mal à personne. - A.-E.Lemoine: Restez avec nous.
D'autres sujets d'actualité à vous soumettre, notamment dans la Story de M.Bouhafsi. - M.Bouhafsi: C'est l'histoire de la naissance d'une guerre économique sous nos yeux autour de l'IA.
Paris reçoit le Sommet international sur l'IA. Un groupe d'investisseurs dirigé par E.Musk a lancé une offre non sollicitée de 100 milliards de dollars pour acheter OpenAI, à la grande surprise du créateur de ChatGPT. - M.Bouhafsi: Sous le choc, S.Altman a contre-attaqué en proposant de racheter X pour 9 milliards.
E.Musk a répondu que S.Altman était un escroc.
X.Niel s'est aussi confié sur E.Musk. - X.Niel: Je pense que c'est le plus grand entrepreneur du monde.
A côté de ça, c'est un garçon qu'on va qualifier de minimum complexe. Parfois, c'est peut-être un connard. Il a des positions tranchées, extrêmes.
Comme il est très intelligent à l'instant donné, il peut avoir une petite idée, il la balance et ça peut être une bêtise. - M.Bouhafsi: Ces propos n'ont pas du tout plu à E.Musk, qui a qualifié X.Niel de proxénète, une référence à un procès où le Français a bénéficié d'un non-lieu.
L'IA est devenu un sujet de tension entre chefs d'entreprise et chef de l'Etat. Aux Etats-Unis, D.Trump avait fait de "drill, baby," un de ses slogans.
E.Macron lui a répondu avec humour. - E.Macron: Dans ce monde où j'ai de bons amis de l'autre côté de l'océan qui disent "drill, baby, drill", ici, il n'y a pas besoin de forer.
C'est "plug, baby, plug". Il faut brancher. L'électricité est disponible.
Nous allons aller vite, très vite. Sur ce point, nous sommes engagés à aller toujours plus vite. - M.Bouhafsi: Le ministre des Affaires étrangères a insisté sur la nécessité de se défaire des Américains dans le secteur. - On a bien vu, ces dernières années, à quel point c'est difficile de réguler les technologies qui n'ont pas été conçues en Europe.
Pour cette nouvelle génération de technologie, avec l'IA, nous tenons à ce que les outils qui seront utilisés par les Européennes et les Européens soient conçus en France et en Europe. Il faut qu'ils soient forgés avec les langues et les cultures de l'Europe et que nous ne soyons pas dépendants de technologies venues d'ailleurs dans le futur. - M.Bouhafsi: Le positionnement français agace le vice-président américain, qui a annoncé que les Etats-Unis ne respecteraient pas les normes européennes. - Nous avons besoin de régimes encourageant la création de technologies plutôt que de régimes qui l'empêchent.
Nous sommes troublés par le fait que certains gouvernements envisagent de serrer la vis sur des sociétés américaines dans leur pays. Les Etats-Unis n'accepteront pas ça. - M.Bouhafsi: D.Seux était le seul journaliste présent.
Il a ressenti la tension géopolitique autour du sujet. - Il y avait une trentaine de chefs d'Etat et de gouvernement. Quand le premier vice-Premier ministre chinois a clôturé le dîner, le vice-président américain n'était plus là.
Peut-être qu'il avait eu envie de faire un tour dans le quartier. C'est une possibilité. Ou alors, il n'avait pas envie d'écouter un concurrent chinois.
On peut se poser la question de savoir s'il y avait de la géopolitique dans ce dîner. - M.Bouhafsi: La ville de Cambrai a été désignée pour accueillir l'un des giga data centers.
Investir dans l'IA, c'est une opportunité pour nos régions. Vous dites merci à E.Macron? - X.Bertrand: Ca fait des mois qu'on bosse là-dessus.
On est la vallée de la batterie automobile. On s'est beaucoup battus pour les infrastructures, un canal avec 20 000 emplois en tout. Aujourd'hui, je pense vraiment qu'on doit prendre le virage de l'IA.
Il y a la réindustrialisation et l'IA. Pour les batteries, il y a des efforts locaux. Si on s'y met tous ensemble, ça marche.
Aujourd'hui, la France a une vraie belle carte à jouer. La 1re et la 2e place mondiale, c'est clair, Etats-Unis et Chine. Derrière, on a cette possibilité.
Vous avez parlé de ce data center sur Cambrai. Il y en aura d'autres. Il y a une volonté politique.
Il n'y aura pas d'entreprises chez moi qui auront accès à l'IA sans ces data centers. J'ai des terrains disponibles. On a un accès à la centrale nucléaire de Gravelines.
Demain, les nouveaux EPR seront aussi à Gravelines. Pour le reste, je suis convaincu qu'il faut bien regarder les atouts de l'IA. Il faut y aller.
Les pays qui ne prendront pas ce virage seront en seconde division. Pour mon pays, je souhaite la première division et pas la seconde. Ca veut dire qu'on est en train de changer nos process de fonctionnement.
Les formations que nous offrons aux demandeurs d'emploi et autres...
On voit comment on va pouvoir plugger l'IA. J'ai proposé à une ministre d'avoir une formation sur l'IA. - E.Tran Nguyen: Vous l'utilisez, l'IA? - X.Bertrand: Peu.
J'essaie de montrer les bonnes questions à poser à l'IA. Sur la question de l'IA, aujourd'hui, on n'est plus au Moyen Age. Ca ne sert à rien de rentrer dans le château fort, de remonter le pont-levis et de préparer l'huile bouillante.
Il ne faut pas être dupe sur les questions d'éthique, de gouvernance. Il y a des métiers complets qui ne profiteront que très peu de l'IA, comme les métiers du nettoiement, les services à la personne, les métiers de la sécurité. C'est pour ça que ces métiers, il faudra leur permettre de progresser dans leur travail.
Pour le reste, il faut que l'on soit en pointe. Je pense qu'il y aura un avant et un après ce sommet. Le public se rend compte qu'il ne faut pas passer à côté de ce sujet. - P.Lescure: Le texte de loi sur la fin de vie sera discuté au Parlement.
Ce matin, C.Vautrin, ministre de la Santé, penchait pour revenir au projet initial. - L'intérêt d'un seul texte, c'est que ça permet de prendre les soins palliatifs et le côté fin de vie.
Le Premier ministre est plutôt sur une discussion commune sur 2 textes différents. 2 textes seront difficiles dans le sens ce qu'un seul texte permet de voter sur un ensemble complet De textes. Clairement, celles et ceux qui ne veulent pas de la fin de vie voteront contre ce texte. - P.Lescure: Tactiquement et sur le fond, F.Bayrou a raison de vouloir scinder le texte en 2? - X.Bertrand: On va parler sur le fond.
A titre personnel, je suis pour l'application de la loi Leonetti, accompagner. Et ce, en évitant les souffrances et la douleur. C'est la position que j'ai toujours eue en tant que ministre de la Santé.
Mais il faut que cette loi soit accessible partout sur le territoire. Ce n'est pas le cas. Il y a encore une vingtaine de départements où l'accès aux soins palliatifs est compliqué.
C'est pour ça qu'un texte qui vient confirmer cette volonté politique donne les moyens et du sens. Ce n'est pas la même Chose que de donner la mort. Je n'ai jamais été confronté à ce type de sujet, éminemment personnel et intime.
Pour avoir défendu cette position, à la tribune du Sénat...
Je continue à beaucoup parler et interroger. Je vois ce que les soins palliatifs apportent. Le vrai sujet, c'est la peur de la souffrance et de la douleur.
Je ne veux pas faire de prosélytisme. Mais la loi Leonetti permet... - P.Cohen: Depuis, il y a eu une convention citoyenne qui a entendu et travaillé pendant des mois, avec des solutions qui ne pouvaient pas être résolues par la loi Leonetti. - X.Bertrand: Quand on va jusqu'au bout du raisonnement, il n'y aura aucune loi qui arrivera à tout résoudre.
Ce n'est plus le même texte au départ. Il y a la question du pronostic vital qui n'est plus engagé à courte durée mais aussi à moyen terme. Ce n'est pas la même chose.
Il y a la question des soignants. Je ne veux pas imposer ma position. Elle est peut-être minoritaire. - A.-E.Lemoine: Oui. - X.Bertrand: Sur une question comme celle-là, je suis convaincu qu'accompagner et éviter la souffrance, ce n'est pas la même chose que d'aider à mourir.
Dans les pays qui se sont dotés d'une aide à mourir, Belgique, Suisse, Canada, il y a de nombreuses situations où cette forme d'euthanasie est pratiquée en dehors du cadre légal adopté dans ces pays-là. - P.Cohen: Ah oui? - X.Bertrand: Il suffit de vérifier ce que je dis.
Il y a des situations où même cette loi ne permet pas de répondre à ces situations. - A.-E.Lemoine: Contrairement aux dérives.
Il n'y a pas de dérive particulière, de pratique
Xavier Bertrand