Air Liquide : audition de François Jackow
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Si nos rangs sont encore un petit peu clairsemés mais Lucien ça arrive. Regarde même Yannick Jado arrive avec le quart d'heure de retard mais il est là. C'était 9h15 mais on a attendu parce que bon nombre de commissaires comme toi ont mis un petit peu de temps à nous rejoindre. [rires] Donc on on va commencer parce qu'on a une matinée qui est bien chargée.
Je vous rappelle que bien évidemment on est très heureux d'accueillir dans l'enceinte de la commission des affaires économiques monsieur François Jacob, directeur général d'air liquide et je pense qu'on va avoir une audition des plus intéressantes. Et puis après l'audition, ne quittez pas la salle puisque nous aurons la présentation d'un rapport non moins intéressant. par nos trois collègues Sébastien Plat, Daniel Laurent et Henri Cabanel sur la crise de la viticulture française.
Et on a pu ce matin au petit-déjeuner de la FNSEA entendre combien aujourd'hui cette crise viticole était une crise extrêmement grave et préoccupante pour bien sûr la filière mais aussi pour l'aménagement de notre territoire. Donc voilà ce qui nous attend au menu de cette de cette matinée. Et donc je le répète, nous avons grand plaisir à accueillir ce matin monsieur François Jacob qui est directeur général d'air liquide, une entreprise française qui est un des leaders mondial un leader mondial des gaz industriels.
à titre liminaire, permettez-moi de revenir brièvement sur la jeunèse de l'entreprise que vous connaissez parfaitement puisque vous y avez effectué l'intégralité de votre carrière professionnelle. Air Liquid est né en 1902 après que George Claude, alors étudiant à l'École supérieure de physique et de chimie industrielle de la ville de Paris a inventé un procédé de liquéfaction de l'air, d'où le nom de l'entreprise destinée à séparer par distillation l'oxygène de l'azote. L'entreprise c'est depuis internationalisé 4 ans plus tard mais bien donc c'était déjà très très en avance en créant des unités de production à l'étranger pour remédier aux difficultés de transport des gaz.
En l'espace d'une décennie, Air Liquide s'est implanté en Europe, au Japon et en Amérique du Nord. L'entreprise a fait son entrée à la Bourse de Paris en 1913 et elle constitue aujourd'hui l'une des 10 plus grandes capitalisations françaises. Elle est présente dans 60 pays et emploie plus de 66000 personnes.
Malgré ces 4 millions de clients à travers le monde, votre entreprise n'est pas la plus connue du grand public, mais elle est très appréciée des épargnants. En effet, Air Liquide est l'un des titres favoris des petits porteurs qui voit un gage de stabilité et de croissance à long terme comme en témoigne les résultats semestriels que vous avez publié cet été qui sont bons malgré un contexte national et international difficile et pour le moins incertain. C'est justement le premier sujet que je souhaiterais évoquer avec vous, monsieur le directeur général.
La situation que traverse notre pays n'est pas sans conséquence pour le milieu économique. D'après le gouverneur de la Banque de France, l'incertitude politique nationale nous coûte au moins 0,2 points de croissance, soit 6 milliards d'euros. Sur le plan international, les conflits armés, la guerre commerciale et le retour du protectionnisme aux États-Unis rendent l'avenir tout aussi flou.
Par ailleurs, les propos de Donald Trump sur la transition climatique de l'industrie ne sont pas rassurants, particulièrement pour un groupe comme le vôtre qui a beaucoup investi dans le domaine de la transition énergétique ces dernières années. Au regard du contexte, vous avez préféré décaler l'annonce de votre nouveau plan stratégique, le plan Advance, qui devait se terminer en 2025 et qui a été prolongé jusqu'en 2026. Pour quelle raison, monsieur le directeur général, avez-vous décalé l'annonce de votre nouveau plan ?
Quel nouveau risque le contexte que je viens de décrire fait-il peser sur votre activité et plus largement sur le monde des affaires ? Puisque nous parlons de l'avenir, j'aime j'aimerais aussi revenir sur votre politique d'investissement. Vos investissements en cours d'exécution s'élèvent à 4,6 milliards d'euros réparti en quelques 80 projets, ce qui constitue un nouveau record pour votre entreprise.
Depuis le début de l'année, Air Liquide a annoncé une opération de croissance externe en Corée du Sud pour près de 3 milliards d'euros. des projets aux Pays-Bas et en Belgique en association avec Total énergie pour 1 milliard d'euros. Près de 500 millions d'euros investis à l'étranger, Allemagne, Singapour, États-Unis pour approvisionner des fabricants de semiconducteurs et un nouvel investissement en France dans le cadre du projet d'hydrogène de l'Axe Sine d'un montant de 50 millions d'euros.
Vos investissements sont donc très majoritairement opérés hors de nos frontières. Votre portefeuille d'opportunité dépasse aujourd'hui les 10 milliards d'euros. Quel secteur d'activité et quelle zone géographique vous semblent prioritaire et constitueront vos moteurs de croissance pour les années à venir ?
Quelles innovations technologiques pourraient prochainement transformer votre secteur d'activité et des investissements en France sont-ils envisagés et pour quel montant ? Enfin, le Parlement débat actuellement de la politique économique et fiscale de la France. Quel regard portez-vous sur l'évolution de la compétitivité des entreprises françaises ?
Pour un groupe international comme le vôtre, une cotation à la bourse de Paris est-elle plutôt un avantage ou un handicap pour lever des fonds ? Plus précisément alors qu'id a fait de la stabilité de son actionnariat individuel et de la détention au nominatif des titres un axe fort de sa stratégie avec le versement d'un dividende régulier. Quel retour d'expérience souhaiteriez-vous nous partager ?
Voilà, monsieur le directeur général, déjà un certain nombre de sujets que je souhaitais évoquer devant vous en vous laissant bien évidemment la parole, en vous remerciant encore de votre présence parmi nous. Je rappelle que cette audition fait l'objet, comme toutes nos auditions, d'une captation vidéo et d'une diffusion en direct sur le site internet du Sénat. À l'issue de votre propos liminaire, je laisserai la parole à deux de nos spécialistes pour qu'ils vous posent directement leurs questions.
Je pense je parle de Daniel Gremiller et de Patrick Chauvé. Et ensuite nous ouvrirons plus largement la question à l'ensemble des commissaires de la commission en prenant, si vous le voulez bien, des questions trois par trois pour que vous puissiez y répondre. Voilà, je vous laisse la parole, monsieur le directeur général, et merci encore de votre présence.
Madame la présidente, mesdames et messieurs les vice-présidents, mesdames et messieurs les les sénateurs, bonjour à tous et merci tout d'abord pour votre invitation. Euh c'est un plaisir et un honneur pour moi d'avoir l'opportunité de d'échanger avec vous et de partager la vision du groupe Air Liquide. Euh nous vivons, je pense, on le voit tous, dans un moment de turbulence très marqué euh et c'est, je pense, une très bonne opportunité de pouvoir euh partager à la fois les défis mais aussi les opportunités pour le groupe Air Liquide.
Donc, si vous le permettez, je vais euh commencer par quelques éléments de contexte, mais focaliser aussi sur ce que l'on voit en tant que groupe international dans le monde aujourd'hui et dans le monde que l'on sert, le monde industriel et essayer de répondre à un certain nombre de vos points. Peut-être je reviendrai à la fin plus en détail sur des questions très précises que vous m'avez posé bien sûr. Je vous remercie tout d'abord pour la présentation du groupe Air Liquide et donc juste quelques éléments clés du groupe Air Liquide. comme vous l'avez euh souligné, on est un groupe extrêmement international euh présent dans dans plus de 60 pays.
Euh je crois que ce qui est important de bien comprendre euh mais je sais que beaucoup d'entre vous euh connaissent déjà euh le groupe A liquide dans différentes facettes, soit en tant que peut-être actionnaire, soit euh du fait de nos implantations régionales très marquées. c'est que le cœur de notre métier, c'est servir l'industrie et c'est 85 % de notre activité où on a dans le monde plus de 2 millions de clients dont 90 % sont des PME ou des artisans un peu partout dans les pays dans lesquels on est. La santé représente 15 % de notre activité.
C'est 20000 hôpitaux que l'on sert et c'est surtout 2 millions de patients à domicile que l'on sert dans les pays dans lesquels on a cette activité de santé à domicile. C'est à peu près 35 pays aujourd'hui dans le monde. Notre cœur de métier, comme je le mentionnais, c'est l'industrie et le service à l'industrie et donc ça veut dire que on est où sont nos clients en fait et ça c'est extrêmement important.
Ce qui veut dire qu'on est très diversifié en terme de géographie euh mais on est aussi très diversifié en terme de secteur. Presque tout ce que vous avez dans votre dans cette salle ici y compris vos téléphones, vos ordinateurs. D'une façon ou d'une autre, il y a du Air Liquid Inside. on participe à la fabrication de l'ensemble de ces euh de ces produits.
On va de la pharmacie à la sidérurgie en passant par l'agroalimentaire ou les semi-conducteurs. Et donc une caractéristique de notre activité euh et c'est extrêmement important, c'est que nous sommes un acteur local euh parce que en fait nos produits, sauf très rares exceptions, euh ne voyagent pas. Euh et donc on produit soit très proche d'un grand client sidérurgiste par exemple en construisant une usine et en étant littéralement à leur porte pour fournir par exemple de l'oxygène.
Euh mais même quand on délivre des bouteilles de gaz conditionnés, généralement on notre zone de de chalandise est 200 300 km autour des centres de remplissage. Et donc on est par construction un acteur extrêmement local du tissu industriel. Ce qui fait aussi que on a une forte résilience et on est quelque part dans le contexte actuel moins impacté que d'autres par les barrières tarifières en particulier.
Une autre caractéristique de notre activité, c'est qu'on est euh un industriel avec une présence long terme. Lorsqu'on investit, comme je le mentionnais, une usine pour un client chimiste ou raffineur, on a toujours des contrats qui sont des contrats à long terme, 15 ans, 20 ans avec nos clients et ça c'est extrêmement important. Euh sachant que dans l'économie même de ces contrats, pour un contrat de 15 ans, on commence à rembourser finir le remboursement de l'investissement initial au bout de 7 à 10 ans.
Donc cette vision long terme, elle est extrêmement importante parce que encore une fois, quand on construit une usine, elle est dédiée à un client ou un bassin industriel et donc on partage aussi l'avenir et le devenir de ses clients. Donc notre métier c'est réellement anticiper bien sûr les besoins de nos clients et réaliser des investissements requis. Vous l'avez souligner, j'y reviendrai, plus de 4 milliards d'euros par an.
Alors comme vous l'avez également souligné, le groupe Air Liquide peut-être par tradition, par culture, mais aussi par nature de notre activité est un groupe relativement discret. Même si aujourd'hui dans la mesure où on adresse des problématiques qui sont de plus en plus des problématiques de société, on est plus visible et je pense qu'on on essaie de participer plus aussi à un certain nombre de débats de débats et de discussions autour des grands enjeux d'avenir. Il y en a trois en particulier sur lequel on est positionné et on essaie d'apporter des solutions.
Le premier qui est extrêmement important, c'est diminuer l'empreinte carbone de l'industrie. Et là, c'est ma conviction personnelle et je pense qu'elle est partagée par les collaborateurs du groupe. Cette thématique, malgré tous les alléas politiques, elle est là pour durer et je pense que c'est vraiment quelque chose qui est structurant pour l'industrie, diminuer l'empreinte carbone.
Alors pour nous, c'est à double titre parce qu'on est producteur nous-même de d'oxygène, d'hydrogène et donc on utilise beaucoup d'énergie, de l'électricité ou du gaz naturel et donc on est émetteur nous-même de CO2 soit de façon directe quand on utilise du gaz naturel pour faire de l'hydrogène, on émet du CO2, soit de façon indirecte quand on consomme de l'électricité qui est plus ou moins carboné en fonction de la nature de l'électricité. Mais donc, on est- même émetteur de CO2, même si beaucoup de nos solutions euh aident nos clients à diminuer leur empreinte de carbone, mais on est quand même émetteur de de CO2 de façon directe ou indirecte. Et bien sûr, l'autre pendant, c'est apporter des solutions comme je le mentionnais à nos clients pour diminuer leur empreint de carbone.
Et ça peut être de l'oxygène par exemple dans des fer à des fours à verre ou dans des cimenteries pour diminuer l'empreinte de carbone. Ça peut être bien sûr de l'hydrogène pour faire des biocarburants et donc diminuer l'empreinte carbone d'un certain nombre de carburants. Mais c'est aussi de plus en plus et je crois que c'est un enjeu majeur, on y reviendra peut-être, la capture du CO2 sur des procédés qui émettent par construction comme la fabrication du ciment, du CO2, mais c'est aussi la sidérurgie, la chimie et beaucoup d'autres secteurs.
Donc ça c'est le premier enjeu qu'on essaie d'adresser. encore une fois diminuer l'empreinte carbone de l'industrie. Le deuxième qui est extrêmement important, c'est autour de la révolution des semi-conducteur en particulier tiré par l'augmentation des besoins, le digital qu'on retrouve partout, mais aussi l'intelligence artificielle de plus en plus, mais qui est couplé maintenant et c'est très important avec des enjeux de souveraineté.
Euh et donc Air Liquide qui est le numéro 1 mondial de la fourniture de gaz extrêmement purs mais aussi de molécules euh très pures à l'industrie des semi-conducteurs euh développe cette activité. On voit que depuis quelques années à la fois encore une fois de par les besoins croissants de digital mais aussi de souveraineté, on voit des fabes, j'allais dire fleurir un peu partout dans le monde. Avant principalement en Asie, maintenant on le voit aux États-Unis de façon très marquée mais également en Europe.
Là aussi, c'est un enjeu qui est un enjeu de société pour plein de raisons et qui demande pour nous des offres à très forte valeur ajoutée, de très hautees technicité. Évidemment, encore une fois une production qui est locale avec des chaînes de de fourniture qui doivent être de plus en plus locales également. Donc, il y a un vrai enjeu de localiser l'ensemble de la chaîne de fourniture et on voit très bien que c'est une industrie qui est au cœur des enjeux de souveraineté.
Aujourd'hui, le dernier enjeu de société que j'aimerais mentionner sur lequel on essaie d'apporter des solutions, c'est bien sûr l'enjeu démographique. Et là, au travers de notre activité de santé à domicile, on voit dans toutes les les sociétés un vieillissement marqué de la population avec lié une hausse des maladies chroniques. Les études montrent que en France par exemple d'ici 2035 40 % de la population d'une façon ou d'une autre malheureusement aura une maladie ou des maladies chroniques.
Et donc là, on s'inscrit vraiment dans la réflexion et dans la transformation du parcours de soins, hein, de l'hôpital à la maison avec des vrais enjeux qui sont des enjeux de personnalisation euh des soins, mais aussi une meilleure observance, hein, qui est extrêmement importante des traitements, le désengorgement de l'ensemble de la chaîne et en particulier des hôpitaux. Et bien sûr, et on en est convaincu et on peut le démontrer, un impact majeur sur les finances publiques en en soulageant en fait le coût du soin tout en fournissant et c'est j'allais dire la beauté de la santé à domicile, une meilleure qualité de soin pour pour les patients. Donc on voit que euh on fait face à l'ensemble de ces enjeux euh encore une fois euh autour de la décarbonation de la euh de de l'électronique et de l'émergence. euh des semi-conducteurs et de la démographie partout dans le monde.
Mais j'aimerais puisque ça va être une partie du propos, euh zoomer un peu plus sur la France et sur Air Liquide en France dans la mesure où euh comme vous l'avez souligné, c'est le berceau historique euh du groupe, euh aujourd'hui la France représente 12000 collaborateurs sur les 66000 du groupe. Et il y a plusieurs facettes. qui a une facette qui est une facette industrielle et commerciale où la France représente 12 % du chiffre d'affaires du groupe avec une activité industrielle et encore une fois même si beaucoup de personnes ont la vision industrielle du groupe a liquide j'allais dire que l'activité industrielle en France ne représente moins de 5 % de l'activité de l'ensemble du groupe avec 2500 personnes, tout de même 200000 clients industriel, là encore des grands clients mais aussi beaucoup de PME et d'artisans.
Donc ça c'est une partie de l'activité, une grosse partie de l'activité puisque ça représente plus de 50 % de nos effectifs, c'est la santé avec 2300 hôpitaux fournis sur l'ensemble du territoire avec de l'oxygène médical. on en a beaucoup parlé pendant le Covid en particulier euh mais aussi 500000 patients à domicile euh que l'on suit de façon quotidienne. Patients qui sont souffre principalement de maladies respiratoires, d'apné sommeil mais aussi du diabète.
Et on voit que on pourrait dire 12 % c'est c'est pas beaucoup quelque part, mais on a justement essayer de regarder un peu quelle était l'empreinte du groupe et on voit que elle va bien au-delà en fait de ces chiffres-là puisque aujourd'hui on a plus de 12000 fournisseurs en France et on dépense 1AR5 d'euros par an. Et globalement, si on regarde l'impact de nos implantations régionales et de l'activité économique, c'est plus de 35000 emplois directs et indirects qui sont liés à l'activité d'air liquide en France. Et ceci en particulier parce que j'ai mentionné les activités commerciales, mais la France est particulièrement importante parce que pour nous c'est le territoire d'innovation et de technologie.
On a deux de nos vaisseaux amox en terme de technologie euh et de développement et d'innovation, un à Charenton euh pour pardon, un au loge enas et un à SASNage pour les technologies les plus avancées. Ce domaine des de l'innovation et de la technologie a été celui qui en terme d'effectif a eu la plus forte croissance sur les 10 dernières années puisqu'on a augmenté nos effectifs en France de 40 % dans ce domaine de l'innovation et de la technologie. Et les deux tiers de nos dépenses d'innovation sont réalisées aujourd'hui en France.
On a enfin en France des fonctions qui sont des fonctions plus centrales liées au groupe. Je reviens très brièvement sur Air Liquide en France et nos actionnaires individuels puisque effectivement comme vous l'avez souligné, on a 900000 actionnaires individuels. Ça représente 33 % de notre capital.
C'est je pense un des records au niveau du du CAC 40. 80 % de ces 900000 euh actionnaires individuels sont français. Alors, souvent on a des des images qui sont un peu faussées sur le portefeuille ou les actionnaires.
En fait, il faut bien voir que 450000 de nos actionnaires ont un portefeuille qui est inférieur à 12000 € 72 actions. Et donc, on est évidemment très attaché et je pense que beaucoup de nos actionnaires fidèles sont aussi très attachés à la performance du groupe et aussi aux valeurs du groupe. Je crois que c'est extrêmement important.
Alors pour revenir sur le contexte dans lequel on évolue ayant donné quelques-uns des des élément du groupe Air Liquide, euh on voit qu'il se passe beaucoup de choses et qu'on est dans un monde qui est extrêmement chahuté. On a la chance quelque part étant présent dans 60 pays et très proches de nos clients d'avoir une position d'observation assez unique sur les tendances. Et j'aimerais peut-être essayer d'en d'en souligner quatre qui me semblent être des tendances majeures sur l'évolution de l'industrie manufacturière dans le monde et qui sont pour moi vraiment des évolutions de rupture sur l'industrie manufacturière et qui touche tous les sujets et qui donne le cadre aux discussions sur la compétitivité.
Le premier la première force qui est en œuvre dans l'industrie manufacturière, c'est évidemment la montée irrésistible de la Chine. Et là, il faut bien voir que la Chine aujourd'hui avec 30 % de la capacité manufacturière mondiale et une force manufacturière extrêmement importante, c'est plus que les États-Unis et que l'Europe combinée. Mais où les choses changent, c'est que la Chine n'est plus seulement une force manufacturière, elle est aussi une force d'innovation. et je vais personnellement plusieurs fois par an en Chine.
Encore très récemment, il y a quelques semaines, j'ai focalisé un voyage sur l'innovation et c'est extrêmement spectaculaire de voir comment depuis le Covid, ils ont accéléré en fait sur des innovations qui sont propres et qui dans beaucoup de domaines sont en avance de ce que l'on sait faire et qui ont la spécificité aussi d'être énormément appliqué à l'industrie manufacturière pour continuer à leur donner un avantage compétitif. Aujourd'hui, hein, il y a eu un classement qui a montré que le cluster d'innovation autour de Shenzen Hong Kong, Guangzo, était numéro 1 au niveau mondial. Donc, je pense qu'il faut vraiment qu'on ait ça en tête.
Ça devient une puissance et un centre d'innovation mondiale. Et cette force manufacturière augmentée par l'innovation a des effets dominaux sur l'ensemble du monde parce que c'est une puissance d'exportation. 30 % de capacité manufacturière mais seulement 13 % de la consommation mondiale intérieure.
Et donc c'est une puissance de d'exportation et on en voit hein les effets dans toutes les chaînes de production y compris en Europe y compris en France. La deuxième force qui est absolument majeure c'est les enjeux accrus autour de la souveraineté qui dessine là aussi le contour de l'industrie manufacturière. Et on voit qu'on est passé d'une mondialisation convergente à une fragmentation de plus en plus marquée avec bien sûr des aspects qui sont autour de l'augmentation des tarifs des barrières douanières, mais aussi des phénomènes de relocalisation très marqué dans de très nombreuses géographies, des chaînes de fourniture et une réindustrialisation dans un certain nombre de domaines.
C'est vrai pour les semi-conducteurs qui sont un peu le le fer de lance, c'est le plus symptomatique de cette souveraineté. euh industriel et et régionale ou nationale, mais aussi c'est vrai dans la chimie, dans la sidurgie et dans beaucoup de chaînes de valeur. La troisème force qui dessine et qui euh change la configuration de l'industrie manufacturière, c'est ce que je mentionnais autour de la baisse de l'empreinte CO2, le manufacturing avec moins de carbone et globalement les enjeux de transition énergétique et de coût de l'énergie.
Là, encore une fois, ce sont des enjeux qui sont là pour durer euh qui sont à la fois un risque risque de surenchérir le coût de production et donc de perte de compétitivité, mais aussi et j'en suis absolument convaincu et en particulier pour l'Europe et pour la France, une opportunité de moderniser notre outil de production et de passer à la génération suivante pour produire de l'acier, de la chimie, des voitures. et moderniser notre outil de production vieillissant parfois. La dernière ligne de force majeure qui restructure complètement l'industrie manufacturière mondiale, c'est bien sûr le digital et l'intelligence artificielle que l'on trouve partout qui est une vraie révolution qui donne ou qui promet des enjeux de productivité bien sûr, mais aussi qui va changer la donne en terme de créativité et d'offre nouvelle par rapport à nos clients.
On voit que bien sûr les avancées dans l'intelligence artificielle exacerbent les enjeux de compétitivité en fonction des différentes régions, mais aussi pose de vraies questions sociales sur le le devenir du travail, le devenir des collaborateurs en particulier, sujets sociaux et éthiques. Donc je pense qu'il faut qu'on qu'on s'empare bien sûr. Alors toutes ces questions sur le manufacturing, encore une fois pour nous en tant que producteur où on fabrique des usines, on fournit de l'oxygène, on fournit de l'hydrogène, de l'azote, elle nous touche tout particulièrement parce qu'on a des concurrents qui jouent et qui agissent avec ces différentes forces là bien sûr, mais l'effet majeur que l'on voit c'est par rapport à nos clients et le bouleversement en fait de l'empreinte industrielle mondiale qui est en train de se transformer et qui comme je je l'ai dit nous impacte puisque nous on est où sont nos clients, on est là pour le long terme et donc ces transformations, c'est important pour nous de les comprendre et d'essayer de les de les anticiper.
Alors, qu'est-ce qu'on voit euh dans ce contexte-là ? On voit encore une fois des secteurs et une grande disparité en fait dans dans le monde avec des secteurs qui ont une forte dynamique. Je mentionnais les semi-conducteurs.
On voit plus d'investissements dans les semiconducteurs que jamais en fait dans l'histoire de cette industrie. Mais on voit aussi des industries plutôt traditionnelles qui sont en train de souffrir avec des reculs de volume très marqués que ce soit la chimie, la sidérurgie par exemple avec de nombreux acteurs et clients qui sont impactés. Je vais y revenir juste dans quelques secondes.
On voit donc une divergence en fonction des secteurs mais aussi bien sûr en fonction des géographies. On a quelques poches de croissance encore dans le monde au niveau industriel. Euh il y a l'Inde bien sûr euh qui commence son histoire de développement industriel.
Il y a la Chine qui reste en fait une terre de croissance euh industrielle. Les États-Unis qui traditionnellement étaient euh un pays qui réussissait à euh sortir plus vite des crises et avoir une croissance aujourd'hui sont plutôt globalement à l'arrêt au niveau industriel. Et je pense que l'instabilité et les changements politiques jouent pour beaucoup.
L'Europe est sous pression, j'ai pas besoin d'y revenir. Je pense qu'on on voit tous la la situation, mais c'est quelque chose que l'on voit de façon très claire et qui crée pour nous, groupe encore une fois internationale, une situation extrêmement contrastée. Et ce contraste, il s'illustre tout particulièrement en France et où on est dans une situation quelque part, j'allais dire paradoxal parce que on voit d'un côté des volumes, des demandes de clients qui sont en baisse et qui sont en baisse régulière.
Quand je regarde nos grands clients de la sidérurgie, de la chimie, du raffinage, en fait, on a une baisse de l'activité marquée depuis 2019. Quand je regarde le tissu industriel de l'ensemble des artisans, des petites entreprises, on a une baisse journalière des volumes depuis maintenant 3 ans et demi. Et on voit que bien sûr, il y a un certain nombre de de sujets qui sont des sujets structurels de coûts.
On parlera peut-être du coût de l'énergie qui reste encore deux à trois fois voire quatre fois en fait supérieur à d'autres pays, en particulier les États-Unis ou le Moyen-Orient. Mais on voit que il y a un grand nombre de facteurs qui jouent sur la compétitivité en fait de ce tissu industriel en France. Et avec des clients qui sont des clients impactés, on voit que sur les trois dernières années, les chiffres que je regardais montrent que à peu près 100 site industriel ferme par an depuis les trois dernières années.
Alors ça c'est ce que l'on voit sur notre activité globale en même temps et c'est ça qui est marquant dans le paradoxe actuel, c'est que les investissements pour le groupe Air Liquide en France sont au plus haut historique. Et sur les 5 dernières années, on a investi plus de 3 milliards d'euros dont 1,5 milliards d'euros sur les deux dernières années. C'est le plus haut historique qu'on a jamais investi en France.
Et je vais essayer de de d'illustrer pourquoi rapidement. Mais je pense que ce paradoxe, il est il est important à comprendre parce que et c'est notre souci, à la fois gérer l'existant et préparer le futur, ce qui peut donner une impression de grand écart, mais c'est effectivement la situation dans laquelle on est. Et on a besoin de composer avec, comme je le mentionnais, des situations qui sont très contrastées où on a à la fois des incertitudes qui sont des incertitudes conjoncturelles, mais aussi des tendances de fond qui sont des enjeux et des transformations structurelles.
Et ce grand écart, et je reprends certains des points que vous avez mentionnés, on peut le voir au niveau mondial où euh à la fois on investit par exemple en Corée euh comme vous l'avez souligné pour développer notre présence, mais on sort de certains secteurs d'activité ou de certaines régions. grand écart aussi en France hein où on a été amené à transformer notre activité santé à domicile dans les deux dernières années avec des réductions d'effectif et en même temps on recrute comme quand on construit le plus grand électrolyseur en Normandie pour faire de l'hydrogène renouvelable où il y a j'y suis allé il y a quelques semaines il y a 500 personnes sur le site où quand on rajoute des collaborateurs et des effectifs dans notre activité de technologie d'engineering à Charanton où on a rajouté depuis 2 ans 160 personnes. Donc il y a vraiment cette ce grand écart qui est extrêmement visible et je pense que ces ajustements font partie de notre responsabilité de groupe pour le groupe liquide où encore une fois il faut à la fois s'adapter sur nos positions existantes pour tenir compte des évolutions de nos clients et des marchés mais aussi garder et c'est très important et j'y suis très attaché une vision long terme pour à la fois innover et investir.
Alors, je vais peut-être juste finir pour euh revenir sur ces enjeux à la fois adaptés, innover et investir euh qui me paraissent extrêmement importants. Alors, s'adapter, c'est bien sûr un un impératif pour durer et notre objectif reste et mon objectif reste d'assurer la pérennité bien sûr à long terme du groupe air liquide. vous l'avez mentionné, depuis plus de 120 ans, le groupe Air Liquide se se développe.
Euh et ma responsabilité, c'est euh vraiment de nous projeter sur le long terme. Donc ça passe bien sûr par une adaptation de l'organisation de notre empreinte industrielle. C'est un impératif qui est permanent mais qui s'accélère très clairement dans le contexte tel qu'il est tel qu'il est.
On voit que encore une fois les volumes euh diminuent en particulier en France. Je prends certains cas qui ont été abondamment commentés. Quand on a un client Vancorex par exemple qui arrête son activité à Grenoble, on avait une unité qui était dédiée, qui fournissait de l'hydrogène sur la plateforme de de Pont Cla.
On a été obligé d'arrêter cette unité et d'arrêter l'ensemble de l'activité sur cette plateforme. 20 collaborateurs étaient sur ce site. On a fait tous nos efforts pour les repositionner dans le groupe et on a réussi effectivement à les repositionner dans son ensemble.
Même exemple avec Domochimie hein qui arrête son activité. Là aussi, on a des actifs et des usines qui sont dédiées. On a fait tous nos efforts pour repositionner euh l'ensemble des collaborateurs.
Mais là encore, on voit que cette baisse de volume a des effets induits sur notre outil industriel. Lorsqu'on regarde en France, le taux de charge de nos usines en fait, il s'échelonne entre 60 et 30 % en fait du fait de la baisse régulière de l'activité industrielle dans la plupart de nos marchés. Donc bien sûr, il faut adapter cet outil industriel qui est nécessaire pour préserver la compétitivité, pour continuer à offrir aux clients qui en ont besoin encore des solutions les plus compétitives, mais aussi bien sûr ajuster les les implantations et encore une fois réallouer nos actifs, sachant que là encore, nous sommes où sont nos clients et nous nous sommes dépendants de l'activité de nos clients.
J'aurais finir pour dire que lorsque l'on doit euh transformer nos positions existantes, extrêmement important bien sûr et c'est dans les valeurs du groupe d'agir en pleine responsabilité. Euh c'est des défis des décisions qui sont toujours extrêmement difficiles surtout quand elles touchent à l'emploi. Comme vous l'avez vu, on essaie le plus souvent de repositionner en fait nos équipes mais les choix de mobilité ou de technicité des métiers euh ne permet pas toujours de le faire.
Et bien sûr, quand on doit euh supprimer des positions, c'est toujours en dernier recours. Euh et là encore euh bien sûr, on essaie de regarder toutes les autres options euh possibles et l'accompagnement se fait au mieux euh de nos équipes dans cette transition. Donc ça c'est adapté l'existant.
Pour finir, préparer l'avenir bien sûr. Et pour préparer l'avenir, il faut innover et ça c'est absolument essentiel. Et comme vous l'avez souligné, Air Liquide est né d'innovation technologique et on continue à innover nous-même mais avec nos partenariats hein qu'on a partenariat académique avec le CNRS, avec le KNES, avec le CEA bien sûr, mais aussi avec nos clients innovés en France qui est extrêmement important.
On a 500 chercheurs aux loges en Josas. Comme je le mentionnais, 2/3 de nos innovations sont faites en France. 60 % de nos brevets sont déposés en France et pour nous c'est extrêmement important d'avoir cette base en France.
Alors, c'est innové pour des pour nos clients, mais c'est aussi et là, je reviendrai sur l'aspect de souveraineté, c'est innové pour développer des solutions souveraines qui peuvent être dans l'industrie autour de la décarbonation par exemple ou dans les semiconducteurs pour trouver des solutions les plus innovantes. Mais c'est aussi innové dans le spatial et liquide a accompagné les programmes spatiaux européens depuis le début et c'est assuré un accès sécurisé autonome à l'espace. Mais c'est aussi dans le nucléaire, dans la défense euh que ce soit les équipements qu'on fournit pour hyper par exemple, mais aussi des réservoirs cryogéniques pour les sous-marins en particulier.
Alors peut-être juste pour illustrer, pour nourrir le propos, quels sont les points qui me semblent importants pour maintenir en fait cette cette capacité d'innovation ? Je crois que c'est avant tout offrir un cadre stable puisque faire de la recherche ça demande du temps. Beaucoup de nos programmes de recherche s'étalent sur 5 10 15 20 ans.
Et c'est extrêmement important de d'avoir un cadre qui nous permette d'investir dans les compétences, d'investir dans les équipes, d'investir dans les la matériel dans les matériaux. Et c'est pour ça que les dispositifs qui ont été mis en France en place me paraissent extrêmement importants. On a abondamment parlé du crédit d'impôt recherche qui est un des facteurs très importants qui permet de différencier la France.
Sachant que beaucoup de pays offrent et et j'allais dire nous font beaucoup de propositions pour localiser nos efforts de recherche chez eux. mais aussi des mécanismes comme l'IPBox qui permet de loger la propriété intellectuelle en France me paraît extrêmement importante sur la durée. Donc préparer l'avenir c'est innover mais préparer l'avenir c'est aussi investir.
Et comme vous l'avez souligné, on investit massivement, plus que jamais dans l'histoire du groupe Air Liquide, 4 milliards4 d'euros en 2024 en accélération et comme je le mentionnais, c'est le cas dans de nombreuses géographies et en France de façon très notable, plus de 3 milliards d'euros sur les 5 dernières années. C'est le projet Normandie que je mentionnais hein, plus de 500 millions d'euros d'investissement qui sera le plus grand électrolyseur européen pour produire de l'hydrogène renouvelable 200 MW adossé à des contrats long terme. Mais c'est aussi investir pour produire de l'hydrogène biogénique, un grand puit par exemple pour permettre d'alimenter une bioraffinerie ou à fausse sur également de l'hydrogène qui sera de l'hydrogène renouvelable pour fournir une biorinerie.
C'est investir en Europe sur des thématiques similaires hein de décarbonation, vous l'avez souligné, aux Pays-Bas, au Danemark, en Belgique, mais aussi investir dans les semiconducteurs. Nous sommes ceux qui allons fournir la nouvelle FAB à DR de semi-conducteur, le plus gros investissement de semiconducteurs en Europe. Alors, ces investissements, ils sont souvent difficiles parce que c'est des technologies qui sont innovantes, ils sont chers globalement.
Encore une fois, plusieurs centaines de millions d'euros investis et ils sont risqués dans la mesure où on ouvre des nouveaux marchés qui le plus souvent n'existent pas. Donc c'est important d'avoir un certain nombre de de cadres et de soutien pour que nos clients décident d'investir, prendre des risques et que pour nous on puisse également les soutenir. Alors peut-être quatre points qui me paraissent intéressant de de souligner pour finir cette partie sur ce dont on a paraît important hein pour maintenir ce cadre d'investissement.
Le premier, c'est bien sûr un cadre réglementaire et fiscal long terme, le plus stable possible avec une vision pluriannuelle. Euh et ça c'est extrêmement important parce qu'encore une fois ces décisions sont sur le long terme et permettent de donner une visibilité sur un certain nombre d'investissement. Le deuxième point, c'est une simplification des normes puisqu'on a tendance à impiler empiler et complexifier non seulement des normes ou des règles nationales mais aussi européennes avec parfois une surtransposition.
Euh et ça c'est extrêmement important et c'est extrêmement important aussi pour les investisseurs étrangers qui voient parfois avec horreur en fait euh le la complexité administrative et j'ai de nombreux patrons étrangers qui me disent qu'ils ont mis de côté l'Europe parce que pour eux c'est trop compliqué et c'est trop risqué d'investir en Europe. Le troisième point, c'est pour investir avoir du soutien qui s'oriente vers une ou qui se base sur une neutralité technologique. Trop souvent, les les soutiens tels qu'ils sont formulés non seulement fixent les objectifs et je pense que c'est très bien de fixer des objectifs ambitieux et c'est votre rôle et le rôle des législateurs de fixer des objectifs ambitieux.
Par contre, sur les moyens techniques pour y arriver, il faut laisser les spécialistes, les industriels trouver la meilleure solution dans cette phase de transition. On l'a vu sur l'hydrogène par exemple où il y avait beaucoup de spécifications non seulement sur l'hydrogène en tant que tel mais sur comment l'hydrogène allait être produite, quelle électricité allait être utilisée. Alors que dans d'autres pays, on voit très bien que c'est un critère d'intensité carbone par molécule d'hydrogène qui est choisi et c'est au marché, aux acteurs de choisir quelle est la meilleure solution technologique.
Le dernier point, c'est dans le soutien bien prendre en compte l'ensemble de l'écosystème et ne faire levier sur ces gros investissements pour faire bénéficier non seulement pour faire bénéficier non seulement les grandes entreprises mais aussi tout le tissu industriel. On voit très bien que dans le chips acte européen, seuls les grandes fabes en fait bénéficient de soutien alors même que ce qui fait la puissance et la compétitivité, c'est l'ensemble du tissu industriel qui permet de fournir les gaz, les équipements à ces grandes installations industrielles. Et je pense qu'on passerait à côté si on n'utilisait pas tous les leviers dont on peut pour avoir une certaine préférence régionale pour permettre à l'industrie locale et aux plus petites entreprises en particulier de se développer.
Une bonne illustration a été ce qui a été demandé lorsqu'on a reçu des aides pour le projet de Normandie d'avoir un contenu français de 50 % de sous-traitant ce qu'on a fait et ce qui a permis de faire monter le niveau sur cette technologie de pointe d'un certain nombre d'entreprises de taille moyenne. Je vais m'arrêter ici. Excusez-moi, j'ai été un petit peu long peut-être mais je suis peut-être emporté par la passion du sujet et aussi sa complexité.
Je me suis focalisé sur l'industrie. On pourra revenir sur la santé bien sûr si vous le voulez. Euh j'espère avoir partagé comment le groupe Air Liquide se trouvait à la croisée en fait de défis qui sont cruciaux euh et vraiment une métamorphose de l'industrie et comment on essaie d'apporter des solutions sur ces deux transitions majeures que sont à la fois transition énergétique et aussi digital et montrer quelle pouvait être l'utilité du groupe.
Je crois que vous avez perçu que il y a vraiment cette tension en fait, ce grand écart que l'on voit dans de très nombreuses géographies avec le besoin à la fois de s'adapter mais aussi bien sûr de préparer l'avenir en innovant et en investissant. La situation est bien sûr complexe. Donc voilà, on peut se poser des questions mais je garde bien sûr confiance parce que l'histoire montre que l'industrie française en particulier a traversé d'autres crises et je suis confiant qu'on réussira à traverser également cette situation.
Quant à l'Europe, je veux aussi croire qu'elle a la capacité de réagir et de tracer une route qui lui est propre. Et je crois que ça c'est important. Euh ce qui est certain, c'est que en face de ces mutations profondes, on a besoin de fixer un cap long terme puis d'avancer euh de façon pragmatique sur les priorités stratégiques qu'on a euh identifié.
Cette fois-ci, je m'arrête pour de vrai et voilà. Et je pense que vous avez vu notre engagement aussi à apporter des solutions pour accompagner la mutation de l'industrie et j'espère préparer le monde de demain. Merci beaucoup.
Merci beaucoup monsieur le directeur général. Vous avez été passionnant et la preuve c'est que je n'ai cessé d'inscrire un certain nombre de noms de nos commissaires qui souhaitent vous poser des questions. Donc cela montre que véritablement l'intérêt était plus que présent tout au long de votre intervention.
Donc comme je l'ai dit, on va donner la parole à Daniel Gremier, à Patrick Chau vous pourrez y répondre et ensuite on ouvrira les questions tr par tr. Daniel. Oui, merci madame présente.
Monsieur le directeur général, dans le cadre des objectifs de développement d'air liquide, 40 % des investissements réalisés actuellement euh sont liés à la transition énergétique. À cet égard, le groupe mise notamment sous hydrogène vert. Quelle est à ce jour la part d'hydrogène gris fortement émetteur de CO2 et d'hydrogène vert bas carbone produit par air liquide ?
Et comment ces proportions vont-elles évoluer à l'avenir au niveau du group air liquide ? La découverte en Moselle de d'un gisement de 46 millions de tonnes d'hydrogène blanc hydrogène naturel peut-elle modifier votre stratégie en ce domaine ? En outre, les les dispositions prévues dans le la proposition de loi de programmation pour les réann énergie en matière de production d'hydrogène vous paraissent-elle pertinente ?
Il y a eu un certain débat et ça serait intéressant de d'actualiser ce débat. Enfin, l'Agence internationale de l'énergie estime que les technologies de capture de et de stockage du CO2 pourraient contribuer à 20 % des efforts de réduction des émissions en 2050. Le groupe Air Liquide maîtrise-t-il cette technologie prometteuse ?
Pensez-vous qu'elle pourra être industrialisée à un coût raisonnable et à quelle échéance ? On sait tous aujourd'hui, monsieur le directeur général, que le problème du coût de la molécule hydrogène a été un grand obstacle parce que depuis le temps qu'on en parle au développement industriel et vous nous avez apporté un certain nombre de réponses notamment avec la construction de ce plus gros électroliseur. Et enfin, dernière question.
Pouvez-vous nous faire le point de la situation sur le projet Saintbio Michelin Forestia dans lequel Air Liquide était impliqué sur la construction du réseau sur la mobilité lourde notamment. Merci beaucoup et merci pour la qualité de vos propos tout à l'heure. Merci Daniel.
Patrick Chauvé. Merci madame la présidente. Le normand.
Voilà. le local. Euh merci monsieur le directeur général, merci des excellents propos que vous avez tenu sur la présentation de de l'entreprise Air Liquide et également sur le le l'environnement qui qui l'entoure.
Air liquide achève la construction du plus grand électroliseur d'Europe qui sera situé sur les bords de scènes près du Havre en scène maritime grâce à un soutien public de 180 millions 190 millions d'euros pardon et à la signature d'un contrat avec totale énergie pour alimenter sa raffinerie de Gonfreville Lorcher. Air Liquide a décidé en 2022 d'investir 500 millions d'euros dans cette unité de production d'hydrogène renouvelable et bas carbone de 200 MW. La mise, c'est ma première question, la mise en service du site aura-t-elle lieu courant 2026 comme initialement prévu ?
Par ailleurs, sur les 200 MW de production, la moitié est destinée à Total énergie pour alimenter sa raffinerie de gonfrophil l'orché et 5 % sont destinés à une start-up pour l'alimentation de sa flotte de véhicule. Ma deuxième question est donc votre groupe a-t-il trouvé des clients pour les 45 % de production restant ? Je vous remercie.
Merci à tous les deux. Voilà, monsieur le directeur général pour répondre déjà à ces deux premières importantes questions. Merci beaucoup pour vos questions très détaillées.
Je vais essayer de répondre le plus brièvement possible euh sur les différents éléments. par rapport à l'hydrogène et la la le type d'hydrogène que l'on produit aujourd'hui au niveau mondial pour le groupe air liquide et d'une façon générale la très grande majorité d'hydrogène est d'hydrogène gris à savoir de l'hydrogène qui est fait à partir de gaz naturel et donc il y a un contenu carbone assez important. Euh les choses sont en train de changer et en particulier pour le groupe Air Liquide puisque nous avons actuellement 7 unités de production d'hydrogène bas carbone soit en opération soit en construction en Europe.
Et donc ces hydrogènes sont ces ces unités sont soit des unités existantes qui produisent de l'hydrogène gris qu'on est en train entre guillemets transformer en hydrogène bleu, c'est-à-dire où on est en train de capturer le carbone. Et donc là, on a une usine qui est en train d'être construite de capture du carbone au Pays-Bas à Rotdam. Mais c'est aussi des nouvelles unités qui sont des unités qui vont produire de l'hydrogène soit de façon électrolytique à partir d'électricité renouvelable, c'est le cas de la Normandie, soit des unités qui vont utiliser du biogaz en fait qui est issu de procédés industriels et de fermentation globalement pour faire de l'hydrogène qui sera de l'hydrogène biogénique et donc bas carbone.
Donc les choses sont en train de changer même si aujourd'hui la base installée est très majoritairement grise. Là encore Air Liquide est leader sur son marché. On aura d'ici 3 ans de loin la plus grande capacité d'hydrogène décarboné en Europe.
Sur l'hydrogène blanc. Oui, il a eu pas mal d'études qui ont été faites aujourd'hui. C'est une piste qui est intéressante, que l'on suit mais qui est loin de donner en fait des solutions ou une faisabilité industrielle.
La question clé va être est-ce que le marché va se développer de façon suffisante pour nécessiter en fait des investissements à la fois en terme de recherche et d'exploitation ? Si c'était le cas, on pourrait se réjouir que la France a un potentiel à confirmer de d'hydrogène en terme de ressources naturelles. concernant les l'hydrogène et les applications de de l'hydrogène, en fait, il y a eu beaucoup, j'allais dire d'emphase, si ce n'est d'enthousiasme, autour de l'hydrogène ces dernières années et puis on a l'impression que là, les choses sont un peu retombées. de notre point de vue, on reste extrêmement cohérent par rapport à notre stratégie qui est la même et qui se déroule de façon tout à fait prévue, à savoir des besoins dans le secteur de l'industrie et en particulier c'est pas toute l'industrie mais c'est certains secteurs.
Et aujourd'hui, le secteur qui est capable de trouver les conditions économiques pour utiliser de l'hydrogène bascarbone, c'est le raffinage. et encore une fois le raffinage dans les pays où les transpositions européennes des régulations sur les RFNBO, les fioues bas carbone et la réglementation REA3 aussi est mise en place. Il y a très peu de pays qui l'ont fait aujourd'hui et là je veux saluer en fait les efforts de la France puisque la France a été un des premiers pays avec un mécanisme qui s'appelait la tiruerte pour permettre en fait de valoriser et d'inciter des acteurs comme Total énergie à prendre des risques et je pense qu'il faut saluer ça à prendre des risques pour s'engager sur le long terme même si d'ailleurs ce mécanisme et c'est un des sujets est un mécanisme qui jusqu'à présent était annuel alors que tout le monde a besoin de mécanisme pluriannuel Donc, on voit que certains secteurs ont réussi à se développer.
C'est en particulier le cas du raffinage. D'autres secteurs prendront plus de temps et je pense que aujourd'hui dans le contexte actuel, la chimie, la sidérurgie, j'allais dire est en train de se focaliser sur repenser leur modèle pour être capable parfois même de survivre. Et je pense que lorsque ça sera fait, on verra d'autres projets de décarbonation utilisant un hydrogène.
Sur la mobilité, de plus en plus, il y a soit quelques flottes captives dont les les taxis par exemple parisiens que vous avez vu, les taxis bleus qui utilisent de de l'hydrogène. Mais le créneau principal, c'est la mobilité lourde et c'est les poids lourds. Et aujourd'hui, ce secteur continue à se développer.
Malheureusement, c'est toujours un peu le le même sujet entre la disponibilité des camions et la disponibilité des stations. On a décidé nous en tant que fournisseur d'infrastructure d'aller de l'avant et on a mis en commun toutes nos stations services avec les stations services du groupe Total énergie dans cinq pays européens pour créer l'ensemble en fait d'une infrastructure de fourniture de station. Donc ça c'est pour les stations.
On est en discussion actuelle pour être capable de convaincre les fabricants de camions de mettre plus de camions sur la route parce que c'est ça le sujet aujourd'hui. Il y en a quelques-uns dans la région de Fausse aujourd'hui. Il y en a quelques-uns qui sont aussi au Pays-Bas et on est en train d'essayer de de pousser cela.
Euh sur le euh l'autre l'autre sujet, il y a le sujet bien sûr euh de comment euh avoir la meilleure solution économique par rapport aux besoins de l'industrie. On voit très bien que il faut abaisser le contenu carbone de l'hydrogène. Et là encore une fois, je pense que différentes technologies peuvent fournir différentes solutions.
Et dans ces technologies aujourd'hui, il y a la capture du carbone, le CCS hein, qui est une solution qui est prouvée technologiquement aujourd'hui et qui est probablement une des solutions les plus économiques, même si aujourd'hui le coût complet de la capture du carbone pour éviter les émissions est supérieur au coût de la taxe carbone européen. TS hein, le TS aujourd'hui navigue entre 60 et 80 € la tonne alors que le coût de la capture sur l'ensemble d'une chaîne industrielle est plutôt de l'ordre de 150 à 200 € la tonne. Donc il y a besoin de subvention, il y a besoin d'aide et ça c'est extrêmement important pour favoriser ces solutions qui permettent non seulement de décarboner l'hydrogène mais de décarboner de très nombreux projets industriels et procès industriel.
En premier lieu, le ciment hein qui est l'émetteur numéro 1. On a un certain nombre de projets avec des entreprises dans le dans le nord de la France en particulier pour décarboner la production de ciment. Mais aujourd'hui, il manque un certain nombre de soutien pour permettre dans cette phase de transition, hein, de convaincre les industriels là encore d'investir pour le long terme en porte àfa euh dans ces opportunités-là.
J'ai pas spécialement de commentaires euh sur le projet Symbiot dans la mesure où on n'est pas directement impliqué euh et acteur de ce projet-là. Euh donc je pourrais pas euh commenter euh sur ce projet de façon spécifique. Pour finir sur la la Normandie et et sur le projet de Normandie, euh oui, on a tout à fait prévu de démarrer en 2026 euh l'ensemble de cette unité.
Euh c'est un très beau chantier. Je vous invite à à venir le voir si jamais vous êtes intéressé. OK.
Euh et euh on a une partie des volumes qui sont dédiés euh au client Total Ennergie pour sa raffinerie pour faire exactement ce que je mentionnais. Et là encore, j'aimerais saluer le le courage aussi de de clients qui sont prêts à s'engager sur le long terme. Une autre partie des volumes est dédiée à la mobilité.
Donc aujourd'hui, on a annoncé et sécurisé quelques clients. On a d'autres clients qui sont intéressés et on devrait annoncer d'autres contrats dans un futur proche pour permettre la mobilité, soit mobilité lourde encore une fois avec des camions, soit des flottes captives, typiquement des taxis. Et puis on a d'autres clients industriels qui sont intéressés puisque on construit une infrastructure complète, hein.
On a non seulement une unité mais aussi on a un un pipeline qui permet sur l'axe de scène de donner à des clients industriels ou des acteurs de la mobilité accès à de l'hydrogène décarboné. Merci. Donc on va prendre les questions trois par trois.
Comme vous êtes très nombreux à souhaiter poser des questions et c'est bien légitime, je vous demande d'être concis dans vos interventions. On commence avec Fabien Guay. Merci madame la présidente, monsieur le directeur général.
Trois petites questions. La première, je veux revenir sur les questions de santé, santé à domicile. Je pense que c'est un sujet d'avenir puisque vous l'avez dit avec des pathologies de plus en plus lourdes, le vieillissement de la population, l'entrée en Épad.
Et et pourtant vous faites un autre choix depuis 2 ans, celui de sabrer dans l'emploi 1250 salariés supprimé. Je sais, vous allez me dire que vous avez créé 700 postes industriels. Donc le le delta va être de 530 mais vous l'avez reconnu vous-même.
Ce n'est pas les mêmes métiers et donc c'est l'emploi et du savoir-faire perdu. Et pourtant, contrairement à l'emploi industriel, c'est pas des emplois délocalisables. Donc la question est de savoir est-ce que véritablement oui ou non vous y croyez ou est-ce que vous allez au fur et à mesure céder toutes vos activités et en réalité le faire par des sous-traitants.
Ça peut être une stratégie pour vous recentrer sur la question industrielle. La deuxième question, elle est sur la recherche et développement en France. Vous en avez longuement parlé.
à peu près 200 millions d'euros investis en France, 35 millions de crédits d'impôt recherche. On ne connaît pas le montant de l'IP Box, mais généralement il peut doubler voire tripler, vous l'avez évoqué le montant du crédit d'impôt recherche. Donc c'est assez significatif pour votre groupe comme pour beaucoup d'autres.
Donc la question est-ce que vous ne croyez pas au moment budgétaire qu'il faut recentrer cette niche fiscale sur des activités de recherche et développement et en exclure d'autres ? Pour le coup, vous en faites de la recherche et développement et est-ce que vous êtes d'accord que cet argent doit aller uniquement sur la recherche en France et en exclure évidemment à hauteur de 30 % la recherche au niveau européen ? Et à contrario, seriez-vous intéressé que sur la question d'une bonification sur l'industrialisation, on puisse dire celles et ceux qui font de la recherche et qui industrialisent, logent leur brevet, l'IPBox mais industrialise, on est une question de bonus.
Est-ce que c'est une question qui vous intéresse ? Enfin, une dernière sur la transparence. Vous aviez dit lors de la commission d'enquête, vous étiez d'accord sur la question de transparence, d'ailleurs comme l'ensemble des PDG et leurs représentants syndicaux.
Euh, allez-vous attendre la loi ou allez-vous le faire dès cette année, notamment dans votre CSE euh sur l'utilisation de l'argent public, le montant et les volumes à loués. Voilà, je vous remercie. Merci Fabien.
Yve Blunven. Yve Blunven, donc sénateur du Morbillant. Bonjour.
Merci madame la présidente, merci monsieur le directeur de nous proposer des auditions de ce niveau qualitatif puisque on a la chance aujourd'hui de d'auditionner une de nos pépites industrielles françaises. Moi, je voudrais juste revenir sur un sujet un peu particulier qui concerne l'ensemble du Grand Ouest puisque nous avons une activité agroalimentaire et agricole importante et nous avons subi cet été, juillet-août, une crise majeure sur l'approvisionnement de nos usines en CO2 avec des ruptures de livraison, des ruptures de production, des arrêts d'usine qui a beaucoup inquiété le monde de l'agroalimentaire. Alors, on peut rapidement rappeler le le contexte une baisse de production pour vous puisque vous captez essentiellement ce CO2 ces dernières années dans votre sourcing sur des productions d'engrais.
On a fermé trois usines dans le Grand Ouest ces deux dernières années et puis une augmentation des usages puisque globalement le CO2 est de plus en plus utilisé dans nos usines agroalimentaires sur des activités dont on n'imaginait pas il y a quelques années les volumes que ça pouvait représenter. Le bien-être animal, par exemple, l'euthanasie des animaux avant l'abattage, c'est quelque chose qui s'est répondu sur toutes les lignes d'abattage qui permet de de d'apporter, on va dire, des solutions de bien-être grâce à à cet étourdisement provoqué par le CO2, mais aussi des nouvelles techniques sur la conservation des produits puisque grâce à vos techniques, on conserve plus longtemps nos produits et puis des innovations en serre, en milieu hortico on utilise de plus en plus de CO2 pour améliorer la photosynthèse. C'est un des outils qu'on a trouvé pour lutter contre l'importation massive de tomates du Maroc par exemple.
Et puis on met en évidence récemment que en mettant un peu plus de CO2 dans la serre, on a moins besoin de chauffer. Donc c'est quand même des éléments techniques intéressants que la sur laquelle il faut qu'on valorise. Par contre, on s'est vraiment aperçu avec cette crise du niveau de dépendance de notre industrie agroalimentaire à vos entreprises.
Je dis à vos entreprises puisque vous représentez la grosse partie de l'approvisionnement et vos méthodes commercial par des contrats qui font de vos clients des clients captifs font que on est dans un système de dépendance et donc ça vous oblige ça vous oblige à des attitudes face à ce genre de situation. On parle de souveraineté alimentaire puisqu'on a validé cette action de souveraineté alimentaire dans nos instances en 2025. Moi, je voulais juste revenir sur cette crise.
Comment allez-vous faire en sorte d'apporter des garanties à nos industriels de l'agriculture et de l'agroalimentaire pour ne pas nous retrouver un peu pigeon comme on s'est retrouvé en juilleta-août sans capacité à changer de fournisseur puisque comme vous avez des installations tellement techniques dans nos usines ben que on a qu'un seul fournisseur et on doit attendre qu'il trouve des solutions. Avez-vous envisagé des solutions alternatives à l'approvisionnement pour qu'on puisse vivre un peu plus sereinement sur ces activités ? Merci.
Merci Yve. Et dernière question dans cette série, Marie Lisousseau. Rapid Monsieur le directeur général, vous avez une politique dynamique d'investissement qui est particulièrement soutenue dans le monde entier mais également en France essentiellement dans votre cœur de métier, ce qui est bien normal.
Moi, je suis sénatrice du Tarn et j'ai j'avais un outil qui s'appelait Safra euh et qui était le seul constructeur de bus à hydrogène en France. Euh Safra a été mis en redressement judiciaire en mai et il a été racheté par le chinois Wanun. Et donc moi la question que je voudrais vous poser puisque vous êtes vous avez dit que vous étiez très attaché à la souveraineté industrielle et que vous souhaitiez également bien prendre en compte l'écosystème, je voulais savoir si vous vous étiez interrogé sur l'opportunité d'investir dans ce type d'entreprise d'aval pour permettre de de développer l'utilisation de l'hydrogène et faciliter la décarbonation.
Alors euh je vous pose la question sur safra, mais je vous pose également la question euh sur d'autres entreprises qui pourraient exister en France. Merci. Merci monsieur le directeur général.
Voilà. Merci beaucoup pour vos questions précises et variées. Je vais commencer par la santé à domicile.
Pour faire très simple, nous sommes absolument convaincus du rôle de la santé à domicile et du rôle d'air liquide dans la santé à domicile et nous voulons continuer à être un fournisseur de solutions au travers de la santé à domicile. Je pense que c'est une façon de répondre aux besoins de société. Euh la situation de la France est très particulière puisque on était dans une situation assez paradoxale où on a un un écosystème qui dans l'ensemble a du mal à vivre alors même que les taux de remboursement sont dans les plus hauts en Europe.
Quand on prend l'apné du sommeil en France les remboursements sont de l'ordre de 500 à 800 € par an et par patient. Alors même que on prend, on va pas très loin, on va l'Espagne ou l'Allemagne, on est à moins de 300 €. Et les étude montrre que l'ensemble du secteur souffre énormément et que baisse de tarif après baisse de tarif, le secteur n'arrive pas à globalement se développer.
Et donc ce que l'on cherche à faire, c'est parce qu'on croit dans cette activité, ça aurait été extrêmement facile de la vendre à un moment ou un autre. on a décidé de la transformer et de continuer à investir. Et donc transformer parce qu'on avait une activité historique qui était multimarque.
On avait h marques en France, on avait 160 sites en France, on avait 33 centres de relation client et d'appel. Et donc il y avait besoin de d'adapter cette structure aux besoins du marché et des patients. Donc c'est ce qu'on a fait euh et malheureusement oui bien sûr il y a eu des postes qui ont été supprimés.
On a accompagné euh tous nos collaborateurs pour trouver les meilleures solutions. Il y a eu 25 % sur l'ensemble des postes supprimés de licenciement. tout le reste, on a trouvé des solutions avec nos collaborateurs.
Donc c'est ce souci de responsabilité et d'accompagnement et ne pas le faire aurait été je pense un manque de responsabilité de notre part. Et donc on a aujourd'hui non seulement une une organisation qui permet de mieux répondre aux besoins des patients, mais on est aussi dans une démarche extrêmement active vis-à-vis des pouvoirs publics pour proposer une évolution du modèle. Et je pense qu'il y a beaucoup de choses qui ont été mises sur la table. on a des économies euh qui sont proposées au système.
On a commencé effectivement à avoir un retour sur un certain nombre de propositions et je les prends avec beaucoup de euh j'allais dire de de positivisme parce qu'on a besoin de faire évoluer ce système qui en comparaison avec de nombreux autres systèmes aujourd'hui coûte cher à la société et n'apporte pas forcément la qualité de soins qui est demandée. Et donc c'est quelque chose que l'on veut continuer en interne bien sûr en développant nos équipes pour répondre à votre question de façon très spécifique sur l'ARD ARD bien sûr que l'on veut faire en France. On a aussi d'autres centres, on a cinq centres de recherche, que ce soit aux États-Unis, en Chine, en Allemagne ou ailleurs.
Les le soutien que l'on a euh en particulier au travers du crédit d'impôt recherche est alloué de mémoire à 97 % sur des projets qui sont réalisés en France. Les 3 % sont faits en très grande partie dans notre autre centre euh européen euh en Allemagne, mais encore une fois, c'est fait euh très majoritairement en France. Il y avait la question qu'on avait abordé précédemment qui était le le contrôle et la conditionnalité des aides en particulier de recherche et et d'innovation sur le contrôle.
Évidemment qu'on est tout à fait pour une transparence et d'ailleurs la transparence elle existe aujourd'hui. Les chiffres sont publics sur les aides que l'on reçoit, sur le fléchage en fait des différents projets. Donc il y a il y a pas de sujet pour nous et avoir une conditionnalité dans la mesure où les conditions sont en relation avec l'objet de la recherche.
Oui, bien sûr, on peut regarder tout à fait ce genre de proposition. Je reviens sur l'agroalimentaire et sur le CO2. Oui, il y a eu l'année dernière, comme malheureusement il y a un certain nombre d'années, une crise de fourniture du CO2 et en particulier dans l'agroalimentaire en en France.
Le sujet principal, c'est que nous sommes entre nous sommes pas producteurs en fait du CO2 et donc il faut trouver des sources de CO2 qui sont des sources de CO2 impures que l'on purifie en fait et que l'on met à la qualité agroalimentaire avec des spécifications très particulières pour permettre de fournir des clients. Et comme vous l'avez souligné, historiquement, la plus grande partie du CO2 utilisée dans l'agroalimentaire venait de l'industrie des engrais et plus spécifiquement en fait de la fabrication d'ammoniaque. Vous avez suivi en fait avec les évolutions du gaz naturel le fait que l'ammoniaque produit en Europe devient non compétitif par rapport aux imports d'ammoniaque.
Sauf que quand l'ammoniaque ou l'engrais est importé plutôt que produit, il y a plus de source de CO2 puisque les CO2 est produit à l'endroit où on fait l'ammoniaque. Donc on a développé des sources alternatives et on continue à développer des sources alternatives. La vision que l'on a c'est de s'affranchir en fait le plus possible de ces sources d'ammoniaque européennes et françaises en particulier parce que c'est une industrie qui est extrêmement mise sous pression.
Donc qu'est-ce qu'on fait ? On extrait du CO2 à partir d'unités qui fournissent de l'hydrogène. Par exemple, à Porgérôme, on a fait une unité d'extraction du CO2 qui permet à la fois de d'abaisser le contenu carbone de l'hydrogène mais qui permet de faire de du CO2 à notre main en fait pour l'agroalimentaire sur l'usine qu'on est en train de construire construire à grand puit hein de la même façon puisque c'est des biogaz qui sont utilisés pour faire de l'hydrogène.
Il y a du CO2 qui est émis, qui est du CO2 biogénique d'ailleurs et que l'on extrait, on est en train d'investir une unité hein, spécifiquement pour palier en fait le manque de CO2 venant de l'ammoniaque. La troisième piste que l'on est en train de développer, c'est de développer des plus petites unités de purification du CO2, en particulier à partir de d'unité de fermentation pour être capable d'avoir des sources plus délocalisées de CO2. Elles sont généralement plus chères mais par contre plus résilientes et permet en fait d'éviter ce genre de de crises qui sont pas que des crises française d'ailleurs, c'était une crise du CO2 qui était une crise européenne.
Donc soyez assurés queon travaille sur le sujet, qu'on investit effectivement pour avoir plus d'indépendance par rapport à cette source de CO2 et permettre une continuité de fourniture à nos clients bien sûr puisqu'on comprend la la nécessité et l'utilité en fait du CO2 dans de très nombreuses applications comme vous l'avez souligné dans l'agroalimentaire. bus à hydrogène. Est-ce que on a considéré investir dans les bus à hydrogène ?
Alors, dans le cas précis ou d'une façon générale, la réponse courte, c'est non. Euh on considère que on est légitime sur notre cœur de métier euh à savoir produire et distribuer les gaz. L'utilisation, c'est en fait le le métier de nos clients.
On a une règle qui est un peu forte qui est on ne fait pas le métier de nos clients et donc on a aucune légitimité dans les bus à hydrogène ou les voitures ou les taxis et cetera. Ça nous arrive de soutenir des start-ups au travers des différents véhicules qu'on a dans dans l'entreprise mais on n pas vocation à être ni un fabricant ni un opérateur de bus. Par contre, ce que vous soulignez, c'est la nécessité en fait de développer l'écosystème.
Et je pense pour revenir sur un des points qu'on a mentionné, un des un des défis, c'est d'être capable de développer cette infrastructure. Et je pense qu'il faudrait qu'on soit un peu moins dogmatique dans ce cette transition pour la mobilité et qu'on accepte comme d'autres pays qui sont très en avance le fond d'utiliser dans un premier temps de l'hydrogène bas carbone mais un peu quelle que soit l'origine et développer l'infrastructure, développer les économies d'échelle pour produire de plus en plus de camions et de bus et ensuite progressivement verdir ou décarboner l'hydrogène pour s'assurer que la marche d'escalier est pas trop haute et que le coût dès le départ est pas trop important parce que le résultat des courses c'est que ça se passe pas. C'est exactement ce que la Chine est en train de faire et il faut pas perdre de vue que aujourd'hui la plupart des investissements dans le monde en hydrogène se font en Chine et la Chine n'a pas du tout baissé la garde.
Bien au contraire, il développe massivement les utilisations d'hydrogène pour les camions, pour les bus et l'ensemble de la chaîne. Donc ce qu'on a vu sur les véhicules électriques, sur les panneaux photovoltaïques, attention parce que l'histoire est en train de se répéter et au moment où certains perdent un petit peu patience avec l'hydrogène, je pense qu'il faut faire très attention parce que je vois très bien que en Chine, il continue à soutenir fortement ces efforts. Merci.
Alors, nouvelle série de questions assez rapidement s'il vous plaît aussi. Bernard Bui. Merci madame la présidente.
Merci monsieur le directeur général pour la clarté de vos propos. Moi, j'aurai rapidement deux questions. Air Liquid est présent depuis plus de 60 ans en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane.
Quelle est votre stratégie pour contribuer à la décarbonation et à la sécurité d'approvisionnement énergétique dans les autres mers, notamment en matière d'oxygène médical, d'hydrogène pour la mobilité ou de stockage d'énergie ? Envisagez-vous une implantation dans d'autres territoires ultramarins ? Et d'une manière générale, en France en métropolitaine, envisagez-vous d'implanter de nouveaux sites dans les villes médianes, voir des zones plus rurales comme à Pierre Lat.
Et puis j'aurais une question sur l'intelligence artificielle. Comment l'intelligence artificielle impacte-t-il vos méthodes et votre organisation ? Merci Guilin Cambier.
Merci madame la présidente, bonjour monsieur le directeur général et et merci de vos explications. Moi je suis comme beaucoup de monde, j'ai besoin de rêver un peu et l'hydrogène ça fait rêver. Alors c'est vrai qu'on on a beaucoup espéré pendant pendant des années et que parfois on est un peu déçu.
Mais si parce que il faut après qu'on dessine nos perspectives derrière. Euh vous nous on on a besoin justement de en même temps de techniciens pour nous rapprocher de la de la réalité et euh et je remercie les uns et les autres dans les questions et les éclaircissons que vous avez pu apporter déjà euh sur euh le prix de la molécule hydrogène euh en particulier ou la plus grande que vous nous avez rassuré en nous disant qu'on allait bientôt avoir la plus grande capacité de production d'hydrogène décarboné en Europe. Tout ça ce sont des ce sont des bonnes nouvelles.
Malgré tout il reste quand même quelques points quelques points d'interrogation. On avait en France un plan hydrogène qui a été décidé, je si je me souviens bien en 2020 et qui fixait un certain nombre d'objectifs pour 2035. Malgré tout, est-ce que vous croyez qu'on pourra avoir une molécule d'hydrogène compétitive à cette date comme c'était prévu dans l'axe 1 ?
Est-ce que dans l'axe 2, on pourra avoir également une une hydrogène en deux hydrogènes dans la mobilité qui soit là aussi accessible en particulier pour pour les les poids lourds ? vous en parlé il y a quelques instants. Bref, quelle brique manque encore pour nous apporter cet hydrogène de proximité accessible ?
D'où à quel prix également ? Merci. Merci et Amel Gacker.
Merci madame la présidente. Alors, une question sur les enjeux industriels européens euh précisément sur votre adaptation au phénomène de désindustri de désindustrialisation pardon et des clients en fait aujourd'hui en difficulté. Alors, vous avez abordé le sujet assez rapidement, j'aimerais y revenir.
Quelques chiffres qu'on a déjà eu l'occasion en fait d'aborder ici. La chimie européenne qui a réduit notamment sa production de 20 à 25 % depuis 2021. Quelques grandes entreprises Arcelor Mital, BASF et d'autres notamment aussi desururgistes chimistes qui réduisent en fait leur capacité européenne et ce sont en effet des clients majeurs d'air liquide.
Deux questions précises. La première, c'est quelle part en fait de votre chiffre d'affaires par européen dépend de ces secteurs en restructuration ? Et vous avez à juste titre insisté sur votre implantation locale régionale.
Euh précisément, est-ce que aujourd'hui vous avez dû fermer ou est-ce que vous comptez fermer ou réduire euh des euh unités de production euh de gaz notamment pour répondre ou pour vous adapter à ces baisses de production ? Une dernière petite question. Je suis élu euh des Ha de France à plusieurs reprises.
On en a parlé un petit peu enfin très rapidement tout à l'heure lorsque je me suis présenté à vous et vous avez à plusieurs reprises évoqué le site de Dquerc comme un site pilote en matière de décarbonation industrielle avec le fameux projet dont on a beaucoup parlé d'Artagnan. Où en êtes-vous en fait de ce projet là ? Merci beaucoup.
Merci monsieur le directeur général. C'est à vous de nouveau. Allez, merci beaucoup pour toutes vos questions euh sur notre position Guadeloupe Guyane.
Oui, effectivement, on a une position historique qu'on essaie de de maintenir et de développer. Là encore, développer des capacités répondre aux besoins des clients. Donc, on n'est pas en avance de phase.
Donc, s'il y a des projet industriel qui nécessite de fournir des gaz, bien sûr que on regardera toutes les opportunités que l'on peut euh de la même façon sur l'oxygène médical dans ces dans ces territoires là. Euh encore une fois euh on est où sont nos clients euh et donc malheureusement il y a un certain nombre de zones sur le territoire français où il y a peu de tissus industriel et donc on a peu d'opportunités de de se de se développer. Euh je soulligne quand même cette fois-ci la contribution de notre activité santé à domicile qui je pense permet aussi de répondre à un certain nombre de questions sur les déserts Midécaux et permet aussi d'apporter une proximité à de nombreux patients qu'on qu'on visite.
Et là pour le coup, on a une couverture qui est une couverture nationale. sur l'intelligence artificielle, on est, je pense au début, même si on essaie effectivement de dans de de regarder quelles sont les opportunités et aussi les défis, on a été, je pense, un des premiers groupes à donner accès à l'ensemble de nos collaborateurs aux outils d'intelligence artificielle euh accompagné de beaucoup de formations autour de ces outils pour à la fois en montrer er tous les potentiels euh mais aussi les dangers potentiels et les risques. Aujourd'hui, on voit beaucoup de choses qui sont en train de se développer autour de la productivité, de l'utilisation l'optimisation par exemple de la logistique, mais aussi des applications industrielles qui pour nous sont extrêmement importantes.
On a testé il y a depuis quelques mois une application qui permet par exemple sur un de nos sites européens d'étudier les images de vidéosurveillance pour voir si les personnes qui sont sur le site portent bien leurs équipements de protection, respectent les procédures et cetera. On pourrait penser qu'il y a une réticence éventuelle des des collaborateurs pour ce genre d'application et en fait elle est plébiscitée dans la mesure où c'est vraiment une application qui permet d'utiliser l'intelligence artificielle pour augmenter la sécurité industrielle sur ces sites là. Donc de nombreuses applications, on est que au début productivité mais aussi créativité bien sûr on a quelques exemples dans nos équipes de recherche en particulier pour innover et trouver des nouvelles solutions autour de l'intelligence artificielle.
Est-ce que je vais réussir à vous faire rêver ? Dilla, écoute, écoute, est-ce que je vais réussir à vous faire rêver ? Je je suis pas absolument sûr mais j'aimerais parce que malgré la situation, j'allais dire, on continue à rêver mais de façon très concrète dans le groupe Air Liquid parce qu'on se projette dans l'avenir et malgré les difficultés, malgré un certain nombre de défis que je mentionnais, je pense que on a un énorme potentiel et on a la possibilité de contribuer à beaucoup de des enjeux dont on a parlé.
Et si on regarde sur l'hydrogène en particulier, euh encore une fois, certaines personnes qui s'étaient enthousiasmées euh sur l'hydrogène et qui pensait que c'était la solution miracle ont peut-être euh une déception aujourd'hui. C'est pas notre cas. Aujourd'hui, on continue à tracer notre route.
Est-ce que vous dites qu'on vous demandez si on va avoir des molécules d'ici 2035 qui seront compétitives ? On en aura bien avant d'ici 2026, on aura des molécules qui vont fournir la chimie, le raffinage, la mobilité de façon compétitive parce que nos clients, ils cherchent des solutions qui sont aujourd'hui compétitives. Il y a des subventions, il y a des aides bien sûr aujourd'hui et notre modèle évidemment de développer suffisamment d'expertise d'économie d'échelle pour baisser les coûts pour que il y ait plus besoin d'aide et de subvention et d'en faire une économie, j'allais dire réelle et et solide.
Mais on aura déjà des molécules qui seront compétitives bien avant avant cela. Sur la mobilité, qu'est-ce qu'on peut faire pour accélérer ? Je pense qu'il faut qu'on soit euh comme je le mentionnais moins dogmatique sur euh euh l'origine de l'hydrogène.
Euh sachant que l'hydrogène renouvelable tel qu'il a été euh poussé jusqu'aujourd'hui, un évidemment comme son nom l'indique très dépendant de la disponibilité et du coût des renouvelables. OK ? Les premières hypothèses faisaient un coût du renouvelable à 25 € du MWh, on en est loin.
Donc c'est 60 à 70 % du coût de la molécule d'hydrogène produite, hein. Donc c'est extrêmement important dans le coût de l'hydrogène. Donc euh être moins dogmatique sur l'origine de de l'électricité par exemple, on a un gisement nucléaire que on n'utilise pas aujourd'hui et qui pourrait nous fournir de l'électricité plus abondante et meilleur marché par exemple.
Mais on pourrait aussi décarboner ce que je mentionnais l'hydrogène plus traditionnel et se permettre d'avoir des chaînes de CCS de capture du carbone. Et là encore tous les éléments sont en place. Il manque un soutien pendant quelques années pour permettre à la filière de se développer et qui mettra des grandes quantités d'hydrogène compétitifs disponibles sur le marché.
Donc je pense que ça c'est vraiment une piste à à pousser. Ce qui me permet peut-être de rebondir sur les Haut de France puisque on a un projet qui est extrêmement bien avancé de décarbonation en fait de deux industries qui sont les plus émétrices de CO2. La fabrication de la chaud et la fabrication du ciment avec deux clients Equiom et l'Ost dans les Haut de France avec un projet qui est unique en Europe qui permet de capturer le CO2 à partir des unités de production du ciment ou de la chaud.
Sachant que ces émissions, elles sont liées à la nature même de l'opération puisque quand on décarbone en fait la matière première, on va émettre du CO2. Et là, on est en train de parler de millions de tonnes de CO2. Euh et donc effectivement, il y a un projet qui permettrait de prendre ce CO2, de l'emmener via pipeline jusque d'Inkerc pour faire un terminal et ensuite d'emmener ce CO2 par bateau en mer du Nord pour faire un enfouissement.
Là aussi, l'ensemble des maillons de la chaîne euh est en place. Il manque un mécanisme incitatif qui s'appelle le CCFD contract carbon carbon contract for difference qui permet de dire que si la prix le prix en fait de la taxe carbone de l'ETS est de 80 € et que le coût de séquestration de l'ensemble de la chaîne est 150 dans une phase temporaire cette ce montant là est pris en charge. Ça pourrait d'ailleurs bien sûr dans un contexte budgétaire contraint, tout le monde est en train d'essayer de de regarder aux dépenses.
On pourrait très bien imaginer que ce soit non monétaire et que ce soit entre guillemets une allocation de crédit gratuit d'émission qui permettrait sans générer de cash de donner en fait une compensation aux industriels qui prennent le risque de construire pour les 20 prochaines années ou 30 prochaines années cette filière de mettre en place cette capture du carbone. Donc ce projet, il avance très bien jusqu'au moment où nos clients sont pas prêts à à se décider parce que l'équation économique aujourd'hui ne fonctionne pas parce que la France a pas encore décidé de mettre en place ce mécanisme de CCFD alors même que la Hollande le fait et que l'année dernière l'Allemagne qui était extrêmement réticente vis-à-vis de la capture du carbone a décidé de mettre en place ce mécanisme-là. Très bien.
Et pardon, excusez-moi. Et sur la restructuration de de site, oui, c'est une très bonne question et comme je l'ai souligné, notre responsabilité c'est de s'adopter s'adapter au mieux en fait au besoins et on voit que progressivement on a une baisse en fait des volumes. On a dû déjà réorganiser certaines chaînes de fourniture, réorganiser certains sites, fermer certains sites en Europe.
Et malheureusement, je pense que c'est tout à fait possible que ce soit la conséquence aussi du de la situation telle qu'elle est là. Encore une fois, si ça se passe, on le fera en responsabilité en regardant les impacts précis pour l'ensemble de nos collaborateurs et l'ensemble du tissu local. Merci.
Nouvelle série de questions, Yannick Jadu. Merci madame la présidente. Merci monsieur le directeur général.
Euh il y a quelques semaines, nous étions dans une délégation sénatoriale à Taïwan et nous avons rencontré vos équipes sur place et c'était passionnant de voir comment Air Liquide est présente de manière extrêmement sophistiquée dans l'industrie des semi-conducteurs. Donc bravo. Vous avez évoqué le prix de l'électricité.
Si je dis pas de bêtises, il y a eu un un travail de France hydrogène qui disait que fallait un prix de l'électricité à autour de 70 €. le MAW pour rendre compétitive l'hydrogène à l'horizon de 5 10 ans. Là, vous mentionnez 25 € le MW pour les énergies renouvelables.
C'est pas le cas. Je sais pas dans quelle énergie vous arrivez à faire à 25 € le MWAW. Ni le ni le nucléaire ni Oui, mais le gaz de chiste, on va pas en faire.
Donc les Américains aient et de l'énergie moins chère. Euh c'est une énergie extrêmement polluante mais de toute façon ça sera pas le cas de l'Europe. Donc je voulais savoir comment vous interprétiez l'ambiance en France de défiance vis-à-vis des énergies renouvelables qui fait qu'à un moment donné entre nos besoins d'électricité, entre les data center et ce que pourrait être un plan hydrogène, comment on fait si effectivement on produit pas plus d'énergie renouvelable pour votre y compris pour votre filière ?
Deuxème question, euh évidemment c'est assez dans la période, c'est un peu compliqué, mais pour vous plus le prix du carbone est élevé, mieux c'est dans la réalité de votre business plan. Euh je voulais savoir comment euh vous jugez de la l'efficacité euh notamment du mécanisme d'ajustement carbone européen euh pour toutes vos activités en Europe. Euh enfin euh 3e et dernière question euh sur euh les États-Unis.
Euh madame la présidente, je crois évoqué le sujet de l'instabilité internationale des États-Unis. Comment vous voyez vos perspectives aux États-Unis dans les semaines, les mois ou les années qui viennent ? Merci.
Merci Anne-Catherine Loisier. Merci madame la présidence, monsieur le directeur général. Merci beaucoup pour vos éclairages euh qui nourrissent nos réflexions dans un contexte quand même très complexe.
Euh moi je je voulais juste revenir sur le biogaz parce que je vous en avez pas beaucoup parlé euh et pour le coup ça a été un sujet qui a pu en faire rêver un certain nombre de nos collègues. Euh donc j'ai entendu que Herriqu se désengagerait d'un certain nombre de ces unités de biogaz. Qu'en est-il ?
Merci. Merci Daniel Salmon. Merci madame la présidente, merci monsieur le directeur général sur votre exposé.
Euh je reviens encore de deux mots sur l'hydrogène. C'est vraiment l'objet central, on va dire de cette de cette audition. Le rendement, quel est le rendement queon peut espérer aujourd'hui attendre atteindre par rapport à l'énergie primaire ?
Ça c'est quand même un élément central. Aujourd'hui, les chiffres que j'avais, c'était euh le kilogramme d'hydrogène trois fois plus cher lorsqu'il est fait à partir d'énergie renouvelable par rapport à de l'hydrogène issu des fossiles. Est-ce que vous on est toujours sur ce ratio-là ? et nous étions avec la une délégation de la commission des affaires économiques au Maroc dernièrement au début du mois et nous avons vu l'appétence qu'avaient les Marocains pour la filière hydrogène.
Est-ce que vous êtes présent dans ce pays ? Parce que il y a un potentiel accès exceptionnel en terme d'énergie renouvelable. On nous l'a bien redit et donc ça me semble intéressant de d'avoir cette focale là.
Sachant que les électrolyseurs me semble-t-il doivent fonctionner 24h sur 24 pour avoir un rendement correct. Alors, quelle est l'association que vous pensez pertinente ? Je pense aux batteries.
Où est-ce qu'on en est aujourd'hui ? Dernière chose, vous avez beaucoup parlé d'investissement. Euh, on sait que l'action air liquide a toujours été une action plutôt intéressante, un bon placement.
Euh quel ratio euh avez-vous entre ce qui est versé comme dividende aux actionnaires, à ces 900000 actionnaires et puis ce que vous mettez dans l'investissement et la recherche ? Merci. Merci Daniel, monsieur le directeur général, c'est à vous.
Merci. Hop là. Merci beaucoup pour toutes ces questions.
Je vais essayer d'apporter quelques éclairages euh sur le euh le prix de l'énergie. Alors, j'étais peut-être pas clair, excusez-moi. Quand je mentionnais les 25 € c'était il y a 3 ou 4 ans quand les premiers plans hydrogènes ont été faits en fait.
Et c'était ça les hypothèses de coût de l'énergie. Aujourd'hui euh pour plein de raisons euh l'énergie coûte plus cher en particulier en Europe. Euh probablement et ça permet de répondre à à différents points, euh il faut qu'on travaille bien sûr sur la compétitivité euh de l'hydrogène et euh quand on parle de renouvelable, des prix de l'ordre de 50 € seront probablement des meilleurs prix pour être capable de faire de l'hydrogène compétitif.
Mais la grosse question en fait euh c'est les usages et je pense que là aussi vous avez un rôle en tant que législateur, c'est il faut promouvoir les usages. Et peut-être une des choses qui a été faite et trop faite globalement dans beaucoup de politiques publiques autour de l'hydrogène, c'est la focalisation sur la production, la production, la production et pas assez d'attention sur le développement des usages et de l'ensemble de la filière. Et on voit que que ce soit au Maroc ou ailleurs, il y a beaucoup de gens qui s'engouffrent parce qu'il y a eu aussi beaucoup de soutien à la production, sauf qu'il y a pas de clients.
Et nous, un des règles de base, c'est quand même d'investir quand il y a des clients. Et donc, on a été aujourd'hui, je pense, un des leaders et un des seuls à sécuriser en fait des contrats et des clients en long terme pour permettre d'avoir des investissements. Et je pense qu'il y a une vraie réflexion autour de comment on facilite ces usages, comment on facilite les usages dans la transition, que ce soit dans l'industrie ou que ce soit dans la mobilité avec probablement une première phase où dans cette transition, c'est pas économique entre guillemets, mais avec une vision assez claire de quel est le chemin pour rendre ces modèles économiques et et soutenables sans aucune subvention ou ou aide.
Euh donc je pense que ça c'est un vrai sujet et sachant que dans les usages même s'il y a des choses qui ont été faites, je reviens sur le sujet de transposition de règles européennes. Transposition de la réglementation RA 3 qui devrait en fait tirer les usages. En fait, elle est pas faite et elle est pas faite dans de très nombreux pays.
Donc je pense que ça c'est un c'est un vrai sujet. D'accord. [rires] Euh vous aviez une question sur l'impact du SIBAM et sur le prix du carbone.
Alors, personnellement, je suis absolument convaincu que cette transition et ce monde avec moins de carbone ne se fera que si la valeur du carbone est plus élevée. Il le faut. Donc d'une façon ou d'une autre, il faut augmenter la valeur du carbone et que ce soit sous forme de d'incitation ou que soit sous forme de taxe, il faut que le carbone a plus de valeur.
Le Sibam va dans le bon sens de façon régionale. Euh maintenant évidemment la difficulté c'est dans les détails et dans la mise en place. Aujourd'hui, je crois que c'est trop tôt hein pour dire ce qui va se passer.
Ce que j'entends par contre, c'est qu'il y a un certain nombre d'industriels non européens qui sont en train de s'équiper pour décarboner leur propre procédé pour pouvoir importer en Europe. Premier chef des acteurs chinois hein. Et là je reviens.
La Chine est de mon point de vue probablement la région du monde qui est la plus cohérente dans sa politique de décarbonation à long terme. Ils ont une feuille de route qui respecte et ils avancent et ils gardent le cap. hein et ça les prépare probablement ça les aide à moderniser leur industrie et ça leur prépare pour leur vision qui sera une industrie manufacturière demain ou après-demain qui sera décarbonée.
Ils investissent dans le renouvable plus que n'importe qui dans le monde et ils convertissent leur procédé. Donc le SIBAM va probablement dans le bon sens. La mise en œuvre, on attend de voir, c'est extrêmement complexe aujourd'hui.
Euh sur les US, euh quelles sont nos perspectives ? Aujourd'hui, euh les États-Unis sont euh représentent un/3 du chiffre d'affaires du groupe Air Liquide. Donc, on est extrêmement présent aux États-Unis.
Encore une fois, on est un acteur local avec des usines locales, des collaborateurs locaux. Ce que l'on voit aujourd'hui, encore une fois, c'est un espèce d'attentisme. Ceci étant dit, on peut s'attendre à avoir une réindustrialisation qui commence à prendre son nez aux États-Unis.
Ce sera pas pour tous les secteurs. On le voit de façon très visible dans les semi-conducteurs. Il y a une douzaine de fables qui sont en construction aujourd'hui aux États-Unis, ce qu'on avait jamais vu dans les 20 dernières années.
Donc, il y a une puissance industrielle qui est en train de se localiser aux États-Unis. en tant que groupe a liquide, on est capable de bénéficier de ces ces opportunités. La question se pose en tant que, j'allais dire citoyen et aussi français et européens bien sûr. sur le biogaz.
Pour revenir sur le biogaz, on a on est arrivé sur le biogaz parce qu'on a des technologies uniques de purification en fait du biogent de d'unité de digestion pour en faire en fait du gaz qui peut être utilisé soit dans les canalisations, soit directement pour des industriels pour faire de l'électricité ou de la vapeur. On est absolument déterminé à rester dans ce secteur en ce qui concerne les technologies. Par contre, dans un certain nombre de pays, on s'aperçoit que le fait qu'on ait investi dans les unités de production nous transforme en tant que producteur d'énergie.
Et c'est pas notre métier en fait parce qu'on on est amené à vendre du gaz naturel. Et nous le gaz naturel, ça fait pas partie des gaz qu'on que l'on que l'on vend. On est dans les gaz industriels et médicaux. rentrer dans le domaine euh de de l'énergie est quelque chose qui est différent et qui est pas le cœur de métier du groupe.
Donc on regarde les différentes options. Je commenterai pas les rumeurs de presse autour de de ça, mais on regarde les différentes options. Encore une fois très attaché à la technologie et on continuera à développer cette technologie.
Par contre, en fonction des géographies et des marchés de l'énergie, on regarde quelles sont les options qui ont un sens pour le groupe. Comment on investit en Chine une unité, mais c'est c'est la c'est la même thématique en Chine. On est maintenant, on rentre dans la fourniture d'énergie qui est pas notre cœur de métier.
Sur euh l'hydrogène. je pense avoir répondu et donc sur le Maroc, oui, on est présent au Maroc mais on n'est pas spécialement sur ces projets de production d'hydrogène. Encore une fois, je pense qu'il y a plétor aujourd'hui d'opportunités de produire de l'hydrogène.
Nous, notre cœur de métier et notre valeur ajoutée, c'est la compréhension intime des besoins des clients et donc développer avec eux des usages et des usages économiques de l'hydrogène. concernant la mise en rapport des investissements et des dividendes, même si on parle pas tout à fait de la même chose, si je regarde les chiffres pour l'année dernière, un peu moins de 2 milliards d'euros de dividende et 4 milliards4 d'investissement pour le groupe. Merci.
Nouvelle série de questions. Juste pardon, excusez-moi, je pense qu'à aucun moment euh on veut sacrifier ni notre politique actionnariale parce que beaucoup de d'actionnaires dépendent en fait de ces flux réguliers comme on l'a mentionné, ni le futur du groupe et notre stratégie d'investissement avec des investissements qui ont augmenté de 50 % sur les qu dernières années, je pense démontre notre engagement sur le long terme. Merci Marianne Margaté.
Oui, merci madame la présidente. Chers collègues, ben pour ça fait bien la transition avec la question que je souhaite vous poser concernant, vous l'avez dit, la 2 milliards de dividendes versé en 2024, donc un investissement qui reste important à 4 milliards. Je suis là, monsieur le Je sais pas si je suis là si vous me cherchez peut-être. [rires] Je vous cherchez.
Exactement. Voilà. Donc là, donc oui, ça fait la transition, je le dis avec la question précédente. 2 milliards de dividendes, 4 milliards 4 d'investissement. vous l'avez dit, moi je veux souhaite vous interroger sur votre politique salariale et sur une meilleure répartition de la richesse entre le capital et le travail.
Est-ce que ça se traduit par des augmentations de salaires en tout cas par une politique salariale à l'égard de vos collaborateurs, de vos salariés à la hauteur de voilà à la hauteur des ambitions de votre groupe ? Ça c'est ma première question. Ma deuxième question, je suis sénatrice de Senémarne.
Vous l'avez évoqué sur le projet de Grand Puis, un projet de Grand Puis que vous avez, il me semble avec Total énergie et qui sur certains de ces projets se voi remis en cause ou en tout cas gelé. Je pense notamment à l'unité de production de biométhane, la question des carburants pour l'aviation pour l'aviation et au recyclage du plastique. Donc je voilà.
Alors, c'est un projet porté par Total Energie dans lequel vous êtes présent. Je voulais avoir plus de précision quant à l'avenir de ce site et des emplois qui étaient prévus lié à ces projets. Je vous remercie.
Merci Philippe Grovallet. Merci madame la présidente, monsieur le directeur général. Vous avez largement évoqué l'hydrogène mais permettez-moi d'insister sur un un dossier plus local.
J'aurais évoqué la démarche Loireestaire décarbonation sur l'estaire de la loire qui vise la transition écologique, énergétique et économique du territoire. Je pose jamais de questions sans parler de mon territoire, n'est-ce pas madame la présidente ? Euh donc c'est un projet qui est inscrit dans le cadre des zones industriel bas carbone de LAADEM.
Euh et ce projet s'appuie sur justement une vingtaine de projets. Vous avez parlé à l'instant de de démarches collective et grâce notamment à nos infrastructures de pointe, à nos laboratoires de recherche et aux entreprises innovantes comme par exemple Leader Life, le territoire développe des solutions durables pour la production, le stockage et l'utilisation d'hydrogène. la marque de notre territoire ce travail collectif et d'ailleurs vous y êtes implanté sur le territoire de Montoir de Bretagne, mon cher Daniel.
Euh et comment se fait-il que un acteur comme vous ne soit pas engagé euh dans ce projet, en tout cas pas encore engagé dans ce projet, pas partie prenante de cette démarche et envisagez-vous de participer à des projets collectifs sur un territoire qui a largement fait la démonstration de son implication dans la transition énergétique. Merci. Euh et puis à Nique Jacqu micro annulé.
Att annulé pardon j'ai pas vu d'accord on passe à Christian Redon Sarasi pardon j'avais pas vu merci madame la présidente monsieur le directeur général donc la transition énergétique dans l'industrie lourde ou dans les transports génère de nombreux projets dans mon département la Haute Vienne un projet de production de carburant de synthèse pour l'aviation leafe capterait 630000 tonnes de CO2 émis pour la production du papier qui combinait à 95000 tonnes d'hydrogène produirait 150000 tonnes de ce carburant par an. Comment voyez-vous la concurrence ou la complémentarité des projets de décarbonation dans ce secteur ? Merci.
Voilà, nouvelle série de questions et après on en aura encore quatre autres pour terminer. Merci beaucoup. Euh alors pour revenir sur la première question et peut-être revenir sur quelques chiffres.
Donc effectivement de un peu moins de 2 milliards de dividendes, 4 milliards4 euh de d'investissement et masse salariale au niveau du groupe plus de 5 milliards. Donc voilà les chiffres qui montrent une certaine répartition euh des masses. Nous sommes évidemment très soucieux de l'équilibre entre les différentes parties prenantes et je pense que la juste rémunération des collaborateurs fait partie de l'ADN du groupe Air Liquide.
Euh et donc voilà ce que je je peux dire sur le sur le sujet. concernant grand puit, le projet en ce qui nous concerne n'est pas du tout remis en cause puisque on est en pleine phase de prédémarrage de l'unité. Euh j'ai eu avec le client une réunion la semaine dernière qui confirmait les besoins concernant notre unité.
Donc je peux pas commenter sur les propres projets de de notre client, mais ceci étant dit, c'est un projet qui sera un projet, je pense assez unique. On a plus d'une dizaine de brevets en fait dans les technologies qu'on met en place. Encore une fois, façon très innovante à la fois de produire de l'hydrogène décarboné, mais pour répondre à une question que j'ai eu précédemment, s'assurer d'une source de CO2 pour le métier marchand et en particulier l'agroalimentaire. concernant les projets euh autour de de la Loire, évidemment, on est on est très présent dans cette région.
J'ai été moi-même il y a quelques jours, donc j'ai pu profiter de de de la région en tant que telle. Euh et évidemment, si on a des projets euh qui euh répondent à à nos capacités et à nos stratégies, on sera ravi de de se joindre à ces projets-là comme de nombreux projets collectifs euh en France. On n' pas le monopole des solutions bien sûr et je pense que c'est bien qu'il y a un écosystème qui se développe d'une façon très large mais au travers de partenariat technologiques ou de fourniture, on sera bien sûr ravi de pouvoir contribuer à un projet.
N'hésitez pas à partager des détails si jamais on les a pas sur ce projet-là. concernant un autre projet sur les les carburants synthétiques, on a vu émerger un certain nombre de ces projets. Là encore, parfois, on nous a demandé de prendre des participations dans ces projets.
Il faut rester sur nos fondamentaux. Nous, notre métier c'est de fournir soit du CO2, soit de l'hydrogène. Faire des carburants, c'est le métier de nos clients et donc on ne cherche pas à faire le métier de de nos clients.
Par contre, fournir des projets qui sont économiques et qui sont viables, euh oui, bien sûr, c'est notre cœur de métier. La difficulté, c'est exactement ce que je viens de mentionner, c'est trouver des projets qui sont viables sur le long terme et qui ont assez de garantie. Parce que dans un projet de ce type là, on serait amené à investir 300 500 millions d'euros.
On veut que et comme l'usine une fois qu'elle est construite, elle est dédiée, on peut pas la bouger globalement, on veut bien sûr s'assurer que le projet soit viable et offre suffisamment de de visibilité et de garantie. Euh et donc ça peut faire partie des questions autour de ce projet-là. Euh aujourd'hui euh il y a un marché global qui est très dynamique autour de ces ces carburants de de synthèse.
Il y a différentes options. Je connais pas les détails de ce projet-là euh mais on voit effectivement des solutions originales qui permettent de combiner à la fois de l'hydrogène si possible décarboné et du CO2. Euh sachant que le CO2 peut être soit d'origine biogénique, soit d'origine industrielle qui est aussi une façon euh de valoriser ce CO2, même si c'est mieux en terme de bilan carbone qui soit du CO2 biogénique, mais il y a de très grandes quantités de CO2 industriels et c'est une façon de le valoriser bien sûr.
Merci. Donc on va prendre la dernière série de questions, il y en aura quatre avec Éveline Renault Garabédian. Présidente.
Monsieur le directeur général, Air Liquide revendique une internationalisation très poussée de sa recherche avec des équipes scientifiques qui viennent de différents continents et de multiples nationalités. Ma question, elle pose elle porte sur la place des chercheurs français dans votre modèle. Euh est-ce que pouvez-vous nous dire si dans votre décision de recrutement et de mobilité scientifique à haute valeur ajoutée, la présence des chercheurs français est pilotée comme un objectif stratégique de la part d'air liquide ?
Et si dans les domaines scientifiques clés pour liquide, le niveau de recherche qui est conduite en France se situe aujourd'hui à des niveaux qui sont comparables meilleurs ou moins bien que celui des écosystèmes étrangers dans lesquels vous recrutez actuellement. Merci. Merci Éveline Franck Montoger.
Merci madame la présidente. Merci monsieur le directeur général de votre présentation. Vous avez insisté sur l'impact défavorable aujourd'hui des coûts de décarbonation sur la compétitivité de votre entreprise et on peut le comprendre.
Le climat est un commun mondial et on le mesure tous les jours. On sait que ce qui n'est pas investi aujourd'hui pour le climat coûtera beaucoup plus cher plus tard et que l'action actuelle à l'échelle mondiale est insuffisante et loin sans faut pour être dans l'objectif d'augmentation de la température de la cor de Paris. Dès lors, la question est comment donner malgré tout un cap de long terme que vous appelez de de vos vœux aux entreprise dans une logique de compétitivité durable ?
L'économiste Christian Golier, professeur au Collège de France et et membre aussi du JC et il a reçu à cette occasion le prix Nobel de la paix en 2017. euh propose d'agir notamment sur les leviers que sont le taux d'actualisation des modèles décisionnels d'investissement et le prix du carbone. Comment monsieur le directeur général engager des entreprises comme la vôtre vers des investissements de court terme ou de moyen terme dont les taux de rentabilité seraient en l'état intrinsèquement très éloigné des normes ou standards actuels ?
Quelles sont vos propositions pour sortir par le haut de l'arbitrage court terme long terme en faveur du climat ? Je vous remercie. Merci Lucien Sion.
Merci madame la présidente, monsieur le directeur général. Vous êtes à la tête d'une entreprise innovante et à la pointe de la recherche notamment dans les domaines du médical, de des carburants ou encore de la décobination. Tout cela est décrit dans un gros document de 80 pages dénommé Advance 2025 qui est fort intéressant par ailleurs.
Mais nous voyons arriver notre projet dénommé FIT avec des perspectives de réorganisation de fonds de votre entreprise avec la suppression de très nombreux emplois. Quel rapport faites-vous entre le plan Advance 2025, le projet FIT et les suppressions d'emploi, les aides publiques qui ont été octroyées aux grandes entreprises, on en a parlé en début de de séance et bien entendu la redistribution des dividendes aux actionnaires dont on a aussi déjà largement parlé. Et Martine Bert pour terminer.
Merci beaucoup madame la présidente, monsieur le directeur général, merci pour vos propos. inquiétant mais aussi passionnant. Alors inquiétant bien sûr avec ces industriels dont vous nous avez parlé, secteur de la chimie, de la cidérurgie, métallurgie qui qui sont en difficulté notamment à cause du coût de l'énergie.
Je le confirme dans mon département où il y a plusieurs électro hyperélectrointensifs, c'est le cas. Et particulièrement certains alors ont stoppé leur four pour plusieurs mois, mais d'autres aussi ont décidé d'arrêter l'investissement dans la décarbonation avec un projet il me semble qui vous concerne dans la décarbonation parce que voilà par manque de moyens à cause du coût de l'énergie. Mais alors je le disais aussi passionnant et vous nous avez parlé de la nécessité d'innover pour préparer l'avenir et trouver des solutions pour notre souveraineté.
Vous avez cité notamment le domaine des semi-conducteurs, domaine effectivement qu'il est indispensable de développer pour la souveraineté et l'autonomie de l'Europe. Pouvez-vous nous préciser quel est votre niveau d'implication en Europe, je le précise pas dans le monde mais en Europe et le degré d'avancement de vos projets dans la fabrication de ces semiconducteurs ? Je vous remercie.
Merci Martine. Voilà monsieur le directeur général la dernière série de questions. Merci beaucoup.
En commençant sur les chercheurs et l'importance des des chercheurs, on on a on attache une place prépondérante effectivement à l'innovation et à la technologie dans notre groupe. Et d'ailleurs, la recherche fait partie des des portes d'entrée dans le groupe et de développement et il y a de nombreuses carrières qui sont passées à un moment ou un autre par la recherche. mon prédécesseur a commencé en recherche et moi-même un un background de de recherche et donc je pense que c'est extrêmement important et valorisé dans le dans le groupe.
On est un groupe international et donc nos recrutements se basent sur les talents. On n pas de critère aujourd'hui de pourcentage de chercheurs français dans nos effectifs. Le fait est que on a une grande proportion de chercheurs qui sont français parce que il y a des gens de grande qualité, parce que on forme des chercheurs de très haut niveau, parce que on a des gens qui ont cette à la fois esprit d'innovation, de créativité, cette passion pour, j'allais dire l'ambition et la contribution et l'utilité du groupe Air Liquide au service de nos clients.
Donc c'est un fait qu'on a effectivement une grande proportion de chercheurs français, mais le critère avant tout c'est le talent et on va chercher le talent où il est en fait. Euh alors euh il y avait une autre question qui était euh sur la euh la compétitivité et euh euh les besoins de d'investissement, je crois, sur sur le court terme, le court terme et euh le les arbitrages. En fait, euh globalement ce que l'on a c'est euh la nécessité de se projeter dans ce qu'on pense être le monde de demain.
Et même si il est parfois inquiétant, on garde effectivement euh une vision qui est une vision optimiste parce que je pense qu'il y a des contributions pour construire ce monde qui sera un monde, j'espère meilleur. Ce qu'il nous faut à court terme, c'est avant tout un cadre et de la stabilité pour être capable d'investir pour le long terme. Bon, je pense que l'actualité quotidienne montre que c'est pas forcément toujours le cas.
Et donc bien sûr, tout ce que vous pouvez faire et tout ce qu'on peut faire pour donner une visibilité à long terme pluriannuelle, extrêmement importante, je parlais du mécanisme de la tiruerte par exemple qui était un mécanisme annuel. Tout ce qui peut devenir sur ces règles là pluriannuelles, je pense aidera à des décisions puisque quand on fait des quand on fait des décisions d'investissement pour les 20 ou 30 prochaines années, on a besoin d'un cadre le plus clair possible. C'est vrai pour ça, c'est vrai pour le prix de l'électricité par exemple ou le prix de l'énergie euh en particulier.
Ce qu'on peut faire aussi euh pour ne pas euh compromettre le long terme, c'est de commencer dès aujourd'hui la transition et se donner les moyens de la transition. et accepter le fait que la transition ne peut pas être parfaite, que c'est par définition une transition et donc il faut aller étape par étape. Je revient sur le sujet de du mécanisme de transition pour le CCS.
Si aujourd'hui on se donne pas les moyens de mettre en place les filières, ben on repousse en fait le sujet et on repousse le sujet encore et encore. Et je pense qu'il y a une vraie question de de de vitesse en fait de de décision qui est un sujet français et européen par rapport à nos grands concurrents et autres zones géographiques où on voit que le jeu se joue aussi et avant tout sur la vitesse. la vitesse de de décision aux États-Unis ou en Chine et sans commune mesure avec ce que l'on voit dans nos pays.
Et je pense que ça c'est un vrai sujet parce que on a beaucoup d'idées, on a beaucoup de concepts mais on est incapable de les mettre réellement en place et ça permet pas aux acteurs de commencer à investir et de commencer à préparer l'avenir. sur le notre plan stratégique Advance et d'autres initiatives qu'on a qu'on a lancé. Le plan Advance est un plan stratégique qui donne le cadre et et l'ambition du plan Advance, c'est d'apporter des solutions au monde qui nous entoure sur les grands enjeux dont j'ai parlé, que ce soit la décarbonation, euh que ce soit les semi-conducteurs et les technologies avancées ou que ce soit le domaine de la santé.
On voit et c'est la traduction aussi des investissements qui a plus d'opportunités malgré tout ce qu'on vient de dire et c'est ça qui doit aussi porter, j'allais dire notre notre enthousiasme et notre optimiste. Il y a plus d'opportunités que jamais en fait on a vu dans le dans l'histoire du groupe. Et ce plan Advance prévoit d'investir 50 % de plus que dans le plan précédent.
Et donc c'est vraiment la traduction de ces opportunités. Ceci étant dit, il faut se donner les moyens de l'investissement. Et donc ce qu'on a décidé de faire, c'est aussi de regarder tout ce qu'on faisait de bien, mais aussi toutes les les sources d'amélioration de nos propres opérations, à la fois pour générer une marge de manœuvre financière, pour investir plus et aussi pour euh enlever un certain nombre de freins à la qualité de service et d'expérience pour nos clients et nos collaborateurs.
Et donc par exemple dans les initiatives qu'on a lancé, il y a la refonte des systèmes informatiques, il y a la refonte d'un certain nombre de d'organisations comme les achats par exemple qui permettent à la fois d'être plus efficace mais aussi d'améliorer l'expérience collaborateur. Et donc c'est ça l'esprit. Il y a pas des initiatives qui vont contre le plan Advance.
Les initiatives qu'on lance soutiennent en fait notre plan Advance et notre ambition pour se donner les moyens de mieux servir nos clients et d'investir pour le futur. C'est ça notre notre enjeu. Et pour finir sur les semi-conducteurs, oui, nous avons une position qui est une position de leader dans le domaine de la fourniture des gaz et des produits chimiques très haute pureté pour l'industrie des semi-conducteurs.
Soit on est très présent sur les sites de nos clients comme Acroll par exemple ou comme Dreston en Allemagne qui sont les deux grands sites, mais on fait aussi des produits à très forte valeur ajoutée extrêmement pur par exemple à Chalon dans un centre de production qui permet de rayonner dans l'ensemble de l'Europe. Aujourd'hui, on a une position encore une fois qui est très forte où on est capable de fournir et de répondre au besoins de cette industrie extrêmement exigeant en terme de qualité et de technicité. Et on a bien l'intention de continuer à travailler là-dessus.
C'est d'ailleurs un des axes majeurs de nos équipes de développement à la fois en France et partout dans le monde. Et bien encore un immense merci monsieur le directeur général pour le temps que vous nous avez consacré pratiquement 2h et l'audition qui a été donc de la vie même de nombreux de commissaires qui se sont exprimés passionnantes, intéressantes et vraiment on vous remercie très sincèrement. Je pense que c'est vraiment intéressant pour notre commission d'avoir des personnes de votre qualité à la tête d'entreprise qui continuent et on espère encore pour longtemps à rester des fleurons de notre industrie, de notre économie.
Merci. Merci du fond du cœur. Merci beaucoup de votre écoute et de votre soutien.
Je vous souhaite une bonne journée. Merci à vous aussi.
Dominique Estrosi-sassone