La Matinale Week-End: l'interview de Pieyre-Alexandre Anglade, porte-parole des députés LREM
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
RMC, la matinale week-end, l'interview politique. Il est 8h42, bienvenue sur RMC, notre invité ce matin, Pierre-Alexandre Anglade, bonjour. Bonjour.
Merci d'être avec nous, député La République En Marche des Français de l'étranger, porte-parole du groupe La République En Marche à l'Assemblée Nationale, et je le disais aussi, membre du groupe d'amitié franco-russe. Il existe encore ce groupe ? Le fait, il existe.
Le fait, il existe et c'est normal que les groupes parlementaires entretiennent des relations avec les parlementaires de l'ensemble des pays de la planète. Et c'est le cas pour chacun des pays du monde. Il existe des enjeux stratégiques, diplomatiques, sécuritaires, aujourd'hui importants, entre la France et la Russie, entre l'Union Européenne et la Russie, et donc ce groupe avait vocation à travailler sur ces sujets.
Vous ne vous êtes pas réunis ces dernières 48 ou 70 heures ? Il n'y a pas eu de réunion ces dernières heures, ni ces derniers jours, ni ces dernières semaines. Mais de fait, la situation aujourd'hui entre l'Union Européenne et la Russie pose la question des relations qui peuvent lier nos deux pays.
Cette guerre durera, c'est ce que dit Emmanuel Macron ce matin devant les agriculteurs au Salon de l'agriculture. Il faut nous y préparer. En France, nous Français, il faut se préparer à une guerre qui dure et qui a des conséquences très concrètes pour nous.
On entend souvent la guerre est aux portes de l'Europe. La guerre n'est pas aux portes de l'Europe. Elle est en Europe.
Elle n'est pas dans l'Union Européenne, mais elle est en Europe. L'Ukraine, c'est notre voisin immédiat. L'Ukraine, c'est un pays qui est frontalier avec quatre pays membres de l'Union Européenne.
Même plus si vous ajoutez la Biélorussie, qui prend une part active aussi dans ce conflit. Et ce conflit aura des conséquences, peut avoir des conséquences sur le moyen et le long terme, sur l'architecture de sécurité en Europe, peut avoir des conséquences sur les prix de l'énergie, peut avoir des conséquences sur les filières agroalimentaires, sur nos frontières. Et donc, peut avoir des conséquences sur la sécurité de l'Europe en général.
C'est pour ça qu'hier, un sommet de l'OTAN s'est réuni, que les alliés ont décidé de renforcer les protections sur le flanc est de l'Europe, que la France notamment va participer à une patrouille de l'air en Estonie, que 200 soldats français vont aller se positionner en Estonie, que 500 soldats français vont aller en Roumanie. C'est aussi la sécurité de l'Europe qui se joue. On va revenir à la riposte des Occidentaux, Pierre-Alexandre Anglade, mais cette nuit et à l'heure où on se parle, la bataille se joue encore à Kiev.
Des tirs de plus en plus nourris, un immeuble civil attaqué en début de matinée. La capitale tient bon pour le moment, la capitale ukrainienne, si Kiev tombe dans les heures ou les jours qui viennent, est-ce que le visage de l'Ukraine tel que nous la connaissons, est-ce que le visage de l'Europe tel que nous la connaissons, sera à oublier ? En tout cas, l'Europe a déjà changé, parce que cette guerre est un tournant, et que cette guerre va bouleverser pour de nombreuses années tous les rapports internationaux tels que nous les connaissions.
Et nous avons vu ces derniers jours un État, la Russie, attaquer un autre État souverain, indépendant, qui avait fait un choix politique différent, qui avait fait le choix de se tourner vers l'Europe, vers l'OTAN, ce que n'a pas supporté la Russie de Vladimir Poutine. Donc oui, cette guerre va changer durablement la face de l'Europe. Moi, ce que je souhaite, c'est qu'un cessez-le-feu puisse intervenir le plus rapidement, que la sécurité du président Zelensky puisse être assurée.
En tout cas, tous les efforts des Européens sont aujourd'hui tournés vers cela. Tous les efforts. C'est-à-dire qu'il y a une activité diplomatique extrêmement intense, depuis maintenant de nombreuses semaines, des sanctions qui vont être prises, nous en parlerons certainement, qui doivent permettre de créer les conditions de ce cessez-le-feu.
Avant la sanction, les sanctions, la riposte. Franck est avec nous dans le Calvados. Bonjour Franck.
Bonjour, bonjour M. le député. Franck, vous avez une question précise à Pierre-Alexandre.
Oui, bien sûr, moi personnellement, j'ai eu l'occasion d'aller en Ukraine, souvent, pour des manifestations sportives. J'ai beaucoup d'amis ukrainiens, certains qui sont effectivement ukrainiens à 100%, puis d'autres qui sont un petit peu pro-rusques. Aujourd'hui, ils sont partis en Russie, d'ailleurs.
Mais bon, bref. Mais j'entends depuis quelques semaines ou quoi que ce soit, parce qu'il ne faut pas oublier, ce qu'on dit, c'est que M. Poutine, excusez-moi l'exploitation, c'est niveau champion de prime, c'est à level, détermination totale, avec une armée très très forte et puissante.
M. Macron a négocié pendant des semaines ou quoi que ce soit. En attendant, M.
Poutine cause toujours, j'avance mes troupes et je vais attaquer. Voilà. Donc ce que j'entends aussi, c'est que dans un deuxième temps, on me dit qu'effectivement, mais qu'est-ce qu'il va faire après l'Ukraine ?
Il va attaquer quoi ? La Valdavie et autres. Donc qu'est-ce qu'on fait ?
On continue à négocier, on reste les mains dans les poches ou on attaque, on l'arrête, on se coupe la main, on évite de se couper le bras, peut-être qu'on n'a pas les moyens d'attaquer. Mais là, quelqu'un comme ça, on l'arrête tout de suite, mais on arrête de parlementer avec cet homme-là. Pierre-Alexandre Anglade s'engageait pleinement dans ce conflit, y compris militairement sur le sol ukrainien.
D'abord, les Européens et la France ne restent pas les bras croisés dans ce conflit. Je crois que c'est important de souligner que pendant des semaines, il y a eu des efforts diplomatiques intenses pour éviter la guerre. Et que si aujourd'hui, nous sommes dans une situation de guerre, c'est parce que Vladimir Poutine a fait le choix de la guerre.
Ce n'est pas le choix des Européens. Une fois que la guerre a débuté, les Européens ont pris deux trains de sanctions en l'espace de 48 heures. Jamais les Européens n'avaient été aussi rapides.
Les Américains ont pris les mêmes. Les Anglais ont fait la même chose. Et donc, il y a aujourd'hui une action internationale extrêmement forte pour sanctionner le régime russe.
Nous n'en avons rien à foutre. C'est le message délivré par l'ambassadeur russe en Suède à propos des sanctions. Oui, c'est un ambassadeur.
C'est ce qu'il dit et ses propos lui appartiennent. Cela étant, ces sanctions vont frapper extrêmement durement. La Russie, le secteur financier, le secteur agricole, le secteur énergétique, le secteur des transports, tous les secteurs stratégiques de la vie du pays, avec un objectif très clair, asphyxier, étouffer économiquement le régime russe.
Cela, c'est le premier niveau. Le deuxième niveau, c'est l'aide financière, humanitaire, extrêmement importante. Plus d'un milliard d'euros qui va être apporté aux Ukrainiens.
Ce sont aussi des armes, des équipements militaires qui sont apportés par la France, par un certain nombre de pays européens pour venir en aide de l'Ukraine. Mais chacun doit bien comprendre la situation dans laquelle on se trouve. La Russie est une puissance nucléaire.
La France et l'alliance otanienne est une alliance nucléaire. Est-ce que nous voulons réellement rentrer dans un conflit nucléaire avec la Russie ? Et donc, la question qui se pose à chacun aujourd'hui, c'est de protéger l'alliance.
C'est ce que font les Européens et c'est ce que font les Américains en renforçant les capacités sur le flanc Est. Et en attendant, l'armérique progresse le plus possible. Bien sûr que l'armérique progresse, ça ne m'a pas échappé.
Je pense que ça n'a échappé à personne. Mais aujourd'hui, tout ce qui est possible d'être fait est fait par les Occidentaux avec la plus grande détermination. Mais en prenant en compte cette réalité-là, est-ce que demain, les Français veulent voir des soldats français sur le sol ukrainien ?
Je crois que ce n'est pas cette réalité-là que nous voulons. Réécoutons Vladimir Poutine. C'était hier soir.
Je m'adresse une fois de plus aux hommes des forces armées ukrainiennes. Ne permettez pas aux néo-nazis et aux sympathisants de Bandera d'utiliser vos enfants, vos femmes et vos vieillards comme des boucliers humains. Prenez le pouvoir et je pense que nous pourrons plus facilement trouver un accord avec vous qu'avec cette bande de drogués et de néo-nazis qui est nichée à Kiev et qui a pris en otage la totalité du peuple ukrainien.
Quand un chef d'État prononce ses mots, utilise ce genre de qualificatif, Pierre-Alexandre Anglade, est-ce qu'il n'est pas trop tard pour des pourparlers, pour un cessez-le-feu ? Est-ce qu'on peut encore discuter aujourd'hui avec Vladimir Poutine ? Moi je crois qu'il faut faire preuve de la plus grande fermeté et c'est ce que font les Européens.
Et d'ailleurs d'autres sanctions sont en cours de discussion. Et donc la réponse extrêmement ferme de l'Europe et des Etats-Unis d'Amérique et de la Grande-Bretagne n'est pas terminée. Vous avez des informations nouvelles sur le système SWIFT ?
Je n'ai pas d'informations supplémentaires que ce qu'on peut lire ce matin dans la presse. Mais cela étant, quand vous êtes dans une situation de guerre, il faut réagir fermement. Mais il faut aussi garder la voie du dialogue.
Parce qu'à un moment donné, les hostilités cesseront. Et à ce moment-là, il faudra discuter. Et donc, être extrêmement ferme, c'est important, c'est ce que nous faisons.
Et dans le même temps, garder des canaux de discussion. C'est à cela que sert la diplomatie. Quand il y a la guerre, il faut continuer à se parler malgré tout.
Et ensuite, je voudrais quand même revenir sur l'extrait que vous venez de passer. Vladimir Poutine dit qu'au fond, les dirigeants ukrainiens prennent en otage l'Ukraine. Mais le seul qui prend aujourd'hui en otage l'Ukraine et son peuple, c'est Vladimir Poutine.
Celui qui a fait le choix délibéré d'attaquer l'Ukraine, c'est Vladimir Poutine. Il ne faut pas inverser la charge des responsabilités dans ce conflit. Est-ce que Vladimir Poutine prend en otage aussi, depuis plusieurs années maintenant, les Bélarusses, la Biélorussie ?
Vous avez parlé hier, je crois, avec Svetlana Tikhanovskaya, une opposante à Vladimir Poutine en Biélorussie. Que vous a-t-elle dit ? Svetlana Tikhanovskaya est une opposante d'abord à M.
Lukashenko, le dictateur biélorusse, dont le mari a été emprisonné il y a quelques semaines de cela. Elle a été contrainte à l'exil avec ses enfants pour la seule raison qu'elle s'est présentée à une élection qu'elle aurait gagnée, mais que le pouvoir biélorusse, corrompu, a dénoncé. Mme Tikhanovskaya, elle se bat avec beaucoup de courage pour l'indépendance, la démocratie et la souveraineté de son pays.
Elle nous a appelés à des choses extrêmement simples, à des sanctions supplémentaires contre la Biélorussie et contre le régime de M. Lukashenko. C'est ce qui s'est passé hier, lorsque l'Union Européenne a sanctionné la Russie, mais a aussi sanctionné le régime de M.
Lukashenko, qui a pris une part active, active, décisive même, dans le conflit que nous sommes en train de vivre. Et Mme Tikhanovskaya, elle se bat avec beaucoup de courage pour faire en sorte que son pays ne bascule pas complètement sous la coupe de M. Poutine, pour que son pays, comme les Ukrainiens, puisse avoir un avenir démocratique.
C'est la seule chose que demande le peuple bélarusse et que demande le peuple ukrainien. Pierre-Alexandre Anglade, dernière question très concrète. Plus de 100 000 Ukrainiens ont déjà fui leur pays. 30 000 sont arrivés à la frontière polonaise où ils sont accueillis.
La solidarité européenne est à l'oeuvre, est en marche. Est-ce qu'il faut, nous, Français, nous préparer à accueillir des réfugiés ukrainiens à la maison ? À la maison, je ne sais pas.
Mais en tout cas, il faut nous préparer à accueillir des réfugiés ukrainiens sur le sol européen et en France. Je crois que c'est notre devoir, c'est notre responsabilité dans cette crise. L'Ukraine est un pays ami.
Le peuple ukrainien est un peuple ami. Ce peuple est aujourd'hui martyrisé par le tyran Vladimir Poutine. Notre responsabilité, notre devoir moral, notre exigence, c'est d'accueillir ces femmes, ces hommes, ces enfants qui fuient la guerre.
Vous voyez ces images en Ukraine d'enfants terrés dans le métro de familles qui vivent cachés. Il y en a beaucoup d'autres qui ont réussi, qui ont eu la chance de réussir à partir de cet enfer. Et bien cela, nous devons leur tendre la main, c'est notre responsabilité à nous, Européens.
Parce que pourquoi est-ce que l'Ukraine est aujourd'hui attaquée ? Elle est attaquée parce qu'elle a fait le choix de la démocratie. Elle a fait le choix de se tourner vers l'Europe.
Et Vladimir Poutine, qui se cache derrière l'excuse de l'OTAN, en réalité, ne supporte pas de pouvoir avoir à ses frontières immédiates une démocratie. D'avoir un peuple libre qui fait le choix souverain de pouvoir choisir son avenir. La démocratie libérale, la démocratie respectueuse des droits des individus, des droits de la presse, de la liberté de chacun.
C'est cela que ne supporte pas Vladimir Poutine. L'excuse de l'OTAN est un faux prétexte à cette guerre. C'est cela que dénonce Vladimir Poutine avec cette guerre.
Et donc, oui, notre responsabilité à nous, Européens, c'est d'accueillir ces femmes, ces hommes, ces enfants qui fuient la guerre. Même schéma de pensée que les islamistes, alors, Vladimir Poutine ? Je ne veux pas faire de parallèle, mais en tout cas, moi, ce qui est très clair, c'est que quand j'entends des responsables politiques expliquer qu'au fond, si Vladimir Poutine en vient attaquer l'Ukraine, c'est parce qu'il aurait été agressé.
N'inversons pas la réalité des choses. Si Vladimir Poutine attaque l'Ukraine, c'est parce qu'il ne supporte pas la démocratie à ses portes. Pierre-Alexandre Anglade, merci beaucoup député La République en marche des Français de l'étranger.
C'est porte-parole du groupe à l'Assemblée.
Pieyre-Alexandre Anglade