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Podcast / conversationFrance Culture — Affaires étrangères (sur Site radio)· 19 septembre 2026 59 minContradictoireActualité / polémiqueNumériqueEurope & internationalDéfenseÉconomie & entreprises

IA : la confrontation Etats-Unis / Chine

Au micro : Christine Ockrent Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 27 %Attaque 35 %Défensif 38 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 4:05OuverteRéponse directe

    Pourquoi cette intensité soudaine autour de l'IA ?

  • 9:26RelanceÉludée

    Donald Trump dit-il vrai en affirmant que son QI suffirait à réguler l'IA ?

  • 13:03OuverteRéponse directe

    Mathieu Duchatel, quelle perception des risques en Chine ?

  • 18:23ComplaisanteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'un modèle à poids ouvert ?

  • 20:51OuverteRéponse directe

    La régulation de l'IA est-elle une obsession trumpienne ?

  • 27:07RelanceRéponse directe

    Julien Nocetti, un accord USA-Chine sur l'IA est-il possible ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 34:13InvitéFait
    « C'est une proposition américaine, c'est vraiment une initiative américaine de vouloir en parler aux Chinois. »
  • 34:23InvitéFait
    « Nous ce dont on veut parler c'est du contrôle export, des restrictions à l'accès chinois aux technologies de semi-conducteurs. »
  • 35:42InvitéFait
    « La Chine a réussi à mettre fin à une trajectoire qui durait depuis 2019-2020 et qui a débuté par les restrictions visant Huawei. »
  • 36:08InvitéFait
    « Il y a beaucoup de trous dans la raquette, il faut les combler. »

Temps de parole

  • Présentateur26 %
  • Invité21 %
  • Invité 218 %
  • Invité 317 %
  • Invité 413 %
  • ?4 %

≈ 19 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Locuteur

France

0:09
Locuteur non identifié

Culture,

0:10
Locuteur

Affaires

0:10
Locuteur non identifié

étrangères, Christine Ockrent.

0:16
Locuteur

Bonjour

0:17
Présentateur

à tous. L'intelligence artificielle devient anthropophage. Elle va asphyxier notre civilisation. Tout ira très vite. Depuis quelques jours, à coups de prophéties, d'émissions fracassantes, d'incidents en répétition et d'appels urgents à la régulation, le récit d'une apocalypse provoquée par l'IA s'accélère au rythme de ses progrès stupéfiants. Les trois mastodontes du secteur, Dario Amodei,

0:46
Locuteur

d

0:46
Présentateur

'Anthropic, Sam Altman, d'OpenAI et Elon Musk, pour une fois d'accord alors qu'ils sont concurrents et parfois se détestent, viennent à l'unisson d'en appeler au contrôle, sinon au ralentissement, d'une technologie érigée en mutation systémique. Conspiration malsaine, vocifère aussitôt Donald Trump. Pas besoin de régulation, il suffit d'un président fort aux cautions intellectuelles élevées, lui, bien sûr, et il faut gagner contre la Chine.

Quel que soit l'intérêt philosophique du débat, la validité des arguments des dirigeants en question, mêlés de sincérité, mais aussi de cynisme mercantile en plein emballement des marchés financiers, la problématique s'inscrit dans la compétition frontale entre les Etats-Unis et la Chine. Les premiers entendent maintenir leur supériorité en fermant l'accès au système de cotage et en restreignant l'exportation des semi-conducteurs de pointe. La seconde propose des modèles dits à poids ouvert, moins chers, pratiquant volontiers la distillation, c'est-à-dire l'exploitation illicite des systèmes américains.

Le président chinois doit se rendre à Washington jeudi prochain, une visite d'Etat à laquelle Donald Trump entend donner la munificence digne de la grande amitié qui, selon lui, les unit. Jusqu'où les enjeux liés à l'IA vont-ils occuper leurs échanges ? Le Chinois présente volontiers son modèle comme un bien public mondial, offert à ses partenaires à condition, bien sûr, de respecter les valeurs et les interdits du Parti communiste. Les deux chefs d'Etat pourraient-ils s'accorder sur des garde-fous, sinon un système commun de régulation ?

Au cœur des discussions, la préservation est sans doute la prolongation de la trêve commerciale négociée en octobre dernier, quand Xi Jinping, la main sur les terres rares et autres métaux critiques essentiels pour l'IA, avait gagné le bras de fer des droits de douane imprudemment engagés par le président américain. La rencontre intervient à six semaines des élections de mi-mandat, au moment où l'opinion publique américaine, et notamment les jeunes, semblent se rebiffer contre l'IA, les menaces sur l'emploi, la prolifération des data centers, sans oublier l'inflation et les prix des carburants à la pompe. Dans un quel climat ? Quel impact sur la campagne électorale ?

Au-delà du faste doré de la Maison-Blanche, Donald Trump a-t-il la moindre marge de manœuvre face à Xi Jinping ? Eh bien, c'est ce qu'on va comprendre ce matin grâce à vous, Mathilde Vellier. Vous êtes chercheuse au Centre Géopolitique des Technologies à l'Institut français des Relations internationales. Julien Nocetti, chercheur associé à l'IFRI, ainsi qu'au Centre Géode, Géopolitique de la Datasphère à l'Université Paris VIII. Corentin Selin, professeur agrégé d'histoire en classe préparatoire au lycée Carnot de Dijon et chroniqueur pour le site Les Jours. Et depuis Taipei à Taïwan, Mathieu Duchâtel, directeur des études internationales à l'Institut Montaigne,

3:59
Locuteur

expert

4:00
Présentateur

résident pour l'Asie.

4:05
Locuteur

L

4:05
Présentateur

'irruption du débat sur la sécurité, sur les dangers de l'IA, Julien Nocetti, pourquoi maintenant et avec une telle intensité

4:16
Locuteur

?

4:17
Invité

Effectivement, c'est une question majeure et en fait qui revient à un terme assez régulier. Ce qui s'est passé durant l'été, c'est une accélération de la problématique et le fait que ces débats à coups de tribunes, d'articles, d'essais, parfois assez longs, je pense au patron d'Entropique, d'Ariane Vodéhi, aiment bien détailler sur plusieurs dizaines de pages à chaque fois ses propres évaluations et inquiétudes. Ce qui s'est passé, le point de départ cet été,

4:46
Locuteur

ça

4:46
Invité

a été durant des phases d'évaluation de cybersécurité, des modèles qui appartiennent à OpenAI, donc il

4:55
Locuteur

y a

4:55
Invité

Chagipiti et Anthropique qui entraîne Claude, des modèles qui ont trouvé des failles inconnues dans des environnements qui étaient censés pouvoir les isoler. Donc il y

5:06
Locuteur

a

5:06
Invité

eu cette idée que ces modèles se seraient échappés et auraient accru des failles de cybersécurité en particulier. Et ces failles en fait ont été médiatisées évidemment par des rapports de ces firmes, par les patrons qui, pour des raisons d

5:23
Locuteur

'ailleurs

5:23
Invité

assez cocasses, se sont plus ou moins alignés d'ailleurs, alors que d'ordinaire ils se tirent entre les pattes à coups de tweets, à coups de déclarations parfois assez vives et brutales. Et le moment est intéressant parce que, en particulier, sur le plan financier, OpenAI et Anthropique avaient préparé d'assez longue date leur entrée en bourse. Alors certes, OpenAI a annoncé avoir retardé son entrée à la bourse de New York pour l'année prochaine a priori, mais le contexte était d'abord celui quand même d'une montée en gamme et d'un appétit toujours plus démesuré en matière de capitalisation et d'IPO, d'entrée en bourse. Donc il y a

6:06
Locuteur

quand

6:07
Invité

même un contexte qui fait qu'on ne peut pas écarter d'un revers de main l'hypothèse aussi d'une surenchère qui verrait ces grands acteurs de l'IA américains faire précisément monter les enchères et essayer d'obtenir toujours davantage de capitaux parce qu'il y

6:25
Locuteur

a

6:25
Invité

un enjeu au départ d'être en mesure de financer l'IA, leurs infrastructures, leurs infrastructures qui aujourd'hui ne sont pas rentabilisées. Il manque aussi à un moment où il y a ce besoin toujours plus affirmé de bâtir des puissances de calcul.

6:40
Locuteur

Oui,

6:42
Présentateur

je voyais passer ce chiffre

6:43
Locuteur

qui

6:44
Présentateur

est absolument hallucinant. L'IA représente aujourd'hui un tiers, un tiers de tous les investissements industriels aux Etats-Unis. Mais Julien, il y a aussi une contre-offensive, notamment celle du tout-puissant, l'arbitre des élégances en fait, Jensen Huang, le patron d'Nvidia, aussi de Mark Zuckerberg. Huang, lui, dit « Manipulation, c'est un faux choix ». Quant à Yann Lequin, donc notre Français dans la bande, lui, il dit « C'est du bullshit, en bon français

7:22
Locuteur

».

7:23
Invité

Voilà. Alors, le cas de deux banques, de patron d'Nvidia, est toujours assez fascinant parce qu'Nvidia est devenue au fil des années et même des derniers mois une espèce de grand argentier de cette IA américaine. Il y

7:37
Locuteur

a

7:37
Invité

plusieurs métaphores qui ont fleuri ces dernières semaines sur le fait qu'Nvidia est vraiment la banque centrale de cette IA, avec des investissements, la plupart du temps, en circuit très fermé, donc avec aussi la question de ces... la désormais ancienne question avec Trump de cette collusion avec les décideurs publics américains. Mais le fait est qu'effectivement, Huang a pris quelques distances. Alors, à voir si elles vont tenir dans le temps, parce qu'il y a aussi des dépendances de capitaux et technologiques extrêmement puissantes entre tous ces acteurs, les uns finançant l'accès à des composants, les autres à des... Comment dirais-je ? À des centres de données, etc.

Donc, tout ça était éminemment relié. Et effectivement, les commentaires d'experts, comme Yann Lequin, sont toujours attendus, parce qu'effectivement, il

8:29
Locuteur

y a

8:29
Invité

une forme d'autorité de ces personnages qui fait qu'on ne

8:31
Locuteur

peut

8:31
Invité

pas non plus les occulter. Et Yann Lequin est toujours très, effectivement, très distancé, parfois caustique sur son évaluation des tribunes et des essais publiés par ses grands patrons.

8:45
Locuteur

Enfin, lui, il essaie

8:45
Présentateur

aussi de monter son propre business.

8:47
Locuteur

Son

8:48
Invité

propre business avec l'idée que l'open source, donc l'accès à des modèles plus ouverts et a priori plus transparents est plutôt l'avenir du secteur, davantage qu'effectivement des modèles fermés qui grossissent énormément d

9:03
Locuteur

'un

9:03
Invité

point de vue capitalistique et qui mettent l'accent sur cette notion de risque existentiel, sans référence aux tribunes d'Amodi en particulier. Mais effectivement, le risque à court et moyen terme, c'est qu'il y a une sorte de fossé qui ne soit pas seulement conceptuel, mais aussi industriel et financier sur le cours, sur l'avenir même de l'IA, à mon avis.

9:26
Présentateur

Mathilde Vellier, à cette effervescence, presque à cet affolement, on voit que le président des États-Unis, lui, à coup de communiqué sur son réseau social personnel, il dit non, il faut juste moi, quoi. En gros, moi, je suffis à servir de garde-fou parce que mon QI est exceptionnel. Mais il insiste sur cette obsession de la Chine de maintenir la supériorité vis-à-vis de la Chine en matière d'intelligence artificielle. Et là,

10:03
Locuteur

c

10:04
Présentateur

'est une continuité véritablement de la politique américaine depuis Barack

10:09
Invité

Obama. Oui, et je dirais même depuis avant puisque depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, très clairement, être les premiers technologiquement, c'est considéré comme une condition de la sécurité nationale américaine. Aujourd'hui, on parle plus de domination, American dominance, mais finalement, cet objectif de leadership, de primauté technologique, elle existe depuis très longtemps. C'est plutôt la manière de conserver cette suprématie qui a varié.

Après la guerre froide, les autorités américaines ont considéré que finalement, ça pouvait être intéressant, y compris pour la sécurité nationale, pas que du côté d'une certaine naïveté, d'exporter, par exemple, d'exporter des équipements télécom en Chine, comme ça, ce sera un peu plus facile à exporter que si la Chine s'approvisionne ailleurs,

10:49
Locuteur

mais

10:49
Invité

aussi d'exporter certains semi-conducteurs, par exemple, à destination des destinataires civils, bien sûr, pas militaires,

10:56
Locuteur

mais

10:56
Invité

comme ça, ça permettra aux entreprises américaines de générer des revenus qu'elles pourront réinvestir dans la R&D pour courir plus vite. Ce qui a été le cas, il y a eu d'énormes

11:05
Locuteur

investissements américains. Absolument,

11:07
Invité

absolument. Et ça, ça a vraiment été un narratif très très important jusqu'à l'arrivée de Trump 1 et surtout de Biden qui a changé de logique et qui a considéré que c'était bien de courir plus vite mais qu'il fallait aussi ralentir l'adversaire et donc imposer un certain nombre de restrictions pour empêcher l'exportation de semi-conducteurs avancés vers la Chine, etc. Et ce qui est vraiment intéressant, c'est que sous Trump 2,

11:29
Locuteur

il

11:29
Invité

y

11:30
Locuteur

a

11:30
Invité

un peu une forme d'ambiguïté sur ce point

11:32
Locuteur

puisqu

11:32
Invité

'à la fois, maintenir le leadership technologique reste très important et à la fois, on pouvait s'attendre à beaucoup de fermeté, beaucoup de restrictions avec une équipe qui est quand même composée de Marco Rubio, de certaines personnalités à la Maison Blanche favorables à une approche très très ferme sur la Chine et pourtant, il a autorisé l'exportation de certaines puces justement de Nvidia et la libéralisation de certaines restrictions et alors, c'est sans doute aussi grâce à l'influence de Jensen Huang mais toute cette industrie et une partie de la faction pro-business de la Maison Blanche relaient en fait cette idée que finalement, il faut peut-être mieux vendre certaines choses à la Chine pour pouvoir continuer à courir plus vite, rendre la Chine dépendante, etc.

Et plus largement, cet argument de on ne peut pas réguler l'IA parce que ça nous ralentirait vis-à-vis de la Chine, elle est exploitée par l'industrie depuis plus de 10 ans. Google et Meta expliquaient déjà à l'époque que si on régule les GAFAM, ça va, entre guillemets, laisser l'Internet aux Chinois et ça risquerait de se tirer une balle dans le pied. Donc, c'est pas tout à fait nouveau et en plus, c'est pas tout à fait vrai puisqu'on voit que la Chine, Mathieu Duchatel, on parlera peut-être bien mieux que moi, mais depuis 3-4 ans, régule déjà l'intelligence artificielle, la création de deepfakes, la création de faux contenus, etc. Donc,

12:51
Locuteur

c

12:51
Invité

'est un argument qui est manipulé en ce sens et qui, je pense, est intéressé de la part de ceux qui ont plutôt une volonté pro-business en ce sens-là.

13:03
Présentateur

Mathieu Duchatel, justement, vous êtes beaucoup plus près de la Chine que nous, vous êtes à Taipei. Est-ce qu'il y a, comment dire, une même perception des risques en Chine et est-ce qu'il y a des contacts officieux, en tout cas, entre Chinois et Américains précisément sur cette accélération incroyable de l'intelligence artificielle

13:29
Locuteur

? Alors,

13:32
Invité

oui, on a eu cette semaine de la part du ministre de la Sécurité d'État chinois,

13:39
Locuteur

Chen

13:39
Invité

Yixin, un article qui présente la vision gouvernementale de la République populaire sur les risques en matière de sécurité

13:48
Locuteur

posés

13:49
Invité

par l'intelligence artificielle qui sont un bon point de départ pour traiter du sujet. On a d'un côté une mise à jour finalement de quelque chose qui est très classique dans le logiciel de sécurité nationale de la Chine qui est que la question prioritaire c'est la sécurité politique, c'est le terme, la sécurité politique avant tout, la sécurité du régime, c'est-à-dire la stabilité du système politique

14:13
Locuteur

de

14:14
Invité

la République populaire de Chine. Et là, on a une mise à jour absolument fascinante de ce qu'on entendait beaucoup dans les années 2010 sur l'influence des organisations non-ouverture mentale, l'influence de l'ouverture de l'Internet sur les risques pour la sécurité politique de la Chine, mise à jour dans le monde de l'intelligence artificielle avec la peur qui est tout à fait parallèle à ce qu'on vit dans les démocraties de l'utilisation des faux, des images, textes générées par de l'intelligence artificielle pour produire des rumeurs, des faux contenus donc là,

14:52
Locuteur

on

14:52
Invité

a quelque chose qui est à la fois parallèle, mise à jour spécifique au contexte chinois et qui est la considération numéro un. Après, on a aussi dans le logiciel chinois des choses sous un angle risque sécuritaire qui sont tout à fait semblables à la discussion ailleurs et je pense en particulier l'approche sur l'équilibre de la puissance militaire et sa transformation par l'intégration de l'intelligence artificielle

15:23
Locuteur

dans

15:25
Invité

les opérations militaires notamment les opérations d'attaque et de défense cyber. Là, c'est un point qui est spécifiquement mentionné par le ministre. Comment se défendre contre des agents qui sont capables d'exploiter des failles de sécurité ? Là, la problématique est la même pour tout le monde

15:43
Locuteur

et

15:44
Invité

il en parle finalement de la même manière que les autres mais aussi les sujets mentionnés autour de l'équilibre des forces au-delà du pur cyber. Par exemple, l'utilisation des drones, l'utilisation de l'intelligence artificielle pour

16:02
Locuteur

l

16:03
Invité

'acquisition de cibles, les systèmes de commandement, de décision. Donc là, on a des discussions chinoises qui sont tout à fait parallèles aux discussions qu'on peut avoir en Occident et aux Etats-Unis.

16:14
Présentateur

Mathieu, le président Xi Jinping parle volontiers de l'IA chinoise comme un bien public mondial qu'il offre à ses partenaires. Il l'offre encore la semaine dernière à New Delhi à la réunion des BRICS et il a organisé une organisation mondiale de coopération sur l'IA qui est basée à Shanghai. Donc, en fait, c'est un outil de séduction pour le pouvoir chinois et notamment vis-à-vis des pays de ceux qu'on appelle un peu trop vite le sud global.

16:52
Locuteur

Oui,

16:53
Invité

alors, on peut voir ça sous l'angle de la compétition chino-américaine. Je pense que ce qui est intéressant de noter, c'est que les grands laboratoires américains abordent la compétition avec la Chine sous l'angle de la puissance de calcul, les modèles vraiment frontières et les Chinois abordent la compétition avec les États-Unis sous l'angle de la diffusion de leur modèle à l'international et justement avec un discours

17:18
Locuteur

qui

17:19
Invité

est très classique dans la politique étrangère chinoise qui vise

17:23
Locuteur

à

17:24
Invité

critiquer les États-Unis pour cette recherche de suprématie

17:28
Locuteur

mais

17:29
Invité

aussi cette approche la plus commerciale possible

17:33
Locuteur

du

17:34
Invité

développement de leur modèle. Donc on a effectivement une diplomatie chinoise de l'intelligence artificielle qui vise les pays du sud global entre guillemets et qui s'appuie sur l'offre chinoise de modèles d'appois ouverts qui peuvent être téléchargés par des acteurs privés comme des acteurs publics avec quand même une incertitude importante pour la suite c'est ce que sera

18:00
Locuteur

dans

18:01
Invité

les prochains mois dans les prochaines années

18:02
Locuteur

la

18:03
Invité

réponse américaine à cette proposition chinoise

18:06
Locuteur

de

18:07
Invité

l'open source ou du poids ouvert qui aujourd'hui fait l'objet

18:11
Locuteur

d

18:12
Invité

'une discussion stratégique aux États-Unis il n'y a pas encore aujourd'hui de réponse à cette offre chinoise

18:18
Locuteur

d

18:19
Invité

'adoption des modèles chinois par les pays tiers.

18:23
Présentateur

Précisément avant de voir avec Corentin Sélin la dimension vraiment de politique intérieure de la question de l'IA aux États-Unis Mathilde rapidement parce que le vocabulaire est quand même très troublant la technologie chinoise on parle de modèles à poids ouvert qu'est-ce que ça veut

18:43
Invité

dire

18:44
Locuteur

?

18:45
Invité

C'est-à-dire qu'il faut à mon avis concevoir l'ouverture sur un peu un spectre donc un modèle peut être plus ou moins ouvert si on parle des modèles fermés c'est comme les modèles par exemple Claude de Tchad-GPT

18:56
Locuteur

Donc les modèles

18:57
Invité

américains

18:57
Locuteur

Alors

18:58
Invité

oui les Américains font aussi des modèles ouverts mais par exemple en tout cas Claude et Tchad-GPT les

19:02
Locuteur

grands modèles américains qu'on

19:03
Invité

connaît les plus avancés sont fermés c'est-à-dire qu

19:06
Locuteur

'on

19:06
Invité

n'a pas accès au code à l'ensemble de données qui a pu les entraîner etc. Vous posez votre question ça mouline et ça vous donne la réponse alors que les modèles chinois on va dire qu'il y

19:15
Locuteur

a

19:15
Invité

une plus grande ouverture on peut un peu savoir quel est le code dans certains cas quelles ont été les données et on peut même télécharger finalement le modèle et le faire tourner sur sa propre machine Ils sont beaucoup moins chers et donc ils gagnent beaucoup

19:28
Présentateur

de parts de

19:29
Locuteur

marché Ils sont

19:30
Invité

aussi moins gourmands oui en puissance de calcul donc moins chers Mais

19:33
Présentateur

ils sont dépendants des semi-conducteurs les plus avancés qui sont ceux de Nvidia ou du Taïwanais TSMC Donc Oui

19:42
Invité

globalement Nvidia a vraiment un monopole sur ces modèles de puces là et c'est pour ça d'ailleurs que la Chine déploie aussi des modèles open source parce qu'un modèle open source ou open weight ensuite vous le téléchargez vous le faites tourner sur votre propre machine donc ça ne demande pas pour eux d'avoir une capacité de calcul permettant de faire tourner tous les modèles Alors qu'est-ce qu'on appelle distillation ?

Nous on fait penser plutôt à l'armagnac Oui mais finalement il y a des points communs là-dessus c'est-à-dire que l'idée c'est de récupérer certaines avancées qui ont été fournies par les modèles et de s'en servir pour développer soi-même un modèle on va dire si on est positif c'est construire à partir des avancées qui ont déjà été réalisées si on est un petit peu plus critique c'est comme de la copie une fois que le

20:28
Locuteur

travail est fait on la copie

20:29
Présentateur

et pour aller en

20:31
Invité

fait utiliser sinon piller Oui

20:34
Locuteur

alors c'est une pratique

20:35
Invité

la distillation qui a lieu dans l'industrie et d'ailleurs c'est ce que rappelle à chaque fois la Chine lorsque les Etats-Unis l'accusent de distillation hostile c'est une pratique qui a lieu dans l'industrie mais les Etats-Unis accusent la Chine de le faire à une échelle qui est véritablement hostile et de l'ordre du pillage de propriété intellectuelle

20:51
Présentateur

Corentin Corentin Célin vu de Washington vu du continent américain

20:58
Locuteur

l

21:00
Présentateur

'obsession reste quand même cette idée qu'il faut rester en tête

21:04
Locuteur

et

21:05
Présentateur

donc est-ce que

21:08
Locuteur

la

21:08
Présentateur

notion même de régulation

21:10
Locuteur

appartient

21:12
Présentateur

à la panoplie trumpienne

21:16
Locuteur

? Alors

21:17
Invité

justement c'est là que Donald Trump en ce moment s'oppose même à certains candidats républicains parce que en parallèle de cette irruption je reprends ce mot-là de la question de l'intelligence artificielle et des progrès de cette technologie de ces progrès qui peuvent être inquiétants

21:36
Locuteur

une

21:37
Invité

des grandes surprises déjà de la campagne donc des élections de mi-mandat qui auront lieu en novembre c'est que la question de l'intelligence artificielle dont personne honnêtement il y a un an pensait qu'elle serait sur le devant de la scène l'est aujourd'hui et pourquoi ? parce que il y

21:53
Locuteur

a

21:53
Invité

eu d'abord un questionnement qui s'est posé sur les data centers c'est

21:58
Locuteur

-à

21:58
Invité

-dire sur les centres de stockage physique des données numériques qui sont indispensables au développement d'intelligence artificielle et cette question des data centers

22:06
Locuteur

elle

22:07
Invité

s'est révélée extrêmement pertinente pour les campagnes des midterms parce que évidemment il y a l'enjeu national et on voit dans les sondages d'opinion publique ça c'est incontestable et c'est assez étonnant qu'il y a un rejet ou une crainte majoritaire aujourd'hui dans l'opinion publique américaine vis-à-vis de l'intelligence artificielle en général on peut prendre une enquête du Pew Research Center en juin 2026 qui montre que 52% des américains sont plus craintifs qu'excités envers cette technologie et que 71% et c'était un sondage qui a été fait dans plusieurs pays dans le monde dans 34 pays dans le monde les américains arrivaient troisième pour ceux les plus j'allais dire

22:53
Locuteur

derrière

22:53
Présentateur

qui

22:54
Locuteur

alors

22:55
Invité

sur la question sur les emplois c'était la Corée du Sud de manière assez étonnante et la Turquie si je me souviens bien et bien dans ces pays là on avait donc pour les Etats-Unis on a 71% de personnes qui répondaient qu'ils pensaient que l'intelligence artificielle allait détruire les emplois et non pas en créer donc on voit une inquiétude mais on pourrait se dire bon ça c'est des considérations des craintes nationales mais ce qui s'est passé avec les data centers c'est que le data center c'est local puisque c'est une construction qui se fait dans un

23:24
Locuteur

territoire

23:24
Invité

et ça se voit dans un territoire et c'est une question qui a été saisie précocement par la gauche américaine la gauche progressiste dès mars 2026 Bernie Sanders le leader historique de la gauche progressiste américaine et Alessandria Ocasio-Coltes ont déposé un projet de loi au congrès pour un moratoire sur la construction des data centers et surtout dans certaines courses sénatoriales en particulier comme la fameuse course du Michigan on en parle beaucoup à cause de la candidature démocrate de El Saïed El Saïed une des raisons de son succès une des grandes raisons et de sa victoire en primaire c'est qu'il a mis les data centers et freiné la construction de data centers au coeur de son programme pourquoi ?

24:11
Locuteur

parce

24:11
Invité

que c'est un enjeu de vie quotidienne ça rejoint son discours sur la vie quotidienne il dit si on construit des data centers ils risquent de faire monter le prix d'électricité parce qu

24:22
Locuteur

'ils

24:22
Invité

sont gourmands en électricité ils risquent de faire monter le prix de l'eau donc on voit que c'est un enjeu de vie quotidienne

24:28
Locuteur

il

24:29
Invité

pose la question de l'avenir des emplois il dit que deviendront les emplois locaux si on développe de l'IA partout avec ces data centers et évidemment ça cautionne aussi son discours et qui est commun à toute la gauche américaine de dire c'est le pouvoir des oligarques qui ne consulte pas les populations locales et qui installe ces data centers sans régulation et donc ça a été une de ses armes politiques ça lui a permis de s'imposer en primaire

24:54
Locuteur

et

24:55
Invité

ce qui est très intéressant c'est que sur cette question des data centers et bien les républicains ils sont venus les républicains locaux candidats locaux dans ces élections de midterms à l'échelle locale ils sont venus par exemple au Michigan Mike Rogers le rival républicain propose lui aussi maintenant un moratoire d'un an sur la construction de data centers

25:15
Locuteur

et

25:15
Présentateur

le gouverneur et

25:16
Locuteur

le gouverneur du

25:16
Présentateur

Texas Abbott qui est archi trumpiste etc. vient de suspendre absolument un projet de data center

25:23
Locuteur

absolument

25:24
Invité

et donc ça a commencé par cette question du data center et puis récemment très récemment on va dire dans les dernières semaines il y a une deuxième vague puisque maintenant on se pose la question est-ce que l'IA n'est pas une menace à court terme pour l'espèce humaine et là on a quand même vu cette semaine quelque chose moi je trouve d'extraordinaire

25:47
Locuteur

Bernie

25:48
Invité

Sanders leader de la gauche leader historique de la gauche progressiste américaine et Steve Bannon

25:54
Locuteur

le

25:55
Invité

chef de j'allais dire du courant national populiste de l'extrême droite américaine qui a été autrefois le conseiller politique de Trump sur la même tribune réclamé au plus vite des législations pour freiner cette fois-ci non plus la construction de data centers simplement mais l'avancée de l'IA donc on voit que c'est une question qui vraiment est en train de submerger le débat public et d'amener quand même quelque chose qui est devenu très rare à Washington une forme de consensus bi-partisan

26:24
Locuteur

et

26:24
Présentateur

le gouverneur de Californie Gavin Newsom qui hier par un décret annonce des mesures de contrôle de l'IA pour la Californie

26:35
Invité

oui mais alors parce que Newsom lui et ça montre aussi l'importance que prend cette question politiquement c'est que Newsom joue une autre course c'est la course des prétendants démocrates pour 2028 et évidemment on voit que chez les démocrates que ce soit Newsom en Californie Shapiro en Pennsylvanie ou le sénateur Kelly d'Arizona qui va déposer un projet de loi pour créer un fonds public de dédommagement des travailleurs qui perdraient leur emploi à cause de l'IA on voit que les prétendants possibles démocrates pour 2028 c'est à celui qui sera le plus régulateur sur l'IA évidemment

27:07
Locuteur

Julien

27:08
Présentateur

Osseti jeudi prochain le président chinois Xi Jinping va atterrir à Washington il sera reçu c'est exceptionnel par Donald Trump lui-même à l'aéroport un grand dîner fastueux est prévu à la Maison Blanche où sont d'ailleurs invités Sam Altman d'OpenIA et le patron de de Nvidia est-ce qu'il peut y avoir un intérêt commun s'agissant d'une régulation de l'intelligence artificielle entre ces deux présidents

27:42
Locuteur

ou

27:42
Présentateur

est-ce que véritablement ils vont plutôt essayer d'éviter le sujet

27:48
Locuteur

alors

27:48
Invité

je pense qu'ils ne

27:49
Locuteur

vont

27:49
Invité

pas chercher forcément à éviter le sujet il y aura probablement sans avoir de boule de cristal bien sûr un communiqué qui reprendra partiellement par exemple un intérêt commun à éviter un débordement qui nuirait au bon cours de la vie humaine etc donc un langage assez classique qui n'engage concrètement aucune des deux parties donc ça c'est plutôt une lecture disons minimaliste et

28:18
Locuteur

par

28:18
Invité

contre à plus long terme on peut imaginer alors ça sera pas à son prochaine mais à plus long terme un scénario à la à la Obama et Z en 2015 qui à l'époque les deux dirigeants à l'état 2015 s'était engagé à ne pas s'espionner par des moyens cyber l'un et l'autre l'accord avait fait long feu mais du moins ça avait été perçu à l'époque comme une tentative de sortir par le haut de toute une série d'années où les Etats-Unis accusaient la Chine de cyberspionnage massif et ça avait donné lieu à des tensions extrêmement puissantes donc là on peut très bien imaginer dans une perspective de plus long terme que le sujet de la sûreté de l'IA soit au fond il fallait l'oméga des rapports de puissance entre Washington et Pékin et que ça crée parfois des situations d'escalade qui aboutiraient à une sorte de règlement entre les deux capitales mais à très court terme la semaine prochaine il y a assez peu de chances que tout ça soit soit face par un consensus à plus forte raison quand l'approche chinoise est plutôt centrée à la fois sur le développement de l'IA national et son exportation à très grande échelle et aussi sur une vision qui défend une approche de la forteresse siégée donc il y a quand même un fossé conceptuel qui est tout à fait béant et pas surprenant entre les deux entre les deux acteurs après il y a évidemment un autre enjeu peut-être de portée plus diplomatique qui partirait du duopole chino-américain et qui serait vraiment préjudicial pour nous en Europe qui serait de voir l'espèce de constitution d'un TNP de l'IA donc la métaphore est très rapide mais voilà nous faisons une espèce d'analogue à ce qui s'est passé avec le nucléaire il

30:09
Locuteur

y

30:09
Invité

a 40 et 50 ans une sorte de petit club qui verrait d'abord le duopole chino-américain constituer conserver les capacités les capacités d'IA les plus les plus sophistiquées les modèles frontières les plus les plus en pointe et aussi une capacité de comme on dit de capture réglementaire c'est à dire à faire que leur secteur privé soutenu par leurs états soit en mesure d'imposer toutes les normes et les standards qui font que les IA qui vont se diffuser dans les années qui viennent porteraient l'estampille américaine ou chinoise donc il y a un enjeu à la fois très stratégique un enjeu de puissance tout à fait classique au fond mais également des ramifications très à la fois discursives et juridiques

30:56
Locuteur

Mathilde

30:57
Présentateur

Vellier il y a aussi comment dire la frontière est archi floue et surtout s'agissant de la Chine la dimension sécurité nationale la dimension militaire ce que des spécialistes comme vous appellent l'arsenalisation

31:13
Locuteur

de

31:14
Présentateur

l'IA

31:15
Invité

oui et d'ailleurs on en a vu un exemple récent hier puisque CNN a annoncé que les Etats-Unis avaient failli prendre d'assaut un navire chinois près d'Hormuz en pensant sur la base d'un rapport généré par l'IA qu'il était chinois qu'il transportait du contenu nucléaire etc heureusement ils ont arrêté avant de lancer cette opération mais on voit les risques que ça peut poser même si l'IA ne devient pas autonome etc il y

31:46
Locuteur

a

31:46
Invité

des vrais risques militaires on l'a vu aussi au moment du bombardement de l'école de Mineb où les Etats-Unis ont a priori utilisé ces modèles d'IA à des fins militaires et c'est pour ça que je pense que malgré tout je suis d'accord avec Julien Nocetti sur le fait qu'on peut difficilement imaginer dès la semaine prochaine un grand accord qui pourrait comprendre tous les sujets mais je pense qu'il y

32:09
Locuteur

a

32:09
Invité

quand même beaucoup de préoccupations communes entre les Etats-Unis et la Chine et qu'il y a une volonté de créer si possible peut-être des canaux formels pour s'alerter mutuellement d'une part si les IA avancées commencent à se comporter de manière inattendue peut-être pour s'alerter de risques militaires ou en tout cas peut-être se mettre d'accord comme l'avaient fait Biden et Xi Jinping sur l'absence d'utilisation de l'IA dans le déclenchement d'attaques nucléaires et peut-être le partage d'informations et du développement en commun de systèmes d'évaluation sur la sûreté des modèles même si évidemment les deux pays ont envie de continuer à pouvoir tirer au maximum les bénéfices à la fois économiques et militaires de l'intelligence artificielle

32:52
Locuteur

Mathieu

32:53
Invité

Duchâtel

32:54
Présentateur

on parle toujours d'une logique transactionnelle ça fait partie du sabir courant s'agissant

33:02
Locuteur

s

33:02
Présentateur

'agissant des relations entre Donald Trump et Xi Jinping mais en fait on imagine volontiers que l'essentiel de la rencontre de jeudi prochain

33:13
Locuteur

ce

33:14
Présentateur

sera évidemment le commerce

33:17
Locuteur

les

33:18
Présentateur

droits de douane un gallimatia maintenant on ne sait franchement plus où on en est mais Xi Jinping lui le sait puisqu'il dispose des terres rares des métaux critiques absolument indispensables pour l'intelligence artificielle américaine et là les Etats-Unis ne sont pas arrivés à rétablir en quelque sorte une parité donc cette trêve commerciale qui a été négociée en Corée du Sud en octobre dernier

33:48
Locuteur

est

33:49
Présentateur

-ce que ce sera l'essentiel en fait des conversations

33:52
Locuteur

de

33:53
Présentateur

cette visite d'Etat de Xi Jinping

33:59
Locuteur

oui

33:59
Invité

je pense que c'est vraiment le sujet principal mais il y a un lien extrêmement important et intéressant avec les consultations sino-américaines sur la sûreté de l'intelligence artificielle qui est le suivant d'abord le sujet sûreté de

34:12
Locuteur

l

34:12
Invité

'intelligence artificielle c'est une proposition américaine c'est vraiment une initiative américaine de vouloir en parler aux chinois lorsque l'administration Biden a soulevé cet agenda

34:21
Locuteur

la

34:22
Invité

réponse chinoise était nous ce dont on veut parler c'est du contrôle export des restrictions à l'accès chinois aux technologies de semi-conducteurs

34:30
Locuteur

qui

34:31
Invité

c'est bien là le lien ralentissent finalement les progrès de la Chine en matière de déploiement et de développement de l'intelligence artificielle et d'autres industries absolument stratégiques

34:43
Locuteur

et

34:45
Invité

l'approche chinoise de ces consultations en matière de sûreté de l'IA sont absolument symétriques avec l'approche chinoise dans toutes les négociations avec les Etats-Unis sur les sujets de maîtrise de l'armement en gros sur le nucléaire sur les questions navales dans les années 2010 la Chine voit cette offre là comme une volonté américaine de geler leur supériorité et donc est très sceptique

35:11
Locuteur

sur

35:12
Invité

les sujets commerciaux effectivement la Chine pense avoir frappé un grand coup un coup décisif à la fin de l'année 2025 en répliquant aux mesures américaines de contrôle des exportations sur les semi-conducteurs

35:27
Locuteur

par

35:28
Invité

des mesures en riposte

35:32
Locuteur

sur

35:32
Invité

l'accès aux matériaux critiques aux terres rares qui touchent aussi l'industrie des semi-conducteurs

35:38
Locuteur

et

35:39
Invité

ce qui s'est produit objectivement c'est que la Chine a réussi à mettre fin à une trajectoire qui durait depuis 2019-2020 et qui a débuté par

35:49
Locuteur

les

35:50
Invité

restrictions visant Huawei et son offre d'infrastructures des télécommunications 5G qui voyait toujours de plus en plus de contrôles américains sur l'accès chinois aux technologies de semi-conducteurs

36:01
Locuteur

et

36:02
Invité

quand l'administration Trump est arrivée au pouvoir en janvier 2025 le message de l'administration c'était il y a beaucoup de trous dans la raquette il faut les combler

36:11
Locuteur

la

36:12
Invité

Chine a encore accès à énormément de technologies américaines et développe son intelligence artificielle avec ces technologies donc on va y aller technologie par technologie et il y

36:22
Locuteur

a

36:22
Invité

eu effectivement beaucoup de choses qui se sont produites sur cet agenda américain

36:25
Locuteur

pendant

36:25
Invité

l'année 2025 mais cet agenda s'est arrêté net quand les américains ont compris que la riposte chinoise pouvait leur faire mal donc on est aujourd'hui dans une trêve et l'enjeu principal de la rencontre de Washington on pourrait dire que

36:40
Locuteur

c

36:41
Invité

'est son renouvellement pour que chacune des deux parties gagne encore un an avec bien sûr derrière la tête l'idée de devenir moins vulnérable aux mesures restrictives de l'autre partie et on entend parfois de la part de certains interlocuteurs américains quand on aura réglé notre problème d'accès aux terres rares et aux matériaux critiques et bien là on repartira on remettra un coup d'accélérateur sur le contrôle export

37:05
Locuteur

en

37:06
Invité

matière de microélectronique

37:07
Locuteur

mais

37:07
Présentateur

ce contrôle export Mathieu il est dévié alors c'est sûrement moins exact s'agissant des produits de pointe électronique mais par cette espèce de commerce triangulaire c'est à dire qu'il y a des pays relais qui servent aux exportations chinoises d'ailleurs nous autres européens en sommes les premières victimes

37:30
Locuteur

bien

37:31
Invité

sûr il y a toujours des pays tiers qui servent d'intermédiaire à l'accès mais je pense qu'il y a un effet aussi qu'il ne faut surtout pas négliger qui est celui des politiques industrielles chinoises

37:41
Locuteur

et

37:42
Invité

on le voit bien autour de l'affaire des H200 de Nvidia

37:47
Locuteur

qui

37:48
Invité

sont des GPU absolument cruciales pour le développement des modèles que le président américain a finalement autorisé à la vente et que la Chine a choisi de ne pas acheter en

38:02
Locuteur

gros

38:03
Invité

parce qu'il y

38:04
Locuteur

a

38:04
Invité

quand même des achats mais ce que la Chine cherche à faire c'est vraiment à remplacer à substituer finalement l'offre Nvidia par des capacités locales et elle le fait en partant du bas c'est à dire qu'elle n

38:16
Locuteur

'a

38:16
Invité

pas le même niveau technologique aujourd'hui mais elle a des politiques de demande très affirmées dans le domaine de la construction des centres de données

38:25
Locuteur

elle

38:26
Invité

demande que les entreprises qui les construisent achètent locales et donc elle construit une capacité à partir de la base pour avoir une taille de marché suffisante pour finalement franchir les seuils technologiques

38:37
Locuteur

qu

38:38
Invité

'elle n

38:38
Locuteur

'a

38:38
Invité

pas encore franchi aujourd'hui

38:40
Locuteur

il

38:41
Présentateur

faut dire Corentin Sénin que Donald Trump bien à sa manière avait si je ne m'abuse exigé que Nvidia étant autorisé à vendre ses semi-conducteurs de pointe à la Chine il fallait qu'une partie du profit revienne sinon à la famille en tout cas

38:59
Locuteur

au

39:00
Présentateur

budget américain mais

39:03
Locuteur

il

39:03
Présentateur

y a au sein enfin dans les rapports de force aux Etats-Unis et notamment à la veille des élections de mi-mandat il y a aussi les oligarques de la tech qui eux pèsent financièrement je crois qu'ils ont même créé un fonds dédié pour soutenir les candidats favorables à l'accélération de l'IA

39:26
Invité

oui absolument ils ont fondé il y

39:29
Locuteur

a

39:29
Invité

plus d'un an un

39:30
Locuteur

super

39:32
Invité

PAC c'est à dire une association de financement indépendante des campagnes en théorie mais qui en fait évidemment vient à leur soutien qui s'appelle Leading the Future et qui aurait déjà levé plus de 140 millions de dollars et il y a un mois ils ont doté ils ont créé une association enfin une organisation cousine qui va investir donc qui

39:53
Locuteur

s

39:53
Invité

'appelle Building American AI donc construire une intelligence artificielle américaine et qui elle a déjà promis d'investir dans les campagnes favorables à l'intelligence artificielle plus de 50 millions de dollars en particulier dans les états où il

40:11
Locuteur

y

40:11
Invité

a le plus d'élections j'allais dire disputées Kansas Ohio Michigan Wisconsin

40:15
Locuteur

et

40:17
Invité

très clairement ce qu'on est en train de voir

40:19
Locuteur

c

40:20
Invité

'est que les et donc évidemment

40:22
Locuteur

ces

40:23
Invité

organisations de financement sont abondées par

40:26
Locuteur

les

40:27
Invité

grands milliardaires de la tech et il faut le préciser des milliardaires de la tech plutôt favorables à Donald Trump Horowitz Andressen Brockman de Penel et

40:40
Locuteur

en

40:40
Invité

fait

40:41
Locuteur

ils

40:42
Invité

ont leur argument et c'est là où on rejoint notre débat un de leurs principaux arguments c'est de dire et qui est vendu clé en main aux candidats qu'ils soutiennent financièrement et de dire

40:55
Locuteur

en

40:56
Invité

construisant des data centers en laissant alors ils ne plaident pas pour une absence de régulation c'est ça où le débat a évolué ils veulent une régulation qui serait en quelque sorte amicale pour les grands constructeurs et on doit le dire dictée par les grands constructeurs ils veulent des législateurs qui seraient élus mais qui auraient des sympathies pour les grands constructeurs de modèles d'intelligence artificielle et un des arguments c'est de dire si nous n'investissons pas aujourd'hui nous allons être distancés par la Chine et on voit l'efficacité déjà de cet argent qui court dans la politique américaine puisque le sénateur du Texas bien connu Ted Cruz qui avait été un des rivaux de Donald Trump en 2016 a eu une formule qui a fait florez cette semaine il a dit mais quitte à être tué par un robot sous IA je préfère être tué par un robot sous IA américain que chinois donc voilà donc on voit bien que cet argument qu'il faudrait investir pour ne pas être distancé il pénètre le débat politique sauf que je reviens à ce que je disais tout à l'heure ce point de vue donc qui est celui de Trump également puisque Trump via son conseiller donc il a un conseiller spécial Sachs qui est vraiment lui partisan d'une régulation minimale et qui est son conseiller le plus écouté en ce domaine on voit néanmoins il y

42:17
Locuteur

a

42:17
Invité

un grand article du New York Times aujourd'hui

42:19
Locuteur

qu'à

42:20
Invité

la Maison-Blanche ce n'est pas uniforme et qu'en particulier la secrétaire générale de la Maison-Blanche donc Suzy Weiss le secrétaire au Trésor Besant eux disent attention il faut avoir un discours plus nuancé

42:36
Locuteur

ne

42:36
Invité

serait-ce que pour les mid-terms également puisque comme je l'ai dit tout à l'heure on voit bien que l'opinion publique elle est en faveur des régulations elle est craintive et que Trump choque et peut-être handicap par son point de vue trop favorable aux oligarques de la tech les candidats républicains donc il y

42:52
Locuteur

a

42:52
Invité

une discussion qui est en cours mais comme souvent on a l'impression que Donald Trump dans les prises de parole comment les qualifier sans être désordonnés quelle politesse voilà désordonnés j'allais dire radicalise le débat et vient parfois tirer contre son camp en vue des mid-terms et c'est vraiment un point très important parce que ça rejoint un autre thème de campagne ce sont des thèmes cousins

43:24
Locuteur

on

43:25
Invité

voit dans les sondages d'opinion que les électeurs sont très sensibles à l'excès de puissance des milliardaires des grands milliardaires des grands oligarques au fait qu'ils volent le pouvoir au peuple et d'ailleurs donc c'est très intéressant je finirai là-dessus hier

43:42
Locuteur

plusieurs

43:43
Invité

organisations progressistes de la gauche progressiste ont invité tous les candidats démocrates à refuser les donations de leading the future donc le fameux super pack des oligarques de la tech pour en quelque sorte dresser une frontière

43:58
Locuteur

entre

43:59
Invité

les candidats qui refusent l'argent des milliardaires de la tech et l'argent en particulier des géants de l'intelligence artificielle et ceux qui ne le font pas et ça ça peut être un argument extrêmement populaire dans le contexte actuel politique aux Etats-Unis

44:12
Locuteur

Julien

44:13
Présentateur

Nocetti si on essaie de rapatrier le débat sur notre continent

44:18
Locuteur

en

44:19
Présentateur

Europe bon nous sommes quand même assez largement absents en tout cas en tant qu'acteurs principaux et en fait on vit nos entreprises vivent dans une double dépendance par rapport aux Etats-Unis

44:36
Locuteur

et

44:37
Présentateur

par rapport à la Chine néanmoins ce que nous savons faire en tout cas ce que l'Union Européenne sait faire

44:43
Locuteur

c

44:44
Présentateur

'est de la régulation

44:46
Locuteur

est

44:46
Présentateur

-ce qu'il pourrait y avoir des initiatives

44:50
Locuteur

dans

44:50
Présentateur

ce sens

44:52
Locuteur

alors

44:52
Invité

effectivement l'Union Européenne est souvent mise en avant par sa capacité à imposer des normes des régulations diverses et variées dans le champ numérique et sur l'IA en particulier avec d'ailleurs la continuation de la mise en application de l'AI Act qui n'est pas achevée qui doit se poursuivre jusqu'au printemps 2027 si les choses se passent comme envisage au départ mais juste pour revenir rapidement sur cet agenda qu'on évoquait de la sécurité de l'IA au sens large là il y

45:25
Locuteur

a

45:25
Invité

un enjeu très immédiat pour les Européens il y a un enjeu très immédiat de coordination d'obtention de garantie sur des délais sur l'accès à certains modèles avec aussi des processus de vérification entamés sur l'entraînement des modèles de langage tout particulièrement et ça c'est pas un enjeu qui est mineur en fait parce qu'une fois que c'est acté entre partenaires européens alors ça ça prendra vraisemblablement moins la forme de débats et d'initiatives de l'Union Européenne telle qu'elle mais plutôt de partenaires on peut imaginer des coalitions d'intérêts entre le français allemand hollandais etc.

sur justement comment essayer de se coordonner pour accéder à des modèles qui effectivement présentent certains risques qu'on a pu rapidement évoquer et puis aussi s'entendre sur quel type de seuil quel type de risque acceptable aussi on parle et sur quoi se mettons d'accord et là pour basculer sur le champ industriel et technologique en Europe il y a peut-être d'autres leviers pour éviter tout pessimisme parce que c'est forcément toujours très tentant de mettre le doigt là où ça fait mal pour les Européens et

46:42
Locuteur

c'est

46:42
Présentateur

très français

46:43
Invité

et c'est aussi très français par ailleurs mais il

46:46
Locuteur

y

46:46
Invité

a quelques acteurs de pointe je pense inévitablement à ASML donc l'acteur néerlandais qui est un des grands choppont un des grands des grands goulets d'étranglement dans toute la chaîne de valeur des semi-conducteurs d'IA et qui elle-même en fait l'entreprise fait intervenir d'autres entreprises de pointe en Europe et qui ne sont pas forcément très connues du grand public alors il y

47:10
Locuteur

a

47:10
Invité

Zeiss l'acteur suisse qui est peut-être plus connu pour son optique pour les lunettes ou dans la photographie mais qui intervient de façon très critique pour l'optique pour la lithographie donc ce que fait ASML pour la fabrication de ces puces ou alors l'allemand Trump qui intervient dans des technologies de laser très utiles là aussi dans cette chaîne de valeur de l'IA donc il y

47:35
Locuteur

a

47:35
Invité

quand même tout un tissu de pointe une nouvelle fois qui pourrait être mobilisé pour essayer de faire comprendre à certains moments de tensions ou de vindictes chinoises ou américaines que ça suffit que nous européens sommes capables à certains moments de vous poser problème parce qu

47:53
Locuteur

'on

47:53
Invité

maîtrise certaines technologies ce qui ne serait pas votre cas et vous avez besoin de nous donc il y

47:59
Locuteur

a

47:59
Invité

aussi un enjeu de faire comprendre quel type de dépendance inversée aussi on a devant nous et ce n

48:04
Locuteur

'est

48:04
Invité

pas du tout un sujet mineur une nouvelle fois pour essayer aussi de renverser la tendance sur une Europe qui ne saurait que réguler ce qui n'est quand même pas toujours le cas bien sûr pour éviter toute toute en

48:18
Locuteur

tout

48:19
Présentateur

cas c'est la France d'après ce qu'on a appris hier qui a pris l'initiative d'inviter Sam Altman donc le patron d'OpenEI au conseil de sécurité des Nations Unies mercredi prochain donc en marche de l'Assemblée Générale qui est annuelle qui vient de commencer on se rappelle d'ailleurs que le président de la République avait invité le même Altman à Evian au G7 Julien cela veut dire que voilà on essaie là aussi d'intervenir dans ce débat au niveau des deux protagonistes principaux l'américain et

48:59
Locuteur

le

48:59
Présentateur

chinois

48:59
Locuteur

tout

49:00
Invité

à fait il y a une forme d'équidistance à conserver ce qui est un jeu équilibriste très clairement dans ce champ de l'IA sachant que la position française depuis quelques années est et reste fondée sur l'idée plutôt de mettre l'accent sur les bénéfices de l'IA et là on se prend en pleine figure l'enjeu des risques existentiels avec un discours catastrophiste qui n'est pas dénué on l'a rappelé derrière pensée commerciale mais au fond ce qu'il faudrait peut-être faire et ce sera peut-être fait dans les jours ou les semaines qui viennent c'est aussi de mettre l'accent sur des risques avérés déjà documentés qui vont au-delà des seuls risques systémiques et ça ces risques avérés de l'IA on les connaît tous ce sont des biais ou des erreurs dans des décisions qui touchent de vraies personnes c'est des enjeux de dépendance technologique croissante de nos entreprises et de nos états des technologies soit américaines ou soit chinoises c'est aussi l'exploitation de ressources de travailleurs tout au long de cette chaîne de valeur de l'extraction des minerais dont parlait Mathieu Duchetel à la préparation des données d'entraînement pour les modèles d'open-IA et consorts et ça c'est évidemment c'est peut-être moins symbolique dans les arènes internationales de négociations mais ça n'est pas moins concret pour tout un chacun donc il

50:21
Locuteur

y a

50:21
Invité

peut-être aussi un enjeu à terme de rééquilibrage aussi des sujets de débat et c'est tout l'enjeu de cette fameuse gouvernance mondiale de l'IA qui est souhaitée par beaucoup et qui voilà et évidemment pas forcément souhaitée par les acteurs américains et chinois pour de multiples raisons

50:39
Locuteur

et

50:39
Présentateur

il faut rappeler bien sûr le texte tout à fait important du pape la France entière se prépare à accueillir Léon XIV dans quelques jours donc cet encyclique magnifica humanitas et d'ailleurs le franciscain Paolo Benanti qui est l'un je crois des conseillers du pape en la matière a été invité par le roi d'Angleterre

51:03
Locuteur

comme

51:03
Présentateur

quoi le débat en Europe touche tous les milieux donc Charles qui dans un château écossais bien sûr a invité ce père franciscain Benanti et aussi le patron d'Envidia Jensen Huang pour discuter des enjeux de l'intelligence artificielle Mathilde Veillet on arrive à la conclusion très provisoire de cette discussion mais ce qui est frappant c'est en fait l'accélération de ce qu'il est convenu d'appeler maintenant le narratif enfin le récit un récit forcément mondialisé en tout cas entre pays riches et

51:47
Locuteur

jusqu

51:48
Présentateur

'à quel point peut-on contrôler en fait à la fois le vocabulaire les concepts les retombées

51:55
Locuteur

d

51:56
Présentateur

'un tel récit qui dépasse forcément le niveau des experts dont vous faites partie tous les quatre

52:04
Locuteur

le

52:05
Invité

récit je pense que tout le monde se saisit du sujet la difficulté effectivement c'est de réussir à maintenir l'expertise technique au coeur de ça surtout dans la mesure où les entreprises qui ont cette expertise technique ne sont pas toujours amenées à être totalement transparentes puisque toute réglementation aurait bien sûr un impact sur leur propre modèle

52:26
Locuteur

et

52:27
Invité

c'est pour ça qu'il y

52:27
Locuteur

a

52:27
Invité

un effort de la part de beaucoup de pays et je pense qui mérite d'être accentué pour essayer de créer des agences d'évaluation des risques des modèles d'IA etc de faire des partenariats entre pays sur la question

52:40
Locuteur

et

52:41
Invité

je pense qu'en tout cas le narratif qui vraiment mérite d'être nuancé parce qu'à mon avis il n'est pas très éclairant c'est celui d'une course à l'IA en particulier d'une course à l'IA entre les Etats-Unis et la Chine puisque en fait il n'y

52:54
Locuteur

a

52:54
Invité

pas de ligne d'arrivée déjà d'une part donc par rapport à la course à la lune par exemple on avait une ligne d'arrivée

53:00
Locuteur

assez visible au moins la moitié de la journée

53:04
Invité

exactement là la ligne d'arrivée elle est très floue et ça pose la question des applications et de comment est-ce qu'on va réussir à mesurer finalement qui est le premier ou et en plus ce n

53:15
Locuteur

'est

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Invité

pas une image très éclairante parce que c'est une course dans laquelle les joueurs se tiennent tous un peu la main mais

53:20
Locuteur

vous remarquez que je ne l'ai pas employé

53:22
Invité

mais absolument je vous en remercie mais je pense que comme aujourd'hui c'est justement un des éléments structurants du narratif il mérite d'être nuancé parce qu'aujourd'hui même entre les grands acteurs finalement au sein d'un pays mais même au niveau international il y a de la distillation donc effectivement des effets d'interdépendance entre les uns et les autres on a même vu dans un rapport récent que certains modèles chinois en particulier le modèle de Kimi redirigeaient certaines de ces demandes vers Claude sans l'affirmer sans être transparent sur ça on va dire auprès des utilisateurs ce qui a d'ailleurs posé un petit problème pour les agents de sécurité chinois qui avaient utilisé un modèle

54:02
Locuteur

qui

54:03
Invité

pensait être chinois et qui finalement avait été redirigé

54:05
Locuteur

vers

54:06
Invité

un modèle américain donc avec des concepts non marxistes l'hélice voilà et surtout avec une possibilité pour derrière les renseignements américains d'avoir accès à tout ce qu'avaient demandé ces agences de sécurité chinoises donc évidemment c

54:21
Locuteur

'est ça

54:21
Présentateur

qui est

54:21
Invité

extraordinaire c'est la porosité générale oui oui absolument et puis il y

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Locuteur

a

54:26
Invité

des effets de circularité vraiment intéressants on parlait tout à l'heure de la campagne contre les data centers aux Etats-Unis il y a des hackers chinois ou des agences de sécurité chinoises qui ont utilisé les modèles d'OpenAI pour mener des campagnes de désinformation contre OpenAI aux Etats-Unis donc on voit qu'il y

54:46
Locuteur

a

54:46
Invité

vraiment un effet d'interdépendance qui n'est pas vraiment éclairé par cette notion de course et il y

54:54
Locuteur

a

54:54
Invité

même d'ailleurs beaucoup d'entreprises américaines qui utilisent des modèles chinois dans certaines alors c'est pas facile de savoir exactement combien mais dans les plateformes qui donnent accès à plein de modèles différents il y avait 40% des entreprises américaines qui faisaient appel à des modèles chinois donc je pense qu'il y a une porosité aussi entre tous ces écosystèmes qu'il faut bien comprendre pour réussir à avoir une vision claire et

55:16
Locuteur

c

55:16
Invité

'est pour ça que je vous remercie de ne pas avoir

55:17
Présentateur

utilisé mais précisément et on en terminera là-dessus mais ce sera bien évidemment au cœur de nouvelles discussions

55:27
Locuteur

en

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Présentateur

termes d'imprégnation des opinions publiques

55:31
Locuteur

ça

55:32
Présentateur

devient extrêmement difficile pour le profane de s'informer enfin d'essayer de comprendre encore une fois jusqu'où l'intelligence artificielle de tous bords fabrique des formes trompe enfin

55:50
Locuteur

oui

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Présentateur

invente des informations des notions

55:55
Locuteur

oui après on

55:56
Présentateur

a

55:56
Invité

été capable de s'adapter aux réseaux sociaux et puis avant ça à

55:59
Locuteur

l'invention de la presse

56:00
Invité

écrite effectivement mais en tout cas je veux dire on est capable de s'adapter en termes de réglementation et même en termes de fonctionnement de la société donc en cela je ne sais pas si ça sera l'usage le plus plus changeant pour les opinions publiques je pense qu'il y a plutôt une question de risque à toutes les échelles comme on l

56:19
Locuteur

'a

56:19
Invité

évoqué à travers toutes les missions en matière de cybersécurité en matière de sûreté de

56:24
Locuteur

l

56:24
Invité

'IA de manière générale en matière d'enjeux pour le monde de l'éducation pour le monde du travail qui seront peut-être encore plus définissants

56:32
Locuteur

et

56:33
Présentateur

donc il serait peut-être temps au moment où plusieurs pays européens commencés par le nôtre plongent déjà dans les campagnes électorales il serait peut-être temps que les candidats et ils sont nombreux s'emparent de ces sujets

56:50
Invité

absolument parce que je pense que c'est crucial à la fois au niveau de la société et au niveau international parce que on l'a rappelé ça va poser des gros enjeux de dépendance technologique et je pense qu'il faut vraiment faire l'effort pour les candidats de ne pas se réfugier derrière le saint patron de la souveraineté numérique qui est en réalité c'est un peu un mot par avant qui cache beaucoup d'arbitrages difficiles qu'il va falloir faire pour les européens entre avoir accès aux modèles américains qui vont permettre de développer notre cybersécurité ou essayer d'être indépendant pour ne pas être vulnérable à la coercition économique par exemple

57:26
Locuteur

et

57:26
Invité

donc ça va être toute une série d'arbitrages qui sont vraiment cruciaux et je ne peux qu'inviter les candidats effectivement à s'en saisir et en profondeur

57:34
Locuteur

merci

57:35
Présentateur

merci infiniment à vous quatre Mathilde je rappelle que votre thèse sur sécurisation et arsenalisation la fabrique

57:44
Locuteur

des

57:45
Présentateur

politiques américaines de protection des technologies stratégiques face à la Chine vous avez reçu le prix de l'IHEDN cette année deux prix d'ailleurs l'IHEDN et l'association des études pour la guerre et la stratégie bravo Corentin Sénin vous allez faire paraître dans 15 jours les Etats-Unis et l'international 250 ans entre isolationnisme et impérialisme aux éditions du Cavalier Bleu et je rappelle vos excellentes contributions au site Le Jour Julien Nocetti vous avez publié au PUF dans la collection Que sais-je un précis sur les GAFAM c'est sorti en mars de cette année et Mathieu Duchâtel je rappelle votre analyse Paris sur le site de l'Institut Montaigne il y a quelques jours dominer l'escalade pour neutraliser l'Europe le Paris de la Chine voilà à la réalisation ce matin je remercie Luc-Jean Reynaud à la technique Nicolas Le Roulet

58:49
Locuteur

Théa

58:50
Présentateur

Corlaire

58:51
Locuteur

m

58:51
Présentateur

'a aidé à préparer cette émission ainsi que la documentation de Radio France et Patricia Murat et maintenant il est midi nous sommes samedi voici les carnets de santé de Marina Carrère en course

59:03
Locuteur

à

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Présentateur

samedi prochain et très bon week-end

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Locuteur

de la

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Présentateur

Chine de

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Locuteur

la Chine