Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 2 novembre 2021 25 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & familleNumérique

Gaspard Koenig : "On est un pays très jacobin, très vertical, où l'État ne fait pas confiance aux citoyens"

Source d'origine 4 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:01OuverteRéponse directe

    Que vous ont dit les Français que vous avez rencontrés, et surtout, de quoi en ont-ils marre ?

  • 5:16OuverteRéponse directe

    Comment expliquez-vous cet amour, cette passion, cette furie française pour l'administration ?

  • 8:09OuverteRéponse directe

    Expliquez-nous comment comptez-vous vous y prendre, comment on procède au grand écarissage ?

  • 10:27RelanceRéponse directe

    Si on prend un sujet brûlant du monde contemporain, l'environnement, êtes-vous certain que sur ce sujet-là, la simplification soit la bonne solution ?

  • 16:03OuverteRéponse directe

    Alors dites-nous, ce parti politique que vous avez créé, simple, qu'est-ce que c'est exactement ? Est-ce que c'est un parti pour 2022 ? Est-ce que vous êtes candidat à la présidentielle Gaspard Koenig ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:19InvitéFait
    « Vous savez, Pompidou a dit fameusement « Arrêtez d'emmerder les Français ». La suite de la citation est intéressante. Laissez-les vivre un peu et vous verrez que tout ira mieux. »
  • 4:48InvitéChiffre
    « Les formulaires du RSA pour les plus démunis sont des chefs-d'œuvre de complexité, de sorte que deux tiers des gens éligibles à cette allocation minimum ne la demandent pas ou ne peuvent l'obtenir. »
  • 7:21InvitéChiffre
    « on estime aujourd'hui que le coût de la suradministration en France, c'est 3% du PIB. »
  • 15:50InvitéFait
    « Un système fiscal simple tel que nous le proposons avec une formule de revenu universel, vous avez d'un côté un crédit d'impôt universel et de l'autre côté un impôt proportionnel sur l'ensemble des revenus du travail comme du capital, c'est quelque chose auquel que tout le monde peut comprendre donc que tout le monde peut vérifier. »
  • 16:42InvitéFait
    « Même Emmanuel Macron qui était d'inspiration libérale, non ? Alors il y a eu un petit espoir au début de son quinquennat mais il me semble que la suite a très vite montré que Macron a d'abord recentralisé les structures administratives en France, ensuite fait pratiquer un pouvoir très autoritaire et la multiplication des états d'urgence le montre. »
  • 23:21InvitéPromesse
    « je suis favorable à un revenu universel qui sera à peu près sur ces montants et qui sera donné sans aucune condition »

Temps de parole

  • Invité67 %
  • Présentateur16 %
  • Invité 213 %
  • Auditeur3 %

2,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin un écrivain, romancier, essayiste. Avec Nicolas Gardère, il publiera « Simplifions-nous la vie ! » point d'exclamation aux éditions de l'Observatoire dans quelques jours, le 17 novembre prochain. Questions et réactions, amis auditeurs, au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Bonjour Gaspard Koenig. Bonjour. Bonjour. Et merci d'être à notre micro aujourd'hui. Pour nos auditeurs qui vous connaîtrez peu ou mal, vous êtes un penseur, on va dire, d'inspiration libérale, voire libéral-libertaire, un penseur qui va peut-être entrer en politique, vous nous le direz.

Vous avez en tout cas créé un parti qui s'appelle « Simple ». Dans le livre « Apparaître », dont je mentionnais le titre, vous racontez que pendant trois mois, de juin à octobre cette année, vous êtes parti, carnet de notes en main, à la rencontre des Français, de fermes en salles des fêtes, de conseils municipaux en syndicats d'artisans, de réunions publiques en chantiers de construction. Alors dites-nous, que vous ont dit les Français que vous avez rencontrés, et surtout, de quoi en ont-ils marre ?

1:07
Invité

Mon intuition, que j'ai développée lors d'un précédent voyage, quand j'ai traversé, alors cette fois c'était l'année dernière, la France à cheval et que j'ai été hébergé chez l'habitant, c'est que les gens en ont marre d'énormes. Vous savez, Pompidou a dit fameusement « Arrêtez d'emmerder les Français ». La suite de la citation est intéressante. Laissez-les vivre un peu et vous verrez que tout ira mieux. Ce sujet, on le connaît à Paris, ça s'appelle l'inflation normative, il y a toutes sortes de rapports du Conseil d'État, le think tank que j'ai fondé, Génération Libre, a lui-même publié un rapport pour la simplification normative, etc.

Mais au fond, c'est un sujet qui concerne assez peu l'élite politico-médiatique dans sa chair. Parce que quand on a un bon statut, qu'on a des bons amis, qu'on a un peu d'argent, on s'en sort de la complexité, voire on en profite et on la retourne à son avantage. Ce que j'ai constaté sur le terrain, c'est que les gens, le soir à table, quand on ne les lance pas sur un sujet en particulier, de quoi parle-t-il ? C'est quoi qui les empêche de dormir ?

C'est tel article du Code rural, telle descente de la police de l'eau en armes sur le territoire de la ferme, telle difficulté avec la DREAL, avec la DDT, avec ces milliers de sigles qui, aujourd'hui, peuplent les rêves et les cauchemars des Français. Et c'est quelque chose qui est vital pour beaucoup d'entre eux. Vous rencontrez des gens qui abandonnent, qui ont 50 lettres marquées République française, non ouvertes, sur le siège passager de leur utilitaire, et qui vous disent, moi je ne peux plus, j'abandonne, je ne peux pas faire, et mon métier, et ça.

Vous avez des gens qui renoncent, vous avez des plombiers chauffagistes qui disent, nous, on arrête avec les chaudières, c'est trop de formulaires serfas, on va faire des salles de bain. Et donc, en fait, c'est quelque chose qui envahit la pensée de tous les Français. Vous écrivez, chaque conversation nous révélait une colère enfouie et des plus mesquines irritations aux plus révoltantes tragédies. Chaque journée nous apportait son lot de sigles nouveaux et d'acronymes imprononçables. Nous en sortions épuisés, nous cauchemardions de formulaires serfas, d'inspecteurs de la DDT, de la DREAL, de la DDC-SPP, de la DDTM, de la DGCC-RF. Mais qu'est-ce que c'est tout ça ?

Vous parlez même de la hantise serfade. Vous avez même créé un verbe, le serfaté. Oui, alors ça, je l'ai entendu de la bouche de mes interlocuteurs, et j'avais mon petit carnet. On avait ces discussions où c'était un peu comme les alcooliques anonymes. Je révenissais 15 personnes autour d'une table. C'était des petits maires, des commerçants, des réunions publiques. Et on prenait 2-3 heures pour parler de ça. Et au début, les gens se regardaient un peu en chien de faïence. Puis il y en avait un qui disait, ah oui, mais parlons quand même des nouvelles normes sur les pièges aragondins.

Et l'autre qui disait, ah oui, puis maintenant, il faut faire une déclaration en mairie pour changer sa clôture, quand on est agriculteur. Et puis, après, on ne pouvait plus les arrêter. Chacun avait son histoire. Et à chaque fois, je notais plein de sigles. Parce que profession par profession, vous avez des sigles différents. Et je me les faisais expliquer, je me les faisais traduire. Au fond, chacun parle dans son idiome, chacun serfate à sa manière. Et à la fin des réunions, je leur disais, mais vous savez, tous ces sigles, vous ne devriez pas avoir à les connaître. Vous ne devriez pas avoir à connaître ce qui est sous le capot de l'administration.

Parce que l'administration, elle est à votre service. Or, aujourd'hui, cette suradministration, ce qu'elle entraîne, c'est une défiance très forte des Français vis-à-vis de la police et de l'administration. Des honnêtes gens qui veulent juste faire leur métier, vivre leur vie, participer dans des assos, tranquillement, et qui se retrouvent à devoir se justifier en permanence. Vous savez, il y a des histoires particulièrement tragiques. Vous avez des gens, par exemple, dont la fille est née 100 pouces. Voilà, c'est un handicap. Et qui, tous les deux ans, doivent justifier auprès de l'administration que leur fille est toujours handicapée, c'est-à-dire que le pouce n'a pas repoussé.

Et donc, c'est des choses qui sont intrusives, qui sont parfois anecdotiques, mais qui sont parfois fatales. Les formulaires du RSA pour les plus démunis sont des chefs-d'œuvre de complexité, de sorte que deux tiers des gens éligibles à cette allocation minimum ne la demandent pas ou ne peuvent l'obtenir.

4:59
Présentateur

Gaspard Koenig, la suradministration française n'est pas nouvelle. Vous citez Montaigne. Nous avons en France plus de lois que tout le reste du monde ensemble et plus qu'il n'en faudrait pour régler tous les mondes d'épicure. Voilà ce qu'écrivait Montaigne. Comment expliquez-vous cet amour, cette passion, cette furie française pour l'administration ?

5:22
Invité

Je pense qu'il y a tout un paradigme derrière cela et que c'est pour ça que l'inflation normative, ce n'est pas uniquement une affaire de paperasse, ce n'est pas quelque chose qu'on peut résoudre simplement. C'est une véritable manière de fonctionner pour notre pays qui reste un pays très jacobin, très verticale, où encore une fois, l'État ne fait pas confiance aux citoyens et donc multiplier la norme, c'est essayer d'engoncer les gens dans ce que Weber appelait une cage d'acier et au fond, c'est les contrôler. C'est exercer un rapport de pouvoir. Et qui pousse pour la norme ? Ce sont bien souvent les lobbies des grandes entreprises. Parce qu'une grande entreprise bénéficie la norme.

Elle a son département de compliance, la grande municipalité a son cabinet d'audit, le contribuable aisé à son avocat fiscaliste qui permet d'en tirer profit, d'éliminer la concurrence. Et ceux qui en pâtissent, c'est les petits. Donc c'est un rapport de pouvoir et c'est comme ça qu'il faut le prendre, c'est comme ça qu'il faut le dénoncer. Ça va bien au-delà de la question de la paperasse. Mais vous le lire justement, pardon, on a l'impression que l'ennemi public numéro un des Français quand vous allez chez eux, c'est cette paperasse, c'est le formulaire CERFA, c'est tous ces acronymes.

En même temps, quand on regarde les sondages d'opinion, on voit que les préoccupations numéro un à six mois de la présidentielle, c'est plus le pouvoir d'achat, le prix de l'énergie, c'est plus l'immigration ou les frontières. Vous êtes vraiment sûr que la bureaucratie, je ne vois pas en tout cas l'item CERFA arriver dans les sondages d'opinion ? Je pense que c'est parce qu'on pose mal les questions. Ensuite, c'est mon intuition et c'est bien pour ça que j'ai fondé ce parti simple. C'est pour la vérifier et c'est pour quelque part la mettre aux voix des Français. Dites-moi si oui ou non, j'ai raison sur ce thème. Ensuite, je pense que c'est une chose de poser une question à quelqu'un.

Est-ce que vous vous sentez abandonné ? Est-ce que l'immigration est un problème ? Est-ce qu'il y a de l'insécurité ? C'est autre chose d'aller chez lui, comme j'ai fait, de rester longuement dans sa famille, d'assister au dîner et de voir les problèmes qui ressortent naturellement, sans qu'on pose de questions. Et c'est là qu'apparaissent ces questions. Et par ailleurs, tout est lié. Parce que vous parlez du pouvoir d'achat, on estime aujourd'hui que le coût de la suradministration en France, c'est 3% du PIB. Peu importe au fond les questions de croissance.

Mais ce qui est certain, c'est que si vous libérez l'espace d'initiative qu'ont les gens, je pense que vous allez créer tout simplement du bonheur, parce que les gens vont se sentir plus libres, vont pouvoir faire des choses qu'auparavant ils n'osaient pas, parce qu'ils se disent « Ah oui, mais là, je ne sais pas, il va falloir demander à quelqu'un, il va falloir demander une autorisation, il va falloir remplir un formulaire. » Et les activités les plus simples y sont soumises aujourd'hui. Et bien sûr, vous allez créer de l'activité, parce que vous allez renforcer en fait toute cette myriade de petits, d'indépendants qui font la vigueur d'une économie.

7:58
Présentateur

Vous proposez, Gaspard Koenig, une solution drastique. Vous voulez faire maigrir le droit, le cantonner à l'essentiel, en divisant par 100 le nombre de normes applicables. Expliquez-nous comment comptez-vous vous y prendre, comment on procède au grand écarissage ?

8:15
Invité

Alors, c'est pour ça que j'ai travaillé avec des juristes, des juristes de droit public, et quand nous faisions ce grand pèlerinage en France autour de la bureaucratie, tous les lundis, on avait une séance où l'on prenait, disons, on regardait un peu la pêche de la semaine, et puis on essayait d'en tirer certaines conclusions. Et notre conclusion, c'est qu'on ne pourra rien faire si on continue à faire des comités de la hache, des comités de simplification, parce que ça, il y en a un à chaque quinquennat.

C'est ce que j'allais vous dire, vous les citez d'ailleurs, VGE qui parlait de la marée blanche de la paperasse, François Mitterrand qui promettait d'éliminer ce qui n'est pas indispensable, Jacques Chirac qui s'engageait à simplifier la vie indispensable, je dis n'importe quoi, à simplifier la vie administrative, à simplifier la vie indispensable, où j'ai fait ce la fuce débile. Nicolas Sarkozy qui dénonçait la complexité qui est partout, François Hollande qui voulait déclencher un choc de simplification, et Emmanuel Macron qui expliquait qu'il se battait pour la simplification depuis le début, qu'il se bat pour la simplification depuis le début.

Alors il y a trois choses, d'abord il faut en faire un projet matriciel politiquement, et dire c'est pas qu'on aura fait tout le reste, les grandes réformes de structure, les grands plans de transformation, que par ailleurs on va simplifier, parce que oui il y a trop de papier.

Il faut dire que c'est un projet de société, la simplification, qui retourne au fond la charge de la preuve, qui considère que le plus petit maillon de la chaîne, que ce soit l'individu, la petite entreprise ou la petite collectivité, est capable de prendre les meilleures décisions pour elle-même, et qui propose ensuite une méthode extrêmement radicale, et au fond beaucoup plus radicale que tous les programmes dont on entend parler aujourd'hui. Cette méthode radicale, nous l'empruntons à un juriste français, Portalis, parce que nous l'avons déjà fait dans notre histoire, cette simplification.

Rappelez-vous que dans les cahiers de doléances à la Révolution française, la question de la complexité du droit féodal revient beaucoup, les gens ne savent plus à quelle juridiction s'adresser. Et en 1804, Napoléon dit à une bande de juristes, dont ce Portalis, vous allez me mettre tout ça à plat, à droit constant, c'est-à-dire on ne va pas changer les droits, les obligations, la manière dont la société fonctionne. C'est pas la même France. Et ça donne le code civil. Et ça donne le code civil, 2000 principes, écrits en bon français, et Portalis dit très bien dans son introduction au code civil, c'est à la loi de s'adapter aux hommes et pas aux hommes à la loi.

Et il dit aussi, simplifier, c'est faire confiance, simplifier, c'est aussi accepter l'incertitude et le risque.

10:25
Présentateur

Si on prend un sujet brûlant du monde contemporain, l'environnement, êtes-vous certain que sur ce sujet-là, la simplification soit la bonne solution ? La réduction des gaz à effet de serre, le fonctionnement d'un marché carbone, le concept d'écocide. Sur tous ces sujets ultra-techniques, ne faut-il pas des règles, des normes ? Comment concilier l'amaigrissement normatif et l'urgence climatique ? C'est une question que pose un auditeur sur l'application de France Inter également. Avec moins de normes, n'aurions-nous pas un monde encore pire avec la loi du plus fort qui est aussi souvent celle du plus pollueur ?

11:03
Invité

D'abord, il est vrai que la loi libère et que la liberté opprime. Mais l'excès de loi réintroduit l'arbitraire. Et dans des systèmes extrêmement complexes, encore une fois, c'est le plus fort qui en tire avantage. Ensuite, aujourd'hui, s'agissant de l'environnement, vous pouvez précisément prendre des mesures protectrices de l'environnement qui soient simples. Et au fond, c'est aujourd'hui la complexité de la norme environnementale qui permet de trouver la faille. Un prix carbone, je suis désolé, mais c'est extrêmement simple. Moi, j'y suis très favorable. Ce que disait votre invitée précédente sur le droit des animaux et l'interdiction de l'élevage intensif. Moi, j'y suis favorable.

Et c'est quelque chose d'extrêmement simple, justement. Et l'écologie, à partie liée à la simplicité, Thoreau, qui écrit Valden, ce philosophe américain qui part dans les bois et qui vit dans la nature, il dit bien simplifier, simplifier, simplifier. c'est son leitmotiv. Et le rapport que nous entretenons avec la nature quand nous plongeons dans les écosystèmes est un rapport qui est non-médié, qui est simple, justement. Avant d'entendre un auditeur, je vais vous lire deux réactions d'auditeurs. Vous suscitez le débat, en tout cas. Leïla, en tant que directrice comptable, je confirme la pollution administrative de la France.

C'est moi qui m'occupe de tout, de mes parents, de ma famille, comment s'en défaire. Et ça, c'est quelque chose que vous montrez dans votre livre, c'est que cette ultra-bureaucratie est sexiste parce que c'est souvent les femmes qui se tapent le boulot. Absolument. Alors ça, c'est un constat empirique. Il faudrait trouver des chiffres derrière ça. Mais dans les couples d'artisans ou d'agriculteurs, c'est toujours, si vous voulez, enfin à 95%, le monsieur qui dit « Oh, moi je craque, j'en ai marre, je ne réponds plus, je jette ça au panier. » Et la dame qui va ramasser les papiers en disant « Non, non, attends, un peu de patience.

» Et qui finalement finit six heures par jour derrière son ordinateur et dont le métier devient d'être la fonctionnaire d'elle-même si vous voulez. Et ça peut être la femme, ça peut être la sœur, ça peut être l'épouse. Vous avez toujours une dame et quelque part, c'est un sujet féministe en ce sens, la simplification. A contrario, vous avez Christian toujours sur la pied d'inter. Le mouvement de Gaspard Koenig s'appelle « Simple » ou « Simpliste ». C'est juste une nouvelle appellation du poujadisme ou une tentative de récupération des gilets jaunes. Vous lui répondez quoi ? Moi, je ne récupère rien du tout. C'est ce que j'ai vu sur le terrain.

Et effectivement, beaucoup de gens à qui je parlais, qui m'hébergeaient étaient soit gilets jaunes, soit sympathisants des gilets jaunes. Et je pense, en effet, que le mouvement des gilets jaunes est né en grande partie d'une norme de plus. Et si vous voulez, on entraîne peu à peu le pays dans une sorte de douce anarchie parce que quand on en rajoute une, les gens ne respectent plus rien. Et il se trouve un petit interstice dans lequel ils arrivent à vivre discrètement et où au fond, l'état de droit perd son sens. Au standard,

13:42
Présentateur

c'est Paul qui nous attend. Bonjour et bienvenue. Oui, bonjour. On vous écoute.

13:47
Locuteur non identifié

En définitive, ne s'agit-il pas simplement une question de personnel parce que moins il y a de personnes dans l'administration et plus elles fonctionnent mal.

13:54
Présentateur

Merci Paul pour cette remarque.

13:56
Invité

Gaspard Koenig. Je veux dire clairement que je ne suis pas pour la réduction comptable du nombre de fonctionnaires. Je pense que les fonctionnaires peuvent être très utiles. D'ailleurs, on a beaucoup de témoignages sur notre site de fonctionnaires de terrain, policiers, infirmiers, infirmières, profs qui souffrent même de la suradministration. en haut de l'échelle de la fonction publique, il n'y a pas un conseiller d'État qui ne vous dit pas que trop de droits tuent le droit. Vous ne voulez pas réduire le nombre de fonctionnaires ?

Non, mais je pense que simplement quand on réduira le nombre de normes, nous ce qu'on propose dans le livre, c'est de créer des maisons du citoyen qui sont des sortes de Supermaison France Service où on remet justement les fonctionnaires sur le terrain où les gens peuvent venir avec leurs problèmes et où surtout au plus petit échelon le fonctionnaire a un pouvoir de décision pour dire ben là oui, je valide votre schéma, vous dites que vous voulez fonder, je ne sais pas, une ferme auberge par exemple, aujourd'hui c'est incroyablement compliqué, l'auberge doit être en SRL, la ferme en GEC, l'un refacture sur l'autre, c'est l'enfer.

Bon, et ben là, vous arrivez avec votre dossier, vous dites moi je compte faire ça, ça, ça, payez tant d'impôts et ces gens qui seront à votre service vous diront, vous valideront ou pas le schéma et ça vaudra rescrit administratif. Eric, dans le Var, au Standard Inter, bonjour.

15:08
Auditeur

Bonjour, j'ai une question pour votre invité. Faire simple dans un monde compliqué, ce n'est pas un emplâtre sur une jambe de bois, si je prends l'exemple des Pandora Papers, vous savez, 1300 milliards d'évasion fiscale, quelle serait la simplification pour que ça s'arrête ?

15:23
Présentateur

Merci Eric pour cette question,

15:24
Invité

Gaspard Koenig vous répond. Ah ben, c'est très simple, le droit fiscal, la complexité du droit fiscal est un bonheur pour les gens qui ont le plus d'argent. Rappelez-vous que Xavier Niel expliquait que la France est un paradis fiscal parce que plus vous avez un système complexe, plus votre avocat fiscaliste peut vous trouver une niche dans laquelle vous pouvez tout à fait légalement échapper à l'impôt.

Un système fiscal simple tel que nous le proposons avec une formule de revenu universel, vous avez d'un côté un crédit d'impôt universel et de l'autre côté un impôt proportionnel sur l'ensemble des revenus du travail comme du capital, c'est quelque chose auquel que tout le monde peut comprendre donc que tout le monde peut vérifier.

16:03
Présentateur

Alors dites-nous, ce parti politique que vous avez créé, simple, qu'est-ce que c'est exactement ? Est-ce que c'est un parti pour 2022 ? Est-ce que vous êtes candidat à la présidentielle Gaspard Koenig ?

16:13
Invité

Alors d'abord, j'ai fondé un parti effectivement et pas un think tank parce que ça fait dix ans que je suis engagé dans le débat public et que j'en ai un peu assez de murmurer à des oreilles bouchées. Vous vous rappelez ce que disait Staline à propos du Vatican, combien de divisions ? Eh bien moi aussi pour peser maintenant, j'ai envie d'avoir des divisions. Je sens bien que les thèmes que je porte de liberté ont un écho dans la population, dans les médias également, mais aucun dans la sphère politique où l'ensemble des partis restent extrêmement autoritaires, interventionnistes. Même Emmanuel Macron qui était d'inspiration libérale, non ?

Alors il y a eu un petit espoir au début de son quinquennat mais il me semble que la suite a très vite montré que Macron a d'abord recentralisé les structures administratives en France, ensuite fait pratiquer un pouvoir très autoritaire et la multiplication des états d'urgence le montre. Le Parlement ne joue plus tellement son rôle de contre-pouvoir et mis une grande partie de la population sous surveillance. Donc je pense qu'il est important de défendre ces idées que pour les défendre eh bien à un moment donné il faut passer dans l'arène effectivement politique. Maintenant vous me posez la question de la présidentielle.

Si on vivait dans une démocratie les choses seraient simples je fonderais un parti pour être pour proposer une liste aux élections à la proportionnelle aux législatives c'est d'ailleurs la promesse d'Emmanuel Macron quand il a été élu. On vit dans un système qui est beaucoup plus verrouillé. On n'est pas dans un système démocratique excusez-moi ?

On est dans un système très verrouillé on est dans une démocratie très pauvre où en fait la présidentielle contrôle tout et cette espèce de réunion d'un homme et d'un peuple est quelque chose je trouve d'assez immature d'assez plébiscitaire Bonapartiste qui avait été d'ailleurs condamné par tous les partis rappelez-vous-en en 1962 mais bon on vit dans ce système et donc dans ce système c'est vrai que l'élection présidentielle commande tout elle commande les législatives elle commande l'organisation politique du pays elle commande le débat public Et donc vous y allez ?

Donc je ne sais pas si j'y vais mais je sais que je crée ce parti pour qu'il s'inscrive dans ses présidentielles et qu'ensuite nous verrons bien si nous avons la dynamique suffisante pour être crédible

18:16
Présentateur

Sur l'application France Inter le débat se poursuit et il est vif Frédéric qui est avocat vous dit bravo bravo merci pour ces rappels de bon sens arrêtons d'avoir peur et de vouloir tout réguler Serge d'autre part dit quel scandale ce dénigrement des services publics de grâce ne tirez plus sur l'ambulance la situation est déjà si désastreuse Sur les propos de ce dernier auditeur quelle réponse Gaspard Koenig ? C'est comme ça aussi que vos propos sont reçus par certains

18:46
Invité

Mais je m'en désole quelque part parce que évidemment que je suis favorable aux services publics à des services publics de terrain Je trouve aujourd'hui les gens sentent que les services publics sont déshumanisés parce qu'on a tout remis dans les grandes métropoles et donc quand on essaye de contacter les différents services on n'est plus qu'un numéro on est sur des files d'attente ou alors on est sur internet et les gens ne comprennent plus rien à ce système qui est en fait un système encore plus bureaucratique paradoxalement Pourquoi ?

Parce que quand vous êtes face à un formulaire internet vous ne pouvez plus rajouter une petite mention manuscrite en disant mon cas ne correspond pas je ne tombe pas dans la case et personne ne tombe dans la case Pourquoi personne ne tombe dans la case ?

Parce que les vies sont toujours singulières et donc ce que je propose c'est de remettre justement les services publics sur le terrain et je suis persuadé que cette révolution ne pourra se faire qu'avec les fonctionnaires que la fonction publique de ce pays reste une fonction publique légitimiste qui sait obéir à la consigne politique et qui elle-même en a marre il y a eu un article dans Le Monde il y a trois semaines fondé sur un rapport qui disait que les fonctionnaires ne trouvaient plus sens dans leur travail parce qu'ils en avaient assez de produire ou d'appliquer des normes absurdes Demandez aux préfets qui sont les premiers à vous expliquer qu'ils ne comprennent même plus les circulaires qu'ils essayent de mettre en vigueur sur le territoire Que fait le préfet aujourd'hui ?

Il donne des passe-droits disiez-vous en disant vous pouvez ne pas appliquer Moi je pensais naïvement que le préfet était celui en charge d'appliquer la loi sur le territoire En fait c'est le seul qui est capable de ne pas appliquer la loi C'est-à-dire que quand vous avez un problème inextricable que la VNF vous dit quelque chose C'est quoi la VNF ? Voie navigable de France Que la DDT vous dit autre chose Et bien vous allez voir le préfet en disant qu'est-ce que je fais ?

Et le préfet peut dire bon ben ça on met de côté ça on ferme les yeux ça on fait ci ça on fait ça C'est à la fois légitime c'est formidable qu'il y ait une soupape et en même temps ça reflète le dysfonctionnement profond de notre système

20:28
Présentateur

Dominique Ostandard Bonjour Bienvenue

20:30
Auditeur

Bonjour Bonjour à votre invité Bonjour à vous-même Bonjour Ma question est plutôt une remarque mais c'est en même temps une question Ne pensez-vous pas monsieur Koenig que beaucoup de ces points lois règles décrets règlements etc trouvent leur origine dans la lourdeur encore plus écrasante des structures européennes Merci Finissez Parce que c'est une réalité moi j'ai entendu à 3 ou 4 reprises des artisans électriciens des artisans chauffagistes etc me dire ah ben ça non j'en ai marre je fais plus effectivement la lourdeur administrative de l'Union Européenne

21:18
Présentateur

Merci Merci Dominique Gaspard Koenig

21:21
Invité

vous répond Alors c'est une vraie question nous notre analyse et l'analyse des juristes avec qui je travaille c'est qu'en fait la plupart du temps le problème vient de la surtransposition c'est à dire que l'administration française lave plus blanc que blanc c'est un problème qui avait été bien soulevé d'ailleurs par le précédent Premier Ministre et que si la France a arrêté de surtransposer elle a largement de quoi faire le ménage dans 90% de ses textes reste peut-être 10% de noyaux durs qui effectivement vient de l'Union Européenne mais on a largement de quoi faire pour travailler en interne à produire des lois plus simples Vous dites à l'Obs récemment dans une interview sur Emmanuel Macron ceux qui le soutiennent le font par défaut parce qu'il représente le candidat considéré comme le plus raisonnable il profite d'un monopole sur un espace déserté qui va du centre gauche au centre droit il prend sa rente exactement Vous le pensez vraiment ?

Vous pensez que c'est un candidat par défaut uniquement ?

Mais regardez le paysage politique à gauche tout le monde s'entretue à droite tout le monde s'entretue et vous avez cette espèce d'énorme espace centriste qui est au fond l'espace des gens raisonnables qui est sans doute l'espace majoritaire dans ce pays vous avez un seul homme et en interne que ce soit à LREM au MoDem dans le nouveau parti d'Édouard Philippe vous n'avez aucun concurrent vous n'avez aucune idée alternative et donc vous n'avez qu'à vous en remettre même pas à un socle doctrinal qui reste complètement indéfini mais à un homme qui est censé tout sauver et donc je pense qu'il est sain pour une démocratie qu'au sein de ce vaste espace des gens raisonnables il y ait de la concurrence il y ait une proposition d'un libéralisme si vous voulez par le bas qui fasse confiance au plus petit échelon à l'individu en lui donnant un revenu universel à la collectivité en assurant une forme d'autonomie locale et fiscale à la petite entreprise en simplifiant les procédures à l'instant Emmanuel Macron annonce un contrat engagement jeune avec 5000 euros par mois 5000 euros par mois en échange d'une formation pour les jeunes vous en pensez quoi de ça ?

mais j'en pense que on va avoir 500 euros par mois 500 euros par mois je suis favorable à un revenu universel qui sera à peu près sur ces montants et qui sera donné sans aucune condition et c'est ça la vraie différence entre Emmanuel Macron et moi c'est que comme il ne croit pas à l'individu il va mettre en place un système de contrepartie un système d'obligation de droit et devoir etc.

moi je pense que si vous laissez les gens tranquilles et que vous leur donnez une petite somme d'argent pas forcément suffisante pour vivre bien mais au moins suffisante pour avoir le minimum d'autonomie nécessaire pour être dans une vie en société et bien ils vont en faire un usage rationnel un usage pertinent il n'y a pas besoin de leur dire quoi faire de leur demander de remercier de leur demander quoi que ce soit en échange

23:52
Présentateur

deux réactions contrastées au standard pour finir pas au standard pardon sur l'application Nathanael vous dit bravo monsieur bravo beaucoup de bon sens Martine elle souligne il fera 1.5 à la présidentielle

24:06
Invité

en tout cas j'encourage tous ceux qui veulent nous soutenir à venir au théâtre des variétés le 15 novembre où nous faisons notre premier grand meeting inscription sur vieplusimple.fr et j'espère que nous pourrons donner raison à Martine et la retrouver là-bas

24:22
Présentateur

à Martine c'est 1.5 c'est elle qui vous prend pardon excusez moi c'est pour Nathanael donnez tort donnez tort à Martine merci merci Gaspard Koenig simplifions nous la vie aux éditions de l'Observatoire en librairie le 17 novembre prochain 8h46

24:37
Invité

France Inter Sous-titrage Société Radio-Canada

Gaspard Koenig : "On est un pays très jacobin, très vertical, où l'État ne fait pas confiance aux citoyens" · Pourquijevote