La Crimée sans essence se transforme en île
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« Il n'y a plus d'essens en Crimé, en tout cas plus pour les civils »
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« Une grande partie de la population de Crimé est restée sans électricité pendant toute la journée de ce dimanche 21 juin »
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« Les opérations ukrainiennes s'intensifient contre la péninsule »
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« Le ministre de la défense ukrainien Michael Fedorov promet de transformer la presquille en une île »
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Il n'y a plus d'essens en Crimé, en tout cas plus pour les civils puisque aujourd'hui les autorités de la péninsule occupé depuis 2014 ont décrété des restrictions à la livraison et à la vente d'essens pour les civils suite à de nouvelles attaques ukrainiennes notamment sur des infrastructures d'importation du pétrole depuis la Russie qui se situait des deux côtés du D3 de Kerch. Dans le même temps, une grande partie de la population de Crimé est restée sans électricité pendant toute la journée de ce dimanche 21 juin et les autorités d'occupation ont annoncé des restrictions et donc ont annoncé un calendrier de coupure de courant. Les opérations ukrainiennes s'intensifient contre la péninsule et elle devraient encore plus s'intensifier dans les semaines qui vont tenir étant donné que le ministre de la défense ukrainien Michael Fedorov promet de transformer la presquille en une île.
Alors parlons-en. Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette nouvelle vidéo. Très content de vous retrouver.
J'en profite pour remercier les personnes qui m'ont soutenu sur By Me Coffee ces derniers jours. Ça fait bien sûr très plaisir et c'est vraiment encourageant. Ça m'encourage vraiment à continuer ces vidéos.
Merci beaucoup par avance. Mais donc en l'occurrence là, j'aimerais beaucoup vous parler de Crimé puisque comme j'ai dit, ça fait déjà plusieurs semaines que les Ukrainiens visent les voies d'accès et les infrastructures énergétiques et militaires évidemment sur la péninsule. On ne sait pas encore exactement sur quoi ça peut déboucher étant donné que on est bien conscient que l'Ukraine n'a pas suffisamment de réserve en homme pour lancer une opération terrestre donc sur le sud de l'oblast de Kerson ou une opération amphibie qui prévoirait un débarquement sur les côtes de Crimé.
Mais en tous les cas, il y a quelque chose qui se passe. Ça a commencé il y a environ 3 semaines, un mois quand les Ukrainiens ont été en mesure de prendre plus ou moins le contrôle des routes qui traversent les territoires occupés ukrainiens, donc au sud de l'Ukraine. Là, ce que vous voyez, c'est le fameux corridor entre la Crimée et le Donbas.
Et on voit que tout est véritablement apporté des drones ukrainiens et que ceci ne se prive pas pour et bien contrôler le trafic routier sur ces routes. Ça ça complique évidemment les plans russes de développement d'infrastructures notamment routières et ferroviaires pour connecter la Crimée et les autres territoires occupés à la Russie. Euh vous le voyez sur cette carte hein, il y a ce grand projet de route circulaire autour de la mer d'Azof.
Mais donc évidemment dans le contexte actuel, les travaux sont euh plus ou moins suspendus. Une fois que les Ukrainiens euh ont établi euh leur contrôle sur ces routes, donc dans ces territoires occupés, ils ont commencé à frapper les voies d'accès au nord de la péninsule de Crimé en frappant très durement notamment donc les ponts de Ronchar et les ponts d'Armiansk. Le pont de Ronchard étant euh là pour le coup complètement neutralisé.
Les Russes ont commencé à utiliser des pont qu'ils ont établis à côté du pont détruit, mais les Ukrainiens ont tout de suite commencé à viser euh ces pontons. Et parmi les ponts qui restent plus ou moins intacts ou en tout cas praticables, il y a évidemment le fameux pont de Kerch, donc entre la péninsule et la Russie qui si on suit la logique des attaques ukrainiennes de ces dernières semaines et bien devrait être visé à un moment donné. Et l'attaque de cette nuit, donc entre le 20 et le 21 juin sur ces infrastructures pétrolières des deux côtés du D3 de Kerch montre que les Ukrainiens ont la capacité d'atteindre ces infrastructures des deux côtés du D3.
Et donc ça c'est tout près du pont et tout à fait possible que à un moment donné on voit une opération d'envergure pour détruire bel et bien ce pont. Et c'est non seulement important pour la connexion de la Crimée à l'Ukraine continentale et donc au territoire actuellement occupé par la Russie, mais là en l'occurrence, c'était principalement important pour l'effort de guerre russe, c'est-à-dire que depuis la Crimée remontait énormément de livraisons, non seulement de carburant, mais aussi de matériel militaire. Et donc évidemment ça complique ces flux logistiques parce que les frappes ne s'arrêtent pas aux infrastructures, ne s'arrêtent pas aux ponts et aux routes.
Mais selon l'analyste français Clément Mollin, pas moins de 10 camions donc transportant diverses marchandises sont touchés sur ces routes donc de Crimé et des autres territoires occupés chaque jour. Et ça a des conséquences très concrètes puisque ça fait déjà plusieurs semaines qu'il y a des restrictions à la vente d'essence pour les civils en Crimé. Et ça ça s'inscrit dans un mouvement plus global hein, puisque euh les frappes dans la profondeur sur des infrastructures énergétiques russes se multiplie depuis déjà plusieurs semaines.
Ça, j'en ai parlé dans mes précédentes vidéos. Il y a pas moins de 34 régions russes euh qui ont maintenant établi des restrictions à la vente d'essence. Donc ça c'est un véritable phénomène et on a vu que ça c'est encore plus compliqué pour la Crimée aujourd'hui étant donné que la vente d'essence est désormais interdite aux civils.
Ça a aussi évidemment des conséquences économiques. Bon là on peut s'imaginer que la saison touristique en Crimée pour cette année, elle ne va vraiment pas être florissante. Et ça a des conséquences militaires puisque euh à partir de ces flux logistiques qui sont désormais bloqués depuis euh la Crimée et bien c'est tout l'efforts euh d'invasion russe donc notamment vers Zaporigia.
On sait que les Russes essayent de se rapprocher de la ville de Zaporigia qui là pour le coup se retrouve compliqué, se retrouve freiné et ça peut même aller encore plus loin étant donné que on a quelques indications. Il y a de moins en moins de présence russe sur la pointe de Kinbourn qui est donc cette petite pointe que vous voyez là sur cette carte qui est en fait un espèce de bande de sable mais qui a été occupé par les Russes depuis 2022 et il semble que là il y a de moins en moins de présence parce que ils ont des problèmes d'approvisionnement. Quoi qu'il en soit, l'intensification des frappes ukrainiennes nous montre que les Russes n'ont pas suffisamment de moyens pour défendre convenablement la Crimée.
La Crimée qui a un poids symbolique et un poids politique excessivement important dans ce projet d'invasion, dans le projet impérialiste de Vladimir Poutine. Et donc à partir de là va se poser un dilemme pour les Russes. Est-ce qu'il faut dépêcher ?
Est-ce qu'il faut déployer plus de moyens pour contrer ces attaques aériennes ukrainiennes ? Et donc dans ce cas-là, et bien ça pourrait vouloir dire dégarnir d'autres parties du front, voire même dégarnir d'autres parties de la Russie. Donc en terme de défense aérienne.
La question se pose de savoir si le Kremelin a les moyens de redéployer ses forces et aussi si jamais ça ne va pas compliquer son entreprise de conquête de l'est de l'Ukraine, de conquête de l'Oblast de Donet. On sait que ça fait partie des objectifs politiques prioritaires. En tout cas, en ce moment pour le Kremelin, on sait que les Russes sont désormais euh dans la ville de Constantinfka et donc de facto, il continue à avancer dans l'est de l'Ukraine.
Mais si jamais à un moment donné la situation devenait par trop intenable en Crimé, et bien il pourrait être amené à redéployer des forces et donc à dégarnir le front est et donc à ralentir leur effort offensif sur Constantinifka, Droukfka, Kramatowsk, Slavsk. Ça ça peut être le plan ukrainien. C'est-à-dire que si on n'envisage pas d'opération terrestre ou d'opération amphibie, bien peut-être que le but de ces frappes aériennes, donc en plus de compliquer la situation pour la population de Crimé et de compliquer la situation pour son économie, et bien ça serait de forcer les Russes à redéployer leur force et donc de soulager les défenseurs ukrainiens dans l'est de l'Ukraine.
C'était aussi l'idée derrière l'incursion à Kursk, mais là on avait vu que ça n'avait pas marché. Donc est-ce que ça va marcher à travers ces frappes aériennes contre la Crimée ? Ça, c'est vraiment une grande question.
Ça pourrait aussi s'inscrire dans un projet beaucoup plus ambitieux qui, même s'il ne passe pas par une opération terrestre ou amphibie, et bien viserait à rendre la situation vraiment intenable en Crimé et forcer les Russes à se replier peu à peu de la même manière que ils avaient dû se replier de la ville de Kerson puisque ils étaient coupés de leur arrière par le fleuve Nipro. Et donc à un moment donné la situation était devenue vraiment impossible pour eux. En tous les cas, il y a vraiment quelque chose qui se passe et donc je vais en terminer par là.
Et donc ça vaut vraiment le coup de suivre cette situation en Crimée puisque non seulement donc on peut s'attendre à d'autres opérations spectaculaires du genre une opération sur le pont de Kerch mais en plus de ça et bien ça renforce véritablement l'impression que l'Ukraine a cet avantage tactique dans cette séquence qui dure déjà depuis plus de 6 mois et évidemment et bien ça conforte sa position par rapport à un Donald Trump qui semble-t-il voudrait se réintéresser au dossier est ukrainien et croit désormais que l'Ukraine n'est pas forcément en train de perdre cette guerre. Et aussi et bien ça conforte la position de l'Ukraine par rapport aux partenaires et aux alliés européens qui depuis déjà 3 mois se perdent dans toutes sortes de conjonctures pour décider du nom d'un médiateur qu'on enverrait à Moscou. Sachant que les Européens n'ont toujours pas défini leur position et de quoi parlerait un médiateur qu'on enverrait à Moscou.
Et bien là, il est possible que l'Ukraine soit en train de leur donner des éléments de réponse en renforçant sa position sur le terrain. Donc voilà à suivre. Merci beaucoup d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout.
Je file et je vous retrouve très vite.