"Faire l'union de la gauche, c'est assurer la victoire du RN", assure Jean-Louis Bourlanges
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Avec Yaël Gauze, nous recevons ce matin celui qui était jusqu'à l'annonce dimanche soir de la dissolution de l'Assemblée Nationale, député modem des Hauts-de-Seine et président de la Commission des Affaires Étrangères de l'Assemblée. Vos questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Jean-Louis Bourlange, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro avant de nous projeter sur les jours et les semaines à venir. Un mot de la situation tout de même inédite dans laquelle se trouve le pays.
A la fois la déroute du camp présidentiel aux européennes, le résultat record du Rassemblement National et donc cette dissolution annoncée dimanche soir par le Président de la République. J'ai décidé de vous redonner le choix de votre avenir parlementaire, a déclaré Emmanuel Macron, qui a ajouté cette décision est grave, lourde, mais c'est avant tout un acte de confiance. Jean-Louis Bourlange, comment avez-vous réagi en entendant ces mots ? Avez-vous été surpris, médusé, inquiété par la décision d'Emmanuel Macron ?
J'ai été véritablement très étonné parce que les choix qui étaient annoncés n'étaient pas ceux-là. Emmanuel Macron nous avait dit que les élections européennes, c'était les élections européennes, que les élections nationales, la vie politique nationale, c'était autre chose. Donc on était sur cette affaire et l'ensemble des conseillers du président disaient « Non, on va avoir un mauvais score, mais on continuera, jamais les élections européennes n'ont déterminé ce qui se passe sur le plan intérieur ». Donc ma réaction était de surprise.
Visiblement, il y avait un double discours en coulisses, des choses se préparaient dont vous n'étiez pas au courant.
Je n'ai pas d'informations, je ne sais pas comment le président a pris sa décision. C'était l'hypothèse d'une dissolution, et une hypothèse qui a sa légitimité, son explication, et qui courait depuis longtemps. Ce qui nous a tous surpris, c'est qu'il l'ait fait sur cet échec européen qui, lui, était quand même prévu. Les résultats n'ont pas été du tout une surprise. Ils ont été très négatifs pour la majorité présidentielle, mais ils n'ont pas été surprenants. Moi, j'avais effectivement... Je comprends que le président ait considéré qu'il ne pouvait pas continuer de la sorte. Ça, je crois qu'il y avait quelque chose de juste.
On aurait fait, pendant trois ans, ce que les Américains appellent une période de canard boiteux, de lame duck. Vous savez, c'est quand il y a un président d'un côté qui est élu, qui est contraire au président sortant. On aurait traîné de réformes impossibles, en criailerie politique, et je crois que ça aurait renforcé le RN. Je pense qu'il était nécessaire de sortir de cette situation. Mais mon schéma personnel, depuis les élections législatives qui ont donné à la majorité présidentielle une simple majorité relative, et pas une majorité absolue, c'était qu'il fallait rendre la responsabilité de la politique gouvernementale au Premier ministre.
Ce qu'il pouvait nommer une figure de conciliation, quelqu'un comme Jean-Yves Le Drian, comme Richard Ferrand, on peut discuter des noms, et que celui-ci aurait pu faire à l'Allemande une sorte de négociation avec les social-démocrates et les LR pour constituer un gouvernement.
Donc il y avait un autre chemin, comme le dit Gaëlle Braun-Pivé, la présidente de l'Assemblée, dit qu'il y avait un autre chemin, d'autres options.
Je ne sais pas si Gaëlle Braun-Pivé a ce schéma précis que je viens d'évoquer en tête, mais ce schéma aurait débouché soit sur une majorité de coalitions solides, unies sur un contrat précis, soit, si les partis avaient dit non, sur une dissolution, mais une dissolution dans laquelle la charge de la preuve aurait été de notre côté. Nous aurions fait tout l'essentiel, tout ce qu'il fallait pour permettre l'unité. Le président a choisi, pourquoi n'a-t-il pas fait ça ? Sans doute parce qu'il n'admet pas que le pouvoir soit partagé entre lui et le Premier ministre, qu'il estime que c'est en Ve République le président qui concentre les pouvoirs.
C'est un trait de caractère là que vous décrivez ?
C'est un trait institutionnel aussi. Oui, mais de caractère également ? Ce n'est pas Emmanuel Macron qui a dit que le Premier ministre est un collaborateur, c'est Nicolas Sarkozy. On a cette dérive depuis longtemps. Je crois que votre question est malicieuse, mais je pense que vous connaissez vous-même la réponse. On ne peut pas exclure que le président de la République soit assez attaché à ses prérogatives.
Non, parce que Gérard Collomb en son temps avait parlé du Brice.
Oui, alors moi je n'irai pas jusqu'à parler du Brice. Alors vous parleriez de quoi ? Je dis que le président de la République est très très soucieux, que le pouvoir souhaite exercer par lui, ce qui n'est pas conforme à la lettre de la Constitution, mais ce qui est conforme à la pratique institutionnelle. Moi je crois que malgré le quinquennat, l'une des clés d'un épaisement démocratique dans ce pays, c'est de redonner un pouvoir réel au Premier ministre. C'est cette voie qui n'a pas été suivie, et je pense que c'est une bonne voie.
On va arrêter d'ergoter sur fallait-il faire, ne pas faire. Parlons du présent, parlons du présent. Dissoudre alors que l'extrême droite est largement en tête des élections européennes de dimanche, n'est-ce pas tout simplement prendre le risque de donner les clés du pouvoir au RN ?
Oui, je ne commencerai pas par là, si vous voulez, je finirai par là. On dissout pour gagner. Le problème fondamental, c'est quelle est la condition politique qui permet dans ce pays de vaincre le Rassemblement National. Je crois que les élections de dimanche sont la preuve par l'absurde de la vérité des choix politiques qui ont été effectués en 2017. C'est-à-dire l'idée que face à une montée de plus en plus forte du RN et de plus en plus forte de la gauche de la gauche derrière Jean-Luc Mélenchon, la seule solution pour éviter le succès du RN, c'est une concentration de la droite modérée, du centre et de la gauche modérée.
Et ce n'est pas une combine, car en fait ils sont unis sur l'essentiel des valeurs. Ça a marché en 2017 et ça n'a pas marché dimanche dernier. Valérie Hayé avait raison, c'était maladroit tactiquement, mais elle avait raison de dire qu'entre Glucksmann et elle, il y avait beaucoup d'affinités. Donc l'idée qu'on doit développer, c'est exactement l'idée opposée de celle que vient de dire à votre micro M. Jadot, c'est qu'en réalité seule cette concentration permet de battre le RN. Pourquoi ? Parce que regardez le rapport de force. Le rapport de force entre la gauche unie et une droite dominée par le RN et reconquête, c'est le jour et la nuit, c'est rien.
Donc faire l'union de la gauche, c'est assurer la victoire du RN. On n'a pas lutté pendant la guerre contre le fascisme sans faire cette unité entre, pour parler comme Aragon, celui qui croit y est au ciel, c'est-à-dire les démocrates chrétiens, et celui qui n'y croit pas, c'est-à-dire les communistes. Cette idée-là, elle est fondamentale et elle est actuellement rejetée. Et par M. Ciotti, à droite, qui dit non, moi je ne veux pas faire un accord avec les macronistes, et par la gauche qui se rue dans ce mythe, qui est un mythe très séduisant, très puissant, dans le peuple de gauche, qui est celui de l'union de la gauche. Mais objectivement, ça conduit effectivement au RN.
La seule solution pour éviter le succès du RN, c'est un large consensus entre des forces qui sont d'accord sur l'Europe, d'accord sur la démocratie représentative, d'accord sur l'économie sociale de marché, d'accord sur l'État-providence, d'accord sur la laïcité. Alors voilà, alors maintenant, c'est vrai, vous avez raison, que si on perd, si on perd, je réponds à votre question, après ce long détour, que le RN, c'est vrai que le RN risque... Alors là, le problème qui se pose, et je pense ça qui a animé M.
Macron, est-ce qu'il vaut mieux, au terme de cette période de canard boiteux de 3 ans, donner la totalité du pouvoir au RN, ou est-ce qu'il ne vaut pas mieux prendre le risque de lui donner la moitié du pouvoir en cas de défaite, après s'être battu pour gagner, en cas de défaite, puisque toutes les forces ne sont pas liguées contre le RN en réalité, et à ce moment-là, le voir accéder dans des conditions différentes, avec un président de la République, dont je rappelle qu'au terme de la Constitution, il dispose de l'article 16, alors que l'article 16, c'est les pleins pouvoirs.
Vous êtes en train de nous préparer les esprits à une cohabitation avec le RN, là ?
Non, je ne prépare pas. Je dis, les optimistes vont se battre, et tout le monde va se battre. Les optimistes considèrent qu'on va faire une majorité. Moi, ce que je constate, c'est que, et dans la gauche modérée, et dans la droite modérée, les répondants n'y sont pas. Mais, donc, et j'envisage, si nous ne gagnons pas, si nous ne gagnons pas, que faire ? Et la troisième hypothèse, qui est très mauvaise, c'est celle où, et c'est ça qui m'aurait fait hésiter à ce scénario davantage que tout le reste, si j'avais été à la place du président de la République, c'est pour ça que je préconisais un autre scénario, c'est le fait qu'on aurait une chambre encore plus introuvable, encore plus confuse.
Et ça, ça serait très embêtant, c'est l'angle mort de la dissolution.
Tout de même, une page d'histoire, comment en est-on arrivé là, à ce décalage immense avec la promesse de 2017, où, au soir de son élection, Emmanuel Macron déclare « Je ferai tout durant les cinq années qui viennent pour que les Français n'aient plus aucune raison de voter pour les extrêmes. » Après sept ans de macronisme, Jean-Louis Bourlange, qu'est-ce que vous avez raté ? Pourquoi la promesse d'un recul des extrêmes n'a-t-elle pas été tenue ?
Écoutez, je ne sais pas ce que nous avons raté, mais je sais que nous ne l'avons pas raté seul. C'est l'ensemble de l'Europe qui dérive vers des formes de populisme extrêmement impressionnantes. Moi, ce que je constate, et c'est très dur à dire politiquement, c'est un désaccord, un divorce profond entre les besoins du pays et les attentes du pays. Les attentes, c'est plus de pouvoir d'achat, c'est plus de subventions, c'est plus de care, comme disait Mme Aubry. C'est tout un ensemble de soins, tout un ensemble de choses. Et les besoins, c'est renforcer les budgets militaires, c'est renforcer l'investissement, renforcer la technologie, accroître la compétitivité des entreprises.
Et il y a là, quand on voit que le programme du RN, c'est aujourd'hui, c'est quand même caricatural, le rétablissement de la retraite à 60 ans, au moment où le corps dit la réforme à 64 ans, c'était insuffisant. Il ne dit pas que c'était mal. Il dit qu'on n'en a pas fait assez. Et M. Glucksmann dit, on va mettre M. Berger qui est le champion. Qu'est-ce que vous avez raté, vous ? On sait que vous êtes abstenu au mois de décembre sur la loi immigration, par exemple. Oui, je me suis abstenu pour une raison assez forte pour un parlementaire, c'est que je savais que cette loi était truffée de dispositions qui étaient inconstitutionnelles au regard du Parlement.
Je ne considère pas qu'un parlementaire doive s'immiscer dans un domaine qui n'est pas le sien. Sur l'immigration, c'est très intéressant. C'est très intéressant. Je crois que c'est une erreur de penser que ce n'est pas un problème très important. De même que la sécurité. La sécurité, c'est devenu un enjeu absolument important. Mais ce que je constate, c'est que sur les solutions, personne n'en a de véritable. Et ni en France, ni ailleurs. Les Britanniques ont échoué avec le Brexit. Mme Mélanie a rendu les armes dans son opposition à l'Europe sur cette question. On essaie de progresser parce que c'est une solution européenne. Donc, le problème est posé très gravement, très sérieusement.
Mais en revanche, ce ne sont pas les partis extrêmes qui apportent des solutions.
Il reste 19 jours de campagne. C'est très très court. Ça n'existe pas. Cette campagne sera un souffle. Est-ce que pour vous, c'est d'ailleurs trop court pour qu'il y ait une bonne expression de la démocratie en France ou c'est suffisant ? Et sur quoi faire campagne en 19 jours ? Dans votre camp ?
Dans mon camp, écoutez, moi je crois que nous défendons des choses absolument essentielles. Je les ai mentionnées au début. Nous défendons une conception de la laïcité, une conception de la démocratie représentative, la solidarité, le renforcement de l'Europe et non pas sa dissolution dans un Brexit en pièces détachées. Nous maintenons la solidarité occidentale avec les Etats-Unis face à la Russie, la solidarité avec l'Ukraine. Je ne sais pas si c'est de nature à convaincre, mais c'est en tout cas des enjeux fondamentaux qui détermineront notre avenir. Plus l'écologie. L'écologie est la grande victime de l'élection.
Sans doute, les écologistes sont très responsables par leur dogmatisme et leur méconnaissance des enjeux sociaux de la révolution qu'ils préconisaient, il reste que c'est un enjeu décisif pour nos enfants, pour l'avenir et que nous devons le prendre en compte.
Jean-Louis Bourlange, Bruno Le Maire estimait hier que ces élections anticipées auront les conséquences les plus lourdes de l'histoire de la Ve République. Ce sont ces mots. Elles sont d'une gravité sans précédent pour notre nation. Vous situez l'enjeu au même niveau ? Écoutez,
je crois l'avoir dit que vraiment, ce qui nous sépare de l'extrême droite et de la NUPES contrôlée à nouveau par le LFI, ce sont des choses, des choix essentiels. Ce sont les choix que nous avons faits à la libération. Nous avons faits à la libération le choix de la démocratie représentative, le choix de l'Europe, le choix de la solidarité atlantique, le choix de l'économie sociale de marché. Or, d'une façon ou d'une autre, ce sont ces choix qui ont donné le mieux parce que nous sommes quand même le continent, le continent européen qui est le plus riche, le plus sûr, le plus libre dans toute l'histoire et dans toute la planète.
Et c'est ça qui, quand même, est assez sérieusement remis en cause. Alors, on va voir si les prédictions funestes de Bruno Le Maire se réalisent ou pas. Essayons d'éviter qu'elles se réalisent en gardant la majorité.
Emmanuel Macron va tenir une conférence de presse cet après-midi Jean-Louis Bourlange pour expliquer le sens de cette dissolution et la campagne qu'il entend directement mener. On l'a entendu à cette heure avec Simon le Baron. En coulisses, dans la majorité, parmi vos collègues, beaucoup ne veulent pas utiliser l'image du président pour cette campagne 19 jours parce qu'elle est devenue repoussoire, parce qu'il est rejeté dans l'opinion. Pensez-vous qu'il soit encore un atout pour limiter la casse le 30 juin et le 7 juillet dans votre camp ?
Écoutez, je crois qu'Emmanuel Macron a d'immenses qualités. Il l'a montré et la façon dont il a... J'ai été très très ému à Oma ou des choses comme ça quand on voyait la façon dont il se liait à l'histoire de France. Maintenant, il a eu tout à fait tort dans cette campagne européenne d'identifier la campagne de la majorité à un référendum pour ou contre sa personne. C'est ça que mes collègues ressentent avec amertume. Mais quand même, on regardera, quand on regardera Emmanuel Macron, on se dira quand même dans l'avenir que ce n'était quand même pas loin de là le plus mauvais président de la Ve République.
Loin de là, ses compétences, son talent, son ardeur au travail sont des choses qui seront reconnues même s'il agace par son omniprésence.
On passe au standard d'Inter où nous attend Alain. Bonjour Alain. Bonjour Nicolas. Bonjour, bienvenue, on vous écoute.
Alors, je voudrais d'abord remercier France Inter de me permettre de parler et aussi saluer M. Jean-Louis Bourlange et puis vous-même. Voilà, alors moi, c'est plus un témoignage qu'une question que je vais vous rapporter. Moi, je ne suis pas allé voter en 2017, je ne me suis pas déplacé. Je ne me suis pas déplacé non plus en 2022. Non, je n'ai pas été voté. Eh bien, cette fois-ci, je me suis déplacé et j'ai voté pour le Rassemblement National. Alors, pour qu'on puisse, moi, m'amener à voter pour le Rassemblement National, il faut faire très fort. Parce que je suis un ancien syndicaliste, un juge prud'homme également, j'étais juge prud'homme. J'ai voté quasiment toujours à gauche.
Quand je vois ce qui est devenu le gars gauche, je trouve que c'est déplorable s'associer avec un parti qui est ouvertement antisémite. Non, pas pour moi, vraiment. Et cette fois-ci, pour les législatives, je n'irai pas voter, je ne me déplacerai pas. Alors, pourquoi ? Je vais vous expliquer pourquoi. Oui, dites-nous vite. Parce que je ne veux pas participer à ce chaos qu'installe M. Macron. Voilà.
Merci Alain pour ce témoignage et le résumé aussi rapide d'une vie d'électeur. Jean-Louis Bourlange, comment recevez-vous les mots de notre auditeur ?
Je crois ça de façon très significative. Je pense que la vague, qualifiant-là de populiste sans donner à ce terme une nuance péjorative, la vague de protestation, de frustration est extrêmement forte en France et dans l'Europe et que notre interlocuteur en est le témoin. Simplement, je lui demande d'écouter. D'ailleurs, il l'écoute puisqu'il ne va pas aller voter aux législatives. Quand on écoute ce que M. Bardella, le soir de sa victoire, proposait pour le pays, ce n'était qu'incantation et démagogie. Donc, vous dites à notre auditeur d'aller voter. Ah oui, mais je ne veux pas... Non, mais vous savez... Mais pas d'aller voter à Rennes.
Notre auditeur me paraît très responsable de savoir ce qu'il fait, pourquoi il le fait, pourquoi il ne le fait pas. Donc, ce n'est pas à moi de lui donner des conseils, il écoute sa conscience. Mais ce que je lui dis simplement, c'est qu'effectivement, le Rassemblement National est porteur d'une très grande frustration parce que les Français sont inquiets sur l'avenir de l'Europe dans le monde, sont inquiets sur la montée de l'insécurité, sur le crime organisé, sont inquiets sur leur pouvoir d'achat parce qu'on voit bien que la France patine en termes de compétitivité et de productivité. Tout ça. Mais en même temps, si je puis dire, il n'y a pas de ce côté-là la moindre solution.
La force de Bardella, qui est d'ailleurs un talent extraordinaire, ça a été de ne rien dire pendant toute cette campagne, de capitaliser sur les colères, les rancœurs, les frustrations, d'apporter des réponses totalement nébuleuses et mythiques et de gagner et d'obtenir un score remarquable sur la base de cette ambiguïté.
Retour au standard. Bonjour Aurélien.
Oui, bonjour. Bonjour France Inter. Bonjour M. Bourlange. Moi, j'avais une question toute simple. Je voulais savoir si M. Bourlange et son centre étaient prêts à rejoindre le front républicain pour faire barrage au Rassemblement National.
Merci Aurélien pour cette question qui concerne Jean-Louis Bourlange en lui-même et son parti.
Mais ça, absolument, c'est ce que M. Séjourné, au nom de Renaissance, mais c'était au nom de toute la majorité, a proposé dès le soir en disant que tous les candidats sortant qui se reconnaîtraient dans les valeurs fondamentales de la République, c'est-à-dire ni LFI ni le RN auraient bénéficieré d'une investiture, ce qu'il appelle le champ républicain. C'est ce que je viens de dire au début de cette intervention, c'est la seule condition. Le rassemblement de la droite modérée, du centre et de la gauche, quand je dis modérée, ça veut dire la droite républicaine et la gauche républicaine, c'est-à-dire qui refusent les héritages du Rassemblement National et les héritages de l'EFI.
Ce rassemblement, ce front républicain, comme vous l'appelez, c'est évidemment la clé du succès comme ça a été la clé de la lutte pendant la seconde guerre mondiale. Je ne compare pas Mme Le Pen loin de là aux nazis, ce n'est pas du tout mon genre, mais on a rassemblé au service de la liberté des chrétiens démocrates, des radicaux, des républicains avec Jean Boulin, avec Georges Bidot et des communistes. C'était cela qu'on faisait. Aujourd'hui, on ne fait pas ça. À gauche, un front populaire qui est structurellement minoritaire et dominé par l'EFI et à droite, une dérive incertaine vers des valeurs du Rassemblement National. M. Chiotty m'a inquiété dans ses prises de position.
C'est ça qui m'inquiète. C'est le fait que cet arc républicain ne prenne pas forme.
Jean-Louis Bourlange, il faut que nos auditrices et nos auditeurs sachent une chose ce matin, c'est que vous n'allez pas vous représenter au Parlement, aux élections législatives. C'est peut-être la fin d'une carrière politique pour vous. Qu'est-ce que ça vous inspire de quitter la scène avec ce paysage politique derrière vous, là, chaotique ?
Vous savez, ce n'est pas une décision que j'ai prise dimanche. J'avais toujours dit à mes amis que je ne serais pas candidat en cas de dissolution. Mais, c'est vrai que ça a été arrêter ma carrière comme ça à 20h45. c'est un choc assez profond mais vous savez, alors vraiment, il y a une vie après le Parlement, surtout après le Parlement tel qu'on l'a vécu ces dernières années. Donc, sans regret ni... Non, non, sans regret mais je...
la question, en revanche, de mon engagement personnel et fait, ce n'est pas parce que je ne suis pas candidat que je ne ferai pas campagne dans la circonscription qui était la mienne au service du candidat qui me remplacera et au service de mon parti et de la majorité. Je suis pleinement engagé, pleinement engagé avec mes camarades.
Jean-Louis Bourlange était l'invité de France Inter ce matin. Merci d'avoir été à notre micro.
Jean-Louis Bourlanges