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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 4 septembre 2024 15 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsRetraitesÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Emmanuel Macron : l’hypothèse d’une démission ? - C à Vous - 04/09/2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'Emmanuel Macron peut céder aux exigences de Marine Le Pen et nommer un Premier ministre RN compatible ?

  • 3:00RelanceRéponse partielle

    Il y aura peut-être une partie des députés socialistes qui seront bienveillants...

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Et celui contre lequel on voterait le moins, c'est Xavier Bertrand ou Bernard Cazeneuve ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Vous avez le sentiment que ça se joue à pile ou face ? Ca vous met en colère ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    La conclusion de votre édito dans "L'Opinion" de ce matin, c'était qu'on ne savait pas qui avait gagné les législatives, mais qu'on distinguait de plus en plus nettement à quel point le chef de l'Etat les a perdues. Il a perdu la main ?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    Parce que la demande en destitution de LFI n'a aucune chance ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00N.BeytoutFait
    « O.Faure est en fait l'otage de J.-L.Mélenchon. C'est lui qui a imposé la colonne vertébrale et l'essentiel du programme du NFP. »
  • 3:00N.BeytoutFait
    « Il n'y a que 2 possibilités. Il y a 3 blocs à l'Assemblée nationale: la gauche, le centre, dans lequel je mets la droite, et le RN. »
  • 4:00E.GirardFait
    « Pour subsister, un gouvernement devra avoir la bienveillance de 2 de ces forces. »
  • 5:00N.BeytoutFait
    « Si E.Macron s'échine à trouver une majorité pour voter un certain nombre de lois, il échouera. »
  • 6:00N.BeytoutFait
    « L'idée s'installe que la démission du président de la République est possible, qu'elle fait partie des possibilités. »
  • 7:00N.BeytoutFait
    « La demande en destitution de LFI n'a aucune chance. »
  • 8:00E.GirardFait
    « E.Philippe, psychologiquement, veut faire comprendre qu'il faut tourner la page. »
  • 10:00N.BeytoutFait
    « Le budget est extrêmement urgent et à peu près impossible à faire. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

l'élection parlementaire des députés et, superposée à celle là, l'élection présidentielle. Quand on a perdu l'élection des députés, tous les politiques ne font que penser à l'élection présidentielle. - A.-E.Lemoine: Il y a la responsabilité du chef de l'Etat, mais dans la liste des responsabilités, Patrick évoquait le sectarisme de la gauche.

Du coup, c'est M.Le Pen, aujourd'hui, qui fait le casting, allant même jusqu'à proposer J.-L.Borloo comme Premier ministre.

E.Macron est pris en otage? - N.Beytout: Oui.

O.Faure est en fait l'otage de J.-L.Mélenchon.

C'est lui qui a imposé la colonne vertébrale et l'essentiel du programme du NFP. J'étais stupéfait d'entendre O.Faure dire que l'idée d'avoir B.Cazeneuve, un socialiste, un social-démocrate, le dernier Premier ministre de F.Hollande, qui a quitté le PS pour protester contre l'accord avec LFI...

Entendre O.Faure dire que B.Cazeneuve, Premier ministre, ce serait une anomalie, ça me laisse pantois.

C'est un type qui a des principes, qui est droit. On peut l'aimer ou pas, mais dire qu'il représente une "anomalie" pour la gauche...

Dans le sectarisme, on atteint des sommets. - A.-E.Lemoine: Est-ce qu'E.Macron peut céder aux exigences de M.Le Pen et nommer un Premier ministre RN compatible? - E.Girard: Oui.

C'est l'éléphant dans la pièce. Il n'y a que 2 possibilités. Il y a 3 blocs à l'Assemblée nationale: la gauche, le centre, dans lequel je mets la droite, et le RN.

Pour subsister, un gouvernement devra avoir la bienveillance de 2 de ces forces. Si vous n'avez pas un accord, d'une façon ou d'une autre, entre la gauche et le bloc de centre droit, disons, avec entre fait de guerre possible l'abrogation de la réforme des retraites, vous avez forcément un gouvernement qui subsiste parce qu'il serait censuré par la gauche grâce à l'assentiment du RN. Donc oui, s'il n'y a pas la gauche dans l'équation, il y a forcément le RN.

Même s'il ne participe pas officiellement à la coalition. - N.Beytout: S'il n'y a pas une partie de la gauche, dans la coalition.

Il n'y aura jamais toute la gauche dans la coalition. - A.-E.Lemoine: Il y aura peut-être une partie des députés socialistes qui seront bienveillants... - N.Beytout: Peut-être quelques communistes, aussi.

X.Bertrand a une relation particulière avec un certain nombre de députés communistes. Il en joue, quand il dit qu'il est assuré de ne pas être "censuré".

Il pense à quelques voix des communistes. Le sujet de savoir comment le gouvernement peut survivre dépend largement du problème de savoir si une petite partie de la gauche accepte de suivre. La dernière fois qu'on s'était vus, c'était juste après les élections, avant l'interruption du mois d'août.

Je pensais à l'époque que la clé de la solution serait dans une majorité d'abstention. C'est toujours le cas. Si E.Macron s'échine à trouver une majorité pour voter un certain nombre de lois, il échouera.

Comme vous l'avez dit, il n'y a aucune possibilité d'avoir la combinaison de plus de 289 députés. Donc, il doit trouver une combinaison qui fasse que suffisamment de gens ne votent pas contre. Ca, ça peut se faire parce que, dans une démocratie, ce n'est pas la majorité absolue des députés, mais celle des voix exprimées qui l'emporte. - A.-E.Lemoine: Et celui contre lequel on voterait le moins, c'est X.Bertrand ou B.Cazeneuve? - E.Girard: Quand on pose cette question, à mon sens, on ne la prend pas par le bon bout.

Ca dépend sur quel programme. Si B.Cazeneuve arrive avec l'abrogation de la réforme des retraites, ça changerait tout.

Si on n'arrive pas à ça...

X.Bertrand a un problème personnel avec le RN. Il a battu M.Le Pen 2 fois de suite aux élections régionales.

Il est dans le viseur du RN. C'est finalement une tierce personne qui serait moins censurable, qui ne répondrait pas à ces exigences... - A.-E.Lemoine: Vous avez le sentiment que ça se joue à pile ou face?

Ca vous met en colère? - N.Beytout: Ce qui me fascine, c'est qu'on vit depuis 7 ans avec l'idée qu'on a un président de la République qui a installé le "et de droite, et de gauche".

Là, on va jouer aux dés le fait qu'on aura un gouvernement de droite ou de gauche, en tout cas penchant à droite ou penchant à gauche. On a un ancien Premier ministre socialiste aux portes de Matignon. On a un ancien candidat à la présidentielle de droite qui est aussi aux portes de Matignon et on a un chef de l'Etat qui est en train de dire que la France va basculer avec un gouvernement de droite ou un gouvernement de gauche.

Ca me fascine! Comment on a fait pour en arriver là? Ca me désespère car je ne vois pas quelle est la solution. - A.-E.Lemoine: La conclusion de votre édito dans "L'Opinion" de ce matin, c'était qu'on ne savait pas qui avait gagné les législatives, mais qu'on distinguait de plus en plus nettement à quel point le chef de l'Etat les a perdues.

Il a perdu la main? - N.Beytout: Oui.

L'idée s'installe que la démission du président de la République est possible, qu'elle fait partie des possibilités. La prochaine élection présidentielle est dans 3 ans? Pas sûr.

Au fond, toute la stratégie, ça dépend de lui et des blocages qu'il arrive à dépasser. - A.-E.Lemoine: Parce que la demande en destitution de LFI n'a aucune chance? - N.Beytout: Non, mais elle installe quelque chose: l'idée qu'il peut ne pas aller au bout de son mandat.

Le simple faite, dans le vocabulaire politique, de dire qu'on est à un moment où le président de la République peut ne pas aller au bout de son mandat, c'est un très gros changement. S'il y a un Premier ministre qui tombe au bout de 3 semaines, plus les 3 semaines qu'il faudra pour faire le gouvernement, puis un 2e Premier ministre en cours de mandat...

Viendra un moment où on se demandera si on peut continuer comme ça, avec des crises politiques et institutionnelles successives. Le sujet est en train de s'installer et ça rentre exactement dans ce qu'a fait E.Philippe en déclarant sa candidature. - A.-E.Lemoine: Il se disait même prêt pour une élection anticipée. - N.Beytout: Là aussi, ça installe l'idée, y compris parmi ses anciens amis, que la fin du quinquennat n'est peut-être pas certaine. - A.-E.Lemoine: Vous partagez ce sentiment?

E.Macron pourrait ne pas aller jusqu'au bout de son quinquennat? Ce n'est pas innocent de la part d'E.Philippe de déclarer sa candidature aujourd'hui? - E.Girard: C'est sûr qu'E.Philippe, psychologiquement, veut faire comprendre qu'il faut tourner la page.

Il tape au moment où E.Macron est le plus faible, le plus visiblement perdu. E.Macron, dans ses interviews, a toujours voulu donner l'impression qu'il savait très bien qu'il allait trouver le coup de billard à 8 bandes qui allait mettre toutes les billes en dehors de la table.

Finalement, on se rend compte que non. Il n'a pas le coup de billard de génie. Il ne trouve pas la perle dans l'huître...

C'est à ce moment-là qu'E.Philippe dit qu'on arrête avec ça, qu'il propose autre chose à partir de 2027. Sur la démission, je n'y crois pas du tout.

Ca ne correspond pas à la psychologie profonde d'E.Macron. Ca ne correspond pas à ce qu'il fait depuis maintenant 7 ans.

Son objectif, c'est de laisser une empreinte. - A.-E.Lemoine: Elle sera laissée, en l'occurrence, avec la crise qu'on vit? - E.Girard: C'est pour ça qu'il ne veut même pas entendre parler de détricotage de certaines de ses mesures.

Vous l'imaginez partir en ayant démissionné avant la fin de son mandat? Après avoir dit tant de fois qu'il ne démissionnerait jamais? Ce serait un tel aveu d'échec que je ne l'imagine pas. - P.Cohen: Avec en plus, dans l'équation, la réalité parlementaire après les élections, c'est-à-dire un bloc central qui, quel que soit le scénario qu'on peut imaginer, fera partie de la majorité. - E.Girard: C'est pour ça qu'on ne peut pas parler de cohabitation. - P.Cohen: C'est une défaite évidente, mais particulière, où les députés du camp présidentiel ne sont pas dans l'opposition comme dans les précédentes cohabitations. - N.Beytout: Le président est aujourd'hui empêché de garder la main.

Il ne peut échapper à une sanction que s'il accepte l'idée qu'on rentre dans une cohabitation, qu'il rentre dans une forme de cohabitation. Donc, qu'une partie de son bilan...

Les retraites, pas de hausse des impôts, ce soit d'une façon ou d'une autre remis en cause. - A.-E.Lemoine: Avec X.Bertrand, ce serait une forme de cohabitation?

On connaît l'opposition des 2 hommes. X.Bertrand se présente comme un opposant politique à E.Macron, l'antithèse du président.

Ni banquier d'affaires, ni héritier et pas énarque? - N.Beytout: C'est vrai que c'est l'agent d'assurances, l'homme des "vrais gens", le Français moyen de Saint-Quentin. - P.Cohen: Il assurait des mobylettes jusqu'en 2004. - N.Beytout: A plusieurs reprises, X.Bertrand, lors des cérémonies officielles, a eu des attitudes assez goguenardes et agressives pour le chef de l'Etat.

Tel qu'on connaît E.Macron, il y a un respect de la fonction que X.Bertrand n'a pas toujours montré.

Autant B.Cazeneuve est plutôt rigide, autant X.Bertrand est assez plastique.

Sans mauvais jeu de mots! - A.-E.Lemoine: X.Bertrand, c'est l'assurance qu'on ne touche pas à la réforme... - P.Cohen: Le jeu de mots, c'est "Plastique Bertrand". - A.-E.Lemoine: C'est vrai?

Mon Dieu, N.Beytout! Tout part à vau-l'eau... - N.Beytout: J'ai honte. - A.-E.Lemoine: X.Bertrand, c'est l'assurance qu'on ne touchera pas à la réforme des retraites, contrairement à B.Cazeneuve?

La cohabitation serait plus dure sur le plan politique que sur le plan personnel avec B.Cazeneuve? - E.Girard: Effectivement.

Même si, dans un cas comme dans l'autre, le nouveau Premier ministre voudra montrer qu'il n'est pas fait du même bois qu'E.Macron, que lui, c'est l'ancien monde, c'est serrer des mains et être à portée de claques du Français moyen. On aurait dans les premières semaines, ne serait-ce que pour obtenir un enthousiasme de l'opinion et éviter la censure, un surjeu autour de ça, autour d'une dualité.

Ils sont obligés de s'entendre. En Conseil des ministres, quand on prend des décisions, il y a la signature du Premier ministre et du président de la République. - E.Tran Nguyen: En tout cas, dans les premières semaines, le futur Premier ministre va devoir s'atteler au budget 2025, avec une rentrée sociale qui pourrait être très agitée, comme le laissait entendre ce matin la secrétaire générale de la CFDT. - M.Léon: Quand je parle avec les salariés que je vais rencontrer, ils me disent qu'ils ont voté, qu'ils attendent que les politiques arrêtent de se regarder le nombril et de ne parler que d'appareils politiques.

Je pense que ça ne répond pas aux attentes des travailleurs et des travailleuses qui, aujourd'hui, disent qu'ils veulent être respectés au travail, vivre dignement de leur travail. Il y a une véritable urgence sociale. Il y a besoin de réformes, de prendre des mesures. - E.Tran Nguyen: Quel est le dossier le plus chaud pour le futur Premier ministre?

Est-ce que ça va être d'élaborer un budget ou le risque d'explosion sociale? - N.Beytout: Le budget.

Le risque social est assez mesuré. Les syndicats ne participeront pas à la journée du 7 septembre, par exemple, même pas la CGT. C'est une manifestation voulue par LFI.

Les syndicats sont dans une période d'attentisme. Je ne les vois pas mettre du sel sur la plaie. En revanche, le budget est extrêmement urgent et à peu près impossible à faire.

On est dans un moment globalement populiste light, mais populiste quand même. Les gens veulent l'abrogation de la réforme des retraites, ils veulent travailler moins et moins longtemps. Ils veulent plus de pouvoir d'achat, mais il faut moins de déficit et, si on met plus d'impôts dans un pays déjà recordman du monde des pays développés des impôts, ça casse.

C'est donc une conjuration des contraires. Pour des gens qui n'ont pas un appui politique extrêmement fort, il y a une quasi impossibilité à trouver une voie de passage pour le budget. - A.-E.Lemoine: E.Girard? - E.Girard: Je ne sais pas comment on fait voter un budget qui respecte les critères de Maastricht, ou en tout cas qui nous rapproche de moins de déficit, avec la majorité actuelle de l'Assemblée nationale.

Si vous augmentez les impôts, la droite ne vote pas. Si vous baissez les dépenses publiques, une grande partie de la gauche ne vote pas. Et le RN ne votera sans doute pas,

Emmanuel Macron : l’hypothèse d’une démission ? - C à Vous - 04/09/2024 — Emmanuel Macron · Pourquijevote