KAÏS SAÏED, LE "ZEMMOUR TUNISIEN" BIENTÔT RÉÉLU ? LES ENJEUX DE LA PRÉSIDENTIELLE EN TUNISIE
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som de retour sur le plateau du média à thème Nafti m'a rejoint il était séiste membre de l'Observatoire tunisien du populisme et auteur de l'ouvrage notre ami kï Saïd etess sur la démocrature tunisienne qui vient de paraître aux éditions Riveneuve nous parlerons du contexte de l'élection présidentielle qui se déroulera ce dimanche 6 octobre en [Musique] Tunisie bonsoir àem ce dimanche 6 octobre les Tunisiens sont appelés au yeux pour une élection présidentielle dont le scrutin semble jouer d'avance le président sortant Kai saidï est candidat à sa propre succession et favoré du scrutin malgré un mandat marqué par une gouvernance populiste et autoritaire nous vous avions déjà reçu au médias en mars 2023 pour parler de l'inquiétante des rives autoritaires de kï saidïd qui le 25 juillet 2021 s'est arrogé les pleins pouvoirs en transformant le régime politique grâce à une révision constitutionnelle nous avions également discuté du virage identitaire et raciste opéré par kissed qui lors d'une réunion du Conseil de sécurité nationale avait soutenu que l'immigration clandestine de ressortissant de pays d'Afrique sub-saharienne relevé d'une entreprise criminelle destinée à changer la composition démographique de la Tunisie afin d'estomper son caractère arabo-musulman ces déclarations proches des thèses du grand emplacement avait ouvert la voix à une vague de violence entinoire dans le pays on a encore en tête hein ces images de migrants subsahariens chassés et abandonné dans le désert à la frontière entre la Tunisie et la Libye atè Nafti avant de parler de l'élection présidentielle de ce dimanche j'aimerais en savoir plus sur la situation des migrants Tunisie le traitement qui leur est réservé est-il meilleur ou bien au contraire la situation à empiré alors la situation a globalement empirée mais pour les migrants heureusement je suis soulagé de dire ça il y a plus ces scènes de Porom de chasse à l'homme qu'on a pu voir à deux reprises en février 2023 mais aussi en mai 2000 en pardon en juillet 2023 où on a vu des des altercations raciales ça ça n'existe plus aujourd'hui en tout cas pas avec cette pas avec cette violence mais le problème demeure le même il a même été aggravé parce que les les autorités européennes au moment où les où il y avait ces ces scènesl sont venus signer un mémorandum d'entente sur la question essentiellement migratoire B on a parlit d'un package mais en réalité c'était essentiellement sur la question migratoire au moment même où des personne mourit dans le dans le désert les Européens sont venus signer un accord avec avec la Tunisie pour que le régime continue à être un un garde de frontière donc de ce côté-là il y a moins de violence le problème demeure le même les Subsahariens continuent à affluer en Tunisie notamment à travers les frontières algériennes et libyennes et le le régime narrive pas à disons à parler à ces notamment au au gouvernement algérien et d'un autre côté il fait de plus en plus les gardes de frontières pour les pour les pays européens donc il y a de plus en plus de personnes qui se trouvent bloquées qui on par les associations parlent d'un piège à migrant c'est-à-dire on les laisse entrer en Tunisie et on les empêche d'aller en Europe et souvent elles ne peuvent plus rentrer dans leur pays qui est qui est en guerre donc elles sont coincées en Tunisie tout ce qu'on a fait c'est qu'on les a déplacé dans des régions un petit peu moins peuplé avec des populations pour le coup beaucoup plus vulnérables donc les a sorti des cent-villees et on les a dirigé notamment dans la région de SPAX dans euh dans la disons dans l'arrière pays de de SPAX dans des des oliveret donc face à des populations qui elles-mêmes sont sont démunies ou en tout cas ent moins de de pouvoir d'achat et et pèsent moins aussi électoralement donc on les a mis en prise avec des personnes précaires et euh aujourd'hui voilà c'est c'est la situation est là il y a de plus en plus de migrants qui se qui sont coincés en Tunisie et on essaie juste de les éloigner des regards du plus grand nombre sa cétant la deuxième ville du du pays alors parlons désormais de l'élection présidentielle du 6 octobre prochain vous vous introduisez votre dernier livre en évoquant une une élection qui vient clôturer un quinquena inédit dans l'histoire de la Tunisie indépendante en quoi diffèrent-il des mandats de ses prédécesseurs alors la Tunisie a connu à peu près 60 an de de régimes autoritaires donc depuis l'indépendance jusqu'à la Révolution on avait des élections joué d'avance très souvent des élections à candidat unique on a même eu bourgiba s'est octroyé la présidence ave donc on était un petit peu habitué à ce genre de scrutin où il y a aucune surprise après la Révolution il y a une sorte de démocratisation du régime qui a abouti à à des élections qui étaient rudement disputées et on pouvait difficilement savoir qui allait qui allait l' porter ce qui se passe aujourd'hui c'est qu'on est dans une sorte d'entre deux c'est-à-dire que il y a un niveau de verrouillage inédit qui peut même surpasser ce que ce qu'on a connu sur briba Benali parce que voilà on y mettait un petit peu les formes là par exemple la loi électorale a été modifiée une semaine avant le avant l'élection un des trois candidats admis est en prison et aujourd'hui les autorités judiciaires s'empressent de le condamner définitivement pour qu'il puisse derrière être être recalé et donc que ses voix soient annulées euh trois candidats ont été empêchés de concourir alors qu'ils avaient euh un dossier complet ils ont été rétablis dans leur bon droit par le tribunal administratif les non seulement le l'instance électorale a refusé d'obtempérer mais par ailleurs elle a euh les députés ont changé la loi pour que le tribunal administratif ne gère plus le contentieux électoral c'est-à-dire c'est quand même une élection c'est la cour d'appel qui le gère désormais aujourd'hui c'est ce qu'on appelle la justice judiciaire euh c'est-à-dire la justice pénale pour aller vite avant c'était le tribunal administratif c'était des des enfin l'élection c'est des décisions administratives donc c'est assez logique que ce soit le tribunal administratif donc la loi a été changée pour non seulement invalider les décisions du tribunal administratif de rétablir ses candidats empêcher ces candidats d'ester en justice et de contester cette cette décision et par ailleurs soumettre cela à une justice qui est aujourd'hui totalement aux ordres à savoir la justice pénale qui est aujourd'hui aux ordres de l'exécutif et quand un magistrat ne juge pas comme le voudrait le régime il peut être et on l'a vu il peut être révoqué il peut être muté de force c'est ce qui est arrivé par exemple à la présidente d'un tribunal qui a ordonné la libération de ce candidat donc aiamel elle a ordonné sa libération le lendemain elle a été mutée euh à l'autre bout du pays à quelques mois de de la retraite donc c'est une justice qui est clairement aujourd'hui acquise au régime donc l'élection forcément bah se tient dans un climat tendu marqué par l'arrestation d'opposants l'exclusion de nos candidat vous l'avez dit des manifestations en défense des droits et libertés ont eu lieu les 13 et 22 septembre dernier entre 500 et 1000 personnes ilc compris des militants de l'opposition et de la société civile ont défilé dans la capitale pour dénoncer donc ce projet de révision de loi électorale finalement adopté en large majorité par le Parlement le 27 septembre dernier vous nous avez déjà dit beaucoup c'était ma question sur les manœuvre déployé par le président sortant pour verrouiller le scrutin assurer sa sa réélection le président kessï a également procédé à un remanement ministériel qui a suscité de nombreuses interrogations et qui est intervenu à un mois des des élections présidentielles quels sont les les enjeux autour de ce remanement alors il y a un double enjeu le premier enjeu pour le président de la République c'est de d'engjander l'élection il se comporte comme s'il y avait pas d'élection il fait pas campagne il y a quelquesuns ces partisans qui font qui se baladent dans les rues en harborant son son portrait c'est pas ce que j'appelle une campagne électorale il a même réduit de manière drastique les frais de campagne de toutes les façons aujourd'hui impossible en réalité de tenir de grands meetings tels qu'on les a connus entre 2011 et 2021 pour l'heure il a deux candidats qui sont il y a deux candidfin il y en a un qui est en prison donc la question est réglée pour lui qu'il a un candidat face à lui alors qu'il y avait quand même 17 candidatures qui avent été il y avait 17 candidatures certaines d'entre elles n'étaient enfin la Commission a eu raison d'écarter il y avait des personnes qui avaient un défaut de parrainage et cetera donc il y avait 17 qui ont déposé un dossier ça voulait pas dire pour autant que ces dossiierers étaient valides mais il y en a au moins trois qui ont déposé des dossiers valides qui représente un petit peu les forces aussi qui pèsent en Tunisie à savoir un ancien ministre de Ben Ali aujourd'hui un véritable nostalgie de l'Ancien Régime un ancien ministre islamiste et un conservateur donc ce sont réellement des des familles politiques qui pouvaient un petit peu gêner le président de la République donc eux ils ont été empêchés et ce monsieur donc aesizamel qui était un inconnu mais qui aujourd'hui se trouve par la force des choses être le candidat d'une bonne partie de l'opposition aujourd'hui on essaie tout simplement simplement de faire annuler ses voix c'estàdire que détention c'est lui qui est en détention et on tient parce que la la commission électorale peut annuler une élection en tout cas peut annuler des voix obtenu par un candidat qui aurait été définitivement condamné par pour manœuvre électorale donc lui on l'accuse de d'avoir trafiqué ces ses parrainages ces accusations qui selon vous sont fallacieuses alors en fait c'est un petit peu plus compliqué que ça c'est-à-dire que le le système de parrainage est un système très euh très fragile aujourd'hui n'importe quel citoyen peut pariner un un candidat je l'ai moi-même fait le problème c'est que si la personne se déjuge il est très difficile de savoir si elle a véritablement pariné quelqu'un ou s'il y a eu fraude et normalement une justice juste entre guillemets devrait prouver si jamais il y a fraude il faut aussi prouver que le candidat en lui-même a fraudé et c'est ça en réalité ce que disent les avocats ils disent oui alors c'est une personne qui s'est dé juger pourquoi pas mais aucune encore une fois d'après les avocats parce qu'on a pas le on n pas si vous voulez la la version des des autorités du parquet donc ce qui explique les les avocats c'est queils disent oui il y a des personnes qui ont dit je n'ai pas je n'ai pas parrainé un tel mais ce n'est pas suffisant pour dire que un tel vous a corrompu pour que vous le vous le parraignz on parle de 10000 parrainages imaginez enfin c'est juste pas possible qu'on demande à 10000 citoyens de de vous pariner et donc aujourd'hui il y a une justice qui voilà qui est extrêmement rapide et aujourd'hui même il vient d'être condamné en appel dans l'une de ces dans l'une de ces de ces affaires condamné en appel alors qu'il a même pas été entendu donc la cour d'appel a confirmé euh bah ce que disait le le tribunal de première instance et donc c'est une condamnation qui peut être considérée comme définitive même s'il y a un pouvoir en cassation et l'idée c'est que on arrive avec au moins une une condamnation définite pour que le la commission électorale qui a été nommée par le Président de la République et qui lui voou une allégeance contrairement à ce que à ce qu'elle dit viennent dire oui mais là j'ai quelqu'un qui entretemps a été condamné pour avoir acheté des parrainages et donc il est tout à fait normal que je l'écarte et si on l'écarte il y a beaucoup de choses la première des choses c'est que mathématiquement vous avez trois candidats si vous avez plus que deux bah il y a plus qu'un tour et deuxème chose si je pense que si les autorités agissent de cette manière aussi décomplexée c'est que elles ne sont pas assurées de l'élection de K Said et donc il ne fait même pas semblant sa code de popularité a chuté parce qu'il plutôt sout par malheureusement je ne peux pas répondre à cette question parce qu'on a plus d'indicateurs on avait avant on était abreuvé vraiment en Tunisie comme en France euh on était abreuvé de sondages de popularité et cetera on a arrêté de d'en publier parce que les sondeurs ont peur et parce que y compris quand vous discutez avec des sondeurs ils vous disent même la personne qui me répond il y a un facteur peur qu'on arrive pas à déterminer c'est-à-dire qu'avant les gens pouvaient dire vous pouviez dire que vous alliez voter pour l'opposition vous êtes pour la chute du régime et cetera d'Ille lui-même pendant 10 ans c'est ce qu'il a fait il a profité de la parenthèse libérale pour précisément dire qu'il était contre le contre enfin contre le régime qui voulait que le régime change aujourd'hui si ce même ka était dans l'opposition il sera en prison pour complot contre la sûreté de l'État et et que sais-je donc aujourd'hui les sondeurs même quand ils demandent bah il y a des gens qui qui leur répondent et ils essayent d'estimer le facteur peur vous pouvez dire je suis pour le président mais en réalité vous avez juste peur de la délation de de de finir en prison en revanche ce qu'on sait c'est qu'il n'y a pas d'adhésion à son projet ça on peut le on peut le parce qu'il y a eu des élections intermédiaires et que il a changé les règles du jeu pour instaurer un nouveau système donc plutôt enfin ultra présidentiel mais avec des élections législatives et des élections locales et par quatre fois donc deux fois de Tours pour les deux chambres en réalité du du parlement tunisien le taux de de participation était de 11 % c'est un record mondial il y a pas un autre pays qui obtenu ça ça ça veut dire que les gens en tout cas ne croient pas à son projet mais il y a à mon sens ce qu'on appelle une adhésion plutôt passive c'est-à-dire que Kid A un narratif qui se tient basé sur la théorie du complot il y aurait des complots intérieurs extérieurs qui toucheraient le pays la question des vous avez parlé tout à l'heure de la question des subsaharien c'est la théorie du Grand remplacement d'ailleurs il a été applaudi par un grand démocrate qui est ERC Zemour euh il a tweté dans la journée pour dire voyez même même au Maghreb il commence à ouvrir les yeux euh la théorie du Grand remplacement est une théorie du complot c'est-à-dire que en gros il y a des Européens qui veulent se débarrasser des des Noirs il y a des Noirs qui veulent coloniser toute l'Afrique et notamment l'Afrique du Nord et qui fait que des personnes comme vous et moi euh nous sommes considérés comme des colons aussi parce que n'étant pas noir étant étant donc c'est une théorie du du complot mais il y en a plein d'autres euh les problèmes économiques sont expliqués par par le complot il la Tunisie connaît une sécheresse depuis 6 7 ans il y a des explications donc il y a des coupures d'eau ce qui est assez logique en réalité il y a un problème en plus de de distribution de l'eau il y a des ministres qui vous expliquent ça ils vous disent on est obligé de de couper l'eau on essaie de le faire le soir pour gêner un minimum mais il faut absolument faire ça pour pour que ça s'arrange et vous avez le président de la République qui s'en vient derrière et qui dit non non pas du tout s'il y a coupure d'eau c'est qu'il y a des gens qui complotent qui sabotent les canalisations qui sabotent exactement pour vous euh pour que vous soyez en colère et que vous retourniez contre moi en réalité donc il y a cette théorie du complot qui qui installe tout un narratif et qui désigne à chaque fois un bouquet missaire alors c'est soit les anciennes élites soit les Noirs soit même l'administration l'état profonde on retrouve un petit peu le le même schéma de toutes les théories du qu' se déresponsabilise il se déresponsabilise totalement et il est doublement irresponsable c'est-à-dire un il ne s'estime responsable de rien et en plus dans la Constitution qui l'a mise en place il est responsable de rien du tout c'est-à-dire il peut pas être démis par par le par le Parlement ce qui existait même sous la dictature la dictature sous la dictature on pouvait dans des cas très particuliers le Parlement pouvait se constituer en Haute Cour et destituer face c'était un régime assez similaire à ce qu'il y a à ce qu'il y a en France et donc destituer le président de la République aujourd'hui il ne répond de rien il est pénalement irresponsable bon ça ça existe chez pas mal de présidents mais aussi il ne peut pas être démis de de ces fonction donc à partir de là on ne sait pas mais ce qu'on retrouve c'est queavec toutes ces théories du complot vous avez un narratif qui s'installe d'un complot généralisé qui vise les Tunisiens et il y a une seule personne qui est capable de lutter contre ce complot c'est ce président de la République et donc les gens font encore autour de lui mais on ne ce que je vous raconte je suis incapable de euh en tout cas de le de de le chiffrer parce qu'il n'y a plus du tout de de sondage de popularité d'accord donc on peut plus mesurer a plus de sondage donc on peut plus mesurer la code de popularité du président Kai sa est-ce qu'on a des chiffres qui indiquent un peu les intentions de vote ou non plus ti non c'est une grande inconnue et puis euh et puis il y a un véritable dilemme par rapport aux oppositions parce que il y a une partie de l'opposition qui dit il faut de toutes les façons il faut voter contre lui il faut qu'il s'en aille donc on va aller aux élections et il y a une autre partie qui vous explique que oui mais d'un autre côté le jeu est tellement biaisé euh je vous ai raconté jusqu'à aujourd'hui je veux dire la justice est est mobilisé clairement pour pour le camp présidentiel le jeu est tellement biaisé que il participer en réalité on va on sait très bien qu'il ne va pas partir en perdant une élection il a déjà même annoncé il a dit aujourd'hui c'est une bataille soit je reste soit c'est la mort enfin quelque chose comme ça il a fait une référence islamique qui va dans ce sens-là il a aussi dit il est hors de question que je confie le pays au traîtres et au non patriotes quand vous voyez qui sont les traîtres et les non patriotes c'est tous ceux qui ne pensent pas comme lui donc il y a en réalité un dilemme et vraiment l'opposition est très divisée sur sur cette question est-ce qu'il faut aller voter en estimant que de toutes les façons il y a une sorte de ralbol généralisé qui pourrait faire que il soit il perdent de l'élection soit qu' soit obligé de trafiquer ses élections et donc que ça toucherait ça entamerait sa légitimité il y a une autre partie qui explique mais attendez de quoi parle-t-on c'est un jeu biaisé et le le type j'ai envie de dire ne se ne se cache même pas pour vous le dire c'està dire il fait même pas semblant et donc la participation dépendra énormément de ça est-ce qu'on en sait d'ailleurs plus sur le sort réservé enfin on le connait elle a été condamnée à 8 mois de prison ferme à l'avocate et chroniqueuse Donia Damani qui a été condamné justement en raison de propos jugés hostile à l'égard du du président est-ce qu'on a est-ce qu'on a des des nouvelles de cet avocate oui on essaye on essaie d'avoir des nouvelles de tous les de tous les prisonniers d'opinion c'est pas c'est c'est c'est c'est pas c'est la dernière qui a été condamnée je crois il a plein en fait il y en a eu il y en a tout le temps et d'ailleurs on on arrive pas autre chose on arrive pas à estimer le nombre de personnes qui ont été c'est condamné en vertu de cette de ce décret loi 54 c'est c'est un texte qui a été édicté par le Président de la République en l'absence d'un parlement parce qu'il il gouvernait par décret loi à l'époque et qui fait encourir jusqu'à 10 ans de prison toutes personnes coupable entre guillemets de de fake news alors fake news en réalité c'est la critique du du gouvernement parce que à titre personnel je suis calomnié mais tous les jours par vous avez droit de rentrer en Tunisie pardon vous avez le droit de rentrer en Tunisie alors en théorie j'ai un passeport tunisien donc je peux rentrer en Tunisie on m'a largement déconseillé de le faire donc ça fait un an et demi que j'y ai plus mis les pieds et j'ai eu des euh des menaces il compris des menaces physiques euh où on m'a dit euh valait mieux pas que je rentre mais mais aujourd'hui en tout cas ce que je dis aujourd'hui très très enfin un procureur pourrait dire que c'est des fake news et je pourrais être condamné jusqu'à 10 ans de prison juste pour notre entretien actuel alors euh est-ce que les les les États européens n'ont pas intérêt aussi à soutenir la la candidature de Kai said vous l'avez dit euh tout à l'heure je vais peut-être le rappeler depuis début 2024 les arrivées en Italie en provenance de la Tunisie ont chuté de 82 % selon le commissariat des nations- Unies pour les réfugiés même s'il s'en défend le chef de l'État tunisien est devenu le garde- frontière brutal de l'Europe c'est ce qu'on peut lire dans un article paru dans le monde donc on sait aussi que dans une note diffusée le le 20 le 7 juillet dernier 27 ministes d'affaires étrangères se sont dit très inquiet par rapport à la la détérioration du climat politique un espace civique qui se rétrécit mais en même temps ces états-là est-ce qu'ils n'ont pas intérêt à pousser et soutenir euh K saidï pour qu'il reste au pouvoir puisqu'il fait le le travail de de sous-traitance en matière migratoire ah mais complètement euh les euh il faut toujours se méfier de ce discours des valeurs je prends toujours l'exemple he loin de la Tunisie je prends l'exemple de la France qui lutte contre l'islamisme ça c'est un sujet très entendu euh la France lutte contre l'islamisme en Iran contre l'islamisme en Afghanistan mais bizarrement à ma connaissance l'un des pays les plus islamistes au monde l'Arabie Saoudite là on y touche pas vraiment donc là ça gêne beaucoup moins vous voyez donc la question de de l'adaptation des valeurs c'est pas nouveau mais pour revenir au cas tunisien oui il y a une volonté des pays européens de aujourd'hui enfin vous vous en parlez tous les jours la question migratoire est devenue obsessionnelle chez les gouvernements il se trouve que le pays européen le plus proche de la Tunisie c'est l'Italie et et il se trouve que c'est un pays qui est aujourd'hui dirigé par Georgia Meloni qui est devenu un petit peu la madame immigration de toute de toute l'Union européenne ça arrange tout le monde en réalité c'est dire laisser la facho faire faire son c'est ce que font les Français en réalité il y a plus véritablement de soutien direct mais on est bien content que mélonie gère le le cas tunisien c'est elle qui a été à l'initiative du mémorandum qui a été signé avec l'Union européenne donc il y a la question migratoire mais il y a aussi une question d'influence c'estàdire on a un Occident qui de plus en plus plus à l'impression enfin se sent de plus en plus fragile il y a de plus en plus de pays notamment en Afrique qui se tourne qui vers la Russie qui vers la Chine qui vers les deux et la Tunisie se trouve que c'est l'un des tout derniers pays africains qui soit toujours un petit peu dans l'escarcell et européenne et occidentale et francophone c'est l'un des tout derniers pays francophones d'Afrique qui va continuer à avoir de de bons rapports avec avec la France donc il y a cette cette peur la semaine dernière il y a eu un article i qui parlait d'une note au sein de l'équivalent du ministère des Affaires étrangères de l'Union européenne où on disait d'une part que on s'inquiétait de la dérive autoritaire en Tunisie et que à un moment c'est plus possible de soutenir ce ce qui se passe mais à la fin ce qu'il disait c'est assez intéressant c'est assez révélateur pour moi si on arrête de soutenir la Tunisie elle va se tourner vers des pays des pays hostiles alors ils n'ont pas nommé les pays hostiles mais on comprend très bien on parle essentiellement de la Chine de la Russie et de l'Iran et euh moi j'en sais quelque chose à chaque fois qu'il y a euh une visite d'un rus en Tunisie je suis Assali de d'appels de journalistes occidentaux qui se disent ou là là on a perdu on a perdu la Tunisie et cetera en réalité si on fait le bilan de de Kid au bout de 5 ans s'il y a un bloc avec lequel les relations se sont même améliorés c'est le bloc occidental la Tunisie continue la coopération militaire avec les États-Unis et la coopération migratoire a atteint un niveau inédit avec l'Union européenne avec la Chine avec la Russie et avec l'Iran j'ai envie de dire ils ont d'autres chat à fouettés la Tunisie n'est pas un pays stratégique pour eux ça ne veut pas dire qu'il n'y ait pas une entreprise générale de de présenter une sorte de contremodèle occidental on sait que la Chine y travaille que la Russie travaille encore plus mais si vous voulez la la Tunisie n'est pas à ce point stratégique pour que euh pour qu'on y investisse autant d'argent la Chine par exemple enfin les les pres du président sont enfin pour une parti viennent d'une gauche assez radicale qui veulent que voilà qu'on se désoccidentalise et qu'on rompe avec le FMI moi je je bois du petit lait quand on dit ça je j'ai pas du tout de problème avec ça mais en réalité quand ils sont allés voir la Chine par exemple l'ambassadeur de Chine l'année dernière il a dit on peut vous aider mais signez d'abord avec le FMI donc il y a pas enfin la n'est pas prioritaire sur l'agenda de ces pays il y a pas eu de d'avancée significativ avec ces pays mais c'est suffisant pour faire ce chantage au pays occidentaux continuer à me soutenir sinon je vais regarder un petit peu plus vers l'est le risque de conflit est-ce qu'il est réel entre les partisans de kï saidï et de ses opposants qui considéraent le le scruur illégitime on l'a on l'a dit tout à l'heure le climat est très tendu durant cette ce temps de l'élection présidentielle mais le post élection présidentielle qu'est-ce qui risque d'arriver en Tunisie alors honnêtement et j'espère avoir raison mais je je le pense il y aura pas ce qui peut se passer dans d'autres pays quand une élection é truqué il y aura pas de heure ça je n'y crois pas une seule seconde euh pourquoi parce que aussi bien les proches de Said que les opposants il y a une une dépolitisation immense c'est-à-dire que vous avez parlé tout à l'heure de de l'opposition et de la société civile on a on a réuni entre 500 et 1000 personnes le Grand Tunis c'est 2 millions de personnes juste pour vous donner un ordre d'idée et c'était essentiellement des CSP+ et bah ce qu'on appelle ici une jeunesse urbanisée plutôt occidentalisée d'ailleurs c'est tout en réalité les quartiers populaires qui ont bougé par exemple pour faire chuter Benali aujourd'hui il ne bougent pas il y a une apathie générale il y a un retour de la peur aussi et cette jeunesse était plus politisée durant les soulèvements de 2010 et 2011 tout à fait tout fait parce que il y avait euh il y avait dans les quartiers populaires une une politique contestataire euh alors qui existe aujourd'hui mais en tout cas qui est étouffé et c'est j'ai envie de dire c'est plutôt une mauvaise nouvelle parce que c'est le principe de la cocotte minute le jour où elle explosera et je pense que c'est une une erreur vraiment si l'opposition une partie de l'opposition tablit sur des troubles sociaux je pense que aujourd'hui personne en réalité même quand il y a des des manifestations de des anti il essaie toujours de faire une contrreanifestation et de PEL les trois tondu alors que il a les euh les moyens de l'État et cetera et cetera donc personne n'a véritablement de troupes sur le terrain il y a une démobilisation générale et donc à mon sens une explosion sociale il faut pas tabler dessus parce que pour le coup ça si explosion il y a ça va pas atteindre que le pouvoir ça va atteindre tout le monde et ça va être terrible donc je ne le souhaite pas et je ne le surtout je ne le vois pas je pense qu'il y a une sorte de résignation que ces élections de toutes les façons sont truqué je parle pas forcément de bourrage d'urne mais quand vous avez un tel déséquilibre une telle violation des lois déjà on est plus dans un scrutin qu'on qu'on dit libre et transparent ce n'est plus le cas déjà en amont avant même qu'on commence à voter c'était pas c'était pas le cas non plus sous sous Benali les Tunisiens ont quand même réussi à faire chuter un homme qui restait 23 ans au pouvoir pourqui mais pas mais pas après avoir truqué une élection c'était pas c'était c'était un mouvement social euh effectivement c'est c'est le principe de la cocotte minute c'est-à-dire que la même année si vous voulez fin donc le 17 décembre 2010 il y a eu ce Mohamed boazizi qui s'est imolé par le feu entraînant donc tout ce qui tout ce qui s'est passé 6 mois auparavant il y a eu un autre jeune de monastire qui a fait la même chose et qui n'a ému personne 2 ans auparavant il y avait un fort mouvement social dans le sudest sud-ouest pardon de la Tunisie dans le dans le bassin minier de Tunisie qui a été maté dans le sang moi à l'époque je vivais encore en Tunisie très très peu de gens ont entendu parler ne serait-ce que de cette répression donc là c'est pas euh encore une fois on peut il y a un risque d'explosion qui me semble minime mais quasi inexistant pour la semaine prochaine et et tant mieux je j'ai envie de dire parce que si on sombre dans la violence on sait pas du tout ce que ça va ce que ça va donner euh il faut essayer de trouver une solution pacifique mais euh quelle solution pour l'instant je je pour l'instant je je je ne vois pas de solution dans l'immédiat sauf à rappeler à à œuvrer de manière pacifique pour rappeler pour expliquer euh un petit peu aussi casser un petit peu le mythe de de ce chevalier blanc qui qui qui ne sait jamais qui ne s'est jamais s dans la salle politique et cetera il a vraiment cette cette image aujourd'hui quand vous vous employez la justice quand vous employez la police quand vous en prenez à des pauvres migrants subsarien que vous les déshumanisz je vois pas du tout en quoi ça vous ça vous glorifie donc moi j'essaie de de convaincre à ma à ma petite échelle et pour vous le dire aussi clairement c'est pas en écrivant des livres en français que jeis m'adresser au mass je j'en suis parfaitement conscient je ne me considère pas non plus comme un acteur politique de de premier ordre mais il faut faire euh il faut continuer à lutter de toutes les façons c'est tout ce que je sais faire aussi bien d' en France qu'en Tunisie je ne sais que lutter pacifiquement euh et essayer de convaincre convaincre jusqu'à ce que les gens soit convaincu mais en aucun cas le une explosion des violences ne profiterait y compris aux gens qui sont aussi aujourd'hui dans dans l'opposition donc ce n'est ni souhaitable là titre personnel ni philosophiquement souhaitable pour moi ni même cyniquement souhaitable merci beaucoup at thè Nafti je rappelle que vous êtes e membre de l'Observatoire tunisien du populisme et auteur de l'ouvrage notre ami K saidïd et c'est sur la démocrature tunisienne qui vient de paraître aux éditions rivner [Musique]
Éric Zemmour