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InterviewFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 19 février 2016 45 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalTravail & emploiAgriculture & alimentationÉconomie & entreprises

François Hollande invité exceptionnel du 18/20

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 52 %Attaque 23 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:40OuverteRéponse directe

    Ne devrait-on pas profiter des négociations sur le Brexit pour redéfinir un véritable projet politique européen ?

  • 4:07OuverteRéponse directe

    En quoi avez-vous réorienté l'Europe depuis mai 2012 ?

  • 6:04OuverteRéponse directe

    Pourquoi traite-t-on la Grande-Bretagne avec tellement de déférences au sujet du Brexit alors que la Grèce a été soumise à l'austérité ?

  • 6:36OuverteRéponse directe

    Pourquoi ne pas consulter les Français pour savoir s'ils veulent garder les Anglais dans l'UE ?

  • 9:23OuverteRéponse directe

    La France, sixième puissance économique mondiale, ne sait pas accueillir les réfugiés comme l'Allemagne. Que dites-vous de cette honte ?

  • 11:26OuverteRéponse directe

    La jungle de Calais porte hélas bien son nom, c'est une verrue pour la France. Que faites-vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:21InvitéFait
    « On nous demandait d'être en dessous de 3%, vous vous rappelez, de ce pacte de stabilité. Nous avons apporté ce qu'on a appelé de la flexibilité. »
  • 4:45InvitéFait
    « Nous avons le plan Juncker, c'est-à-dire la capacité qu'a l'Europe maintenant de mettre des moyens financiers, de lever des emprunts par un certain nombre d'institutions pour investir. »
  • 5:00InvitéFait
    « L'initiative qui a été prise pour les jeunes, parce que le chômage des jeunes, c'est ce qui frappe l'Europe. Nous avons instauré en France, mais c'était une volonté européenne, la garantie jeune. »
  • 6:57InvitéFait
    « On ne pouvait pas concevoir l'Europe sans la Grèce. Et il fallait y passer le temps. J'y ai passé aussi toute une nuit. Et même davantage. »
  • 7:48InvitéChiffre
    « On leur a prêté 70 milliards d'euros aux Grecs. Et donc, c'est une forme de solidarité qu'on a apportée aux Grecs. »
  • 10:47InvitéFait
    « Nous faisons notre devoir. Et le Royaume-Uni, pourquoi ne prend-il pas sa part ? »
  • 11:43InvitéFait
    « C'est vrai que ça dure depuis trop longtemps. Et nous faisons en sorte qu'il y ait de moins en moins de personnes à Calais. »
  • 13:53InvitéFait
    « Il n'est pas question de remettre en cause les principes fondamentaux de notre droit du travail. »
  • 14:26InvitéFait
    « Les règles de majoration, par exemple, pour les heures supplémentaires, ne seront pas modifiées. »
  • 16:10InvitéFait
    « Les indemnités prud'hommales, il y aura un barème. Le Parlement va en discuter. Le barème est fonction de l'ancienneté. »
  • 27:51InvitéChiffre
    « On a créé des emplois en 2015, pas assez pour limiter le chômage, 50 000 environ. »
  • 31:47Invité politiqueFait
    « comme le projet de Notre-Dame-des-Landes »
  • 36:06InvitéFait
    « je ne suis pas favorable au gaz de schiste »
  • 36:33InvitéFait
    « ça sera le rôle qui est assigné à Ségolène Royal »
  • 37:43InvitéPromesse
    « je ne me déterminerai qu'au moment où je penserai que ce sera le temps d'y parvenir »
  • 38:06InvitéFait
    « je ne me détermine pas par rapport à la candidature contrairement à ce que je lis parfois »

Temps de parole

  • Invité71 %
  • Présentateur14 %
  • François Hollande5 %
  • Auditeur4 %

0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter. France Inter, le 18-20. Le 18-20 qui continue donc à Bruxelles, car le Conseil européen dure plus longtemps que prévu. Suspension de séance pendant deux heures jusqu'à 20 heures jusqu'à la fin de cette émission. C'est un hasard heureux avant une longue nuit de négociation. Alors que ce soit sur les sujets internationaux que nous avons abordés avec le chef de l'État dans la première partie de l'émission, ou sur tous ceux sur lesquels vous avez envie d'interroger François Hollande, vous avez donc la parole, chers amis, jusqu'à 20 heures. Nicolas Demorand, le téléphone sonne. 01 45 24 7000, France Inter.fr et Twitter avec les hashtags, les mots-clés Telson et DirectPR.

Vous êtes déjà extrêmement nombreux aux standards à vouloir intervenir. Alors, amis auditeurs, essayez d'être concis dans vos questions afin que le maximum d'entre vous puisse avoir la parole. Michael Thébault, qui est à mes côtés, relaiera vos mails et vos tweets à l'antenne. Frédéric Mettezot, chef du service politique de France Inter, est également des nôtres. Première question, Richard de Montpellier. Et bonsoir, monsieur, et bienvenue.

1:21
Auditeur

Bonsoir, monsieur le président. Bonsoir, Richard. Je m'appelle Richard Fahaz. J'ai 17 ans et je suis lycéen au lycée Georges Pompidou de Castelnau-le-Lez, reine Montpellier. Je suis comme tout citoyen intéressé par la politique et l'actualité. Et en ce moment, l'actualité est dominée par la question du Brexit. Ma question est la suivante. « Ne devrait-on pas profiter des négociations sur le Brexit pour redéfinir un véritable projet politique européen, comme le préconisent des spécialistes des sujets internationaux, tels qu'Hubert Védrine ou encore Nicole Niesoto ?

» Car les débats actuels montrent encore une fois que face aux difficultés, l'Europe préfère une gestion ponctuelle des crises au lieu de proposer une véritable vision pour les nations européennes. Enfin, ne craignez-vous pas que le Brexit est un effet domino qui risquerait de crédibiliser l'ensemble des mouvements europhobes en Europe ?

2:14
Présentateur

Merci Richard pour cette question diablement structurée pour un jeune citoyen de 17 ans, visiblement très intéressé par la chose européenne. Le Président de la République vous répond, Richard, sur la gestion ponctuelle des crises peut-être pour commencer ?

2:32
Invité

D'abord merci de vous intéresser à l'Europe, c'est-à-dire à vous, parce que vous êtes la génération qui fera ou ne fera pas l'Europe, tout dépendra des décisions que nous aurons nous aussi à prendre. Mais je vais aller directement à votre interrogation. Que la Grande-Bretagne reste ou non dans l'Union européenne, l'Europe devra prendre des décisions au lendemain du référendum britannique ? J'allais dire presque les mêmes décisions.

C'est-à-dire ne pas être simplement tributaire d'un vote, même s'il est important, et c'est pour ça que nous le respectons, mais d'être capable de se dire qu'est-ce que nous voulons faire ensemble, ceux qui seront encore à 28 si la Grande-Bretagne décide de rester, ou qui ne seront plus qu'à 27. Et comme je l'ai dit, il y aura de toute manière à prendre des initiatives. Et j'ai proposé à certains nombres de mes partenaires, et notamment l'Allemagne, forcément, que nous puissions déjà y réfléchir pour nous mettre justement dans la situation de ne pas attendre un événement, une rupture, un Brexit, mais être capable d'être à l'initiative. Et ce sera quoi ?

Justement ce que je vous ai défini, c'est-à-dire que cette Europe, l'Europe du petit groupe, l'Europe qui est capable...

3:48
Présentateur

Fédéraliste, vous avez accepté de le dire.

3:50
Invité

En commun, un certain nombre de ses moyens, de ses ressources, y compris d'une fraction même de ses impôts, pour aller loin, et je crois que c'est ce qui doit nous motiver. Frédéric Mettezot,

4:02
Présentateur

M. le Président de la République, Richard, nous parlait de la résolution ponctuelle des crises, mais sur le long terme, en quoi avez-vous réorienté l'Europe depuis mai 2012 ? Réorienter l'Europe, c'était un de vos engagements forts, il y a bientôt 5 ans. François Hollande.

4:16
Invité

Oui, il y a eu des résultats. Et on peut, d'ailleurs, 3 ans après, les constater. Un, il y a une politique budgétaire qui n'est pas la même. On nous demandait d'être en dessous de 3%, vous vous rappelez, de ce pacte de stabilité. Nous avons apporté ce qu'on a appelé de la flexibilité. Nous avons permis à ce que des pays, d'autres notamment, ne soient pas obligés d'aller vers l'austérité. Nous avons eu du temps pour, justement, mettre nos finances publiques en ordre. Deuxième réorientation. Nous avons le plan Juncker, c'est-à-dire la capacité qu'a l'Europe maintenant de mettre des moyens financiers, de lever des emprunts par un certain nombre d'institutions pour investir.

Et nous en voyons déjà le résultat dans notre pays. Troisième réorientation. L'initiative qui a été prise pour les jeunes, parce que le chômage des jeunes, c'est ce qui frappe l'Europe. Nous avons instauré en France, mais c'était une volonté européenne, la garantie jeune. C'est-à-dire permettre à des jeunes qui n'ont pas de formation, pas de qualification, de pouvoir avoir un chemin. Et puis, il y a la politique monétaire. Vous avez sans doute relevé que cette politique monétaire, qui était extrêmement contraignante il y a quelques années, aujourd'hui, elle est particulièrement accommodante. Le président de la Banque Centrale Européenne y est pour beaucoup.

Et on a des taux d'intérêt très faibles. Ce qui nous permet d'avoir un peu plus de croissance. C'était mon objectif. Plus de croissance. Donc l'Europe, elle a été réorientée. Pas suffisamment encore à mes yeux. Mais je ne suis pas le seul à décider. Mais elle est réorientée. Mais elle arrive avec un nouveau problème. Aujourd'hui, qu'est-ce qu'on fait ? Réfugiés, mondes, guerres. Ce n'est pas simplement l'économie. Il ne faut pas avoir simplement une vision économique de l'Europe.

5:54
Présentateur

C'est une vision politique. Jacques, bonsoir. Vous nous appelez du Finistère. Et nous vous écoutons ici à Bruxelles.

6:01
Auditeur

Oui, bonsoir. Bonsoir, monsieur le président. Bonsoir. Vous voulez savoir pourquoi on traite la Grande-Bretagne avec tellement de déférences au sujet du Brexit. Alors que lorsque la Grèce a eu ces petits problèmes avec monsieur Cypress, ça n'a pas été du tout le cas.

6:17
Présentateur

Merci Jacques pour cette très bonne question. Michael Thébault, les mails sont aussi sur le...

6:25
Auditeur

Énormément de mails sur le Brexit. Nicole notamment. Les Anglais sont consultés pour rester ou non dans l'UE. La démocratie n'est pas à sens unique. Pourquoi ne pas consulter les Français, monsieur le président, pour savoir s'ils veulent garder les Anglais dans l'UE ?

6:41
Invité

François Hollande. D'abord, je réponds à Jacques qui m'interroge sur la Grèce. Parce qu'il y a eu un Grexit possible. Vous vous souvenez, il y avait certains pays qui voulaient mettre la Grèce dehors. Parce qu'elle avait trop de déficits, parce qu'elle avait trop de dettes. Moi, j'ai dit non. On ne pouvait pas concevoir l'Europe sans la Grèce. Et il fallait y passer le temps. J'y ai passé aussi toute une nuit. Et même davantage. Donc ça ne me coûte pas de passer des nuits quand c'est pour la bonne cause. Quand je suis rentré dans le Conseil européen, beaucoup de pays voulaient sortir la Grèce. Au petit matin, il y en avait encore qui voulaient que la Grèce se sépare.

Qu'elle ne soit plus aussi, toujours dans l'UE, mais plus dans la zone euro. Et j'ai continué. Et là aussi, Mme Merkel et moi, parce qu'il a fallu convaincre Mme Merkel, et puis à un moment, elle a eu l'intérêt européen à l'esprit. Et puis, avec Tsipras, avec le président de la Banque Centrale Européenne, on a trouvé la solution.

7:36
Présentateur

Enfin, on ne parle pas aux Grecs sur le même ton qu'on parle aux Britanniques. Vous le reconnaîtrez.

7:41
Invité

Non, mais moi, je considérais qu'il fallait faire aux Grecs ce qu'on ne va pas faire pour les Britanniques. On leur a prêté 70 milliards d'euros aux Grecs. Et donc, c'est une forme de solidarité qu'on a apportée aux Grecs. On a mis des moyens budgétaires pour la Grèce, qu'on ne va pas donner pour le Royaume-Uni. Je vous rassure. Le Royaume-Uni, il veut avoir un régime spécifique. Il n'est pas dans la zone euro. Je l'ai suffisamment dit, je préfère que le Royaume-Uni reste dans l'Europe. Mais ce n'est pas mon sujet. Et c'est pour ça que je ne devais pas demander aux Français de savoir s'ils veulent garder... Il y a eu un référendum, je le rappelle. Absolument, vous avez parfaitement raison.

D'ailleurs, si les Britanniques sortaient de l'Union urbaine, je ne vais pas faire un référendum. On constaterait, on prendrait acte. Je le dis très simplement, si les Britanniques veulent sortir, je le regretterais. Je le regretterais pour l'Europe, je le regretterais pour la Grande-Bretagne, je le regretterais pour la France. Parce qu'on a quand même une alliance avec les Britanniques. Mais j'en prendrais acte. C'est eux qui décideront. Et ce ne sera pas la mort de l'Europe. Il faudra, comme je vous l'ai dit, qu'on prenne des initiatives.

Mais pour la Grèce, je considérais qu'il y avait quelque chose à la fois qui tenait à l'histoire, parce que la Grèce, c'est notre histoire, c'est même notre civilisation. Mais je pensais que c'était surtout un principe fondamental que les pays qui étaient dans la zone euro devaient y rester, notamment les pays qui étaient dans les situations les plus difficiles. Et aujourd'hui, si on avait jeté la Grèce de la zone euro, on ne pourrait pas lui demander de faire des efforts pour qu'il y ait une frontière extérieure. La Grèce, j'en ai parlé à Tsipras, il est d'ailleurs lui-même intervenu en disant, vous ne pouvez pas nous demander de faire des efforts pour protéger notre frontière.

Puis quand on est dans la difficulté, ne pas nous accorder à la Grèce ce qu'elle attend.

9:20
Présentateur

Encore une question sur les réfugiés, Mickaël, par mail. Et on repart au standard de France Inter.

9:25
Auditeur

Toujours sur franceinter.fr, effectivement, la question des réfugiés, monsieur le président, c'est le deuxième thème qui revient le plus dans les mails et dans les tweets. Monique de Normandie, nous, sixième puissance économique mondiale, savons faire la guerre loin de chez nous. Et y mettons le prix. Mais dans nos villes, sous nos ponts, des gens vivent dans le froid et l'indigence. Nous ne savons pas accueillir les réfugiés comme l'a fait l'Allemagne. Nous avons abandonné l'Allemagne. Quelle honte. Que dites-vous de cette fraction de l'histoire, votre histoire, qui fera tâche dans celle de notre pays ?

9:54
Invité

Non, je ne crois pas que Monique puisse aller jusque-là. Il y a plein de communes qui se sont signalées pour accueillir des réfugiés. Il y a plein de citoyens, citoyennes qui se sont également mis en capacité d'accueillir des réfugiés. Il y a plein de centres aujourd'hui qui vont être libérés des places pour des réfugiés. Et puis il y a Calais, parce qu'elle pense sans doute à Calais. C'est Monique qui... Elle pense à Calais. Calais, on dit à ces personnes qui sont là, Calais, et qui veulent passer de l'autre côté, qui veulent absolument rejoindre le Royaume-Uni, justement. On leur dit, mais restez en France. Si vous avez le droit, pour vous, le droit d'asile, vous pouvez rester en France.

Mais elles nous disent, mais moi, je veux aller de l'autre côté. Donc nous faisons en sorte de leur proposer plein de solutions. D'ailleurs, Bernard Cazeneuve le fait, et fait en sorte qu'on puisse les répartir sur le territoire. Nous faisons notre devoir. Et le Royaume-Uni, pourquoi ne prend-il pas sa part ? Parce que le Royaume-Uni nous dit, moi j'ai déjà accueilli des réfugiés, et donc ils ne sont pas dans l'espace Schengen, justement. Ils disent, mais nous, écoutez, ça va être un accord qui avait été passé, pas par moi. Ça s'appelait l'accord du Touquet, où la frontière, elle n'est pas en Angleterre, elle est en France.

Donc nous, nous faisons en sorte que ces personnes puissent aller, pour certaines, au Royaume-Uni. Quand elles ont de la famille, elles ont le droit à aller au Royaume-Uni. Puis pour d'autres, nous leur disons, vous ne pourrez pas passer. Donc, si vous voulez être accueilli, nous vous accueillons. Et vous accueillerons dignement, parce que c'est notre devoir.

11:23
Présentateur

Michael, puis Jean-François, au standard de France Inter.

11:26
Auditeur

Mail sur franceinter.fr par rapport à Calais. François Delisle, la jungle dite de Calais porte hélas bien son nom, c'est une verrue pour la France.

11:35
Invité

Alors, François Hollande. C'est vrai que ça dure depuis trop longtemps. Et nous faisons en sorte qu'il y ait de moins en moins de personnes à Calais. J'ai cité le ministre de l'Intérieur avec le Premier ministre, qui font en sorte qu'on puisse proposer des solutions. et nous avons diminué le nombre de personnes à Calais. Nous allons réduire, justement, le domaine qu'on appelle la jungle. Et certaines associations s'en émeuvent en disant, mais pourquoi vous le faites ? S'en émeuvent à juste titre.

Oui, on dit, mais on préfère leur donner des conditions dignes, les loger, plutôt que de les laisser comme ça dans des situations où il y a pour les enfants ou pour les familles un état sanitaire qui n'est pas acceptable dans un pays comme le nôtre. Donc, sur Calais, nous faisons en sorte qu'il y ait de moins en moins de personnes qui puissent y être. Et je comprends aussi, pour la population locale, ce que ça peut représenter. Alors, nous avons une négociation avec les Britanniques, mais les Britanniques nous disent, mais si nous ouvrons notre frontière, qu'est-ce qui va se passer ? Mais il y aura d'autres qui viendront et qui seront toujours à Calais.

Donc, nous devons dire à tous ces réfugiés, ne venez pas, ne soyez pas là, pas à Calais, ailleurs. On a prévu des places pour vous, mais nous avons le devoir et nous allons continuer à faire des travaux. C'est ce que nous devons faire et nous devons l'assumer pour que les personnes qui sont à Calais pour quelque temps puissent être accueillies dignement.

12:51
Présentateur

Bonsoir Jean-François, soyez le bienvenu sur France Inter. Vous nous appelez du Puy de Dôme et le Président de la République vous écoute, ici à Bruxelles.

13:00
François Hollande

Je vous remercie. Bonsoir Monsieur le Président. Bonsoir. Je voulais vous poser la question suivante. Est-il normal qu'un Président de gauche s'attaque par une réforme du Code du Travail aux salariés en proposant les baisses de rémunération des heures supplémentaires ? Ce sont des baisses de salaire, des limitations des indemnités prud'homales alors qu'ils ne font que rendre la justice, alors que le patronat bénéficie de réformes, pacte emploi solidarité, beaucoup d'argent donné. Le million d'emplois promis par M. Gattaz n'a jamais vu le jour. Et nous, le patronat, on demande toujours plus et les salariés sont de plus en plus dans la précarité et ne voient strictement rien venir. Voilà.

C'est vraiment une cléaire. Merci.

13:39
Présentateur

Merci. J'entends, Jean-François, à la fois la question et le ton, la colère, vous l'avez dit vous-même. François Hollande vous répond.

13:46
Invité

Moi aussi, je vous entends, Jean-François. Je vais vous répondre à la fois sur les principes et aussi sur les modalités. Il n'est pas question de remettre en cause les principes fondamentaux de notre droit du travail. Mieux même, nous allons les intégrer dans la future loi portée par la ministre du Travail, Mme El Khomri. Les principes fondamentaux, le contrat de travail, la durée légale du travail, le salaire minimum, les principes de liberté syndicale, tout cela figurera dans le nouveau code du travail. Ensuite, qu'est-ce que nous ouvrons à la négociation collective ? Nous disons, les règles ne changeront pas.

Les règles de majoration, par exemple, pour les heures supplémentaires, ne seront pas modifiées. Mais les entreprises pourront faire des accords avec les syndicats pour adapter, faire en sorte que ces mécanismes, ces règles d'horaire de travail puissent être plus en phase avec le type de production. Et il faudra, pour qu'il puisse y avoir ces modalités, qu'il y ait un accord majoritaire. C'est-à-dire que les organisations qui représentent la majorité des salariés pourront être les seules à engager le personnel.

Et les organisations minoritaires qui pourraient signer un accord de cette nature ne pourront le faire que s'il y a référendum des salariés, c'est-à-dire à l'initiative des syndicats et seulement des syndicats, et ce seront les salariés qui auront le dernier mot. Donc aucun risque de pression patronale. Deuxièmement, sur... Enfin, vous entendez la colère. Oui, mais... Vous entendez la colère. Parce qu'il y a un certain nombre de rumeurs qui, quelquefois, peuvent toucher au cœur. Donc j'entends... Non, mais les prud'hommes, c'est faux. On va parler des indemnités prud'hommes. Qu'est-ce que je veux faire ? Pas des rumeurs. Qu'est-ce que je veux faire ?

Aujourd'hui, il faut deux ans, trois ans pour qu'un salarié puisse éventuellement avoir une indemnité rendue par un tribunal des prud'hommes. Vous trouvez que c'est acceptable dans un pays comme le nôtre ? Il ne sait pas exactement quand il va faire une procédure ce qu'il va avoir. Et l'employeur, de son côté, ne sait pas ce que ça va lui coûter. On est dans un système où il n'y a pas de sécurité pour le travailleur, pas de stabilité ou de visibilité pour l'employeur. Or, tout ce que je veux, c'est non pas mettre en cause des droits. Les droits vont être respectés. Je veux qu'il y ait plus de négociations collectives.

Je veux qu'il y ait plus de souplesse, plus de sécurité, plus de visibilité. Donc, les indemnités prud'hommales, il y aura un barème. Le Parlement va en discuter. Le barème est fonction de l'ancienneté. Le tribunal des prud'hommes pourra d'ailleurs utiliser ce barème. Et quand il y a un licenciement avec des causes qui sont particulièrement inacceptables, il pourra même aller au-delà du barème. Mais toute votre politique, François Hollande,

16:26
Présentateur

donne le sentiment que les salariés ont trop de droits en France et qu'il faut détricoter cela.

16:32
Invité

Vous pensez que c'est ce que dit le patronat qui aujourd'hui... Aujourd'hui, il applaudit. Aujourd'hui, les salariés français ne verront aucun de leurs droits remis en cause puisque ces droits-là seront rappelés... Mais ça, ce sont les droits de base. Mais ce n'est pas seulement les droits de base puisque vous voyez qu'il y a sur la durée du travail les majorations d'heures supplémentaires, les indemnités prud'hommales, la capacité aussi de pouvoir se protéger par rapport au licenciement économique où nous intégrons toute la jurisprudence de la Cour de cassation. Donc, ce que nous faisons, et c'est pour moi le projet essentiel. Je suis à 14 mois de la fin de mon mandat.

Je ne suis pas là pour chercher je ne sais quelle complaisance. Ce que je fais, c'est ce que je crois nécessaire et utile pour mon pays dans le respect des droits fondamentaux parce que j'ai des valeurs et j'ai des principes. Mais ce que je fais, c'est pour permettre aux entreprises et aux organisations syndicales qui représentent des salariés dans ces entreprises d'avoir plus de souplesse. Ce que je fais, c'est que je donne à la négociation collective la place qu'elle n'a jamais eue dans notre pays. Je permets aux organisations syndicales d'être responsables et aux employeurs de prendre en compte à la fois la nécessité de la compétitivité. Mais ils ne vont pas l'entendre.

Les Français ne l'ont pas entendu. À nous et à moi en particulier de le faire passer. Le texte vient d'être simplement envoyé au Conseil d'État et il va être débattu au Parlement dans un mois.

17:49
Présentateur

Frédéric Mettezot, ce texte, Monsieur le Président de la République, quand Éric Wörth sur France Inter, qui s'y connaît en la matière, nous dit c'est une bonne loi de droite, quand ce projet de loi, ce pré-projet prévoit de fractionner les 11 heures de repos entre la fin d'une journée de travail et le début d'une autre journée de travail, ça ne vous met pas un doute ?

18:08
Invité

Une bonne loi de droite ? Éric Wörth ? Il y a des personnes de droite, on verra ce qu'elles feront au moment du vote. Parce que je les connais. Elles font des commentaires parfois pour embarrasser le camp adverse. Moi je ne suis pas dans cette situation. Je suis Président de la République. Ce qui m'intéresse, c'est l'intérêt général. Ce qui compte, ce n'est pas d'avoir une loi de gauche ou une loi de droite. En l'occurrence, je l'ai dit, les principes fondamentaux sont respectés. Il y a des éléments de progrès, la médecine du travail, la capacité d'avoir un compte personnel d'activité, d'être sécurisé dans le développement de sa carrière professionnelle.

Il y a plein d'éléments qui correspondent à ce que demandent depuis longtemps les organisations syndicales. Mais il y a aussi des éléments qui répondent à ce que demandent les entreprises. Et ce n'est pas parce que les entreprises demandent un certain nombre d'assouplissements que je ne vais pas leur en donner. Qui crée les emplois dans notre pays ? Ce sont les entreprises. Les entreprises créées, Monsieur le Président ? J'espère qu'elles vont les créer.

19:04
Présentateur

Parce que j'ai quand même mis un certain nombre de... Mais vous espérez depuis 2012. Il y a eu le CICE, il y a eu le Pacte de responsabilité, la loi ANI, la loi Macron.

19:12
Invité

Les emplois, ce n'est pas l'État qui les crée à la place des entreprises. Je crée les conditions. Je crée les conditions avec le gouvernement. Je crée les conditions depuis 2012. Justement à travers le Pacte de responsabilité, le CICE, etc. Donc chacun maintenant regarde l'efficacité. Je crée les conditions pour que les entreprises créent des emplois. Et lorsque nous faisons le bilan, je mets en cause, et le Premier ministre l'a fait à juste raison, les entreprises qui n'investissent pas ou qui n'embauchent pas. Mais je ne vais pas mettre plus de difficultés aux entreprises au prétexte que certaines n'ont pas fait leur devoir.

Je fais en sorte que notre pays puisse être plus compétitif, qu'il y ait plus d'investissements, qu'il y ait plus d'embauches, qu'il y ait plus de souplesse. Et que lorsque l'on peut donner plus de souplesse aux entreprises et plus de sécurité aux salariés, c'est ce que j'appelle la flexisécurité à la française, on puisse le faire. Beaucoup de pays l'ont fait, l'Allemagne, notamment la Suède ou la Finlande en particulier. Et moi, je ne vais pas passer à côté de cette grande réforme. Parce que cette grande réforme, elle permettra, ce qui a toujours manqué à notre pays, d'avoir de la négociation. Michael Thébault.

20:13
Auditeur

La tonalité générale, Monsieur le Président, justement par rapport à toutes ces réformes engagées depuis 2012, c'est assez violent. Ça ne marche pas. Pourquoi le Président, pourquoi le gouvernement s'obstine-t-il ? Guy, par exemple, sur franceinter.fr, au travers des réformes que vous mettez en œuvre concernant, par exemple, le Code du Travail, les 35 heures, les licenciements facilités et autres reculs sur le social, n'avez-vous pas conscience de réaliser le programme de votre prédécesseur, Monsieur Sarkozy ? Seule bonne nouvelle, ça ne marche pas. François Hollande,

20:43
Invité

nous n'avons rien fait de la sorte. Nous avons fait la politique qui consiste à donner aux entreprises des marges de manœuvre pour investir et pour embaucher. Moi, je ne veux pas les écraser de charge. personne ne peut penser dans notre pays, même celui qui a des engagements et je peux les comprendre les plus à gauche dans notre pays, personne ne peut comprendre que c'est en mettant plus de cotisations, plus de charges et plus d'impôts sur les entreprises qu'on va créer des emplois.

21:09
Présentateur

L'inverse ne fonctionne pas nécessairement. En revanche,

21:12
Invité

il faut aussi qu'on mette de la demande parce que s'il n'y a pas de demande dans le pays, s'il n'y a pas de salaire qui puisse être soutenu, s'il n'y a pas de pouvoir d'achat qui puisse être stimulé, il n'y aura pas de croissance non plus. Le CICE, Crédit Impôt Compétitivité Emploi, on en a fait le bilan.

Eh bien, ça a permis à beaucoup d'entreprises pas forcément de créer autant d'emplois que j'en aurais espéré, mais d'augmenter les salaires des ouvriers et des salariés de notre pays et donc je considère que c'est une bonne politique et je veux là aussi de dernier temps de ce que j'ai à faire, donner cette visibilité et cette liberté aux partenaires sociaux parce que moi, j'y crois à cette réforme. On fait tout par la loi. Là, il faut une loi parce que ça va permettre justement d'ouvrir cette possibilité de négociation. On fait tout par la loi. J'entends la droite justement nous dire on va supprimer les 35 heures. C'est supprimer les 35 heures, ce n'est pas les adapter.

On va supprimer les 35 heures, on va repousser l'âge de la retraite, on va faire des contrats avec des clauses spécifiques pour mieux licencier. Ça, c'est ce que je refuse justement. Mettre en cause les principes fondamentaux, les droits des salariés. Mais moi, ce que je veux, ce n'est pas tout faire par la loi, je veux qu'il y ait de la négociation. Je veux que les syndicats et le patronat puissent entreprise par entreprise définir ce qu'il y a de mieux pour l'économie et pour l'emploi.

22:23
Présentateur

Allez, on repasse au standard de France Inter. Bonsoir Frédéric.

22:27
Locuteur non identifié

Oui, bonsoir à tous. Monsieur le Président, bonsoir. Je voudrais vous parler de chômage. Depuis une centaine d'années environ, les gains de productivité nous ont permis de diminuer par deux le temps de travail en gagnant environ dix fois plus. Par contre, depuis une quarantaine d'années, alors que nous avons fait des gains de productivité extraordinaires, ces gains de productivité n'ont pas été partagés et c'est la première cause du chômage puisque nous produisons à peu près trois fois plus qu'en 70 avec trois milliards d'heures en moins, ce qui fait que mathématiquement, nous sommes le moins nombreux pour faire davantage de choses. Alors, ma question, Monsieur le Président, est la suivante.

Pourquoi s'acharner à augmenter le temps de travail en reculant l'âge et la retraite ou en permettant le détricotage des 35 heures au lieu de reprendre la marche en avant du progrès et de partager le temps de travail comme le propose par exemple Nouvelle Donne avec Perle Routigou qui a eu l'occasion je crois de vous en parler.

23:18
Présentateur

Merci Frédéric. Vous nous appeliez de peau et le Président de la République vous répond depuis Bruxelles.

23:25
Invité

Mais moi, je ne veux pas allonger le temps de travail parce que vous avez raison. Ce qui fait le progrès, c'est qu'on puisse avoir du temps pour prendre le repos, les loisirs, la culture, la famille et partager autant qu'il est possible les bonheurs de la vie personnelle. Mais je ne veux pas allonger le temps de travail. je veux que dans les entreprises on puisse adapter le temps de travail à la réalité économique.

Et donc, en l'occurrence, il va y avoir des négociations qui vont s'ouvrir dans les entreprises qui le voudront pour faire que parfois on puisse travailler plus à certaines périodes, moins à d'autres, qu'on puisse s'organiser pour être plus compétitif et parfois même plus heureux et les majorations ne seront pas changées. Mais ce qui est très important c'est qu'on donne de la souplesse. Vous disiez vous-même la productivité elle ne se fait pas par simplement des réglementations. elle se fait parce qu'il y a une organisation du travail qui a été conçue par rapport à l'activité de telle ou telle entreprise. Et ce sera dans l'entreprise que ce sera négocié.

24:28
Présentateur

Allez, retour au standard d'Inter. Bonsoir Guy, vous nous appelez d'Orléans.

24:32
Invité

Tout à fait.

24:33
François Hollande

Vous êtes là ? Bonsoir, nous vous écoutons. Oui, bonsoir. Donc ma question prolonge un peu celle qui a été posée précédemment. Donc je voulais vous demander monsieur Hollande jusqu'où va votre confiance dans les entreprises ? Est-ce que vous pensez qu'il suffit de leur donner toujours moins d'argent, moins de contraintes, plus de liberté pour qu'elles nous donnent comme par miracle des investissements, de l'emploi, de la croissance et qu'elles agissent donc pour le bien-être de la collectivité ? Alors j'entends bien ce que vous dites mais simplement je ne sais pas si vous avez été mis au courant mais il y a quand même plus de 3 millions de chômeurs dans ce pays.

Il y a un taux de syndicalisation qui doit être quelque chose comme 8%. Dans les PME c'est 5%. Donc le dialogue entre les salariés et les patrons moi je veux bien mais je ne vois pas très bien avec quels moyens ce dialogue pourrait être fructueux pour les salariés.

25:20
Présentateur

Merci beaucoup Guy pour cette très bonne question. François Hollande vous répond. Oui Guy, je vous réponds

25:24
Invité

parce que c'est très important ce que vous avez dit. Pour qu'il y ait du dialogue et de la négociation il faut qu'il y ait des partenaires et qu'ils puissent avoir les moyens de négocier et de conclure. Dans la loi telle qu'elle est proposée le principe ça sera qu'il y aura d'accords collectifs pour adapter le temps de travail ou pour mettre en oeuvre un certain nombre d'organisations y compris pour créer de l'emploi. Il ne peut y avoir de nouvelles donnes que s'il y a un accord collectif signé par des syndicats qui représentent 50% des salariés. Mais il y a des entreprises et vous avez raison où il n'y a pas de syndicats et notamment des petites et des moyennes entreprises.

Et la loi va donc permettre ce qu'il y ait dans ces petites et moyennes entreprises pas forcément une organisation syndicale qui sera présente mais au moins des délégués qui pourront engager et même quand il n'y en a pas de délégués ça peut arriver aussi un mandatement qui sera prévu. Et donc il va y avoir justement ce dialogue social qui permettra d'avoir des progrès qui seront partagés. Mais en même temps vous me dites qu'est-ce qu'il faut faire pour les entreprises ? Les entreprises je ne leur fais pas une confiance comme ça absolue.

Ce que je dis c'est qu'il faut que nous puissions être un pays où la démocratie puisse trouver sa place tout d'ailleurs le référendum d'entreprise où il puisse y avoir des partenaires qui aient des responsabilités tout l'enjeu de la représentation syndicale ça vaut d'ailleurs pour les entreprises comme pour les salariés et où il puisse y avoir du mouvement que tout ne soit pas figé. Mais là le mouvement

27:00
Présentateur

c'est la hausse de la courbe du chômage.

27:04
Invité

Hélas depuis 7 ans le chômage ne cesse d'augmenter.

27:09
Présentateur

Vous n'imaginez pas la colère qu'il y a dans les mails de nos auditeurs sur l'argent qui a été mis sur la table par l'Etat et l'absence totale de résultats

27:19
Invité

en matière d'emploi. Pour qu'il y ait de l'emploi il faut que nous créions les conditions et je fais en sorte qu'elles soient là y compris à travers le pacte de responsabilité c'est-à-dire la baisse des charges et la baisse des cotisations parce que je considère que les entreprises doivent avoir les moyens d'investir et d'embaucher. Mais deuxièmement il faut qu'il y ait de la croissance de la croissance et donc je mène aussi une politique en Europe on en parlait en France pour qu'il y ait plus de croissance donc plus d'investissement donc plus de demandes de consommation donc c'est ça qui va faire qu'il y ait de l'emploi.

On a créé des emplois en 2015 pas assez pour limiter le chômage 50 000 environ parce que nous avons eu enfin 1,1% de croissance et donc dans l'année 2016 nous devons faire plus de croissance l'économie ça ne vaut que s'il y a de la croissance que s'il y a de la production que s'il y a de la richesse Michael Thébault

28:11
Auditeur

mais les auditeurs réagissent instantanément à votre expression de vouloir créer des conditions de croissance ou d'emploi un mail de Fabienne par exemple on ne vous reproche pas monsieur le Président de vouloir créer des conditions pour doper l'emploi on vous reproche de prendre des décisions sans effet sur l'emploi

28:29
Invité

François Hollande je crée toutes les conditions et je me suis engagé en plus là dessus sur cette question d'emploi je n'ai pas été dans l'indifférence ou dans la négligence ou dans une forme d'irresponsabilité je me suis engagé personnellement j'ai dit que je serais jugé sur cette question là je ne me déroberais pas parce que moi je n'ai de ce point de vue là qu'une seule parole j'ai été candidat pour que nous créions les conditions pour qu'il y ait une baisse du chômage et il doit y avoir baisse du chômage et s'il n'y a pas baisse du chômage vous savez quelles conclusions j'en tirerais donc je me bats pas simplement pour moi même parce que ça n'a pas de sens pas simplement pour être ou non candidat loin de moi de ce type de raisonnement je me bats parce que je considère que c'est le seul sujet je dis bien le seul sujet bien sûr que la sécurité la protection c'est tout à fait nécessaire tout ce que je peux faire aussi au plan international mais le seul sujet qui d'ailleurs mobilise vos internautes comme mobilise les auditeurs c'est le seul sujet c'est est-ce que l'on peut créer de l'emploi et de l'emploi durable donc je prendrai toutes les décisions j'en ai prise de courageuses qui m'ont se reproché d'ailleurs y compris par celles et ceux qui me font confiance pourquoi vous en donnez autant aux entreprises pourquoi vous baissez les charges pourquoi vous baissez les impôts de ceux qui sont dans la possibilité normalement d'employés on ne vous le reprocherait pas si ça marchait et donc je dois avoir des résultats et résultat c'est une politique économique d'ensemble y compris en donnant un peu plus de demandes c'est-à-dire un peu plus de consommation pour que les français puissent être aussi des acteurs de la croissance mais pour cette loi El Khomri je pourrais dire mais ça n'aura pas forcément d'effet tout de suite je pourrais me dire que ça pourra attendre et je prends quand même cette décision parce que je considère qu'elle est nécessaire pour l'économie française

30:06
Présentateur

Frédéric très rapidement puis Laurent Loire-Atlantique oui monsieur le président vous nous avez dit tout à l'heure le référendum dans l'entreprise c'est plus de démocratie c'est plus de mouvement et en politique le référendum pour consulter les français sur la réforme constitutionnelle sur la politique européenne sur les grands choix structurants de notre pays bah il n'y en a pas

30:23
Invité

d'abord il y a le grand enjeu de la démocratie c'est vrai vous avez raison de la participation sur les grands projets et on en a vécu parfois douloureusement des projets qui n'aboutissent pas et qui n'ont pas donné la consultation qui était espérée par beaucoup Notre-Dame-des-Landes j'ai dit justement parce qu'il y avait ce blocage depuis combien d'années ?

des années j'ai dit bah voilà maintenant on est arrivé au bout toutes les procédures ont été menées le périmètre et les modalités seront fixées maintenant je suis très content parce que maintenant tout le monde veut voter donc avant personne ne voulait maintenant tout le monde le veut je ne me plains pas mais ce que je pense c'est qu'il faut qu'il y ait une consultation qui sera fondée sur des bases sérieuses qui puissent ensuite nous engager si les personnes consultées répondent oui il faut faire l'aéroport il sera fait s'ils répondent non il ne sera pas fait

31:11
Présentateur

et quelle sera la question ?

31:12
Invité

la question c'est voulez-vous ou ne voulez-vous pas l'aéroport Notre-Dame-des-Landes ?

31:16
Présentateur

Bonsoir Laurent soyez le bienvenu sur Transinter

31:18
François Hollande

Oui bonsoir monsieur le président bonsoir monsieur de Morand

31:22
Présentateur

bonsoir aux auditeurs bonsoir

31:23
François Hollande

alors les prix agricoles s'effondrent je suis agriculteur et le sort de laitier la taille des exploitations ne cesse d'augmenter les exploitations sont de plus en plus fragiles financièrement l'emploi agricole diminue toujours par ailleurs les terres agricoles sont de plus en plus accaparées par des projets d'aménagement demandés par les urbains qui de notre point de vue ne sont pas indispensables voire inutiles comme le projet de Notre-Dame-des-Landes et donnent lieu à des expulsions on a l'impression qu'on ne comprend pas grand chose alors comment voyez-vous l'avenir d'un citoyen paysan pouvez-vous nous rassurer

32:00
Présentateur

merci Laurent pour cette question François Hollande vous répond

32:04
Invité

d'abord Laurent je sais ce que vous vivez ce que vous éprouvez avec la fin des quotas laitiers ça a été une très grande difficulté qui a été hélas jetée sur un certain nombre d'éleveurs comme vous deuxièmement je sais ce que réclame cette production je sais aussi quels sont les rôles de ceux qui achètent cette production les intermédiaires et aussi ce que peuvent reprenter les concurrences étrangères la compétition puisque nous sommes sur le marché mondial donc pour moi l'essentiel c'est de pouvoir soutenir les prix et c'est aussi de pouvoir préserver un modèle agricole parce qu'il faut aussi il est menacé il est dépassé il doit se transformer ce modèle agricole on doit arriver à avoir plus de qualité plus de reconnaissance d'où l'étiquetage d'où également la valorisation des filières de qualité et on doit avoir des prix qui doivent être davantage soutenus et une conception aussi respectueuse de l'environnement qui doit être valorisée voilà ce qu'est le nouveau modèle agricole et votre auditeur le pense sans doute si on continue à produire produire produire au niveau mondial et au niveau européen on aura très grande difficulté à maintenir un élevage de qualité et des productions laitières comme les vôtres

33:21
Présentateur

Frédéric Mettezot puis Élise au standard mais dans ce modèle agricole ce nouveau modèle agricole monsieur le président il y a toujours le producteur les transformateurs les intermédiaires et en bout de chaîne les grandes surfaces est-ce qu'il ne serait pas temps pour en fait sortir de ce système qui en réalité est pérennisé est-ce qu'il ne serait pas temps de réfléchir à un système de filière courte ou de filière intégrée où les agriculteurs peuvent eux-mêmes être leurs intermédiaires ça se fait dans certaines régions ce sont des micro des micro initiatives c'est au niveau du département mais ça existe là le système actuel finalement il maintient toujours une longue chaîne qui commence dans la ferme et qui se termine en grande surface

33:58
Invité

François Hollande alors il y a la responsabilité de la grande distribution et puis après il y a celle des intermédiaires la grande distribution elle ne peut pas simplement jouer sur les prix et attirer les consommateurs avec des appels à toujours moins de rémunération pour les producteurs qu'ils soient agricoles ou qu'ils soient industriels donc il y a une négociation qui est en cours pression qui est faite sur la grande distribution pour qu'elle mette d'abord l'origine des produits et qu'elle puisse rémunérer correctement les producteurs ensuite il y a la chaîne de la transformation et aussi des intermédiaires pour beaucoup ce sont des coopératives pour beaucoup ce sont des agriculteurs qui s'étaient organisés et qui n'arrivent pas justement à restructurer la filière et notamment la filière porcine nous n'en avons pas parlé 60% du porc en France est produit en Bretagne donc c'est très important que nous restructurions il faudra prendre un certain nombre de décisions justement avec les intermédiaires cette filière pour que les agriculteurs les éleveurs puissent avoir des rémunérations qui soient dignes de leur travail

35:01
Présentateur

allez on repasse au standard bonsoir Élise

35:04
Auditeur

bonsoir donc bonjour monsieur je m'appelle Élise j'ai 12 ans

35:08
Invité

bonjour Élise

35:09
Auditeur

vous avez 12 ans je voudrais vous poser une question concernant l'écologie que comptez-vous faire après la COP 21 pour garantir une écologie sur notre territoire je pense au gaz de schiste utilisation de pesticides dans les champs et pêche en eau profonde voilà

35:23
Présentateur

merci Élise parfaite question très jeune très forte François Hollande vous répond d'abord je suis

35:31
Invité

vraiment émerveillé par cette précocité et cette conscience déjà très tôt que l'environnement c'est votre avenir même plus le vôtre et la COP 21 ça a été vraiment une négociation essentielle pour les décennies qui vous attendent nous avons pris des engagements tous les pays qui doivent maintenant nous obliger pas simplement de réduire les émissions de gaz à effet de serre donc d'éviter le réchauffement mais d'agir au quotidien vous avez d'ailleurs dit les choses gaz de schiste je ne suis pas favorable au gaz de schiste parce que d'ailleurs aujourd'hui ça n'aurait aucune rentabilité et que des conséquences qui seraient défavorables pour notre environnement les pesticides nous avons réduit sérieusement et le ministre de l'agriculture y a veillé la place des pesticides dans la production agricole dans l'intérêt même des agriculteurs et je veux que la COP 21 puisse être traduite et en France et en Europe et dans le monde et ça sera le rôle qui est assigné à Ségolène Royal puisque c'est elle qui va poursuivre non pas simplement la négociation maintenant c'est l'application de la COP 21 mais ça nous engage tous et je suis vraiment très heureux que vous qui avez 12 ans et vos parents j'imagine vous puissiez vous comporter déjà en citoyen citoyenne en l'occurrence responsable parce que ça va être l'Etat ça va être les collectivités ça va être les entreprises ça va être chacune et chacun d'entre vous qui doit mettre en oeuvre la COP 21 mais nous allons porter cet objectif

37:00
Présentateur

Allez encore énormément d'appels aux standards Bonsoir Patrick vous nous appelez de Bordeaux

37:03
Auditeur

Oui

37:05
François Hollande

Bonsoir Bonsoir Monsieur le Président Bonsoir On parle de citoyens voilà ma question toute simple que pensez-vous de ce collectif de citoyens qui souhaitent avoir une primaire des gauches et de l'écologie donc en vue des élections de 2017

37:22
Présentateur

Merci Patrick pour cette très bonne question François Hollande Président de la République vous répond Voilà je suis Président

37:29
Invité

de la République donc j'effectue ma mission je laisse les citoyens organiser comme ils l'entendent la démocratie je laisse les partis politiques faire ce qu'ils ont à faire mais moi je ne me détourne pas de mon action et lorsque j'aurai à prendre une décision si j'ai une décision qui pourrait engager l'avenir je la prendrai dans les conditions qui seront celles de la société française

37:51
Présentateur

Mais est-ce que vous pourriez ne pas vous représenter en 2017 ? Je l'ai dit

37:54
Invité

je suis Président de la République je le suis pour la période qui va jusqu'en mai 2017 je ne me détermine pas par rapport à la candidature contrairement à ce que je lis parfois on est sans penser que tout ce que je ferais serait lié à cette seule préoccupation je peux ne pas être candidat je peux être candidat je ne me déterminerai qu'au moment où je penserai que ce sera le temps d'y parvenir avant je préfère être pleinement dans mes missions et tout ce que je fais je ne le fais pas du tout pas dans l'esprit d'être comme ça en prolongation je le fais parce que c'est utile pour la France et rien que pour cela

38:31
Présentateur

Est-ce que vous pensez parfois au 21 avril 2002 ?

38:34
Invité

Bien sûr que j'y pense parce que je l'ai vécu j'étais chef d'un parti premier secrétaire du parti socialiste ce soir-là j'ai appelé après 20 heures malgré le choc à voter pour en l'occurrence Jacques Chirac puisque c'était celui qui était en face de Jean-Marie Le Pen je sais ce que ça représente la douleur la souffrance de ne pas avoir le choix et d'être obligé simplement de ce qu'on appelle sauver la république donc je pense que puisque vous m'interrogez chacun doit y réfléchir non pas pour essayer de trouver je ne sais quelle combinaison pour éviter cette éventualité mais se dire en responsabilité qu'est-ce qu'on veut les conditions sont réunies pour un 21 avril je pense que bien sûr qu'elles sont réunies puisque nous avons une extrême droite on a parlé de l'extrême droite en Europe on peut parler de l'extrême droite en France elles sont réunies donc même si on peut avoir des doutes même si on peut avoir j'ai entendu les questions des auditeurs des questions des interrogations des contestations et même parfois de grandes déceptions de la défiance à un moment le choix il doit être fait quelle société on veut quel pays on veut moi ce qui compte pour l'action que je mène c'est que le pays puisse d'abord être protégé j'ai voulu qu'après ces attentats il ne puisse pas se fissurer se détruire se défaire je veux que le pays puisse avoir confiance dans son avenir être fier de lui-même capable de faire des mouvements d'avancer et enfin d'être aussi porteur d'une belle idée de l'idée que l'on peut être utile utile au-delà de soi-même

40:08
Présentateur

capable de se dépasser et pour reprendre la question de la primaire si des citoyens communistes écologistes voire des socialistes vous appellent et vous demandent de vous présenter devant ce que vous appelez ces partis ou ces citoyens qui s'organisent vous leur direz non vous leur direz je suis au-delà de tout ça ou au contraire vous passerez vous vous soumettrez à ce certains parlent d'un bain de jouvence démocratique

40:32
Invité

je suis à Bruxelles je suis en train de négocier à la fois la question des réfugiés présence de la Grande-Bretagne dans l'Union Européenne j'ai à me mettre pleinement dans ma tâche pour l'emploi pour le chômage qui doit être absolument réduit d'ici la fin du quinquennat j'ai à protéger mon pays je ne vais pas me préoccuper de ce que peuvent faire par ailleurs je le respecte des citoyens ou des partis aux partis aux citoyens de s'organiser moi je ne dois pendant tous ces mois où je suis en charge de l'essentiel être seulement préoccupé par l'être français donc pas de primaire pour vous je n'ai pas dit ça je ne suis pas dans cette situation je suis président il n'y a trop à faire donc pas de primaire nous sommes à 14 mois d'une élection et je vais rentrer dans ce type de réflexion d'organisation mais qu'est-ce qu'on penserait de moi alors je ne suis pas à la tête d'un parti je suis à la tête du pays mais êtes-vous encore de gauche François Hollande ?

je suis président de la république je reprends tous les français et j'ai vocation mon parcours ma vie mon engagement mes choix sont toujours ceux qui permettent de respecter l'égalité la dignité humaine et le progrès et même si je ne veux faire des choix vous ne vous dites plus de gauche aujourd'hui toute ma vie est une vie d'un homme qui s'est engagé à gauche et qui le reste elle a changé votre vie en 2012 et je suis devenu président de la république je suis toujours engagé comme je l'ai été mais je ne suis plus un militant je suis le président de la république française qui doit agir en fonction de ses propres valeurs de ses propres engagements pour le bien du pays et en n'oubliant rien de ce que je suis de ce que j'ai fait et ce que je serai demain parce que mon engagement il n'a pas changé

42:19
Présentateur

il y a énormément de déceptions on le lit dans les mails des auditeurs de France Inter chez vos électeurs de 2012 qui estiment pour beaucoup en tout cas c'est l'échantillon peut-être qu'il n'est pas représentatif que vous les avez trahis non

42:35
Invité

je vous le dis je vous le dis certains de vos auditeurs peuvent le penser beaucoup beaucoup beaucoup

42:41
Auditeur

trahison est un mot sincèrement est un mot qui revient plusieurs centaines de fois est-ce que vous avez

42:47
Présentateur

un mot à leur dire pour leur donner une raison encore d'y croire ou de vous croire

42:55
Invité

je vais leur dire que gouverner aujourd'hui dans le monde que l'on connaît avec les tensions que l'on sait avec les menaces qui ne sont pas virtuelles puisqu'il y a eu ce que l'on sait dans notre pays des attentats avec une compétition telle qu'elle est dans le monde avec des pays qui nous font concurrence avec des enjeux d'emploi et d'économie je dois agir et le pire ce serait de pas forcément trahir ce serait de trahir mon pays trahir ce qui serait l'essentiel l'intérêt du pays tout ce que je fais je le fais en pensant uniquement à la France et aux Français uniquement à ce que je pense utile et nécessaire de faire et même si je peux froisser je le sais je l'entends je le vois mais bien sûr je ne suis pas dans un monde idéal je ne peux pas faire en claquant des doigts des miracles chacun peut le comprendre mais la question c'est de savoir est-ce que l'on veut gouverner on ne veut pas gouverner si on ne veut pas gouverner on reste là on regarde on laisse d'autres faire ce qu'on appelle la sale besogne moi je ne fais pas la sale besogne je fais le travail le plus beau des travaux qu'il est possible de faire pour mon pays et ce que je veux c'est bien faire pas défaire pas essayer de tout faire pour que rien ne change bien faire et je me demande à être jugé là dessus est-ce que j'aurais bien fait ou est-ce que je n'aurais pas bien fait

44:26
Présentateur

merci François Hollande merci M. le Président de la République d'avoir passé ces deux heures en notre compagnie sur France Inter merci infiniment aux auditeurs de nous avoir téléphoné de nous avoir écrit d'être intervenu sur les réseaux sociaux nous vous laissons partir M. le Président de la République

44:46
Invité

merci de me laisser partir mais oui parce que les négociations reprennent ça va prendre mais en tout cas merci à vous merci aux auditeurs et moi je préfère toujours cette façon de dialoguer et même si c'est dur dur à entendre pour les uns comme pour les autres je préfère que ce soit dur pendant une période et que ce soit plus harmonieux après car ce qui compte c'est l'harmonie dans d'autres pays

45:08
Présentateur

merci en tout cas d'avoir accepté notre invitation