L’Assemblée nationale rend un vibrant hommage au député Olivier Marleix- 8/07/2025
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« C'est son père, Alain, ancien député du Cantal et secrétaire d'État, entre 2007 et 2010, qui lui transmit, selon ses mots, le virus de l'intérêt général. »
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« Le fil rouge de son engagement, ce fut peut-être son admiration teintée de nostalgie pour l'État gaulon-pompidolien. »
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« Fervent avocat de la souveraineté industrielle et énergétique de la France, il présida ainsi, en 2018, avec une pugnacité que chacun lui reconnaît, la Commission d'enquête sur les décisions de l'État en matière de politique industrielle. »
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« La République doit être celle des politiques au sens vrai du terme, ceux pour qui les problèmes humains l'emportent sur tous les autres. »
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« Lui, le fidèle serviteur de la tradition gaulliste, qui avait appris aux côtés des plus grandes figures de notre famille politique, de Charles Pasqua à Nicolas Sarkozy. »
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« Ensuite, pour la souveraineté de la France. Et il s'était tant battu contre la vente de nos florons industriels. »
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Monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs les membres du gouvernement, mesdames et messieurs les députés, mes chers collègues. Hier après-midi, notre Assemblée nationale s'est glacée de stupeur et de douleur lorsque nous avons appris la tragique disparition de notre collègue Olivier Marlex. Olivier Marlex était des nôtres. Il siégeait dans cet hémicycle depuis 2012. Il en était une figure familière, un collègue estimé, pour beaucoup, un ami. Je peux en témoigner comme nombre d'entre vous sur ces bancs. Olivier Marlex personnifiait le parlementaire, dans la plus noble exception du terme.
Il était à la fois un technicien rigoureux et méticuleux, un orateur pugnace et précis, un défenseur de nos institutions et un fidèle serviteur de l'intérêt général. Chacun ici le savait. Chacun ici le respectait. La politique Olivier Marlex l'avait dans le sang. C'est son père, Alain, ancien député du Cantal et secrétaire d'État, entre 2007 et 2010, qui lui transmit, selon ses mots, le virus de l'intérêt général. Refusant cependant d'être un héritier, il ne se présenta pas dans le Cantal, paternel et pompidolien, mais dans la deuxième circonscription de Réloir, où il fut élu en 2012 et réélu en 2017, 2022, 2024.
Durant ces quinze années, Olivier Marlex fut un véritable pilier de la Commission des lois. Il s'investit particulièrement dans la lutte contre la corruption et les conflits d'intérêts, en grand défenseur de la déontologie et de l'intégrité parlementaire. Le fil rouge de son engagement, ce fut peut-être son admiration teintée de nostalgie pour l'État gaulon-pompidolien. Fervent avocat de la souveraineté industrielle et énergétique de la France, il présida ainsi, en 2018, avec une pugnacité que chacun lui reconnaît, la Commission d'enquête sur les décisions de l'État en matière de politique industrielle.
Enfin, tout au long de ses engagements, Olivier Marlex ne séparait jamais la liberté des Français de leur sécurité. Sa toute première intervention dans cet hémicycle 6 novembre 2012, comme sa toute dernière, le 1er juillet dernier, portèrent justement sur la sécurité des Français. Olivier Marlex prenait encore la parole dans cet hémicycle mardi dernier. Et il était alors, comme nous l'avions toujours connu, précis, impliqué, respecté. Il devait siéger, cet après-midi même, sur les bancs de la Commission, pour défendre la proposition de loi dont il était le rapporteur. Derrière le député engagé et investi, il y avait également l'homme, unanimement apprécié. Les hommages d'hier en témoignent.
Il venait de tous les bancs de cet hémicycle, démontrant ainsi qu'au-delà de nos différences politiques, souvent radicales, nous appartenons à une seule et même grande famille, la famille parlementaire. Nous sommes très nombreux ici à pouvoir attester de la force de caractère d'Olivier Marlex, de sa stature morale. Oui, il fut un opposant résolu, mais il fut toujours un opposant respectueux de nos institutions et des autres, exigeant et courtois, digne et élégant, mais aussi pince sans rire. Et nous sommes beaucoup à avoir fait l'expérience de son humour tranchant, mais toujours pertinent.
Je peux témoigner personnellement de ses qualités pour avoir travaillé étroitement avec lui cette année durant, au sein de la Commission des lois puis en conférence des présidents. Homme de droite, il incarnait avant tout une droiture républicaine, qui ne transigeait jamais avec ses convictions, mais qui plaçait toujours l'intérêt général et notre institution au-dessus de tout. Député de la Nation, Olivier Marlex était aussi un élu de terrain, conseiller général puis vice-président du Conseil départemental d'Eure-et-Loire, maire d'Annette, de 2008 à 2017. Il était enraciné dans son territoire. Il avait fait sienne cette idée de Georges Pompidou qu'il admirait.
La République doit être celle des politiques au sens vrai du terme, ceux pour qui les problèmes humains l'emportent sur tous les autres, ceux qui ont de ces problèmes une connaissance concrète née du contact avec les hommes. Mes chers collègues, dans quelques mois, nous rendrons collectivement hommage dans cet hémicycle, en présence de sa famille, à Olivier Marlex, et je prononcerai à cette occasion son éloge funèbre. Aujourd'hui, en cette heure de deuil, nos pensées attristées se tournent vers sa famille et ses proches. Qu'ils sachent que la représentation nationale tout entière partage leur peine et se tient à leur côté.
J'adresse aussi une pensée particulière à nos collègues députés de la droite républicaine, qui perdent un ancien président de groupe dont la voix portait bien au-delà de ses rangs. Alors, mes chers collègues, en hommage à Olivier Marlex, je vous invite à observer une minute de silence. Je vous remercie. Je voudrais donner à présent la parole à M. Laurent Wauquiez, président du groupe droite républicaine.
Merci, Mme la Présidente. M. le Premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, chers collègues. Olivier Marlex a été le président de notre groupe. La semaine dernière, il était encore là, assis à sa place parmi nous. Aujourd'hui, son siège est vide. Il est parti et il laisse derrière lui, pour chacun d'entre nous, une infinie tristesse. Ceux qui le connaissaient bien, savaient déceler, au-delà de sa pudeur, l'immense sensibilité de son âme. Son départ, la brutalité des circonstances, appellent tant de questions. Des regrets aussi. Ces paroles que nous n'avons pas pu avoir, ces échanges que nous aurions aimés partager, tout ce qu'on n'a pas eu le temps de dire.
Cette peine, rien ne pourra la combler. Elle laisse son lot pour chacun d'entre nous de souvenirs, de regrets, de souffrances. Mais notre devoir, c'est de garder autre chose d'Olivier Marlex. Notre devoir, c'est de faire en sorte que la brutalité de son départ, la façon dont elle nous marque, ne fasse pas oublier la dignité de son engagement politique et ce qui était le sens de sa vie. Lui, un député aux talents rares. Lui, le fidèle serviteur de la tradition gaulliste, qui avait appris aux côtés des plus grandes figures de notre famille politique, de Charles Pasqua à Nicolas Sarkozy. Lui, le cantalien, au caractère parfois rude, mais toujours espiègle.
Lui, qui a toujours refusé d'être un héritier et qui avait choisi de se construire par le suffrage universel. Lui, qui avait épousé ce département d'Or-et-Loire, où dans sa commune d'Anette, comme on choisit une famille, sa gentillesse et sa proximité faisaient l'unanimité. Olivier avait gardé de Georges Pompidou qu'il admirait tant cette conviction que la belle politique conjugue l'enracinement dans un territoire et le regard qui emporte au-delà de la colline. Oui, il aimait en politique les grands débats. Il aimait les idées qui élèvent. Il y avait en lui la force du travail et le panache des convictions, qu'il défendait avec courage.
D'abord pour nos institutions, dont il refusait de voir perdre l'esprit de la Vème République en y mettant toute son énergie à la Commission des lois, où sa parole était écoutée et respectée. Ensuite, pour la souveraineté de la France. Et il s'était tant battu contre la vente de nos florons industriels. Mais il avait aussi des combats plus intimes, comme la protection de l'enfance. Et bien des associations ont rendu hier hommage à cette part plus personnelle de son engagement. Il refusait que la vie politique soit abîmée, qu'elle soit gangrénée par la médiocrité.
Homme de lecture et d'écrit, il ne cessait de réfléchir, de questionner, de proposer, pour tracer un chemin de reconstruction française. Je tiens à remercier, au nom de notre famille politique, les témoignages de tous bords qui se sont exprimés et qui ont rendu hommage à celui qui était respecté parce que, quelles que soient nos différences politiques, il menait chacun de ses combats avec droiture et panache. Dans cette épreuve, nos cœurs et nos pensées se tournent vers ses proches, sa famille, tous ceux et celles qu'il aimait, et ses deux filles. Mes chers collègues, la vie politique peut être dure.
Derrière les apparences qui protègent, derrière les sourires qu'on affiche parfois comme des armures, derrière les silences qu'on ne comprend pas toujours, on sous-estime toujours la solitude des êtres. Mais Olivier, tu n'es pas seul. Tu n'es pas seul. Tu comptes ici des compagnons fidèles, des amis qui perpétueront ta mémoire, celle d'un homme droit qui a dédié sa vie à l'honneur et à l'amour de son pays.
La parole est à monsieur le Premier ministre.
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le Président Laurent Wauquiez, le gouvernement veut vous dire à quel point nous partageons. Nous avons partagé hier la stupéfaction et l'immense tristesse à l'annonce du départ d'Olivier Marlex, à quel point nous partageons l'arrachement qui est le vôtre, et à quel point nous partageons l'affection qui a été traduite sur bien des bancs, et le respect que cette personnalité rare faisait naître.
Olivier Marlex était un combattant, avec des convictions dont chacun connaissait la force et la puissance, infatigable parce qu'il ne cessait de défendre une certaine idée de la France, de sa souveraineté, de sa souveraineté économique et industrielle. Mais au-delà des dossiers qu'il portait, il y avait un amour enraciné pour notre pays. Et cette figure que beaucoup estimaient sur tous les rangs, sur tous les bancs, cette figure-là, elle nous rappelait que la politique n'est pas seulement débat, concurrence et affrontement, elle est quelque chose d'autre. Elle est le partage d'un idéal dont nous ne faisons sans doute pas tous la même idée, mais qui est aussi essentiel pour nous tous.
Comme vous l'avez dit, ou en tout cas, comme nous l'avons senti dans vos propos, Madame la Présidente, et dans vos propos, Monsieur le Président Wauquiez, Ce drame nous a rappelé aussi qu'il y a dans tout être humain des fragilités, même lorsque ces fragilités, ces failles, sont celles d'hommes qui paraissent inflexibles. Et je crois que beaucoup d'entre nous, hier et ce matin, se sont dit que ces failles et ces fragilités, il ne fallait pas les laisser sans réponse, qu'il est bon que les mains se tendent. Et pour Olivier Marlex, je veux dire que cette affection-là, elle méritait d'être traduite aujourd'hui à l'Assemblée nationale, et le gouvernement le dit par ma voix. Merci.
Merci beaucoup, Monsieur le Premier ministre. Merci.
Merci. Merci. Merci. Merci.