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speechyoutube.com· 11 juillet 2026

Discours Rachida Dati - 50 ans de la Fnps

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Madame la ministre, chère Christine Albanel, monsieur le président de la Bibliothèque nationale de France, cher Gilles Pécou, mesdames et messieurs les élus, mesdames et messieurs les parlementaires, monsieur le président, cher Jean-Christophe Raveau, mesdames et messieurs, je pourrais faire très court en disant finalement que je suis d'accord avec vous sur tout et vous le savez. Et les combats que vous souhaitez mener, j'en ai pris l'ampleur, mais aussi la mesure depuis que j'ai été nommée ministre de la Culture dès le mois de janvier dernier. Et vous savez très bien que sur tous les sujets, droits voisins, IA, tous ces sujets-là, je suis avec vous.

Les états généraux de la formation, je vais rendre un hommage particulier à Bruno Patineau et évidemment à Christophe Deloire, que j'avais vu évidemment bien avant les conclusions de ces états généraux. Et donc je voulais vous dire qu'effectivement, que j'étais très attachée au combat que vous meniez. Et d'ailleurs, puisque j'ai pu obtenir du président de la République, puisqu'il y a un grand sommet international sur l'IA l'année prochaine, au début de l'année 2025, et nous avons souhaité mettre tout un volet culturel dans le cadre de ce sommet international, ce qui n'était quand même pas prévu.

Donc ça en dit long aussi sur notre place vis-à-vis de l'intelligence artificielle. Donc ces combats-là, vous me trouverez à vos côtés. Et vous le savez, puisque nos rencontres et nos échanges réguliers, que ce soit avec moi ou avec mon cabinet, voulons confirmer.

Alors la Fédération nationale de la presse d'information spécialisée, elle fait aujourd'hui son demi-siècle d'existence. Je veux saluer votre action, M. le Président, mais aussi celle du président d'honneur Laurent Berard-Kellin, et de toutes celles et de tous ceux qui ont porté la Fédération depuis 50 ans.

Alors vous parliez tout à l'heure que la presse spécialisée, finalement, c'est un puissant levier économique. Moi, j'irai plus loin. C'est surtout aussi un puissant levier de l'action et de la formation la plus fiable et de très grande qualité.

Ça, c'est aussi une réalité. C'est plus largement aussi un levier d'accès à la culture et donc de réduction des inégalités. Cet anniversaire, vous le célébrez à un moment charnière pour le secteur de la presse.

L'essor du numérique, vous l'avez rappelé, a entraîné une chute des ventes et des abonnements papiers dont on connaît l'importance pour la presse d'information spécialisée. Vous parliez tout à l'heure de La Poste. Je reçois son dirigeant d'ici cette semaine pour pouvoir, évidemment, dire très clairement ce que je pense par rapport à cet engagement.

Donc cet essor du numérique, évidemment, a un impact important sur la presse d'information spécialisée. La valeur de votre travail auprès du grand public, mais aussi des professionnels, est incontestable. J'y suis très attachée.

Le ministère de la Culture continuera de se tenir à vos côtés pour vous y aider. Alors, dans cet écosystème mouvant, parfois imprévisible, je sais les efforts que vous faites chaque jour dans vos entreprises pour continuer de vous développer, pour investir avec l'appui régulier des aides du ministère afin de vous adapter aux usages du lectorat. Je veux d'ailleurs remercier la qualité pour la qualité de nos échanges, comme je vous l'ai dit, qui sont assez réguliers et qui vont évidemment se poursuivre.

De nombreux chantiers sont en cours. Le premier d'entre eux, c'est la mise en œuvre des recommandations des États généraux de l'information. Je veux vous redire, cher Bruno Patineau, la qualité du travail réalisé, des conclusions équilibrées auxquelles nous sommes parvenus.

Et je dois aussi vous le dire publiquement, puisque chacun de nos échanges, j'ai l'impression qu'on devient à chaque fois beaucoup plus intelligents. Et vous mettez toujours sur la table un pilier essentiel. Et à chaque fois, je vous dis oui, il faut qu'on se batte là.

Et à chaque fois, vous m'en rajoutez. Donc finalement, tout ce que vous dites, ce sont des combats collectifs et des combats communs. Et je voulais vous dire encore merci pour la qualité de ces conclusions et de ces travaux et qui ont fait finalement assez consensus et sur des sujets très importants et à un moment crucial pour ce secteur.

Alors, je l'ai annoncé. Je sais que le président de la République doit vous recevoir très formellement suite à ces travaux. Je présenterai en début d'année prochaine un projet de loi qui mettra en œuvre ces recommandations.

Et d'ailleurs, moi, je suis ravi de pouvoir le faire pour avoir été à l'origine de la loi protection des sources en 2009. Finalement, ça sera une suite assez logique de pouvoir continuer à renforcer cet aspect, notamment de la protection des sources. Vous avez raison, monsieur le président, d'insister sur la question de la répartition de la valeur.

C'est une réalité. Ce sujet est aussi au cœur des états généraux de l'information. Plusieurs de leurs recommandations visent à un partage plus équitable entre les plateformes et les producteurs de contenu.

Je pense par exemple à la transparence des investissements publicitaires ou encore, au niveau européen, à la nécessité de rétablir une vraie concurrence sur le marché de l'intermédiation publicitaire. Je veux aussi traiter, vous l'avez dit assez longuement d'ailleurs dans votre propos, de la question des droits voisins, car comme vous l'avez dit, leur effectivité doit être renforcée. Il faut notamment que les plateformes soient tenues de délivrer les informations nécessaires au calcul de ce droit voisin.

Il faut plus généralement rééquilibrer évidemment les conditions de la négociation de ce droit voisin. Sur le sujet de la distribution de la presse, j'ai confié une concertation à Sébastien Soriano en avril dernier pour réfléchir à renforcer les mutualisations à tous les niveaux, afin d'avoir une meilleure efficacité d'ensemble. Alors, face à l'augmentation des coûts de transport, la réduction des volumes et du nombre de marchands de presse, il y a une urgence à trouver des solutions.

La mission a été suspendue pour les raisons que vous connaissez, et évidemment, elle a repris son travail dès lors où j'ai été renommée. Alors, je compte sur la FNPS, sur l'ensemble et sur l'ensemble des éditeurs présents ce soir, pour aboutir rapidement à un accord avant la fin de l'année, c'était l'échéance que nous nous étions fixés. Dès lors que tout le monde prendra ses responsabilités, l'État sera au rendez-vous, comme il a toujours été, pour accompagner cette filière.

Je relève au passage que vous avez mentionné le rôle que joue le Fonds stratégique pour la modernisation de la presse en 2025. Malgré contexte budgétaire difficile, ces crédits seront maintenus. Et puis l'enjeu essentiel pour vous, c'est bien sûr la question de l'abonnement, qui représente 90% de votre diffusion.

Je sais que les attentes sont fortes pour la filière, notamment pour la presse spécialisée, qui ne peut pas être distribuée par les réseaux de portage. Alors, je veux redire mon attachement service public de la distribution de presse par la Poste. C'est ce qui permet d'ailleurs à tous les citoyens, partout sur le territoire, en ville, aussi bien qu'en zone rurale, dans les Outre-mer, de recevoir la presse à un prix raisonnable.

D'ailleurs, c'est un volet aussi du plan ruralité que j'ai lancé en juillet dernier, qui est déjà d'ailleurs mis en œuvre et financé. Alors, bien sûr, la Poste fait face à une augmentation de ses coûts. Il faudra y répondre.

Mais des discussions interministérielles sont en cours afin d'évaluer les pistes d'amélioration du protocole d'accord qui avait été signé en 2022. Je défends aussi vos intérêts et ceux de vos lecteurs, aussi bien sur les tarifs que sur la qualité de la distribution postale, dont dépend beaucoup la fidélisation du lectorat. Je mesure aussi vos attentes s'agissant de la mise en œuvre de la réforme 2021 concernant les critères d'accès au régime économique de la presse.

Alors, celle-ci a conditionné l'accès à ce régime, à la présence d'une équipe de journalistes professionnels au sein des rédactions. Et c'est le propos que je tenais avant de monter ici. Cette exigence ne peut pas s'imposer uniformément à tous les titres et à toutes les familles de presse.

Pour la presse médicale ou juridique, par exemple, on comprend bien que la formation est produite essentiellement, voire exclusivement, par des auteurs experts qui ne sont pas forcément des journalistes. Alors, nous serons attentifs à ce que cette réforme poursuive son objectif initial, qui est de renforcer la fiabilité et la qualité de l'information, tout en préservant l'ensemble des acteurs, notamment les titres très spécialisés et les petits éditeurs, dont l'accès au régime économique de presse est crucial pour leur viabilité. Alors, la presse spécialisée contribue quotidiennement à faire vivre ce pluralisme auquel nous sommes tous très attachés.

Chacun dans vos rédactions, vous jouez un rôle important dans la compréhension des enjeux politiques, économiques, scientifiques. Et on l'a vu avec le contexte actuel, combien c'est évidemment crucial auprès de l'ensemble des acteurs qui font avancer notre société. Pour conclure, c'est parce que les Français ont besoin de vous, et ça pour moi c'est important, que je serai évidemment à vos côtés.

Vous pouvez compter sur moi. Et jusqu'à maintenant, je ne me suis jamais dérobée face à tous ces combats. Je vous remercie.

Merci.