Macron : 13 minutes, 100 jours… et ça repart ? - Reportage #cdanslair 18.04.2023
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Une allocution présidentielle à la télévision hier soir, pour tourner la page des retraites, apaiser, sans rien céder et dire aux Français, je vous ai compris.
Françaises, Français, mes chers compatriotes, cette réforme est-elle acceptée ? A l'évidence, non. Et malgré les mois de concertation, un consensus n'a pas pu être trouvé, et je le regrette. Nous devons en tirer tous les enseignements.
Pour le mea culpa, on repassera. Le président, qui entend renouer le dialogue, ouvre sa porte au syndicat.
J'ai proposé de recevoir les organisations patronales et syndicales dès demain matin, pour celles qui y sont prêtes. Et la porte sera toujours ouverte.
Quelques minutes plus tard, en direct à la télévision, le patron de la CFDT commente l'invitation du président au palais.
La porte est grande ouverte. Elle a été fermée à triple tour pendant trois mois. Donc il faut être sérieux. La CFDT, un jour ou l'autre, ira discuter. Mais on veut un minimum de décence dans cette relation-là. On ne répond pas quand on nous siffle.
A la CGT aussi, c'est non. Pas de rendez-vous à l'Elysée ce mardi. Pour les syndicats, la bataille n'est pas terminée.
Sur quelle planète vit Emmanuel Macron ? Cette allocution aurait pu être faite par Chad GPT. Il y avait un côté très désincarné. Et on se demande depuis trois mois dans quel pays il vit, parce qu'on a le sentiment qu'il n'a pas entendu ce que lui ont dit et répété les millions de manifestantes et de manifestants, les millions de salariés grévistes.
Au même moment, dans les rues de Paris, certains boudent l'allocution du président.
Je ne peux plus l'entendre. Je ne me supporte plus, lui, ni aucun des membres du gouvernement. Donc aujourd'hui, on ne l'écoute pas, on n'attend rien de lui. Ça va être des paroles creuses, ça va être des paroles inutiles. Il ne va pas reculer, il ne va pas remanier.
Ils ne regarderont donc pas le président qui a la télévision et en quelques minutes égrène les nouveaux chantiers.
Je veux désormais engager la réforme du lycée professionnel.
Travail, immigration, santé presque, un discours de campagne.
Nous renforcerons aussi le contrôle de l'immigration illégale. D'ici la fin de cette année, 600 000 patients atteints de maladies chroniques qui n'ont pas de médecin traitant en disposeront.
Des promesses et une échéance.
Nous avons devant nous 100 jours d'apaisement, d'unité, d'ambition et d'action au service de la France.
Les 100 jours du président. Formule de mauvaise augure pour ses opposants qui se font un malin plaisir de rappeler que les 100 jours de Napoléon se sont mal terminés.
On se dit avec tous les communicants qu'il a autour de lui, toutes les équipes de gens qui ont fait l'ENA et qu'il n'y en ait pas un qui lui dit écoute, les 100 jours c'est grave, ça se termine à Waterloo, à Sainte-Hélène. Ce qui nous intéresse, nous, c'est comment des institutions permettent cette situation. Normalement, nous devrions avoir un système institutionnel qui empêche un homme seul de décider contre son peuple. Et c'est pourquoi nous sommes dans une crise de régime.
De l'extrême droite à la droite aussi. Les adversaires politiques du président jugent plus ou moins sévèrement l'exercice télévisuel.
J'accueille avec scepticisme ce catalogue de vœux pieux, certes louables, mais très peu concrets. Il n'a répondu à rien, il a ignoré la colère que vous mentionnez, il n'a tenu aucun compte de ce qui s'est passé depuis le début de cette réforme des retraites. Mais il est égal à lui-même, c'est-à-dire c'est le mode de fonctionnement, le mode de gouvernement de M. Macron depuis 6 ans.
Alors le président a-t-il convaincu les Français ? Retour sur le terrain demain, dans le Barin, une visite d'entreprise pour parler de la valeur travail.
Emmanuel Macron